Mines : Loulo-Gounkoto dépasse ses prévisions de 2019
Bamako, 4 février (AMAP) Le complexe Loulo-Gounkoto de la compagnie minière Barrick Gold Corporation (fusion Barrick/Randgold) a dépassé ses prévisions pour 2019 avec une production annuelle de 714.802 onces d’or, a annoncé, jeudi, son président directeur général, Mark Bristow. Lors d’une conférence de presse qui a sanctionné les travaux du Conseil d’administration, M. Bristowa indiqué qu’« avec le développement de la troisième mine souterraine du complexe qui devrait démarrer au quatrième trimestre de cette année, et un programme intensif d’exploration dans la zone de Kéniéba, Loulo-Gounkoto a un potentiel important de croissance et est bien placé pour répondre à tous les objectifs de son plan de 10 ans». En termes de contribution à l’économie, Loulo-Gounkoto a, au cours de 2019, dépensé près de 157 milliards de Fcfa au profit des entrepreneurs et des fournisseurs locaux. « Le complexe continue de développer les entreprises locales à travers la création d’un fonds de plus de 2,5 milliards de Fcfa, destiné aux projets d’incubation pour l’intégration des entrepreneurs locaux dans l’industrie minière », a indiqué Dr Bristow. Il a rappelé qu’au cours des 23 dernières années, Barrick et Randgold Resources ont contribué pour plus de 3.600 milliards de Fcfa à l’économie malienne sous forme de taxes, redevances, salaires et autres paiements aux fournisseurs locaux. « Au cours de la même période, nos mines au Mali ont payé plus de 1.350 milliards de Fcfa en dividendes, taxes et redevances à l’État », a déclaré Mark Bristow qui assure que « c’est un principe cardinal » pour Barrick que les communautés profitent de l’exploitation minière. En la matière, Loulo-Gounkoto a continué d’investir dans les programmes de santé communautaire, d’éducation et de développement économique. « L’un de ceux-ci est le complexe agricole mis en place et financé à hauteur de plus de 1,1 milliard de Fcfa », a étayé le PDG de Barrik. Ajoutant que le complexe a produit sa première promotion de 48 jeunes agriculteurs qui ont été installés sur 30 nouvelles fermes agricoles. En matière d’énergie, Loulo-Gounkoto est, conformément à la stratégie d’énergie propre de Barrick, pionnière du premier projet d’énergie solaire du groupe qui sera développé en quatre phases. La mise en service de la première phase est prévue pour la fin du premier trimestre et la dernière au cours du quatrième trimestre de cette année. «Cela ajoutera 20 MW au réseau du complexe, baissera le coût unitaire de son énergie et réduira les émissions carboniques de quelques 40.000 tonnes par an», a relevé Mark Bristow. CMT/MD (AMAP)
Koro : Le trafic routier interrompu avec le Burkina Faso
Koro, 4 février (AMAP) Le trafic routier est totalement à l’arrêt depuis plus de deux semaines entre la ville de Koro, au Mali, et Ouahigouya, au Burkina Faso, en raison des menaces de groupes « djihadistes » opposés à tout mouvement sur le tronçon, selon des sources locales Après avoir procédé au sabotage d’un pont entre le village de Bih et la frontière, les groupes « djihadistes » ont ensuite commencé à détourner les véhicules de transport de la route pour conduire tous les occupants, dans la forêt afin de faire des prêches avant de les libérer. Depuis quelques semaines, ils se sont plus radicalisés, interdisant tout trafic routier entre la ville de Koro et le Burkina Faso. Les travaux de réparation du pont saboté ont été arrêtés depuis le 19 janvier 2020, suite à l’explosion d’un Engin explosif improvisé (EEI) au moment où les travailleurs de l’entreprise chargée des travaux creusaient la fondation du pont, faisant 2 morts et 3 blessés parmi les ouvriers. Les conséquences de l’arrêt du trafic routier entre Koro et le Burkina Faso se font ressentir dans toute la Région de Mopti (Centre). La Route nationale (RN) 15, à partir de Bih, dans le cercle de Koro, est la principale voie de ravitaillement des cercles de Koro, Bankass, Bandiagara et Mopti. Les gros porteurs et les véhicules de passagers, en provenance du Burkina Faso, du Bénin, du Togo et du Ghana, sont obligés de faire un détour pour rallier la région de Mopti. Toute chose qui commence à impacter, négativement, sur le quotidien des populations et sur l’économie locale. Des groupes terroristes sont très actifs dans la forêt qui longe la bande frontalière entre le Mali et le Burkina Faso. Les attaques des villes et villages de part et d’autres de la frontière, sont fréquentes dans cette zone. Durant les deux dernières semaines, la stratégie des groupes terroristes a consisté à vider tous les villages de leurs habitants. Ils ont, successivement, attaqué les localités de Zon, Pongonon, Bonkounba, faisant 8 morts, emportant le bétail et brûlant totalement ce dernier village. La dernière attaque dans cette zone est celle de Bana Gakou, à environ 35 km de Koro, le 2 février 2020, qui a fait 4 morts. MD (AMAP)
Lutte contre le terrorisme : Mise en place de l’opération « Maliko »
Bamako, 04 février (AMAP) Une opération dénommée « Maliko », visant à rétablir l’Etat dans ses fonctions régaliennes dans certaines régions du Mali, en s’appuyant sur l’action des Forces armées et de sécurité maliennes (FAMAs), est instituée, indique un décret présidentiel, en date du 30 janvier 2020. « Cette opération est soutenue et accompagnée par une administration publique disponible et performante, afin de répondre aux aspirations légitimes du peuple malien », indique la même source. L’opération « Maliko » prend en compte la coopération transfrontalière, régionale et internationale. Le Chef d’Etat-major général des Armées en assure le commandement. Selon le décret, l’opération couvre l’intégralité des Régions de Gao, Kidal, Tombouctou, Taoudénit, Ménaka, Mopti et Ségou. Elle est partagée en deux théâtres d’opérations (théâtre Est et théâtre Centre). Le premier théâtre couvre les Régions de Gao, Ménaka et Kidal avec son poste de commandement à Gao, tandis que le théâtre Centre concerne les Régions de Ségou, Mopti, Tombouctou et Taoudénit, avec son poste de commandement à Sévaré. Les forces engagées sur les théâtres sont commandées, respectivement par des officiers généraux ou supérieurs qui prennent le titre de « Commandant du théâtre ». Ils sont nommés par décret du président de la République, sur proposition du Chef d’Etat-major général des Armées. Ils sont secondés par des officiers généraux ou supérieurs appelés « Commandant en second du théâtre» lesquels les remplacent en cas d’absence, d’empêchement ou de vacance. Cette stratégie de défense donne aux commandants de théâtre autorité sur les forces armées et de sécurité, les forces paramilitaires ainsi que les moyens militaires se trouvant dans l’aire géographique couverte par les théâtres d’opérations respectifs. Ils sont chargés de la planification et la conduite des opérations, la défense civile, la sécurité des troupes, des moyens majeurs et des installations, l’utilisation des services, des personnes et des liens nécessaires à la conduite des opérations. Selon le décret l’instituant, l’opération « Maliko » bénéficie du soutien et des concours des autres ministères et services de l’Etat, à travers une action coordonnée par le ministre chargé des Armées. OD/MD (AMAP)
Coronavirus : Les Maliens résidant dans la ville de Wuhan se portent bien (Gouvernement)
Bamako, 4 février (AMAP) Les 43 ressortissants maliens, tous des étudiants, se portent bien et respectent les consignes des autorités sanitaires et académiques chinoises et de l’Ambassade du Mali en République Populaire de Chine, a appris l’AMAP de source officielle sur la situation du coronavirus. Dans un communiqué rendu public lundi par le Bureau de presse et de l’Information du ministère des Affaires étrangères, le Gouvernement de la République du Mali informe l’opinion nationale que 43 ressortissants maliens, tous étudiants, sont actuellement en résidence sur plusieurs sites universitaires dans la ville de Wuhan, capitale de la province du Hubei. « Le ministère des Affaires étrangères et de la Coopération internationale et le ministère des Maliens de l’extérieur appellent toute la communauté malienne de Chine au respect strict des mesures d’hygiène édictées par les autorités médicales chinoises », souligne le communiqué. « Le ministre des Affaires étrangères et de la Coopération internationale s’est entretenu avec plusieurs compatriotes dont le Secrétaire général de l’Association des étudiants et stagiaires maliens de Wuhan (AESMAO) pour leur apporter le réconfort et la solidarité du président de la République, du Gouvernement et de la Nation tout entière », précise le communiqué. Le communiqué déclare, par ailleurs, que « le ministère des Affaires étrangères et de la Coopération internationale et le ministère des Maliens de l’Extérieur voudraient rassurer les familles et tout le peuple malien que l’Ambassadeur du Mali et toute la représentation diplomatique maintiennent un contact permanent avec nos compatriotes de Wuhan ». « Le Ministre des Affaires étrangères et de la coopération internationale se félicite de la gestion transparente de cette crise par les autorités chinoises », indique le communiqué qui précise que le Gouvernement de la République du Mali exprime tout son soutien au Gouvernement de la République populaire de Chine dans ces circonstances difficiles. KM (AMAP)
Bart Ouvry, ambassadeur de l’Union européenne au Mali : «L’intérêt de l’Europe est un Mali stable et prospère »
Propos recceuillis par Souleymane B. TOUNKARA Bamako, 04 février (AMAP) Crise sécuritaire, processus de paix, Dialogue national insuclisif, aide au développement, coopération bilatérale, influence de l’UE en Afrique, le diplomate européen a livré son analyse sur toutes ces questions dans cet entretien qu’il a bien voulu nous accorder, L’Essor : Ces dernières semaines ont été marquées par plusieurs manifestations hostiles aux forces étrangères présentes au Mali. Quels commentaires vous inspirent ces manifestations ? Bart Ouvry : Ces manifestations traduisent avant tout un désarroi de la population à l’égard d’une montée de la violence. Nous comptons trop de victimes du terrorisme, trop de personnes déplacées et des effets désastreux sur le fonctionnement des écoles, des services de santé et un développement économique ralenti. Je comprends ce désarroi et je partage ces sentiments. Cela nous amène parfois à des discours extrêmement critiques sur la présence étrangère. Je crois que ces discours nous trompent, l’ennemi des Maliens, ce sont les groupes terroristes qui veulent déstabiliser le Mali et au-delà toute la zone sahélienne. L’intérêt majeur de l’Europe est un Mali stable et prospère. L’Essor : Quelles solutions propose aujourd’hui l’UE pour résoudre définitivement la crise qui secoue le Mali depuis 2012 ? Bart Ouvry : La crise au Sahel est multidimensionnelle et je vois en ce moment trois grands chantiers, où à chaque fois, l’UE peut contribuer aux réponses. Au Nord du pays, l’Accord pour la paix et la réconciliation apporte un cadre pour des solutions politiques à des tensions qui remontent très loin dans l’histoire du pays. L’UE est un des garants de cet Accord et nous restons convaincus qu’il apporte les solutions pour un cadre sociétal apaisé. A ce titre, je me réjouis du retour des FAMa à Kidal et j’ai pu féliciter le Président de cet acquis majeur, lors de mon audience avec lui la semaine dernière. Un deuxième chantier est la crise au Centre, où les groupes terroristes augmentent leurs attaques et où on observe en même temps de la violence intra et intercommunautaire. Nous apportons notre appui à des initiatives de médiation et de réconciliation et nous le faisons particulièrement en appui aux efforts du gouvernement. Le dernier chantier est la gouvernance du pays, où le Dialogue national inclusif (DNI) est une avancée majeure. La décision du gouvernement d’organiser les législatives est un autre pas important. De manière constructive, nous avons systématiquement encouragé tous les partis politiques et la société civile à s’engager dans le DNI. L’Essor : Le retour d’une paix durable passe nécessairement par les actions de développement dans les zones en proie à l’insécurité. Quelle est la nature de l’accompagnement de l’Union européenne à ce niveau ? Bart Ouvry : Le développement ne peut se faire sans la sécurité et sans développement nous n’aurons pas la sécurité. C’est donc une tâche compliquée qui demande une approche intégrée. La condition du succès est avant tout une volonté politique claire de sortie de crise et un rétablissement du contrat social. Notre but est de fournir les compétences et les équipements nécessaires à cette tâche. Au Centre, nous avons construit à Konna un camp sécurisé qui doit contribuer à la gouvernance et au développement dans la région. Outre une infrastructure permettant aux gendarmes de résister à des attaques terroristes, nous avons aussi réhabilité le marché de bétail local et rénové le centre de santé. Nous observons que les populations s’installent autour du camp de Konna et apprécient le retour de la protection de l’Etat. Actuellement, nous construisons au Centre quatre autres de ces camps et nous voulons aller au-delà. L’Essor : Le processus de paix était dans l’impasse depuis plusieurs mois, à cause de la suspension des travaux du Comité de suivi de l’Accord (Csa). Quel peut être l’apport de l’UE pour la relance des activités de ce comité ? Bart Ouvry : Le succès du Dialogue national inclusif permet aujourd’hui la reprise des travaux et nous nous réjouissons de ce sursaut. Nous dialoguons avec toutes les parties autour de la table et les Nations unies ont déjà inscrit des individus qui se comportent de manière inacceptable autour de cette problématique et nous pouvons aller plus loin dans cette pression sur ceux qui ne prennent pas leurs responsabilités. L’UE préside le sous-comité qui se penche sur la mise en pratique du Fonds de développement durable et grâce à des taxes spécifiques le FDD contient déjà des dizaines de milliards de FCFA. Le retour de la sécurité devrait permettre la mise en œuvre d’initiatives pour offrir des emplois aux Maliens habitant dans le nord du pays. L’Essor : Les Maliennes et les Maliens, dans leur diversité, viennent de se parler, à travers le Dialogue national inclusif. Quel pourrait être l’apport de l’Union européenne dans la mise en œuvre des conclusions de ces assises? Bart Ouvry : Le véritable enjeu du dialogue était politique, rétablir un large consensus entre Maliens sur la gouvernance du pays. Un pas géant a été fait et j’ai particulièrement apprécié l’apport des femmes maliennes dans le Dialgoue. Mais le calendrier de mise en œuvre est tenu. C’est le gouvernement qui prend en main la mise en œuvre et les élections annoncées pour mars sont un enjeu capital. Je note une volonté ferme du gouvernement d’assurer sur fonds propres et dans les délais les élections. Notre apport serait avant tout de l’expertise, par exemple par la formation des acteurs de la société civile. Eux jouent un rôle crucial dans l’observation des élections et permettent l’adhésion des Maliens au processus électoral. L’Essor : Parlons de la coopération entre l’UE et le Mali. Pouvez-vous nous parler de cette coopération vieille de plusieurs décennies et qui s’est densifiée au fil des années. Quels sont les principaux axes de cette coopération ? Bart Ouvry : Effectivement, la coopération entre l’Union européenne et le Mali a plus de 60 ans. C’est donc une relation qui a un véritable passé et qui est solide. Nous nous concentrons sur les infrastructures routières -la route de Tombouctou, la route de Kidal, mais aussi de distribution d’eau à Bamako avec la station d’eau de Kabala. Autres secteurs
Mopti : La planification opérationnelle 2020 des activités dans les académies de Douentza et Mopti en débats
Mopti, 4 février (AMAP) Un atelier sur la planification opérationnelle 2020 des activités dans les académies de Douentza et Mopti, organisé par l’ONG Aide et Action dans le cadre du projet d’Accompagnement de la Jeunesse et des Collectivités dans leurs Initiatives de Formation et d’Insertion professionnelle (ACTIF/AEAI-Mali), s’est déroulé jeudi dernier dans les académies de Mopti et de Douentza, a constaté l’AMAP. Cet atelier avait pour objectif de faire le bilan des réalisations de 2019, de planifier les activités de 2020, de partager et d’analyser les difficultés opérationnelles avec l’ensemble des acteurs. Le chef d’équipe du projet, Abdoulaye Diarra a rappelé la présence de l’ONG Aide et Action Internationale au Mali depuis 2018 qui met en œuvre la composante éducation et alphabétisation du projet ACTIF financé par l’AFD pour 4 ans (2018 – 2021) avant d’insister sur l’importance de l’organisation des ateliers de planification opérationnelle des activités qui permettent une appropriation de tous les acteurs. En 2020, le projet entend mettre un accent sur la construction et l’équipement de nouveaux centres d’alphabétisation, l’identification et le recrutement des animateurs et auditeurs des centres d’alphabétisation et post alphabétisation en français et l’organisation des formations et le recyclage des animateurs des centres d’alphabétisation et post alphabétisation en langues. A la clôture des travaux, le projet ACTIF a remis aux différentes structures de sa zone d’intervention un important lot de matériels composé de bureautique (tables, chaises, matériels informatiques), des téléviseurs, de matériels didactiques et des matelas pour un coût d’environ 80 millions de nos francs. La cérémonie s’est déroulée en présence des directeurs des académies d’enseignement de Mopti et de Douentza, des directeurs des centres d’animation pédagogique, des instituts de formation des maîtres, des IPRES et des responsables des structures partenaires, Action Mopti, Alliance Franco-Malienne, Aide et Action et Humanité & Inclusion. DC/KM (AMAP)
Gestion de la crise dans les Régions de Mopti et Ségou : 12,3 milliards de fcfa pour des actions prioritaires
Bamako, 04 février (AMAP) Le gouvernement a mis 12,3 milliards de Fcfa à la disposition du Projet de reconstruction et de relance économique (PRRE) pour mettre en œuvre le plan d’actions humanitaires de relèvement et de développement dans les Régions de Mopti et Ségou, a appris l’AMAP lors d’une réunion technique au Secrétariat permanent du cadre politique de gestion de la crise. Le financement est reparti comme suit : 6,593 milliards de Fcfa pour la sécurité alimentaire, 3,117 milliards de Fcfa pour l’eau, l’hygiène et l’assainissement, 412 millions de Fcfa pour la santé et la nutrition, 265 millions de Fcfa pour les abris et les biens non alimentaires. Et aussi 1,378 milliard de Fcfa pour l’éducation, 145 millions de Fcfa pour la production et 143 millions de Fcfa pour la coordination. Ces ressources bien que disponibles en 2019 n’ont pas été utilisées. Elles ont donc été reconduites pour cette année. Le secrétaire permanent du cadre politique pour la gestion de la crise dans les Régions de Mopti et Ségou, Boubacar Gaoussou Diarra, qui a présidé la réunion a, dans son intervention, rappelé que c’est le 11 décembre 2019 que le gouvernement a prélevé sur le filet social destiné au Plan de sécurisation intégré des Régions de Mopti et Ségou, le montant de 12,3 milliards de Fcfa pour la mise en œuvre d’actions humanitaires de relèvement et de développement. Boubacar Gaoussou Diarra a expliqué, ensuite, que la rencontre avait pour objectif d’établir une liste d’activités prioritaires à transmettre à la Primature. Il a précisé que les actions qui ne seront pas prises en charge par ce financement seront intégrées dans les plans d’actions de la stratégie de stabilisation des Régions de Mopti et Ségou. QUATRE AXES STRATÉGIQUES – Le gouverneur de la Région de Mopti, le général Abdoulaye Cissé, pour sa part, a salué l’initiative de cette réunion qui est l’occasion de coordonner les priorités régionales, afin d’accélérer la stabilisation des Régions de Mopti et Ségou. Selon lui, cela passe par une réalisation rapide des actions sur les quatre axes stratégiques du Plan de sécurisation intégré des Régions de Mopti et Ségou à savoir la sécurité, la gouvernance, le développement socio-économique et la communication. Le gouverneur de la 5è région a indiqué que plus de 90% des actions planifiées pour l’année 2019 n’ont pu être réalisées par les ministères techniques concernés. C’est pourquoi, il a jugé urgent de mobiliser des ressources et de les mettre à la disposition des gouverneurs de région et des responsables des collectivités territoriales, afin d’aller de l’avant dans la stratégie globale de stabilisation des Régions de Mopti et Ségou. Le général Abdoulaye Cissé a promis de créer les conditions nécessaires à la réalisation des actions programmées en 2020 dans sa région, en étroite collaboration avec les services déconcentrés, les collectivités territoriales et les partenaires techniques et financiers. De son côté, le gouverneur de Ségou, Biramou Sissoko, a indiqué que, comme dans la Région de Mopti, la plupart des activitésprogrammées en 4è région n’ont pas connu d’exécution. Il a signalé que la difficulté est relative au fait que les services régionaux des départements ministériels ne sont pas des chefs de programmes dans l’exécution du budget programme. Le gouverneur de Ségou a tout de même cité quelques réalisations faites dans sa région, à savoir l’équipement par le ministère de l’Administration territoriale et de la Décentralisation de 22 arrondissements en véhicules, l’installation, par le ministère de l’Energie et de l’Eau, de panneaux solaires dans une vingtaine de localités, la réalisation d’infrastructures scolaires. Il a cité aussi d’autres actions réalisées par le ministère de la Solidarité et de la Lutte contre la Pauvreté dans les Cercles de Ségou, Macina et Niono. Biramou Sissoko a cité, également, des cages flottantes réalisées par le ministère de l’Elevage et de la Pêche dans les Cercles de San et Ségou. Le président du Conseil régional de Ségou, Siaka Dembélé, a dénoncé le faible résultat par rapport aux réalisations de l’année écoulée. Il a expliqué cette situation par le fait que tout se décide à Bamako. Pour obtenir des résultats probants, il a préconisé un changement de façon de gouverner, en mettant les ressources à la disposition des représentants des régions pour qu’ils travaillent au bénéfice des populations. Des conseillers du Premier ministre, les secrétaires généraux des départements ministériels membres de ce cadre politique, les directeurs des Agences de développement local des Régions de Ségou et Mopti et les présidents des conseils régionaux des deux régions ont pris part a cette réunion. DD/MD (AMAP)
Koulikoro : un incendie déclaré au campus universitaire de Katibougou
Koulikoro, 3 février (AMAP) Un incendie dont l’origine reste inconnue, pour le moment, s’est déclaré, lundi dans l’après midi, au campus universitaire de Katibougou, à Koulikoro, a appris l’AMAP de sources locales concordantes. Les mêmes sources, qui déclarent que l’incendie déclenché dans une résidence de la cité universitaire, a occasionné d’importants dégâts matériels, ne précisent pas s’il y a eu des pertes en vies humaines ou encore des blessés. Selon les mêmes sources, les services de la protection civile ont été dépêchés pour maîtriser le sinistre et précisent l’ouverture d’une enquête pour déterminer les circonstances exactes du drame. Plus de 300 étudiants vivent au campus universitaire de Katibougou, localité située à une dizaine de kilomètres de la ville de Koulikoro, à 60 km à l’est de la capitale, Bamako. KM (AMAP)
Koro : Quatre morts et plusieurs blessés dans une attaque perpétrée par des hommes armés non identifiés à Bana Gakou
Koro, 3 février (AMAP) Quatre personnes ont été tuées et plusieurs autres blessées dans une attaque perpétrée dimanche par des hommes armés non identifiés à Bana Gakou, localité située à environ 35 km de la ville de Koro, au centre du pays, a appris l’AMAP de sources locales concordantes. Les mêmes sources précisent que des hommes armés non identifiés ont attaqué nuitamment le village de Bana Gakou, faisant quatre morts, plusieurs blessés et d’importants dégâts matériels avant d’obliger les populations à s’enfuir pour se réfugier à Koro et au Burkina Faso. Selon les mêmes sources, les groupes terroristes ont interrompu le trafic routier depuis plus deux semaines sur le tronçon Koro-Ouahigouya avant de préciser que les travaux de réparation du pont saboté par ces terroristes ont été arrêtés, depuis le 19 janvier 2020, suite à l’explosion d’une mine au moment où les travailleurs de l’entreprise creusaient la fondation, faisant 2 morts et 3 blessés. On rappelle que des hommes armés non identifiés ont attaqué, il y a deux semaines, les villages de Zon, Pongonon, Bonkounba, dans le cercle de Koro (Centre), faisant 8 morts, plusieurs blessés, avant d’emporter tout le bétail. KM (AMAP)
Réseaux sociaux et adolescents : Attention ! Danger
Par Mariam A. TRAORE Ségou, 03 février (AMAP) Il est 18 heures, nous sommes à « Médine » à Ségou. Moussa et ses amis se réunissent chaque jour. Ces jeunes et adolescents se retrouvent après l’école pour discuter et prendre du thé. Cependant, le spectacle que nous offre leur regroupement est saisissant. Chacun est assis, téléphone en main, occupé à discuter avec le « monde » sur la toile. Au lieu d’échanger sur des sujets de société ou des préoccupations des uns et des autres, tout leur débat se focalise sur l’actualité de « Facebook ». Et, souvent, que des futilités, rien de bien sérieux. Hélas ! Les jeunes et adolescents maliens sont « accros » aux réseaux sociaux. Le virus n’épargne même pas nos campagnes. L’utilisation de ces moyens de communication n’a pas que des avantages, malheureusement. Ces jeunes et adolescents le savent-ils ? « Nous ne faisons rien de bien grave. On se fait de nouveaux amis, un peu partout dans le monde. On fait des découvertes passionnantes. Bref, on s’amuse », explique Moussa, dans un éclat de rire. La discussion du jour, de ce « grin », portait sur les clashs entre les jeunes rappeurs maliens. Chacun supportait son artiste, rien d’éducatif, que des vulgarités. Soudain, arriva le tonton d’un des jeunes. Il s’est arrêté pour prendre du thé. Il a réussi à attirer l’attention des jeunes sur les dangers auxquels ils s’exposent sur les réseaux sociaux. « Ce que de nombreux jeunes et adolescents ne savent pas, c’est qu’ils sont exposés à toutes sortes de dérives sur les réseaux sociaux », a-t-il lancé avant de prendre congé du groupe. L’intervention du tonton a eu le don d’alerter les uns et les autres. Ainsi, commença un débat houleux et intéressant au cours duquel chacun a exposé un exemple d’utilisation dangereuse de ces outils qui font, désormais, partie de leur quotidien. Des outils qu’ils ne sont pas près d’abandonner. Le jeune Moussa, visiblement concerné par le sujet, explique la raison, jusque-là inavouée, qui l’a poussé à changer d’école. « Vous vous souvenez que j’ai passé une année sans aller à l’école et que j’ai dû changer d’école pour pouvoir poursuivre mes études ? Et bien ! La raison était toute simple : j’ai été piégé par un groupe d’amis qui m’ont dissuadé de m’adonner à des pratiques malsaines» raconte-t-il. Le groupe se proposait de se masturber les uns et les autres. Et la scène était filmée. « C’était une compétition. On voulait juste savoir qui était le meilleur d’entre nous. Sauf qu’un beau jour, un d’entre nous, pour une histoire de fille, a décidé de balancer nos vidéos sur un groupe Whatsapp de la classe. Le lendemain, j’étais la risée de toute l’école. Tout le monde se moquait de moi. Heureusement, la direction a vite réagi, en limitant les dégâts. Toutes les images ont été supprimées », dit-il. Son inquiétude était maintenant de savoir quelle conduite tenir si ces images venaient à refaire surface ? Malheureusement pour lui, il n’a plus de prise sur les développements possibles. Il ne lui reste plus qu’à prier pour que cela ne soit le cas. La déclaration de Moussa a provoqué un silence dans le groupe. Chacun venait de réaliser les risques encourus. Un autre jeune garçon a rompu le silence. Abdoul a indiqué qu’il échange avec un ami blanc depuis deux ans. Ce dernier lui a même promis de lui faire découvrir son pays. Le hic, c’est que son ami blanc l’a aussi mis en contact avec une fille qui veut des relations intimes avec lui. Notre jeune étudiant s’est attaché à cette fille et ils échangent des photos et vidéos osées. « Ce que je ne comprends pas, c’est le fait qu’elle m’envoie, souvent, des vidéos pornographiques gay. Maintenant que l’on parle des risques, je me demande si je parle avec un homme ou une femme », s’interroge-t-il, le regard inquiet. Il n’est pas exclu qu’Abdoul parle avec un homme. En effet, les réseaux sociaux sont infestés des pédophiles, de pervers, bref de prédateurs sexuels de tout acabit. Pour la plupart de ces individus, ces espaces sont des lieux de chasse pour attirer et piéger leurs cibles. Ils ont plusieurs stratégies et se donnent, généralement, les moyens pour atteindre leur objectif. Autre cas, autre histoire. Ce n’est plus un secret que la prostitution et l’exploitation sexuelle sur internet sont répandues. La stratégie des proxénètes est de cibler leurs proies, à travers les réseaux sociaux et, surtout, de les rendre dépendants soit de l’alcool ou de la drogue pour, ensuite leur faire faire ce qu’ils veulent. Idrissa a raconté le cas d’une cousine dont la vie a, malheureusement, basculé. Très brillante à l’école, mais issue d’une famille modeste, la jeune fille a fait la connaissance, sur internet, d’un homme aisé qui voulait la prendre comme épouse. « Elle a vite changer de look. Elle avait des habits et accessoires à la mode. Jusque-là, on ne soupçonnait rien, d’autant plus qu’elle a un prétendant qui peut lui offrir ce train de vie », dit notre interlocuteur. L’alerte a été donnée le jour où elle est rentrée complètement ivre à la maison. Alors, ses parents ont décidé de prendre leurs responsabilités. Le futur époux a été appelé à concrétiser ses intentions. Grande a été la surprise de la famille ! Le prétendu gendre a laissé entendre que leur fille ne leur a pas dit toute la vérité. Il a révélé que cette dernière travaille pour lui et leur a expliqué le genre de métier qu’elle exerçait. « Les parents ont essayé d’agir mais c’était trop tard, ma cousine avait pris goût à la vie mondaine et à l’alcool. Pour mieux s’adonner à sa pratique malsaine, elle a quitté le domicile parentale et a abandonné l’école », a expliqué Idrissa. Aujourd’hui, la jeune fille est complètement versée dans l’alcool et la prostitution. « Elle est méconnaissable et est toujours en mauvaise compagnie », a indiqué Idrissa. MAT/MD (AMAP)

