Foire exposition internationale de Bamako: un millier d’exposants pour promouvoir le « made in Mali »

Bamako, 17 janvier (AMAP) La Foire exposition internationale de Bamako (FEBAK 2020), à laquelle prennent part 1.000 exposants contre 800 en 2018 et où on attend près de 300.000 visiteurs, a officiellement ouvert ses portes, jeudi, avec la coupure du ruban symbolique par le chef du gouvernement, Dr Boubou Cissé. Véritable espace de promotion économique et commerciale, la FEBAK, qui ambitionne cette année, de promouvoir le coton et toute la gamme de la production agricole et industrielle nationale offre aux opérateurs économiques maliens et étrangers une formidable occasion de promouvoir leurs produits, de vendre et de nouer des partenariats. Elle est, aussi, une opportunité pour exposer la gamme de nos produits locaux provenant de notre potentiel agricole et minier. Cette année, le nombre d’exposants est estimé à 1.000, contre 800 en 2018. Le Mali, compte tenu du potentiel qu’il a à montrer aux autres, est l’invité d’honneur de cette édition 2020. A cet effet, il est prévu une série de conférences sur l’un des produits d’exportation les plus importants du Mali, à savoir le coton. Le thème choisi est : « La valorisation et la transformation du coton ». Le président de la Chambre des commerces et d’Industrie du Mali (CCIM), Youssouf Bathily, a justifié ce thème, en rappelant que le Mali est parmi les plus grands producteurs de coton en Afrique. Sa filière coton représente environ 15% du Produit intérieur brut (PIB). Malheureusement, sa transformation s’arrête à l’égrenage dont près de 99% de coton fibre sont exportés. M. Bathily a, par ailleurs, regretté que le coton reste confronté aux problèmes de fluctuations du prix international dues à la spéculation et à la concurrence déloyale, aux subventions que certains pays accordent à leurs cotonculteurs. « En mettant une politique de transformation du coton sur place, a-t-il plaidé, les plus hautes autorités s’engageront véritablement dans un processus de création de richesses, d’emplois et de réduction de la pauvreté ». Cette politique limitera considérablement, selon lui, les énormes importations de tissus qui grèvent notre balance commerciale déjà déficitaire. Le président de la CCIM a, également, souligné l’importance de développer un partenariat sud-sud dans le cadre de la Zone de libre échange continentale africaine (ZLEC), pour encourager la coopération régionale, en faveur du développement du secteur du coton, en Afrique. La Chambre de commerce et d’industrie du Mali a, à en croire son premier responsable, un ambitieux programme de réalisation d’infrastructures. Projet « qui soutient les activités économiques tels que les centres multifonctionnels, les ports secs, les môles ainsi que la construction et la modernisation/réhabilitation de marchés au Mali », a-t-il relaté. Pour sa mise en œuvre, M. Bathily a sollicité l’accompagnement et le soutien des plus hautes autorités. Il a aussi constate, que le site actuel de la FEBAK, en raison de son importance grandissante par le nombre toujours croissant d’exposants, à chaque édition, est devenu étroit pour satisfaire la forte demande d’espaces. La CCIM ambitionne d’augmenter la capacité d’accueil. A cet effet, son président a, également, sollicité l’appui du Premier ministre et de son gouvernement, afin que les 50 ha promis par le président de la République, lors de la 12èmeédition, soient identifiés et attribués à la CCIM pour construire un véritable Centre international multifonctionnel dans la zone aéroportuaire. De son côté, le ministre du Commerce et de l’Industrie, Mohmed Ag Erlaf, s’est réjoui de la dimension internationale de la FEBAK qui se consolide, d’année en année. « Depuis quelques années, la participation à la FEBAK d’opérateurs économiques, tant maliens qu’étrangers, devient de plus en plus importante. Notre Foire est, désormais, inscrite dans l’agenda des hommes et des femmes d’affaires de plusieurs pays de la sous-région, d’Asie, d’Europe et d’Amérique. Ce qui en fait la plus grande manifestation économique et commerciale de notre pays », a souligné M. Ag Erlaf. Il a salué la présence d’une importante délégation du Conseil des chambres saoudiennes de commerce et d’industrie et les responsables du Fonds saoudien de développement. Toute chose qui, selon lui, témoigne de la disponibilité du royaume d’Arabie Saoudite à contribuer à l’émergence du secteur privé du Mali. Par ailleurs, Mohamed Ag Erlaf a dit que la diversité des produits issus des unités industrielles du Mali est perceptible à travers la FEBAK, témoignant de sa vocation nouvelleà promouvoir le « Made in Mali » et à valoriser la production nationale par la création d’opportunités d’échanges multiples et multiformes. D’où l’heureuse initiative de la CCIM qui a mis le Mali à l’honneur, avec un accent particulier sur le coton – textile – habillement. Au nom du Premier ministre et du gouvernement, il a félicité le président et les membres du bureau de la CCIM, ainsi que la commission d’organisation pour son travail. La cérémonie a enregistré la présence de plusieurs membres du gouvernement, de représentants diplomatiques, d’hommes d’affaire. ADS/MD (AMAP)

Ouverture de la 13ème édition de la FEBAK, jeudi à Bamako

Bamako, 17 janvier (AMAP) La cérémonie d’ouverture de la 13ème édition de la Foire exposition internationale de Bamako (FEBAK 2020) a été présidée jeudi, sur le site de l’exposition à Kalabancoura, en Commune IV du District de Bamako, par le Premier Ministre, Dr Boubou Cissé, sous le thème : «La valorisation et la transformation du coton», a constaté l’AMAP. C’était en présence du ministre du Commerce et de l’Industrie, Mohmed Ag Erlaf, du président de la Chambre de commerce et d’Industrie du Mali, Youssouf Bathily, des diplomates, des hommes d’affaires, d’une délégation du Conseil des chambres saoudiennes de commerce et d’industrie et des responsables du Fonds saoudien de développement. La FEBAK constitue, selon les organisateurs, un véritable espace de promotion économique et commerciale qui offre aux opérateurs économiques maliens et étrangers une formidable occasion de promouvoir leurs produits, de vendre et de nouer des partenariats. S’exprimant au nom du Premier ministre, le ministre Ag Erlaf a salué les organisateurs pour cette importante initiative. «Depuis quelques années, la participation à la FEBAK d’opérateurs économiques tant maliens qu’étrangers devient de plus en plus importante. Notre Foire est désormais inscrite dans l’agenda des hommes et des femmes d’affaires de plusieurs pays de la sous-région, d’Asie, d’Europe et d’Amérique. Ce qui en fait la plus grande manifestation économique et commerciale de notre pays», a déclaré le ministre du Commerce. Le président de la CCIM, Youssouf Bathily a saisi l’occasion pour rappeler les difficultés liées au secteur du coton notamment la transformation du produit sur le plan local, les fluctuations du prix international, la spéculation et la concurrence déloyale. Youssouf Bathily a enfin souligné l’importance de développer un partenariat sud-sud dans le cadre de la Zone de libre échange continentale africaine (ZLEC), pour encourager la coopération régionale en faveur du développement du secteur du coton en Afrique. L’édition 2020 à laquelle près de 300.000 visiteurs sont attendus, ambitionne de promouvoir le coton et toute la gamme de la production agricole et industrielle nationale ADS/KM (AMAP)

Gao : Incendie d’un dépôt de carburant

Gao, 16 janvier (AMAP) Un dépôt anarchique de carburant, situé au 4è quartier de Gao, non loin du cimetière d’Aljanabandja, a pris feu, jeudi, aux environs de 10 heures, causant des dégâts matériels considérables mais pas de perte en vie humaine, a constaté sur place l’AMAP. Sur quatre camions de 25 tonnes contenant chacun 140 fûts d’essence, un seulement a été calciné, en plus de 30 fûts de gasoil. Le propriétaire du dépôt de carburant, Baba Ould Moctar, a estimé les dégâts à 83 millions de Fcfa. Selon le propriétaire des lieux, Abdallah Ould Ahmed, le feu a été causé par le frottement d’une clé plate qui permet d’ouvrir les fûts contenant l’essence. Le feu s’est propagé à une montagne de charbon de bois. Ce stock est adossé au mur d’enceinte du site d’où est parti le feu. Le propriétaire de cet autre lieu était sous le choc de la catastrophe qui était en train de consumer son stock de combustible. Pris de panique et déterminé à sauver coûte que coûte son bien, le vendeur de charbon a voulu se jeter dans le feu. Il a fallu la promptitude des voisins pour lui épargner une souffrance physique plus grande que ce que son instinct de survie lui a dicté. Le commandant de compagnie de la Protection civile, Mamadou Kéita, a indiqué que le lieutenant Fadouga Sissoko a été le premier à arriver sur les lieux du sinistre. Mais, vu l’ampleur du feu d’hydrocarbure, il a fait appel au directeur régional de la protection civile de Gao, le lieutenant colonel Abdoul Karim Coulibaly. Ce dernier a, aussitôt, ordonné le bouclage du périmètre de l’incendie en vue de sécuriser la vie des riverains. Les pompiers, qui n’ont pas tout le dispositif et l’équipement nécessaires pour l’extinction de ce genre de feu ont fait appel aux éléments de la Mission intégrée multidimensionnelle des Nations unies pour la stabilisation (MINUSMA) pour les aider à maîtriser l’incendie. Interrogé, le lieutenant colonel Abdoul Karim Coulibaly a déploré ces dépôts anarchiques d’hydrocarbures dans la ville de Gao où les opérateurs persistent dans cette pratique très dangereuse et porteuse de périls. « L’incendie d’aujourd’hui en est une des conséquences, parce que pour éteindre un feu d’hydrocarbure, il faut beaucoup d’hydrant », a-t-il dit. « Outre la distance à parcourir entre la caserne des sapeurs pompiers et le lieu du sinistre, nous ne disposons pas de toutes les matières nécessaires pour éteindre un incendie d’hydrocarbure », a déploré, de son côté, le commandant de compagnie Mamadou Kéita. AT/MD (AMAP)

Grand froid et vent glacial à Niafunké, dans le Nord du Mali

Par Fadi CISSE Niafunké, 16 janvier (AMAP)  A Niafunké, localité située dans la Région de Tombouctou, le froid bat son plein actuellement, comme un partout au Mali. Ce vendredi matin, il est 8 heures à Djoulabougou, un des quartiers les plus peuplés de la ville. Les rues et ruelles sont vides. Or, en période de chaleur, elles sont grouillantes de monde dès 6 heures du matin. Un grand froid accompagné de vent glacial et poussiéreux balaie la ville, depuis quelques jours. Obligeant ainsi les familles à trouver des astuces pour s’en prévenir. Dans la famille Maiga, le petit garçon Abdoulaye Maiga vient de se réveiller. Il a à ses côtés unebouilloirecontenant de l’eau pour se laver le visage. Mais, par ces temps (frais) qui courent, il semble manquer de courage pour faire le geste. « J’ai peur de la fraîcheur de l’eau. Si je pouvais, je ne me laverais pas le visage jusqu’à la fin du froid. Ainsi, je n’aurai plus à avoir peur du froid et de l’eau fraîche et ma maman ne me gronderait plus pour que je me lave le visage tous les jours », pleurniche le petit garçon. Non loin de chez les Maïga, dans la famille Dicko, la doyenne Ténin est accroupie dans la cuisine près d’un foyer amélioré. La veille femme de près 90 ans donne l’impression de surveiller une grosse marmite remplie d’eau posée sur le feu. « Comme je n’ai rien à faire, j’aide mes belles-filles à chauffer de l’eau dont se serviront mes enfants et petits enfants pour faire leur bain matinal, en cette période de grand froid », explique la nonagénaire. Selon elle, il est des jours où la marmite reste poser sur le feu jusqu’au petit soir. L’eau chaude est utilisée, non seulement, par les membres de la famille Maïga mais, aussi, par des voisins qui ont la paresse de chauffer de l’eau. A peine la conversation terminée, son fils ainé, tenant une bouilloire et une brosse à dents, se dirige vers la cuisine. Visiblement assailli par le froid, il remplit son récipient d’eau chaude pour faire son entretien du matin. Pendant ce temps, les élèves, portant des tenues lourdes et bien chaudes contre le froid, prennent le chemin de l’école. En route, filles et garçons grelottent de froid, malgré leurs habits chauds et lourds. Certains portent même des chapeaux ou des écharpes pour se protéger la tête et le cou. D’autres, par contre, préfèrent sécher les cours, en restant à la maison. La petite Aïssata est l’une d’elles. Un fouet à la main, sa mère la menace au motif qu’elle refuse de sortir du lit, le matin, pour se rendre à l’école. La nuit, la température baisse encore plus. Au niveau du quartier Haousankorè, il est 20 heures. Les rues sont désertes. Quelques rares boutiquiers ont ouvert leurs portes. Les jeunes, eux, préfèrent former maintenant les « grins » dans un coin de leur chambre, autour du feu et du thé. « Mes amis et moi, nous remplissons chaque soir un petit foyer de feu pour nous chauffer et lutter contre ce froid perçant», explique Garba Touré. « Une autre astuce, ajoute-t-il, est de se remplir le ventre de nourritures consistantes et chaudes, avant s’enturbanner le visage pour le protéger du vent ». En la matière, le Dr Daouda Touma Koné, directeur technique du Centre de santé communautaire (CSCOM) central de Niafunké, explique qu’on a froid lorsque la température ambiante est plus basse que la température corporelle qui est estimée entre 36/1 et 37/5. Pour le médecin généraliste, le froid peut engendrer des maladies telles que le rhume, le desséchement de la peau, des problèmes oculaires dus à la poussière provoquées par le vent sec, l’épitaxie (le saignement du nez), les angines de gorge… Pour éviter ces problèmes de santé, conseille-t-il, il faut se protéger en portant des habits épais. Dr Koné suggère aussi de boire constamment d’eau même quand on n’a pas soif, de se laver régulièrement avec de l’eau tiède et non fraiche, de réduire l’exposition à la poussière, de se couvrir le nez ainsi que les yeux et la bouche. « Il faut s’appliquer les émollientstel que le beurre de karité, boire des boissons chaudes comme le thé, le lait et faire des activités physiques légères et régulières », préconise la praticien qui invite les parents à prendre suffisamment soin des enfants, en leur faisant porter des habits chauds et en mettant du beurre de karité dans leur nez. FC/MD (AMAP)

L’Union européenne fournit 13 véhicules blindés à la Force conjointe du G5 Sahel (Communiqué)

Bamako, 17 janvier (AMAP) La Délégation de l’Union européenne (UE) au Mali a procédé ,vendredi, à Kati,  (près de Bamako) à la remise de 13 véhicules blindés à la Force conjointe du G5 Sahel, annonce un communiqué de l’UE. Le Représentant spécial de l’UE  pour le Sahel, Angel Losada, a réitéré l’engagement de l’UE, a réitéré l’engagement de l’Europe à accompagner le Mali dans sa réforme sécuritaire. Il a, aussi, rappelé que « cette remise confirme une nouvelle fois l’engagement concret de l’Union européenne en soutien de l’opérationnalisation de la Force conjointe ». «Ces 13 Véhicules blindés tout-terrain bastions (8 blindés sont destinés au transport de troupes, 2 à la lutte anti Engins explosifs improvisés (IED), 2 pour les évacuations sanitaires et le dernier est aménagé en poste de commandement) sont destinés à équiper les deux bataillons maliens de la Force Conjointe du G5 Sahel », indique le communiqué. Ils font partie d’un lot de 46 véhicules blindés déjà ou en passe d’être livrés par l’UE à la Force conjointe dans les cinq pays du G5 Sahel, dans le cadre du projet d’appui de l’UE à la Force sahélienne financé à travers la Facilité de paix africaine, mise en œuvre par Expertise France. La Force conjointe du G5 Sahel a pour objectif de lutter contre le terrorisme et la criminalité transnationale organisée, notamment en menant des opérations militaires conjointes transfrontalières entre les pays du G5 Sahel, nommément le Burkina Faso, le Niger, le Tchad, la Mauritanie et le Mali. La Force du G5 Sahel contribue ainsi à la stabilisation du Mali, en améliorant la sécurité des populations, le contrôle du territoire et la gestion des espaces frontaliers, par les services de l’État, dans le respect de l’État de droit. L’UE accompagne, politiquement et financièrement, la mise en place du G5 Sahel ainsi que certains de ses projets, en matière de développement. Dès la création de la Force conjointe du G5 Sahel, l’UE et les Etats membres se sont fortement engagés au niveau politique pour la soutenir et ont ainsi décidé de l’appuyer pour un montant de 155 millions d’euros (plus de 100 milliards de FCFA) dont près de 70% sont aujourd’hui réalisées ou livrées. L’UE s’est, également, engagée à renforcer son soutien à la Force conjointe avec un financement additionnel de 138 millions d’euros (90 milliards de FCFA), comme l’a confirmé Josep Borelli , haut représentant de l’Union pour les affaires étrangères et la politique de sécurité et vice-président de la Commission européenne, lors du sommet du G5 sur le Sahel à Pau. Ce soutien comprend également, la mise en place d’un cadre de conformité aux Droits de l’Homme et au Droit Humanitaire International pour la Force conjointe du G5 Sahel, en partenariat avec le Haut-Commissariat des Nations Unies aux droits de l’Homme, un soutien opérationnel et logistique à la Force conjointe via la Mission intégrée multidimensionnelle des nations unies pour la stabilisation au Mali (MINUSMA, un appui à la structure de gouvernance du G5 Sahel et le soutien au développement de la Composante Police de la Force conjointe du G5 Sahel. « L’UE est elle-même un acteur clé de la sécurité dans la région, avec ses 3 missions opérationnelles dans le cadre de la politique commune de sécurité et de défense : EUCAP Sahel Niger, EUCAP Sahel Mali, Mission de formation de l’UE (EUTM) au Mali », rappelle le communiqué. « Avec huit milliards d’euros d’aide au développement (2014-2020), l’UE et les Etats membres sont les principaux donateurs pour les pays du G5 Sahel », ajoute la même source. .La cérémonie présidée par le représentant du ministre de la Défense et des Anciens combattants, le Directeur du matériel, des hydrocarbures et du transport des armées (DMHTA), le général de brigade Moustapha Drabo, s’est déroulée en présence, également,  de l’ambassadeur de l’UE au Mali, Bart Ouvry, du Commandant adjoint de la Force conjointe du G5 Sahel, le général de brigade Mamary Camara, des ambassadeurs et représentants des Etats membres de l’UE, du Commandant de l’EUTM Mali, le général de brigade João Pedro Boga Ribeiro. MD (AMAP)  

Insémination artificielle animale : Ça peut rapporter gros

Par Mariam F. DIABATE Bamako,16 janvier (AMAP) Au Mali, un grand nombre d’éleveurs a compris que l’amélioration génétique a des avantages pour l’exploitation des étals qui sont destinés à la production et pour la vente de lait, de viande ou d’animaux sur pied. Si certains utilisent la pratique dans le but d’accroître leur production laitière, ceux, en revanche, qui font de l’embouche bovine pour vendre les animaux aux bouchers, exploitent le créneau de l’insémination pour améliorer leur production de viande. Dans les deux cas de figure, l’insémination artificielle, un outil privilégié pour l’amélioration génétique des races animales, permet aux éleveurs de réaliser des profits. « Une bonne initiative ! », Modibo Siby, commerçant de vaches et veaux métis au marché à bétail du quartier « Sans fil » de Bamako « Personnellement, je l’ai introduit dans mon élevage dans le but d’accroître ma production laitière », a-t-il affirmé. Il pratique le métier depuis 7 ans. Assis sous un hangar, au milieu de son parc à bétail, il est indifférent à l’odeur de la bouse et d’urines d’animaux. Il a expliqué que l’insémination artificielle animale a considérablement augmenté sa production laitière. « De 4 litres de lait, je suis à plus de 50 litres par jour », a-t-il souligné, avant d’ajouter que cette production lui rapporte gros. Par ailleurs, M. Siby trouve que le commerce de ces animaux est aussi intéressant. « Le veau métis (d’un an) et sa génitrice (vache locale) peuvent rapporter plus d’1 million de Fcfa. Quant au prix du veau, il varie entre 250.000 et 300.000 Fcfa », a-t-il révélé, ajoutant qu’il cède ses vaches locales inséminées entre 350.000 Fcfa et 425.000 Fcfa. « Actuellement, je dispose de 15 vaches inséminées. Je projette d’inséminer 7 pour ce mois », affirme Mamadou Bah, éleveur à Sikasso. Propriétaire de 36 têtes de bœufs, le quinquagénaire est installé dans une grande cour, près de l’abattoir de Sikasso, sur la route de Bougoula hameau. « Les gens s’approvisionnent ici, depuis que j’ai commencé l’insémination. Je n’ai jamais acheté du lait nulle part ailleurs », dit-il, fier de lui. Il a commencé l’élevage en 2013. Trois ans plus tard, il a introduit la pratique de l’insémination dans son étal. Tout comme le précédent interlocuteur, M. Bah accorde une grande attention à la production laitière. Celle-ci lui permet de gagner de l’argent. « Avec mes races locales, j’avais 30 litres de lait. Aujourd’hui, je collecte une centaine de litres par jour », a-t-il affirmé. Il cède le litre à 500 Fcfa aux détaillants et 400 Fcfa aux grossistes. Egalement, l’éleveur peulh nous confie qu’il a tout récemment vendu 7 vaches métisses à 16 millions de nos francs. « En général, je vends ma vache métissée à 900.000 Fcfa. Quand elle est inséminée son prix varie entre 1.500.000 et 1.700.000 Fcfa. Ma métisse de moins de 3 ans, je la cède à 1.400.000 Fcfa, alors que celle de 9 mois coûte 800.000 Fcfa. Mon taureau métis d’un mois coûte 600.000 Fcfa», a-t-il précisé. Il a ajouté qu’en ce moment, il n’a plus de taureaux car, une fois qu’ils naissent, les clients se précipitent pour les acheter. Ils sont très prisés. « Le prix de nos bœufs de race locale, entre 1 et 3 ans d’âge, ne dépasse pas 250.000 Fcfa. L’insémination artificielle permet d’apporter une plus value, puisqu’on peut vendre un bœuf métis de moins de 2 ans à plus d’1 million de Fcfa », nous a expliqué Souleymane Coulibaly, un autre éleveur de Sikasso, dont la ferme est située à Kaféla, sur la route du Burkina Faso. Le sexagénaire possède 70 têtes de bovins, dont 40 vaches inséminées. « L’argent que je gagne grâce au commerce du lait me satisfait largement. Il couvre toutes mes dépenses (entretiens des animaux, salaires des travailleurs et dépenses personnelles) », a-t-il dit. Souleymane Coulibaly souhaite synchroniser l’insémination de ses vaches afin d’avoir de nombreux veaux métis de même âge le jour des mises bas. L’éleveur de Niono, Diaguely Diakité, reconnaît les avantages de la production laitière de ses vaches inséminées. « Avec mes quatre vaches inséminées, je peux avoir entre 22 et 35 litres de lait par jour », a-t-il confié, ajoutant qu’après la vente, l’argent lui permet de payer ses employés, d’acheter du tourteau et des herbes pour ses animaux et de couvrir ses dépenses familiales. En outre, M. Diakité transforme une bonne partie de son lait en fromage et yaourt. « Cet argent me permet d’économiser », a-t-il dit. TAUX D’INSEMINATIONINTERESSANT – En termes d’avantages de la pratique, le Pr Diakaridia Traoré ne tarit pas d’éloges sur l’insémination. Il est le directeur général du Centre national d’insémination artificielle animale(CNIA).« Avec l’insémination artificielle animale, les métis en âge de production donnent 10 à 15 litres de lait, par jour alors que les races locales font, seulement, de 2 à 3 litres », a-t-il expliqué. Tout en précisant que le coût normal de l’insémination est de 46.000 Fcfa, le coût subventionné par l’Etat est de 10.000 Fcfa pour la chaleur naturelle (période de l’ovulation de la femelle) et 17.000 Fcfa pour la chaleur synchronisée (l’ovulation de plusieurs femelles).   Se prononçant sur les défis de l’insémination artificielle au Mali, le directeur général du CNIA pense qu’il faut un accès à un centre adéquat afin de pouvoir bien travailler. Pour le Pr Traoré, les défis sont pluriels parmi lesquels, il faut compter la difficile condition d’importation de la semence et les moyens de transport des semences vers les régions. L’arrêt de l’approvisionnement des inséminateurs en azote liquide (le liquide qui permet de conserver la semence), la non acquisition des semences montbéliarde fortement demandées par les éleveurs, le redéploiement du fonds alloué à l’insémination à d’autres activités par le gouvernementsont, aussi, des contraintes sur lesquelles il attire l’attention.   Selon certains inséminateurs, la réussite de l’insémination dépend de trois facteurs : la compétence de l’éleveur, celle de l’inséminateur et la bonne santé de la femelle. En cas de défaillance d’un de ces trois facteurs, l’insémination échoue. « Le problème majeur de l’insémination est qu’une grande partie des éleveurs ont la mentalité que la pratique doit, coûte que coûte, réussir. Or, que ce soit les humains ou les

Communiqué du Conseil des ministres du mercredi, 15 janvier 2020

Le Conseil des Ministres s’est réuni en session ordinaire, le mercredi, 15 janvier 2020 dans sa salle de délibérations au Palais de Koulouba sous la présidence de Docteur Boubou CISSE, Premier ministre, Chef du Gouvernement. A l’ouverture de la session, le Premier ministre a fait observer une minute de silence à la mémoire de Docteur Témoré TIOULENTA, ministre de l’Education nationale, décédé le 10 janvier 2020 à Bamako. En cette douloureuse circonstance, il a salué les efforts de l’illustre disparu en faveur de la promotion de l’éducation, de l’enseignement supérieur et du jeu démocratique. Le Premier ministre a également exprimé, en son nom propre, au nom du Président de la République et des membres du Gouvernement, à la famille du défunt ses condoléances les plus attristées. Après examen des points inscrits à l’ordre du jour, le Conseil a adopté des projets de texte. AU CHAPITRE DES MESURES LEGISLATIVES ET REGLEMENTAIRES AU TITRE DU MINISTERE DE L’ECONOMIE ET DES FINANCES Sur le rapport du ministre de l’Economie et des Finances, le Conseil des Ministres a adopté : Un projet de décret portant approbation du marché relatif aux travaux de construction et de bitumage de la route Kwala-Mourdiah-Nara, Section 2 : Kaloumba-Nara. Le marché est conclu entre le Gouvernement de la République du Mali et l’Entreprise GREEN LINE pour un montant de 17 milliards 54 millions 87 mille 360 francs CFA hors taxes et hors douanes et un délai d’exécution de 18 mois incluant les saisons de pluies. La construction de la route Kaloumba-Nara, d’une longueur de 54,05 Km, contribuera notamment à améliorer les conditions de transport des personnes et de leurs biens sur le corridor Bamako-Nouakchott et à promouvoir l’économie nationale. Un projet de décret portant approbation de l’Avenant n°1 au Marché n°00020 DGMP-DSP-2017 relatif aux travaux de construction et de bitumage de la route Yanfolila-Kalana-Frontière Guinée. L’avenant, sans incidence financière, est conclu entre le Gouvernement de la République du Mali et l’Entreprise COVEC-Mali. Il vise à proroger de cinq (05) mois le délai d’exécution du marché initial pour tenir compte du retard accusé à cause de la construction du pont, situé entre Yanfolila et Badogo sur le fleuve Ballé. Un projet de décret portant approbation du marché relatif à la réalisation de la cartographie géologique du Birimien à un cinquante millième du Mali Sud. Le présent marché est conclu entre le Gouvernement de la République du Mali et le Bureau d’Etudes EUREKAGEO SARL pour un montant de 1 milliard 789 millions 74 mille 700 francs CFA toutes taxes comprises et un délai d’exécution de 36 mois. L’exécution de ce marché permettra d’améliorer les infrastructures cartographiques de base, de contribuer à la promotion du secteur minier et au développement socio-économique de notre pays. Un projet de décret portant approbation du marché relatif à l’extension de la fibre optique pour les zones de Mopti, Koro, Tombouctou, Gao, Ansongo, Labezanga, le réseau d’accès par câble à la fibre optique, le système de vidéosurveillance, le système EID du Projet Mali Numérique. Le marché est conclu entre le Gouvernement de la République du Mali et la société China International Télécommunication Construction Corporation pour un montant hors taxes de 161 millions 970 mille 711 virgule 57 Dollars US et un délai d’exécution de 24 mois. La réalisation de ces travaux contribuera notamment à : – améliorer la desserte en moyens de communication des localités traversées par la fibre optique ; – renforcer la lutte contre l’insécurité, le terrorisme et la criminalité ; – favoriser la création d’emploi dans le domaine des nouvelles technologies de l’information et de la communication. Un projet de décret portant approbation de la Convention de Concession pour la construction et l’exploitation de la centrale solaire photovoltaïque en BOOT de 50 Méga Watt crête à Tiakadougou-Dialakoro, Cercle de Kati, Région de Koulikoro, à la Société AMEA MALI SOLAR SA. La convention est conclue entre le Gouvernement de la République du Mali et la société AMEA MALI SOLAR SA pour un montant de 44 milliards 600 millions de francs CFA hors taxes et droits de douanes. La durée de construction de la centrale est de 12 mois pour une durée d’exploitation de 25 ans. La mise en œuvre de cette convention permettra entre autres : – d’augmenter l’offre à travers une source d’énergie propre, inépuisable et à moindre coût ; – d’augmenter la part des énergies renouvelables dans le mix énergétique ; – de résorber de façon substantielle le déficit de production ; – de développer les compétences locales à travers la création d’emplois ; – d’améliorer la qualité du service public de l’électricité. AU TITRE DU MINISTERE DE LA JUSTICE ET DES DROITS DE L’HOMME Sur le rapport du ministre de la Justice et des Droits de l’Homme, Garde des Sceaux, le Conseil des Ministres a adopté un projet de décret fixant les modalités d’application de la Loi n°2018-003 du 12 janvier 2018 relative aux défenseurs des Droits de l’Homme. La loi du 12 janvier 2018 offre aux défenseurs des Droits de l’Homme les garanties nécessaires à l’exercice de leurs activités. Le projet de décret adopté en application de cette loi détermine entre autres : – les critères à remplir par toute personne physique ou morale, pour avoir la qualité de défenseur des Droits de l’Homme ; – les obligations de l’Etat en matière de protection des défenseurs des Droits de l’Homme dans l’exercice de leurs activités. AU TITRE DU MINISTERE DE L’ADMINISTRATION TERRITORIALE ET DE LA DECENTRALISATION Sur le rapport du ministre de l’Administration territoriale et de la Décentralisation, le Conseil des Ministres a adopté un projet de décret portant modification du Décret n°07-262/P-RM du 02 août 2007, modifié, fixant l’organisation et les modalités de fonctionnement du Centre de Formation des Collectivités territoriales. Le Centre de Formation des Collectivités territoriales est un établissement public à caractère scientifique et technologique ayant pour mission d’assurer la formation et le perfectionnement des agents des collectivités territoriales et la réalisation d’études dans le domaine de la décentralisation. Le projet de décret adopté modifie la composition

Des opérateurs privés maliens en quête d’opportunités à la Semaine durable d’Abou Dhabi

Envoyés spéciaux Madiba KEITA Aliou SISSOKO Abou Dhabi, 15 janvier (AMAP)  Des opérateurs privés maliens participent à la Semaine durable d’Abou Dhabi à la recherche de partenaires pour des investissements en matière d’énergie solaire, a constaté l’AMAP Parmi ces quelques opérateurs privés maliens, Mody Sacko, directeur de l’entreprise Mohacom Sarl. Selon lui, le Mali et les autres pays africains qui ont suffisamment de soleil, pendant toute l’année, n’ont pas le choix, ils doivent migrer vers les énergies renouvelables. M. Sacko dit être à la Semaine durable d’Abou Dhabi pour saisir des opportunités. «Ce pays du Golf est connu pour sa production pétrolière. Malgré tout, il envisage de construire une centrale solaire de 100 mégawatts au Mali. C’est pour vous dire que tous les pays sont conscients du réchauffement de la planète. Ils essayent donc de lutter contre ce phénomène en faisant des investissements dans le domaine des énergies renouvelables », dit-il. Et l’entrepreneur malien de dire sa surprise que cette Semaine durable d’Abou Dhabi sur les énergies renouvelables, qui se tient chaque année, soit une initiative de pays producteurs de pétrole. Mardi, le président Ibrahim Boubacar Keïta, en compagnie du ministre de l’Energie et de l’Eau, Sambou Wagué, a visité le Salon où des entreprises, universités et autres spécialistes de questions énergétiques, hydrauliques et environnementales exposent leur savoir-faire. Le chef de l’Etat s’est arrêté, notamment aux stands de Total, de l’Université d’Abou Dhabi, d’AMEA Power, une entreprise des Emirats arabes unis spécialisée dans les projets énergétiques à partir de sources conventionnelles au Moyen-Orient, en Asie et en Afrique. C’est cet argument que le président Keïta a mis en avant lors de son intervention au panel du mardi dernier. La compagnie énergétique japonaise, Univergy Solar, réalise des projets des centrales solaires, à travers le monde. Son représentant en Afrique de l’Ouest, le Sénégalais Mansour Diagne, estime que nos Etats sont condamnés à aller vers les énergies renouvelables qui sont, non seulement écologiques mais, également, accessibles aux populations des ville comme des campagne. Avec une architecture inspirée de l’union du désert et de la mer, le Centre national des expositions est l’une des attractions d’Abou Dhabi, capitale des Emirats arabes unis. Considéré comme le plus grand centre d’exposition au Moyen-Orient, il a été inauguré en 2007 par son Altesse Cheikh Khalifa Bin Zayed Al Nahnyan, président des Emirats arabes unis et Emir d’Abu Dhabi. Avec un espace intérieur de 73.000 m², ce gigantesque joyau architectural a un calendrier annuel d’activités variées, accueillant près de deux millions de visiteurs chaque année. Des événements de dimension internationale y sont, fréquemment, organisés, comme, présentement, la Semaine durable d’Abou Dhabi. MK/MD (AMAP)

Barouéli : Les responsables des maternités à l’école de l’approche d’amélioration de la qualité des soins et services

Barouéli, 15 janvier (AMAP) Un atelier sur l’approche d’amélioration de la qualité des soins et services, destiné à une trentaine de  matrones, d’infirmières obstétriciennes, de Sages femmes et de médecin,  des prestataires de santé, responsables des maternités, a ouvert ses travaux mardi à Barouéli, sous la présidence du préfet de Cercle, Dieudonné Sagara, a constaté l’AMAP. Organisé par l’USAID et le département de la Santé, il s’inscrit dans l’extension des activités du projet HRH 2030 dans les régions de Ségou et de Mopti qui vise à renforcer les capacités des ressources humaines en santé. Les participants vont échanger sur entre autres, les notions de qualité, la démarche d’amélioration de la qualité des soins et de services de santé maternelle, néonatale et infantile, les normes et procédures en santé de reproduction, la nutrition, le paludisme, la planification familiale et les indicateurs d’amélioration de la qualité. Le projet HRH 2030 vise à rendre compétitives les structures sanitaires dans les régions de Ségou et de Mopti. JC/KM (AMAP)

La pénurie de gaz butane paralyse des activités économiques à Bamako

Par Amadou B. MAÏGA Bamako, 15 janvier (AMAP)Mardi 07 janvier. Le soleil sur Bamako est enveloppé par un léger brouillard matinal. La météo affiche une température minimale de 15° C au Quartier du fleuve, en Commune III. Julienne Sidibé est assise derrière le comptoir de son restaurant. Où quelques clients prennent le petit déjeuner. En attendant l’arrivée de l’eau chaude qu’un employé est en train de faire bouillir, la gérante accepte de s’exprimer sur la pénurie de gaz à laquelle les usagers sont confrontés. En colère, la gérante du Bol de Jade juge accablante la situation. « De 7.500 Fcfa, la bonbonne de 12 kilos est, aujourd’hui, vendue entre 20.000 et 25.000 Fcfa », s’étonne-t-elle. A la question de savoir comment le restaurant fonctionne, elle s’exclame : « Hé ! Nous utilisons le charbon de bois, car nous y sommes obligés pour pouvoir assurer la continuité du service aux clients ». Comme la gérante de restaurant Julienne Sidibé, les foyers et autres consommateurs maliens sont privés de gaz butane, depuis un mois. La cause ? L’arrêt de la fourniture par les importateurs de ce combustible à usage domestique. Ceux-ci disent manquer de ressources financières nécessaires pour acheter, transporter et dédouaner ce produit commercial issu du raffinage du gaz naturel. Rappelons que ce produit dérivé du pétrole est importé de la Côte d’Ivoire, du Sénégal et du Ghana. En effet, au tout début de la pénurie, qui prend des proportions inquiétantes, quelques producteurs peinaient à satisfaire la forte demande nationale. Occasion opportune pour des spéculateurs de sortir leur stock, visiblement, conservé à dessein. Ainsi, dans certains endroits de Bamako, la bonbonne de 6 kilos était cédée à 5.000 Fcfa voire 6.000 Fcfa, contre 3.500 Fcfa. Ces provisions seraient épuisées, à présent. Conséquence : ménages, restaurants, industriels et autres petites activités dépendant du gaz butane sont paralysés à travers différents quartiers de la capitale malienne. A Bamako Coura, au siège de l’Agence nationale pour la promotion de l’emploi (ANPE), officient de nombreux kiosques vietnamiens spécialisés dans la vente de nems et de sandwiches. Rencontrée là-bas, une jeune Vietnamienne se force d’expliquer l’ampleur de la situation en langue nationale Bambara. « J’ai appelé mon fournisseur, il a répondu qu’il n’y a plus de gaz au dépôt », confie la jeune dame, en montrant du doigt une bonbonne vide de 12 kilos, l’air désemparée. A une centaine de mètres du kiosque, où travaille la vendeuse de nems, le jeune Bouba vend des omelettes qu’il prépare sur du gaz butane. Selon lui, avant la pénurie, la bonbonne de 6 kilos qu’il payait à 3.500 Fcfa pouvait durer plusieurs jours. Comparativement au charbon de bois, « le gaz fait notre affaire », affirme-t-il. Le manque de gaz a obligé Bouba à se tourner vers le charbon de bois. « Je n’ai pas le choix », dit-il. A côté de Bouba, des clients attendent impatiemment leur commande. Ils accusent l’Etat d’être le seul responsable de la situation. Selon eux, si la pénurie de gaz a atteint ce stade critique, c’est dû à la négligence de la part des autorités compétentes. En la matière, la subvention du gaz butane est gérée au niveau de plusieurs structures publiques. Il s’agit de l’Agence malienne pour le développement de l’énergie domestique et l’électrification rurale (AMADER), le ministère de l’Economie et des Finances et le Trésor public. A l’AMADER, la cellule de communication explique que le rôle de l’agence se limite à la collecte des factures des fournisseurs de gaz, faire les mandats des factures et les transmettre au ministère de l’Economie et des finances. L’AMADERdit avoir déjà effectué ce travail et transmis les mandats au ministère de l’Economie et des Finances, assurent ses communicateurs, qui ajoutent que les opérations de vérification et d’approbation des documents fournis par les opérateurs gaziers sont réalisées par l’Hôtel des finances. C’est après ces étapes que le Trésor public doit procéder au paiement par des virements bancaires. Selon une source au ministère de l’Economie et des Finances, les trois premiers trimestres de 2019 ont été déjà payés aux opérateurs gaziers pour un montant global de plus de 6 milliards de Fcfa. « Il reste à payer le quatrième trimestre au titre de 2019, reconnaît notre source qui explique ce retard est dû à la fermeture des crédits au titre de l’année fiscale 2019. « Il faudra alors, dit-elle, attendre l’ouverture des crédits pour 2020 pour apurer les arriérés de paiement ». Contacté à ce propos, le directeur de Sodigaz, Oudiari Diawara, dit que leur dernier paiement remonte à octobre 2018. Il précise qu’il avait, pour le mois d’octobre 2018, reçu un virement de 50 millions de Fcfa. ABM/MD (AMAP)