Femme et orpaillage à Kéniéba : Portaits croisés de deux amazones
Reportage d’Ahmadou CISSE Kéniéba, 21 février (AMAP) L’une est restauratrice, mariée et mère de deux enfants; l’autre orpailleur, veuve qui vit avec ses six enfants. Leur point commun : une détermination à toute épreuve dans un monde de mâles, une volonté de réussir. Deux femmes battantes que tout oppose ! Ou presque. Aoua Sy et Saiba Sissoko sont des amazones aux origine et parcours différents. Nos deux amazones contemporaines ne sont pas des filles d’Ares, fils de Zeus et de Era. Elles n’en sont moins des battantes, d’un courage olympien, refusant de porter la robe de la fatalité de femme au foyer. La première est issue d’une famille aisée, bien connue dans le Tambaoura. Aoua Sy est d’une famille aisée. A Kéniéba, les Sy ont réussi en affaires. Ils sont dans l’hôtellerie, la restauration, le commerce, l’immobilier pour ne citer que ces quelques activités. Saiba Sissoko est née griotte. Sa mère n’a vécu que de cette tradition qui consiste à assister les nobles et à faire leurs louanges, lors des cérémonies et vivre des récompenses et dons. Loin d’être oisive, elle a perpétué la tradition telle qu’elle lui a été apprise par ses parents. A priori, tout oppose Aoua Sy et Saiba Sissoko. Pour être plus fin, l’une a une peau claire et est ronde, l’autre noire et mince. La première est en couple, l’autre veuve. L’orpaillage traditionnel est, pour le commun des mortels, une activité exclusivement d’hommes. Pour se convaincre du contraire, il suffit de faire un tour dans la Région de Kayes. Chétive, cheveux courts exposés aux quatre vents, Saiba Sissoko est une femme qui ose. Le confort de la profession du statut de griotte, volant d’un mariage à un autre comme un papillon dans la prairie, ou attendant le prix de condiments d’un mari avare… Ce mode vie n’est pas le sien. Depuis sa tendre jeunesse, elle a décidé de descendre dans l’arène pour tirer son épingle du jeu. Aujourd’hui, du haut de ses 46 ans, cette dame s’impose dans le paysage aurifère de sa contrée. « Au temps du général Moussa Traoré, nous alternons les activités d’orpaillage avec les travaux champêtres. De nos jours, les champs sont désertés », raconte Saiba devant son immeuble. LE FLAIR DES AFFAIRES – Awa Sy, le cordon bleu de Kéniéba, a le flair des affaires. Dans sa famille, le business vient avant tout. Même l’école. Déjà en 5ème année fondamentale, la jeune fille déserta les cours primaires. Pour elle, c’est une perte de temps. Dehors, l’argent l’appelle. La tentation est si forte qu’elle n’eut pas la patience de décrocher le Certificat d’études primaires (CEP). L’avenir lui donnera t-elle raison ? Cela se saura. Dans la foulée, ses parents la donnent en mariage à un jeune prétendant. Elle avait à peine 15 ans. Son mari ne vit pas d’un bon œil les nombreux voyages de sa femme dans les pays limitrophes pour son commerce. Plutôt chanceuse. Si la restauratrice a bénéficié d’un désintéressé mais généreux coup de piston de la famille Sy, la griotte, elle, a dû avaler des couleuvres. Très pauvre, elle a perdu, très tôt, son père. Elle a vécu une enfance difficile dans une maison où elle a fini par être chassée comme un mal propre. Adulte, elle n’a pas mille solutions. Il faut se battre. D’accord pour le principe, mais avec quels moyens ? L’enfance perturbée devient la source d’énergie de la griotte qui prend la décision de chercher de l’aide. Il y a une dizaine d’années, une association a fait confiance à Saibo Sissoko en lui accordant un prêt remboursable de 10 millions. Elle a décidé de partir au Sénégal, à Karakina, pour développer ses activités d’orpaillage. Manque de chance, les Sénégalais les ont chassés sans ménagement du site. « A mon retour, j’ai décidé de voler de mes propres ailes chez moi. Je suis griotte mais je refuse de vivre au crochet des nobles. Je me suis donc engagée dans l’aventure de l’or en achetant une parcelle de 5 ha à Dabia », raconte-t-elle. Et toute sa vie changea. Sa parcelle est un don du ciel, un filon. La ruée des chercheurs d’or fera sa fortune. GORGÉE D’OR – En creusant un puits dans ma parcelle, je me suis rendu compte que la terre est gorgée d’or ». Après un long procès, la battante a consolidé sa propriété avec un titre foncier aux frais de 35 millions de Fcfa. « Je paye toutes les taxes en qualité d’exploitante minière. Elle a cherché des partenaires financiers (marchands d’or) et ensemble, nous avons pu encaisser des bénéfices. Mes chiffres d’affaires font plusieurs dizaines millions de Fcfa», explique-t-elle. Sur sa parcelle de 5 ha, la désormais patronne d’un site d’orpaillage dispose de pas moins de 13 équipes de 6 personnes. « Je suis femme. Donc, je ne peux pas résider sur place avec les orpailleurs. Avec les équipes, on a trouvé un consensus. Chaque mois, chaque équipe me verse 10 grammes d’or. Je ne cherche pas à savoir ce qu’elle gagne. Le plus important est de faire en sorte que tous les travailleurs trouvent leur compte ». « En 2016, une de mes équipes m’a fait une découverte de 7 kilogrammes d’or. Le gramme coûtait 10.000 Fcfa », raconte avec fierté l’exploitante qui précise qu’elle n’a reçu que 30 grammes sur les 7 kg d’or. La petite fortune de Saiba est profitable aux autres. Elle dit avoir réalisée trois forages au bénéfice des villages environnants. Elle a placé une partie de ses revenus dans l’immobilier. Aoua Sy, la patronne du restaurant qui fait dos à l’hôtel Falémé a pris le temps d’installer son empire, multiplie les activités. En plus du commerce, elle annexe le restaurant de l’hôtel de son grand frère. Aoua y injecta du capital et donne au restaurant « Falémé » ses lettres de noblesse. Depuis 2006, elle s’est installée en ce lieu stratégique pour vendre de la nourriture à une clientèle diverse: voyageurs affairistes, miniers, orpailleurs … « Je suis native de cette ville. J’ai abandonné l’école lorsque je passais ma 5 ème année à l’école fondamentale. Ma famille fait
Vie en zone aurifère : L’envers du décor
Reportage : Ahmadou CISSE Bamako, 20 février (AMAP) Le soleil se lève sur la grosse bourgade de Kéniéba. Le vent frais du petit matin apporte les premières vagues de poussière de la journée. Les mines ne sont pas loin et la longue journée de travail commence bientôt. Ceux qui y sont employés savent que le retard n’est pas toléré. Comme à l’école des temps anciens, les chefs d’équipe font l’appel, avant de rappeler les objectifs de la journée. Avant le regroupement des miniers, les habitants du quartier de Lafiabougou et ceux du quartier I s’activent, après une courte nuit dans les mains de Morphée. Ils sortent un à un de leurs logements. On dirait que chaque habitant possède une moto. Les habits sont déjà couverts de poussière. Le travail est rude dans les mines. Si le salaire est attractif, il faut bien le mériter. Le temps passe vite. Il faut se hâter à avaler le petit déjeuner. Abdoul Aziz, moniteur d’engins lourds vient d’opter pour le pain à la mayonnaise, avec du café au lait. Dans le quartier, les uns cherchent de quoi réveiller l’estomac, les autres courent rejoindre leur poste de travail. Les bus et mini bus passent et repassent. Des hommes en tenue de chantier grimpent à chaque arrêt. « Mon car est arrivé, je dois y aller. Au revoir monsieur le journaliste » lâche Abdoul qui ferme derrière lui la porte coulissante du bus surmonté d’un gyrophare. Un morceau de tissus jaune flotte au bout d’une tige fixée sur le pare-choc avant du véhicule. Ce jeudi matin de janvier, il fait légèrement frais. Un vent de poussière continue à lessiver les visages. D’autres 4×4 activent les gyrophares. Avant 6 heures du matin, tous doivent être au poste. L’or n’attend pas. Les enjeux sont gros. Les sociétés minières mettent le paquet pour gagner le maximum. C’est la règle du jeu. Karamoko, lui, s’est dirigé tout droit chez un autre vendeur de café au lait. Comme tous les matins, il est au rendez-vous. Même heure, même menu. C’est son rituel. « On a pas le choix » lance le maintenancier avant de s’adresser au tenancier de la cafétéria du bord de la route. En peu de mots, il lance sa commande. Il honore quelques minutes, plus tard, sans ménagement, la miche de pain à la mayonnaise, avant de l’arroser d’un verre de café au lait bien chaud. La journée peut démarrer en toute sérénité avec un ventre en béton. Comme tous les camarades de sa génération, il possède une grosse moto de marque asiatique qu’il a achetée, quelques mois plutôt. Plus qu’un moyen de déplacement, la moto est un signe de réussite sociale et individuelle. Généralement, avec le revenu des premiers grammes d’or écoulés sur le marché noir, c’est la moto et le téléphone portable tactile qu’il faut acheter. Le reste peut bien attendre. Ceux à qui l’or a davantage souri vont jusqu’à l’Apache, une moto de tendance réputée robuste et « bling bling ». Son coût frôle le million. Le jeune homme enfourche sa bécane. Il grimpe l’engin d’un trait. Direction : la broussaille. Nous l’y avons accompagné pour comprendre les techniques d’exploitation des sites d’orpaillage traditionnel. Deux systèmes existent dans notre pays: le dragage fluvial et les puits. Le premier se pratique sur les cours d’eau et le second sur la terre ferme Karamoko est une célébrité locale étonnante. A chaque virage, son nom sonne dans la bouche d’un passant. Kara est en effet d’un commerce agréable. Philosophe, il aime répéter que la vie n’est rien. « An be gnogon bolo », cette phrase usée à l’ivresse dans le milieu juvénile est devenu son leitmotiv. La moto chinoise crache du feu. Kara la poussa à la lisière de ses capacités motrices. Derrières des buissons, se cache l’industrie locale d’extraction d’or. Les moyens sont rudimentaires certes mais leur efficacité ne souffre d’aucun doute. Rudimentaires ? C’est peut-être trop dire. En vérité, les sites orpaillage rivalisent d’ingéniosité pour aller plus vite et plus loin. Tout est pratiquement mécanisé. Ils utilisent des moteurs de type Mercedes pour remonter la boue qui sera traitée par une autre machine pour en extraire le métal jaune. COMME A LA LOTERIE – Karamoko est à la tête d’une petite équipe de jeunes prêts à tout donner pour extraire l’or des entrailles de la terre. Volontiers, il explique comment c’est fait. « Nous sommes très nombreux ici à venir d’ailleurs. Beaucoup d’entre nous sont venus depuis plus d’un mois. Il faut avoir deux éléments essentiels pour travailler: la machine de concassage et les produits chimiques. Certains possèdent des puits. Eux, ce sont les patrons. Ils font travailler des gens et ils sont payés au prorata des gains ». Interrogé sur ses gains, Kara se montre volontairement évasif. « Vous savez, dit-il, c’est Dieu qui donne. On peut gagner des centaines de grammes ou ne rien gagner du tout. C’est une question de chance ». En vérité, notre jeune orpailleur n’est pas à son coup d’essai. Depuis quelques années, il sillonne les sites sans jamais tomber sur un filon. Comme à la loterie, il creuse sans jamais pouvoir améliorer les conditions de vie de sa famille. Sa fiancée l’attend toujours dans son village. Les cérémonies du mariage n’attendent que l’or qu’il n’a pas encore trouvé. « Je continue à tout donner. C’est Dieu qui sait », confie Kara, fataliste. Sur l’utilisation des produits frappés de prohibition partielle (cyanure) ou cannabis (totale), il est également peu bavard. Pourtant, il est quasiment impossible de tirer profit de cette activité sans utiliser le cyanure pour extraire l’or de la boue et le cannabis pour motiver les jeunes à se surpasser. Le service des douanes installé sur la route, à Kita, s’est fait un nom dans la saisie de ces produits interdits. Le cannabis se transporte par paquets de 2 kg chacun. Sur le terrain, le paquet est décomposé en doses vendables à ces nouveaux accros. Quant au cyanure, les convoyeurs le met dans des sacs et bien cachés dans les soutes des bus. Selon un chimiste d’une mine croisé dans le célèbre restaurant d’un des deux hôtels
Orpaillage traditionnel : Péril sur l’environnement
Reportage : Ahmadou CISSE Kéniéba, 19 février (AMAP) A un jet de pierre de la piste d’atterrissage précaire des avions miniers qui font la navette, deux fois, toutes les semaines, il y a un gros site d’orpaillage. Ici, jeunes femmes et hommes travaillent côte à côte. Les uns concassent la pierre, les autres vendent des aliments ou tamisent la terre brute. Une centaine de puits sont alignés sur un filon découvert depuis peu. La grosse bourgade de Kéniéba est à moins d’un kilomètre, à vol d’oiseau. Les questions environnementales liées à l’exploitation de l’or ne préoccupent guère les orpailleurs. De l’or, de l’or et de l’or ! De gros tas de troncs d’arbres sont stockés çà et là. Les arbres sont coupés jusqu’à la racine pour sécuriser les parois de ces puits profonds de plus de 100 mètres pour certains. Les produits chimiques utilisés par les orpailleurs restent dans les eaux boueuses formant un marécage. «Nous payons de l’argent au service des eaux et forêts pour utiliser les troncs d’arbre et pour creuser nos puits», affirme un jeune orpailleur, se présentant comme le chef d’une équipe qui dispose d’une machine à broyer et quelques outils entretenus par un forgeron délocalisé sur le site. «Il fait de bonnes affaires ici. Les pelles, pioches et marteaux sont réparés chez lui», confie Seydou, un ressortissant guinéen. Les critiques les moins acerbes avancent que la rivière Falémé montre des signes de toxicité alarmants. C’est peu dire pour qui a déjà visité certaines zones aurifères dans notre pays. Les sites se sont multipliés à la faveur d’un laxisme dans le contrôle et la gestion des nuisances. Au fond, tous les orpailleurs le diront : les fonctionnaires de l’Etat en charge de l’application de la réglementation entretiennent un échange de bons procédés avec les chercheurs d’or, majoritairement, de pays voisins. «Quand la gendarmerie nous interpelle, nous payons et nous recommençons», chuchote un orpailleur. A la préfecture, on évoque le manque d’effectif et de moyens pour permettre aux forces de l’ordre d’arrêter les dérives aux orpailleurs. Sur le plan de la gestion de l’environnement, le préfet Idrissa Kané ne cache pas son inquiétude. Il sait que les arbres sont illégalement coupés. Il sait, aussi, que les terres sont polluées par les mines. Le chef de l’exécutif local dénonce, à demi mot, la complicité de certaines notabilités qui encouragent la coupe du bois et l’utilisation des produits dangereux pour la santé humaine. Pour l’administrateur, il est impératif que les populations comprennent que l’avenir de tous dépend de notre comportement d’aujourd’hui. Qu’elles sachent que « le fait de couvrir les activités illégales peut rendre riche mais grève l’avenir des jeunes générations ». Le préfet prend l’exemple des opérations ponctuelles de lutte contre le dragage sur les cours d’eau. «Il se trouve que les leaders communautaires, eux-mêmes, avertissent les contrevenants des missions», regrette-t-il. MANQUE DE MOYENS – Pour le capitaine Modibo Sountoura, chef de cantonnement des Eaux et Forêts, il n’y a pas de soucis majeurs. Les premiers ennemis de la forêt, de son point de vue, sont la coupe du bois, l’exploitation du charbon de chauffe et l’incendie. La chasse n’est pas très développée. « Or, poursuit-il, la coupe du bois et la vente de charbon n’intéressent personne dans cette zone où l’on roule sur l’or ». Cette structure de répression est, paradoxalement, dépourvue de moyens. Pas un seul véhicule de patrouille. Une épave de 4×4 est sur cale depuis belle lurette, après de très longues années de bons et loyaux services. Depuis, rien. Les agents des eaux et forêts ne s’alarment pas sur l’état de la faune et de la flore. « Dans la brousse, note le capitaine, on trouve encore beaucoup de singes dont une partie a été délocalisée par les mines, tout comme les phacochères, les antilopes et les hippopotames ». Dans la famille des reptiles, il cite les boas, les varans, les caïmans. Côté oiseaux, il note la présence de pintades sauvages, de perdrix, des outardes et des calaos. La plupart de ces animaux migrent entre le Mali et les pays voisins, comme le Sénégal et la Guinée. Contrairement au gardien de la forêt, le 3è adjoint au maire de la Commune de Kéniéba, Idrissa Bah, tire la sonnette d’alarme. Il explique qu’une bonne partie de la forêt est occupée par des sites d’orpaillage et qu’aucune mesure de préservation de l’environnement n’est respectée. Les arbres sont, quotidiennement, abattus pour la cuisine ou encore pour les besoins de fixation des parois des mines artisanales. «Les produits utilisés sont interdits mais les services de répression n’ont pas les moyens humains nécessaires pour faire appliquer la loi», regrette l’élu local. Du côté des mines régulières, on assure que la situation est sous contrôle. Elles ont des montagnes de déchets, stockées à ciel ouvert. Les mares artificielles d’eaux contaminées sont protégées par des barbelés. Les populations craignent que la nappe souterraine ne soit déjà contaminée. Mais à ce jour, aucune étude scientifique n’a prouvé le niveau de pollution des eaux. Les mines, qui font le défrichement, payent des taxes et compensent les dégâts en reboisant. Donc, rien de vraiment alarmant à ce niveau, selon le chef local des eaux et forêts. AC/MD (AMAP)
Développement en zone aurifère : L’or ne brille pas pour tous
Reportage : Ahmadou CISSE Bamako, 20 février (AMAP) « Tout ce qui brille n’est pas de l’or ». Cette expression, bien que galvaudée, de nos jours sied au Tambaoura, zone géographique riche en or où convergent des milliers de jeunes en quête de fortune. L’Eldorado tant miroité se trouve être, bien des fois, une aventure ambiguë. Le contraste est saisissant. Tous les villages sont quasiment assis sur le métal jaune. Les compagnies multinationales se bousculent à leurs portes, attirées comme des mouches sur le miel, par un sous-sol riche. Pas moins de cinq grandes mines opèrent dans cette partie du Mali. Autour de Kéniéba, mère Nature saigne de toute part. La terre prend l’apparence d’un corps humain criblé de balles. Avec des plaies béantes. Les grosses machines creusent frénétiquement à la recherche de filons. Des mastodontes dégagent, au même moment, des montagnes de remblais pour alimenter de gourmandes machines de traitement d pour en sortir le métal jaune tant convoité. Dans chaque mine, les compartiments sont distincts. La zone d’extraction est séparée de l’usine. La base vie est légèrement écartée de ces deux blocs. Ici, toutes les commodités sont réunies : électricité, supermarchés, stades de football et autres terrains de sport, réfectoire, centre de soins … et mêmes des établissements de loisir pour les miniers. Les aliments et les produits de consommation sont livrés par des avions qui font la navette. Certains produits sont commandés de l’extérieur du pays pour garantir une qualité de service sans reproche et un niveau de vie au standard européen. Le confort est presqu’insolent. Tels des oasis, au milieu du désert, ces bases vies regardent les villages environnants qui manquent de tout. Ou presque. Les plus aisés utilisent des panneaux solaires expédiés de Chine alimentant des ampoules qui éclairent à peine leur environnement immédiat. Les hangars se succèdent, quelques fois entrecoupés de quelques concessions en banco. Rien de vraiment glorieux. L’or ne brille pas pour tous dans cette contrée où la poussière impose son diktat. Pourtant, les dirigeants des différentes sociétés minières jurent, la main sur le cœur, que leurs entreprises sont citoyennes et profondément attachées au développement local. Des centaines de millions de nos francs seraient versés aux populations autochtones pour l’amélioration de leur cadre de vie. Cette manne financière serait confiée aux municipalités, sous la bonne garde des maires. Fort de ce renseignement, quoi de mieux que de toquer la porte de M. le maire ? Une porte en bois s’ouvre sur l’élu local. Idrissa Bah, 3emaire est confortablement installé derrière un bureau sur lequel sont posés un ordinateur portable, un calendrier et une pile de cachets. Le drapeau national flotte sur son bureau de travail, surplombé de la photo officielle du président de la République. Entre deux signatures de copies d’extrait d’acte de naissance, il précise que sa commune abrite trois mines d’or à savoir Endeavour, Goungoto et B2 Gold. « Nous avons deux types de relation avec ces mines : la patente rétrocédée aux collectivités par l’Etat et le développement communautaire directement piloté par le sous préfet. Le plan de développement est géré en bonne intelligence avec les villages. Nous sollicitons les sociétés minières sur des urgences de la localité. Nous avons initié les cartes d’orpaillage pour pouvoir les identifier. A ce jour, la mairie ne tire aucun bénéfice de l’orpaillage » défend l’élu. En 2019, la Commune a bénéficié d’une enveloppe d’un milliard 300 millions, au titre de la patente de deux mines industrielles. « Comme toutes les autres communes, nous intégrons ce fonds dans le budget de la commune. Budget constitué de deux éléments : fonctionnement et investissement. Nous construisons des salles de classe et les équipons, des Centres de santé communautaire (et évacuations de malades), des forages, aménageons des pistes et des périmètres maraîchers … », précise le maire. Il tient à ajouter que sa commune apporte un appui à tous les services de l’Etat. « Quand la tâche est immense, les citoyens pensent qu’on ne fait rien. L’an passé, nous avons réalisé 38 forages dans les 28 villages de la communes», insiste Idrissa Bah qui se dresse contre l’orpaillage. « J’ai peur pour l’avenir des miens. Les forêts sont détruites à la faveur de l’orpaillage traditionnel. Quand les mines fermeront, il faut que les procédures soient respectées », s’inquiète l’élu. Il se rappelle avoir participé à une formation au cours de laquelle il a été clairement indiqué que les mines doivent créer un compte approvisionné, chaque année, pour préparer la fermeture du site. « Hélas ! Cette disposition n’est pas observée », dit-il. Selon le maire, pas grand-chose n’est fait pour l’après mines. « Cela me désole beaucoup » ajoute-t-il. Il poursuit : « Kéniéba est envahi. Nous avons plus de 40 nationalités ici. Ceux qui gagnent réellement de l’argent, parce qu’ils maîtrisent mieux les techniques, sont les étrangers. Les autochtones sont en train de se retirer de l’or au profit de l’agriculture et le commerce ». Pour le moment, seuls quelques chanceux tirent leur épingle du jeu. « Globalement, nous sentons un ralentissement des activités dû en partie à la pression démographique », analyse le maire qui prédit une année difficile pour sa localité. Le préfet du cercle, Idrissa Kané, lui, est plus optimiste. Il donne quelques exemples en commençant par cherté de la vie. Malgré cela, les populations arrivent à acheter les produits sur le marché. De son point de vue, cela est un indicateur important. Il ajoute que chaque famille dispose d’au moins 4 motos. Un jeune travaillant dans les mines est payé à plus d’un demi million. D’autres dépassent le seuil du million, au grand bénéfice de leur famille. « Donc, l’or profite bel et bien aux populations locales d’ici qui ont un niveau de vie plus élevé que les autres localités de notre pays », conclue le préfet qui admet que le niveau de vie souhaité n’est pas atteint. Les mines, selon lui, contribuent au développement local en finançant des activités génératrices de revenus, des centres de santé, des écoles et mêmes des pistes rurales. M. Kané rappelle que certaines activités ne sont pas inscrites dans les conventions minières. C’est justement pourquoi, les
Energie : Environ 39 milliards de Fcfa pour la construction d’une centrale solaire de 50 MW
Bamako, 5 février (AMAP) Les ministres maliens de l’Eau et de l’Energie, Sambou Wagué et de l’Economie et des Finances, Dr Boubou Cissé, ont signé, mercredi, avec le président directeur général d’Africa, Middle East and Asia (AMEA Power),Hussain J. AINowais, deux conventions pour la construction d’une centrale solaire de 50 MW à Tiakadougou Dialakoro (Sélingué) et l’achat par EDM de l’électricité qui sera produite par ce site solaire. En signant cet accord de financement, le producteur émiratid’énergies renouvelables s’est engagé à mobiliser les 60 millions d’euro (environ 39 milliards de Fcfa) de financement nécessaire à la réalisation de ce gigantesque projet énergique. Par la même occasion AMEA Power va, au terme des travaux, vendre, durant 25 ans, l’électricité produite à partir de cette centrale solaire, avant de céder l’ouvrage au Mali. « Nous allons développer un projet solaire avec un contrat d’achat sur 25 ans. Cette signature s’inscrit dans le cadre de bonnes relations politiques et économiques existantes entre nos deux pays », a déclaré Hussain J. AINowais, interrogé à la fin de la signature. Fruit de l’engagement et de la persévérance des autorités maliennes, notamment le président de la République et le Premier ministre, qui souhaitent un investissement massif émirati au Mali, cette opération « est le début d’une série de projets dans des domaines stratégiques et créateurs de valeur ajoutée », a assuré l’entrepreneur émirati. Il a précisé que sa société espère boucler rapidement la phase de recherche de financement, afin de pouvoir commencer les travaux dont « la durée maximum dépasse rarement trois ans ». « Sa réalisation permettra l’amélioration du mixte énergétique au niveau national », a déclaré le chef du gouvernement. En ce sens que ces accords signés vont contribuer à l’atteinte de cet objectif fixé par le gouvernement et qui vise « la production d’énergie moins chère et propre ». Pour Dr Boubou Cissé, c’était l’objectif du président de la République et d’Energie du Mali. « Je suis heureux, aujourd’hui, de voir que ces objectifs sont en phase d’être atteints », a commenté le ministre de l’Economie et des Finances. « Cette signature est un bon exemple de renforcement du partenariat entre nos deux pays. Un partenariat qui était d’ordre politique et qui est en train de s’orienter, de plus en plus, vers des aspects économiques. Partenariat économique qui nous permettra de consolider cette relation que nous avons toujours développer avec les Emirats arabes unis », a-t-il dit. Tout en encourageant le président directeur général de AMEA Power à continuer de s’intéresser davantage au Mali, le chef du gouvernement a assuré que notre pays a beaucoup d’opportunité à offrir à l’entreprise émiratie, en termes d’affaires à développer pour le bien des deux pays. CMT/MD (AMAP)
Mines : Loulo-Gounkoto dépasse ses prévisions de 2019
Bamako, 4 février (AMAP) Le complexe Loulo-Gounkoto de la compagnie minière Barrick Gold Corporation (fusion Barrick/Randgold) a dépassé ses prévisions pour 2019 avec une production annuelle de 714.802 onces d’or, a annoncé, jeudi, son président directeur général, Mark Bristow. Lors d’une conférence de presse qui a sanctionné les travaux du Conseil d’administration, M. Bristowa indiqué qu’« avec le développement de la troisième mine souterraine du complexe qui devrait démarrer au quatrième trimestre de cette année, et un programme intensif d’exploration dans la zone de Kéniéba, Loulo-Gounkoto a un potentiel important de croissance et est bien placé pour répondre à tous les objectifs de son plan de 10 ans». En termes de contribution à l’économie, Loulo-Gounkoto a, au cours de 2019, dépensé près de 157 milliards de Fcfa au profit des entrepreneurs et des fournisseurs locaux. « Le complexe continue de développer les entreprises locales à travers la création d’un fonds de plus de 2,5 milliards de Fcfa, destiné aux projets d’incubation pour l’intégration des entrepreneurs locaux dans l’industrie minière », a indiqué Dr Bristow. Il a rappelé qu’au cours des 23 dernières années, Barrick et Randgold Resources ont contribué pour plus de 3.600 milliards de Fcfa à l’économie malienne sous forme de taxes, redevances, salaires et autres paiements aux fournisseurs locaux. « Au cours de la même période, nos mines au Mali ont payé plus de 1.350 milliards de Fcfa en dividendes, taxes et redevances à l’État », a déclaré Mark Bristow qui assure que « c’est un principe cardinal » pour Barrick que les communautés profitent de l’exploitation minière. En la matière, Loulo-Gounkoto a continué d’investir dans les programmes de santé communautaire, d’éducation et de développement économique. « L’un de ceux-ci est le complexe agricole mis en place et financé à hauteur de plus de 1,1 milliard de Fcfa », a étayé le PDG de Barrik. Ajoutant que le complexe a produit sa première promotion de 48 jeunes agriculteurs qui ont été installés sur 30 nouvelles fermes agricoles. En matière d’énergie, Loulo-Gounkoto est, conformément à la stratégie d’énergie propre de Barrick, pionnière du premier projet d’énergie solaire du groupe qui sera développé en quatre phases. La mise en service de la première phase est prévue pour la fin du premier trimestre et la dernière au cours du quatrième trimestre de cette année. «Cela ajoutera 20 MW au réseau du complexe, baissera le coût unitaire de son énergie et réduira les émissions carboniques de quelques 40.000 tonnes par an», a relevé Mark Bristow. CMT/MD (AMAP)
Des opérateurs privés maliens en quête d’opportunités à la Semaine durable d’Abou Dhabi
Envoyés spéciaux Madiba KEITA Aliou SISSOKO Abou Dhabi, 15 janvier (AMAP) Des opérateurs privés maliens participent à la Semaine durable d’Abou Dhabi à la recherche de partenaires pour des investissements en matière d’énergie solaire, a constaté l’AMAP Parmi ces quelques opérateurs privés maliens, Mody Sacko, directeur de l’entreprise Mohacom Sarl. Selon lui, le Mali et les autres pays africains qui ont suffisamment de soleil, pendant toute l’année, n’ont pas le choix, ils doivent migrer vers les énergies renouvelables. M. Sacko dit être à la Semaine durable d’Abou Dhabi pour saisir des opportunités. «Ce pays du Golf est connu pour sa production pétrolière. Malgré tout, il envisage de construire une centrale solaire de 100 mégawatts au Mali. C’est pour vous dire que tous les pays sont conscients du réchauffement de la planète. Ils essayent donc de lutter contre ce phénomène en faisant des investissements dans le domaine des énergies renouvelables », dit-il. Et l’entrepreneur malien de dire sa surprise que cette Semaine durable d’Abou Dhabi sur les énergies renouvelables, qui se tient chaque année, soit une initiative de pays producteurs de pétrole. Mardi, le président Ibrahim Boubacar Keïta, en compagnie du ministre de l’Energie et de l’Eau, Sambou Wagué, a visité le Salon où des entreprises, universités et autres spécialistes de questions énergétiques, hydrauliques et environnementales exposent leur savoir-faire. Le chef de l’Etat s’est arrêté, notamment aux stands de Total, de l’Université d’Abou Dhabi, d’AMEA Power, une entreprise des Emirats arabes unis spécialisée dans les projets énergétiques à partir de sources conventionnelles au Moyen-Orient, en Asie et en Afrique. C’est cet argument que le président Keïta a mis en avant lors de son intervention au panel du mardi dernier. La compagnie énergétique japonaise, Univergy Solar, réalise des projets des centrales solaires, à travers le monde. Son représentant en Afrique de l’Ouest, le Sénégalais Mansour Diagne, estime que nos Etats sont condamnés à aller vers les énergies renouvelables qui sont, non seulement écologiques mais, également, accessibles aux populations des ville comme des campagne. Avec une architecture inspirée de l’union du désert et de la mer, le Centre national des expositions est l’une des attractions d’Abou Dhabi, capitale des Emirats arabes unis. Considéré comme le plus grand centre d’exposition au Moyen-Orient, il a été inauguré en 2007 par son Altesse Cheikh Khalifa Bin Zayed Al Nahnyan, président des Emirats arabes unis et Emir d’Abu Dhabi. Avec un espace intérieur de 73.000 m², ce gigantesque joyau architectural a un calendrier annuel d’activités variées, accueillant près de deux millions de visiteurs chaque année. Des événements de dimension internationale y sont, fréquemment, organisés, comme, présentement, la Semaine durable d’Abou Dhabi. MK/MD (AMAP)
La pénurie de gaz butane paralyse des activités économiques à Bamako
Par Amadou B. MAÏGA Bamako, 15 janvier (AMAP)Mardi 07 janvier. Le soleil sur Bamako est enveloppé par un léger brouillard matinal. La météo affiche une température minimale de 15° C au Quartier du fleuve, en Commune III. Julienne Sidibé est assise derrière le comptoir de son restaurant. Où quelques clients prennent le petit déjeuner. En attendant l’arrivée de l’eau chaude qu’un employé est en train de faire bouillir, la gérante accepte de s’exprimer sur la pénurie de gaz à laquelle les usagers sont confrontés. En colère, la gérante du Bol de Jade juge accablante la situation. « De 7.500 Fcfa, la bonbonne de 12 kilos est, aujourd’hui, vendue entre 20.000 et 25.000 Fcfa », s’étonne-t-elle. A la question de savoir comment le restaurant fonctionne, elle s’exclame : « Hé ! Nous utilisons le charbon de bois, car nous y sommes obligés pour pouvoir assurer la continuité du service aux clients ». Comme la gérante de restaurant Julienne Sidibé, les foyers et autres consommateurs maliens sont privés de gaz butane, depuis un mois. La cause ? L’arrêt de la fourniture par les importateurs de ce combustible à usage domestique. Ceux-ci disent manquer de ressources financières nécessaires pour acheter, transporter et dédouaner ce produit commercial issu du raffinage du gaz naturel. Rappelons que ce produit dérivé du pétrole est importé de la Côte d’Ivoire, du Sénégal et du Ghana. En effet, au tout début de la pénurie, qui prend des proportions inquiétantes, quelques producteurs peinaient à satisfaire la forte demande nationale. Occasion opportune pour des spéculateurs de sortir leur stock, visiblement, conservé à dessein. Ainsi, dans certains endroits de Bamako, la bonbonne de 6 kilos était cédée à 5.000 Fcfa voire 6.000 Fcfa, contre 3.500 Fcfa. Ces provisions seraient épuisées, à présent. Conséquence : ménages, restaurants, industriels et autres petites activités dépendant du gaz butane sont paralysés à travers différents quartiers de la capitale malienne. A Bamako Coura, au siège de l’Agence nationale pour la promotion de l’emploi (ANPE), officient de nombreux kiosques vietnamiens spécialisés dans la vente de nems et de sandwiches. Rencontrée là-bas, une jeune Vietnamienne se force d’expliquer l’ampleur de la situation en langue nationale Bambara. « J’ai appelé mon fournisseur, il a répondu qu’il n’y a plus de gaz au dépôt », confie la jeune dame, en montrant du doigt une bonbonne vide de 12 kilos, l’air désemparée. A une centaine de mètres du kiosque, où travaille la vendeuse de nems, le jeune Bouba vend des omelettes qu’il prépare sur du gaz butane. Selon lui, avant la pénurie, la bonbonne de 6 kilos qu’il payait à 3.500 Fcfa pouvait durer plusieurs jours. Comparativement au charbon de bois, « le gaz fait notre affaire », affirme-t-il. Le manque de gaz a obligé Bouba à se tourner vers le charbon de bois. « Je n’ai pas le choix », dit-il. A côté de Bouba, des clients attendent impatiemment leur commande. Ils accusent l’Etat d’être le seul responsable de la situation. Selon eux, si la pénurie de gaz a atteint ce stade critique, c’est dû à la négligence de la part des autorités compétentes. En la matière, la subvention du gaz butane est gérée au niveau de plusieurs structures publiques. Il s’agit de l’Agence malienne pour le développement de l’énergie domestique et l’électrification rurale (AMADER), le ministère de l’Economie et des Finances et le Trésor public. A l’AMADER, la cellule de communication explique que le rôle de l’agence se limite à la collecte des factures des fournisseurs de gaz, faire les mandats des factures et les transmettre au ministère de l’Economie et des finances. L’AMADERdit avoir déjà effectué ce travail et transmis les mandats au ministère de l’Economie et des Finances, assurent ses communicateurs, qui ajoutent que les opérations de vérification et d’approbation des documents fournis par les opérateurs gaziers sont réalisées par l’Hôtel des finances. C’est après ces étapes que le Trésor public doit procéder au paiement par des virements bancaires. Selon une source au ministère de l’Economie et des Finances, les trois premiers trimestres de 2019 ont été déjà payés aux opérateurs gaziers pour un montant global de plus de 6 milliards de Fcfa. « Il reste à payer le quatrième trimestre au titre de 2019, reconnaît notre source qui explique ce retard est dû à la fermeture des crédits au titre de l’année fiscale 2019. « Il faudra alors, dit-elle, attendre l’ouverture des crédits pour 2020 pour apurer les arriérés de paiement ». Contacté à ce propos, le directeur de Sodigaz, Oudiari Diawara, dit que leur dernier paiement remonte à octobre 2018. Il précise qu’il avait, pour le mois d’octobre 2018, reçu un virement de 50 millions de Fcfa. ABM/MD (AMAP)
Semaine durable d’Abou Dhabi : Le président Ibrahim Boubacar Keïta plaide pour la révolution des énergies renouvelables
Envoyés spéciaux Madiba KEITA Aliou SISSOKO Abu Dhabi, 15 janvier (AMAP) Le président de la République, Ibrahim Boubacar Keïta, arrivé mardi à Abou Dhabi, la capitale des Émirats arabes unis, pour participer à la Semaine durable au cours de laquelle l’énergie, l’eau et l’environnement seront au cœur des échanges.. Le chef de l’Etat malien, qui est l’une des hautes personnalités invitées à ce rassemblement, le plus important en matière de développement durable au Moyen-Orient, s’est rendu au centre national des expositions d’Abou Dhabi où se déroule la Semaine du développement. Sur place, il a successivement rencontré le vice-Premier ministre, ministre de l’Intérieur des Émirats arabes unies, Cheikh Saïf bin Zayed Al Nahyan, le vice-président des Émirats arabes unis et Émir de Dubaï, Mohamed ben Rachid Al Maktoum, le président du Fonds Khalifa, Hussain Al Nowais, et la ministre d’Etat à la Coopération internationale des Émirats arabes unis, Reem Al Hashimi. Dans l’après-midi, le président Keïta a pris la parole lors d’un panel sur la révolution des énergies renouvelables dans les pays du Sud. A ce propos, le chef de l’Etat a affirmé que l’énergie est à la base de tout développement.Selon lui, la satisfaction des besoins humains fondamentaux notamment, l’eau, l’alimentation, la santé, l’éducation, l’industrie, dépend de la disponibilité de l’énergie, en quantité, en qualité et accessible à tous, de façon durable. Ibrahim Boubacar Keïta a rappelé qu’aujourd’hui, notre continent, l’Afrique, est menacé par les effets du changement climatique et l’épuisement des sources d’énergies fossiles. Face à ces défis, il a indiqué que les énergies renouvelables se présentent comme une alternative indéniable à cause de leur caractère renouvelable, inépuisable et respectueux de l’environnement.Les énergies renouvelables sont, aussi, propres et constituent l’un des meilleurs moyens d’atténuation du changement climatique. De ce fait, elles révèlent de nombreuses opportunités pour les pays du Sud. Selon l’estimation des scientifiques, pour espérer limiter le réchauffement climatique en deçà de 2°C par rapport à l’ère préindustrielle, tel que le prévoit l’Accord de Paris, les émissions de gaz à effet de serre devront baisser de 40 à 70%, entre 2010 et 2050. Pour le président de la malien, cet objectif n’est réalisable qu’avec l’utilisation à grande échelle des énergies renouvelables. «Certains pays du Sud, comme le nôtre, ont un coût de production d’énergie très élevé par la dominance de l’énergie fossile dans le mix énergétique. Le coût de production élevé limite l’accès de la population à l’énergie et freine le développement économique », a-t-il souligné. Selonle président Keïta, l’utilisation des énergies renouvelables, a soutenu, permet de diminuer le coût de production et contribuer au développement des infrastructures socio-économiques de base, à la création des richesses et des emplois. Il dira que d’une manière générale, les énergies renouvelables permettront d’accélérer l’industrialisation des pays du Sud. UN POTENTIEL INESTIMABLE – Le président de la République a, également, rappelé que le Mali regorge d’un potentiel inestimable en ressources énergétiques renouvelables telles que l’énergie solaire, l’énergie éolienne, l’énergie hydroélectrique, la biomasse qui sont sous exploitées par manque de financement. «Le pays pourrait produire 300 Méga Watt (MW) en valorisant mieux la biomasse », a-t-il relevé, ajoutant que la valorisation de ce potentiel d’énergie renouvelable, par le biais d’un financement approprié, constitue un défi majeur pour le Mali. Comment les pays du Sud pourront-ils développer leurs économies sans émissions destructrices et dommages environnementaux associés à un développement économique rapide ?En réponse, le chef de l’Etat a dit que les pays du Sud pourraient résoudre leurs besoins énergétiques par un développement accru des énergies renouvelables, respectueuses de l’environnement, pour développer leur économie. « Ces pays, a-t-il poursuivi, doivent orienter leur planification énergétique basée sur l’utilisation des énergies renouvelables en mettant en place des cadres politiques et réglementaires appropriés, des technologies respectueuses de l’environnement, des campagnes de sensibilisation et d’information ». Le président de la République a évoqué, à l’occasion, la menace qui pèse, aujourd’hui, sur le fleuve Niger à cause de l’ensablement et, surtout, de l’exploitation sauvage de l’or, autrement dit du dragage. Il a, aussi, mis l’accent sur les politiques publiques visant à assurer la sécurité alimentaire au Mali A ce propos, il a indiqué que 15% du budget national est consacré au secteur de l’Agriculture. Ce qui a permis au Mali de produire 10 millions de tonnes de céréales en 2019 et 760.000 tonnes de coton. Mais, seulement 2% de la production cotonnière est transformée sur place. Ce qui est insignifiant, en terme de plus value. Pour le chef de l’Etat, le Mali a besoin d’énergie pour développer le secteur industriel pourvoyeur d’emplois pour les jeunes. Mais, il s’agit d’énergies renouvelables afin de préserver l’écosystème voire l’humanité toute entière. Depuis 2016, la Semaine de la durabilité d’Abou Dhabi est l’occasion de mettre les exposants et visiteurs en contact avec de nombreuses entreprises de développement durable. Organisée sous le thème «Accélérer le développement durable», l’édition de cette année a vu la participation de plus de 30.000 participants venus de plus de 175 pays. La Semaine durable d’Abou Dhabirassemble des décideurs politiques, des spécialistes de l’industrie, des pionniers de la technologie et la prochaine génération de leaders de la durabilité. À travers ses initiatives et ses événements, elle est un catalyseur pour partager les connaissances, mettre en œuvre des stratégies et proposer des solutions pour stimuler le progrès humain. MK/MD (AMAP)
Coopération Mali/République tchèque : Prometteuse pour l’industrie extractive
Bamako, 27 décembre (AMAP) L’entreprise tchèque, GET Ltd, spécialisée dans l’extraction des matériaux de construction, débutera, bientôt, ses opérations au Mali, afin de participer à la modernisation de la ville de Bamako, la capitale malienne, appris l’AMAP de source officielle. Dans un texte parvenu l’AMAP, le ministère des Mines et du Pétrole indique que la ministre, Lelenta Hawa Baba Ba, accompagnée d’une forte délégation, a séjourné à Prague, la capitale de la République tchèque du 9 au 12 décembre, pour vivifier la coopération entre le Mali et ce pays. Au cours de cette visite, dans le cadre de l’exploitation minière et du renforcement de capacités des cadres maliens intervenant dans le domaine, « Maliens et Tchèques se sont entretenus sur plusieurs questions intéressantes et qui pourraient contribuer à l’atteinte de cet objectif ». C’est ainsi que GET Ltd, lors de ses interventions au Mali fournira aux acteurs nationaux des BTP des matériaux de construction de qualité, notamment le sable et le gravier. Cette société est spécialisée dans la production du bêton armé préfabriqué. Mme Lelenta Hawa Baba Ba a visité deux unités de production de béton et dérivés du calcaire dans les environs de Prague. Quant au consortium Inco, il se propose de mettre à la disposition des entreprises extractives, qui exercent au Mali, des équipements et des technologies de pointe. Ce groupement de 15 entreprises représente 80% de capitaux de la République tchèque dans le domaine de l’industrie extractive. Des rues et certaines grandes artères de la ville de Prague sont recouvertes de pavés taillés dans la dolérite, une roche volcanique très répandue au Mali. « Sa transformation créera de nombreux emplois au profit de jeunes maliens et permettra de renflouer les caisses de l’Etat à travers les taxes et impôts d’une part et, d’autre part, de participer à l’embellissement de nos villes », indique le texte du ministère des Mines et du Pétrole. Lors de la séance de travail avec le ministre tchèque du Commerce et de l’Industrie qui a en charge les Mines, la ministre malienne des Mines et du Pétrole a insisté sur la diversification de l’exploitation des ressources minérales et la formation des cadres maliens. La partie tchèque a assuré avoir pris en considération les préoccupations soulignées par la délégation malienne. Les responsables tchèques ont assuré que cela se matérialisera bientôt avec la relance des activités d’extraction de sable et de gravier de la société GET Ltd au Mali. Ce qui va donner un coup d’accélérateur aux autres volets de la coopération. Mme Lelenta Hawa Baba Ba en a profité pour évoquer le projet de création de l’École africaine des mines du Mali qui se concrétisera dans les meilleurs délais. Les autorités tchèques ont promis une assistance, dans ce sens, en termes de formation. Rappelons que Mme Lelenta Hawa Baba Ba a reçu une distinction honorifique des autorités tchèques pour son engagement dans la promotion du secteur des mines et du pétrole au Mali. MD (AMAP)

