Vœux au président de la République : Le gouvernement dévoile ses axes de travail

Bamako, 09 janvier (AMAP) Le gouvernement du Mali, qui place l’année 2020 sous le signe de «l’espoir, de l’espérance et du renouveau », partira en lutte contre l’insécurité, l’incivisme et l’insalubrité, en articulant ses interventions autour de la solidarité et la cohérence, l’intensification des missions sur le terrain, une meilleure communication et la culture du résultat. En dévoilant les axes du travail gouvernemental, lors de la présentation de vœux au président Ibrahim Boubacar Keïta, le Premier ministre a exprimé, mercredi, sa détermination à maintenir le cap de l’action articulée autour de la solidarité, de l’intensification des missions sur le terrain, de la culture de l’obligation de résultats et de la croisade contre les trois «i» : insécurité, incivisme, insalubrité. Dr Boubou Cissé a, d’abord, présenté ses meilleurs vœux au président Ibrahim Boubacar Keïta et souhaité que l’année nouvelle voie le couronnement des efforts pour la paix, la cohésion sociale et le redressement du Mali. « Concrètement, a-t-il annoncé, la solidarité et la cohérence, l’intensification des missions sur le terrain, la meilleure communication, la culture de l’obligation de résultats et la croisade contre l’insécurité, l’incivisme, l’insalubrité seront des axes importants de l’action gouvernementale ». Il a précisé que la mise en œuvre du Programme présidentiel « Ensemble pour la paix et le progrès : Notre grand Mali avance» et la deuxième phase du «Programme d’urgences sociales » constituent, pour le gouvernement, un engagement constant et sous-tend toutes ses actions au quotidien. Le Premier ministre a présenté les actions fortes menées par son équipe durant l’année écoulée. De la gouvernance à la lutte contre le terrorisme et l’insécurité, en passant par l’agriculture, la culture, la diplomatie, la promotion de l’employabilité, les infrastructures, la communication… aucun secteur n’a échappé à l’attention du gouvernement. Singulièrement dans le domaine de l’éducation, l’équipe du Dr Boubou Cissé a consenti des efforts financiers importants pour l’apaisement du climat au sein de l’espace scolaire. Et, a assuré le Premier ministre, «tout sera mis en œuvre pour éviter à l’école malienne le spectre d’une année blanche ». Le gouvernement prendra, aussi, toute sa part dans la mise en œuvre des conclusions du Dialogue national inclusif. LES PROUESSES – L’année 2019 a été une année éprouvante à maints égards pour la Nation malienne. Partout sur le territoire national, nos compatriotes ont payé un lourd tribut à l’insécurité et aux affres du terrorisme. S’y ajoute la furie des inondations à Bamako et, ailleurs, dans le pays, avec son cortège de sinistrés, la résurgence des revendications catégorielles. Sans oublier une certaine crispation au niveau du dialogue politique et social. Bref, le pays était dans une tourmente. «Il y a avait plus de fronts que de chantiers ouverts», a témoigné le président de la République, louant les prouesses du gouvernement qui a réussi à «éteindre beaucoup de feux ». S’adressant particulièrement au Premier ministre, le chef de l’Etat a déclaré : « Vous avez semé la paix». Ibrahim Boubacar Keïta a, cependant, fait remarquer que notre cohésion reste menacée dans certaines parties du pays, où les forces du mal ont mis les communautés dos à dos. Pour autant, le chef de l’Etat envisage l’avenir avec beaucoup d’optimisme et entend poursuivre, de toutes ses forces, les efforts de qualification de notre outil de défense. Cela, pour permettre à nos forces de défense et de sécurité de faire face à la guerre asymétrique qui nous est imposée. Il s’est appesanti sur la complexité de ce type de guerre, face à laquelle nos forces font preuve de bravoure. Et d’inviter les populations à soutenir nos vaillants soldats, en dénonçant auprès de l’autorité la plus proche tout acte suspect qu’elles auront constaté dans leur entourage. Le président Keïta a, par ailleurs, salué les succès enregistrés par nos équipes sportives. Il s’est aussi étendu sur la richesse que représentent notre culture et nos patrimoines. « Le Mali n’est pas au mieux de sa forme, mais il avance », a déclaré le chef de l’Etat qui n’a pas manqué de remercier toutes les forces politiques signataires de l’Accord politique de gouvernance. Il a invité le gouvernement à assurer sa « mission sans état d’âme, mais dans le strict respect des lois de la République », avant d’indiquer l’intérêt qu’il attache à l’application effective des résolutions et recommandations du Dialogue nationale inclusif. ID/MD (AMAP)

Le cambriolage de nuit s’est déroulé avec succès, mais dès le lendemain…

Bamako, 09 janvier (AMAP) Trois voleurs, qui ont reçu à dérober de l’argent dans un bureau de change, la nuit, à Missabougou, sont tombés dans les filets de la police, dès le lever du soleil, a appris l’AMAP de source policière. Dans la nuit du 28 décembre dernier, aux environs de 3 heures du matin, Boubacar Konta, Djakaridia Diarra et Souleymane Kane (tous âgés de 20 ans environ) ont cambriolé le bureau de change de Souleymane Sawadogo, à Missabougou, un quartier populaire de la périphérie, en Commune VI du District de Bamako. Ils ont emporté des coupures en  Fcfa, Euro et dollar. Au commissariat de police, nos sources ont estimé la valeur totale de l’argent volé à un million de Fcfa. Mais pour leur malheur, les auteurs n’auront pas la chance de jouir de leur butin. Moins de 24 heures après les faits, précisément le 29 décembre,  ils ont été interpellés, un par un, par les éléments du commissaire principal Alhousseyni Ag Souleymane, en charge du commissariat de police du 7è arrondissement. En effet, après avoir été saisis, les policiers ont activé leurs réseaux d’informateurs. C’est ainsi que le cambiste des Halles de Bamako informe les policiers de la présence du premier suspect du trio, avec sur lui des devises étrangères (dollar et euro). Le suspect est interpellé et conduit dans les locaux de la police, à quelques encablures du marché les « Halles ». Coincé durant son audition, Boubacar Konta a jugé nécessaire de dire toute la vérité. Il a avoué les faits, avant de dénoncer ses complices, Djakaridia Diarra et Souleymane Kané. Quelques instants plus tard, ces derniers rejoindront leur compère au cachot. Une perquisition de l’endroit censé être leur résidence, a permis aux limiers de mettre la main sur l’arrache-clou qui leur a servi de sauter les verrous de la porte du bureau de change de leur victime et d’autres objets dont des téléphones portables, un ordinateur, un appareil Wifi, et de nombreux accessoires. Les preuves étaient suffisantes contre ce trio pour qu’il soit déféré devant le procureur de la République près le tribunal de la Commune VI du district de Bamako, où ils ont été placés sous mandat de dépôt. YD/MD (AMAP)

Rapport de l’ONU sur le Mali : Le secrétaire général note des faits nouveaux

Bamako, 09 janvier (AMAP)  Le secrétaire général, Antonio Guterres, note dans le dernier Rapport de l’Organisation des Nations unies (ONU)sur le Mali des faits nouveaux survenus, ces trois derniers mois, dont la tenue de la réunion au niveau national du Dialogue national inclusif, en décembre, à Bamako M. Guterres, qui fait une analyse des progrès accomplis, rappelle que le président Ibrahim Boubacar Keïta avait annoncé que les conclusions de la rencontre seraient mises en œuvre par un mécanisme de suivi et d’évaluation indépendant, dont le format et la composition devraient être proposés par les participants.  Le rapport de l’ONU indique que le représentant spécial du secrétaire général de l’ONU a collaboré avec d’autres médiateurs, pour encourager toutes les principales parties prenantes à prendre part au dialogue national. Même si au finish, note le document, tous les acteurs concernés n’ont pas participé à la réunion. Il invite les parties à la reprise du dialogue au sein du Comité de suivi de l’Accord (CSA).Sur l’application de l’Accord pour la paix et la réconciliation au Mali, Antonio Guterres signale que le CSA ne s’est pas réuni depuis que le gouvernement a annulé la réunion qui devait se tenir à Kidal en septembre. « En coordination avec l’équipe de médiation internationale, mon représentant spécial s’est tenu en rapport étroit avec toutes les parties pour les aider à régler leurs différends afin que le dialogue reprenne dans le cadre du comité et que l’Accord soit de nouveau appliqué », a-t-il confié, ajoutant que dans leur communiqué du 3 décembre 2019, les mouvements signataires se sont dits disposés à reprendre les travaux au sein du comité. Sur la question de la stabilisation et du rétablissement de l’autorité de l’État dans les Régions de Ségou et Mopti, il est indiqué que le gouvernement a intensifié ses efforts pour mettre en œuvre une stratégie globale axée sur les aspects politiques et visant à protéger les civils, à réduire les violences intercommunautaires et à rétablir l’autorité et la présence de l’État et les services sociaux de base. Il ressort aussi du rapport que le 11 octobre dernier, à Mopti, le Premier ministre, Boubou Cissé, a lancé un programme de réhabilitation communautaire pour encourager le désarmement volontaire et le démantèlement des groupes d’autodéfense et des milices. Ce programme s’adresse aux 3387 jeunes vulnérables associés aux milices d’autodéfense dans les Régions de Ségou et de Mopti. Depuis son lancement, 352 combattants, sur un nombre total estimé à 3387, ont intégré le processus, qui vise également à prévenir le recrutement par les groupes extrémistes violents. L’évolution des conditions de sécurité indique qu’au cours du dernier trimestre, il s’est produit 269 attaques, au cours desquelles 200 civils ont été tués, 96 blessés et 90 enlevés, ce qui représente une baisse par rapport à la période précédente. Plus de 85 % des attaques meurtrières contre les civils se sont produites dans la Région de Mopti. La période considérée a été, également, marquée par une série d’attaques meurtrières dirigées contre les Forces armées maliennes. Ainsi, 193 soldats ont été tués et 126 blessés, soit 116 % de plus par rapport à la période précédente. Par ailleurs, le rapport fait état des manifestations organisées à Bamako, en novembre, pour exprimer un soutien aux Forces armées nationales et dénoncer la médiocrité du matériel et l’insuffisance de la protection, soulignant que certains manifestants remettent en cause la présence des forces internationales au Mali. La Mission intégrée multidimensionnelle pour la stabilisation au Mali (MINUSMA) et les forces internationales ont continué de faire l’objet d’attaques asymétriques. Sur un autre registre, souligne, le secrétaire général de l’ONU, le gouvernement a continué de prendre des mesures en vue du transfert plein et effectif des services et compétences déconcentrés de l’État aux autorités locales. Depuis le dernier rapport, le pourcentage d’administrateurs civils présents dans leur lieu d’affectation dans le nord du Mali est toujours de 23% (80% pour les gouverneurs, 38% pour les préfets et 17% pour les sous-préfets). Un autre point important du rapport porte sur le redéploiement des forces de défense et de sécurité maliennes reconstituées et réformées dans le nord du Mali. En tout, 1330 anciens membres du personnel du Mécanisme opérationnel de coordination de Gao, Kidal et Tombouctou, désignés par les mouvements armés signataires, ont été désarmés, démobilisés et intégrés dans les forces armées et la garde nationale dans le cadre du processus accéléré de désarmement, de démobilisation, de réintégration et d’intégration. Le rapport indique qu’en tout, 668 déserteurs ont rejoint leurs unités, comme prévu dans l’Accord.  MS/MD (AMAP)    

Mopti : Rencontre du comité régional de gestion de la crise au centre

Mopti, 9 janvier (AMAP) Le Gouverneur de région, le Général de brigade Abdoulaye Cissé a présidé mercredi à Mopti,  une réunion du comité de gestion de la crise au centre élargie aux représentants des forces vives des  cercles de Bandiagara, Bankass et Koro, a constaté l’AMAP. C’était en présence des préfets, des présidents de conseil de cercle et une forte délégation de la MINUSMA conduite par le Général Sadou Maïga, commandant du secteur centre-Minusma. Il s’agissait pour les différents acteurs d’échanger directement afin de trouver des réponses urgentes, consensuelles à mettre en œuvre pour ramener la paix et la quiétude, suite aux manifestations des populations des localités suscitées pour réclamer le départ des forces onusiennes à cause de la recrudescence des attaques meurtrières. A ce sujet, les conseils locaux de la jeunesse de Bandiagara et de Bankass avaient adressé une correspondance aux autorités locales et posté le document sur les réseaux sociaux pour décrier le comportement passif des casques bleus face aux attaques, viols et enlèvements dans leurs zones. Ainsi, plus d’une semaine, dans ces localités en proie à l’insécurité les patrouilles de la MINUSMA ne peuvent plus sortir. Le Chef de l’exécutif régional a déclaré que permettre à la MINUSMA de reprendre toutes ses activités de sécurisation des biens et des personnes en lien avec les FAMa est une nécessité urgente qui nous interpelle. « Il n’est plus besoin de rappeler que la MINUSMA est à nos côtés aujourd’hui, parce que le pays a besoin d’elle et les plus hautes autorités ne cessent de le dire. Les besoins du pays sont énormes, les moyens limités, il nous faut aider la MINUSMA et les autres forces amies à accomplir leurs missions d’appui à la stabilisation de notre région »  a-t-il souligné avant d’inviter les populations à la retenue et à la sagesse afin que la région puisse retrouver sa quiétude. Les participants ont formulé entre autres recommandations,  l’augmentation des effectifs, leurs redéploiements sur le terrain avec la création de postes permanents à des points stratégiques notamment sur la route du poisson ; la réinstallation des postes de sécurité de Yoro et Baye ; la création de postes à Batouma et Kiro qui sont les verrous pour la stabilisation du pays Dogon. Le commandant du secteur centre de la MINUSMA, le général Sadou Maïga a apporté un démenti des allégations à l’endroit des éléments de sa structure avant de faire une présentation des missions de la MINUSMA qui se résume globalement à l’accompagnement du Mali pour sa stabilisation. Après les explications, les présidents des conseils locaux de la jeunesse, Amadou Lougué de Bandiagara, Mamoudou Guindo de Bankass et Aboye Djimdé de Koro se sont réjouis de la tenue de cette rencontre qui a permis de les édifier sur les missions de la MINUSMA. DC/KM (AMAP)

Koro: Les jeunes organisent un sit-in pour réclamer plus de sécurité

Koro, 9 janvier (AMAP) L’association des jeunes ressortissants du Domno (AJRD0) a organisé mercredi au centre ville de Koro un sit –in pour réclamer plus de sécurité dans le Cercle, a constaté l’AMAP. Les organisateurs ont souligné que le but de leur action est d’attirer l’attention des plus hautes autorités du pays sur la dégradation de la situation sécuritaire dans leur localité et dans tout le pays dogon . Les banderoles et les pancartes portaient, entre autres  mentions : « retour des Famas à Yoro », «Non à l’inertie », « je suis un déplacé, je souffre, j’ai droit à l’assistance », « sécurisation des axes routiers Koro-Dinangourou, Koro- Mopti ». Le président de l’AJRDO, H. Aya a déclaré que «  si rien n’est fait dans les jours à venir, c’est l’existence même de la commune qui sera menacée ». Le Domno est une aire géographique située à l’est du cercle de Koro et qui regroupe les communes de Yoro, Dinangourou et une partie de la commune de Dioungani. Depuis le retrait des Fama positionnés à Yoro pour des raisons opérationnelles en décembre 2019, la commune a fait l’objet de plusieurs attaques d’hommes armées non identifiés, causant de nombreux morts, des déplacés et d’importants dégâts matériels. Sur les 11 villages et hameaux qui composent la commune de Yoro, seulement les habitants de deux villages sont restés sur place à ce jour malgré l’insécurité grandissante. MN/KM (AMAP)

Pénurie de gaz butane : Le charbon fait feu de tout bois

Par Babba B. COULIBALY Bamako, 08 janvier (AMAP) Depuis plusieurs semaines, à Bamako, le gaz butane joue la star. Il faut débourser le double, voire le triple du prix subventionné (3.500 Fcfa) pour s’offrir la bouteille de 6 kg. Les usagers se tournent vers le charbon de bois, dont les prix prennent aussi l’ascenseur. Mais les vendeurs réfutent toute relation de cause à effet. Nous sommes en pleine pénurie de gaz butane. Ce combustible non pollueur est devenu au fil du temps un compagnon indispensable des ménages de la capitale malienne. Il se substitue même, souvent, au charbon de bois, de moins en moins, utilisé par une classe moyenne. Cette rupture suivie d’une augmentation du prix d’un tel produit a poussé les ménages à se tourner vers le charbon de bois, On peut en imaginer dont les dommages sur l’environnement qui restent à évaluer. Aux points de vente du charbon de bois, à travers la ville de Bamako, la situation est à la surenchère. N’Golo Diarra est vendeur grossiste de charbon depuis près de 25 ans au marché de Lafiabougou. Habits et visage colorés noircis au contact du charbon, il est catégorique : « Le manque de gaz butane n’a pas eu d’impact sur le prix du charbon ». Pour lui, la flambée, ces derniers temps, du prix du charbon est périodique. « En ce sens, argumente-t-il, que l’accès aux sites de production du charbon est très difficile pour les véhicules pendant la saison des pluies ». S’y ajoute le froid qui empêche les producteurs de couper suffisamment d’arbres. Créant, ainsi, une situation où l’offre est inférieure à la demande. « C’est ce qui a entraîné l’augmentation du prix du charbon », tente de convaincre N’Golo Diarra dont le dépôt était pris d’assaut par des clients. A l’en croire, les prix pourraient baisser après la saison froide. Car, la production du charbon est moins onéreuse et moins pénible en saison sèche. « C’est pourquoi nous cassons les prix pendant la saison de sèche », explique celui qui cède le sac de charbon à 5.000 Fcfa, précisant que le prix varie d’un point de vente à un autre et en fonction des localités de provenance. La Région de Sikasso apparaît comme un centre de production par excellence du charbon de bois. En témoigne la disparition accélérée et inquiétante des forêts qui ceinturent la région frontalière de la Côte d’Ivoire et du Burkina Faso. A preuve, toutes les deux semaines, Madou Sonta décharge des centaines de sacs de charbon transportés par des véhicules en provenance de Sikasso. Ce fournisseur, âgé d’une cinquantaine, est installé au marché de Ouolofobougou. Par jour, Madou Sonta peut écouler plus d’une cinquantaine de sacs de charbon. « Le manque de gaz butane, renchérit-il, n’a pas provoqué une augmentation de prix du sac de charbon. Il a, par contre, entraîné un soudain afflux de la clientèle », reconnaît M. Sonta. « Bien avant la crise du gaz, on vendait le sac aux détaillants à 4.500 Fcfa », rappelle-t-il, ajoutant que le charbon qu’il vend provient de Kolondièba. Si les marchands de charbon réfutent tout lien entre la hausse du prix et la pénurie de gaz butane, ils confirment tous que cette crise a gonflé leur clientèle. « La crise du gaz, nous arrange en quelque sorte car, par jour, je vends plus de 50 sacs. Et les sacs que vous voyez seront écoulés avant la fin de la journée », sourit Madou Sonta, en pointant le stock du doigt. Contrairement à son voisin Madou Sonta, Salif Doumbia a, lui, cassé ses prix. « Le prix dépend de la provenance. Je cède le sac à 3.500 Fcfa voire 3.750 Fcf », assuré M. Doumbia, qui venait de vendre une dizaine de sacs à Mme Diarra. Le charbon dont il fait commerce provient de Siby, localité située à quelques dizaines de kilomètres de la capitale. La pénurie de gaz semble être une aubaine pour des livreurs de charbon. Saisissant l’opportunité, ils se sont transformés en revendeurs ambulants de charbon de bois. Tel est le cas du jeune Boua Théra. Rencontré au niveau du marché de Fassambougou, en Commune II, il explique : « Maintenant, le commerce de charbon est très florissant. Comme la plupart de mes camarades, j’ai choisi cette option, c’est plus rentable que la livraison que je faisais. Sur chaque sac, je fais un profit de 500 Fcfa ». Conséquence ?  Les ménagères, elles, se plaignent de la hausse du prix de combustible. « Le sac de charbon est intouchable. Le gaz butane est introuvable. C’est vraiment difficile pour nous », peste Aïssata Diallo. La bonne dame venait d’acheter quelques sachets de charbon. BBC/MD (AMAP)

Après la fête de fin d’année : Relative affluence aux marchés de légumes  

Par Aminata DIAKITE Bamako, 08 janvier (AMAP) La veille de la fête du Saint-Sylvestre, communément appelée la «fête du 31», les légumes et autres produits frais étaient fortement demandés sur les marchés de Bamako. Cette forte demande a, par ricochet, provoqué une hausse inattendue des prix de ces produits. Une semaine après ces jours de profit à outrance pour les commerçants, c’est, maintenant, un peu la morosité dans les marchés. C’est le cas du marché de vente de légumes appelé «Wonida», au quartier Bozola, en Commune II du district de Bamako. Lundi, une monotonie presque inouïe était perceptible à l’entrée de ce souk. Assises devant leurs recipients remplis de légumes, les mines graves, des vendeuses aguichaient les clients, en criant : «Venez acheter des légumes (haricots, tomates, piments, oignons, cèleri ». Certaines vendeuses, un peu plus jeunes, se faufilaient entre les étalages et les usagers, en quête des rares clients. La situation était, également, moins reluisante chez Abdoul Karim Koné. « Je n’ai pas vendu plus 10 sacs de pomme de terre, contrairement à l’année précédente. La situation est peut-être due au manque de moyens et les évènements auxquels notre pays est confronté actuellement», se console-t-il. Venue faire ses achats chez Abdoul Karim Koné, une restauratrice constate que « la fête de fin d’année n’a pas été célébrée avec faste, comme d’habitude, à cause des difficultés d’argent ». Abondant dans le même sens, Awa Kanté, vendeuse de tomates, ne cache pas son désarroi face à la faible affluence des clients au niveau du marché, après la fête. « Vraiment, nous ne comprenons rien. Nous, vendeuses de tomates, sommes toutes assises derrière nos produits. Pas un client ! Alors qu’avant le 31 décembre, la tasse de tomate était cédée à 14.000 Fcfa. Les clients affluaient, malgré la spéculation, le prix normal de la tasse étant 7.500 Fcfa », déplore la vendeuse. Toutefois, les vendeuses de haricot vert, la star du moment, semblent tirer leur épingle du jeu. « C’est la période des haricots verts. Fête ou pas, je vends plus de 10 sacs chaque jour», se réjouit Fanta Diallo, vendeuse de haricot vert. Elle reconnaît tout de même que l’affluence n’est pas la même qu’avant la Saint-Sylvestre. Elle dit avoir vendu, deux jours avant le 31 décembre, 40 sacs d’haricots verts, sans compter les ventes au détail. Mais chez Ousmane Wagué, un commerçant grossiste officiant au niveau de ce haut lieu d’approvisionnement, on constate, également, une relative affluence. Le jeune homme d’une trentaine d’années confirme qu’après la fête du 31 décembre, l’affluence n’a pas faibli. « Je continue à vendre mes condiments comme d’habitude, comme à l’approche de la Saint Sylvestre quand les clients venaient en nombre, en dépit de la hausse des prix », reconnaît le commerçant, ajoutant que les marchandises les plus sollicitées sont la pomme de terre, la banane plantain, l’oignon… A quelques pas du magasin de Wagué, officie une dame. Assise devant des bananes plantains mûres, la commerçante répond, sourire en coin. « Vraiment, je remercie le bon Dieu. Contrairement aux jours ordinaires, j’ai beaucoup vendu. Malgré la hausse des prix, les clients continuent d’acheter car, la banane plantain est très sollicitée pendant le 31 décembre», sourit la bonne dame. AD/MD (AMAP)

Horticulture en milieu urbain : Un trésor végétal en friche

Par Mohamed TOURE Bamako, 08 janvier (AMAP) « Construire une maison sans plantes, c’est comme habiller une jeune femme sans bijoux. » Cette phrase ne sort pas d’un recueil de poèmes. Elle est de Daouda Sangaré qui nous décrit toute l’importance que revêt, à ses yeux, son métier d’horticulteur. Une blouse verte sur les épaules, cet amoureux des plantes passe beaucoup de temps dans son jardin. Un endroit idyllique, superbement décoré de fleurs multicolores, dont le parfum est une bonne bouffée d’oxygène en ces moments de pollution de plus en plus importante à Bamako. Ce matin de janvier, une brise provenant des berges du fleuve Niger balaie l’endroit, tel un havre de paix. Le courant d’air fait balancer les branches d’arbustes qui ornent le lieu. Sur l’écriteau de la devanture on peut lire « Inter Flora ». Le maître des lieux est vite reconnaissable à son activité et à ses échanges avec les clients. «J’exerce ce métier depuis 1974. A l’époque, j’étais gamin et était aux côtés de mon père », confie-t-il. Pour Daouda Sangaré, sa profession est d’une grande importance dans le contexte actuel de changement climatique. Des signes avant-coureurs de l’avancée du désert vers la zone soudanienne du Mali sont là. Plusieurs espèces de végétaux sont proposées aux clients : plantes d’intérieur (plantes fleuries, plantes vertes), d’extérieur (arbustes d’ornement, arbres fruitiers) et des accessoires de jardinerie, notamment des pots. En fait, plus d’un millier d’espèces végétales exotiques y sont exposées. Elles proviennent des quatre coins du monde : Europe, Asie, Amérique du Sud ou des pays du continent africain, comme Madagascar, Congo, etc. C’est une kyrielle de variétés, des arbres fruitiers (manguiers, citronnier, cocotier, cacaoyer, caféier), des espèces décoratives le plus souvent exotiques (les rosiers, les palmiers, les sapins). La collection de cactus est la plus impressionnante. Il possède plus d’une quarantaine de variétés de cet arbre d’origine américaine. L’horticulteur explique que plusieurs espèces d’arbres florales, telles que « le Chapeau de Napoléon », les « Belles de nuit », « les belles de jour », ont été introduites au Mali à l’époque coloniale. PASSIONNÉS DE BOTANIQUE – De nos jours, la demande en espèces étrangères est de plus en plus importante. Notre interlocuteur affirme être toujours en train de chercher de nouvelles plantes. Dans cette tâche, il est souvent aidé par des particuliers passionnés de botanique. « Je trouve, souvent, de nouvelles espèces chez certains clients qui ont la passion des arbres. Lors de leurs déplacements sur d’autres continents, ils nous apportent de nouvelles espèces ou même des graines qu’ils nous demandent de développer », explique Daouda Sangaré, tout en nous montrant sa toute dernière trouvaille : un Aglaonéma, une espèce d’arbre floral asiatique avec de belles formes de feuillage, allongées et aux couleurs panachées. « J’ai commencé à le développer, il y a six mois. D’un seul pied, j’en suis déjà à huit maintenant. Pour ne pas le vendre, je dis souvent aux clients qu’il coûte 50.000 Fcfa », plaisante-t-il, sourire aux lèvres. Plusieurs espèces de plantes arrivent au Mali,  à travers certains pays voisins tels que la Côte d’Ivoire, le Sénégal et la Gambie. Ces pays étant fournis par les navires venant d’autres continents, principalement d’Amérique du Sud. Les prix des plants varient entre 50 Fcfa, 100 Fcfa et 250 Fcfa, selon différentes catégories et leur disponibilité sur le marché. Les espèces les plus prisées sur le marché sont les rosiers, « les épines du Christ » ou encore le « Lantana camara », des arbres décoratifs très demandés. Certaines variétés, parmi les plus rares sur le marché, peuvent valoir jusqu’à 100.000 ou 150.000 Fcfa. La « palme d’or », dans cette catégorie, est remportée par le « Cycas géant » qui coûte la bagatelle de 250.000 Fcfa. Cet arbre, utilisé pour la décoration, a la particularité d’être doté d’un tronc court et d’un beau feuillage brillant. Cette prolifération des espèces végétales a entrainé la multiplication des pépinières qui poussent comme des champignons en plusieurs endroits de Bamako. Les horticulteurs et les pépiniéristes sont estimés, actuellement, à près de 300 producteurs dans notre capitale, selon Lassina Diarra, le président pour la Commune III de l’Union régionale des sociétés coopératives des horticulteurs et pépiniéristes de Bamako. Sékou Coulibaly et Salif Dembélé sont aussi membres de cette association. En 2000, ils ont fondé la pépinière « Ba Djoliba ». Les deux hommes emploient plusieurs jeunes apprentis, qui sont affairés à remplir les sachets en plastique usés de terre, pour contenir les plantes. Ici, en plus des arbres exotiques adaptés au climat du Mali, on propose aussi des espèces aux vertus médicinales. En effet, certaines variétés, telles que les « Aloe vera », les « feuilles glacées », le « Moringa » sont très prisées pour soigner ou prévenir certaines maladies. Cependant, les ventes de plants d’espèces fruitières représentent le gros du chiffre d’affaire des producteurs. Ce marché est, particulièrement, boosté pendant l’hivernage. « A cette période de l’année, certaines personnes peuvent nous acheter un millier de plants de citronniers ou de manguiers, d’un trait, pour leur plantation », confie Sékou Coulibaly. A l’analyse des chiffres avancés, on se rend compte que ce secteur peut être extrêmement porteur pour le Mali. « Nous étions à une prévision 80.000 plants, en 2019, pour la filière mangue au compte des producteurs de Bamako », relève Lassina Diarra. Il souligne que compte tenu de ce potentiel, notre pays exporte, chaque année, une grande quantité de plants de mangues vers d’autres pays comme le Sénégal, le Mozambique, le Gabon, etc. INSTALLATION PRECAIRE – Malgré ce fort potentiel de productivité, les horticulteurs déplorent certaines difficultés majeures qui minent leur domaine d’activité. Notamment, la disparition de certaines espèces d’arbres, pourtant très présentes, il y a quelques années, du fait du changement climatique ou de la non qualification des jardiniers pour les entretenir. Il s’agit, entre autres, selon Daouda Sangaré, des espèces comme les « Acalyphas », les « Chapeaux de Napoléon » ou les « Queues de singe ». Le manque de valorisation et le caractère précaire et informel du métier sont aussi décriés par les horticulteurs. Et Salif Dembélé de déplorer la vision de certaines personnes qui pensent que « la vente de plants d’arbres est un métier encore peu valorisé ». « Souvent, elles nous prennent pour

Niono : Le lycée public observe la grève et une suspension d’activité à la suite de l’attaque de la prison

Niono, 08 janvier (AMAP) Le lycée public de Niono observe une suspension de travail suite au mouvement des syndicats signataires du 15 octobre 2016 auquel s’est greffée une suspension du travail, en raison de l’insécurité qui prévaut dans cet établissement, mitoyen de la prison récemment attaquée par des individus armés non identifiés. A l’image de leurs collègues des autres lycées membres des syndicats grévistes, les professeurs du lycée public « sont en grève mais assurent le service minimum », a confié le proviseur Anse hé Arama. Le secrétaire général du Syndicat des enseignants du secondaire (SYNESEC) du lycée, Passani Diassana, indique que la grève des professeurs s’est greffée à cette situation d’insécurité. Dans une lettre adressée aux autorités administratives et politiques locales et régionales, les deux syndicats (SYNESEC, SYPESCO) signalent que c’est la deuxième fois, à l’issue de l’attaque de la Maison centrale d’arrêt contigüe au lycée public, que les assaillants investissent l’enceinte de l’établissement, « confinant le gardien et sa famille, fort heureusement, pour l’instant, en absence des professeurs et des élèves ». Selon les syndicats, les impacts de balles sur la maison du gardien témoignent de la violence de la dernière attaque. « En conséquence, nous nous réservons le droit de suspendre toutes les activités pédagogiques au lycée public de Niono pour préserver nos vies et celles des apprenants », ajoutent-ils. Interrogé sur cette suspension de travail, le proviseur dit ne pas en être informé, n’ayant pas reçu de correspondance, en tout cas, au moment où nous passions. Par contre, le 2ème vice président du Conseil de cercle, Moussa Traoré, a affirmé avoir reçu une correspondance, en date du 7 Janvier, lui notifiant la suspension de travail des syndicats. Il a déploré cet arrêt de travail avant d’ajouter que les syndicalistes n’ont pas donné le temps aux autorités de gérer cette situation. Selon M. Traoré, « seule la concertation peut aider à trouver une solution à ce problème ». MS/MD (AMAP)

Kayes : Lancement de l’introduction de la 2ème dose de vaccin contre la rougeole

Kayes, 8 janvier (AMAP) Le lancement de l’introduction de la 2ème dose du vaccin contre la rougeole a été présidé mardi à Kayes, par le Conseiller aux Affaires économiques du Gouverneur de région, Adama Assagaidou Maïga, a constaté l’AMAP. La tranche d’âge d’administration de cette seconde dose est de 15 à 23 mois avec   l’intervalle minimal d’un mois entre les 2 doses. L’objectif de cette couverture vaccinale est d’atteindre au moins 95% pour chaque dose (première et deuxième) et la VAR2 contribuera à renforcer l’immunité chez les enfants qui la recevront et qui bénéficieront d’une visite de suivi au cours de leur deuxième année de vie. Cette campagne vise également à intégrer d’autres interventions de santé comme le suivi de la croissance, le déparasitage, la supplémentation en vitamine A, et à réduire le nombre de sujets susceptibles de faire la rougeole d’où la réduction de la transmission de la maladie chez la population. Le représentant du Chef de l’exécutif régional a déclaré  que la cérémonie s’inscrit dans le cadre de la mise en œuvre du plan régional de communication et de mobilisation sociale sur l’introduction de la 2è dose du vaccin anti-rougeoleux dans le PEV (Programme élargi de vaccination) de routine. « Les maladies évitables par la vaccination demeurent un problème majeur de santé publique dans plusieurs pays en développement, dont le Mali. Le pays connaît régulièrement des épidémies dues à certaines maladies infectieuses telles que la rougeole. Depuis 2001, la rougeole fait partie d’une initiative mondiale dont les efforts ont permis une réduction du nombre de cas annuel », a conclu Adama Assagaidou Maiga. Au cours des dix dernières années, le Mali a connu des épidémies de rougeole dont les plus remarquables étaient celles de 2009 et 2010 qui avaient respectivement occasionné 2 936 cas confirmés par le labo dont 13 décès et 1 715 cas dont trois décès et en 2018, notre pays a enregistré 440 cas confirmés de rougeole dont 3 décès. La cérémonie s’est déroulée en présence du représentant du chef de bureau de Zone UNICEF Kayes, Abdoulaye Konaté, des responsables des services techniques et des représentants de la société civile. BMS/KM (AMAP)