Assises : Un assassin acquitté pour démence
Bamako, 22 novembre (AMAP) Les jurés de la Cour d’Assises de Bamakoont blanchi Moussa Sidibé du crime d’assassinat, perpétrée sur son oncle, pour raison de démence, a appris l’AMAP. Cette affaire remonte en décembre 2017, dans le village de Ouroun, une Commune rurale du Cercle de Bougouni. Dans la nuit du 21 au 22 décembre, de la même année, Moussa, muni d’une machette, quitta son domicile, aux environs de minuit, pour se diriger vers la concession de son oncle, Karim. Il arpenta les rues du village pour atterrir chez ce dernier. Arrivé sur place, après avoir constaté que tous les membres de la famille de son oncle étaient endormis, Moussa traversa la cour de la concession, pour s’introduire dans la chambre à coucher de son oncle, Kassim. Il le trouva endormi et, alors, sans aucune forme de procès, lui administra plusieurs coups de machette à la tête. A l’audience, c’est un accusé perdu dans ses pensées qui se présenta à la barre. Apparaissant sous les traits d’attardé mental, Moussa a reconnu les faits. A la fin des procédures requises, la Cour, après délibération, l’a déclaré non coupable. Et l’a acquitté, en raison de sa démence. TC/OD/MD (AMAP)
Perpétuité pour Salim Sanogo accusé de vol qualifié, détention illégale d’arme à feu…
Bamako, 22 novembre (AMAP) Les jurés de la Cour d’Assises de Bamako ont condamné, lors de la dernière session d’Assises, Salim Sanogo à la réclusion à perpétuité pour association de malfaiteurs, vol qualifié et ddétention illégale d’arme à feu, a appris l’AMAP. En 2016, Salim et sa clique opéraient dans les secteurs de la Commune I du district de Bamako. Plus précisément, dans la nuit du 21 au 22 avril, six individus s’introduisirent par le mur, dans l’hôtel ‘Siècle’,à Quinzambougou, après la fermeture de l’établissement. Sous la menace d’une arme à feu, ils obligèrent la gérante à leur indiquer la caisse. Au cours de l’opération, un employé, posté sur le toit, parvint à donner l’alerte. Ainsi, les policiers de l’arrondissement le plus proche furent dépêchés sur les lieux. Ils trouvèrent que les malfrats s’étaient retirés, après s’être emparés d’une importante somme d’argent. Ils poursuivirent les voleurs et échangèrent des tirs avec eux. A l’issue de cet affrontement, un délinquant et le sergent-chef furent atteints par des balles. L’appréhension et l’interpellation du malfrat blessé isolé permirent de l’identifier sous le nom de Cheick Oumar Keïta dit « Kaou »et de retrouver le reste de la bande à savoir : Soumaila Daou dit « Bakara », Seydou Diop, Salim Sanogo dit « Député », Bourama Touré dit « Boura », Madou Koné dit « Poulo. Les deux hommes succombèrent, des suites de leurs blessures. Le 22 février 2017, au cours d’un contrôle, au check-point de Sébénicoro, Salim Sanogo fut interpellé, en possession d’une arme à feu, de cartes de recharge téléphoniques et de cartouches de cigarettes. A la barre, contre toute évidence, il a nié les faits. Face aux salves de questions des jurés, l’inculpé a fini par reconnaitre les faits de « vol qualifié ». Il avoua avoir volé quatre cartouches de cigarettes, des cartes de recharge et une somme de 50.000 Fcfa à Médina-Coura. Le Parquet requiert de retenir les faits contre l’accusé, sans le bénéfice de circonstances atténuantes. « Car, selon lui, la Cour a devant elle, un élément d’un gang très dangereux qui ne recule devant rien ». Les avocats de l’accusé ont repliqué qu’il y a trop de zones d’incohérence dans le dossier incriminant leur client. De ce fait, ils ont imploré la clémence de la Cour pour le vol du boutiquier, mais pas pour l’attaque du restaurant et le meurtre du policier. Les jurés, après délibération, ont reconnu l’inculpé coupable des faits d’association de malfaiteurs, de vol qualifié et de détention illégale d’arme à feu mais pas du meurtre du policier. Ils l’ont condamné à la réclusion à perpétuité sans circonstances atténuantes et au paiement 250.000 Fcfa de dommages et intérêts pour les deux victimes. YD/OD/MD (AMAP)
Cour d’assises : Réclusion à perpétuité pour assassinat
Bamako, 22 novembre (AMAP) Le jeune Kassim, âgé de 20 ans, a été condamné à perpétuité, par la Cour d’assises de Bamako, pour avoir égorgé, de sang-froid, le fils de son voisin, malgré sa tentative de justifier son acte par la démence, a appris l’AMAP. Le 23 novembre 2017, à Kora, dans la Commune rurale de Garalo, Bakary Sangaré emprunta la charrette de son voisin, Adama Samaké, pour transporter à la maison sa récolte de maïs. Celui-ci chargea. à son tour son garçon, Moussa Samaké, âgé seulement de 9 ans de conduire la charrette pour cette tâche. Bakary Sangaré se chargeait, lui-même, de transporter les sacs de maïs sur sa moto, pendant que son frère cadet, Kassim Sangaré, et le petit Moussa Samaké, transportaient le maïs dans la charrette. Après quelques rotations entre le champ et le village, Kassim Sangaré et le petit Moussa Samaké ont fini par se retrouver seuls au champ pendant que Bakary était à la maison. C’est ainsi que, sans aucune forme de procès, Kassim Sangaré bondit sur Moussa Samaké. Il le plaqua au sol, le maîtrisa et l’égorgea avec son couteau. Après son forfait, il abandonna le corps sans vie de sa victime, dans un puits abandonné, et le cacha avec des branchages. A l’audience, sans ambages, Bakary a reconnu les faits. Mais, il a, tout de suite, mis son acte sur le compte de sa démence. Les jurés ne l’ont pas crû. Pour eux, il n’était pas fou ou malade mentalement quand il commettait son crime. « Comment un fou peut tuer et aller cacher le corps de sa victime ? »s’est interrogé un juré de la Cour. Le ministère public n’a pas voulu s’attarder sur le débat, après que les faits ont été reconnus par l’inculpé. Il a requis de le maintenir dans les liens de l’accusation. La Cour a reconnu l’accusé coupable des faits sans le bénéfice de circonstances atténuantes. Et l’a, ainsi, condamné à la réclusion à perpétuité. TC/MD (AMAP)
Cour d’assises : Peines minimales et acquittement pour des dealers
Bamako, 22 novembre (AMAP) Accusés d’offre, de mise en vente, de distribution, de courtage, de vente, de livraison, d’envoi d’expédition, de transport, d’achat, de détention ou d’emploi de drogues à haut risque, Adama Barro écope de 3 ans, Pierre Dacko de 2 ans et le troisième acquitté, a appris l’AMAP. La dernière session de la Cour d’assises de Bamako a été marquée par la comparution à la barre d’un trio de suspects pour offre, mise en vente, distribution, courtage, vente, livraison, envoi, expédition, transport, achat, détention ou emploi de drogues à haut risque. Les faits pour lesquels ils se sont retrouvés devant les jurés remontent à courant 2017 alors qu’ils se trouvaient en possession d’une quantité importante de stupéfiants de tout type. Ils se sont passés dans le quartier de Sogoniko, en Commune VI du district de Bamako. La section recherches de la Brigade territoriale de Faladiè a été informée de la vente de drogues dures par des dealeurs, aux alentours et à l’intérieur du bar « Eden Parc », sis à Sogoniko, appartenant à un certain Rougeot. Munie de cette information, la section procéda à une descente inopinée et réussit à démanteler un réseau de trafic de stupéfiants. Pour ce faire, les pandores ont joué aux plus fins, en mettant en place une stratégie pour prendre les dealers la main dans le sac. Ainsi, un gendarme, en tenue civile, se fit passer pour un acheteur de ce produit prohibé avec un des revendeurs, notamment le nommé Adama Barro. Celui-ci avait, déjà. été signalé comme revendeur à l’auto gare de Sogoniko. Adama Barro, sans se douter de l’identité professionnelle de son client, mordit à l’hameçon. Sa fouille sur place a permis de le trouver en possession de 98 cailloux de cocaïne et 81 kipas d’héroïne. Conduit, immédiatement, à la gendarmerie, il n’a pas tergiversé pour dénoncer ses acolytes qui sont Ibrahima Madani Bah alias Rougeot, le chef de file, Éric Balla Provest, son adjoint, déjà à la Maison centrale d’arrêt, Pierre Dacko, l’intermédiaire, et Assitan Sidibé, revendeuse comme lui-même. Les deux derniers interpellés, à leur tour, ont reconnu les faits. En outre, un mineur de 14 ans, en la personne de Mohamed Sangaré, en possession de 83 boules de chanvre indien par le biais d’Assitan Sidibé, et un certain Moussa Traoré ont été interpellés. Au cours des enquêtes, faute de charges suffisantes, un non-lieu a été prononcé au profit d’Ibrahim Madani Bah alias Rougeot, Éric Balla Provest et Moussa Traoré. Les suspects ont pris une peine légère grâce à la perspicacité de leur conseil qui s’est battu comme un beau diable pour avoir gain de cause. A la lumière des débats, la Cour a condamné Adama Borro à 3 ans de prison, avec une amende de 500.000 Fcfa, Pierre à 2 ans et une amende de 200.000 Fcfa, alors qu’ils étaient en détention provisoire, depuis 2017. Quant à Assitan Sidibé, elle a été, tout simplement, acquittée. TC/OD/MD (AMAP)
Deux suspects arrêtés pour le vol de l’arme d’un policier
Bamako, 22 novembre (AMAP) Les hommes du commissariat du 4earrondissement du District de Bamako ont mis la main, Il y a quelques jours, sur deux voleurs d’armes, a appris l’AMAP de source policière. Ces individus, M.D et A.D, sont suspectés d’avoir volé l’arme individuelle de service d’un sergent de police, le 5 juillet dernier, lors d’une manifestation contre l’implantation du siège du G5-Sahel à Badalabougou, en Commune V du District de Bamako. Ce jour-là, dans sa mission de maintien d’ordre, le sergent de police Yacouba Bagayogo, en service au commissariat du 4e arrondissement, a été sérieusement molesté et laissé pour mort par les manifestants surexcités. Au cours de ce lynchage, son arme de service, de marque « Norinco » avait, miraculeusement, disparu. C’est ainsi que le chef de la Brigade de recherches (BR) et ses éléments ont mené leurs enquêtes jusqu’à la semaine dernière. L’arme a été retrouvée entre les mains du nommé M.D, boutiquier de son état. Il a été interpellé par les limiers et conduit au commissariat pour y être auditionné. Interrogé sommairement, M.D a déclaré avoir acheté l’arme à 75.000 Fcfa avec le nommé A.D, un fidèle de la mosquée d’un dignitaire religieux de la place dont nous tairons tle nom pour des raisons compréhensibles. En attendant d’être fixés sur leur sort, les deux suspects dorment derrière les barreaux au commissariat pour les besoins de l’enquête. YD/MD (AMAP)
Assises : L’assassin de l’Imam Abdoul Aziz Yattabary condamné à mort
Bamako, 19 novembre (AMAP) La Cour d’assises de Bamako, a condamné, mardi, à la peine capitale Moussa Guindo, reconnu coupable de l’assassinat de l’Imam Abdoul Aziz Yattabary de la mosquée de Yattabary de Médine, a appris l’AMAP. Trois chefs d’accusation étaient retenus contre le condamné, poursuivi pour crime d’assassinat, crime de torture et d’outrance envers le président de la République du Mali, Ibrahim Boubacar Kéita. Les faits se sont déroulés le 19 janvier 2019. Ce jour, vers 05 heures du matin, Guindo a quitté son dortoir, dans un magasin contigu à la mosquée, muni d’objets contondants, un gourdin et un couteau, pour tendre un guet-apens dans la rue où passe, quotidiennement, l’Imam Yattabary pour aller à la mosquée. Abdoul Aziz Yattabary, comme d’habitude, a quitté chez lui, à cette heure, pour diriger la prière de l’aube, Fadjr. Il a été abordé par Moussa Guindo, dans la rue, dans l’obscurité. L’agresseur aurait posé à sa victime, deux fois, la question : « qu’est-ce que je t’ai fait ». L’Imam ne sachant quoi répondre aurait continué son chemin. Moussa le terrassa, avant de lui asséner plusieurs coups, avec son gourdin à la nuque, et d’autres parties de son corps. La victime, surprise par ce geste, n’aurait pas eu le temps de crier au secours et son bourreau lui aurait donné plusieurs coups de poignard, avec le couteau qu’il détenait. A la barre, Moussa Guindo a brillé par ses incohérences dans le propos. Tantôt, il prétend que l’Imam avait des dents contre lui parce qu’il a refusé de participer à la prière sur des corps de mauvais musulmans. Et que l’Imam aurait lancé Souleymane Sanogo, communément appelé Soloni Tondian, à sa poursuite. Parfois, il parle d’un prétendu soutien de feu l’Imam Yattabary, du président IBK et de Chérif Ousmane Madani Haidara à un projet autorisant l’homosexualité au Mali. La partie civile (les avocats des parents de feu l’Imam Yattabary) a réclamé la peine de mort contre Moussa Guindo, car, selon elle, l’assassin a agi avec préméditation. A cet effet, la partie civile a demandé l’application des articles du Code pénal en vigueur au Mali, en la matière. Par contre, l’avocat de la défense, commis d’office, a évoqué l’article 28 du même Code qui prévoit la démence. Pour lui, Moussa Guindo n’a sa place que dans un asile psychique. L’avocat de l’assassin s’est référé, pour ce faire, aux conclusions des deux expertises médicales effectuées sur lui. Dont la première révèle « un trouble psychosomatique » et « un potentiel de dangerosité non négligeable du sujet ». Et le rapport de la seconde dit que Moussa « souffre de schizophrénie paranoïaque avec une dangerosité psychiatrique ». Pour sa part, le Parquet a retenu un chef d’accusation. Il soutient que la préméditation et le guet-apens sont deux mobiles qui soutiennent l’assassinat. Cependant, il estime que « le crime de torture est un fait qui doit être commis par un fonctionnaire de l’Etat contre quelqu’un afin qu’il avoue quelque chose ». Il a aussi prouvé que l’outrance envers le président IBK « ne tient pas juridiquement » dans ce contexte. De ce fait, le ministère public a demandé à la Cour de condamner Moussa Guindo, uniquement, pour assassinat. Les jurés l’ont reconnu coupable d’assassinat sans retenir des circonstances atténuantes. OD/MD (AMAP)
Abdoulaye Maïga jugé non coupable d’appartenance à un groupe de combat en relation avec une entreprise terroriste

Bamako, 18 novembre (AMAP) Faute de preuve de sa culpabilité pour appartenance « à un groupe de combat, en relation avec une entreprise terroriste », les jurés de la Cour d’assises de Bamako ont déclaré, lundi, Abdoulaye Maïga non coupable, a appris l’AMAP. Cependant, il a été condamné à deux ans d’emprisonnement et au paiement de 2 millions de francs CFA d’amendes, pour tentative de destruction d’un ouvrage d’utilité publique. La Cour lui a accordé les circonstances atténuantes par la même occasion. Cette affaire jugée devant la 2ème chambre des Assises de Bamako, remonte à janvier 2018 quand les gendarmes, en opération dans la zone de Kourma (région de Ségou), ont appréhendé Abdoulaye Maïga, près de l’antenne téléphonique de la localité. Il a été pris en possession de numéros de téléphone sur des bouts de papiers. M. Maïga n’avait sur lui aucune pièce d’identité, au moment de son arrestation. Il a été accusé, non seulement, d’appartenir à un groupe de combat en relation avec une entreprise terroriste, mais aussi, de tentative de destruction d’un ouvrage d’utilité publique. Selon le dossier d’accusation, les personnes citées pour être son tuteur dans le village ont nié toute relation avec Abdoulaye Maïga, avant de reconnaitre qu’il était seulement fréquent dans la mosquée, pendant les heures de prières. Maïga explique qu’il était parti prendre sa batterie à la charge au niveau de l’antenne téléphonique. Son avocat a soutenu cette thèse, en soulignant que presque tous les habitants de la localité chargent leur batterie là. Il a, aussi, relevé qu’on ne doit pas condamner quelqu’un parce qu’il a été pris avec des numéros de téléphone sur des bouts de papiers. La défense a plaidé que « la famille de M. Maïga, marié et père de cinq enfants, a besoin de lui ». OD/MD (AMAP)
Assises : Et l’accusé de blanchiment de capitaux recouvre la liberté

Bamako, 12 novembre (AMAP) Les jurés de la Cour d’assises ont poursuivi leurs audiences par un cas de blanchiment de capitaux dont l’accusé, Mahamadou Amadou dit Lalama Tandia, s’en est sorti, faute de preuves, après d’intenses débats, a constaté l’AMAP. Dans cette affaire dont l’infraction n’est pas très courante dans le rôle des assises en cours, les faits remontent au 5 janvier 2018, lorsque la Cellule nationale de traitement des informations financières (CENTIF), transmettait un rapport au procureur du Pôle judiciaire, spécialisé dans la lutte contre le terrorisme et la criminalité transnationale organisée. Le procureur a, à la suite, requis l’ouverture d’une information pour blanchiment de capitaux. La CENTIF a relevé, dans son rapport, que l’inculpé avait ouvert un compte bancaire, sous une fausse identité « ingénieur financier », alors qu’il était, en réalité, régisseur spécial. Le compte enregistrait des versements très importants, en espèces, qui ne semblaient avoir aucune justification licite, à hauteur de 302.591.334 Fcfa, entre le 3 juin 2011 et le 4 décembre 2017. Dans le même laps de temps, il a effectué des retraits d’argent pour un montant de 252.369.901 Fcfa. Après avoir nié les faits lors de ses premiers interrogatoires, devant les incohérences de ses explications, il finissait par les reconnaître. Ainsi, lors de son second interrogatoire, il a déclaré ceci : « En réalité, c’est un système, délibérément mis en place par ma hiérarchie, pour profiter des fonds mis à la disposition de la régie, car en fin d’année budgétaire, nous partageons les fonds qui n’ont pas été utilisés, bien que nous restitutions une partie du détournement de deniers publics ». Tous les témoins entendus ont trouvé « inadmissibles » les agissements de l’inculpé qui versait les fonds publics dans un compte bancaire personnel. Ce qui prouve, selon l’accusation, qu’il s’agissait bien d’une entreprise de détournement de derniers publics. Ainsi, les montants étaient, d’abord, placés dans un compte bancaire, en attendant que de fausses pièces justificatives soient produites. Ils étaient, ensuite, retirés et réinjectés dans un circuit économique normal. Pour ne pas éveiller les soupçons, l’inculpé se faisait passer pour un ingénieur financier, alors que cette profession n’existe pas dans la Fonction publique. Dans ses explications, il a tenté de mouiller ses supérieurs hiérarchiques qui, entendus tous comme témoins, ont démontré qu’ils ignoraient, totalement, tout des agissements du régisseur. A la suite, une information judiciaire ouverte sur les faits établis et reconnus par l’inculpé l’a renvoyé devant la Cour d’assises pour être jugé. Face à la Cour, l’accusé a plaidé non coupable. Il a expliqué que, depuis sa nomination, en décembre 2012, jusqu’à son arrestation, les sommes mises à sa disposition ont été justifiées. Et d’ajouter : « Mon seul tort a été que j’utilisais mon compte personnel (compte d’épargne) pour faire certains retraits ». A l’entendre parler, le témoin principal était l’agent comptable, pour la simple raison qu’il était signataire des chèques. Aux termes des procédures requises en la matière, l’inculpé a été reconnu non coupable des faits. Il a été tout simplement acquitté des charges retenues contre lui. Se référant à l’accusation, les faits sentaient la participation de nombreuse personnes dans le coup tordu, saut que Mahamadou Amadou dit Lalama Tandia a été le seul contre qui la charge a été retenue. Certains de ses complices dans la chaîne, reconnus ou non identifiés durant la procédure, n’ont pas comparu. Il a été, donc, le seul à se présenter à la barre. TC/MD (AMAP)
Verdict sans appel aux Assises : La peine de mort pour un militaire accusé de tentative d’assassinat

Bamako, 12 novembre (AMAP) La Cour d’Assises, dont les audiences continuent depuis le 28 octobre 2019, a reconnu coupable Adama Camara, sans bénéfice de circonstances atténuantes, l’a condamné à la peine de mort et à payer à sa victime, Ibrahima Koné, 40 millions de Fcfa de dommages et intérêts, a constaté l’AMAP. L’accusé a comparu pour, à la suite d’une banale dispute, avoir tiré, à bout portant, sur son compagnon d’arme, le blessant grièvement à la cuisse et en d’autres endroits du corps. Ibrahima Koné et Adama Camara sont tous deux militaires de la Garde nationale. Le premier était en service à la Compagnie de commandement et de service (CCS), alors que le second servait au 2è Escadron du Groupement de maintien d’ordre (GMO), basés tous les deux à Bamako. En 2014, dans le cadre de la sécurisation du territoire national, ils furent désignés dans une mission dirigée par le commandant Klita Ag Mohamed pour un séjour de trois ans au poste de sécurité de N’Tillit, dans la Région de Gao. Au cours de leur séjour, ils s’adonnèrent, tous les deux, à l’élevage de moutons. Adama Camara avait les siens au poste, à la différence des autres, qui gardaient leurs troupeaux auprès de villageois voisins du poste. Ils auraient cohabité ainsi jusqu’à ce jour fatidique où une dispute les opposa. C’était le samedi 27 août 2016, les moutons d’Adama mangèrent les restes de repas de la troupe qu’Ibrahima avait l’habitude de conserver et de réchauffer pour le dîner. Constatant cette situation, Ibrahima fit des reproches à Adama et l’invita à mieux maîtriser ses animaux qui faisaient trop de dégâts. Furieux, ce dernier lui a fait comprendre que la Prime générale d’alimentation (PGA) n’était pour personne, avant de commencer à l’injurier grossièrement. Le garde, Salif Monzon, qui assistait à la scène, est intervenu pour les calmer. Mais, en vain, il a fallu l’intervention du chef de poste adjoint, Fodé Keïta, pour ramener Adama dans sa chambre et lui retirer son arme dont il voulait se servir contre son compagnon. L’histoire aurait pu s’arrêter là, si Adama n’était pas du genre rancunier. Malheureusement, quelques instants après, contre toute attente, Adama ressortit de sa chambre avec son pistolet mitrailleur (PM) et se dirigea vers Ibrahima Koné, en proférant des injures grossières, alors que ce dernier était en communication téléphonique avec sa mère. Sans autre forme de procès, Adama pointa le canon de son arme sur la cuisse d’Ibrahima et tira à bout portant, blessant ce dernier qui s’écroula couvert de sang. Il tirera, également, d’autres coups de feu en rafale qui atteignirent le bassin et les aisselles de con compagnon d’armes. Heureusement pour Ibrahima, le prompt secours de ses autres camarades de corps et sa ténacité contre son assaillant pour diriger le canon de l’arme vers le haut, lui sauvèrent la vie. Il s’en est sorti mais, gravement touché à divers endroits du corps. A la suite du procès-verbal d’enquête préliminaire établi par le service d’investigation judiciaire de la gendarmerie nationale, le nommé Adama Camara a été inculpé des faits de tentative d’assassinat et de coups et blessures aggravées, avant de se retrouver devant les juges de la Cour d’assises pour être jugé conformément à la loi. A l’audience, c’était l’étonnement dans l’assistance de voir, à la barre, un militaire qui, en plus, avait tenté d’assassiner son compagnon d’arme à la suite d’une dispute dont la cause était des moutons ! Face à la Cour, l’accusé Adama a reconnu les faits. Mais, il a nié toute intention de tuer sa victime, attribuant le déclenchement des coups de feu « à un accident » dans la confusion des tiraillements entre lui et son protagoniste. Et d’ajouter que le système de sécurité n’étant pas activé, des coups de feu en rafale seraient partis qui ont atteint Ibrahima à la cuisse. L’accusé se défendit en soutenant qu’il était sous le coup de la colère. La victime, Ibrahima, sur sa béquille, a relaté, devant la Cour, les faits comme ils ressortaient de l’arrêt de renvoi. Il fut soutenu, dans sa version, par le ministère public qui a requis de maintenir Adama dans les liens de l’accusation Le verdict a été sans appel : la peine capitale TC/MD (AMAP)
L’assassin de la jeune aide-ménagère jugé dément

Bamako, 31 octobre (AMAP) Jugé pour ‘’coups mortels’’ sur une servante, Abdoulaye Diallo a été acquitté, mardi par la Cour d’assises pour cause de démence, a constaté l’AMAP. Les faits de l’affaire Abdoulaye Diallo, accusé de ‘’coups mortels’’ sur l’aide-ménagère de la famille, Aminata Diallo, étaient devant la Cour d’assises de Bamako dans le cadre des travaux de sa 2ème session ordinaire. Ce jour, Abdoulaye Diallo, pris d’une crise de folie, s’est servi d’un couteau pour poignarder la servante dans la cour du domicile familial. Devant les jurés, dans un état pitoyable, l’accusé, qui a eu la parole en premier, a dit que la victime avait contracté une dette avec lui, dont elle ne s’est pas acquittée. Avant de continuer dans ses explications, il a réclamé aux jurés de l’argent. Cette attitude a ému le public dans la salle d’audience de la Cour. Dans son réquisitoire, le Procureur s’est rendu compte de la démence de l’accusé. Un certificat médical attestant que l’accusé souffre de trouble psychique a, aussi, été versé au dossier. Ainsi, le ministère public a requis que l’accusé soit interné dans un centre psychiatrique. La Cour, dans son verdict, a déclaré que le jeune Abdoulaye Diallo, âgé de 27 ans, est atteint, depuis longtemps, d’une grave affection psychiatrique. OD/MD (AMAP)
