Niono : Environ 357.368 moustiquaires imprégnées d’insecticides distribuées gratuitement
Niono, 10 décembre (AMAP) Environ 357.368 moustiquaires imprégnées d’insecticides seront distribuées gratuitement à 71995 ménages, au cours d’une campagne dont le lancement a été présidé samedi à Niono, par le sous préfet central, Mme Diassana Fatou Daou, a constaté l’AMAP. Financé par le Gouvernement du Mali et le Fonds Mondial, cette campagne qui se déroule dans tous les cercles de la région de Ségou et dans plusieurs localités du pays, s’inscrit dans le cadre de la lutte contre le paludisme. Quelque 124 équipes de 3 personnes chacune ont été mobilisées pour la distribution gratuite des moustiquaires imprégnées d’insecticide à longue durée dans les 25 aires de santé du Cercle sur des sites fixes. Le représentant du chef de l’exécutif local a salué le gouvernement du Mali et ses partenaires du PSI et le Fonds Mondial pour cette bonne initiative à l’endroit des populations avant d’inviter celles-ci à en faire bon usage Dr Alou Diakité point focal palu a saisi l’occasion pour rappeler que le paludisme constitue au Mali plus 40% des motifs de consultation avant de préciser que la circonscription de Niono a enregistré en 2018, 40.210 cas confirmés de palu dont 16799 cas graves et 28 décès. La cérémonie a enregistré la présence des autorités politiques et administratives, du représentant du médecin chef du district sanitaire, des chefs de services techniques locaux, des autorités religieuses et coutumières et des représentants des associations communautaires. MS/KM (AMAP)
Diéma : Les acteurs communaux à l’école du leadership
Diéma, 9 décembre (AMAP) Des sessions de formation sur le leadership se sont déroulées les 2, 3, 4 et 5 décembre 2019, respectivement dans les communes rurales de Diéma et Gomitradougou, à l’intention des élus, des associations et groupements de femmes, de jeunes, des leaders religieux des communes rurales de Grouméra, Fassoudébé et Gomitradougou, dans le cercle de Diéma, a constaté l’AMAP. Elles avaient pour objectifs de véhiculer en langue nationale bamankan, des modules dissemblables sur le leadership, l’intégration des femmes dans le processus de prise de décisions, les séances de prise de parole en public, le réseautage. Cette série de sessions a été initiée par le Projet 1 du Programme de Renforcement de la Résilience à l’Insécurité alimentaire et nutritionnelle au Sahel, appelé P2RS, en partenariat avec un consortium d’ONG, SOS, VSF, CAEB, OXFAM et TONUS. Le Préfet de Cercle, Abou Diarra a remercié le P2RS pour ses nombreuses réalisations qui visent à soutenir le processus de développement dans le cercle de Diéma avant de saluer la tenue des présentes sessions, qui, à son entendement, concourent, à mieux éclairer les lanternes sur tous les contours du leadership. Abou Diarra qui a apprécié la méthodologie d’apprentissage en langue bamanankan, pour une large compréhension des notions, a sollicité le P2RS pour la multiplication de ce genre de sessions pour développer l’esprit de droits et de devoirs chez bon nombre de citoyens. Un plan d’actions relatif à la restitution des modules enseignés a été dressé à chacune des étapes de la session de formation. OB/KM (AMAP)
Koulikoro : L’Allemagne offre deux bacs à perches au Mali
Koulikoro, 9 décembre (AMAP) Le ministre de l’agriculture, Moulaye Hamed Baba Haïdara a présidé vendredi à Koulikoro, la cérémonie de remise de deux bacs à perches, destinés aux populations de Tenenkoun en 5è région et Haïbongo en 6è région, a constaté l’AMAP. D’un coût estimé à 160 millions de francs CFA, les deux bacs qui ont été construits par les Industries Navales et Constructions Navales et Métalliques (Inacom Mali), vont faciliter le transport des personnes et de leurs biens, des zones de productions vers les marchés potentiels. Moulaye Hamed Baba Haïdara a salué l’excellence des rapports de coopération entre le Mali et l’Allemagne qu’il a remercié pour son appui constant, multiforme et de qualité qu’elle ne cesse d’apporter à notre pays depuis son indépendance. Le ministre a enfin invité les bénéficiaires à prendre soins des bacs qui assureront leur mobilité dans le cadre de leurs activités économiques et le désenclavement de leurs zones. L’ambassadeur de l’Allemagne au Mali, Dietrich Fritz a saisi l’occasion pour rappeler que ces activités de production s’inscrivent dans le cadre de l’appui au Programme National d’Irrigation de Proximité (IPRO-REAGIR) financé par l’Allemagne à travers la KFW. « Ce Programme National d’Irrigation de Proximité est une vitrine de l’excellence de la coopération entre l’Allemagne et le Mali » a déclaré Dietrich Fritz, avant de préciser que la mutualisation des efforts du Mali et de l’Allemagne permettra à la stratégie nationale de l’irrigation de proximité d’améliorer la production agricole, d’assurer la sécurité alimentaire, de développer les communes et de désenclaver le pays. La cérémonie s’est déroulée en présence du gouverneur de région, Débérékoua Souara, de la directrice de la KFW Silvia Paschke, des chefs de services techniques régionaux et des représentants des bénéficiaires. AM/KM (AMAP)
San : Lancement de la distribution gratuite des moustiquaires Imprégnées d’insecticide
San, 8 décembre (AMAP) Le lancement de la distribution gratuite des moustiquaires Imprégnées d’insecticide à longue durée d’action a été présidé samedi à San, par l’adjoint du préfet de Cercle, Abraham Kassogué, a constaté l’AMAP. Le représentant du Chef de l’exécutif local a saisi l’occasion pour adresser les remerciements et toute la profonde gratuite du gouvernement malien au Fonds Mondial et à l’ensemble des partenaires techniques et financiers pour leur appui constant à l’endroit de notre pays en matière de santé. « Le paludisme qui constitue un réel problème de santé publique et représentant le plus de motif de consultation, est responsable de beaucoup de décès à travers le monde, majoritairement, au Mali où les enfants de moins de 5 ans sont les plus touchés. Face à cette situation, la moustiquaire Imprégnée d’insecticide à longue durée d’action reste l’un des meilleurs moyens efficients pour la prévention du paludisme » a déclaré M. Kassogué. L’adjoint du préfet de Cercle a en outre précisé que toute personne qui passerait par des moyens frauduleux pour s’en approprier, s’exposera à des sanctions prévues par la loi. L’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) a recommandé la couverture universelle qui consiste à distribuer les moustiquaires à toute la population à raison d’une pour deux personnes, en moyenne, par ménage. La cérémonie s’est déroulée en présence des élus locaux, des représentants de PSI (Population Services International), des chefs de village et de quartiers, des représentants des services de la santé et du développement social. NC/KM (AMAP)
Irrigation de proximité : Le PASSIP renforce les capacités des acteurs agricoles
Bamako, 08 décembre (AMAP) Le Programme d’appui au sous-secteur de l’irrigation de proximité (PASSIP), a publé, jeudi, les résultats de la composante 2 du programme à la direction nationale du Génie rural (DNGR), a constaté l’AMAP. Le PASSIP, fruit de la coopération technique entre le gouvernement et le ministère fédéral allemand de la Coopération économique et du développement (BMZ), à travers la coopération allemande (GIZ), appuie le renforcement de capacités individuelles, organisationnelles des populations travaillant dans le domaine de l’irrigation de proximité, pour une mise en valeur durable des aménagements hydro-agricoles, afin d’améliorer leur situation économique et nutritionnelle. Il comprend quatre composantes, étroitement liées, à savoir la composante 1 qui appuie les services techniques de l’Agriculture pour assurer une meilleure coordination du Programme national d’irrigation de proximité (PNIP), en coopération avec les acteurs clés. La composante 2 vise à mettre à la disposition des prestataires publics et privés et démultiplicateurs, des capacités techniques, didactiques et pédagogiques nécessaires à la mise en œuvre du PNIP. Les composantes 3 et 4 appuient la mise en valeur des Aménagements hydro-agricoles (AHA) de proximité et l’amélioration de l’état nutritionnel des populations. Dans le cadre de la mise en œuvre du programme, la composante 2 du PASSIP, dont le mandat arrive à terme, en fin décembre 2019, le PASSIP appuie la direction nationale du Génie rural, en partenariat avec les autres acteurs impliqués dans la formation professionnelle en irrigation de proximité, dont la Direction nationale de l’Agriculture (DNA), la Direction nationale de la Formation professionnelle (DNFP) et cinq centres de formation de référence pour la mise en œuvre et le suivi du Plan national de formation en irrigation de proximité (PNFIP). Rappelons que le PASSIP s’inscrit dans un cadre temporel global d’une quinzaine d’années, allant de 2008 à 2023, sous réserve de confirmation des options prises par les différentes parties prenantes. La phase en cours dure trois ans. Les activités du PASSIP sont financées, conjointement, par le ministère fédéral allemand de la Coopération économique et du Développement (BMZ), l’Union européenne (UE) et le ministère canadien des Affaires mondiales (AMC) et dispose d’un budget d’environ 28.674.118 d’euros, soit 18,638 milliards de Fcfa. Selon le conseiller technique chargé du suivi évaluation du PASSIP, Ali Diabaté,l’objectif de cette rencontre est la remise des résultats obtenus du processus de conception des modules de l’outil pédagogique pour le renforcement des capacités dans le cadre de l’irrigation de proximité à la direction nationale du Génie rural qui est la tutelle principale du programme. Il estime que la remise de ces résultats vise à exhorter les utilisateurs potentiels à valoriser les résultats obtenus à travers les structures chargées de la mise en œuvre des formations dans le cadre de l’irrigation de proximité. Il a ajouté que les acteurs qui ont participé à ce processus, sont invités à faire bon usage des différents résultats obtenus. Le directeur national du Génie rural, Aghatam Ag Alhassane a reçu les résultats du PASSIP. Il a souligné que l’atteinte de cet objectif nécessite le renforcement des capacités des acteurs à tous les niveaux de la production répondant aux besoins des exploitations agricoles. Il a, ensuite, exhorté toutes les structures en charge de la formation des acteurs de l’irrigation de proximité et les partenaires techniques et financiers de favoriser un cadre de valorisation des outils déjà expérimentés et adaptés aux réalités du terrain. La rencontre a enregistré la présence du représentant de l’ambassade d’Allemagne au Mali, Jan Meise ainsi que de nombreux invités. MS/MD (AMAP)
Yélimané : La FAO débourse 180 millions de francs CFA pour venir en aide à des petits exploitants agricoles
Yélimané, 8 décembre (AMAP)Le Fonds des Nations Unies pour l’alimentation (FAO) a remis, le 2 décembre dernier à Yélimané, aux autorités administratives, un don en nature dont le montant est estimé à environ 180 millions de francs CFA, pour venir en aide à 200 petits exploitants agricoles démunis de 4 communes (Guidimé, Toya, Kremis, Kirané) du cercle, a constaté l’AMAP. A cet effet, les maraîchers ont bénéficié de 200 brouettes, 200 binettes, 200 arrosoirs, 500 kg de pomme de terre, des semences d’oignon, de choux et de tomates. Les éleveurs se sont partagés 125 chèvres tandis-que les aviculteurs ont reçu 125 poulets. La donation s’inscrit dans le cadre du projet de Collaboration Technique (PCT MLI 3703) dont la durée est de deux ans. Son objectif est d’appuyer les petits exploitants agricoles pour la résilience dans le contexte de l’adaptation au changement climatique. Il compte bien les faire sortir ainsi de la pauvreté. Les bénéficiaires ont salué la FAO pour la donation qui leur permettra de mener à bien leurs activités et d’en tirer profit. La cérémonie de remise s’est déroulée en présence des autorités administratives, des conseils communaux, des conseils de villages ainsi que les services techniques de l’agriculture et de l’élevage. AS/KM (AMAP)
San : Campagne de distribution gratuite des moustiquaires Imprégnées d’insecticide à Longue durée
San, 7 décembre (AMAP) La journée de sensibilisation des acteurs locaux sur la campagne de distribution gratuite des moustiquaires Imprégnées d’insecticide à Longue durée ( MILD), s’est déroulée jeudi à San, sous la présidence de l’adjoint du préfet de Cercle, Abraham Kassogué, a constaté l’AMAP. Les participants ont échangé sur entre autres, le paludisme et les moyens de sa prévention, son mode de transmission et les messages clés sur ses signes et symptômes, les moyens de sa prévention et son mode de transmission. Ils ont également échangé sur l’utilisation et l’entretien des moustiquaires Imprégnées d’insecticide à longue durée, le rôle et responsabilités des agents de distribution des moustiquaires lors de la campagne et les procédures de distribution des MILD. Le représentant du chef de l’exécutif local a saisi l’occasion pour rappeler que les moustiquaires ne sont pas remises pour être gardées dans les valises avant de préciser que leur usage quotidien demeure un moyen sûr de prévention contre le paludisme. La rencontre au cours de la quelle il a été précisé que la distribution prendra fin le 10 décembre, s’est déroulée en présence des autorités politiques et administratives locales , du chef de village, des chefs de quartiers de la commune urbaine de San, des représentants des services techniques déconcentrés de l’Etat, de la société civile et des acteurs de la santé. NC/KM (AMAP)
Région de Mopti: Les FAMa détruisent une base de terroristes
Bamako, 06 décembre (AMAP)Les Forces armées maliennes (FAMa) ont détruit, jeudi, une base terroriste entre WO et Mandoli, dans la Région de Mopti, indique l’Armée dans un communiqué. « Le bilan de cette intervention réussie, précise la source militaire, est de deux Groupes armés terroristes (GAT) neutralisés, trois terroristes faits prisonniers, ainsi qu’une vingtaine de motos brûlées ». Dans un autre communiqué, l’Armée indique que le Premier ministre, Dr Boubou Cissé, s’est rendu, jeudi, à l’état-major général pour procéder au démarrage d’une nouvelle opération en mars 2020. Le nouveau concept opérationnel a été ainsi présenté au Premier ministre, qui, pour la circonstance, était accompagné de deux membres du gouvernement. Sur invitation du ministre de la Défense et des Anciens combattants, le général de division Ibrahima Dahirou Dembélé, le chef du gouvernement est venu échanger avec les officiers sur le nouveau concept d’opérations (CONOPS). Cette nouvelle opération, qui durera cinq ans et concernera tout le territoire national, a été initiée, à la demande du chef suprême des Armées, le chef de l’Etat, Ibrahim Boubacar Keïta, pour éradiquer le terrorisme sur toute l’étendue du territoire. L’objectif final de cette approche, indique la même source, « c’est la stabilité, le renforcement de l’autorité de l’Etat, la paix, le développement durable et, surtout, la libre circulation des personnes et de leurs biens ». La nouvelle opération militaire sera basée sur l’offensive à outrance et remplacera l’opération «DAMBE». AT/MD (AMAP)
Barouéli : Le projet de résilience inclusive et durable des agriculteurs et des pasteurs en discussions
Barouéli, 6 décembre (AMAP) Les travaux du cadre de plaidoyer du Projet de résilience inclusive et durable des agriculteurs et des pasteurs (RIDAP), ont pris fin mercredi à Barouéli, sous la présidence de l’adjoint au Préfet de Cercle, Lassine Namou, a constaté l’AMAP. Le cadre de plaidoyer regroupe l’administration, les services techniques du monde rural, les organisations paysannes pour l’amélioration de la résilience et l’accès équitable aux ressources naturelles des agriculteurs et pasteurs vulnérables afin de parvenir à une solution durable à l’insécurité alimentaire. L’objectif de la rencontre était de faire l’état des lieux de l’évolution du cadre par la revue des activités du plan d’action de l’année 2019. Depuis la mise en place du cadre de plaidoyer en mai 2019, certaines activités ont été réalisées, à savoir la facilitation de l’accès au financement des femmes auprès des institutions de micro-finances, la sensibilisation des acteurs hostiles au changement de comportement, la mise en place de Comité d’Appui aux Femmes (CAF). Le renforcement des capacités des organisations paysannes sur la vie associative selon l’acte uniforme de l’OHADA, sur les techniques de production maraichère, en technique d’élevage, les techniques de transformation et de gestion des ressources naturelle et celle des conflits liés au foncier notamment à Nougoula et Sougoun Bamanan, a été également réalisé. Le projet RIDAP, financé par DANIDA de CARE Danemark à travers CARE International Mali, est mis en œuvre par trois de ses partenaires, à savoir AMAPROS, ODI-Sahel et TASSAGHT sur la période allant de 2018 à 2021 dans les cercles de Ségou, Macina et Barouéli. JC/KM (AMAP)
La mévente décourage les producteurs de patate douce
Par Anne-Marie KEITA Bamako, 05 décembre (AMAP) « Madamou, wosso gnoumabèyè » « kilo yé doromè worowila ». En français : « Madame, par ici, de la bonne patate. Le kilo coûte 35 Fcfa ». Les vendeurs du marché de Sikasso hèlent ainsi les clients. Grossistes et revendeurs discutent les prix, autour de gros tas, à même le sol, et des sacs empilés dans des camions. A côté, des dames proposent de petits tas, à des prix variant entre 25 et 500 Fcfa. Sur les marchés de Sikasso et beaucoup d’autres de Bamako, on voit des montagnes d’invendus du tubercule. Faute de moyens de conservation, le gros de la production pourrit. Actuellement, c’est la saison de la patate douce. Depuis le début de novembre,les marchés sont envahis de ce tubercule.Les bonnes dames achètent par sac de 50 kg pour revendre. Au grand marché de Sikasso, on en trouve presque à tous les coins. Cultivé dans presque toutes les régions, plus particulièrement, dans la Région de Sikasso, le tubercule tend vers son déclin à cause du manque de moyens de conservation et de transformation. Or, son succès, depuis quelques années, ne se dément pas au Mali, en général, et dans la Région de Sikasso, en particulier. La production de patate douce a permis la création de beaucoup d’emplois pour les jeunes et constitue une source de revenus pour de nombreuses exploitations familiales. Cultivée en hivernage, la patate douce peut couvrir plus de 25 % des superficies cultivables. Sa culture exige peu d’investissement monétaire et reste une Activité génératrice de revenus (AGR) pour les femmes rurales.Producteurs, commerçants et revendeurs déplorent des pertes et souhaitent la mise en place d’une unité de transformation par l’Etat. Ne dit-on pas qu’aucun État ne saurait se développer sans Agriculture ? Il faut peut-être ajouter à cela qu’aucune Agriculture ne saurait prospérer si sa production n’est pas transformée et consommée. La Région de Sikasso est très riche en production de tubercules, fruits et légumes, notamment la patate douce. La production de cette Région est si importante que se pose le problème d’écoulement. Autrefois, destinée à l’autoconsommation des producteurs, la patate douce ne semble plus rentable à cause des difficultés qui s’amplifient dans le circuit de sa commercialisation. Les producteurs, du fait de la mévente, sont de plus en plus obligés de se débarrasser de leurs produits sur le marché, en les cédant à des prix dérisoires. Les acteurs évoquent une désorganisation, le manque de moyens de conservation et de transformation de ce tubercule en produits attrayants. L’absence, presque totale, de transformation contrarie fortement le développement de la production de la patate douce. Les excédents de production, les difficultés d’écoulement sur les marchés locaux et les pertes élevées dues au manque de moyens de stockage, exposent les producteurs à une activité peu rémunératrice d’où, la nécessité de réfléchir davantage aux possibilités de transformation. GROSSES PERTES – Hamidou Ouattara est grossiste et propriétaire de deux camions de plusieurs tonnes de patates qu’il a transportées d’un village non loin de Sikasso. Notre interlocuteur évoque le problème de l’écoulement de la patate douce, qu’il produit à perte. En effet, sur ses 2 tonnes, il arrive à vendre, seulement, 1 tonne par semaine. Le reste de sa marchandise pourrit dans les camions, sans trouver preneurs et fini par nourrir les animaux. Abondant dans le même sens, Amadou Diarra, revendeur de patate douce au marché de Sikasso, affirme qu’il est difficile d’écouler 10 sacs par jour. Pour lui, la seule solution est d’exporter vers d’autres pays, « or, certains pays, comme le Burkina Faso, exportent vers le Mali ses patates douces qui viennent s’ajouter à nos productions invendues », explique-t-il. « Sur ce marché, on retrouve beaucoup de commerçants burkinabè venus proposer leurs produits. Cette situation ne facilite pas l’écoulement de notre production locale surtout qu’il n’y a pas d’autres moyens que la consommation familiale », se plaint notre interlocuteur. Abdoulaye Traoré, grossiste à Sikasso fait partie des commerçants qui pensent que la culture et la vente de la patate ne sont plus rentables, ni pour les producteurs, ni pour les commerçants. Selon lui, chaque année, en cette période, le marché déborde de ce tubercule et les pertes liées à la mévente sont inestimables. « Nous, les commerçants, déplorons des pertes liées à la vente de la patate douce, car, nous n’avons les moyens ni de conservation, ni de transformation. Après une semaine, les patates douces ne sont plus conservables», a-t-il déploré. « Pour minimiser les pertes, nous sommes obligés de céder le sac de 100 kg à moins de 3.000 Fcfa et celui de 50 kg à moins de 1500 Fcfa. J’avoue que nous faisons moins de bénéfices », a déploré Abdoulaye. Il a regretté que le tubercule ne puisse être conservé longtemps après la récolte. La mévente aidant, les grossistes sont contraints de céder la cargaison à vil prix : le sac de 50 kg à 500 Fcfa à des éleveurs pour en faire de l’aliment bétail. L’abondance de ce tubercule a fait chuter son prix, au grand bonheur des consommateurs, mais, au détriment des producteurs. Dans ce marché, le prix du kilogramme varie, en cette période, selon les commerçants, entre 30 et 50 Fcfa. Ce prix, selon Abdoulaye Traoré, « pourra même connaître une baisse dans les jours à venir car, l’offre est supérieure à la demande ». Notre interlocuteur propose la régulation de l’offre, en créant des moyens de conservation. Pour lui, il faut une usine de transformation de la patate et de structuration de la filière pour sécuriser les débouchés des producteurs, encourager l’autonomie des femmes transformatrices et contribuer à la sécurité alimentaire. « De nombreux paysans produisent de la patate douce mais, les pertes post-récoltes sont inestimables du fait des problèmes liés à l’écoulement, à la conservation et au manque de moyens de transformation », a déclaré Djibril Traoré, commerçant grossiste à Sikasso. Il a ajouté que si rien n’est fait par les autorités, la production de la patate douce tend vers son déclin. Il a souhaité que l’aide du gouvernement en mettant les moyens de conservation et de transformation à la disposition des acteurs, vu l’engouement

