Conflits liés aux ressources naturelles : Lancement du projet de médiation agropastorale au Sahel

Bamako, 10 novembre (AMAP) Le Centre pour le dialogue humanitaire (Centre HD), a procédé, jeudi, à Bamako, au lancement du projet « Médiation agro-pastorale au Sahel »  doté d’un financement du gouvernement du royaume du Danemark d’un montant deplus de 13 millions de Fcfa Ce lancement a marqué, notamment, le démarrage des activités du Programme de médiation agropastorale dans les pays du G5 Sahel et a, aussi, permis aux médiateurs communautaires d’échanger sur leurs activités de prévention et de gestion des conflits d’accès aux ressources naturelles et les difficultés qu’ils rencontrent. Appuyer les médiateurs communautaires dans l’élaboration de messages à l’attention des autorités au sujet de la collaboration sur les questions de gestion du foncier rural, permettre aux autorités nationales et régionales ainsi qu’aux médiateurs communautaires de se familiariser avec la méthodologie du programme de médiation agro-pastorale, aux niveaux local, national et sous régional, faire part de leurs attentes respectives, sont, également, entre autres objectifs de la rencontre. Selon un dossier remis à la presse, au Sahel, les activités agropastorales sont fortement tributaires de la variabilité climatique. C’est ainsi que les agropasteurs sont, en permanence, à la recherche de stratégies leur permettant une adaptation efficace de leurs systèmes de production au changement climatique. Ces dernières années, les crises politico-militaires et l’occupation de certaines zones par les groupes extrémistes violents ont fortement perturbé les mouvements traditionnels des animaux et provoqué une crise de confiance entre les communautés pastorales et agropastorales partageant les mêmes espaces géographiques et les mêmes ressources. C’est dans ce contexte que le Centre pour le dialogue humanitaire, sur financement du royaume du Danemark et de l’Union européenne (UE), conduit un programme de médiation agropastorale afin d’appuyer les communautés dans leurs efforts de prévention et de gestion des conflits d’accès aux ressources naturelles. La méthodologie de mise en réseaux des médiateurs communautaires, qui a fait ses preuves, entre 2015 et 2018, à travers 22 Communes à la frontière entre le Mali, le Niger et le Burkina Faso où, près de 400 conflits liés à l’accès aux ressources naturelles et au vol de bétail ont été résolus, est aujourd’hui étendue à plus de 100 communes à travers les pays du G5 Sahel. Le Centre HD a, pour cela, conduit une première étude de base, entre le 25 mars et le 4 mai 2019, à travers 64 communes dont 26 au Mali, 10 au Niger, 19 au Burkina Faso, 4 en Mauritanie et 5 au Tchad, via des entretiens individuels ou collectifs. Cette étude de base avait pour objectif de préparer la mise en place de réseaux de médiateurs communautaires à travers les communes d’intervention, notamment en identifiant les futurs médiateurs communautaires qui constitueront ces réseaux. Selon son coordinateur,Almoustapha Amadou,le projet de médiation agropastorale au Sahel a été initié à la suite de la crise multidimensionnelle que le Mali connait depuis 2012.  Avant de préciser que le projet durera trois ans et s’étend sur les cinq pays du G5 Sahel. Par ailleurs, le représentant de l’ambassade du Royaume du Danemark, Anders Karlsen,a signalé que le financement de ce projet par son pays s’inscrit dans le cadre de la 2è phase du Programme régional Sahel Paix et Stabilisation 2018-2021 du Mali. Il a expliqué que ce programme couvre l’ensemble des pays du G5 Sahel, avec une attention particulière sur la région du Liptako-Gourma. « A travers ce projet mis en œuvre par le Centre pour le dialogue humanitaire, le Danemark entend contribuer au renforcement des capacités des communautés à prévenir et résoudre les conflits locaux, en étroite coopération avec les autorités locales, en vue de l’adoption et de la mise en œuvre de solutions durables », a soutenu M. Karlsen. Le secrétaire général du ministère de la Cohésion sociale, de la Paix et de la Réconciliation nationale,Attaher Ag Iknane, a indiqué que les pays du Sahel traversent, de nos jours, des crises multidimensionnelles, la crise de sécurité, de développement, mais, aussi et surtout, une crise liée au changement climatique. « Le corollaire de toutes ces crises est, sans nul doute, l’effritement de la paix sociale qui est une condition essentielle à tout développement », a-t-il expliqué. A ce titre, il se réjouit du démarrage du projet « Médiation agropastorale au Sahel » qui apportera une plus-value aux efforts du gouvernement dans sa quête de la paix et la cohésion sociale entre les communautés. Il a ensuite rassuré les leaders communautaires que les doléances formulées seront transmises au plus hautes autorités « qui accordent une importance toute particulière à la prise en compte des préoccupations des communautés dans les politiques de développement ». La rencontre a enregistré aussi la présence du représentant des leaders communautaires, Ahmed Ould Badi, du representant de l’ambassade des Pays-Bas, Diombana Lassana et de plusieurs autres invités. MS/MD (AMAP)

Incendie dans le camp des déplacés de la commune d’Essakane à Goundam

Goundam, 10 novembre (AMAP) Un violent incendie s’est déclenché, mardi, dans le camp des déplacés de la Commune de Essakane à Goundam, et n’a fait aucune perte en vie humaine, mais de sérieux dégâts matériels, a constaté l’AMAP Le feu a commencé aux environs de deux heures du matin et a consumé la case et toutes les affaires de la victime, du nom de Harzetou Walet Hama qui serait en veuvage car elle vient de perdre son mari. Tout est allé très vite. La flamme était si vive que quand les voisins arrivaient sur les lieux, il ne reste plus que des ruines. Le préfet de Cercle, accompagné de ses proches collaborateurs, s’est rendu sur les lieux, très tôt au petit matin, afin de constater l’ampleur des dégâts et apporter un soutien moral et matériel à la victime. Depuis l’avènement de la crise sécuritaire au Mali, en mars 2012, de nombreux ressortissants des Communes de Raz-El-Ma et Tin-Aicha se sont installés dans les périphéries de la Commune urbaine de Goundam et, depuis, un bon nombre de ces déplacés ont pris leurs quartiers. Ils ont dressé des abris, cases et huttes et sont, constamment, assistés par certaines ONG de la place. AAT/MD (AMAP)

Extension du programme de filets sociaux Jigisemejiri aux cercles de Mopti et Djenné, en 5ème région

Mopti, 10 novembre (AMAP) Le programme de filets sociaux « Jigisemejiri » ou arbre de l’espoir, qui a  bénéficié d’un financement additionnel (AF2), a lancé, jeudi dernier, son extension qui, en 5ème région, concernera de nouvelles localités dont les Cercles de Mopti et Djenné, a constaté l’AMAP. Après les cercles de Bankass, Koro et Youwarou en 2014, Douentza, Tenenkou et Konna en 2017, avec son opérationnalisation dans les cercles de Mopti et Djenné, le programme atteint sa vitesse de croisière dans la Région de Mopti. Dans les deux cercles cibles, 12 communes vont bénéficier des interventions du programme. Selon son coordinateur, Mohamed Ali Sacko, au total 5.221 ménages très pauvres, dont 2.827 pour le Cercle de Mopti et 2.394 pour Djenné, bénéficieront de transferts monétaires et mesures d’accompagnement pour renforcer leur résilience. Les transferts seront appuyés de financements des Travaux à haute intensité de main d’œuvre (HIMO) et l’allocation de nouvelles subventions pour les Activités génératrices de revenus (AGR). « Chaque ménage recevra, pendant 36 mois, un transfert de 15.000 F par mois et le soutient des AGR est fixé à 180.000 Fcfa » a-t-il souligné. Sacko a, ensuite, laissé entendre que l’initiative vise, entre autres, à atténuer la pauvreté et la vulnérabilité des plus démunis, en améliorant leur consommation alimentaire et, à la longue, accroître le capital humain des ménages, en suscitant chez eux des initiatives pour investir dans la santé et l’éducation de leurs enfants. Le directeur de cabinet, représentant le gouverneur Kantara Diawara, qui a présidé la cérémonie de lancement, a insisté sur l’importance du programme « Jigiseme Jiri » en tant que « véritable programme national de protection sociale et, surtout, dans une Région comme Mopti en proie à l’insécurité avec son corolaire de déplacement massif des populations et de dégradation du tissu social ». Il a rappelé l’objectif de la cérémonie qui est d’informer et de sensibiliser les responsables régionaux et locaux sur les objectifs, les composantes et les conditions de mise en œuvre du programme « Jigisemejiri » et d’engager le processus d’appropriation par les responsables. Il a remercié le gouvernement et ses partenaires pour leur souci constant de rechercher l’amélioration des conditions de vie des populations et les responsables du projet pour le choix des deux cercles. Diawara a assuré les responsables de « Jigisemejiri » de la disponibilité de l’ensemble des acteurs à soutenir les activités du programme dans la Région. Après cinq ans de mise en œuvre, avec un taux de réalisation de 70,3% des prévisions, le programme de filets sociaux « Jigisemejiri » ou arbre de l’espoir, est un programme phare de la politique nationale de protection sociale. Son extension intervient dans un contexte où sa mise à l’échelle demeure un défi majeur devant des besoins humanitaires qui s’accroissent, avec la situation sécuritaire et pour une meilleure équité de l’action gouvernementale. Outre son coordinateur, ce lancement de l’extension du programme « Jigiseme Jiri »,  s’est déroulé   en présence de plusieurs personnalités dont le directeur régional du développement social, Bakary Bengaly, des autorités administratives et politiques des deux cercles concernés et plusieurs invités. DC/MD (AMAP)

Déplacés internes du Centre : Un drame humanitaire en cours

Ahmadou CISSE Envoyé spécial Mopti, 10 novembre (AMAP) Depuis deux ans, les sévices sociaux de l’Etat assiste, impuissants, à un déplacement massif de populations fuyant la guerre et l’humiliation dans la Centre du Mali. Derrière, elles ont laissé leur terroir. Elles ont abandonné leurs champs et leur bétail. Certains d’entre eux sont tués et enterrés sur place. Mais tous n’ont pas cette chance. Plusieurs ont péri dans le feu, brûlés. Les souvenirs des attaques meurtrières sont encore vivaces dans les esprits des déplacés. A Sévaré, derrière l’Institut de formation des maitres (IFM), se trouve le stade de football construit en 2002 à la faveur de la Coupe d’Afrique des nations (CAN) pour les séances d’entraînement des équipes participantes basées à Mopti. Après l’euphorie de l’organisation de cette compétition continentale, rien ne prédestinait ce site sportif à l’accueil d’infortunés. C’est justement sur ce terrain qu’un camp de déplacés a poussé. Des tentes démontables à perte de vue. Hommes, femmes et enfants entassés dans un espace à peine aménagé pour accueillir des gens en détresse. De leur vie de chez eux, ils sont, désormais, réduits à tendre la sébile. A 46 ans, Oumar Barry est le chef d’un clan de plusieurs familles. Il possédait des troupeaux de moutons et de bœufs. Ce qui est un signe apparent de richesse et de noblesse dans le milieu pastoral. Il a quitté, nuitamment, Bandiagara, depuis 6 mois, pour se réfugier dans le camp. Avant l’enlisement du Centre dans la crise qui s’est, quelque peu, déplacée du Septentrion, il vivait au milieu des siens, une vie de paisible rural avec ses deux bergères. Lui, faisait du commerce tandis que ses autres frères entretenaient les troupeaux. Il y a six mois, le malheur s’est abattu sur sa famille. Dans les villages et hameaux, les rumeurs lui parviennent qu’une extermination des Peulhs est en cours. Les mauvaises langues crient au génocide.  Un mot lourd de sens qui rappelle le Rwanda, l’Ouganda, la République démocratique du Congo (RDC), la Tanzanie, l ;Arménie… et la Shoah. Mais le discours politique rassure : il n’en est rien. C’est donc du terrorisme est non un génocide en gestation. Oumar rompt le silence. Les deux mains posées sur la tête. Le regard fuyant et désolé. Les yeux hébétés. Des souvenirs atroces se bousculent dans sa tête. Il revit une tuerie qui a, heureusement, épargné sa famille de 36 membres, majoritairement composée d’enfants. Une partie de son clan n’a pas eu la même chance. Plusieurs ont péri, fauchés par les projectiles d’assaillants tirant sur tout ce qui bouge à Ogossagou. « J’ai perdu des parents, tués par des bandits armés. Pour mettre ma famille à l’abri, j’ai pris la lourde décision de quitter le pays Dogon », explique timidement Oumar, sous la grande tente blanche que le HCR a mise à leur disposition. Le sort leur a été cruel. « C’est un fait de Dieu » se console-t-il. PLUS de 2500 MENAGES PRIS EN CHARGE– Quand on lui demande où est passé son troupeau, il secoue la tête et dit d’un ton mélancolique que « les animaux ont été volés ». Lui et plusieurs milliers d’autres sont, désormais, dépendants de l’assistance d’organisations internationales comme le Programme alimentaire mondial (PAM) qui offre des vivres à  2663 ménages. Selon le directeur régional du développement social, Bacary Bengaly, ils sont 11 228 ménages, totalisant 61 567 personnes recensées, à la date du 1er novembre 2019. L’exercice continue. Tous les jours, de nouveaux arrivants sont déclarés. Tous ne peuvent être logés sur les sites. Certains occupent des bâtiments inachevés. Ceux qui ont plus de chance vivent chez l’habitant. M. Bengaly précise que dans la seule ville de Mopti, ses services connaissent 14 880 déplacés répartis entre 2781 ménages venus de différents cercles de la Région. Oumar est physiquement affaibli. Son cousin qui vient de prier « asr » est plus mince. La tente est presque vide. Seule une moto et quelques ustensiles de cuisine y sont arrangés. Le temps des vaches maigres. Dehors, des femmes font la sieste. Un peu plus loin. quelques jeunes filles pilent du mil pour la bouillie du soir. Les enfants eux, s’amusent, loin des soucis des adultes. A une dizaine de mètres, de nouvelles tentes sont dressées. Cette fois, de couleur bleue. « De nouvelles vagues sont attendues », assure Oumar. Le directeur régional du développement social a, lui aussi, prévenu que la crise mobilisera encore des populations. La gestion des crises, c’est son métier. Celle de ces dernières années dépasse ses prévisions. « En tant que service public, notre rôle est de les accueillir et en connaître le nombre pour agir. Mes équipes sont sur le terrain tous les jours pour mettre à jour notre fichier. Les informations sont partagées avec nos partenaires pour les dispositions idoines à prendre. Les premiers soutiens viennent de nous. Pour le long terme, nos partenaires prennent le relai », explique le directeur régional, confortablement installé dans ses bureaux nouvellement construits. En plus du couvert et du gîte, si l’on ose dire, l’Etat met à disposition une sommaire équipe médicale. Les maladies sont fréquentes dans cet environnement singulier. Confort suprême pour un déplacé, le site est éclairé par un équipement solaire. Dans l’attente d’un lendemain meilleur, les déplacés du Centre prient pour le retour de la paix. Leur nouvelle vie leur est imposée. Pire, l’horizon reste pour le moment obscurci. En attendant de jours plus heureux.

Causeries au ‘Grin’ :

Au sujet d’un grand corps malade

Par Ahmadou CISSE Bamako, 10 novembre (AMAP) Entre les trois verres normaux de thé, le ‘Grin’ opine sur les préoccupations brûlantes du moment, diversement commentées sur les réseaux sociaux. Il est 18 heures. Un vent léger caresse la peau. Quelques gouttes de pluie s’échappent des pores du ciel nuageux. Le temps ne peut être plus clément, en cette fin de journée dominicale. La météo est favorable en ce mois d’octobre. C’est le moment pour se rendre à Bamako. Tous les voyagistes le confirmeront. La durée du jour est actuellement de 11h51 précisément. Le soleil s’est levé depuis 06h22. Il s’évanouira à l’horizon, dans moins d’un quart d’heure. L’hivernage nous fait ses adieux. Il meurt pour renaître la saison prochaine. Il cède la place à une saison plus douce où une relative fraîcheur adoucira nos nuits étoilées. Commence le temps des amours et des sorties nocturnes pour les tourtereaux. Ils iront roucouler dans les espaces publics jusqu’au petit matin. La fin d’année a la réputation d’être plutôt festive.
 « Il fait beau temps », comme on dit chez nous. Le ‘Grin’ est à moitié plein. Les sujets fusent des deux extrémités. Les théières sont toujours installées au milieu du cercle d’amis. Les membres sont, particulièrement, inspirés ce soir-là. Chacun crache sa vérité. Tous discutent, passionnément, du Mali, ce grand corps malade. La tumeur est bénigne. La communauté internationale est à son chevet. Le Grin pleure son pays. Tous les fils présents sont partagés entre la colère et la pitié. La saison s’y prête. 
Les derniers camarades arrivent successivement. Ils freinent, un à un, sur le bas-côté de l’avenue de l’OUA qui mène jusqu’à la gare routière de Sogoninko. Ils s’installent et ne tardent pas d’alimenter les échanges en cours. Le robuste et grand pied de Neem, ‘Mali yirini’ en bambara, qui couvre le ‘Grin’, est un arbre qui tolère les sols pauvres et secs. Il protège notre cercle de causerie contre les rayons solaires brûlants de la journée. Mais il abrite des colonies de moustiques qui semblent avoir été vaccinés contre les insecticides inventés par la société des hommes.  De bonne guerre pour les culicidés ! Si, tant soit peu, l’on veut être objectif une fois. DÉSERTEUR OU HÉROS ?Tout est en place: chaises, fourneau, charbon, sucre, deux théières, un paquet de thé vert et un sachet de sucre de près d’un demi kilogramme. C’est dire que tout y est. Ou presque. Il manque les cacahuètes. Mais ce n’est qu’une question de temps, la vendeuse d’arachides rate rarement le rendez-vous. Elle propose deux formules aux clients du ‘Grin’ : des arachides grillées ou fraîches. Le thé chinois et le sucre forment un duo inséparable. On ne change pas une équipe qui gagne. Ces produits de très large consommation ont été achetés. la veille, chez le boutiquier Moussa. Ce jeune sonrhai de Gao est arrivé du Septentrion, depuis une dizaine d’années, en quête d’un lendemain meilleur dans la capitale. C’est lui qui a fourni au jeune Lassi les deux nouveaux verres à thé en remplacement de ceux brisés la veille, suite à la fâcheuse dispute entre deux membres respectés du ‘Grin’. La cause de leur rixe ? Un malheureux malentendu autour d’un débat politique particulièrement houleux. 
Le Président du ‘Grin’ à usé de toute son autorité pour calmer les ardeurs guerrières des protagonistes. Même si la fin est heureuse, le plus jeune n’a pas échappé à la sanction pour avoir offensé, publiquement, son aîné pour des raisons politiques. En plus de remplacer les verres brisés, il a déposé dans la cagnotte de quoi assurer l’achat de l’infusion chinoise pour un bon bout de temps.  Ce jour-là, c’était Momo le colporteur de rumeurs qui avait « enflammé » le débat. Il a eu le toupet de défendre mordicus que le lieutenant du commando parachutiste, qui s’est retrouvé en territoire burkinabè, suite à l’attaque de sa base à Boulkessi, était un déserteur. Surtout pas un héros.
 Le colporteur de rumeurs a été vite invité à tempérer son jugement au motif qu’il ignore totalement les conditions de la fuite du militaire et de ses hommes. « Dans l’armée, a-t-il argumenté, il n’est pas proscrit de se retirer d’un théâtre d’opération, quand la capacité de riposte est jugée inférieure à la force de feu de l’ennemi ». Mohamed conclut, dès lors, que nos soldats peuvent être vus comme des héros si, et seulement si, les soldats se sont éloignés du camp dans les règles de l’art de la guerre. Lassi pilonne à charge en dénonçant l’attitude du ministre de la Défense qu’il a vu à la télévision nationale en train de donner un bilan autre que celui du communiqué officiel : 38 morts et enterrés contre 25 annoncés par le Gouvernement. N’est-ce pas là un sérieux handicap de communication ? Le jeune homme est également choqué par l’image du ministre tenant une arme d’assaut bien qu’entouré par ses propres hommes. « Tu ne sais pas de quoi tu parles », intervient sèchement Mohamed. Il explique, passionnément, au jeune homme que l’officier supérieur est un homme de terrain ayant fait ses preuves. C’est un général respecté par ses hommes. L’actuel ministre de la Défense, serait habitué aux opérations de combat. Nommé ministre de la Défense en mai 2019, l’enfant de Ségou se familiarise avec le métier des armes depuis sa tendre enfance au Prytanée militaire de Kati jusqu’à l’Ecole militaire Inter armes de Koulikoro. LES FAILLES –Un ange passa. Le débat reprit de plus belle après le premier verre de thé servi par Lassi qui ne semble pas bouger d’un iota de sa position. Pire, il dégaine à nouveau. « Il paraît que le ministre s’est rendu à Boulkessi pour échapper à la colère du « grand chef », renchérit le serveur de thé. Le regard foudroyant de Mohamed ne fait guère d’effet sur lui. Et le jeune impertinent enfonce le clou, en ajoutant que son collègue de la Sécurité aurait souffert le martyre, à sa place, lors du Conseil des ministres. Il aurait, maladroitement, essayé de faire excuser les failles des services de défense et de sécurité. Le

Les FAMa traquent avec succès des terroristes dans le Centre

Mopti, 10 novembre (AMAP) Les forces de défense et de sécurité du Mali ont engagé une offensive de grande envergure contredes bases terroristes, dans les forêts de Tiguina et Mouloguina, secteur de Douna, dans la Commune de Mondoro, Cercle de Douentza (Centre), pour un bilan, côté ennemi, de plusieurs corps calcinés, des véhicules et motos brulés, des cartes d’identité de plusieurs nationalités (burkinabé, nigérienne et maliens) et des effets militaires récupérés, a appris, samedi, l’AMAP de sources militaires. Selon les mêmes sources, les hommes de la 6ème Région militaire de Sevaré ont mené, la semaine dernière, ces opérations selon un schéma opérationnel nouveau, dans le cadre de l’opération Dambé conduite par le Colonel Major Amara Doumbia et appuyée par l’Armée de l’air. Ces interventions, après la destruction de la base logistique de terroristes, entre le village de Kobou et Boulkessy, le 4 novembre dernier, répondent à la recrudescence des attaques terroristes entrainant d’énormes pertes en vie humaine et matérielles dont les plus récentes se sont produites, récemment, à Mondoro, Boulkessy et Indelimane. Le chef d’état-major de l’Armée de terre, le général de brigade Kèba Sangaré, désormais Commandant de théâtre des opérations du Centre (Ségou, Mopti et Tombouctou), s’est rendu sur le site, jeudi dernier, pour assister et encourager les hommes. Il s’est incliné sur la tombe des soldats tombés avec les armes à la main sur le champ de l’honneur, lors de l’attaque du poste de Boulkessy et salué les actions posées. Le Général Kèba Sangaré s’est réjoui du « bon moral des hommes résolument engagés à sauver la patrie ». « Toute chose qui rassure d’avantage’ et « motive son déplacement personnel pour féliciter et, surtout, voir l’état d’accompagnement de la troupe. Selon lui, la troupe est, aujourd’hui, en mesure d’aller de l’avant et de montrer ce qu’il faut faire. « Cette fructueuse moisson illustre, à suffisance, la grande détermination des FAMa à redonner le moral à notre peuple et faire honneur au serment de défendre la patrie, au prix du sang et venger la mémoire des frères d’armes tombés sur le champ de l’honneur », a-t-il laissé entendre. Le Commandant de théâtres des opérations a requis, dans son message aux hommes sur le terrain du Centre et au Nord, d’être unis derrière un commandement unifié sous la direction du chef d’état-major général des Armées. Le Colonel Major Amara Doumbia a indiqué que les forêts situées tout autour de Boulkessy restent infestées par les djihadistes. « Nous nous donnons comme mission, les jours à venir, la fouille systématique et avec minutie de tous ces lieux pour que la compagnie puisse s’installer en paix », a-t-il dit. « La visite du chef d’état-major nous honore, à plus d’un titre, et nous montre la solidarité et l’accompagnement de toute la hiérarchie militaire et l’autorité politique », a-t-il ajouté. DC/MD (AMAP)  

Attaque terroriste à Konna: Les FAMa repoussent des assaillants

Bamako, 09 novembre  (AMAP) Les Forces armées et de sécurité maliennes ont fait l’objet d’une attaque terroriste à Konna, près de Mopti (Centre), vendredi, aux environs de 19 heures 45 minutes, a appris l’AMAP, de source locale. Cette nouvelles attaque est confirmée par  les services de communication des FAMa, précisant que « les terroristes sont arrivés à motos et ont attaqué le poste de la Gendarmerie ». « Dès les premiers coups de feu, les éléments de la Garde nationale ont, énergiquement, riposté. Les terroristes ont pris la fuite », poursuit cette source. Le bilan est de deux civils tués et deux blessés dont un gendarme. Un véhicule de la Gendarmerie a été calciné. Les blessés ont été évacués à l’hôpital Sominè Dolo de Sevaré à minuit. Une patrouille de l’Armée sécurise la localité de Konna et ses environs immédiats. Cette attaque intervient quelques jours après celle de Indelimane survenue le 1 er novembre  qui a coûté la vie à une cinquantaine de soldats maliens et une importante perte en matériels militaires emportée ou calcinés. Suite à ce drame, le président de la République a instruit des « mesures fortes » dans une adresse à la nation, avant de se rendre à Gao pour apporter son soutien aux blessés et présenter ses condoléances aux familles endeuillées. AC (AMAP)

Le ministre de l’Administration territoriale prend contact avec les cadres de la 2è Région

Koulikoro 09 novembre (AMAP) Le ministre de l’Administration territoriale et de la Décentralisation, Boubacar Bah, a rencontré, cette semaine, l’ensemble des autorités administratives de la 2è Région, pour une prise de contact, a constaté l’AMAP Cette rencontre avec préfets, maires et sous-préfets du cercle de Koulikoro, responsables des Forces de défense et de sécurité, chefs de services régionaux, société civile et notabilités, s’est déroulé dans la salle de conférence du gouvernorat,  en présence du gouverneur de la Région de Koulikoro, le général Déberékoua Souara. « Je suis venu me rendre compte, sur place, de la situation administrative de la Région, féliciter les Forces de défense et de sécurité et leur apporter le soutien de l’Etat. Nous savons qu’elles sont sur pied de guerre, car la Région de Koulikoro fait frontière avec la forêt de Wagadou. Je voudrai, également, leur annoncer que,depuis l’attaque de Guiré et, récemment, celle de Ballé, l’Etat a envisagé de nouvelles dispositions sécuritaires parmi lesquelles l’appui de la garde par les FAMa », a soutenu le ministre. Bah a, également, félicité, au nom de l’Etat et en son nom, les élus et les chefs de villages pour tout ce qu’ils sont en train de déployer, au quotidien, comme efforts pour sécuriser les populations. Il s’est, particulièrement, réjoui du cas de Nyamina. « Récemment, à Nyamina, ce sont les populations, elles-mêmes, qui ont neutralisé ceux qui sont venus les terroriser. Cela dénote le sens élevé de la responsabilité des populations de la Région de Koulikoro, dans la prise en charge de leur sécurité et dans la collaboration avec les Forces de défense et de sécurité. Ce que nous encourageons et apprécions fortement car peut faire école dans les autres régions », a conclu le ministre. Dans son discours introductif le ministre a, surtout, insisté sur l’union sacrée des Maliens autour des Forces armées et de sécurité « car le Mali, a-t-il souligné, n’est pas en guerre seulement contre le terrorisme mais aussi contre l’absentéisme, l’indifférence et tout ce qui peut altérer le développement du pays ». La région de Koulikoro, a rappelé le gouverneur Débérékoua Souara, couvre une superficie de 90.120 km2 pour une population de 2.126.505 habitans. Elle compte sept cercles, trente neuf arrondissements, un conseil régional, sept conseils de cercles et cent huit communes dont trois urbaines (Koulikoro, Kati et Karan dans le cercle de Kangaba). Deux cercles ont été érigés en régions. Il s’agit de Dioila et de Nara. Dans le cadre de l’administration de ces différentes circonscriptions administratives, le gouverneur a assuré que les représentants de l’Etat sont tous présents à leurs postes respectifs, exceptés le cas des sous-préfets de Sébété, dans le cercle de Banamba, Guiré et Ballé dans le cercle de Nara. Avant de regagner Bamako, le ministre et sa délégation ont rendu une visite de courtoisie aux notabilités de Koulikoro. AM/MD (AMAP)

Meeting de soutien de la société civile aux Forces armées maliennes

Bamako, 09 novembre (AMAP) Des organisations faîtières de la société civile malienne ont organisé, vendredi, au monument de l’Indépendance, un meeting pour rendre hommage et soutenir l’Armée nationale, suite à l’attaque terroriste qui a, la semaine dernière, fait plus d’une cinquantaine de morts dans les rangs des Forces armées maliennes (FAMa) à Indelimane, dans le Cercle d’Ansongo. Aux environs de 15 heures que les abords du monument de l’Indépendance ont été pris d’assaut par une foule immense. C’est, en effet, ce lieu emblématique qui a servi de point de convergence pour des centaines de personnes venues de plusieurs quartiers de Bamako et environs. Objectif : Soutenir les forces de défense maliennes. Sur place, l’on pouvait lire sur les pancartes et les banderoles, au milieu de cette marrée humaine, des slogans comme « Vive le Mali, vive les FAMa, le peuple tout entier est avec vous », « Hommage aux FAMa ». Certaines personnes, tenant le drapeau national, n’arrêtaient pas de scander des propos hostiles à la France et à la Mission multidimensionnelle et intégrée des Nations unies pour la stabilisation au Mali (MINUSMA). Le président des organisations faitières de la société civile, Mansour Cissé, a indiqué que le but du meeting est de dire au peuple malien que les initiateurs du meeting sont unis derrière l’Armée nationale. « Nous comptons aider l’Armée par cette mobilisation. C’est une manière de montrer que nous sommes derrière nos militaires, nuit et jour, 24h/24, pour que la population malienne et l’opinion internationale puissent le comprendre », a-t-il déclaré. Et M. Cissé de marteler que les populations maliennes sont frustrées de voir tant de morts dans les rangs de nos Forces armées. Il a, ensuite, invité le gouvernement « à traquer ces bandits qui sont à l’origine de ces crimes ignominieux et de les faire traduire en  justice ». « Cet après midi, il y avait un sentiment de réveil de patriotisme. Malgré la température et le soleil, les gens étaient là et il suffisait de dire Mali, vive Mali, vive l’Armée pour que les gens se sentent en extase », s’est, pour sa part, réjoui le président de la commission d’organisation du meeting, Mamadou Sidibé. Subitement, les esprits s’échauffant quelque peu, ce meeting s’est transformé en une marche de protestation. Cette marche improvisée s’est terminée devant l’ambassade de France où, des  jeunes hostiles à la présence des forces étrangères au Mali,  ont exprimé leur mécontentement sous le regard vigilant des forces de sécurité. Les éléments de la police et de la garde nationale ont encadré le meeting et il n’y a eut Il aucun débordement. ABD/MD (AMAP)         

Régulation des médias et TIC dans l’UEMOA et en Guinée : Les recommandations de Bamako

Bamako, 08 novembre (AMAP) Les rideaux sont tombés, jeudi, sur la deuxième réuniondu Comité des juristes experts en régulation des médias et des Technologies de l’information et de la communication (TIC) de la Plateforme des régulateurs de l’audiovisuel des pays membres de l’Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA) et de la Guinée. Au terme de deux jours de travaux, les experts venus des huit pays de l’UEMOA et de la Guinée ont formulé des recommandations et arrêté des décisions nécessaires à l’accomplissement des missions de la Plateforme. Les recommandations formulées s’articulent autour de cinq points essentiels. Il s’agit, en autres, de l’achèvement de l’état des lieux de la réglementation applicable à la couverture médiatique des élections, au plus tard, à la fin du mois de nombre 2019. Les spécialistes ont, aussi, préconisé la finalisation des travaux d’élaboration du manuel de procédures d’appui et d’observation de la couverture médiatique en période électorale. Ils ont plaidé pour la tenue d’une session des instances de régulation membres de la Plateforme sur les missions d’observation et d’appui à la couverture médiatique dans ses pays membres. Une autre recommandation formulée, au terme de cette réunion, est la création des conditions de participation des instances de régulation membres de la Plateforme à la supervision de la couverture médiatique des élections tenues dans les Etats membre de l’UEMOA et en Guinée. Les juristes experts ont aussi prôné la poursuite de la réflexion sur l’harmonisation du cadre juridique relatif à la redevance audiovisuelle dans les pays membres de la Plateforme. En ce qui concerne la couverture médiatique des élections, le président de la Haute autorité de la communication (HAC) du Mali et président en exercice de la Plateforme, qui a présidé la cérémonie de clôture de cette rencontre de Bamako, a indiqué que les travaux ont abouti à l’esquisse d’un guide pour la régulation des médias en période des élections. « Le projet communautaire, qui sera certainement élaboré, va être soumis, en même temps que le projet de statut et règlement intérieur, à la conférence des présidents de la Plateforme qui se tiendra à Bamako en 2020 », a annoncé Fodié Touré. Le président en exercice de la Plateforme des régulateurs de l’audiovisuel des pays membres de l’UEMOA et de la Guinée a assuré que 2020 verra la mise en œuvre efficiente du Plan d’action. BBC/MD (AMAP)