Le président Keïta en France pour le Forum de Paris sur la Paix

De notre envoyé spécial à Paris, Kader MAÏGA   Paris, 11 novembre (AMAP) Le président de la République, Ibrahim Boubacar Keïta, est depuis samedi à Paris où il prendra part aux travaux de la 2è édition du Forum de Paris sur la paix dont la cérémonie d’ouverture sera présidée ce lundi par le président de la République française, Emmanuel Macron. Des chefs d’État et de gouvernement du monde entier, des représentants d’organisations internationales, d’entreprises et de la société civile participeront à cette grande rencontre. Le président de la République participera au panel de haut niveau sur le thème : «Perspectives de la jeunesse sur le multilatéralisme» au siège de l’Unesco à Paris. Au cours de son séjour dans la capitale française, en marge des travaux du forum, le chef de l’État aura des entretiens avec plusieurs personnalités françaises, d’Europe et d’Afrique sur des sujets d’intérêt commun. Ibrahim Boubacar Keïta rencontrera, comme d’habitude, la communauté malienne installée en France. Lors de la 1ère édition du Forum de Paris organisée en novembre 2018, en marge du Centenaire de l’Armistice, à la Grande Halle de La Villette, le président Keïta avait longuement abordé les questions de paix et de sécurité. Il avait souligné à cette occasion que la paix et la sécurité sont indispensables à la stabilité sociale et au développement économique. Le Forum de Paris sur la paix vise à renforcer l’action des enceintes multilatérales légitimes, au premier rang desquelles les Nations unies, et accélérer la mise en œuvre des Objectifs de développement durable (ODD). Il constitue également un cadre idéal pour rassembler des acteurs du monde entier afin de lancer des initiatives formelles, des exercices parallèles, des médiations et des dialogues bilatéraux. Inspiré du modèle de la COP21, le Forum de Paris sur la paix est une plateforme d’échanges et de débats mettant particulièrement en avant les initiatives de la société civile, réunissant tous les acteurs de la gouvernance, des chefs d’État et de gouvernement, des élus locaux et nationaux, des organisations régionales et internationales et la société civile. Le Forum de Paris sur la paix est un événement annuel rassemblant tous les acteurs de la gouvernance mondiale, lancé à l’initiative du président Emmanuel Macron. «Le monde dans lequel nous vivons est fragilisé par des crises qui déstabilisent nos sociétés : crise économique, écologique, climatique, défi migratoire. Il est fragilisé par la résurgence de menaces capables de frapper à tout moment : terrorisme, prolifération chimique ou nucléaire, cybercriminalité. Il est fragilisé aussi par le retour des passions tristes : nationalisme, racisme, antisémitisme, extrémisme qui remettent en cause cet horizon que nos peuples attendent», a déclaré le président Macron lors de l’ouverture de la 1ère édition du Forum à La Grande Halle de La Villette, en 2018. «C’est pourquoi nous avons voulu organiser ce Forum de Paris sur la paix qui a vocation à se reproduire chaque année et à rassembler les chefs d’État et de gouvernement mais également les représentants des organisations internationales, des organisations non gouvernementales, des pouvoirs locaux, des associations, des entreprises, des fondations, des intellectuels, des journalistes, des activistes, toutes celles et ceux qui font aujourd’hui le monde et qui peuvent le changer», a précisé le président français. Pour rappel, la 1ère édition a regroupé à Paris 65 chefs d’État et de gouvernement du monde entier, 10 dirigeants d’organisations internationales, 121 porteurs de projets qui ont présenté leurs solutions concrètes face aux défis contemporains, 300 intervenants de haut niveau et plus de 6.000 participants d’ONG, d’entreprises, de groupes religieux et de la société civile. Envoyé spécial Kader MAÏGA  

San : Messe d’adieu à Mgr Jean Gabriel Diarra

San, 11 novembre (AMAP) Monseigneur Jean Gabriel Diarra, précédemment Évêque de San, décédé le 28 octobre dernier à l’Hôpital Mali—Gavaro de Bamako, a reçu, samedi, l’hommage de la nation malienne, au Stade Sékou Dembélé de San, a constaté l’AMAP. Mgr Jean Gabriel Diarra a été accompagné en sa dernière demeure par plusieurs évêques, collaborateurs, parents et autres personnalités dont les ministres de l’Administration territoriale et de la Décentralisation, Boubacar Alpha Bah, et des Affaires religieuses et du Culte, Thierno Amadou Omar Hass Diallo, le gouverneur de la région de Ségou,  l’ancien Premier ministre du Mali,  Moussa Mara. Les préfets et sous préfets des Cercles de San et de Tominian, des députés élus dans la circonscription électorale de San et d’autres personnalités politiques locales et régionales étaient, aussi, présents. La messe d’adieu  à l’endroit de cet homme de Dieu a été présidée par Mgr Jonas Dembélé, président de la Conférence épiscopale du Mali et évêque de Kayes. Dans son homélie,  Mgr Dembélé a rappelé la mission des apôtres, à l’image de Mgr Jean Gabriel Diarra. Il a souligné, à cet effet, que « s’approcher de Jésus Christ, c’est s’approcher du mystère de Dieu, mais c’est, aussi, s’approcher de l’être humain, de sa propre humanité et de l’humanité de l’autre quel qu’il soit. Mgr Jean Gabriel Diarra,  selon l’évêque de Kayes,  « s’intéressait à tout ce qui fait partie d’une vie humaine, avec ses joies et ses peines, dans les chantiers immenses de l’annonce de l’évangile et de la propagation de la foi ». Au moment des prières et des bénédictions, l’eucharistie a été célébrée sans témoignage , selon la volonté exprimée par Mgr Jean Gabriel Diarra, dans son testament spirituel. L’Absoute, la prière qui termine une cérémonie funèbre dans la liturgie catholique, a été dirigée par Mgr Joseph Sama, évêque de Nouna, au Burkina Faso. Le corps de Mgr Jean Gabriel Diarra a été ensuite conduit dans sa cathédrale où il a été enseveli. Le ministre des Affaires religieuses et du Culte et son collègue de l’Administration territoriale et de la Décentralisation ont,  au nom du président de la République, présenté leurs condoléances à la famille du défunt,  à ses collaborateurs et à tout le peuple malien. Ils ont affirmé que c’est une perte douloureuse pour le Mali puisqu’il s’agit de celle d’un homme qui a marqué son passage sur terre en cultivant la paix,  le bon vivre ensemble et, surtout , en propageant  la parole de Dieu. Au nom  du président de la République, Mgr Jean Gabriel Diarra, a été élevé au rang d’Officier de l’Ordre National du Mali,  à titre posthume, par le Ministre de l’Administration territoriale et de la Décentralisation, Boubacar Alpha Bah. NC/MD (AMAP)  

Retrait de l’Armée de certains postes : Un réajustement stratégique selon le commandement

Bamako, 11 novembre (AMAP) Les postes militaires d’Anderaboukane et d’Indelimane ont replié, samedi, sur Ménaka, et celui de Labbezanga, a regagné Ansongo, selon le commandement militaire basé à Bamako. Le Chef d’état-major général des Armées, le Général de Division Abdoulaye Coulibaly, justifie ce retrait par « un souci de reconsidérer notre posture opérationnelle sur le terrain, les unités isolées vont être regroupées en point d’appui et centres de résistance » , sur un compte tweeter consulté par l’AMAP. « Dans ce choix opérationnel, d’autres unités seront également concernées » poursuit le texte qui ajoute que « cette décision s’inscrit dans l’exécution d’un nouveau concept d’opération qui vise à mieux adapter la stratégie à la menace des terroristes et autres narco trafiquants ». L’Etat major-général des Armées assure qu’il n’est « nullement question d’abandonner les populations ». Cette réorganisation stratégique des Forces armées maliennes (FAMa intervient après une série d’attaques terroristes ayant causé la mort de plusieurs dizaines de militaires et une perte importante en matériels. Le président de la République a, dès lors, instruit « des mesures fortes » pour renverser la tendance. AC/MD (AMAP)

Dioila : Le ministre de la santé fait l’état des lieux

Dioila, 10 novembre (AMAP) Le ministre de la Santé et des Affaires sociales, Michel Hamala Sidibé, à la tête d’une forte délégation, a visité mardi dernier le Centre de santé de référence (CSREF) de la nouvelle région de Dioila pour identifier les besoins, faire l’état des lieux  et voir comment une la nouvelle circonscription administrative répondrait aux besoins de la population. La visite a surtout concerné le Dépôt répartiteur de cercle (DRC), la pédiatrie, la maternité et le service de développement social et de l’économie solidaire. Il ressort de cette visite que le centre manque de ressources humaines et matérielles. Au DRC, le médecin chef, Dr Moussa Bagayogo, a indiqué qu’il n’y a pas de problème à ce niveau. Par contre, au niveau de la pédiatrie, plus précisément aux soins intensifs, c’est tout le contraire. Le ministre et sa délégation ont pu constaté de nombreux enfants malades. Sur le tableau accroché tout juste devant la porte, on pouvait lire 66 enfants admis. La plupart souffrent de paludisme grave et de malnutrition sévère. Selon le médecin chef, la chimio prévention du paludisme saisonnier ne réduit pas, de façon significative, la transmission du paludisme. Il a révélé que cela est du au fait que la chimio n’est pas bien suivie. « Après la première dose, dit-il, les mères ne respectent pas la deuxième ». Dr Tidiane Dramé a ajouté que le mois passé son unité a enregistré 388 enfants dont 299 cas de paludisme, 37 cas de paludisme et 44 pour autres pathologies. Il faut préciser que, dans ce centre, plus d’une centaine d’accouchements sont enregistrés dans le mois. Parlant des difficultés de son centre, le médecin chef a dit que le district sanitaire de Dioila couvre 210 villages et 383 hameaux. Mais, il ne compte que deux soignants qualifiés pour 10 000 habitants. En plus de ce manque de personnel, il a, aussi, évoqué des difficultés de couverture sanitaire. Selon lui, cela est due au fait que 15% de la population se trouve au delà d’un rayon de 15 kilomètres du centre de santé. Il estime que beaucoup d’efforts doivent être fait à ce niveau pour atteindre de bons résultats. Comme autres difficultés, il a cité les ressources matérielles, surtout au niveau des laboratoires et le retard dans la prestation de la Caisse malienne de solidarité sociale (CMSS) et du RAMED. Comme progrès, il a annoncé que depuis 10 ans, le district n’a pas connu de grande épidémie. De 16 décès maternels par an, il est passé à 2 ou 3 décès par an. Sur ce point il s’est empressé de dire que son équipe et lui travaillent à ce qu’il n’ y ait plus aucun décès maternel. Pour le chef de la délégation, Michel Hamala Sidibé, qui croit en la décentralisation des soins, il importait de faire cette visite afin de définir  les stratégies adéquates pour permettre à une nouvelle région  de répondre aux demandes de soins de ses populations. Il a indiqué qu’on ne peut pas avoir une pyramide au sommet surchargé avec des hôpitaux qui sont incapables de prendre les malades et laisser les CSREF et CSCOM sans capacités humaines. Ce qui lui fait dire qu’il faudra repenser les approches à la base afin de renforcer ces capacités. Parlant de la chimio prévention du paludisme saisonnier, le ministre a  souligné qu’il faut une communication très forte pour réduire les cas de paludisme. C’est pour cela qu’il recommandé qu’il y ait un partenariat avec les politiques et les leaders communautaires pour casser le cycle de la transmission. Le ministre a souhaité que le concept de centre santé ou d’hôpital propre soit une réalité. Il est allé jusqu’à suggérer que soit lancé un mouvement dans ce sens pour l’hygiène dans chaque hôpital. Il veut, par là, de faire en sorte qu’aucun hôpital ne soit un lieu ou on peut avoir des bactéries. Il a aussi parlé de la mise en œuvre d’un département qui se chargera uniquement de la santé des mères et des enfants, afin de réduire les décès maternels néonataux et infantiles. Et aussi de la création d’hôpitaux dans les régions qui naissent. FN/MD (AMAP)

Conflits liés aux ressources naturelles : Lancement du projet de médiation agropastorale au Sahel

Bamako, 10 novembre (AMAP) Le Centre pour le dialogue humanitaire (Centre HD), a procédé, jeudi, à Bamako, au lancement du projet « Médiation agro-pastorale au Sahel »  doté d’un financement du gouvernement du royaume du Danemark d’un montant deplus de 13 millions de Fcfa Ce lancement a marqué, notamment, le démarrage des activités du Programme de médiation agropastorale dans les pays du G5 Sahel et a, aussi, permis aux médiateurs communautaires d’échanger sur leurs activités de prévention et de gestion des conflits d’accès aux ressources naturelles et les difficultés qu’ils rencontrent. Appuyer les médiateurs communautaires dans l’élaboration de messages à l’attention des autorités au sujet de la collaboration sur les questions de gestion du foncier rural, permettre aux autorités nationales et régionales ainsi qu’aux médiateurs communautaires de se familiariser avec la méthodologie du programme de médiation agro-pastorale, aux niveaux local, national et sous régional, faire part de leurs attentes respectives, sont, également, entre autres objectifs de la rencontre. Selon un dossier remis à la presse, au Sahel, les activités agropastorales sont fortement tributaires de la variabilité climatique. C’est ainsi que les agropasteurs sont, en permanence, à la recherche de stratégies leur permettant une adaptation efficace de leurs systèmes de production au changement climatique. Ces dernières années, les crises politico-militaires et l’occupation de certaines zones par les groupes extrémistes violents ont fortement perturbé les mouvements traditionnels des animaux et provoqué une crise de confiance entre les communautés pastorales et agropastorales partageant les mêmes espaces géographiques et les mêmes ressources. C’est dans ce contexte que le Centre pour le dialogue humanitaire, sur financement du royaume du Danemark et de l’Union européenne (UE), conduit un programme de médiation agropastorale afin d’appuyer les communautés dans leurs efforts de prévention et de gestion des conflits d’accès aux ressources naturelles. La méthodologie de mise en réseaux des médiateurs communautaires, qui a fait ses preuves, entre 2015 et 2018, à travers 22 Communes à la frontière entre le Mali, le Niger et le Burkina Faso où, près de 400 conflits liés à l’accès aux ressources naturelles et au vol de bétail ont été résolus, est aujourd’hui étendue à plus de 100 communes à travers les pays du G5 Sahel. Le Centre HD a, pour cela, conduit une première étude de base, entre le 25 mars et le 4 mai 2019, à travers 64 communes dont 26 au Mali, 10 au Niger, 19 au Burkina Faso, 4 en Mauritanie et 5 au Tchad, via des entretiens individuels ou collectifs. Cette étude de base avait pour objectif de préparer la mise en place de réseaux de médiateurs communautaires à travers les communes d’intervention, notamment en identifiant les futurs médiateurs communautaires qui constitueront ces réseaux. Selon son coordinateur,Almoustapha Amadou,le projet de médiation agropastorale au Sahel a été initié à la suite de la crise multidimensionnelle que le Mali connait depuis 2012.  Avant de préciser que le projet durera trois ans et s’étend sur les cinq pays du G5 Sahel. Par ailleurs, le représentant de l’ambassade du Royaume du Danemark, Anders Karlsen,a signalé que le financement de ce projet par son pays s’inscrit dans le cadre de la 2è phase du Programme régional Sahel Paix et Stabilisation 2018-2021 du Mali. Il a expliqué que ce programme couvre l’ensemble des pays du G5 Sahel, avec une attention particulière sur la région du Liptako-Gourma. « A travers ce projet mis en œuvre par le Centre pour le dialogue humanitaire, le Danemark entend contribuer au renforcement des capacités des communautés à prévenir et résoudre les conflits locaux, en étroite coopération avec les autorités locales, en vue de l’adoption et de la mise en œuvre de solutions durables », a soutenu M. Karlsen. Le secrétaire général du ministère de la Cohésion sociale, de la Paix et de la Réconciliation nationale,Attaher Ag Iknane, a indiqué que les pays du Sahel traversent, de nos jours, des crises multidimensionnelles, la crise de sécurité, de développement, mais, aussi et surtout, une crise liée au changement climatique. « Le corollaire de toutes ces crises est, sans nul doute, l’effritement de la paix sociale qui est une condition essentielle à tout développement », a-t-il expliqué. A ce titre, il se réjouit du démarrage du projet « Médiation agropastorale au Sahel » qui apportera une plus-value aux efforts du gouvernement dans sa quête de la paix et la cohésion sociale entre les communautés. Il a ensuite rassuré les leaders communautaires que les doléances formulées seront transmises au plus hautes autorités « qui accordent une importance toute particulière à la prise en compte des préoccupations des communautés dans les politiques de développement ». La rencontre a enregistré aussi la présence du représentant des leaders communautaires, Ahmed Ould Badi, du representant de l’ambassade des Pays-Bas, Diombana Lassana et de plusieurs autres invités. MS/MD (AMAP)

Extension du programme de filets sociaux Jigisemejiri aux cercles de Mopti et Djenné, en 5ème région

Mopti, 10 novembre (AMAP) Le programme de filets sociaux « Jigisemejiri » ou arbre de l’espoir, qui a  bénéficié d’un financement additionnel (AF2), a lancé, jeudi dernier, son extension qui, en 5ème région, concernera de nouvelles localités dont les Cercles de Mopti et Djenné, a constaté l’AMAP. Après les cercles de Bankass, Koro et Youwarou en 2014, Douentza, Tenenkou et Konna en 2017, avec son opérationnalisation dans les cercles de Mopti et Djenné, le programme atteint sa vitesse de croisière dans la Région de Mopti. Dans les deux cercles cibles, 12 communes vont bénéficier des interventions du programme. Selon son coordinateur, Mohamed Ali Sacko, au total 5.221 ménages très pauvres, dont 2.827 pour le Cercle de Mopti et 2.394 pour Djenné, bénéficieront de transferts monétaires et mesures d’accompagnement pour renforcer leur résilience. Les transferts seront appuyés de financements des Travaux à haute intensité de main d’œuvre (HIMO) et l’allocation de nouvelles subventions pour les Activités génératrices de revenus (AGR). « Chaque ménage recevra, pendant 36 mois, un transfert de 15.000 F par mois et le soutient des AGR est fixé à 180.000 Fcfa » a-t-il souligné. Sacko a, ensuite, laissé entendre que l’initiative vise, entre autres, à atténuer la pauvreté et la vulnérabilité des plus démunis, en améliorant leur consommation alimentaire et, à la longue, accroître le capital humain des ménages, en suscitant chez eux des initiatives pour investir dans la santé et l’éducation de leurs enfants. Le directeur de cabinet, représentant le gouverneur Kantara Diawara, qui a présidé la cérémonie de lancement, a insisté sur l’importance du programme « Jigiseme Jiri » en tant que « véritable programme national de protection sociale et, surtout, dans une Région comme Mopti en proie à l’insécurité avec son corolaire de déplacement massif des populations et de dégradation du tissu social ». Il a rappelé l’objectif de la cérémonie qui est d’informer et de sensibiliser les responsables régionaux et locaux sur les objectifs, les composantes et les conditions de mise en œuvre du programme « Jigisemejiri » et d’engager le processus d’appropriation par les responsables. Il a remercié le gouvernement et ses partenaires pour leur souci constant de rechercher l’amélioration des conditions de vie des populations et les responsables du projet pour le choix des deux cercles. Diawara a assuré les responsables de « Jigisemejiri » de la disponibilité de l’ensemble des acteurs à soutenir les activités du programme dans la Région. Après cinq ans de mise en œuvre, avec un taux de réalisation de 70,3% des prévisions, le programme de filets sociaux « Jigisemejiri » ou arbre de l’espoir, est un programme phare de la politique nationale de protection sociale. Son extension intervient dans un contexte où sa mise à l’échelle demeure un défi majeur devant des besoins humanitaires qui s’accroissent, avec la situation sécuritaire et pour une meilleure équité de l’action gouvernementale. Outre son coordinateur, ce lancement de l’extension du programme « Jigiseme Jiri »,  s’est déroulé   en présence de plusieurs personnalités dont le directeur régional du développement social, Bakary Bengaly, des autorités administratives et politiques des deux cercles concernés et plusieurs invités. DC/MD (AMAP)

Déplacés internes du Centre : Un drame humanitaire en cours

Ahmadou CISSE Envoyé spécial Mopti, 10 novembre (AMAP) Depuis deux ans, les sévices sociaux de l’Etat assiste, impuissants, à un déplacement massif de populations fuyant la guerre et l’humiliation dans la Centre du Mali. Derrière, elles ont laissé leur terroir. Elles ont abandonné leurs champs et leur bétail. Certains d’entre eux sont tués et enterrés sur place. Mais tous n’ont pas cette chance. Plusieurs ont péri dans le feu, brûlés. Les souvenirs des attaques meurtrières sont encore vivaces dans les esprits des déplacés. A Sévaré, derrière l’Institut de formation des maitres (IFM), se trouve le stade de football construit en 2002 à la faveur de la Coupe d’Afrique des nations (CAN) pour les séances d’entraînement des équipes participantes basées à Mopti. Après l’euphorie de l’organisation de cette compétition continentale, rien ne prédestinait ce site sportif à l’accueil d’infortunés. C’est justement sur ce terrain qu’un camp de déplacés a poussé. Des tentes démontables à perte de vue. Hommes, femmes et enfants entassés dans un espace à peine aménagé pour accueillir des gens en détresse. De leur vie de chez eux, ils sont, désormais, réduits à tendre la sébile. A 46 ans, Oumar Barry est le chef d’un clan de plusieurs familles. Il possédait des troupeaux de moutons et de bœufs. Ce qui est un signe apparent de richesse et de noblesse dans le milieu pastoral. Il a quitté, nuitamment, Bandiagara, depuis 6 mois, pour se réfugier dans le camp. Avant l’enlisement du Centre dans la crise qui s’est, quelque peu, déplacée du Septentrion, il vivait au milieu des siens, une vie de paisible rural avec ses deux bergères. Lui, faisait du commerce tandis que ses autres frères entretenaient les troupeaux. Il y a six mois, le malheur s’est abattu sur sa famille. Dans les villages et hameaux, les rumeurs lui parviennent qu’une extermination des Peulhs est en cours. Les mauvaises langues crient au génocide.  Un mot lourd de sens qui rappelle le Rwanda, l’Ouganda, la République démocratique du Congo (RDC), la Tanzanie, l ;Arménie… et la Shoah. Mais le discours politique rassure : il n’en est rien. C’est donc du terrorisme est non un génocide en gestation. Oumar rompt le silence. Les deux mains posées sur la tête. Le regard fuyant et désolé. Les yeux hébétés. Des souvenirs atroces se bousculent dans sa tête. Il revit une tuerie qui a, heureusement, épargné sa famille de 36 membres, majoritairement composée d’enfants. Une partie de son clan n’a pas eu la même chance. Plusieurs ont péri, fauchés par les projectiles d’assaillants tirant sur tout ce qui bouge à Ogossagou. « J’ai perdu des parents, tués par des bandits armés. Pour mettre ma famille à l’abri, j’ai pris la lourde décision de quitter le pays Dogon », explique timidement Oumar, sous la grande tente blanche que le HCR a mise à leur disposition. Le sort leur a été cruel. « C’est un fait de Dieu » se console-t-il. PLUS de 2500 MENAGES PRIS EN CHARGE– Quand on lui demande où est passé son troupeau, il secoue la tête et dit d’un ton mélancolique que « les animaux ont été volés ». Lui et plusieurs milliers d’autres sont, désormais, dépendants de l’assistance d’organisations internationales comme le Programme alimentaire mondial (PAM) qui offre des vivres à  2663 ménages. Selon le directeur régional du développement social, Bacary Bengaly, ils sont 11 228 ménages, totalisant 61 567 personnes recensées, à la date du 1er novembre 2019. L’exercice continue. Tous les jours, de nouveaux arrivants sont déclarés. Tous ne peuvent être logés sur les sites. Certains occupent des bâtiments inachevés. Ceux qui ont plus de chance vivent chez l’habitant. M. Bengaly précise que dans la seule ville de Mopti, ses services connaissent 14 880 déplacés répartis entre 2781 ménages venus de différents cercles de la Région. Oumar est physiquement affaibli. Son cousin qui vient de prier « asr » est plus mince. La tente est presque vide. Seule une moto et quelques ustensiles de cuisine y sont arrangés. Le temps des vaches maigres. Dehors, des femmes font la sieste. Un peu plus loin. quelques jeunes filles pilent du mil pour la bouillie du soir. Les enfants eux, s’amusent, loin des soucis des adultes. A une dizaine de mètres, de nouvelles tentes sont dressées. Cette fois, de couleur bleue. « De nouvelles vagues sont attendues », assure Oumar. Le directeur régional du développement social a, lui aussi, prévenu que la crise mobilisera encore des populations. La gestion des crises, c’est son métier. Celle de ces dernières années dépasse ses prévisions. « En tant que service public, notre rôle est de les accueillir et en connaître le nombre pour agir. Mes équipes sont sur le terrain tous les jours pour mettre à jour notre fichier. Les informations sont partagées avec nos partenaires pour les dispositions idoines à prendre. Les premiers soutiens viennent de nous. Pour le long terme, nos partenaires prennent le relai », explique le directeur régional, confortablement installé dans ses bureaux nouvellement construits. En plus du couvert et du gîte, si l’on ose dire, l’Etat met à disposition une sommaire équipe médicale. Les maladies sont fréquentes dans cet environnement singulier. Confort suprême pour un déplacé, le site est éclairé par un équipement solaire. Dans l’attente d’un lendemain meilleur, les déplacés du Centre prient pour le retour de la paix. Leur nouvelle vie leur est imposée. Pire, l’horizon reste pour le moment obscurci. En attendant de jours plus heureux.

Causeries au ‘Grin’ :

Au sujet d’un grand corps malade

Par Ahmadou CISSE Bamako, 10 novembre (AMAP) Entre les trois verres normaux de thé, le ‘Grin’ opine sur les préoccupations brûlantes du moment, diversement commentées sur les réseaux sociaux. Il est 18 heures. Un vent léger caresse la peau. Quelques gouttes de pluie s’échappent des pores du ciel nuageux. Le temps ne peut être plus clément, en cette fin de journée dominicale. La météo est favorable en ce mois d’octobre. C’est le moment pour se rendre à Bamako. Tous les voyagistes le confirmeront. La durée du jour est actuellement de 11h51 précisément. Le soleil s’est levé depuis 06h22. Il s’évanouira à l’horizon, dans moins d’un quart d’heure. L’hivernage nous fait ses adieux. Il meurt pour renaître la saison prochaine. Il cède la place à une saison plus douce où une relative fraîcheur adoucira nos nuits étoilées. Commence le temps des amours et des sorties nocturnes pour les tourtereaux. Ils iront roucouler dans les espaces publics jusqu’au petit matin. La fin d’année a la réputation d’être plutôt festive.
 « Il fait beau temps », comme on dit chez nous. Le ‘Grin’ est à moitié plein. Les sujets fusent des deux extrémités. Les théières sont toujours installées au milieu du cercle d’amis. Les membres sont, particulièrement, inspirés ce soir-là. Chacun crache sa vérité. Tous discutent, passionnément, du Mali, ce grand corps malade. La tumeur est bénigne. La communauté internationale est à son chevet. Le Grin pleure son pays. Tous les fils présents sont partagés entre la colère et la pitié. La saison s’y prête. 
Les derniers camarades arrivent successivement. Ils freinent, un à un, sur le bas-côté de l’avenue de l’OUA qui mène jusqu’à la gare routière de Sogoninko. Ils s’installent et ne tardent pas d’alimenter les échanges en cours. Le robuste et grand pied de Neem, ‘Mali yirini’ en bambara, qui couvre le ‘Grin’, est un arbre qui tolère les sols pauvres et secs. Il protège notre cercle de causerie contre les rayons solaires brûlants de la journée. Mais il abrite des colonies de moustiques qui semblent avoir été vaccinés contre les insecticides inventés par la société des hommes.  De bonne guerre pour les culicidés ! Si, tant soit peu, l’on veut être objectif une fois. DÉSERTEUR OU HÉROS ?Tout est en place: chaises, fourneau, charbon, sucre, deux théières, un paquet de thé vert et un sachet de sucre de près d’un demi kilogramme. C’est dire que tout y est. Ou presque. Il manque les cacahuètes. Mais ce n’est qu’une question de temps, la vendeuse d’arachides rate rarement le rendez-vous. Elle propose deux formules aux clients du ‘Grin’ : des arachides grillées ou fraîches. Le thé chinois et le sucre forment un duo inséparable. On ne change pas une équipe qui gagne. Ces produits de très large consommation ont été achetés. la veille, chez le boutiquier Moussa. Ce jeune sonrhai de Gao est arrivé du Septentrion, depuis une dizaine d’années, en quête d’un lendemain meilleur dans la capitale. C’est lui qui a fourni au jeune Lassi les deux nouveaux verres à thé en remplacement de ceux brisés la veille, suite à la fâcheuse dispute entre deux membres respectés du ‘Grin’. La cause de leur rixe ? Un malheureux malentendu autour d’un débat politique particulièrement houleux. 
Le Président du ‘Grin’ à usé de toute son autorité pour calmer les ardeurs guerrières des protagonistes. Même si la fin est heureuse, le plus jeune n’a pas échappé à la sanction pour avoir offensé, publiquement, son aîné pour des raisons politiques. En plus de remplacer les verres brisés, il a déposé dans la cagnotte de quoi assurer l’achat de l’infusion chinoise pour un bon bout de temps.  Ce jour-là, c’était Momo le colporteur de rumeurs qui avait « enflammé » le débat. Il a eu le toupet de défendre mordicus que le lieutenant du commando parachutiste, qui s’est retrouvé en territoire burkinabè, suite à l’attaque de sa base à Boulkessi, était un déserteur. Surtout pas un héros.
 Le colporteur de rumeurs a été vite invité à tempérer son jugement au motif qu’il ignore totalement les conditions de la fuite du militaire et de ses hommes. « Dans l’armée, a-t-il argumenté, il n’est pas proscrit de se retirer d’un théâtre d’opération, quand la capacité de riposte est jugée inférieure à la force de feu de l’ennemi ». Mohamed conclut, dès lors, que nos soldats peuvent être vus comme des héros si, et seulement si, les soldats se sont éloignés du camp dans les règles de l’art de la guerre. Lassi pilonne à charge en dénonçant l’attitude du ministre de la Défense qu’il a vu à la télévision nationale en train de donner un bilan autre que celui du communiqué officiel : 38 morts et enterrés contre 25 annoncés par le Gouvernement. N’est-ce pas là un sérieux handicap de communication ? Le jeune homme est également choqué par l’image du ministre tenant une arme d’assaut bien qu’entouré par ses propres hommes. « Tu ne sais pas de quoi tu parles », intervient sèchement Mohamed. Il explique, passionnément, au jeune homme que l’officier supérieur est un homme de terrain ayant fait ses preuves. C’est un général respecté par ses hommes. L’actuel ministre de la Défense, serait habitué aux opérations de combat. Nommé ministre de la Défense en mai 2019, l’enfant de Ségou se familiarise avec le métier des armes depuis sa tendre enfance au Prytanée militaire de Kati jusqu’à l’Ecole militaire Inter armes de Koulikoro. LES FAILLES –Un ange passa. Le débat reprit de plus belle après le premier verre de thé servi par Lassi qui ne semble pas bouger d’un iota de sa position. Pire, il dégaine à nouveau. « Il paraît que le ministre s’est rendu à Boulkessi pour échapper à la colère du « grand chef », renchérit le serveur de thé. Le regard foudroyant de Mohamed ne fait guère d’effet sur lui. Et le jeune impertinent enfonce le clou, en ajoutant que son collègue de la Sécurité aurait souffert le martyre, à sa place, lors du Conseil des ministres. Il aurait, maladroitement, essayé de faire excuser les failles des services de défense et de sécurité. Le

Les FAMa traquent avec succès des terroristes dans le Centre

Mopti, 10 novembre (AMAP) Les forces de défense et de sécurité du Mali ont engagé une offensive de grande envergure contredes bases terroristes, dans les forêts de Tiguina et Mouloguina, secteur de Douna, dans la Commune de Mondoro, Cercle de Douentza (Centre), pour un bilan, côté ennemi, de plusieurs corps calcinés, des véhicules et motos brulés, des cartes d’identité de plusieurs nationalités (burkinabé, nigérienne et maliens) et des effets militaires récupérés, a appris, samedi, l’AMAP de sources militaires. Selon les mêmes sources, les hommes de la 6ème Région militaire de Sevaré ont mené, la semaine dernière, ces opérations selon un schéma opérationnel nouveau, dans le cadre de l’opération Dambé conduite par le Colonel Major Amara Doumbia et appuyée par l’Armée de l’air. Ces interventions, après la destruction de la base logistique de terroristes, entre le village de Kobou et Boulkessy, le 4 novembre dernier, répondent à la recrudescence des attaques terroristes entrainant d’énormes pertes en vie humaine et matérielles dont les plus récentes se sont produites, récemment, à Mondoro, Boulkessy et Indelimane. Le chef d’état-major de l’Armée de terre, le général de brigade Kèba Sangaré, désormais Commandant de théâtre des opérations du Centre (Ségou, Mopti et Tombouctou), s’est rendu sur le site, jeudi dernier, pour assister et encourager les hommes. Il s’est incliné sur la tombe des soldats tombés avec les armes à la main sur le champ de l’honneur, lors de l’attaque du poste de Boulkessy et salué les actions posées. Le Général Kèba Sangaré s’est réjoui du « bon moral des hommes résolument engagés à sauver la patrie ». « Toute chose qui rassure d’avantage’ et « motive son déplacement personnel pour féliciter et, surtout, voir l’état d’accompagnement de la troupe. Selon lui, la troupe est, aujourd’hui, en mesure d’aller de l’avant et de montrer ce qu’il faut faire. « Cette fructueuse moisson illustre, à suffisance, la grande détermination des FAMa à redonner le moral à notre peuple et faire honneur au serment de défendre la patrie, au prix du sang et venger la mémoire des frères d’armes tombés sur le champ de l’honneur », a-t-il laissé entendre. Le Commandant de théâtres des opérations a requis, dans son message aux hommes sur le terrain du Centre et au Nord, d’être unis derrière un commandement unifié sous la direction du chef d’état-major général des Armées. Le Colonel Major Amara Doumbia a indiqué que les forêts situées tout autour de Boulkessy restent infestées par les djihadistes. « Nous nous donnons comme mission, les jours à venir, la fouille systématique et avec minutie de tous ces lieux pour que la compagnie puisse s’installer en paix », a-t-il dit. « La visite du chef d’état-major nous honore, à plus d’un titre, et nous montre la solidarité et l’accompagnement de toute la hiérarchie militaire et l’autorité politique », a-t-il ajouté. DC/MD (AMAP)  

Attaque terroriste à Konna: Les FAMa repoussent des assaillants

Bamako, 09 novembre  (AMAP) Les Forces armées et de sécurité maliennes ont fait l’objet d’une attaque terroriste à Konna, près de Mopti (Centre), vendredi, aux environs de 19 heures 45 minutes, a appris l’AMAP, de source locale. Cette nouvelles attaque est confirmée par  les services de communication des FAMa, précisant que « les terroristes sont arrivés à motos et ont attaqué le poste de la Gendarmerie ». « Dès les premiers coups de feu, les éléments de la Garde nationale ont, énergiquement, riposté. Les terroristes ont pris la fuite », poursuit cette source. Le bilan est de deux civils tués et deux blessés dont un gendarme. Un véhicule de la Gendarmerie a été calciné. Les blessés ont été évacués à l’hôpital Sominè Dolo de Sevaré à minuit. Une patrouille de l’Armée sécurise la localité de Konna et ses environs immédiats. Cette attaque intervient quelques jours après celle de Indelimane survenue le 1 er novembre  qui a coûté la vie à une cinquantaine de soldats maliens et une importante perte en matériels militaires emportée ou calcinés. Suite à ce drame, le président de la République a instruit des « mesures fortes » dans une adresse à la nation, avant de se rendre à Gao pour apporter son soutien aux blessés et présenter ses condoléances aux familles endeuillées. AC (AMAP)