Gaz butane : La spéculation fait flamber le prix
Par Amadou B. MAÏGA Bamako, 26 decembre (AMAP) Le gaz butane est beaucoup consommé par les Bamakois. Grâce à la subvention par l’Etat, qui dure depuis 1998, il est relativement abordable pour la plupart de nos compatriotes. L’Etat a décidé de supporter la subvention du gaz butane afin d’amener les foyers à se détourner du bois et du charbon de bois dont la consommation constitue un danger pour nos massifs forestiers. Le but est de sauvegarder la faune et la flore de la destruction massive. La subvention consiste à payer une partie du prix du gaz pour que les consommateurs puissent l’avoir à un prix abordable. L’Etat verse, donc, un montant aux importateurs. Mais d’année en année, le retard de paiement de la subvention menace le secteur. A cause du non paiement de la subvention par l’Etat, les importateurs ont fermé les robinets, provoquant un début de pénurie sur le marché. Les spéculateurs, qui ont constitué des stocks à cette fin, profitent de la situation. La situation d’impayés a d’ailleurs poussé beaucoup de multinationales (Total, Shell) à abandonner la distribution du gaz butane. Actuellement, le gaz butane est presque introuvable sur le marché. Car la majeure partie des sociétés gazières nationales (Sodigaz, Bama Gaz, Faso Gaz etc) n’en produisent plus. La pénurie dure depuis plus d’une dizaine de jours, à en croire un revendeur qui a préféré garder l’anonymat. Selon ce père de famille, qui mène plusieurs activités, pour joindre les deux bouts, la rupture du gaz a naturellement impacté son business. Car, d’après lui, les revenus (250 Fcfa à 500 Fcfa par bouteille) qu’il tire de la revente du gaz l’aidaient énormément dans ses dépenses quotidiennes. « Avant la pénurie, rappelle notre interlocuteur, la bonbonne de 6 kilos était cédée à 3.500 Fcfa. Aujourd’hui, elle est cédée à 4.000 Fcfa voire plus », précise-t-il. Il souffle que selon certaines indiscrétions, la société Kama gaz n’a pas complètement arrêté de distribuer. Précisant que cette dernière ne produit plus les bonbonnes de 3 et 6 kilos concernées par la subvention. SURENCHÈRE– Derrière toute difficulté peuvent se cacher d’immenses opportunités à saisir. Un jeune revendeur affirme qu’au niveau de l’autogare de Sogoniko et du marché de Médine « Sougouni Koura », les revendeurs n’attendent que la pénurie pour faire sortir leurs stocks. Selon lui, la bonbonne de 6 kilos est vendue jusqu’à 5,000 Fcfa à certains endroits. Pendant notre entretien avec le revendeur, son ami vendeur de poulet de chair rôti se mêle au débat. A la question de savoir quelle source d’énergie il utilise en ce moment, il répond sans ambages que la société Kama Gaz lui livre des bouteilles de gaz jusque sur son lieu de travail. Tout d’un coup, notre premier interlocuteur reçoit un appel d’un de ses fournisseurs de gaz. Le téléphone est mis sur haut parleur. L’appelant lui parle de grève, « le but étant de toucher les consommateurs et de mettre la pression sur le gouvernement ». Cette affirmation a fait sourire le récepteur de l’appel, qui a émis des prières afin que la stratégie puisse résoudre le problème. Oudiari Diawara, le directeur général de Sodigaz, ne parle pas de grève. Selon lui, la pénurie de gaz est simplement un problème économique. « Nous n’avons pas les moyens financiers d’acheter, transporter et dédouaner notre matière », explique le DG de Sodigaz. Selon lui, l’Etat n’a pas payé la subvention qu’il doit verser aux producteurs. Au sujet de cette subvention, Oudiari Diawara précise que beaucoup de gens pensent que l’Etat subventionne les producteurs. « Ce qui n’est pas le cas. La subvention qui concerne les bonbonnes de 3 et 6 kilos est destinée aux consommateurs et non aux sociétés de gaz », dit-il. Le patron de Sodigaz souligne à ce propos que les sociétés qui importent le gaz, paient le transport et le dédouanement à l’Etat. Pour vendre le produit fini aux consommateurs, les sociétés calculent le coût de revient en ajoutant leur bénéfice. C’est là que l’Etat intervient en prenant en charge 54% des prix de vente des bonbonnes de 3 et 6 kilos, détaille le patron de Sodigaz. C’est pourquoi le consommateur achète la bouteille de 6 kilo à 3500 Fcfa. C’est cet argent que les sociétés réclament au gouvernement sans lequel elles ne peuvent fonctionner normalement. Pour le moment, Oudiari Diawara assure qu’il n’y a pas de licenciement au niveau de sa société, mais si le phénomène perdure, la situation risque de s’aggraver. Il évoque le cas des distributeurs qui, selon lui, sont majoritairement de jeunes diplômés et pères de famille. Ces jeunes qui peuvent gagner 35.000 Fcfa par jour voire plus, ne sont pas en activité aujourd’hui, parce que « nous ne pouvons plus produire ». Souhaitant l’opérationnalisation du Fonds gaz annoncé par les autorités, le directeur général de Sodigaz demande à l’Etat de s’assumer ou de revoir sa politique de subvention. PAS DE GRÈVE – Du côté de la direction générale du commerce, de la consommation et de la concurrence (DGCC), le directeur général, Boucary Doumbia fait savoir que sa structure a été saisie par le Groupement des opérateurs gaziers. La DGCC et d’autres acteurs ont tenu une réunion avec le groupement afin d’écouter ses doléances. Le directeur général précise que la mission de son service est de veiller à l’organisation et au respect des textes législatifs et réglementaires du secteur du gaz. Selon M. Doumbia, la question majeure posée au cours de la réunion concerne le non paiement de la subvention que l’Etat doit verser aux importateurs. Cette question est gérée par le ministère de l’Economie et des Finances à travers l’Office national des produits pétroliers (ONAP) et celui de l’Energie et de l’Eau à travers l’Agence malienne pour le développement de l’énergie domestique et de l’électrification rurale (AMADER). Cette dernière a pour rôle de recevoir les factures des producteurs de gaz. Ensuite, elle évalue le montant que chaque producteur doit percevoir. Et le Trésor public doit effectuer le virement bancaire dans les comptes des sociétés gazières. C’est ce virement qui n’a pas été fait, selon le directeur de la
Le Mali et le Sénégal déterminés à éradiquer le dragage sur la Falémé
Bamako, 18 décembre (AMAP) La ministre malienne des Mines et du Pétrole, Mme Lelenta Hawa Baba Ba, et son homologue sénégalais des Mines et de la Géologie, Sophie Gladima, ont visité le fleuve Falémé les 15 et 16 décembre, dans le cadre d’une mission destinée à prendre des mesures communes urgentes et idoines pour sauvegarder cet affluent du fleuve Sénégal qui prend sa source dans la partie nord du Fouta-Djalon (Guinée) et arrose le Mali et le Sénégal. Cette partie du fleuve est gravement endommagée par l’exploitation artisanale et sauvage de l’or, notamment le dragage. La protection et la préservation de la Falémé, vitales pour la survie du fleuve Sénégal, étaient l’une des préoccupations essentielles soulevées par la 18e Conférence des chefs d’Etat et de gouvernement de l’Organisation pour la mise en valeur du fleuve Sénégal (OMVS), qui s’est tenue à Bamako, il y a une semaine. La visite des deux ministres s’est déroulée sur le pont de la Falémé, à la frontière entre le Mali et le Sénégal, précisément à Mahinamine, côté malien et à Moussala, côté sénégalais. Les deux délégations ministérielles, composées des membres de leur cabinet, ont, tour à tour, visité les deux côtés du pont Falémé qui enjambe le fleuve. Le constat est alarmant. La Falémé se meurt à petit feu. La couleur de l’eau est devenue rougeâtre. Des digues créées par les débits de l’orpaillage empêchent l’eau de couler normalement. A l’arrivée de la délégation, les lieux étaient complètement vides. Seules quelques installations lourdes difficiles à évacuer à la hâte y trainent. A la fin de la visite, les deux ministres ont partagé leurs constats et leur vision commune face à la menace grandissante. A ce propos, la ministre des Mines et du Pétrole a insisté sur le danger que représentent les produits chimiques utilisés par les dragueurs. Ces derniers n’ont pas la connaissance requise pour l’utilisation de ces produits chimiques. Mme Lelenta Hawa Baba Ba a évoqué les conséquences de cette pratique pour les populations, surtout à travers les poissons et les animaux qu’elles consomment. Face à ce problème, « nous allons mettre en place une stratégie commune. Ce plan sera mis en œuvre par les autorités, les élus et les leaders religieux et coutumiers des deux pays », a affirmé la ministre Hawa Baba Ba. « Unique moyen de sauver la Falémé », a-t-elle dit. Pour ce faire, elle a demandé aux autorités locales de proposer un plan cohérent, afin que l’Etat puisse agir directement. Abondant dans le même sens, la ministre sénégalaise des Mines et de la Géologie a expliqué que leur présence conjointe sur la Falémé est un signal fort de l’engagement des deux pays à éradiquer cette pratique qui menace la Falémé. Sophie Gladima a promis des mesures urgentes qui « vont être prises en fonction des conclusions des rapports sur l’arrêt du dragage, décrété, il y a près d’un an, dans nos deux pays ». En attendant, le 2è adjoint au maire de Kéniéba, Mamadou Salif Diallo, et l’élu local sénégalais de Bembou, Mady Danfaga, se sont engagés à sensibiliser davantage les populations sur les dangers liés au dragage sur le fleuve Falémé. ABM/MD (AMAP)
La 18è conférence des chefs d’Etat et de gouvernement de l’OMVS s’ouvre samedi à Bamako
Bamako, 06 décembre (AMAP) La capitale malienne, Bamako, accueille la 18è conférence des chefs d’Etat et de gouvernement de l’Organidsation pour la mise en valeur du fleuve Sénégal (OMVS) qui s’ouvre, samedi sous la présidence du chef de l’Etat sénégalais, Macky Sall, président en exercice de cette conférence. Ce sommet offre l’occasion aux autorités en charge de la gestion de l’OMVS de faire un bilan à mi-parcours de leur mandat au président Ibrahim Boubacar Keïta et à ses hôtes. Elles proposeront à l’instance décisionnelle qu’est la Conférence des chefs d’Etat et de gouvernement, des réformes nécessaires à engager pour l’atteinte des objectifs que se fixe l’organisation. Le Haut-commissaire, l’ancien ministre malien, Ahmed Diane Semega, et les responsables des différentes sociétés de gestion, feront état des grands chantiers à court et moyen termes. L’un des projets phares, en cours, est le Système intégré de transport multimodal (SITRAM). Ses composantes routes prévoient la réalisation des voies d’accès du barrage de Manantali, de liaison Diama-Rosso, Labé-Tougué-Dinguiraye-Siguiri,et Tougué-Koukoutamba. Son volet, le plus important, est la navigabilité pérenne du fleuve Sénégal sur 905 km, de Saint Louis du Sénégal et Ambidedi, au Mali. Porté par le Haut-commissaire Ahmed Diane Semega, ce projet est maintenant sur de bons rails. Le 11 octobre 2019, l’OMVS a signé avec le géant indien AFCONS le contrat commercial pour la réalisation des travaux qui sont composés de deux volets : la navigation de base et le transport minéralier sur le fleuve. Ce premier volet consistera à l’aménagement d’un chenal fluvial, la construction d’un port fluvial à Ambidédi et d’un port fluvio-maritime à Saint Louis. Aussi, verra-t-il la construction d’une dizaine d’escales portuaires, la réalisation de routes d’accès aux ouvrages hydroélectriques existants et à venir. Le transport minéralier sur le fleuve facilitera l’exploitation et l’évacuation, à moindre coût, des différentes richesses minières existant le long du fleuve dans les trois pays (phosphates de Bofal en Mauritanie, phosphates de Matam au Sénégal, gisement de fer et de bauxite au Mali). Cette composante prévoit : la construction d’un port maritime en eau profonde, aux environs de Saint Louis, de quais minéraliers à Matam et Boghé, dans un premier temps. Elle envisage l’extension de l’aménagement du chenal navigable à 75 m de largeur à terme et la construction de quais minéraliers au Mali. Un autre dossier prioritaire qui sera soumis à l’appréciation des chefs d’Etat est l’augmentation des capacités énergétiques. A ce niveau, un 3èbarrage hydroélectrique, celui de Gouina d’une capacité de 140 MW, est en cours de réalisation. Quatre ouvrages supplémentaires vont permettre, à moyen terme, une meilleure régularisation des débits du fleuve Sénégal et la valorisation des potentiels du bassin en ressources énergétiques et agricoles. Il s’agit des barrages de Koukoutamba (294 MW), Boureya (114 MW), Gourbassi (18 MW) et Balassa (181 MW). A l’achèvement de ces projets, le système énergie de l’OMVS devrait atteindre une puissance installée d’environ 2000 MW. L’élaboration d’un nouveau modèle de répartition des coûts et charges devrait aussi s’inviter dans les débats. Il faut rappeler que, pour financer ses grands projets, l’OMVS a recours à des emprunts de manière conjointe, mais non solidaire. Un outil d’arbitrage scientifique impartial est alors indispensable pour fixer la quote-part qui revient à chaque Etat membre. Créée en mars 1972, l’OMVS est un organisme inter-Etats regroupant le Mali, le Sénégal, la Mauritanie et la Guinée. Sa vocation est de favoriser un développement intégré et coordonné du bassin du fleuve. Pour ce faire, ces Etats riverains du fleuve Sénégal conduisent, ensemble, un programme de développement multisectoriel et intégré, basé sur la maîtrise et la gestion rationnelle des ressources en eau. En la matière, l’OMVS intervient dans la valorisation des ressources énergétiques du bassin, le développement d’un système de transport intégré basé sur la navigation fluviale, la préservation des ressources en eau et de l’environnement, et dans l’appui au développement local (pêche, alimentation en eau potable, agriculture irriguée). CMT/MD (AMAP)
Interconnexion électrique Guinée-Mali : Un coup d’accélérateur au projet
Bamako, 03 décembre (AMAP) Le Comité de pilotage du Projet d’interconnexion électrique en 225 KV Guinée-Mali a tenu, vendredi et samedi derniers, sa 2e session au cour de laquelle les administrateurs maliens et guinéens ont passé au peigne fin l’état de mise en œuvre du Projet et de mobilisation des ressources nécessaires à cet effet. Durant deux jours, sous la présidence de la directrice nationale de l’Energie au Mali, Mme Théra Aminata Fofana, en présence de la représentante de la BOAD, Mme Lo Fatoumata Diop, les participants ont examiné et validé les programmes de travail et de budget annuels (PTBA) 2020 des Unités de gestion du projet. « L’objectif était de faire le point sur l’état d’avancement du Projet et d’approuver les Plans de travail et du budget annuel 2020 des Unités de gestion du projet (UGP) pour un suivi correct de son exécution », a souligné la directrice nationale de l’énergie, dans son allocution d’ouverture. Cela est d’autant nécessaire si l’on sait que le Mali est confronté à de nombreux défis en matière de développement. En effet, « outre le développement du secteur électrique, nos Etats doivent relever les défis liés à l’accès aux services sociaux de base tels la santé, l’éducation, l’approvisionnement en eau potable, l’autosuffisance alimentaire et le désenclavement », a rappelé Mme Théra. Et d’ajouter : «La modicité des moyens dont nous disposons nous commande à mettre en commun nos efforts en vue de leur optimisation pour créer les conditions favorisant notre développement», comme pour dire que le soutien des partenaires techniques et financiers est nécessaire pour y arriver. Son homologue guinéen, Dr. Cheick N’fall Sissoko, a assuré que tous les financements ont été ratifiés du côté de la Guinée, excepté celui de la Banque européenne des investissements (BEI). Le Projet d’interconnexion électrique en 225 kV Guinée-Mali consiste en la construction d’une ligne électrique de structure à double terne 225 kV en courant alternatif. D’une longueur d’environ 714 km, il est situé entre la ville de Sanankoroba, au Mali, et celle de Nzérékoré en Guinée (en passant par Fomi, en Guinée). Il verra l’implantation des postes de transformation associés dans les localités de Siguiri, Fomi, Kankan, Kérouane, Beyla et N’Zérékoré (en Guinée) puis Sanankoroba (au Mali). Le projet vise à faciliter la gestion d’énergie entre la Guinée et le Mali. La finalité est l’amélioration de la consommation des populations en énergie abordable. Cela, en augmentant la disponibilité de l’énergie électrique aux deux pays et en renforçant l’établissement du marché régional de l’énergie électrique en Afrique de l’Ouest, conformément au Plan directeur adopté, en 2012, par les chefs d’Etat de la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO). Ainsi, le projet d’interconnexion électrique Guinée-Mali contribuera au développement socio-économique du Mali et de la Guinée, à travers un accès plus accru des populations à l’électricité de qualité et à moindre coût. Le coût global est estimé à 299,63 millions Unité de compte (UC) soit environ 239,633 milliards de Fcfa HT/HD, dont 52,853 milliards de Fcfa pour le Mali. Il est cofinancé par la Banque africaine de développement (BAD) à travers le Fonds africain de développement (FAD), la Banque ouest africaine de développement (BOAD), la Banque mondiale (BM) et l’Union européenne (UE). Tous les accords de financement ont été signés. Sa durée d’exécution, prévue initialement pour quatre ans (2018-2021), à été prorogée à six ans (2018-2023), suite au retard accusé dans le processus de recrutement de l’ingénieur conseil, en charge de la supervision et du contrôle des travaux de la ligne 225 kV. D’où l’urgence de donner un coup d’accélérateur au projet. AG/MD (AMAP)
Mines : Un projet pour accroître les capacités des femmes orpailleuses
Bamako, 28 novembre (AMAP) La ministre des Mines et du Pétrole, Mme Lelenta Hawa Baba Ba, a lancé, le weekend dernier, au Centre de recherche solaire (CRES) de Badalabougou, le Projet de renforcement des capacités et de sensibilisation des femmes rurales travaillant dans les mines artisanales, « Empower rural women in gold artisanal mining (EWGAM). Ce programme répond à la problématique de la réduction de l’utilisation ds produits chimiques comme le mercure et le cyanure dans le traitement local de l’or. Cela, en inculquant aux actrices des méthodes recommandées par le programme environnement des Nations unies. Il s’agira, à terme, d’augmenter de 80% la capacité de production des femmes, de réduire de 50% l’utilisation du mercure et du cyanure dans l’orpaillage et d’encourager le transfert de connaissances entre les femmes bénéficiaires et d’autres femmes minières. Financé par l’ambassade américaine, à travers le fonds «Alumni Engagement Innovation Fonds», le projet EWGAM intervient dans les régions de Kayes, Koulikoro et Sikasso. Il a été initié par quatre «Alumnis» : Binta Traoré, Massira Touré, Djénéba Cissé et Abdoul Karim Camara. «Avec ce projet, nous explorons avec les femmes bénéficiaires un mécanisme d’épargne afin que les maigres ressources tirées de l’orpaillage puissent être investies dans d’autres activités économiques…», a expliqué la coordinatrice du projet, Binta Traoré, ajoutant que EWGAM se réalisera avec le concours de la Fédération des femmes minières du Mali (FEMIMA). A sa suite, la ministre des Mines et du Pétrole, a noté que 550 familles seront sensibilisées et formées avec un impact visible sur plus de 3.000 personnes dépendantes. « EWGAM servira aussi, a indiqué Mme Lelenta Hawa Baba Ba, d’appui aux politiques de mon département dans le domaine de l’artisanat minier ». Pour sa part, l’ambassadeur des Etats-Unis au Mali, Dennis B. Hankins, a rappelé que ce projet a été initié en collaboration avec la société civile des zones concernées. Le diplomate américain espère qu’il permettra d’éliminer le travail des enfants sur les sites d’orpaillage. Quant à la présidente de la FEMIMA, Mme Diarra Djénéba Samaké, elle a salué l’initiative qui luttera contre l’utilisation des substances toxiques dans l’orpaillage. Mme Diarra a fait savoir que ce combat est inscrit dans le Plan d’action de sa fédération. .BBC/MD (AMAP)
Centrale solaire de 33 MWc à Ségou : Le démarrage des travaux prévu pour le second trimestre 2020
Bamako, 28 novembre (AMAP) La Société énergie du Mali (EDM) et Scatec Solar West Africaont signé, mercredi, un avenant au contrat d’achat, par l’entreprise malienne, de l’énergie qui sera produite par la future centrale solaire de Scatec à Ségou, d’un coût estimé à 31,748 milliards de Fcfa et dont le démarrage des travaux de construction est prévu au deuxième trimestre de 2020, selon un document remis à la presse. La cérémonie, organisée à cet effet, a eu lieu à l’ambassade de Norvège, en présence du directeur de Scatec Solar West Africa, Terje Pilskog, et du directeur général d’EDM, Boubacar Keïta. La construction de cette centralephotovoltaïque, d’une puissance de 33 Mwc, dont la réalisation participera à l’atteinte des nombreux objectifs d’EDM, est aussi l’un des projets prioritaires du Programme présidentiel d’urgence d’accès des populations à l’électricité. La demande d’énergie électrique au Mali est en constante augmentation, avec un taux de croissance de 10% par an, en moyenne, depuis plus d’une décennie. Le secteur de l’électricité au Mali est confronté à un important besoin d’investissement, tant en infrastructures qu’en services. « Pour faire face à cette demande croissante en énergie électrique des populations et dans tous les secteurs d’activité économique et assurer l’équilibre entre l’offre et la demande, il importe d’introduire des ressources alternatives et facilement mobilisables, dans le mix énergétique », selon des informations fournies par EDM. L’objectif recherché dans cette démarche est, selon les responsables de la société malienne, de valoriser l’important potentiel solaire dont dispose le Mali. Pour EDM, le potentiel en énergie solaire est, du reste, bien réparti sur le territoire, en attestent les chiffres ci-après : 5-7 kWh/m2/jour, 300 jours/an d’ensoleillement avec une moyenne de 2.800 heures/an. « Cependant, on constate, depuis plusieurs années, une amélioration de l’offre de solutions techniques pour l’exploitation de l’énergie solaire, tant par la tendance à la baisse des coûts que par la diversification », se réjouissent les responsables de la société nationale d’énergie. Pour eux, cette évolution est très favorable à la valorisation de l’important gisement d’énergie solaire du Mali. Elle permettra la réduction de la dépendance aux hydrocarbures et l’amélioration du coût du mix de production d’électricité du pays. C’est pourquoi, depuis quelques années, EDM indique avoir fait le choix stratégique de miser sur le solaire, par une augmentation progressive de sa part dans le système de production d’électricité, en vue de réduire les coûts de production, en réduisant la part du thermique. Ce mix énergétique dans lequel le solaire occupera une place de choix, contribuera à favoriser le développement de la fourniture d’électricité, produire le kW/h à un coût maîtrisé, renforcer la capacité de production, contribuer à la sauvegarde de l’environnement par la réduction du taux d’émission de gaz à effet de serre. BBC/MD (AMAP)
UEMOA : Producteurs, transporteurs et distributeurs de l’électricité face au défi énergétique
Bamako, 27 novembre (AMAP) La capitale malienne, Bamako, a abrité mardi, la 6èréunion du Comité régional des producteurs, transporteurs et distributeurs d’électricité (CRPTDE) qui, chaque année, tient une rencontre pour analyser et étudier les difficultés énergétiques auxquelles font face les pays membres de l’Union économique monétaire ouest africain (UEMOA), a constaté l’AMAP. Les autorités de l’UEMOA ont créé, en 2012, le CRPTDE, devant le constat des sérieux problèmes d’accès à l’électricité auxquels sont confrontées les populations de l’Union, en dépit des innombrables ressources énergétiques dont disposent ces pays membres. Deux jours durant, les participants à la rencontre de Bamako vont examiner et finaliser le règlement intérieur du CRPTDE, en vue de sa signature par les pays membres. Ce qui est une des recommandations de la session 2018, tenue à Abidjan, en Côte d’Ivoire. Les experts passeront, également, en revue les autres recommandations de la session d’Abidjan. « Ce qui permettront aux acteurs de faire le bilan global de l’année du Comité », selon le directeur général chargé des Energies et des Mines de la commission de l’UEMOA, Lassane Ouédraogo. Ajoutant que les acteurs seront, aussi, sensibilisés sur les défis à relever pour le bon fonctionnement du CRPTDE. Pour le secrétaire général du ministère malien de l’Energie et de l’Eau, Moussa Cissé, qui a présidé la rencontre, les défis présents invitent les pays membres de l’UEMOA à l’union des forces. La mutualisation des efforts permettra à l’Union de bâtir des projets communs et de mobiliser ensemble les financements nécessaires pour « faciliter l’accès à l’énergie à nos populations », a ajouté M. Cissé. Il a d’invité les participants à des échanges francs et participatifs sur les défis énergétiques de l’Union commune à nos Etats. Prenant la parole, au nom de la Société nigérienne de l’électricité, Aldjouma Cissé Ibrahim, a reconnu que le Niger, comme dans tous les autres pays membres de l’UEMOA, est confronté à des défis énergétiques majeurs. A titre d’exemple, il a révélé que le taux d’accès à l’électricité est autour de 13%, contre un taux de couverture estimé à 40%. Aldjouma Cissé Ibrahim a précisé que ce taux est d’environ de 1% en milieu rural. Face à ces défis énergétiques, le représentant nigérien chargé de la planification au niveau de la Société nigérienne d’électricité a fait savoir que l’Etat nigérien a adopté une stratégie nationale visant à doubler le taux d’accès actuel à l’électricité, d’ici à 2023. Selon lui, la mise en œuvre de cette stratégie nationale verra la réalisation, à travers le pays, de centrales solaires et hydrauliques. Au Mali également, l’électricité est un bien rare. L’ambition du, selon la directrice nationale de l’Energie, Mme Théra Aminata Fofana, est de couvrir à 100% le territoire national en électricité. « Mais pour le moment, cette vision est loin d’être une réalité », a avoué Mme Théra. Pour l’atteindre, elle a listé plusieurs projets en cours de réalisation. Elle a, entre autres, cité l’interconnexion Guinée-Mali qui permettra au Mali d’importer, au moins 150 MW de la Guinée. « La ligne Sikasso-Bougouni-Sanankoroba-Bamako renforcera les capacités énergétiques du Mali », a assuré Mme Théra Aminata Fofana. Ajoutant que plusieurs centrales solaires et thermiques seront construites sur l’ensemble du territoire national. ABM/MD (AMAP)
Journée minières et pétrolières : Des thématiques d’actualité développées par des experts

Bamako, 14 novembre (AMAP) La 8è édition des Journées minières et pétrolières du Mali (JMP), qui a débuté, mardi, au Centre international de conférences de Bamako (CICB), réunit différents acteurs et experts du secteur autour de thématiques d’actualité liées au développement du secteur minier et du pétrole et développées et disséquées par des experts reconnus et réputés, a constaté l’AMAP. A la fin des discussions de chaque édition, les acteurs doivent proposer des pistes de solutions devant permettre de relever les défis de l’exploitation et de la production de l’or dans notre pays. «Finances et investissements dans le secteur minier du Mali» était le thème d’un panel organisé, mercredi, en marge de cette 8èédition des JMP. Les panélistes étaient Me Mohamed Sidiki Sylla, avocat au barreau de Guinée et avocat d’affaires travaillant sur les questions minières, énergétiques et infrastructurelles, Me Nadia Myriam Biouelé, avocate Associée Senior et Django Mady Coulibaly, secrétaire permanent à l’Initiative pour la transparence dans les industries extractives (ITIE-Mali). Me Sylla a indiqué que les JMP constituent une vitrine pour les opérateurs étrangers intéressés à venir investir au Mali. Selon lui, le secteur minier est financé, principalement, sur endettement. «Toutefois, ceux dont vous utilisez l’argent veulent s’assurer que vous avez tous les moyens, toutes les capacités techniques et financières pour pouvoir assurer le remboursement du service de la dette », a insisté le spécialiste. Pour lui, les miniers s’endettent, en général, auprès d’institutions financières (Banques internationales). « Des centaines de millions de dollars sont, parfois, nécessaires à la réalisation des projets », a précise l’avocat au barreau de Conakry. Ainsi, au regard des risques, les prêteurs exigent des miniers une part de participation dans le financement qui est, en général, estimée à 30% du capital d’investissement. Les emprunteurs, eux, apportent les 70 % restants. Me Nadia Myriam Biouelé a, elle, axé son intervention sur le «développement durable par les mines et le pétrole au Mali : une réalité possible». « Le Mali, a-t-elle affirmé, a été classé 3è producteur d’or en 2018 avec une capacité de production estimée à plus de 68 tonnes ». « Eu égard à ce rang de géant aurifère, il importe d’investir dans le secteur minier malien, a avancé l’avocate. « C’est un business assez rentable, vu les capacités de notre sous sol. C’est, également, une affaire rentable pour ceux qui exportent lorsque toutes les conditions sont réunies», a-t-elle précise. Pour ce faire, Me Biouelé pense qu’il faudrait, au préalable, réunir les conditions nécessaires pour attirer les financements. « En la matière, les investisseurs sont regardants sur le cadre juridique et fiscal plus attractif et adapté », a insisté la conférencière, ajoutant que ce cadre juridique adapté doit être harmonisé. «Le cadre de la fiscalité minière en ce qui concerne les sociétés minières étrangères doit être respectueux des traités bilatéraux d’investissement que le Mali a ratifiés en termes de protection de l’investisseur et en termes de respect de légalité et de traitement», a précisé Me Nadia Myriam Biouelé. Le secrétaire permanent à ITIE-Mali a, pour sa part, rappelé que le Mali est d’un bon élève de l’ITIE. « Le Conseil d’administration de l’ITIE a admis que le Mali a fait des progrès significatifs avec des améliorations substantielles dans la mise en œuvre du processus ITIE », s’est réjoui Django Mady Coulibaly. «Concernant la loi relative aux ressources fiscales à allouer aux communes, cercles et régions, le Mali a fait plus. L’Etat malien a rétrocédé 15,70 milliards de Fcfa aux collectivités de 2012 à 2016 », a précisé M. Coulibaly, avant d’ajouter que cette loi stipule que 60% des patentes doivent revenir aux communes d’accueil, 25% doivent versés à la collectivité cercle et 15% à la collectivité régionale. En outre, le secrétaire permanent à ITIE-Mali a cité des études qui ont dénoncé des cas de corruption constatés dans les pays dont le sous sol est riche en substance minière. A son avis, « cette corruption est due à l’absence de transparence ». AG/MD (AMAP)
Lancement de la 8ème édition des journées minières et pétrolières du Mali, mardi

Bamako, 13 novembre (AMAP) Le lancement de la 8ème édition des journées minières et pétrolières a été présidé mardi au Centre international des conférences de Bamako, par le Premier Ministre, Dr Boubou Cissé, a constaté l’AMAP. C’était en présence de la directrice pays de la Banque mondiale, Mme Soukeyna Kane, du ministre des Mines et du Pétrole, Mme Lelenta Hawa Bah, du maire de la Commune 3 du district de Bamako, Mme Djiré Mariam Diallo et du représentant de Enrroxs Energy mining Group, Michael Reza Pacha. Dr Boubou a adressé aux participants, les salutations du Président de la République, Ibrahim Boubacar Keïta, avant d’annoncer le financement de l’Ecole africaine des Mines à hauteur de 5 milliards par le Gouvernement du Mali. Le Premier Ministre a enfin rendu hommage au représentant de Enrroxs Energy mining Group, Michael Reza Pacha pour le don de 650 millions de francs CFA dans le cadre de la construction des mines, avant d’encourager les autres sociétés du secteur minier à en faire de même. La ministre des Mines et du Pétrole, Mme Lelenta Hawa Bah, a rappelé que le secteur connaît une croissance substantielle de sa production avant d’évoquer les stratégies de diversification du secteur des mines en cours au Mali ainsi que l’adoption d’un nouveau code minier permettant au pays de maximiser les retombées positives de l’exploitation minière sur le développement socio-économique. Mme Lelenta Hawa Bah a enfin informé l’assistance de la découverte d’une réserve de 31 millions 200 tonnes de lithium dans le cercle de Bougouni avant de préciser que l’exploitation de ce gisement permettra de créer 299 emplois permanents pendant 16 ans. Les participants de la rencontre qui prend fin jeudi, vont échanger sur les opportunités d’investissements et les solutions de financement dans le secteur des mines et du pétrole au Mali, 3ème producteur d’or en Afrique avec 13 mines en activité. KM (AMAP)

