Mali: Le Bureau du vérificateur général découvre près de 900 millions de FCFA d’irrégularités financières à l’Ageroute

Par Cheick Moctar TRAORE Bamako, 28 Sept (AMAP) Le Bureau du vérificateur général (BVG) a décelé des irrégularités financières d’un montant total de 895.512.029 Fcfa dans l’exécution des Fonds d’entretien routier par l’Agence d’exécution des travaux d’entretien routier (Ageroute). L’audit mené, à cet effet, a concerné les dépenses de fonctionnement et d’entretien routier financé sur budget national au titre des exercices 2016, 2017, 2018 et 2019 (1er octobre). En effet, l’Ageroute a, durant cette période, signé avec la direction nationale des routes, sur le Fonds d’entretien routier, 16 conventions de maîtrise d’ouvrage déléguée et trois avenants pour un montant total de 93.451.594.614 Fcfa. Les ressources destinées à l’entretien routier sont mises à sa disposition par l’Autorité routière. Les travaux d’entretien routier exécutés par délégation de maîtrise d’ouvrage à l’Ageroute ne sont possibles qu’à travers des conventions signées avec le maître d’ouvrage, le ministre chargé des routes. Au regard de l’importance des sommes mises à disposition, le BVG a, conformément à sa mission, initié une mission pour s’assurer de la bonne utilisation des dépenses exécutées sur le Fonds d’entretien routier par l’Ageroute. Au terme de ces travaux d’audit, les vérificateurs ont décelé des irrégularités financières s’élevant à 895.512.029 Fcfa. Les faits détaillés ont été dénoncés et transmis par le Vérificateur général au président de la section des comptes de la Cour suprême et au procureur de la République près le tribunal de grande instance de la Commune III chargé du pôle économique et financier. Ils se rapportent à la passation irrégulière de marchés pour un montant de 868.108.970 Fcfa et au paiement d’avantages indus au délégué du contrôle financier pour une somme de 16.300.000 Fcfa. Les anomalies financières constatées ont, également, trait à un contrat de marché irrégulièrement enregistré de 1.948.750 Fcfa et au non reversement au profit de l’Autorité de régulation des marchés publics et des délégations de service public (ARMDS) de la redevance de régulation pour un montant de 325.000 Fcfa. Il a, aussi, été constaté la non retenue de l’impôt sur le revenu foncier, de la taxe foncière et de l’impôt sur les bénéfices. Les vérifications ont été menées, conformément au guide d’audit du secteur public approuvé par l’arrêté n°10-1251/MEF-SG du 11 mai 2010 du ministre chargé des Finances et au manuel de vérification financière du BVG, tous deux inspirés des normes Isa (normes internationales d’audit). Pour y arriver, les vérificateurs ont, comme approche méthodologique, privilégié l’analyse des textes législatifs et réglementaires sur la création et les modalités d’organisation et de fonctionnement de l’Ageroute et des entrevues avec des membres du personnel de la structure. Ils ont, aussi, recoupé des informations et examiné des pièces justificatives des dépenses. « Le principe du contradictoire a été observé », assure le BVG. En la matière, les résultats préliminaires des travaux ont été discutés avec les principaux responsables concernés. La séance de restitution a eu lieu le 1er avril 2020 dans les locaux de l’Ageroute. Le BVG dit avoir transmis le rapport provisoire à l’Ageroute par lettre n°Conf 0220/2020/BVG du 28 mai 2020 pour recueillir ses observations. « Les réponses écrites de l’Ageroute sont parvenues le 09 juillet 2020 par lettre n°1039/MIE/Ageroute », ajoute le BVG. La faiblesse des ressources et l’inadaptation des procédures de mise en place des moyens ont été diagnostiquées comme l’un des handicaps majeurs à l’entretien régulier de nos routes. La création de l’Agence d’exécution des travaux d’entretien routier répond à ce besoin. Plus de quinze ans après sa création et malgré des ressources, de plus en plus importantes, investies dans l’entretien routier, l’Ageroute peine à satisfaire les usagers de la route. CMT/MD (AMAP)  

Gao : 160 jeunes déployés pour le curage des caniveaux

Gao, 2 sept (AMAP) Le gouvernement du Mali, en partenariat avec le Programme des Nations unies pour le développement (PNUD), a mis en place un projet dénommé « emploi et jeunes pour la paix », pour accompagner 160 jeunes des Régions de Mopti (Centre), Tombouctou, Gao et Kidal (Nord), après la période de la pandémie du Covid-19. Le projet touchera des manœuvres,  chefs d’équipes et un superviseur. Munis des pelles, brouettes, gants, de pioches et de râteaux, ils vont curer les caniveaux et ramasser des débris à travers la ville de Gao moyennant 5000 Fcfa par jour et par personne. L’objectif du projet « emploi et jeunes pour la paix », dont la durée est de trois mois, est de lutter contre le chômage des jeunes du cercle de Gao, où la première phase du projet, le curage de caniveaux, a débuté en juillet. La deuxième phase a débuté au mois août et la dernière phase sera exécutée au mois de septembre. Le représentant du Conseil régional de la jeunesse de Gao, Halidou Malick, a indiqué qu’un nombre important des jeunes de Gao est déployé pour curer les caniveaux afin d’éviter d’éventuelles inondations. « C’est une initiative de l’Agence pour la promotion d’emploi (APEJ) avec le concours de ses partenaires. C’est un projet qui permet de lutter contre le chômage des jeunes mais aussi de protéger leur environnement », a-t-il relevé. Le coordinateur régional de l’APEJ à Gao, Douga Diallo, a expliqué que l’exécution du projet a été confiée à sa structure qui a l’expérience des programmes d’urgence comme les approches à Haute intensité des mains d’œuvres (HIMO). Il a ajouté que pour la bonne réussite du projet, le Comité de pilotage de l’APEJ a associé la mairie, le Conseil régional des jeunes, la Direction régionale de l’assainissement et la préfecture de Gao. AT/MD (AMAP)

Transition au Mali : Rencontre de clarification entre les militaires et le mouvement de contestation M5-RFP

Bamako, 30 août (AMAP) Le Comité national pour le salut du peuple (CNSP) et le Mouvement du 5 Juin-Rassemblement des forces patriotiques (M5-RFP) se sont rencontrés, dans la soirée du samedi, au quartier général des militaires, à Kati, pour arrondir le angles, après le report des concertations entre les forces vives de la Nation et le CNSP prévue, initialement, samedi, mais boycotté par le M5-RFP. A l’issue de la rencontre, le président du Comité stratégique du M5-RFP a confié à la presse que les deux parties se sont compris sur la démarche à suivre désormais. “Nous avons remis au CNSP notre vision sur la transition contenue dans un document. Ils nous ont demandé de leur accorder un temps pour l’étudier séreinement”, a déclaré Choguel Kokala Maiga. Les deux acteurs majeurs du renversement du régime d’Ibrahim Boubacar Keita (IBK) ont, ensuite, convenu de la mise en place d’un cadre permanent de concertation entre eux. “Nous leur avons communiqué les noms de deux personnes qui serviront d’interlocuteurs permanents entre le CNSP et le M5-RFP”, a révélé le leader politique. Pour sa part, le Coordinateur général de la Coordination des mouvements, assocciations de soutien et sympathisants de l’imam Mahmoud (CMAS), Issa Kaou Djim, a expliqué qu’il était important que cette rencontre se tienne pour éviter tout malentendu entre le M5-RFP et son “partenaire stratégique”. “Nous nous sommes compris. Dans les jours à venir, nous aurons d’autres rencontres pour approfondir les échanges sur notre vision commune de la transition”, a-t-il annoncé. “Il s’agit de la recherche des voix et moyens pour sortir le pays de cette crise pour le bonheur du peuple malien”, a précisé M. Djim. AT/MD (AMAP)

Diéma : Travaux de canalisation des eaux de ruissellement

Par Ouka BA Diéma, 20 août (AMAP)Le service de la Subdivision des routes de Diéma a entrepris des travaux de canalisation, dans le cadre de l’entretien courant des routes, par la méthode à Haute intensité de mains d’œuvre (HIMO), au titre du programme 2018, 3èmephase, dans la Région de Kayes. Ces travaux d’infrastructures cofinancés par  l’Etat malien et l’Union européenne (UE), à travers l’Autorité routière, sont destinés à regler le manque de système de canalisation pour le drainage des eaux de ruissellement. Chaque année, la ville était de Diéma est victime d’inondations qui causent parfois d’énormes dégâts. En plus, l’état boueux des rues, pendant l’hivernage, rend impraticable la circulation. Des travaux seront effectués dans le domaine de la voirie municipale.                        Des bretelles seront posées entre Diéma et Tinkaré et entre Madina et Débo Bambara. A l’intérieur de la ville, des travaux de rechargement partiel en latérite et en moellon, seront effectués, ainsi que la construction de ralentisseurs de vitesse pour réduire les nombreux accidents, surtout de motocyclistes. Par rapport aux caniveaux, un radier de 20 mètres sera posé en face de l’ancien Centre de santé de référence ; un autre, entre Diéma et Tinkaré. Un fossé d’une profondeur de 60 cm et 80 cm de largeur sera creusé, cimenté et dallée, sur une distance de cent cinquante mètres, sur l’artère principale, quittant le quartier Razel pour aboutir à la Maison d’arrêt, là où il y a plus de concentration d’eau. Il est prévu, également, la construction des routes Diangounté Camara-Kournikoto, dans le cercle de Kita, Tassara-Diéoura,  Fatao-Lambidou, Diéma-Madiga Sacko. Le chef du service de la Subdivision des routes de Diéma, par intérim, Karamoko Diallo, s’est dit satisfait de l’état d’évolution du chantier, qui, comme annoncée par le représentant de l’entreprise adjudicataire des travaux, Mahamane Coulibaly, est à ce jour à 90% d’exécution.. M. Coulibaly, a assuré de terminer le chantier dans le délai requis. Par contre, il regrette les intermittentes pluies qui empêchent, souvent, les travaux d’avancer. Interrogé sur le sujet, le maire de la Commune rurale de Diéma, Abdoulaye Sissako, dira que la réalisation de ces importants ouvrages permet, d’une part, de faciliter le drainage des eaux de pluie et, d’autre part, de contribuer surtout  au désenclavement intérieur du Cercle de Diéma, tout en rendant praticable la route Diangounté Camara-Kita, en traversant la boucle du Baoulé. L’élu a rassuré sur l’accompagnement du Conseil communal, dans la mesure de ses moyens, afin d’éviter de contribuer aux efforts. La démarche a été doublement saluée par le secrétaire général du Conseil local de la société civile, Oumar Niaga. Il a expliqué que ces ouvrages permettront de rendre plus fluide la circulation, en cas de pluie. Il a souhaité que de telles actions puissent se multiplier. Djibrilou, un conducteur d’engins poids léger avoue que les réalisations en cours aideront surtout les transporteurs qui ont des difficultés à circuler avec leurs véhicules brinquebalant dans les eaux. Pour se rendre au marché, s’il pleut, Binta est obligée de faire un détour de plusieurs mètres, déviant les flaques d’eau. Autant de retard pour sa cuisine. Une autre femme revient du marché, son pagne toujours sali par la boue. Cet homme, qui soutient que 150 mètres seulement de canalisation dans une ville vaste comme Diéma, exposée chaque année à des inondations, sont insignifiants, dira que « c’est comme une goutte d’eau dans la mer ». Il fallait, poursuit notre interlocuteur, en réaliser davantage pour libérer et désengorger certains quartiers. « Oui, mais c’est une question de moyens. Si l’Etat a injecté des fonds, nous devions plutôt nous en réjouir. Le Mali ne se limite pas à Diéma seulement, il est vaste », lui répond son compagnon. OB/MD (AMAP)

Kadiolo : Le Conseil régional réceptionne un ouvrage agricole à Fourou

Kadiolo. 1er juil (AMAP) Le président du Conseil régional de Sikasso, Yaya Bamba, a procédé lundi, à la réception provisoire d’un barrage agricole à Niaziédougou, dans la Commune rurale de Fourou, a constaté l’AMAP. D’un coût total de plus de 75 millions de Fcfa, ce barrage permettra de développer la production agricole (riziculture paysanne, production de la pomme de terre), l’élevage et la pêche dans le Cercle de Kadiolo. Les populations bénéficiaires ont exprimé leur joie et leur satisfaction, à travers le chef de village, pour l’aménagement de leur bas-fond. Ils ont, également, “promis de prendre bien soin de cet ouvrage au grand bonheur de tous”. La cérémonie à lieu à Niaziédougou, en présence du président du Conseil de cercle, Moulaye Diabaté, du délégué du contrôle financier de Kadiolo, Abdoulaye Maïga. NIO/MD (AMAP)  

Marché du ciment au Mali : Une croissance de 5% en 2019

Bamako, 30 mars (AMAP) Le marché malien du ciment a enregistré au Mali une croissance de 5% en 2019, pour atteindre près de trois millions de tonnes, réalisant une forte progression de la production locale dans l’approvisionnement du marché. En De 750.000 tonnes en 2018, l’industrie malienne du ciment a injecté sur le marché 1.135.000 tonnes en 2019, soit une croissance de 51% d’une année à l’autre. Les trois cimentiers sénégalais (Ciments du Sahel, Sococim et Dangote), principaux fournisseurs du marché malien, ont globalement vu leurs ventes chuter de 13%, passant de 1.900.000 tonnes en 2018 à 1.660.000 tonnes en 2019. A l’inverse, la production locale a porté sa part de marché à 41%, contre seulement 28% en 2018. Trois sociétés de production sont présentes sur le marché. La plus ancienne est Diamond Cement, avec deux sites de production à Gangoterie (Kayes) et à Dio (Koulikoro). Son capital est contrôlé à 90% par le groupe indien Wacem SA. Le gouvernement y étant présent à hauteur de 10%. Sa capacité de production pourrait atteindre un million de tonnes par an. Le deuxième producteur est le groupe marocain Ciments de l’Afrique (Cimaf), installé à Diago, pour une capacité de 500.000 tonnes de ciment par an, extensible à un million de tonnes. La dernière venue est Ciments et matériaux du Mali, filiale à 95% de Sococim, le leader sénégalais du ciment. Sa production a démarré en septembre dernier. Elle vise une production de un million de tonnes par an. Avec la présence de ces trois industriels ayant fortement investi, au cours des dernières années, le marché malien du ciment espère atteindre l’autosuffisance dans les toutes prochaines années. Et permettre un approvisionnement régulier ainsi qu’une stabilité des prix fortement chahutée ces dernières semaines. YD/MD (AMAP)    

Bla : Les populations de Dougouolo financent les travaux d’entretien d’une piste sur fond propre

Bla, 20 février (AMAP) Les travaux d’entretien de la piste Soké-Dougouolo, estimé à plus de 10 millions de francs CFA, sur fond propre ont été lancés, lundi, sous la présidence du préfet de Bla, Boikary Traoré. Ce tronçon routier latéritique, qui sépare le village de Dougouolo de la Route nationale (RN), 6 d’une longueur de 9 km, est dégradé. Ce qui a amené le maire de la Commune rurale de Dougouolo, le chef de village, la jeunesse et les femmes à organiser une collecte de fonds, en vue de faire face aux travaux d’entretien de la voie et certaines pistes adjacentes. Après le mot de bienvenue du chef de village, le maire de la Commune rurale de Dougouolo, Salif Dao, a vivement remercié le préfet de Bla, pour son soutien à l’initiative de réfection de cette route. Il a, également, félicité les populations de Dougouolo pour le sacrifice  financier consenti. Le maire a, aussi, demandé au préfet de plaider, auprès du gouvernement, la nécessite du bitumage de cette route. Avant  de donner le premier coup de pioche a bord d’un gros engin de terrassement, Le préfet de Bla, a salué cette belle initiative du village de Dougouolo « qui doit servir d’exemple aux autres commues du Cercle de Bla ». « Ce sacrifice financier réalisé par les habitants du village est la preuve qu’ils vivent dans l’entente et dans une parfaite cohésion sociale », a dit M. Traoré. Le préfet a donné l’assurance au maire qu’il mettra tout en œuvre pour transmettre, à qui de droit, la sollicitation des populations. Les travaux seront exécutés par l’entreprise privée Issa Kansaye BTP Niono. Le village de Dougouolo, chef-lieu de la Commune du même nom, est situé au Sud–Est de Bla (Centre), à trois kilomètres de la Route nationale (RN) 8, à partir de Soké. Son  économie  repose, essentiellement, sur l’agriculture, l’élevage, le commerce et le transport. Chaque samedi, sa foire hebdomadaire, l’une des plus importantes de la Région de Ségou, accueille les forains en provenance de Ségou, Niono, San, Mopti, Koutiala, Sikasso. Souvent on y rencontre des forains venus du Burkina Faso et de la Côte d’Ivoire. BK/MD (AMAP)

Les apporteuses d’eau tirent leur épingle du jeu sur les chantiers de construction

Par Aminata DIAKITE Bamako, 15 janvier (AMAP) Au quartier de Tabacoro,  Fatou Théra, mère de trois enfants est devenue veuve très tôt alors que ses enfants étaient tout petits. Seule à les élever, elle s’est rabattue sur des petits métiers pour nourrir et entretenir sa progéniture. « Je vendais des oranges dans les quartiers. Je faisais la lessive pour les gens et, maintenant, avec mes amies du quartier, j’arrose les briques sur des chantiers de construction pour subvenir aux besoins de mes enfants », confie-t-elle. Des petits métiers comme celui de Fatou, l’arrosage des briques par les femmes dans les quartiers périphériques, peu de gens en connaissent l’existence. En effet, en dehors des tâches ménagères, de nombreuses femmes exercent ce métier sur des sites de travaux de construction, en remplissant des barils pour les maçons. Là, sur ces chantiers, les besoins en eau sont énormes et le précieux liquide peut rapporter gros. D’autres braves femmes, qui se battent autant pour subvenir à leurs besoins et à ceux de leur famille, font aussi la lessive, sont des tresseuses, etc. « Il n’y a pas de sots métiers, il n’y a que de sottes gens » dit l’adage.  On pourrait y ajouter : « Il y a d’honnêtes métiers pour gagner, aussi honnêtement, son pain quotidien ». Une autre apporteuse d’eau, Ramata Traoré, qui réside au quartier Farako/Mountougoula, pratique ce métier depuis deux ans. « Ça m’aide à faire face à mes besoins. Mon mari est mécanicien à Sirakoro. Il revient vers le petit soir et nous aide à remplir le reste des barils pour qu’on puisse terminer rapidement. Les enfants m’aident, souvent, à arroser et il nous arrive de gagner  plus de cinq mille francs par jour », explique-t-elle. Chez elle, c’est toute la maisonnée qui s’y met de bon cœur. Mais, ce n’est pas tous les jours que « la petite entreprise familiale »  travaille. « Il y a des moments où, les chantiers sont à l’arrêt », déplore notre interlocutrice qui achète de l’eau d’un château ou à une borne-fontaine, sauf pendant l’hivernage, où elle recueille l’eau de pluie dans les barils. « Contrairement à la saison sèche, la pluie nous permet d’économiser un peu d’argent car nous arrosons sans acheter de l’eau », souligne-t-elle. REVENU MENSUEL – Fanta Coulibaly, une jeune fille âgée de 17 ans habite à Sirakoro Cité. Elle est élève en 9è année de l’enseignement fondamental second cycle. Pendant les vacances, en plus des travaux ménagers, elle accompagne sa mère pour arroser les briques. Sa maman fait, aussi, la lessive pour des gens et ramasse des cailloux. « J’achète mes fournitures scolaires avec l’argent que je gagne en travaillant avec ma mère. Ainsi, je soulage ainsi mon père », dit la jeune fille, très lucide. Selon elle, le contenu d’un baril équivaut à 10 bidons de 20 litres et, sur chaque baril rempli d’eau, elle gagne 650 Fcfa. Korotoumou qui habite aussi à Sirakoro, indique qu’elle pratique ce métier grâce à une amie d’enfance et gagne sa vie. « Souvent, on peut gagner 50.000 Fcfa par mois et même plus. Ce qui nous permet de subvenir à nos besoins comme on peut. Mon frère aussi est arroseur de briques comme moi. Puisqu’il a des relations avec des maçons, il nous informe à chaque fois que des chantiers démarrent », raconte-t-elle. Quant à Moustapha Diarra, propriétaire d’un chantier en construction, il est satisfait des prestations de ces femmes qui arrosent ses briques. Pour lui, cela contribue, également,  à la lutte contre le chômage car, plus de cinq femmes peuvent s’occuper d’un seul chantier alors qu’il existe de très nombreuses maisons en construction dans les quartiers périphériques. « Elles remplissent un baril à 750 Fcfa et peuvent en remplir jusqu’à 10 par jour. Nous, les propriétaires, donnons cet argent aux maçons qui le leur remettent», souligne Moustapha. Thérèse Ongoiba se réjouit de pratiquer ce métier car, avec le revenu qu’elle en tire, elle peut subvenir aux besoins de sa famille. « Mon mari est un chauffeur de taxi. Il sort le matin et ne revient qu’au petit soir. Avant son retour, je fais ce travail pour pouvoir acheter de petites choses à nos enfants », dit-elle. « Comme tout travail, le nôtre a des avantages comme des inconvénients », poursuit-elle. « D’abord, c’est un travail physique, donc pénible. Ensuite, certains propriétaires de chantiers ne nous font pas confiance. Ils pensent qu’on a l’habitude de les voler et pour cette raison, ils envoient, de temps en temps, des superviseurs pour contrôler le remplissage des barils. Par ailleurs, il y a des maçons qui, eux aussi, ne sont pas très orthodoxes avec nous car, ils tentent de nous gruger. Ce qui provoque, des fois, des bisbilles entre nous, à propos du montant qu’ils nous doivent », déplore-t-elle. AD/MD (AMAP)

Commune urbaine de Mopti : Un projet d’infrastructures routières de 34 milliards de Fcfa

Par Dieudonné DIAMA Envoyé spécial Mopti, 30 décembre (AMAP) Le chef du gouvernement, Dr Boubou Cissé,a annoncé, dimanche, à Mopti, un projet d’infrastructures routières de plus de 34 milliards de Fcfa destiné à améliorer la mobilité urbaine dans les villes de Mopti et Sévaré. Ce projet, soumis au financement de la Banque ouest-africaine de développement (BOAD), va concerner l’aménagement du tronçon Sévaré-Mopti en 2×2 voies, d’un autre tronçon en 2×1 voies, l’aménagement en 2×1 voies du tronçon pour le contournement de l’aéroport de Mopti Ambodedjo et de dix kilomètres de voiries urbaines. M. Cissé, qui intervenait, à l’occasion de la célébration du centenaire de la Venise malienne, a précisé que ces réalisations rentrent dans le cadre de la stratégie de stabilisation de la 5è Région en proie à l’insécurité. « Au cœur de la stratégie de stabilisation du gouvernement, se trouvent, en bonne place, les activités de développement endogène à travers la réalisation d’infrastructures structurantes », a expliqué Dr Boubou Cissé. Pour lui, Mopti a besoin d’un souffle nouveau pour se relever et de rayonner comme jadis puisque « sa situation géographique stratégique le permet ». « La stratégie de stabilisation de la Région de Mopti est, également, centrée sur des actions de renforcement de la cohésion sociale, du vivre ensemble et de réconciliation », a indiqué le Premier ministre qui a salué les initiatives prises dans le cadre du centenaire de la Commune urbaine par les autorités régionales, municipales et la Mission intégrée multidimensionnelle des Nations unies pour la stabilisation au Mali (MINUSMA). Malgré la situation difficile, voire critique de la Région de Mopti, Dr Boubou Cissé a promis que le gouvernement ne baisse pas les bras. « Des actions seront amplifiées dans le cadre du programme de réduction de la violence communautaire, destiné à démobiliser les combattants enrôlés dans des groupes d’autodéfense, a-t-il annoncé. Dr Boubou Cissé a souhaité que la célébration du centenaire de Mopti, coïncidant avec le nouvel an, apporte à la Commune et, « plus largement à notre pays la paix, la stabilité et la quiétude, socles de la cohésion sociale, du redressement national et du progrès économique et social ». C’est aux environs de 9 heures que l’avion, transportant le chef du gouvernement et l’ancien président, Amadou Toumani Touré, a atterri á l’aéroport de Mopti. Les deux personnalités ont été accueillies par le gouverneur de la Région, le général Abdoulaye Cissé et le maire de la Commune urbaine de Mopti, Issa Kansaye. Ensuite, le cortège s’est ébranlé vers le terrain scolaire de Gangal où se tenait la cérémonie du centenaire. Les habitants sont sortis massivement pour être témoins de cet événement qui marquait le retour au bercail du président Amadou Toumani Touré. Le maire Issa Kansaye a indiqué que la célébration du centenaire exprimait la volonté de la municipalité de promouvoir des actions concrètes pour la relance de l’économie locale. Pour l’édile, il s’agit de montrer un nouveau visage de la ville aux partenaires techniques et financiers et au monde entier. « En plus, c’est un moment de retrouvailles et d’union sacrée autour du patrimoine commun », a précisé M. Kansaye, ajoutant que le choix du Dr Boubou Cissé pour présider cet événement traduit son engagement personnel et le rôle capital qu’il joue dans le développement économique du pays. « La signature, récemment, d’accords de financement et la tenue du Dialogue national inclusif en sont des illustrations », a fait remarquer l’édile qui a déploré la situation sécuritaire difficile que traverse la Région de Mopti, ces dernières années. « L’insécurité a durement éprouvé les activités principales sur lesquelles repose l’économie locale », a indiqué Issa Kansaye qui a sollicité, au nom de ses mandants, l’ancien président Amadou Toumani Touré « pour une mission d’apaisement des tensions, de retour définitif de la paix, de la cohésion sociale et du vivre ensemble entre les communautés ». Pour sa première prise de parole en public, depuis son retour de Dakar, après 7 ans d’exil, Amadou Toumani Touré, a rappelé qu’il a déjà effectué des missions de bons offices dans des pays lointains. S’il n’a « pas refusé d’aller s’occuper des conflits dans des pays frères, il ne refusera jamais de s’occuper des tensions dans (son) propre pays et surtout celles qui concernent Mopti », a-t-il souligné, avant d’assurer au maire qu’il est totalement acquis à la sollicitation. Promettant de revenir, spécialement. pour parler aux jeunes, il a invité ses cousins et neveux qui sont de l’autre côté du fleuve, dans les montagnes, dans le Seno, dans le Bourgou et partout afin qu’ils se mettent ensemble pour la paix et la cohésion sociale. Au confluent du fleuve Niger et de son affluent le Bani, Mopti, capitale de la 5è région administrative du Mali, était, il y a peu, une ville rayonnante grâce à l’élevage, l’artisanat, la pêche et le commerce et surtout le tourisme. Toutes ces activités, qui faisaient la fierté et la renommée de la Venise malienne ont, de nos jours, fortement périclité, du fait de la crise sécuritaire dont la Région est devenue un épicentre. La Commune urbaine de Mopti fête, cette année ses 100 ans. Les manifestations ont débuté depuis le 21 décembre et prendront fin demain. La cérémonie de dimanche a été marquée par la remise de distinctions honorifiques à des personnalités ayant contribué au développement de la Commune urbaine de Mopti, à l’ancien président Amadou Toumani Touré, au Premier ministre Boubou Cissé et au gouverneur de Mopti, le général Abdoulaye Cissé. Elle a pris fin par la coupure du gâteau du centenaire et la visite guidée des stands au niveau de la foire organisée dans le cadre de la célébration. Avant de regagner Bamako, Dr Boubou Cissé a procédé à l’inauguration du monument érigé en l’honneur de feu député Aly Maïga à Sévaré. DD/MD (AMAP)

Circulation routière : «Le pont des martyrs ne représente aucun danger pour les usagers», selon le ministère des Infrastructures et de l’Equipement

Bamako, 03 décembre (AMAP) Le ministère des Infrastructures et de l’Equipement a indiqué, lundi, que le post sur les réseaux sociaux insinuant que le pont des Martyrs, sur le fleuve Djoliba à Bamako, ne tient plus est un «fakenews». Dans un communiqué, le ministère précise que «le pont des Martyrs est âgé, maisil n’y a aucun risque de son utilisation tant que la mesure conservatoire prise, à savoir l’interdiction des gros porteurs, est appliquée». La direction nationale des routes rassure donc la population que le pont des Martyrs ne représente aucun danger pour les usagers. Depuis plusieurs jours, la rumeur circulait que ce pont, inauguré en 1957, tremblait sur ses fondations, créant un début d’inquiétude chez les habitants de la capitale. MD (AMAP)