Energie : Environ 39 milliards de Fcfa pour la construction d’une centrale solaire de 50 MW

Bamako, 5 février (AMAP) Les ministres maliens de l’Eau et de l’Energie, Sambou Wagué et de l’Economie et des Finances, Dr Boubou Cissé, ont signé, mercredi, avec le président directeur général d’Africa, Middle East and Asia (AMEA Power),Hussain J. AINowais, deux conventions pour la construction d’une centrale solaire de 50 MW à Tiakadougou Dialakoro (Sélingué) et l’achat par EDM de l’électricité qui sera produite par ce site solaire. En signant cet accord de financement, le producteur émiratid’énergies renouvelables s’est engagé à mobiliser les 60 millions d’euro (environ 39 milliards de Fcfa) de financement nécessaire à la réalisation de ce gigantesque projet énergique. Par la même occasion AMEA Power va, au terme des travaux, vendre, durant 25 ans, l’électricité produite à partir de cette centrale solaire, avant de céder l’ouvrage au Mali. « Nous allons développer un projet solaire avec un contrat d’achat sur 25 ans. Cette signature s’inscrit dans le cadre de bonnes relations politiques et économiques existantes entre nos deux pays », a déclaré Hussain J. AINowais, interrogé à la fin de la signature. Fruit de l’engagement et de la persévérance des autorités maliennes, notamment le président de la République et le Premier ministre, qui souhaitent un investissement massif émirati au Mali, cette opération « est le début d’une série de projets dans des domaines stratégiques et créateurs de valeur ajoutée », a assuré l’entrepreneur émirati. Il a précisé que sa société espère boucler rapidement la phase de recherche de financement, afin de pouvoir commencer les travaux dont « la durée maximum dépasse rarement trois ans ». « Sa réalisation permettra l’amélioration du mixte énergétique au niveau national », a déclaré le chef du gouvernement. En ce sens que ces accords signés vont contribuer à l’atteinte de cet objectif fixé par le gouvernement et qui vise « la production d’énergie moins chère et propre ». Pour Dr Boubou Cissé, c’était l’objectif du président de la République et d’Energie du Mali. « Je suis heureux, aujourd’hui, de voir que ces objectifs sont en phase d’être atteints », a commenté le ministre de l’Economie et des Finances. « Cette signature est un bon exemple de renforcement du partenariat entre nos deux pays. Un partenariat qui était d’ordre politique et qui est en train de s’orienter, de plus en plus, vers des aspects économiques. Partenariat économique qui nous permettra de consolider cette relation que nous avons toujours développer avec les Emirats arabes unis », a-t-il dit. Tout en encourageant le président directeur général de AMEA Power à continuer de s’intéresser davantage au Mali, le chef du gouvernement a assuré que notre pays a beaucoup d’opportunité à offrir à l’entreprise émiratie, en termes d’affaires à développer pour le bien des deux pays. CMT/MD (AMAP)

Amateurs de « Soumbala » : Exigez l’épice à base de graines de néré

Par Fatoumata TRAORE Bamako, 5 février (AMAP) Le « soumbala » (pâte de néré) est un condiment très sollicité dans la cuisine africaine, plus précisément au Mali, grâce à sa saveur et ses bienfaits pour la santé. Le Parkia Bligobosa (néré) est une espèce d’arbre de la famille des Mimosaceae, originaire des zones sahéliennes et soudaniennes. Les connaisseurs assurent que le produit fabriqué à partir du néré est de meilleure qualité. L’épice à base de graines de soja est très présente aussi sur les étals et bon marché. Ses graines servent à la fabrication de l’épice, à la fois nutritive et médicale, appelée « soumbala ». Fabriquée à la main, cette épice est connue pour son odeur forte et est présentée sous différentes formes (boule, barre, poudre). Au Mali, le « soumbala » est produit, la plupart du temps, par des femmes rurales, de Ouélessébougou, Koutiala, Dio, entre autres. Celles-ci approvisionnent les grossistes des marchés de la capitale. Il est 9 heures lorsque notre équipe de reportage arrive à « Nionoplaci », au point de vente de la fameuse pâte appartenant à une entreprise. Ici, le « soumbala » se trouve au cœur des activités d’une myriade de grossistes d’épices. Assis devant sa boutique, coiffé d’un bonnet rouge et vêtu d’un uniforme vert et jaune, Aboubacar Touré trône au milieu de sacs et de cartons d’épices. « Les bienfaits du « soumbala » sont énormes, car il vient du néré qui est efficace contre les maladies du ventre et du corps et il est bon pour régulariser la tension artérielle. C’est pourquoi, les personnes âgées l’aiment beaucoup. Ce condiment protège contre certaines maladies néfastes comme le diabète, les douleurs gastriques et les infections », croit-il savoir. Notre interlocuteur est le gérant de cette entreprise qui vend depuis, plus de 30 ans, le « soumbala » du Mali et de la Guinée. Pour ce spécialiste, il y a deux qualités : « le ‘soumbala’ à base de graines de néré et celui à base de graines de soja appelé « soumbalachôw ». « La différence, ajoute-t-il, se situe au niveau de l’odeur et du goût ». Aboubacar Touré a précisé que le « soumbala » à base de graines de néré est plus doux que celui provenant du soja. Si tous les deux types ont leur importance, notre interlocuteur regrette tout de même la mise à l’écart  du « soumbala » à base de néré. Dans sa boutique, deux jeunes employés conditionnent la marchandise pour des clients. Pour M. Touré, les fournisseurs de Dio et de Koutiala produisent beaucoup plus que ceux de Ouélessébougou. Le vendeur explique que le prix en gros dépend de la qualité. Ainsi, le « soumbala » de Ouélessébougou est, généralement, présenté sous forme de bâtonnets et de petites boules. Il coûte 600 Fcfa le kg pour quelqu’un qui achète de 3 à 19 kg, et 550 Fcfa à partir de 20 kg et plus. Le « soumbala » de Koutiala et de Dio coûtent 500 Fcfa le kg. D’après le gérant, le « soumbala » de la Guinée est le plus cher car il est fait à base de graines de néré. « Les fournisseurs de la Guinée, nous cèdent le kilo à 1250 Fcfa le kg. A notre tour, nous revendons en gros à 1400 Fcfa le kg. Au détail, nous vendons le kg à 1500 Fcfa », nous confie-t-il. Aboubacar ne cache pas qu’il gagne bien sa vie dans le commerce du « soumbala ». Mais il déplore le peu d’intérêt des Maliens pour les produits locaux. Il évoque aussi le problème de conservation. « Si le « soumbala » est bien fabriqué, il peut faire 6 à 7 mois sans se détériorer », confie-t-il en bon connaisseur. Un peu plus loin de la boutique de Touré, Mamou Coulibaly propose divers condiments. « Je vends le « soumbala » du Mali uniquement, plus précisément celui de Dio qui a un très bon goût. Beaucoup de mes clients l’achètent mais ne se rendent pas compte que ça vient de Dio. Le « soumbala » de Dio est très riche en graines de néré », soutient-elle. Elle achète le kg à 1500 Fcfa et confectionne des boulettes qu’elle vend à 50 Fcfa l’unité. Grande amatrice du « soumbala », Kadidiatou Diakité ne tarit pas d’éloges au sujet de cette épice. « Le « soumbala est très bon pour la santé et relève le goût de certains de nos mets comme le «soumbalalafiri », la sauce gombo, la sauce d’arachide, la sauce de feuilles de patates « sakasaka », etc. « D’ailleurs, ajoute-t-elle, c’est ce que je m’en vais préparer aujourd’hui, c’est très bon », soutient-elle. Productrice de « soumbala », Awa Diarra habite à Ouélessébougou. Elle explique le procédé de fabrication. « On lave les graines et on les met dans la marmite pour les faire bouillir. Après, on les étale sur des sacs vides avant de les couvrir durant deux jours », explique-t-elle. Après cette étape, les graines sont pilées pour les transformer en pâte qui est conditionnée ensuite. L’épice est ensuite stockée dans des cartons pour être transportée vers les points de vente. La quinquagénaire ajoute que les revenus tirés de cette activité couvrent les dépenses de sa famille. Elle a acquis aujourd’hui son autonomie financière. Non loin de la « gare de la Guinée » à Djicoroni para, il y a des magasins de stockage de « soumbala » en provenance de la Guinée. Les revendeurs y vont en nombre parce que le « soumbala » de la Guinée est de très bonne qualité. Kôh Camara confirme. L’homme possède un grand magasin de « soumbala ». Selon lui, le « soumbala » de la Guinée est de bonne qualité parce qu’il contient uniquement des graines de néré. Et de préciser que c’est ce qui est vendu dans son magasin. Le produit venant de Guinée est mieux présenté et bien emballé dans des cartons. Ce qui le protège contre les impuretés. Voilà pourquoi notre vendeur assure qu’il n’a jamais eu maille à partir avec les agents de la sécurité sanitaire des aliments. FT/MD (AMAP)

Macina: Le démarrage des opérations du 5ème recensement général de la population et de l’habitat en discussions

Macina, 5 février (AMAP) Une rencontre d’information sur le démarrage des opérations du 5ème  recensement général  de la population et de l’habitat (RGPH 5) dans le Cercle, s’est déroulée ce mercredi à Macina, sous la présidence du préfet de Cercle, Karimou Coulibaly, a constaté l’AMAP. Il s’agissait de partager avec les membres du Comité local d’orientation de coordination et de suivi des actions de développement (CLOCSAD) des informations sur la réalisation de ce recensement général de la population et de l’habitat. Une commission locale de recensement a été  mise en place pour identifier et mettre en œuvre les stratégies nécessaires au bon déroulement des opérations, veiller au respect du calendrier des opérations établies par la commission nationale du recensement et  susciter l’implication de tous les acteurs locaux et communaux à toutes les phases du déroulement de l’opération. Elle aura également pour mission d’orienter, de coordonner, de suivre et d’évaluer les activités des commissions communales et du bureau local du recensement et de formuler des recommandations tendant à assurer une bonne exécution des opérations. Le chef de l’exécutif local  a saisi l’occasion pour inviter les participants à la rencontre de s’impliquer pour la réussite de ce recensement, une activité phare pour le développement du Cercle. La cérémonie a regroupé les élus locaux, les chefs de services techniques déconcentrés de l’Etat et les représentants des organisations de la société civile. AOK/KM (AMAP)

Mopti : Sept personnes décédées des suites de fièvre hémorragique virale Crimée -Congo à Kera

Mopti, 5 février (AMAP) Sept personnes sur 14 cas confirmés de fièvre hémorragique virale Crimée-Congo sont décédées à Kera, localité située dans l’aire de santé de Korientzé, district sanitaire de Mopti, a appris l’AMAP ce mercredi, de source proche du Gouvernorat. L’information a été donnée par les services de santé à la faveur d’une réunion du comité régional de gestion des épidémies et catastrophes, selon la Cellule de communication du Gouvernorat de Mopti. La même source, qui déclare que toutes les dispositions sont prises par les autorités et les services sanitaires de la région pour éviter la propagation de l’épidémie, ne précise pas l’âge des victimes, leur sexe, leur statut social ou encore les circonstances dans les quelles elles ont contracté la maladie. La fièvre hémorragique de Crimée-Congo (CCHF) est une maladie zoonotique transmise par les tiques, causée par le virus CCHF et caractérisée initialement par une fièvre, des maux de tête et un malaise, suivis de symptômes gastro-intestinaux et dans les cas sévères, d’une hémorragie, un choc et une défaillance multiviscérale. La CCHF est endémique de l’Afrique, des Balkans, du Moyen-Orient et de l’Asie Occidentale. Les cas sont généralement sporadiques, bien que de courtes épidémies nosocomiales surviennent parfois lorsque les pratiques appropriées pour le contrôle de l’infection ne sont pas respectées. Environ 500 cas sont rapportés par an dans le monde malgré l’absence de surveillance systématique, selon des sources médicales.  KM (AMAP)

Faits divers : Des assassins d’un adjudant-chef de police aux arrêts

Bamako, 5 février (AMAP) Deux membres d’une bande impliquée dans un braquage, dans la nuit du lundi 16 décembre 2019, dans la région de Bougouni, sur la route de Yanfolila, ayant couté la vie à l’adjudant-chef de police, Maciré Diakité, ont été mis hors d’état de nuire, a appris l’AMAP, de source policière. Le 23 janvier 2020 dernier, aux environs de 12 heures, des renseignements ont fait état d’un accident de la circulation routière, ayant entraîné l’admission aux urgences de l’hôpital Gabriel Touré d’individus activement recherchés pour avoir pris part à plusieurs braquages tant au Mali que dans certains pays voisins. Une équipe du Commissariat de police du 2earrondissement de Bamako s’est transportée sur les lieux où le nommé Amadou Bah a été arrêté et conduit au commissariat. Ce dernier était légèrement blessé et avait été libéré par le personnel médical, après les soins. Une perquisition chez lui a permis de retrouver un Pistolet mitrailleur (PM) avec un chargeur garni et trois ordinateurs portables. Amadou Bah a insinué que ces objets appartiennent aux nommés Dadi Diallo et Samba Bocoum (activement recherchés) avant d’avouer qu’il a participé à des braquages à main armée dans des pays voisins dont la Guinée, le Sénégal, la Mauritanie. Amadou Bah a dénoncé aux policiers les nommés Amadou Diallo, Amadou Barry (tous deux grièvement blessés) et Modibo Sow, comme les auteurs des braquages à Kolokani, Nara et Bougouni, où un policier avait été tué. Localisé et interpellé à Djalakorodji, par la brigade de recherche du Commissariat du 2earrondissement, Modibo Sow est passé à table. Il a divulgué le scénario du braquage qui a couté la vie au policier Diakité. « Je suis, effectivement, l’un des participants au braquage sur la route de Bougouni. Ce jour-là, j’ai été contacté par le nommé Oumar Sidibé pour aller exécuter cette opération. Nous nous sommes rendus à Bougouni, aux environs de 15 heures. Au total, nous étions au nombre de huit personnes dont cinq qui ont quitté Bamako. Aux environs de minuit, nous nous sommes servis d’un tronc d’arbre pour couper la voie. Le premier véhicule braqué était une camionnette suivie d’un bus… Il y a eu des échanges de tirs entre nous et les policiers. Notre camarade Abdoulaye Bah a été mortellement atteint tout comme un policier », a-t-il relaté. Les deux braqueurs ont été déférés devant le Procureur près du Tribunal de grande instance de la Commune IV du District de Bamako. OD/MD (AMAP)

Kidal échange sur les violences basées sur le genre

Kidal, 5 février (AMAP) Une rencontre de sensibilisation sur les violences basées sur le genre (VBG), destinée à une soixantaine de femmes, a été organisée lundi à Kidal, par le bureau de la Minusma à travers sa section des Droits de l’Homme, a appris l’AMAP de source proche de la mission onusienne. Organisée dans le cadre de 16 jours d’activisme contre les VBG, elle avait pour objectif  de  sensibiliser les femmes afin de prévenir et d’éliminer toutes les formes de violences basées sur le genre. Les échanges ont également  porté sur les besoins des femmes notamment en matière de formation et d’accès à l’emploi, l’implication des femmes dans les sphères de décisions,  un accès à la justice et la lutte contre l’impunité.   « Nous sommes venus vous accompagner et vous encourager à participer à la vie publique. Il est aussi de votre droit de vous impliquer dans toutes les décisions qui vous concernent, » a déclaré  Pascal Langeblé de la section des Droits de l’Homme du bureau régional de Kidal.  Le point focal genre de la Force du secteur Nord, Commandante Mbaye Mouminatou a, pour sa part déclaré que « la femme joue un rôle très important pour la société et que c’est pour cette raison qu’il faut la protéger avant d’assurer les femmes du soutien de la Minusma et les inviter les femmes à scolariser leurs enfants  Le porte parole des femmes,  Aicha Walet Sidi Mohamed de la Direction pour la promotion de la femme et de l’enfant, a remercié la MINUSMA pour la campagne de sensibilisation avant de déclarer que les femmes de Kidal sont dans une situation précaire et que mais malgré cela, elles répondent toujours présentes quand il faut s’impliquer pour trouver la paix. En rappel,  les 16 jours d’activisme se tiennent chaque année du 25 novembre au 10 décembre et pour cette année le thème était : « Tous unis à l’écoute des femmes et des filles survivantes de violences » et en raison des circonstances particulières, la région de Kidal a différé la célébration de ces journées. La rencontre a regroupé les autorités administratives et politiques, les élus,  de la représentante de la Police des Nations Unies (UNPOL/MINUSMA), Capitaine Apolline Traoré et les représentants de la société civile. KM (AMAP)

Tombouctou : Les jeunes organisent une journée ville morte et un sit-in suite à l’enlèvement du véhicule du lycée et la blessure d’une fillette

Tombouctou, 5 février (AMAP) Le conseil communal des jeunes de Tombouctou a organisé une journée ville morte mardi et  les jeunes du collectif « Tombouctou réclame ses  droits » la veille, un sit-in devant le gouvernorat, pour protester contre l’enlèvement du véhicule Hilux du lycée Mahamane Alassane Haïdara et la blessure d’une fille par des bandits armés, a constaté l’AMAP. Le véhicule Hilux qui devrait embarquer le proviseur du lycée à son domicile  au quartier Saraïkeni, lundi dans les environs de 7H45, a été suivi par des braqueurs. Descendu du véhicule, le chauffeur a fait face à des hommes armés qui lui ont intimé l’ordre de leur remettre la clé de son engin. Un des assaillants a tiré trois coups de feu en l’air pour effrayer le conducteur qui a jeté la clé et malheureusement une des balles a atteint, dans le vestibule d’une maison d’en face, une fillette qui a été évacuée à l’hôpital de Mopti en compagnie de ses parents pour des soins appropriés aux frais du Gouvernorat. Les bandits ont ainsi disparu dans la nature avec le véhicule du lycée et les manifestants ont décidé de poursuivre régulièrement leur sit-in devant le gouvernorat tant que le véhicule n’est pas retrouvé, selon des témoignages recueillis sur place. Un des manifestants qui a voulu garder l’anonymat s’est exprimé en ces termes : « que l’Etat prenne ses responsables, nous n’accepterons plus à ce que 2 ou 3 vagabonds viennent perturber ce calme qui a permis à la ville de retrouver son vivre ensemble MS/KM (AMAP)

Recrutement des enseignants volontaires : Le dépôt des dossiers de candidatures a débuté

Bamako, 5 février (AMAP) Le Collectif des sortants des Instituts de formation des maîtres (CS-IFM) dément avoir décliné l’offre du gouvernement de recruter 15.300 enseignants volontaires, selon son président, Issa Dembélé que l’AMAP a rencontré mardi. M. Dembélé a expliqué ne pas s’opposer au dépôt des dossiers de candidatures des membres de son organisation. Mais, il émet, clairement, le vœu de voir intégrer les sortants des Instituts de formation des maîtres (IFM) à la Fonction publique des collectivités. Le recrutement doit être organisé par le ministère de la Jeunesse et des Sports, en collaboration avec celui de l’Education nationale, de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique. Quant au Centre national de promotion du volontariat (CNPV), il s’occupe de la gestion et du suivi du recrutement des enseignants volontaires et les Académies d’enseignement et les Centres d’animation pédagogique (CAP) reçoivent les dossiers de candidature. Au CNPV, un agent confirme que le dépôt des dossiers de candidature des enseignants volontaires continue au niveau des Académies d’enseignement. Pour lui, même si les enseignants grévistes reviennent à de meilleurs sentiments, les volontaires seront recrutés pour combler le vide dans les zones où les écoles sont fermées et où il y a une insuffisance de pédagogues. Selon nos informations, une rencontre était prévue mardi après-midi à la Primature avec les responsables du CNPV et du CS-IFM pour discuter des clauses de la convention de partenariat portant sur l’offre de services des volontaires nationaux au ministère de l’Education nationale, de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique. A l’Académie d’enseignement Bamako-rive gauche, on pouvait constater, mardi, que le dépôt des dossiers de candidatures a bel et bien débuté. Même si ce n’était pas la grande affluence puisque seulement une dizaine de candidats étaient présents. On rappelle que, sous l’impulsion du Premier ministre, Dr Boubou Cissé, la direction générale du CNPV a annoncé, le 27 janvier dernier, l’ouverture du recrutement de 15.300 enseignants pour une durée de six mois. Les enseignants retraités au cours des deux années précédentes (2018 et 2019) et aptes à enseigner peuvent aussi faire acte de candidature. SYW/MD (AMAP)

Affaire du tweet de Tiégoum Boubèye Maïga : Verdict le 11 février prochain

Bamako, 5 février (AMAP) Le tribunal de la Commune III du district de Bamako rendra, le 11 février, sa décision dans le procès contre l’ex chef de la communication de la présidence de la République, Tiégoum Boubèye Maïga, jugé, mardi, pour « accès frauduleux dans un système informatique » et « introduction frauduleuse des données dans un système d’information ». Tout a commencé, il y a quelques semaines, lorsqu’apparaît sur le compte Twitter de la présidence de la République un message critiquant, avec véhémence, l’attitude du président américain, Donald Trump. Dans le tweet, il est, en effet, reproché au dirigeant américain « d’avoir ordonné et revendiqué publiquement l’assassinat du général iranien, Soleimani ». Ce message, qui a inondé les réseaux sociaux, a été, aussitôt supprimé. Juste après que la présidence de la République a fait savoir que son compte Twitter a été piraté et que des enquêtes sont en cours pour identifier les éventuels auteurs. Tiégoum Boubèye Maïga a affirmé, quelques instants après, sur son compte Tweeter, qu’il ne s’agit « ni de pirates, ni de hackers, (mais) d’une regrettable erreur de manipulation ». « Hier en voulant tweeter sur la crise américano-iranienne, je me suis retrouvé, par erreur, sur le compte de la présidence dont je possédais les clés. Aucune volonté de nuisance », avait-t-il indiqué. A la barre du tribunal, le prévenu a gardé la même ligne de défense, niant l’existence des infractions qui lui sont reprochées et qui sont prévues par des dispositions de la loi n°2019-056/du 05 décembre 2019 portant répression de la cybercriminalité. Selon Me Souleymane Soumountéra de la défense, aucun élément du dossier n’a permis de démontrer que Tiégoum Boubèye Maïga a fait une introduction frauduleuse dans le compte Twitter de la présidence. Selon l’avocat, la réalité est que son client a travaillé dans cette institution, à la cellule de communication. A ce titre, selon Me Soumountera, il avait accès au compte Twitter de la présidence à partir de son appareil téléphonique, en plus de son compte personnel. « Normalement, s’il est démis de ses fonctions, il doit être déconnecté pour ne plus pouvoir accéder au compte de la présidence. J’ai l’impression que c’est ce qui n’a pas été fait et qu’on a cherché à couvrir. Malheureusement, on s’y est très mal pris», a estimé la défense. Avant d’ajouter que son client a ouvert le compte Twittter de la Présidence « par inadvertance ». Pour Me Soumountéra, ce sont des choses qui sont de l’ordre de l’informatique, qu’une traçabilité doit expliquer. « Devant le tribunal, aujourd’hui, on n’a eu que des déclarations de la part de la partie qui accuse : le ministère public », a-t-il dit. Selon l’avocat, la partie civile n’a pas, non plus, apporté d’autres éléments qui emportent la conviction du tribunal ». «On est en matière pénale. Nous espérons que notre client sera libéré des charges qui sont retenues contre lui », a-t-il plaidé,  réitérant sa confiance en la justice malienne. De son côté, Me Mahamane Djitteye, conseil de la partie civile, a déclaré qu’il s’agissait d’expliquer au tribunal que ce tweet n’émane pas de la Présidence, mais qu’il a été fait par malveillance par une autre personne. L’avocat a battu en brèche l’argumentation de l’erreur avancée par M. Maiga. La partie civile demande, pour le préjudice moral qu’elle a subi, que le prévenu soit condamné à payer le franc symbolique. BD/MD (AMAP)  

Vente de têtes et de pieds de ruminants : Peu attrayant mais lucratif

Par Aminata Dindi SISSOKO Bamako, 5 février (AMAP) A Bamako, des hommes et des femmes de tous âges exercent le commerce de têtes et pieds de ruminants. Ces marchands sont présents, un peu partout, dans des marchés. Ce n’est pas le genre d’activité qui attire du monde. Mais les rares personnes, que les odeurs et la fumée ne rebutent pas, en tirent des gains substantiels. Pour ces personnes, il n’y a pas de sot métier. Il s’agit, pour elles, de gagner leur subsistance, à la sueur du front. Et, ils semblent très loin de l’oisiveté. Nous sommes vendredi, au quartier « Sans-fil », en Commune II de Bamako. A proximité de l’abattoir, des hommes, environ une quinzaine, sont à la tâche. Certains brûlent des têtes et pieds de montons et de chèvres. D’autres ont pour tâche exclusive d’épiler les pieds. A côté d’eux sont étalés à même le sol des tas de têtes et de pieds de moutons et de chèvre. De gros fagots brûlent et dégagent de la fumée âcre. Mamadou Coulibaly fait partie du groupe. Il transpire et de grosses goutes de sueur perlent sur son front. Le trentenaire gratte, à l’aide d’un outil tranchant, une tête de mouton. L’homme la remet aussitôt au feu. Un garçon l’assiste dans cette tâche ardue. Ce dernier s’occupe des pieds. Coulibaly exerce ce métier depuis 2000. « Nous achetons les têtes et les pieds de petits ruminants à l’abattoir avec les bouchers, Nous les revendons avec une marge de bénéfice. Pour ce faire, nous les préparons en les brûlant et en enlevant les poils, avant de les vendre sur place ou sur les différents marchés », explique-t-il. Mamadou achète la marchandise en gros. Selon lui, les prix varient. « Avant, c’était moins cher à l’abattoir. Actuellement, c’est cher parce que le nombre de demandeurs et de revendeurs augmente. On achète une tête entre 1.500, 1.750 et 2.000 Fcfa pour la revendre à entre 2.500 à 3.000 Fcfa, selon la masse. Il n’y a pas assez de bénéfice, mais c’est mieux que de voler », dit-il avec philosophie. Juste à côté de Mamadou, trois hommes sont en grande discussion au sujet des têtes et des pieds. Mohamed Sidibé est l’un des protagonistes. Le jeune homme accepte de raconter son histoire dans ce travail qui semble nourrir son homme. « Je tiens cette activité de mes parents. J’ai commencé à l’exercer, il y a environ quatre ans. Depuis que nous avons commencé, nous nous débrouillons assez bien. C’est mieux que de quémander ou de vagabonder. C’est mon gagne-pain. J’emploie des jeunes que je paie à la fin de la journée. Une seule personne ne peut pas faire tout ce travail », explique le jeune originaire du cercle de Nara, dans la Région de Koulikoro. L’homme précise qu’il fait plus de ventes les week-ends. Les femmes viennent s’approvisionner chez lui. Il livre la marchandise à des clients opérant dans différents marchés. Ce qui ne semble pas suffire, souvent, pour écouler tout son stock. Pour y arriver, M. Sidibé est obligé de se promener de marché en marché. « Si on ne le fait pas, ça peut pourrir. Nous avons l’habitude de les confier à des propriétaires de frigos pour les garder au frais, en raison de 50 Fcfa par tête. Mais en cas de coupure d’électricité, nous enregistrons des pertes. Heureusement, on est en période de fraicheur », explique-t-il, soulignant que l’affluence est timide ces derniers temps. « Tu vois, toutes ces têtes sont là depuis hier. Sur 20 têtes achetées, j’ai pu vendre seulement sept et je vais garder les 13 restant dans le frigo. S’il y a le marché, je peux vendre 40 têtes par jour », ajoute-t-il. PROBLÈME DE CONSERVATION – Tout comme lui, Cheikna Sanogo évolue dans la vente de têtes et pieds de ruminants. « Je le fais depuis 3 ans. Je suis avec quatre autres personnes. Nous travaillons du lundi au vendredi », révèle-t-il, ajoutant que ça ne se passe pas sans difficultés. Comme difficultés récurrentes, tous ces intervenants soulignent le problème de conservation surtout en période de chaleur, la cherté du charbon de bois, les effets néfastes du feu. Malgré cela, ils ne baissent pas les bras. Chaque jour, ils sont à la tâche pour servir les clients. Siriba Diané est un client. Il vient d’acheter deux têtes de mouton. « J’achètes régulièrement ces têtes de mouton pour pouvoir bien manger avec ma famille. C’est du produit frais. J’achète et Mme fait de la bonne sauce que nous savourons pendant deux jours », confie cet enseignant. Cet abonné, qui fréquente les lieux depuis sept ans, encourage les jeunes qui exercent cette activité. « Ceux qui en vivent doivent être fiers. Ces petits métiers créent de l’emploi. Vu le contexte actuel du pays, les jeunes sont livrés à eux-mêmes», di-il. Cet endroit n’est pas le seul à Bamako reconnu pour la vente de têtes de ruminants. Devant la paierie générale du Trésor, des vendeurs de têtes sont installés. Dès qu’un passant s’intéresse à eux, chacun essaie de l’attirer vers son produit. Moussa gare sa voiture. Un homme et une femme courent à sa rencontre. « Qu’est-ce que vous désirez. Tête de bœuf, pieds ? J’en ai tout frais », propose la dame, tenant deux têtes de moutons dans les mains. « C’est généralement les vendredis soirs que j’achète ces têtes et pattes pour le petit déjeuner du samedi. J’adore beaucoup la sauce de tête », dit le client, tout en souriant. Ici, la particularité est qu’ils vendent aussi des têtes et pieds de bœufs. « Nous avons des clients qui nous livrent les produits déjà prêts. Mais nous les lavons proprement pour les rendre plus attrayants », explique Tiémoko. Selon lui, le marché est intéressant surtout les vendredi et samedi. « Nous vendons les grosses têtes à 2.250 Fcfa, et entre 2.500 et 3.000 Fcfa les samedi et vendredi. Un pied de bœuf est cédé à 1.500 voire 1.750 Fcfa. Les petites pieds sont vendus à 1.250 Fcfa l’unité », informe Tiémoko. Il tient cette activité de sa maman qui, à cause du poids de l’âge,