Mali-Burkina Faso : La nécessité de renforcer la coopération militaire

Bamako, 21 novembre (AMAP) Une importante délégation des Forces armées du Burkina Faso, conduite par le colonel-major Silas Keita, directeur de la coopération militaire et de la défense de son pays, effectue un séjour de 48 heures au Mali, dans le cadre de la coopération multilatérale pour faire face à la recrudescence des attaques terroristes, le long de la bande sahélienne, particulièrement aux frontières. La délégation burkinabé a participé, jeudi, dans les locaux du ministère de la Défense et des Anciens combattants, à une session d’échanges et de partage de renseignements avec la hiérarchie militaire malienne. La cérémonie d’ouverture de la rencontre était présidée par le chef d’état-major général des Armées (CEMGA), le général de division Abdoulaye Coulibaly, en présence de plusieurs responsables militaires des deux pays. Le général Abdoulaye Coulibaly a confié à la presse que « les frères d’armes» du Burkina Faso sont arrivés pour une rencontre dans le cadre de la coopération militaire qui unit les deux pays. Il a rappelé que cette rencontre fait suite au récent déplacement du ministre de la Défense et des Anciens combattants, le général de division Ibrahima Dahirou Dembélé, au Burkina Faso. Suite à la rencontre avec son homologue burkinabé, Moumina Chériff Sy, il a été décidé de réchauffer les relations militaires bilatérales. Des relations, selon le général Coulibaly, qui étaient à un haut niveau et qui ont subi un moment de relâchement. «Donc, il s’agit, aujourd’hui, de revenir et de remettre sur la table tout ce qui peut être utile aux deux armées, dans le cadre de la sécurisation des personnes et deleurs biens dans les deux pays. Surtout que nous avons une frontière commune où l’insécurité est de mise et où les groupes armés terroristes font le va-et-vient», a-t-il fait remarquer. Aujourd’hui, a précisé le CEMGA, « sur instruction des chefs suprêmes des Armées du Mali et du Burkina, les ministres de la Défense ont demandé aux deux états-majors de se rencontrer, pour voir dans quelle mesure ils peuvent mieux sécuriser cette frontière qui est devenue, plus ou moins, une passoire pour les groupes terroristes ». Selon le général Coulibaly, le Burkina Faso et le Mali vivent, aujourd’hui, les mêmes problèmes, les mêmes défis sécuritaires. « Nos populations, des deux côtés des frontières, ont besoin de la même sérénité, de la même paix que nous devons leur apporter pour qu’elles puissent vaquer librement à leurs occupations, à leurs activités socio-économiques », a conclu le général Abdoulaye Coulibaly. Pour sa part, le chef de la délégation burkinabé, a remercié les autorités maliennes pour leur « hospitalité légendaire ». Le colonel-major Silas Keita a indiqué que lui et sa délégation espèrent que les deux jours de travaux vont permettre aux deux états-majors, de dégager des stratégies efficaces dans la lutte contre les groupes terroristes qui sévissent le long de nos frontières. AT/MD (AMAP)

L’Union européenne fournira au Mali des véhicules blindés

Bamako, 21 novembre (AMAP) L’ambassadeur de l’Union européenne (UE) au Mali, Bart Ouvry, a annoncé, mercredi, à Bamako, l’arrivée prochaine de véhicules blindés de la coopération européenne pour permettre aux Forces armées maliennes (FAMa) de faire face aux défis des engins explosifs improvisés (EEI) Au cours d’un déjeuner de presse, le diplomate européen a évoqué la situation sécuritaire au Mali et rappelé les acquis de la coopération entre le Mali et l’UE, qui a commencé en 1958. Face à cette guerre asymétrique terroriste imposée au Mali, il a assuré du soutien de l’UE dont les intérêts, au Mali, consistent à stabiliser le pays et à lutter contre le terrorisme. Répondant aux questions des journalistes, notamment, sur l’efficacité de la Mission européenne de formation de l’UE au Mali (EUTM), la collaboration de l’UE avec les autres forces étrangères, l’équipement des Forces armées maliennes (FAMa), M. Ouvry a répondu qu’en matière de sécurité, l’UE déploie, depuis 2013, une mission, EUCAP, d’environ 600 soldats pour la formation et le conseil auprès de l’Armée malienne. « En outre, depuis janvier 2015, une mission civile EUCAP Sahel Mali opère au bénéfice des Forces de sécurité intérieure (police, gendarmerie et garde nationale) », a-t-il ajouté. « Nous ne sommes pas là pour imposer des solutions aux Maliens. Ce sont les Maliens qui, dans un dialogue politique, entre égaux, qui nous proposent leurs difficultés, leurs défis, qui nous demandent conseils et appuis matériels pour répondre aux défis du Mali », a précisé Bart Ouvry. Un document remis à la presse rappelle que, depuis cette date, surtout à travers son instrument historique principal qu’est le Fonds européen de développement (FED), l’UE a soutenu le Mali, de manière continue, dans les domaines du développement rural, de l’environnement, de l’aide humanitaire, des infrastructures routières, du développement urbain et social, de l’appui institutionnel et de la culture. Cet appui s’est matérialisé par plus de 2 000 milliards de Fcfa d’aide. Le document de stratégie pour la mise en œuvre du 11è FED au Mali, qui couvre la période 2014 à 2020, porte sur 665 millions d’euros, soit 436 milliards de Fcfa, concentré sur les quatre secteurs de la Réforme de l’Etat et consolidation de l’Etat de droit, du développement rural et sécurité alimentaire, de l’éducation et infrastructures. Selon le diplomate européen, même au moment de la crise de 2012 au Mali, la coopération de l’UE n’a jamais été interrompue. « Dès 2013, l’UE a, substantiellement, augmenté son intervention au Mali, pour accompagner la sortie de crise, renforçant, en particulier, toutes ses actions en appui à la consolidation de la démocratie », a-t-il insisté. BD/ MD (AMAP)

Fonction publique : 884 emplois à pourvoir sur 7.646 postes dans les départements ministériels

Bamako, 21 novembre (AMAP) Les emplois à pourvoir, par voie de concours direct de recrutement dans la fonction publique d’Etat, au titre de l’exercice budgétaire 2019, s’élèvent à 884 emplois, soit 130 nouveaux agents pour le secteur de la santé, 169 nouveaux agents pour le secteur de l’Education, 585 nouveaux agents pour les autres secteurs de l’administration publique, a appris l’AMAP, jeudi, de source officielle. Le ministre du Dialogue social, du Travail et de la Fonction publique, Hamadoun Dicko, au cours d’un point de presse dans la salle de conférence du département, a ajouté, que, conformément à la Loi de finances 2019, une enveloppe de 2.300.000.000 de Fcfa a été prévue au titre des besoins nouveaux en personnel fonctionnaire. « Malgré ces efforts consentis par le gouvernement, les effectifs à recruter sont, nettement, inférieurs aux besoins exprimés par les départements ministériels. Cette année, ces besoins exprimés en nombre d’emplois à pourvoir se sont élevés à 7 646 repartis ainsi en 2.633 cadres de la catégorie A, 2.488 cadres de la catégorie B2, 1.698 cadres de la catégorie B1 et 827 cadres de la catégorie C », a indiqué M. Dicko. A la clôture, jeudi 24 octobre 2019, du dépôt des dossiers pour les 884 emplois à pourvoir, au total 29.514 candidatures ont été enregistrées dont 21.541 à Bamako, 1.066 à Kayes, 2.815 à Sikasso, 2.078 à Ségou ; 1.259 à Mopti et 755 es à Gao. Les épreuves se dérouleront le 30 novembre 2019, les 1er, 07, 08 et 21 décembre 2019 dans les centres régionaux de Kayes, Sikasso, Ségou, Mopti, Gao et dans le District de Bamako. « Je vais travailler à ce que les meilleurs gagnent…tout le monde ne peut pas être fonctionnaire mais chaque fonctionnaire se doit être élite…Je pense que l’année prochaine, il y aura beaucoup d’emplois à pourvoir », a dit le ministre Hamadoun Dicko. OD/MD (AMAP

Journée internationale des droits de l’enfant : Des avancées indéniables

Bamako, 21 novembre (AMAP)Le taux brut de scolarisation des filles est passé de 70% en 2016-2017, à 74% en 2019, contre 86% pour les garçons en 2019. Le quotient des mortalités infantiles, qui était estimé à 113% en 2001, est passé à 54% en 2018, a appris l’AMAP de source officielle. À l’instar de la communauté internationale, notre pays a célébré, hier, au Centre international de conférences de Bamako (CICB), la Journée internationale des droits de l’enfant. La cérémonie a enregistré la présence du représentant du ministre de la Promotion de la Femme, de l’Enfant et de la Famille, Chiaka Magassa, la représentante de l’Unicef au Mali, Lucia Elmi, la présidente du Parlement des enfants, Mariam Aldianabangou, et d’autres invités. Le thème national retenu cette année est intitulé : « 1989-2019, les 30 ans de la Convention des droits de l’enfant (CDE) : Agir pour les droits de chaque enfant au Mali». La présidente du Parlement des enfants a indiqué que ce thème interpelle le gouvernement et tous les Maliens. Selon elle, la journée offre l’occasion de sensibiliser sur l’effectivité des droits de l’enfant, en prônant la paix et la sécurité. Au cours des trois dernières années, notre pays a enregistré des progrès indéniables parce que le taux de mortalité des enfants de moins de 5 ans a baissé d’environ 50% depuis 1989, a-t-elle reconnu tout comme la vaccination des enfants contre certaines maladies meurtrières. Toutefois, elle a déploré le fait qu’un enfant sur 10 meurt toujours avant son cinquième anniversaire, et deux millions d’enfants en âge scolaire sont en dehors du système scolaire. La représentante de l’Unicef, a rappelé que la CDE, adoptée en 1989, est le premier texte international qui a reconnu explicitement les enfants en tant que porteurs de droits. Lucia Elmi a aussi souligné que beaucoup de défis restent à relever, notamment la fermeture de plus de 1000 écoles, l’enregistrement à la naissance de tous les enfants, et les violations graves à l’encontre des enfants dans les zones affectées par la crise. « C’est le moment de renouveler nos engagements, sous le leadership du gouvernement pour créer un Mali digne des enfants avec la poursuite de la révision et l’adoption du Code de protection des enfants », a proposé la responsable de l’organisme onusien. Chiaka Magassa a affirmé que le thème engage l’ensemble des acteurs et décideurs au respect des engagements de la CDE que notre pays a ratifiés. Notre pays, a-t-il ajouté, demeure convaincu que le bien-être des enfants, passe nécessairement par l’application effective des dispositions de la CDE. Selon lui, le taux brut de scolarisation des filles est passé de 70% en 2016-2017, à 74% en 2019, contre 86% pour les garçons en 2019. Le quotient des mortalités infantiles, qui était estimé à 113% en 2001, est passé à 54% en 2018. En matière de protection de l’enfant, les cadres politique, institutionnel et législatif ont été renforcés avec la ratification de conventions internationales et régionales, l’adoption de lois et textes spécifiques au niveau national (Code pénal, Code de procédures pénales loi sur la minorité pénale, et institution de juridictions pour mineurs). Il a rappelé que le Fonds d’appui à l’autonomisation de la femme et à l’épanouissement de l’enfant (FAFE) a financé 914 projets de 2015 à 2018, dont 150 programmes de réinsertion socio-économique des enfants en situation difficile. Le département en charge de la Promotion de la Femme, vient d’adopter, le Programme décennal pour l’autonomisation de la femme, de la famille et l’épanouissement de l’enfant (PRODAFFE I), avec ses plans d’appuis institutionnel et de communication pour un coût global de plus de 43 milliards de Fcfa. Il évoqué des préoccupations majeures, liées à la lutte contre la mendicité des enfants, le mariage précoce, le travail et la traite des enfants. Mohamed D. Diawara (AMAP)

Journée de l’industrialisation de l’Afrique : Positionner les industries en première ligne

Bamako, 21 novembre (AMAP) Le Mali a célébré, mercredi 20 novembre, la Journée de l’industrialisation de l’Afrique (JIA), sous le thème « positionner l’industrie africaine pour approvisionner le marché de l’accord de libre-échange continental (ZLEC) », a constaté l’AMAP. Instituée par la 25è session de la Conférence des chefs d’Etat et de gouvernement des Etats membres de l’Union africaine (UA), en juillet 1989, en Ethiopie, et entérinée, le 22 décembre de la même année, par l’Assemblée générale des Nations unies, la JIA offre, généralement, l’occasion aux acteurs économiques des pays africains d’échanger sur une thématique d’actualité. En initiant une conférence sur le thème de la JIA de cette année,  les organisateurs visent à informer et sensibiliser les décideurs, les partenaires techniques et financiers, le secteur privé et les consommateurs sur la ZLEC. Cela, en leur expliquant les objectifs, les enjeux et les défis liés à l’entrée en vigueur de cet accord de libre échange intra-africain. Les recommandations et suggestions issues de ce forum permettront au secteur privé malien de tirer davantage profit de la ZLEC, lorsqu’elle sera complètement opérationnelle. QUATRE A CINQ POURCENT DU PIB – Rappelons que 54 pays africains ont signé la ZLEC et 28 d’entre eux l’ont ratifié. « Une fois opérationnelle, elle deviendra la plus vaste zone de libre-échange du monde », s’est réjouie la conseillère technique au ministère de l’Industrie et du Commerce, Mme Maïga Mariam Maïga. « Le volume du commerce intra-africain sera en hausse et nos produits seront compétitifs, car, cette situation va pousser les entreprises africaines, notamment maliennes à produire des produits de qualité à des prix acceptables », a-t-elle affirmé. Pour ce qui est de notre pays, il pourra, « malgré la situation sécuritaire précaire, relever les défis de l’industrialisation grâce à ses ressources naturelles, a souligné la conseillère technique ». Selon elle, ces efforts se feront, aussi, avec le concours du secteur privé national. « Pour profiter de la ZLEC, la transformation sur place de nos matières premières, notamment agricoles s’impose », a affirmé Mme Maïga. Avant d’annoncer que le Salon « Made In Mali » (SMIM) se tiendra, le 28 novembre 2019, au Parc des expositions de Bamako. Le SMIM 2019 aura comme thème : « Problématique des zones industrielles et les perspectives », a-t-elle a ajouté. Le 2è vice-président de l’Organisation patronale des industries (OPI), Boubacar Badian Sangaré, s’est penché sur les barrières qui, selon lui, freinent l’industrialisation du Mali. M. Sangaré a, entre autres, cité « la contre-performance » des textes de la CEDEAO et de l’Union monétaire ouest africaine (UEMOA), l’absence de diversification de l’économie malienne, la fraude, la concurrence déloyale et la mauvaise gouvernance. D’après lui, le secteur privé ne représente que 4 à 5% du Produit intérieur brut (PIB) du Mali. Face à ces défis, le 2è vice-président de l’Organisation patronale des industries (OPI) propose l’adoption de mesures urgentes visant à aider le secteur privé malien à mieux s’épanouir. Ces dispositions doivent, à en croire Boubacar Badian Sangaré, « faciliter l’octroi de crédit bancaire à faible taux d’intérêt ». « Chose qui va augmenter l’épargne bancaire national pour servir de levier au financement des secteurs stratégiques tels que l’agriculture », pense-t-il. En réponse, le représentant résident de la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) au Mali, Hamidou Boly a fait savoir que l’institution régionale se bat pour intégrer les pays de la communauté. Pour étayer ses propos, Hamidou Boly a fait allusion à des textes communautaires, en projet, visant à alléger les tracasseries routières au sein de l’espace commune. La représentante pays de l’Organisation des Nations unies pour le développement industriel (ONUDI), Mme Traoré Haby Sow, et de nombreux acteurs du secteur privé malien ont pris part à la cérémonie, qui s’est déroulée au Conseil national du patronat du Mali (CNPM). ABM/MD (AMAP)

Convention relative aux droits des enfants au Mali : Progrès et défis

Ségou, 21 novembre (AMAP) Le Mali occupe un rang honorable et plusieurs dispositions sont envisagées pour améliorer davantage la prise en charge des aspirations de la couche juvénile, a appris l’AMAP de source officielle. La Convention relative aux droits des enfants (CDE) a 30 ans aujourd’hui. Le document est le premier traité international juridiquement contraignant concernant les droits des enfants. S’il faut le rappeler, la CDE a été adoptée à l’unanimité par l’ONU lors de l’Assemblée générale du 20 novembre 1989. Depuis, cette date historique est devenue celle de la Journée mondiale des droits de l’enfant. Le texte est aujourd’hui ratifié par tous les pays du monde, à l’exception des États-Unis. Ratifié par notre pays en septembre 1990, la CDE marquait la volonté du Mali de faire de la promotion de l’enfant un axe prioritaire du développement du pays. Cela se réaffirmera avec l’adoption en 1992 du Plan d’action pour la survie, le développement et la protection des enfants. Notre pays a également ratifié le Protocole facultatif à la Convention relative aux droits de l’enfant concernant la vente d’enfants, la prostitution des enfants et la pornographie mettant en scène des enfants et le Protocole sur l’implication d’enfants dans les conflits armés. Il faut aussi noter l’amélioration de la législation nationale avec de nouvelles lois, telles que la Loi portant sur la minorité pénale et l’institution de juridictions pour mineurs qui a intégré les principes directeurs en matière d’administration de la justice pour mineurs. Au plan institutionnel, des actions ont été menées. Ces actions ont concerné l’adoption de politiques et programmes et la création et/ou le renforcement des structures publiques de promotion et de protection des enfants. Cependant, après 30 ans d’exercices, quelle appréciation peut-on faire de l’application de la CDE dans notre pays ? Il faut dire que ce 30è anniversaire de la CDE intervient dans un contexte difficile pour notre pays du fait de la crise. En effet, depuis 2012, plusieurs écoles restent fermées, privant du coup des milliers d’enfants de leur droit à l’éducation. Par ailleurs, notre pays connaît des problèmes comme les déplacements forcés des enfants, la séparation des enfants de leurs familles, la traite ou le recrutement des enfants aux fins de conscription dans des groupes armés, entre autres. Cet état de fait nécessite une reconnaissance et une protection continue des droits des enfants dans de telles situations humanitaires. UN ENFANT SUR QUATRE- À ces problématiques s’ajoutent la persistance des pratiques traditionnelles néfastes notamment l’excision et le mariage d’enfant. Selon l’Enquête démographique de santé au Mali, phase 5 (EDSM-V), la prévalence des mutilations génitales féminines/excision (MGF/E) chez les femmes de 15-49 ans est de 91% pour les 5 régions du Sud : Kayes, Koulikoro, Sikasso, Ségou, Mopti et le District de Bamako. En raison de la situation sécuritaire, l’EDSM-V n’a pas concerné les régions du Nord (Gao, Tombouctou, Kidal), où les taux de prévalence sont faibles. Par ailleurs, notre pays est le deuxième après le Niger qui enregistre le taux de prévalence le plus élevé de mariages précoces des enfants en Afrique de l’Ouest. Il faut aussi noter que la problématique des enfants de rue reste toujours d’actualité. Par ailleurs, le Mali enregistre un fort taux d’enfants malnutris. La tendance générale indique qu’un enfant sur quatre souffre de malnutrition chronique, tandis qu’un sur dix souffre de malnutrition aiguë, avec des conséquences économiques graves. Malgré la quasi-gratuité de la vaccination, les résultats du Programme élargi de vaccination (PEV) restent en deçà des attentes. Ainsi, en 2017, seulement six enfants sur dix ont été complètement vaccinés, soit 60,29% qui ont reçu toutes les doses des antigènes. Il faut aussi retenir que la problématique du non enregistrement à la naissance demeure. Le tableau est peu reluisant, mais, du côté de la direction nationale de la promotion de l’enfant et de la famille, on rassure que plusieurs dispositions sont prises pour faire face aux nouveaux défis et appliquer correctement la CDE pour la protection des droits des enfants. Ayouba N’Goualé, directeur national de la promotion de l’enfant et de la famille, indique que «de nombreux obstacles freinent l’effectivité des droits de l’enfant au Mali, notamment la pauvreté, l’analphabétisme ou l’insuffisance des moyens de l’État et les stéréotypes comme la conservation de certaines pratiques et idéologies traditionnelles». Il plaide pour le renforcement des actions en vue d’étoffer les budgets affectés à la mise en œuvre de la Convention, en particulier pour la défense des droits économiques, sociaux et culturels des enfants. Pour l’application effective de la CDE dans notre pays, il est demandé à l’État de revoir à la hausse le budget alloué au ministère de la Promotion de la Femme, de l’enfant et de la Famille. Bonne fête aux enfants du Mali et d’ailleurs. Mariam A. TRAORÉ (AMAP)  

Adoption d’un projet de décret sur les modalités d’identification des abonnés aux services de télécommunications/TIC ouverts au public

Bamako, 21 novembre (AMAP) Un projet de décret complétant le Décret n°2015-0265/P-RM du 10 avril 2015 fixant les modalités d’identification des abonnés aux services de télécommunications/TIC ouverts au public a été adopté mercredi, a appris l’AMAP de source officielle. Le communiqué du conseil des ministres précise que le projet de décret qui a été adopté suivant le rapport du ministre de l’Economie numérique et de la Prospective, s’inscrit dans le cadre de sa mise en œuvre et limite à trois (03) le nombre de cartes SIM ou de support de connexion aux réseaux ou services par personne physique et par opérateur ou fournisseurs d’accès internet.. « Dans le cadre du renforcement de la lutte contre le terrorisme et la cybercriminalité aux plans national, régional et international, les pays membres du Protocole d’Abidjan du 28 novembre 2016 ont adopté, le 11 août 2017, la Résolution n°1 sur la mise en œuvre du Free Roaming », indique le communiqué. Le même communiqué précise que cette résolution met l’accent sur la nécessité de procéder à l’identification des utilisateurs réels de l’espace Free Roaming. Le projet de décret  complète les dispositions du décret du 10 avril 2015 fixant les modalités d’identification des abonnés aux services de télécommunication et TIC ouverts au public et permettra de contrôler la vente anarchique des cartes SIM pré-activées ou pré-identifiées. KM (AMAP)

Communiqué du conseil des ministres du 20 novembre2019

Le Conseil des Ministres s’est réuni hier en session ordinaire, dans sa salle de délibérations au Palais de Koulouba sous la sous la présidence de Monsieur Ibrahim Boubacar KEITA, Président de la République. I. À l’ouverture de la session, le Conseil des Ministres a observé une minute de silence à la mémoire des éléments des Forces armées et de sécurité, décédés lors de l’attaque de Tabankort, le lundi 18 novembre 2019. Le Président de la République a présenté ses condoléances les plus attristées aux familles des disparus et souhaité prompt rétablissement aux blessés. II. Après examen des points inscrits à l’ordre du jour, le Conseil a adopté des projets de texte et procédé à des nominations. AU CHAPITRE DES MESURES LÉGISLATIVES ET RÈGLEMENTAIRES AU TITRE DU MINISTÈRE DES AFFAIRES ÉTRANGÈRES ET DE LA COOPÉRATION INTERNATIONALE Sur le rapport du ministre des Affaires étrangères et de la Coopération internationale, le Conseil des Ministres a adopté des projets de texte relatifs à la ratification du Traité portant création de l’Agence africaine du Médicament, adopté par la 32ème session ordinaire de la Conférence des Chefs d’Etat et de Gouvernement de l’Union africaine, tenue le 11 février 2019 à Addis-Abeba. L’Agence africaine du Médicament a pour missions entres autres de : – renforcer les initiatives visant l’harmonisation de la réglementation des produits médicaux et l’amélioration du contrôle des bonnes pratiques de fabrication ; – coordonner la collecte, la gestion, le stockage et l’échange d’informations sur la qualité et la sécurité des produits médicaux ; – promouvoir la coopération et le partenariat entre les structures régionales et les autorités nationales de réglementation des produits pharmaceutiques ; – surveiller le marché des médicaments par le prélèvement d’échantillons dans tous les Etats membres ; – veiller à la mise en œuvre de la loi-type de l’Union africaine sur la réglementation des produits médicaux dans les Etats membres. Les organes de l’Agence africaine du Médicament sont la Conférence des Etats parties, le Conseil d’Administration, le Secrétariat et les Comités techniques. La ratification du présent traité permettra au Mali de bénéficier de l’expertise de l’Agence africaine du Médicament et d’améliorer l’accès des populations à des produits pharmaceutiques de qualité. AU TITRE DU MINISTÈRE DE L’ÉCONOMIE NUMÉRIQUE ET DE LA PROSPECTIVE Sur le rapport du ministre de l’Economie numérique et de la Prospective, le Conseil des Ministres a adopté un projet de décret complétant le Décret n°2015-0265/P-RM du 10 avril 2015 fixant les modalités d’identification des abonnés aux services de télécommunications/TIC ouverts au public. Dans le cadre du renforcement de la lutte contre le terrorisme et la cybercriminalité aux plans national, régional et international, les pays membres du Protocole d’Abidjan du 28 novembre 2016 ont adopté, le 11 août 2017, la Résolution n°1 sur la mise en œuvre du Free Roaming. Cette résolution met l’accent sur la nécessité de procéder à l’identification des utilisateurs réels de l’espace Free Roaming. Le projet de décret adopté s’inscrit dans le cadre de sa mise en œuvre et limite à trois (03) le nombre de cartes SIM ou de support de connexion aux réseaux ou services par personne physique et par opérateur ou fournisseurs d’accès internet. Il complète les dispositions du décret du 10 avril 2015 fixant les modalités d’identification des abonnés aux services de télécommunication et TIC ouverts au public et permettra de contrôler la vente anarchique des cartes SIM pré-activées ou pré-identifiées. AU CHAPITRE DES MESURES INDIVIDUELLES Le Conseil des Ministres a procédé aux nominations suivantes : AU TITRE DU MINISTÈRE DE L’ÉCONOMIE ET DES FINANCES  – Inspecteur en Chef Adjoint à l’Inspection des Finances : * Monsieur Moussa KONE, Inspecteur du Trésor. AU TITRE DU MINISTÈRE DE LA SANTÉ ET DES AFFAIRES SOCIALES – Inspecteur à l’Inspection des Affaires sociales : * Madame TOURE Mady Mousso KEITA, Administrateur civil.

Beurre de karité : Peu exploité, mais très prometteur

Par Anne-Marie KEITA Bamako, 20 novembre (AMAP)Au Mali, la noix de karité peut rapporter gros, si des investissements conséquents sont mis en place pour passer à la transformation industrielle. Surtout que les industriels chocolatiers envisagent l’adjonction du beurre dans la fabrication du chocolat. Ici, environ 78% des femmes travaillent dans le secteur rural et apparaissent, ainsi, comme des actrices de premier plan dans la lutte contre l’insécurité alimentaire. Depuis la nuit des temps et aussi vieux que le karité existe sur la terre, les femmes en milieu rural ont toujours été au cœur de l’extraction du beurre dans les villages, campagnes et hameaux. Parallèlement aux activités agricoles et, en amont de l’extraction du beurre, les femmes sont impliquées dans le ramassage des noix de karité. Cette activité est, aussi, laborieuse, car nécessitant de nombreux déplacements aux pieds des arbres avec des mouvements répétitifs dorsaux pour ramasser les noix. Après suivra l’étape de la transformation artisanale qui est aussi harassante que fatigante pour produire du beurre de karité. La vente de ce produit fini est une source de revenus pour les femmes qui contribuent aux charges du ménage. Faut-il rappeler que le Cadre stratégique pour la croissance et la réduction de la pauvreté (CSCRP) met un accent particulier sur la promotion de la filière karité notamment comme moyen d’atteindre les Objectifs du millénaire pour le développement (OMD). En effet, la filière karité a été identifiée comme une des filières porteuses d’emplois et de revenus. Mme Doumbia Sounoukou Sacko évolue dans une coopérative de production de beurre de karitéà Sanankoroba, près de Bamako. Elle explique que l’extraction du beurre de karité est une activité très difficile et épuisante. Le processus est très long et fatiguant pour obtenir le beurre de karité de bonne qualité. « Beaucoup de femmes s’adonnent dans les zones rurales à la fabrication du beurre de karité pour aider leurs maris dans les périodes de soudure », confie Mme Doumbia. Elle explique le processus de transformation qui démarre par le ramassage des noix, le dépulpage, le lavage et la cuisson. Ensuite, suivent le conditionnement, le décorticage, le broyage et l’extraction sont les différents procédés auxquels les femmes sont astreintes pour produire du beurre de karité de bonne qualité répondant aux critères de commercialisation. L’activité de production du beurre de karité ne peut se faire individuellement. Pour cela, les femmes se regroupent en coopératives, groupements et associations afin de rendre le travail plus facile et rapide, car le processus est un travail d’endurance. Elles s’organisent pour améliorer la production et la qualité du produit afin d’être compétitives sur le marché et contribuer au développement économique de la communauté. La vente de ce produit de karité procure ainsi une source de revenus non négligeable aux femmes rurales. Ces revenus contribuent à améliorer leur statut social et leur indépendance économique au quotidien. Pour Mme Diarra Djélika Diarra, la production du beurre est une activité qu’exercent beaucoup de femmes en milieu rural, en plus des tâches ménagères. Et c’est un travail difficile qui prend tout le temps de ces femmes. Exerçant cette activité depuis sa tendre jeunesse, Mariam Koïté soutient que l’extraction du beurre de karité nourrit bien son homme. « En effet, ajoute-t-elle, la plupart des femmes dans les Régions de Sikasso et Ségou sont douées dans cette activité qui leur permet de subvenir aux besoins des ménages ». « Sans cette activité d’extraction du beurre de karité, que deviendront les femmes rurales, dont les revenus sont limités, voire insignifiants », s’interroge Mariam avant de dénoncer les contraintes liées à cette activité. Ce sont, entre autres, la transformation et le manque de moyen de conservation au niveau local. La Fédération nationale de karité (FNK) pointe du doigt les principaux problèmes de la filière karité. Il s’agit, entre autres, de la faible organisation des acteurs, la faible maîtrise des techniques améliorées, l’insuffisance d’infrastructures pour la collecte des noix, la conservation, la vente et le transportdu beurre de karité vers les marchés. 39,25 MILLIARDS DE FCFA-De son côté, Mme Doumbia Sounoukou Sacko énonce le manque de moyens appropriés pour la transformation du beurre de karité et l’accès au marché international. Elle sollicite le soutien des autorités pour promouvoir la filière. Aussi, indique-t-elle, il faut former les femmes, évoluant dans ce domaine, sur les bonnes techniques d’extraction du beurre et apporter des aides matérielles nécessaires, que ce soit sur le plan alphabétisation que technologique. Selon l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO), notre pays a produit en 2008, 190 000 tonnes d’amendes de karité. En ce qui concerne les noix de karité, notre pays représente à lui seul 23 % de la production mondiale. Ce qui fait du Mali, le deuxième plus gros producteur mondial de karité après le Nigeria. Selon le document de la 9è session du Conseil supérieur de l’agriculture qui s’est tenu en mai dernier, notre pays dispose d’un potentiel de 250.000 tonnes d’amendes, dont seulement 53.000 tonnes sont exportées. Les objectifs de la campagne 2019 sont de 196.276 tonnes d’amandes. La transformation de cette quantité d’amendes peut donner 58.882 à 78.510 tonnes de beurre de karité. Le rendement pour la production de beurre se situe entre 35 et 40% du produit brut. Pour la campagne 2020-2021, les objectifs de productions sont respectivement de 206.090 tonnes et 216.394 tonnes. Les principaux produits de la filière karité qui font l’objet d’exploitation et de commercialisation sont l’amende et le beurre dont la vente attendue pourra générer environ 39,25 milliards de Fcfa en raison de 200 Fcfa/kg d’amande. Cette noix peut rapporter gros, si des investissements conséquents sont mis en place pour passer à la transformation industrielle. Des tentatives d’industrialiser cette production ont été mises en vigueur, mais, elles n’ont duré que le temps d’un feu de paille. Le département en charge du Commerce et de l’Industrie gagnerait à mieux carburer dans le sens de la production industrielle qui placerait notre pays dans la catégorie des gros producteurs et vendeurs de beurre de karité dans le monde. Les industriels chocolatiers avaient envisagé la possible adjonction du beurre

Lutte contre la corruption et la délinquance financière : Utile session de renforcement des capacités des acteurs de la justice

Bamako, 20 novembre (AMAP) Un Master class sur la lutte contre la corruption se tient, depuis mardi, à l’Institut national de la formation judiciaire (INFJ), pour renforcer les capacités des magistrats et autres acteurs de la justice impliqués dans la lutte contre les crimes économiques et financiers et de permettre une synergie fonctionnelle entre ces différents corps et structures de contrôle de l’Etat. L’ouverture des travaux était présidée par le représentant du ministre de la Justice et des Droits de l’Homme, Bakary Soliba Coulibaly, en présence du directeur de l’INFJ, Toubaye Koné, du Vérificateur général, Samba Alhamdou Baby et de nombreux autres invités. Ce Master class, qui durera quatre jours, est offert dans le cadre du Projet Redevabilité publique et participation des femmes au Mali (RPPFM) financé par la coopération canadienne et dont la mise en œuvre est assurée par Cowater international (Une agence canadienne). Au cours des travaux, les participants seront outillés sur plusieurs modules à savoir : « Economie politique de la corruption » ; « Catalogues des infractions relevant de la compétence du Pôle économique et financier » ; « Transactions illicites et blanchiment d’argent : dynamiques au Mali ». S’y ajoutent d’autres thématiques comme : « Réflexions sur la complexité des liens entre la corruption, le terrorisme et son financement, et discussions autour de la coopération régionale et internationale en matière de lutte contre le blanchiment de capitaux et le financement du terrorisme » ; « Impact de la corruption  sur les femmes et les filles au Mali » ; et « Les pratiques de corruption dans la passation des marchés publics ». Cette rencontre intervient à un moment où un ensemble de réformes compréhensives du cadre juridique du système de la justice régissant la lutte contre la corruption au Mali est en cours. L’occasion est donc propice pour les participants de connaitre les développements récents en vue d’identifier des mesures optimales de renforcer la collaboration institutionnelle dans la lutte contre la corruption. Selon le directeur de l’INFJ, la délinquance financière est l’un des fléaux qui minent aujourd’hui le développement de notre pays. Toubaye Koné a ajouté que ce fléau sape « nos institutions démocratiques, ralentit le développement économique et contribue à l’instabilité du pays » Il a indiqué que la justice joue un rôle très important dans la lutte contre le phénomène, estimant que le ministère de la Justice, à travers l’INFJ, ne pouvait demeurer en reste dans la lutte contre ce fléau. « C’est pourquoi, notre stratégie dans cette lutte, nous amène à n’épargner aucun effort pour nous assurer que nos magistrats associés aux autres acteurs impliqués dans la lutte contre la corruption aient une formation appropriée », a justifié le directeur de l’INFJ. Pour lui, la stabilité des institutions et la paix sociale au Mali dépendent de la qualité et de la crédibilité de notre système judiciaire. Toute chose qui interpelle les acteurs de la justice. Pour le représentant du ministre de la Justice et des Droits de l’Homme, cette activité arrive à point nommé puisqu’elle « vient renforcer les actions du gouvernement, sous l’impulsion du président de la République, de lutter contre la corruption afin de répondre aux aspirations et attentes des citoyens ». « L’heure n’est plus aux discours ou aux tergiversations. Il s’agit d’engager des actions fortes, avec professionnalisme et loyauté pour asseoir la crédibilité et l’efficacité nécessaires pour inverser la tendance fâcheuse quant à la profondeur de la corruption dans notre pays et arriver à des résultats probants », a invité Bakary Soliba Coulibaly. Selon lui, les sujets qui seront traités et l’approche préconisée au cours de ces quatre jours permettront aux participants d’approfondir la compréhension du phénomène de la corruption ainsi que des moyens de lutte contre ce fléau qui mine le développement de du Mali. BD/MD (AMAP)