Système d’écriture : Le n’ko a fait du chemin  

Par Mohamed D. DIAWARA Bamako, 30 décembre (AMAP) Le n’ko, cette écriture créée en 1949 par Solomana Kanté, un chercheur guinéen, est aujourd’hui enseigné dans nos universités et dans plusieurs centres d’enseignement dans le monde, y compris à Harvard et Indiana (Etats-Unis) et en Egypte. L’hiéroglyphe a acquis droit de Cité au Mali, depuis sa création, en 1949, par Solomana Kanté. Le n’ko, dans l’imaginaire populaire, renvoie à une introspection, à la connaissance du passé et de notre culture, mais c’est une écriture qui a connu beaucoup d’évolutions. Le créateur de cette écriture a ouvert la voie, en écrivant des documents dans différents domaines, notamment la géographie, l’histoire, les mathématiques et autres. Depuis, le n’ko a fait du chemin car des documents sur les nouvelles technologies de la communication et la santé sont transcrits dans ce système d’écriture. La promotion du n’ko continue, à travers la multiplication de formations informelles, la publication de livres et l’apprentissage en ligne, notamment sur les réseaux sociaux. Sur la base d’un constat empirique, on peut confirmer un regain d’intérêt pour le n’ko et, même, sans donner de statistiques précises, les maîtres de cette écriture attestent avoir, maintenant, un grand nombre d’adhérents. CHEMIN PARCOURU – L’écriture n’ko a été introduite dans l’enseignement supérieur, notamment au niveau des universités. Solomana Kanté serait fier de voir le chemin parcouru, notamment en termes d’acceptation du n’ko. Si le n’ko n’utilisait, au départ, que les dialectes madenkan, dioula, bamanankan, mandengo ou khassonké, cette écriture peut se faire, maintenant, dans toutes les langues nationales. C’est dans cette logique que le Forum pour la généralisation internationale du système d’écriture n’ko a vu le jour en 2018. Yaya Konaté, membre de ce forum, explique, tout d’abord, que « l’objectif de cette association est de persuader les adeptes du n’ko que toutes les langues africaines doivent être écrites pour réaliser le rêve de son initiateur, c’est-à-dire trouver une écriture propre à l’Afrique ». C’est pourquoi, le Forum pour la généralisation internationale du système d’écriture n’ko est en train de conquérir le Burkina Faso, la Côte d’Ivoire, le Mali, la Guinée, la Gambie et le Sénégal pour que les locuteurs des langues nationales de ces pays adoptent le système d’écriture n’ko. M. Konaté a, déjà, à son actif, six livres rédigés en n’ko. Ces ouvrages abordent des thématiques liées à l’islam et la vie associative. D’autres écrivains se sont intéressés à l’électricité, l’informatique, aux vertus des plantes et la mécanique. « La médecine traditionnelle n’est pas un secret pour moi. Il y a beaucoup de livres de « Karamako » Solomana Kanté qui expliquent les vertus des arbres et parlent des maladies », se réjouit le tradi-thérapeute Konaté. Il rend hommage à ce savant. Solomane Traoré, lui aussi, est membre de l’association « Lawada » qui signifie en français la connaissance et le développement du n’ko. Le sexagénaire explique que le n’ko a des avantages. En ce moment précis de notre entretien, il exhibe son téléphone muni d’un système d’exploitation mobile android. Tous les contacts de son répertoire sont écrits en n’ko. « Tout cela est faisable grâce à une application conçue à cet effet », explique-t-il, avec une pointe d’enthousiasme mêlé de fierté. Dans le domaine de l’informatique, le système d’écriture n’ko est représenté dans l’Unicode, un standard informatique qui permet des échanges de textes dans différentes langues, à un niveau mondial. Boubacar Diakité, docteur en linguistique, fait partie de ces hommes qui mènent des recherches dans le sens de la généralisation du système d’écriture n’ko. Lors d’une de ses conférences, tenue en août dernier, le linguiste avait présenté à l’assistance quelques-unes de nos langues nationales qui peuvent, désormais, être écrites en n’ko. «Nous avons pu créer les sons qui n’existaient pas dans le système mais qui sont dans les dialectes comme le bamanakan, le khassonkan, le dafinkan et d’autres», avait expliqué l’universitaire qui a ajouté que leurs recherches ont permis d’ajouter de nouveaux sons au système n’ko et de simplifier son système tonal. Précisons qu’auparavant, l’alphabet du n’ko comptait 27 lettres. On y a rajouté des lettres pour le ramener à 34 actuellement. AVANCÉE IMPORTANTE – Pour Dr. Diakité, l’objectif de ces recherches est de contribuer à développer l’alphabet du n’ko au profit de toutes les langues africaines. Il a assuréque ses recherches ne s’écartent pas de la trajectoire tracée par le créateur du système n’ko qui, selon lui, consiste à toujours faire des recherches et adapter cette écriture aux nouvelles découvertes.« Une autre avancée importante a été enregistrée par le n’ko. Il est devenu un système d’écriture international car l’alphabet phonétique international est totalement traduit en n’ko », a encore expliqué le chercheur. Adama Coulibaly, président du Forum pour la généralisation du système d’écriture n’ko au Mali, enseigne le n’ko à la Faculté des sciences administratives et politiques (FSAP). Nous l’avons rencontré dans une petite librairie à Banconi. Dans ses rayons, on trouve plusieurs ouvrages écrits en n’ko, notamment des livres d’initiation à l’écriture n’ko, des dictionnaires, des documents sur les termes administratifs et juridiques et des livres de grammaire. Il révèle qu’en plus de quelques institutions supérieures au Mali, le n’ko est enseigné dans plusieurs universités dans le monde, y compris Harvard et Indiana (Etats-Unis) et une autre en Egypte. Le Forum souhaite sortir des formations informelles et mettre en œuvre un curriculum. « Nous avons entamé les travaux pour l’élaboration de ce curriculum qui nous permettra d’offrir des formations mettant l’accent sur la spécialisation », a annoncé le président du Forum. Il a indiqué, également, que le n’ko est une discipline enseignée à la FSAP, depuis deux ans. Selon lui, certains étudiants ont été ajournés à leur examen pour des insuffisances en n’ko. Lassana Camara attend la reprise des cours pour débuter la deuxième année à la FSAP. L’étudiant de 23 ans est motivé à apprendre cette écriture car il est certain qu’elle sera indispensable dans les années à venir. « J’ai opté pour le n’ko afin de mieux comprendre ma langue maternelle et son importance », justifie-t-il, avant de préciser que grâce à cette écriture, il est possible de parler sa langue

Fêtes de Nouvel an à Diéma : les femmes maraîchères se frottent les mains

Par Ouka BA Diéma, 24 décembre (AMAP) Dans le cercle de Diéma, de nombreuses femmes s’adonnent au maraîchage.  En ce moment, elles se frottent les mains. Elles vendent, en longueur de journée, leurs produits : laitue, choux, tomates, oignon, betterave, gombo ainsi qu’autres légumineuses et réalisent d’importantes recettes. Leurs petites parcelles aménagées sont situées, généralement, dans les coins des maisons, derrière les habitations ou aux abords des mares. Ici, la grande difficulté à laquelle les maraîchers sont confrontés, depuis plusieurs années, est la crise d’eau qui se fait sentir, surtout, pendant la saison sèche, entre avril et juin, quand la quasi-totalité des puits et cours d’eau tarissent. Toutes les communes sont, plus ou moins, touchées par cette pénurie d’eau. Djégué, membre de l’Association des femmes de Nafadji, évoque le problème d’eau empêchant les femmes d’arroser, régulièrement, leur vaste jardin d’une superficie de 5 hectares. « Ce jardin, poursuit-elle, contient 4 puits, mais tous manquent cruellement d’eau ». La dame explique que le puits à grand diamètre, qu’elles ont creusé avec l’argent de leur caisse,  pour un montant d’un million deux cents cinquante mille francs cfa, s’est effrité. Elle affirme que le maraîchage a plusieurs avantages pour les femmes. Il leur permet d’assurer l’entretien de leurs enfants, de régler les frais d’ordonnances de leurs enfants, de payer leurs frais de scolarité, sans compter les petites pièces de monnaie que leur progéniture réclame pour leur casse-croûte à l’école. Ce jardin des femmes de Nafadji n’est pas encore prêt à produire de la laitue pour la fête du Nouvel an, car toutes les planches sont au stade de pépinières, à cause de l’insuffisance d’eau. Actuellement, trois pieds de laitue sont vendus à 200 Fcfa dans la ville de Diéma, mais avec la laitue qui provient de Kolokani, un pied coûte 100 Fcfa. « On tient compte, souvent, des frais de transport », lance une femme commerçante tout en arrosant son  panier de laitue pour garder la fraicheur. Certaines femmes ne vendent pas tous leurs produits, elles en utilisent pour l’alimentation de leur famille. D’autres préfèrent laisser leurs laitues jusqu’à la veille du 31 décembre. « En ce moment, déclare Sana, le prix double ». La laitue se commande à l’avance. L’année dernière, malgré ses multiples planches, Diallo n’est pas parvenue à satisfaire toute sa clientèle. Oumar, lui, déteste la laitue au goût amer. Avant d’acheter de la laitue, il prend  soins de porter à la bouche un morceau. Almadi, fin connaisseur, explique que si la laitue ne reçoit pas suffisamment d’eau, elle change de goût, de plus, si elle dure longtemps dans la planche. Baba Coulibaly, le chef de village de Nafadji, loue les efforts des femmes de son village. Il affirme que les femmes jouent un grand rôle dans l’économie familiale. Leurs produits maraichers servent de condiments, ce qui allège la charge des  hommes. Le Secteur de l’agriculture de Diéma, dirigé par Soumaïla Coulibaly, apporte l’appui conseils aux producteurs et productrices  maraichères pour l’amélioration et l’augmentation de leurs rendements. Il effectue, aussi, des contrôles phytosanitaires en vue de protéger les cultures contre les déprédateurs et autres effets extérieurs. A ces différentes missions, s’ajoute le suivi des champs écoles des 21 producteurs maraîchers  dans le cadre du projet WHH (Pour un monde sans fin). En effet, les femmes du Cercle de Diéma ont besoin d’eau pour pouvoir mener à bien leurs activités de maraichage. Elles lancent à l’endroit du Gouvernement et ses partenaires un appel afin à l’aide pour résoudre leurs difficultés. OB/MD (AMAP)  

Pois sucré : De petites graines qui font le bonheur des amateurs de jus frais  

Par Mariam F. DIABATE  Sikasso, 19 décembre (AMAP)  Depuis la nuit des temps, Sikasso ou encore le Kénédougou est connu pour la culture du pois sucré. A un mois de la période propice du pois sucré, les commerçants arrivent, tout de même, à tirer leur épingle du jeu. Il est 10 heures à la foire hebdomadaire de Sikasso. Ce dimanche, jour de regroupement des ressortissants des villages environnants, le grand marché de Sikasso est rempli comme un œuf. Cris pour attirer les clients, négoces, causeries, désordre… Certains passants regardent des cyclistes et motocyclistes ainsi que les charretiers forcent le passage et en ajoutent à l’encombrement de la circulation, créent des bousculades. Tout cela participe de l’animation du marché. En certains endroits, l’odeur des condiments et, surtout, celle des poissons (frais et fumés) inondent l’atmosphère et agressent les odorats les plus délicats. Non loin des immeubles, communément appelés « trois étages », juste en face du Conseil de cercle de Sikasso, se sont installés les vendeurs du pois sucré. “ Tiokon timiman bèye “, “ Ka kilo dioli dima?”, en Français : « Il y a du pois sucré », « vous en voulez combien de kilos? », s’écrie un vendeur de la place. Aboubacar Ouattara, ainsi qu’il se nomme, pratique le métier depuis plus de 15 ans. Le quadragénaire affirme qu’il s’approvisionne à Sokourani-Missirikoro. « Chaque dimanche, je prends 11 sacs de pois sucré chez les producteurs. Ils me cèdent le kilo entre 400 et 450 Fcfa », confie-t-il, ajoutant qu’il vend le kilo à 500 Fcfa. M. Ouattara précise qu’il s’en sort pas mal. « Ce commerce m’a permis d’acheter un terrain et de construire une maison. En plus, j’ai pu acheter une moto et me marier », témoigne-t-il, un grand sourire sur le visage. Par ailleurs, le commerçant de Sikasso attend avec impatience la période propice du pois sucré (le mois de janvier) afin de se faire le maximum de bénéfice et se frotter les mains. Fatoumata et Binta Niangadou, foulards noirs enroulés autour de la tête, habilles de longues robes noires, avancent, en causant vers les sacs d’Aboubacar Ouattara. Les sœurs Niangadou sont là pour acheter du pois sucré pour en faire du jus qu’elles vont vendre. « Chaque dimanche, nous achetons 10 kg. Cela couvre la production de jus de la semaine », précise la plus grande (Binta), qui révèle que ce business leur procure un revenu appréciable. Sa sœur Fatoumata ajoute que ce jus délicieux est apprécié des clients qui en raffolent. « Ils en redemandent, toujours, ce qui contribue à améliorer nos revenus », dit Fatoumata qui explique que le jus extrait est mis en bouteille et/ou dans des sachets plastiques et mis au frais pour la vente. Debout derrière six sacs de pois sucré, certains frais et d’autres secs, Daouda Sogodogo n’a presque pas le temps de s’asseoir. à cause de l’affluence du marché. Tout comme Aboubacar, chaque semaine, Daouda achète quatre sacs de 100 kilos de pois sucré avec ses producteurs de Kapala, Niagasso, Kafana, Missirikoro et Tamba. Selon lui, le prix du sac dépend de celui du kilo. Actuellement, le prix du sac varie entre 30.000 et 45 000 Fcfa. « Je vends le kilo entre 300 et 500 Fcfa et détaille également à partir de 25 Fcfa », ajoute-t-il. Se prononçant sur le marché, Daouda Sogodogo soutient que c’est assez intéressant. « Si j’arrive à écouler mes quatre sacs de 100 kilos dans la semaine, je peux gagner 10.000 Fcfa par sac », révèle-t-il gaiement. « Donne-moi la quantité habituelle, 2 kg de pois sucré », ainsi s’adresse le client Mamadou Diarra à Daouda Sogodogo. Il affirme que depuis un an, il achète le pois sucré chez M. Sogodogo. « Il y a certains pois sucrés qui sont pourris ou pas assez sucrés, mais ceux de Sogodogo sont vraiment de qualité », dit-il. Le pois sucré est cultivé, précisément, dans les Cercles de Sikasso et Kadiolo. La culture, selon les spécialistes, occuperait la troisième place, après le coton et la pomme de terre, en terme de sources de revenus pour les producteurs de cette zone. La production moyenne annuelle avoisine les 10.000 tonnes. Elle rapporte aux producteurs plus 500 millions Fcfa par an. Les producteurs sollicitent la création d’une usine de transformation du pois sucré et le partenariat avec des projets et programmes évoluant dans le secteur, afin d’absorber la surproduction et éviter, ainsi, bradage du produit. MFD/MD (AMAP)

Evènements sociaux au Mali : Cadeaux et renvoi d’ascenseur obligatoire

Par Mariam F. DIABATE Bamako, 18 décembre (AMAP) Au Mali, les évènements sociaux, précisément les mariages et baptêmes, constituent des moments intenses et d’effervescence pour les femmes. Ces cérémonies regroupent toutes les proches de la femme. Notamment les parents, les amis, les collègues. Elles se plient en quatre, faisant fi de leurs possibilités financières et leurs conditions économiques, pour pouvoir apporter le ou les cadeaux. … Pour exprimer leur considération pour le parent, l’ami, ces proches offrent des cadeaux à la femme. Des cadeaux empoisonnés ? En tout cas, des présents qui ne sont pas gratuits ou, du moins, non dénués d’arrière-pensées. De nos jours, on établit une liste, durant ces cérémonies, de ce qu’on donne aujourd’hui pour le récupérer demain. « Quand on me donne un wax ‘’itarget’’, en guise de remboursement, j’offre, en plus du wax, 2.500 à 5000 Fcfa. Sinon, j’entendrai, partout, en ville, des commérages me concernant », détaille une ménagère de Sirakoro Méguetana, Mme Ouattara Sira Mariko. « Ce n’est, donc, plus du social ou une tradition culturelle d’entraide mais, plutôt, un système de remboursement, de donnant-donnant », ajoute-t-elle. La vendeuse de Sélingué, de passage à Banankoro, Mme Traoré Tenin Coulibaly, explique sa philosophie du refus du système. « Je n’entre pas dans le carcan du remboursement. Si j’ai de l’argent, je donne. Dans le cas contraire, je ne fais pas de cadeau. Quand j’aurai de l’argent, j’offrirai mon cadeau même si cela trouve que l’enfant à grandi. Je ne m’occupe pas de ce que pense la personne ou les autres », raconte-t-elle. A l’en croire, sa position découle du cas de son intime amie. Aminata Diarra, c’est son nom, a été victime du remboursement de cadeaux. Elle a dû soutirer de l’argent à un copain pour pouvoir offrir de gros cadeaux à son amie, la boutiquière. Résultat : Quelques mois après, elle a contracté une grossesse. Heureusement, l’homme a reconnu être l’auteur de la grossesse. Par finir, il l’a épousée. La lavandière de Sénou Dougoukoroni, Mme Coulibaly Baloko Traoré, explique son désarroi. Elle soutient que lorsque son amie a accouché, elle lui a offert deux habits pour enfant et de la soupe. En retour, son amie ne lui a rien donné. « En tout cas, je ne lui donnerai plus jamais de cadeau tant qu’elle ne me remboursera pas », affirme-t-elle, ajoutant qu’elle a été obligée de demander de l’aide à son grand frère pour pouvoir offrir ce cadeau à son amie. Aïchata Sika Diabaté est sage-femme au Centre de santé communautaire (CSCOM) de Ouayerma I de Sikasso. Elle estime qu’en matière de cadeau, on reçoit ce qu’on donne. « Si tu ne donnes rien, tu ne recevras rien », précise-t-elle, arguant que la pratique, qui est devenue une habitude de nos temps modernes et dans notre société, constitue une bonne initiative car elle témoigne de la solidarité des femmes. DIVERGENCE D’OPINIONS –« Personnellement, je suis contre le don de présents lors des cérémonies », indique la chargée d’écriture d’une tontine « samedini » de Yirimadjo. Mme Traoré Mariam Haïdara, c’est son nom, affirme avoir abandonné la pratique lors de la naissance de son dernier enfant. Elle soutient qu’elle a énormément eu de cadeaux lors de ce baptême. « Je n’ai invité personne, à part la famille. Mais j’ai eu, environ un million de Francs Cfa durant le baptême », a-t-elle affirmé. Par ailleurs, Mme Traoré a ajouté qu’il est très difficile de bannir la pratique dans la société malienne car les femmes y sont accrochées a l’obsession. Mme Bagayogo Mariam Diarra est ménagère à Kalakan Coura. Elle, tout comme notre précédente interlocutrice, s’oppose à la pratique. « Actuellement, j’ai quatre enfants. Bien avant d’avoir mon quatrième enfant, une connaissance, qui avait l’habitude de m’offrir des cadeaux, parlait mal de moi. Elle disait que j’aime trop faire des enfants, Elle avait peur de m’offrir davantage de cadeaux. Mme Bagayogo se rappelle encore de l’accouchement de son deuxième enfant. « Une dame du voisinage est venue m’offrir du tô (Pâte traditionnelle à base de céréales). Sur place, elle envoya quelqu’un apporter des cadeaux (à rembourser) pour mon bébé. Je l’ai stoppée net. Je lui ai dit que je n’avais pas besoin de cadeaux. Je fais des cérémonies, en tenant compte de mes moyens. C’est à partir de ce jour que j’ai eu le dégoût de la pratique », a-t-elle dit. Mme Diabaté Mariam Diarassouba tient un kiosque de transfert d’argent à Niamakoro, nous relate un cas. Une bonne dame, quelques jours après son baptême, a rendu l’âme. Un jour, son mari, de leur chambre, a entendu les paroles de femmes sur la route du marché. « Le décès de cette dame a été un choc. Elle est partit avec de nombreux cadeaux reçus. La question : Comment se feront les remboursements? n’a pas pu être répondue ». C’était le sujet des commérages des femmes qui partaient au marché et que l’époux de la malheureuse a entendus. Le veuf, très choqué, a invité toutes les femmes qui ont assisté au baptême de son enfant. Il a fait sortir tous les cadeaux. Il leur a demandé, à chacune, de reprendre son cadeau. Ce fut chose faite… A la suite de cette triste histoire,  Mme Diabaté estime que le don de ces cadeaux est loin d’être un signe de solidarité. « Le remboursement des cadeaux constituent un réalité des temps présents », affirme Mme Arama Bernadette Dakouo, une assistante de direction qui habite Missira, à Bamako. Elle pense que la pratique est une extravagance, une déviation de l’esprit de solidarité. Elle s’oppose à la pratique. Elle sollicite un changement de comportement des femmes. En fait, les Maliennes sont, de plus en plus, conscientes des conséquences du remboursement de cadeaux. Certaines se sont retirées de la pratique mais les « gros bonnets » ou les « foulards larges » continuent… MFD/MD (AMAP)

L’Ecole pour déficients auditifs : Dédramatiser le handicap par l’Education

Par Fadi CISSE et Sidi Y. WAGUE Bamako, 16 décembre (AMAP) A l’Ecole pour déficients auditifs (EDA), bâtie au cœur de la rue du Bla-bla (rue Princesse), au quartier del’Hippodrome, en Commune II, un jeudi matin. A 09 heures déjà,l’ambiance est studieuse. Les élèves déficients auditifs apprennent l’alphabet pour pouvoir lire, écrire et signer. La cour est presque vide. Elèves et maîtres sont en classe comme dans les autres écoles normales. Dans chaque classe, l’on peut voir des enseignants qui expliquent, avec des gestuels, le cours aux élèves. Ceux-ci prennent note dans leur cahier ou recopient au tableau noir. Dans cet univers, la parole fait place aux signes, mimes (imitations), communication visuelle et gestuelle. Les signes des déficients auditifs instruits et ceux non instruits sont différents. Mais les deux handicapés auditifs se comprennent, peuvent communiquer. L’école enseigne les mêmes programmes que les écoles ordinaires, d’où les mêmes évaluations et examens scolaires (CAP, BT, DEF, Bac et autres). EDA est une structure étatique créée en janvier 1993 par l’Association malienne des sourds (AMASOURDS). Elle comprend trois cycles : le préscolaire (de 3 à 6 ans), le 1er cycle (de 7 à 12 ans) et le second cycle (de 13 ans et plus). Chaque cycle à sa direction. L’établissement compte 365 élèves déficients auditifs encadrés par 32 enseignants. C’est un établissement scolaire déclaré d’utilité publique. Elle est destinée à accueillir des enfants ayant un déficit auditif. Elle est la première école pour déficients auditifs au Mali. L’Etat et des partenaires aident cette école en lui fournissant du matériel didactique, des moyens de transport et des formations professionnelles. L’ONG « Agir » de la Première dame, Mme Kéïta Aminata Maïga, a offert un minibus à l’Association malienne de sports pour déficients auditifs (AMASDA). Le Projet éducation inclusive pour enfants déficients visuels de l’école primaire, de l’ONG internationale « Sightsavers », s’occupe de la lutte contre la cécité et pour la réhabilitation des handicapés auditifs et visuels. Il est mis en œuvre dans six écoles dont quatre classiques, une intégrative et une spéciale dans les Régions de Koulikoro, Ségou et Gao et dans le district de Bamako. Dans un entretien, le directeur du Centre de développement de la petite enfance (CDPE) à l’EDA, Makan Koné, a précisé que le déficit de communication entre élèves et parents à la maison, la non maitrise des signes auditifs par les enseignants, le manque de formation continue des enseignants en langue de signes, pour pouvoir communiquer avec les élèves auditifs, sont les difficultés de l’école. Pour lui, beaucoup de déficients auditifs ont des problèmes familiaux. Car ils sont rejetés et stigmatisés par leurs parents ou la société. Et c’est pourquoi, l’Ecole pour déficients auditifs leur sert de cadre de réconfort, d’épanouissement et de consolation. Selon M. Koné, cet établissement vise trois principaux objectifs dont le dépistage précoce des enfants. Il poursuit, en précisant que, dès l’arrivée des enfants, ils sont suivis à travers des tests sur la situation de leur handicap, par des apprentissages comme dans les écoles ordinaires et, enfin, ils reçoivent une formation professionnelle. Par ailleurs, Makan Koné a précisé que les heures de rentrée dans cette école sont pareilles que dans les établissements classiques. C’est-à-dire, de 8 heures à 11 heures pour les préscolaires, du lundi au vendredi. « La seule différence est qu’ici, les élèves reçoivent leur enseignement à travers la langue des signes (Communication visuelle et gestuelle) », a-t-il indique. Le directeur du second cycle, Aboubacar Sangaré, a expliqué, pour sa part, que la seule différence avec les écoles dites normales est l’absence de cours les après midi. Ici, la journée est continue. « Cette école est connue comme la seule destinée aux sourds, sur la rive gauche, et le seul second cycle au Mali. Très généralement, le nombre de garçons est plus élevé que les filles dans les classes, car il y a plus de garçons malades que de filles », explique-t-il. En 7e année, il y a 13 filles et 34 garçons, en 8e année, 10 filles et 20 garçons, en 9e, 15 filles et 18 les garçons », a ajouté M. Sangaré avant de dire que, pour adhérer à cette école, il faut, d’abord, certains critères, comme être sourd-muet ou être un handicapé de la surdité. Selon lui, depuis un certain temps, avec une politique du gouvernement, l’école accueille, désormais, des enfants qui n’ont aucun problème de handicap. Ce qui permet aux élèves de s’épanouir avec les non malades pour qu’ils puissent avoir une certaine considération à leur égard. Il termine en lançant un appel au gouvernement à construire de nouvelles structures pour que ces enfants puissent poursuivre leur formation, après le Diplôme d’études fondamentales (DEF) car, beaucoup d’entre eux s’arrêtent au second cycle. « Souvent, ils perdent même toutes les notions acquises à l’école », a regretté le directeur de l’école. Aux alentours de la cour, se sont réunis des parents d’élèves, formant un «grin » sous un arbre, non loin de la direction du premier cycle. Chacun attend son enfant pour l’encourager et lui remonter le moral car, souvent, il arrive que ces élèves refusent de suivre les cours.Faguimba Dembélé est un (grand) parent d’élève. « J’accompagne chaque matin mon petit-fils à cette école que je trouve très intéressante, car elle donne de bonnes formations, toute chose qui apporte beaucoup à mon petit-fils, depuis son arrivée ici», dit-il. Selon lui, depuis l’inscription du garçon, « beaucoup de choses ont changé dans sa vie, surtout l’intérêt que lui portent ses amis et les enseignants. Il ne se sent plus seul et ne s’éloigne plus des gens ». Il incite tous les parents de sourds et en situation de handicap à veiller sur ces enfants et à penser à leur avenir pour qu’ils fassent partie de l’élite de demain, tout comme les élèves des écoles dites normales. FC/SYW/MD (AMAP)

Uniforme scolaire : joindre l’utile au pédagogique

Par Fadi CISSE Bamako, 16 décembre (AMAP) Les élèves ont repris le chemin de l’école depuis le premier octobre 2019. Mais la rentrée scolaire remet toujours sur le tapis, la récurrente question de l’obligation du port de l’uniforme scolaire ou pas. Au Mali, les avis sont nettement tranchés. Certains parents d’élèves jugent l’initiative salutaire dans son essence et estiment que le port de la tenue scolaire permet d’aplanir les différences sociales qui peuvent apparaître à travers la qualité des vêtements portés par les élèves, et de décomplexer ceux qui sont issus de familles moins nanties. Ces défenseurs y voient une approche pédagogique de mettre tout le monde sur un pied d’égalité. Ceux qui développent un avis contraire expliquent simplement que c’est des poches de dépenses supplémentaires pour les parents d’élèves. Ces pourfendeurs n’apprécient nullement l’initiative de faire porter des uniformes aux élèves au niveau de l’enseignement fondamental. Le secrétaire général du ministère de l’Education nationale, Kinane Ag Gadeda, explique qu’un projet d’arrêté ministériel sur le port de l’uniforme scolaire est sur la table du département. Cette décision va instituer le port de l’uniforme scolaire dans tous les établissements publics, privés, communautaires de l’enseignement fondamental, secondaire général, technique et professionnel et d’enseignement normal voire les écoles coraniques (medersas). Dans les établissements publics et privés, les garçons porteront un pantalon en tissu kaki et une chemise en popeline de couleur bleue. Pour les filles, le port d’une jupe paysanne en kaki et une chemise en popeline de la même couleur bleue que chez les garçons sera obligatoire. Notre équipe de reportage a fait le tour de certains établissements scolaires. Au lycée Mamadou M’Bodj de Sébenicoro, de nombreux élèves étaient vêtus en uniforme scolaire. On pouvait énumérer sur un ticket de métroceux qui n’en portaient pas. Selon Mme Sall Hawa Saye, promotrice de cet établissement d’enseignement secondaire, le port de la tenue scolaire est une exigence pour les élèves. Tout élève qui ne vient pas en uniforme est renvoyé. « Après la rentrée scolaire, on accorde un sursis de deux semaines aux élèves afin qu’il se fassent acheter  l’uniforme scolaire. Celle-ci a le mérite de différencier les scolaires de jeunes délinquants qui infiltrent, parfois, les établissements scolaires», explique la responsable de l’établissement. A l’entendre, l’initiative sécurise mieux l’élève au sein de l’école. Comme dans le temps, le port de la tenue scolaire devient, de plus en plus, une exigence dans les établissements scolaires. Une manière pour les directions des écoles de mettre en pratique une approche pédagogique et de soulager les parents d’élèves qui investissent beaucoup d’argent dans l’habillement de leurs enfants durant l’année scolaire. Ainsi, chaque matin, collégiennes et collégiens portent un uniforme scolaire. Mais cette obligation est différemment appréciée par les élèves. Selon les spécialistes, l’uniforme scolaire est un outil pédagogique.
 A ce titre, il apporte aux élèves des éléments de compréhension qui favorisent un processus d’adaptation de leur comportement et de concentration. Dès le début de la journée, lorsqu’il revêt sa tenue scolaire, l’élève prend conscience de la spécificité du temps du travail, différent de celui de ses loisirs.
 De la même façon, il distingue l’espace de l’école (où il porte son uniforme) de celui de la vie privée (où il est habillé différemment). Les uniformes des garçons sont, généralement, composées d’un pantalon sombre, ou souvent d’une culotte courte, assorti d’une chemise accompagnée souvent de cravate. Mais, pendant la période de froid, certains élèves se couvrent avec des vêtements indiqués contre le froid. Les uniformes de filles peuvent être composés d’une cravate, d’une jupe ou d’un kilt et un chemisier. Le fait qu’il y ait des tenues différentes pour les filles et les garçons suscite, à tort ou à raison, des débats. Mais, il est inutile de se perdre en conjonctures sur la question. Certains établissements permettent aux filles de choisir entre jupe et pantalon. Devant le lycée Dramane Diallo, à Djicoroni Para, Ahmed Keïta, parent d’élève résidant dans un quartier du District de Bamako. Il dit investir, à chaque rentrée scolaire, plus de 50.000 Fcfa dans les uniformes scolaires de sa progéniture. Il ne le regrette pas puisque chacun de ses enfants peut faire toute l’année scolaire avec deux uniformes. Il souligne que, hormis les tenues scolaires et les fournitures, il n’achète aucun vêtement pour ses enfants, sauf pendant les vacances. Quant à Mariam Traoré, mère et veuve de 4 enfants, elle estime que les établissements doivent tenir en compte le cas de certains élèves dont les parents n’ont pas, forcément, les moyens de payer l’uniforme scolaire au premier mois de la rentrée scolaire. Il faut accorder un délai raisonnable à ces parents d’élèves. « Les élèves sont vraiment bien en uniforme scolaire. Mais, il ne faut pas les priver de cours parce qu’ils n’en portent pas », suggère la mère de famille. Cheikh Camara, la quarantaine, est enseignant et parent d’élèves. Il relève que « la gestion des règlements liés aux uniformes est une tâche importante».  Selon lui, en attendant l’institutionnalisation de la tenue scolaire, il investit, au minimum, 75.000 Fcfa dans l’achat des uniformes scolaires de ses 5 enfants (3 filles et 2 garçons). « A chaque rentrée, je fais plus de dépenses dans les habits et les fournitures scolaires. Maintenant, avec les uniformes scolaires, j’espère moins dépenser », dit-il. Il révèle que c’est, aussi, l’occasion pour les enfants de bien conserver les autres vêtements et de les retrouver, tous neufs, à la fin de l’année scolaire. FC/MD (AMAP)  

Le certificat de nationalité : Utile pièce du dossier de concours de recrutement

Par Anne-Marie Keita Bamako, 15 décembre (AMAP)  On ne se rend compte de son importance qu’en période de dépôt de dossier pour différents concours de recrutement dont il est un élément essentiel. Pour postuler, les candidats doivent remplir certaines conditions dont notamment la constitution et le dépôt d’un dossier. Parmi les pièces de ce dossier, figure le certificat de nationalité qui occupe une place importante. Un tour dans les tribunaux permet de constater la portée de ce document. A 7 heures, assez tôt ce matin du mardi 29 octobre, avant dernier jour du délai de dépôts des dossiers du concours de la police. L’entrée du tribunal de la Commune VI  est prise d’assaut par une foule de jeunes demandeurs du document précieux. Il n’y a pas encore de rang, mais des attroupements, en attendant le début des opérations de dépôts des actes de naissance, préalable à l’établissement du certificat de nationalité. Il faut noter que l’acte de naissance est le justificatif essentiel permettant de prouver la nationalité. A 8 heures, les agents sont, enfin, sur place et procèdent à la réception des demandes. A vue d’œil, ils sont un peu débordés. Commencent alors les bousculades, car chacun veut l’avoir, rapidement, pour ne pas rater le délai de dépôt des dossiers de recrutement. A 15 h, la cour est envahie par ceux venus pour le retrait. Faute de quoi s’asseoir, certains sont sur leurs motos, d’autres sont debout. Il y en a, aussi, qui sont assis sur de grosses pierres, devant quelques boutiques. Les agents procèdent à l’appel par certificat. A moins d’une heure, l’agent a déjà remis plus de 100 copies. Sur ces certificats, figurent le nom, la date de naissance, les noms des parents, la nationalité et les couleurs officielles du Mali (vert, jaune et rouge). Si dans le rang des demandeurs certains sont conscients de la nécessité de cet acte administratif, beaucoup ne le savent pas. C’est le cas de Aminata Koné qui veut faire le concours d’entrée à l’Institut de formation des maitres (IFM). Elle est venue chercher le certificat juste parce qu’il figure dans le dossier de candidature. « Je sais seulement que c’est pour prouver que tu es né au Mali mais je ne sais pas pourquoi, à chaque concours, il y figure ». Dans la cour du tribunal de la Commune IV, Amadou Coulibaly est un habitué des lieux puisqu’il est un diplômé sans emploi et postule à chaque concours. « A chaque avis de concours que je consulte dans les journaux et sur les réseaux sociaux, le certificat de nationale est demandé. Donc, je viens, une fois par semaine, pour en faire ». Postulant au concours de la fonction publique pour la 3efois consécutive, Amadou est conscient que le certificat joue une rôle important dans les dossiers, sans pouvoir dire lequel. Plus de cinq personnes interrogées ne savent pas l’importance de cet acte qui est délivré uniquement par les tribunaux à l’intérieur du pays et par les services diplomatiques à l’extérieur. Enfin, nous rencontrons Malik Diarra, un jeune diplômé sans emploi et juriste de formation. Selon lui, le certificat de nationalité est un acte qui prouve l’appartenance d’un individu à une nation. Pour lui, lorsqu’il est demandé dans un dossier de recrutement, c’est pour éviter que des étrangers occupent des fonctions administratives car certains postes administratifs ne doivent, en aucune manière, être confié à des étrangers pour la sureté de l’Etat et aussi préserver les secrets administratifs. De l’avis du spécialiste en droit, Abdoulaye Doucouré, Juriste, coordonnateur de la Justice transitionnelle chez Avocats sans frontières Canada, unenationalité s’acquiert ou se perd après la naissance par l’effet de la loi ou par décision de l’autorité publique prise sous certaines conditions. Et de citer l’article 15 de la Déclaration universelle des droits de l’homme (DUDH) du 10 décembre 1948 qui stipule que : « Tout individu a droit à une nationalité. Nul ne peut être arbitrairement privé de sa nationalité ». Aussi,  les articles 218 à 277 duCode des personnes et de la famille (CPF) traite de la nationalité, sa mode d’acquisition, de sa perte, de sa déchéance, de ses contentieux et de sa forme de ses actes. Selon Abdoulaye Doucouré, le certificat de nationalité est une des formes d’actes qui attestent l’appartenance d’un individu à une nation. L’autorité compétente, qui a qualité pour délivrer un certificat de nationalité malienne, est le président du tribunal de première instance ou le juge de paix à compétence étendue et à l’étranger, il est délivré par les agents diplomatiques ou consulaires maliens. « Cet acte administratif peut être délivré à toute personne, quelle que soit la manière dont elle a eu cette nationalité, par filiation, par mariage, par naissance ou par décision de l’autorité publique », a précisé le juriste.Avant de conclure que c’est un document officiel qui permet à son titulaire de prouver qu’il est de telle nationalité et apte à occuper un poste national.Il est demandé par l’Administration, dans le cadre de certaines procédures, notamment dans le cadre de la procédure d’obtention de la première carte nationale d’identité. AMK/MD (AMAP)

Enseignement virtuel au Mali : Rendre l’enseignement supérieur accessible à tous

Bamako, 08 décembre (AMAP) La série de Journées portes ouvertes, dans le cadre du lancement de l’Université virtuelle du Mali, (UVM)-Kingui, a démarré, la semaine dernière, dans l’espace numérique ouvert de UVMALI, à l’immeuble Famib. Les nombreux participants à ce rendez-vous d’information ont fait face à un panel de l’équipe pédagogique, constituée notamment du Directeur général de UVMALI, Mamadou Doumbia, ainsi que de son Directeur des études, Daly Hamadi Diallo, assistés du CEO Famib, l’initiateur et fondateur de UVMALI, Amadou Diawara ainsi que du doyen Mamadou Diallo, professeur en informatique à la retraite. Ramatoulaye Dia, responsable de la Communication de UVMALI, est formelle : cette initiative participe d’une session d’informations sur la nouvelle université virtuelle qui est venue enrichir le paysage de l’enseignement supérieur au Mali. Il s’agit, d’après elle, d’expliquer, à la fois, l’utilité et les opportunités offertes ainsi que les avantages à étudier sur la plateforme UVMALI. L’UVMALI a été lancée le 7 novembre dernier. Elle a suscité beaucoup d’engouement auprès des néo-bacheliers, étudiants, parents d’élèves soucieux d’offrir un enseignement supérieur, de qualité, à leurs enfants ainsi que les professionnels déjà en activité, en quête de certifications reconnues. L’équipe dirigeante a été assaillie de demandes et, surtout. de quête d’informations. Les Journées portes ouvertes, en plus de l’interface de la plate-forme de UVM, permettent, ainsi, aux promoteurs de nouer des contacts physiques avec le public intéressé, d’apporter les réponses à l’avalanche de questions. Mamadou Doumbia, le DG de la nouvelle entité, a expliqué que la naissance de UVMALI constitue, pour le Mali, une alternative à la défaillance de moyens de l’Etat pour résorber les quelques milliers de néo-bacheliers, annuellement, non orientés par le département de l’Education du Mali ainsi qu’une partie importante de cette jeunesse privée d’une qualification professionnelle supérieure voire pas du tout qui viennent grossir la cohorte des chômeurs. Selon M. Doumbia, « il s’agit, donc, d’une offre sociale d’enseignement supérieur, accessible quasiment à tous. Le contenu de la plate-forme e-learning offert par l’université Virtuelle du Mali répond aux standards les plus exigeants des formations universitaires de pointe, à travers les potentialités et la diversité des formations de niveau relevé. Jusque-là, cette opportunité était quasi inaccessible pour la grande majorité de ceux aspirant à des normes d’études universitaires en vigueur dans les grands systèmes d’éducation occidentaux ou d’ailleurs. D’après Daly Hamadi Diallo, le Directeur des Etudes, au-delà du coût relativement bas, ramené à seulement 100.000 Fcfa des frais d’inscriptions, il s’agit d’une quasi gratuité au regard de l’excellence proposé. UVMALI a fait le choix de proposer l’accessibilité à la qualité pour le bénéfice du plus grand nombre. C’est que l’offre de formation de UVMALI s’appuie sur un partenariat dynamique et fécond. L’Université Virtuelle du Mali propose en enseignement des cursus de pointe qui intègrent les réseaux comme celui de l’Institut National des Sciences Appliquées de Toulouse et l’ensemble du réseau français de l’INSA, aujourd’hui une référence mondiale en matière d’études d’ingénierie. Ce partenariat est aussi étoffé par les conventions conclues avec des universités sœurs de la sous-région africaine, du Sénégal, de la Côte d’Ivoire, du Gabon et de la Tunisie. Un maillage de possibilités d’études supérieures de qualité complété par le dense réseau des universités du monde islamique (CINVU). Cet important système de partenariat offre autant d’opportunités de co-diplomation internationale (des sanctions académiques reconnues dans les pays de ces différentes universités) qui est un gage de rigueur des formations reçues. Car Amadou Diawara est catégorique: « les examens ne seront pas proposés à Bamako, pas plus que les copies n’y seront corrigée »s L’UVMALI a souscrit au principe des exigences de ses différents partenaires quant à la qualité, la rigueur et le niveau des cours. Ce qui explique le profil des formations et des certifications, particulièrement adaptées au monde du travail et de l’entreprenariat, un secteur multiforme en constante évolution par la création de nouveaux besoins et donc de nouveaux métiers. D’où la mise en place d’un incubateur déjà fonctionnel, au service des étudiants dans les locaux du Groupe Famib. Selon Ramatoulaye Dia, la Directrice de la Communication de UVMALI, il s’agit d’inciter les étudiants à se lancer dans la création de leurs propres projets, en les formant, les assistant et en leur assurant un accompagnement jusqu’à la phase de réalisation. « L’idée d’un enseignement supérieur virtuel trotte dans les esprits depuis une quinzaine d’années au Mali », assure le doyen Mamadou Diallo, lui-même, un mordu de cette ressource éducative et qui, 51 ans encore après son bac en poche et à la retraite, depuis quelques années déjà, continue, néanmoins, de surfer entre les grandes universités du monde. «On ne cesse jamais de rechercher le savoir et la jeunesse doit saisir cette immense opportunité de formation et de perfectionnement qui offre un niveau d’études aux standards internationaux des plus grandes universités du monde», conseille cet expert des études universitaires qui veille. Désormais, sur la qualité et la conformité aux normes internationales des contenus éducatifs de l’Université Virtuelle du Mali. Dans l’esprit de son fondateur, il s’agit d’un concept novateur inscrit dans le crédo social de l’entreprise numérique et consistant « à déployer une plateforme de formation adaptée au contexte malien et s’appuyant sur des ressources numériques ». Comme le souligne M. Diawara, « l’Université Virtuelle du Mali est une université malienne 100% e-learning basée à Bamako et qui a vocation de faciliter l’accès universel à l’enseignement supérieur de qualité pour la jeunesse malienne et africaine. «Rendre l’enseignement supérieur accessible à toutes les classes sociales au Mali», voilà l’ambition affichée par le fondateur de la nouvelle structure et patron du Groupe de nouvelles technologies Famib, en mettant cette université virtuelle au service de la jeunesse malienne. L’accès, grâce au partenariat avec Orange, se fait par connexion à une plate-forme dont l’interface permet l’orientation des postulants vers les formations et pour mieux guider leurs choix. UVMALI, encore désignée par l’Université Polytechnique Privée Kingui, UPP Kingui, comme l’annonce son slogan, c’est « Vivre son rêve en un clic ».

Bamako : Des taxis motos comme solution aux embouteillages

Reportage de Oumar Diakité Bamako, 08 décembre (AMAP) Une centaine de taxi motos, d’une marque japonaise, de couleur bleue, avec GPS et une assurance en cas d’accident, circulent à Bamako et sont sollicitées par des clients, comme solution aux bouchons, pour les courses quotidiennes. Les conducteurs, (hommes et dames) sont habillés en gilets et équipés pour satisfaire les besoins de transport via la technologie. « Vous voulez aller au travail, à l’école, au marché ? Ou bien vous avez besoin qu’on fasse votre course ? C’est simple, vous les appelez ou vous écrivez via Messenger, Facebook à ‘Moto Teliman’ », témoigne un client fidèle, avant que nous fassions connaissance avec ces moto taxis. Et de commenter : « on vous envoie un conducteur de moto qui va vous remettre un casque et vous emmener à destination. Cela coûtera 50% moins cher et 3 fois plus rapide qu’une voiture ». Cet échangé a suscité notre curiosité sur ce nouveau transport de personnes et de livraison par deux-roues à Bamako. C’est une start-up, la première qui offre un tel service. Pendant une semaine, nous avons remarqué, à travers la ville de Bamako, en différents lieux de stationnement, quelques taxis motos labélisées ‘Teliman’. Sur la route de Lassa (un quartier sur les collines, côté ouest de la ville), nous avons  rencontré Ibrahim Diakité, un conducteur de ces taxi motos, pas peu fier de son travail, stationné sous les manguiers, en contrebas, à droite de la voie bitumée en direction de Kati.  « Nous voulons aller à Lassa. C’est combien le prix de transport ? », nous nous adressons à lui. « 200 Fcfa », répond-t-il,  la moto à côté, deux casques posés dessus dont l’un réservé au client. Nous enfourchons l’engin. En route, M. Diakité nous dit qu’il est un émigré malien de retour au pays et qu’il gagne, présentement, sa vie avec ce travail, avant de nous indiquer la direction de l’entreprise de taxi moto. « C’est un réseau de chauffeurs formés et équipés, une application mobile de tarification, un call-center, des motos avec GPS et une assurance en cas d’accident. Notre particularité est que nous mettons l’accent sur la sécurité et les prix abordables « , détaille notre chauffeur, nous  motivant vouloir en savoir davantage en nous rendre à la direction de la start-up à Sogoniko, non loin du commissariat de police du 7ème arrondissement, dans une grande cour. BOURSE D’EXCELLENCE  – Dans l’enceinte, un parking pour motos, de marque, majoritairement, Djakarta, non pas de celle des engins de Teliman, mais des chauffeurs, beaucoup de chauffeurs.  Nous apercevons une jeune dame en train de laver une assiette et un chauffeur de taxi moto assis auprès de la porte d’un bureau. Ce dernier nous apprend qu’elle est la première responsable de l’entreprise. « Je m’appelle Hawa Traoré. Je suis co-fondatrice et directrice générale de la start-up Teliman. Je dirige Teliman avec Abdoulaye Maïga, co-fondateur et directeur Informatique ». Les présentations sont, ainsi, faites. Alors que nous pensions que le projet appartenait à un étranger, elle dut : « Nous sommes, tous les deux, maliens. Après le baccalauréat au Mali, nous avons, tous les deux, obtenu une bourse pour poursuivre nos études supérieures en France (La Bourse d’Excellence). Je suis ingénieure en Génie mécanique-industrie (Arts et Métiers) de formation et Abdoulaye est Ingénieur informatique (Centrale Paris) », précise la patronne de Teliman Taxi-moto. Mme Traoré est de la promotion 2008 de la Bourse d’Excellence et a été, d’ailleurs, la première nationale du Baccalauréat 2008, détail important qu’elle ne souhaite pas mettre en exergue. Abdoulaye Maïga est son aîné. Il est de la promotion 2007. Après quelques années d’expérience professionnelle à l’étranger, dit-elle, nous sommes rentrés au Mali pour lancer la start-up Teliman avec le partenariat » d’un concessionnaire de la place « qui a cru au projet dès les premières heures ». Selon elle, il s’agit de rendre à l’Etat du Mali la monnaie de sa pièce, en contribuant à la solution du chômage des jeunes. « Nous souhaitons contribuer au développement du Mali, en proposant une solution innovante qui répond à un besoin, au niveau du transport, tout en créant des emplois formels pour une population jeune en forte croissance », justifie la jeune dame. IDEE DU PROJET – Selon Hawa Traoré, l’idée de Teliman est venue du constat qu’à Bamako, comme dans beaucoup de capitales africaines, il y a une réelle difficulté de mobilité a travers le transport. Il y a beaucoup d’embouteillages, pas assez d’infrastructures et pas de réseaux de transport organisés pour servir la population en forte croissance et desservir les nombreuses zones isolées. « Heureusement, les Africains sont intelligents et ont trouvé une solution : la moto », se réjoui-t-elle. « C’est rapide, c’est tout terrain et pas cher », commente notre interlocutrice. Cependant, le secteur du taxi-moto est en général chaotique. Les passagers ont peur pour leur sécurité, les chauffeurs ont des difficultés à financer leur engin et de faire face aux aléas de ce métier (accidents, maintenance). Les autorités craignent l’anarchie dans la ville. « C’est fort de ce constat, soutient Hawa Traoré, que notre solution est née : conserver les avantages de la moto, sans les inconvénients ». « Cette solution, précise-t-elle, est, avant tout, un réseau de chauffeurs professionnels formés, équipés avec des équipements de bonne qualité, pour satisfaire les besoins de transport en utilisant la technologie ». En effet, Teliman est la première start-up offrant un service de transport de personnes et livraison par taxi-moto à Bamako. Des motos assez confortables, bien entretenues. Des chauffeurs indépendants formés et suivis. « La sécurité du conducteur et du passager sur la route se matérialise par les casques, l’assurance en cas d’accident, le GPS sur les motos », rassure la co-fondatrice de l’entreprise Elle ajoute qu’un service client, à l’écoute, existe depuis mai 2018 et les chauffeurs desservent toute la capitale malienne. « Le réseau compte, aujourd’hui, une centaine de chauffeurs indépendants dont 5 femmes », souligne Mme Traoré. S’y ajoute une vingtaine de personnes pour le management. Les réussites en un an et demi se résument, d’après elle, « en la facilitation du quotidien des Bamakois avec un transport rapide et accessible ». Elle cite, aussi, la contribution au développement du Mali, avec la création d’une

Gaz butane: Pénurie  en vue sur le marché

Par Ahmadou CISSÉ et Oumar DIAKITE Bamako, 06 décembre (AMAP) Au fin fond de la zone industrielle de Banankabougou, en Commune IV, à l’opposé du Stade du  26 mars », une grande cour sur plusieurs milliers de mètres carrés. A l’entrée principale, un panneau mentionne « Sodigaz », la première société privée de distribution de gaz butane s’est, confortablement, installée là. Sur cette aire, les bombonnes de gaz font une montagne. Toutes vides. En face, les installations de remplissage des bombonnes sont liées à de grosses cuves. Curieusement, ce lieu de travail, habituellement, brouillant et bruyant par la manipulation des bombonnes de gaz et le mouvement des camionnettes, est vide et calme, ce lundi, début décembre, à notre passage. Pour cause, les cuves sont vides. De sa fenêtre, Oudiary Diawara, le gérant, prend son mal en patience. Il se laisse consoler par la vue imprenable sur le parking de gros porteurs des cours voisines. Il tourne en rond dans son bureau situé à gauche et au-dessus des ateliers. « Comme vous pouvez le constater, nous sommes en arrêt de travail. Nous n’avons plus de gaz. Les partenaires nous exigent du cash », explique le distributeur de gaz, à bout de nerfs. Pourquoi n’avez-vous pas de cash ? A cette question, il répond sec: « Eh bien, parce que l’Etat nous doit beaucoup d’argent et il ne nous paye pas, depuis plus d’une année ». Comme lui, la quasi-totalité des sociétés de gaz sont au ralenti. Un retard de paiement de la subvention de plus de 6 milliards grève les comptes des sociétés de distribution qui vont manquer de quoi renouveler leur stock.La subvention qui leur permettait de respecter leurs engagements avec leurs fournisseurs n’est pas au rendez-vous. Le Trésor public est trop sollicité. Le pays traverse, en effet, un temps orageux du fait de crises multidimensionnelles. Fatouma est une femme de ménage dans une des nombreuses familles nucléaires de Bamako. Elle dit vivre avec son époux et leurs trois enfants: Maman, Michou et Junior, le dernier de 6 ans. La jeune femme a 36 ans. Elle est mariée dans un quartier populaire de Bamako, Sogoninko. Elle habite non loin de la célèbre gare routière, « Autogare », réputée être un nid de petits bandits et un terrain de chasse de la police de proximité. En lieu et place du gaz butane que la ménagère vient chercher, en ce jour ensoleillé de fin d’année, la dame, depuis ses 18 ans révolus, a toujours fait sa cuisine avec le charbon de bois. « Depuis quelques années, j’ai arrêté l’utilisation abusive du charbon. Il coûte de plus en plus cher », explique la jeune femme qui repart de la gare routière avec une bonbonne de gaz rechargée. « Au départ, j’ai toujours cru que le gaz est une affaire de nantis. En réalité, je me trompais. Le gaz est plus économique que le charbon, à mon avis », poursuit Fatouma. C’est vrai, confirme Oudiary Diawara, gérant de Sodigaz et président du Regroupement des opérateurs gaziers. « Même en haut lieu, on pense que le gaz est une affaire de nantis. C’est totalement erroné. Les études démontrent que le gaz permet à nos ménages de faires des économies substantielles », explique l’opérateur.. TOTAL S’EN VA –L’utilisation du gaz butane peine à s’installer dans les habitudes et atteindre sa vitesse de croisière au Mali. Les ménages ne s’habituent pas encore à la cuisine avec le gaz. Le charbon et le bois demeurent les combustibles favoris. Dans un esprit volontariste, les autorités publiques ont libéralisé le secteur du gaz pour inciter les investisseurs à importer ce combustible. Double objectifs : préserver les forêts et améliorer les conditions de vie dans les foyers. Au fil des ans, sept sociétés de distribution de gaz butane se sont installées à Bamako et environ. Sodigaz a été le premier à se jeter à l’eau. Suivirent Sigaz, Coumba gaz, Kama gaz, Fasogaz, Dilli gaz, Bama gaz et MG gaz. Quelques multinationales se sont essayées à la commercialisation du gaz butane. La dernière en date à jeter l’éponge est Total. Le président des opérateurs gaziers pointe un doigt accusateur sur le Gouvernement qui ne respecte pas ses engagements de paiement des factures. En effet, depuis 1982, ce produit est largement subventionné par l’Etat pour encourager les populations à abandonner le charbon et le bois. De nos forêts, il ne reste plus grand-chose. Depuis 1982, une fois l’an, les factures déposées par les sociétés sont payées. Constatant leur fonds de commerce bloqué dans les caisses de l’Etat, les multinationales se sont retirées du secteur. Seuls les privés nationaux se battent, comme ils peuvent, pour garder leurs sociétés en vie. Le Mali étant en guerre, les fournisseurs du gaz à l’étranger exigent des opérations de payer cash, avant d’enlever le gaz de leurs dépôts. C’est le cas au Togo, au Bénin, en Côte d’Ivoire. « Le retard de paiement de la facture de subvention de la part du ministère de l’Economie et des Finances a mis en péril nos activités », se plaint Oudiary Dawara. Les arriérés de factures des opérateurs, au 30 octobre 2019, atteignent 6.500.000.000 de Fcfa. « Nous avons bénéficié de l’accompagnement du Fonds européen de développement (FED) pendant 3 ans », se souvient le président des opérateurs gaziers du Mali. « Au début, les pouvoirs publics ont honoré leurs engagements. Ces dernières années, nous avons, malheureusement, remarqué que de sérieuses difficultés persistent dans le règlement des factures », poursuit-il. En matière d’utilisation du gaz butane dans les foyers, le Mali n’occupe pas un rang glorieux. Dans la sous-région, on arrive très loin après la Côte d’Ivoire (250 000 T/an), le Sénégal (160 000 T/an), le Burkina Faso (100 000 T/an) et la Mauritanie (70 000 T/an). Le Mali consomme, à peine, 20 000 tonnes par an. Il faut avouer que le gaz est mal vendu aux ménages. Et La communication autour de l’abandon du charbon est timide. PAS D’ARGENT – Hamadoun Oumar Touré, Directeur de l’énergie domestique à l’Agence malienne pour le développement de l’énergie domestique et de l’électrification rurale (AMADER), au cœur du dossier