Assises : L’assassin de l’Imam Abdoul Aziz Yattabary condamné à mort
Bamako, 19 novembre (AMAP) La Cour d’assises de Bamako, a condamné, mardi, à la peine capitale Moussa Guindo, reconnu coupable de l’assassinat de l’Imam Abdoul Aziz Yattabary de la mosquée de Yattabary de Médine, a appris l’AMAP. Trois chefs d’accusation étaient retenus contre le condamné, poursuivi pour crime d’assassinat, crime de torture et d’outrance envers le président de la République du Mali, Ibrahim Boubacar Kéita. Les faits se sont déroulés le 19 janvier 2019. Ce jour, vers 05 heures du matin, Guindo a quitté son dortoir, dans un magasin contigu à la mosquée, muni d’objets contondants, un gourdin et un couteau, pour tendre un guet-apens dans la rue où passe, quotidiennement, l’Imam Yattabary pour aller à la mosquée. Abdoul Aziz Yattabary, comme d’habitude, a quitté chez lui, à cette heure, pour diriger la prière de l’aube, Fadjr. Il a été abordé par Moussa Guindo, dans la rue, dans l’obscurité. L’agresseur aurait posé à sa victime, deux fois, la question : « qu’est-ce que je t’ai fait ». L’Imam ne sachant quoi répondre aurait continué son chemin. Moussa le terrassa, avant de lui asséner plusieurs coups, avec son gourdin à la nuque, et d’autres parties de son corps. La victime, surprise par ce geste, n’aurait pas eu le temps de crier au secours et son bourreau lui aurait donné plusieurs coups de poignard, avec le couteau qu’il détenait. A la barre, Moussa Guindo a brillé par ses incohérences dans le propos. Tantôt, il prétend que l’Imam avait des dents contre lui parce qu’il a refusé de participer à la prière sur des corps de mauvais musulmans. Et que l’Imam aurait lancé Souleymane Sanogo, communément appelé Soloni Tondian, à sa poursuite. Parfois, il parle d’un prétendu soutien de feu l’Imam Yattabary, du président IBK et de Chérif Ousmane Madani Haidara à un projet autorisant l’homosexualité au Mali. La partie civile (les avocats des parents de feu l’Imam Yattabary) a réclamé la peine de mort contre Moussa Guindo, car, selon elle, l’assassin a agi avec préméditation. A cet effet, la partie civile a demandé l’application des articles du Code pénal en vigueur au Mali, en la matière. Par contre, l’avocat de la défense, commis d’office, a évoqué l’article 28 du même Code qui prévoit la démence. Pour lui, Moussa Guindo n’a sa place que dans un asile psychique. L’avocat de l’assassin s’est référé, pour ce faire, aux conclusions des deux expertises médicales effectuées sur lui. Dont la première révèle « un trouble psychosomatique » et « un potentiel de dangerosité non négligeable du sujet ». Et le rapport de la seconde dit que Moussa « souffre de schizophrénie paranoïaque avec une dangerosité psychiatrique ». Pour sa part, le Parquet a retenu un chef d’accusation. Il soutient que la préméditation et le guet-apens sont deux mobiles qui soutiennent l’assassinat. Cependant, il estime que « le crime de torture est un fait qui doit être commis par un fonctionnaire de l’Etat contre quelqu’un afin qu’il avoue quelque chose ». Il a aussi prouvé que l’outrance envers le président IBK « ne tient pas juridiquement » dans ce contexte. De ce fait, le ministère public a demandé à la Cour de condamner Moussa Guindo, uniquement, pour assassinat. Les jurés l’ont reconnu coupable d’assassinat sans retenir des circonstances atténuantes. OD/MD (AMAP)
Mopti : Renforcement des capacités des femmes élues de la région

Mopti, 19 novembre (AMAP) Un atelier de renforcement des capacités des femmes élues et femmes leaders de la région a pris fin le 16 novembre dernier à Mopti, sous la présidence du ministre de l’administration territoriale et de la décentralisation, Boubacar Alpha Bah, a constaté l’AMAP. Il a été organisé par l’Association pour la Promotion de la Décentralisation et la Gouvernance au Mali (APDGM), la Direction Générale des Collectivités Territoriales et la Décentralisation, le Royaume de Suède et la MINUSMA. Cette session de formation qui a enregistré la participation d’environ 500 acteurs du développement s’inscrit dans le cadre de la mise en œuvre du « projet Promotion de l’engagement citoyen et de la participation des femmes au développement local des femmes conseillères » La rencontre a pour entre autres objectifs, d’améliorer les connaissances des femmes sur les concepts de décentralisation et de développement local, de favoriser l’implication des femmes dans le processus de mise en œuvre de l’Accord pour la paix et la réconciliation nationale et d’accroitre leur efficacité dans la gouvernance locale. Les participants ont échangé sur le cadre législatif et règlementaire, les attributions et fonctionnement des organes délibérants et exécutifs des collectivités, la maitrise d’ouvrage du développement local, les outils de planification, les modes de gestion des infrastructures et équipements, la gouvernance locale, le contrôle de légalité et la coopération entre les collectivités. Le nombre des femmes élues à Mopti est de 441 soit plus de 10% de l’effectif des femmes élues local. La cérémonie s’est déroulée en présence du gouverneur de région, le général de brigade Abdoulaye Cissé, du maire de la Commune urbaine, Issa Kanssaye, de la représentante spéciale du secrétaire général des Nations Unies, Joanna Adanson, de la présidente de l’APDGM, Mme Maïga Mariam Cissé et du Directeur des Collectivités Territoriale, Abdramane Cissé. DC/KM (AMAP)
Ousmane Chérif Madani Haidara : «Le dialogue national inclusif doit se faire dans la sincérité»
Entretien réalisé Par Dieudonné DIAMA Bamako, 18 novembre (AMAP) En cette après-midi du mercredi 14 novembre, le prêcheur Ousmane Cherif Madani Haidara nous reçoit dans sa ferme à Dondoumana, à une vingtaine de kilomètres de Bamako. Des milliers de personnes sont présentes, venues dans le cadre de la célébration de la fête du Maouloud. Dans un entretien à bâtons rompus, le président du Haut conseil islamique du Mali (HCIM) nous parle de la fête du Maouloud, du terrorisme, de l’insécurité, de la question des arabisants, du Dialogue national inclusif, etc. Parlant, en premier lieu, de la fête du Maouloud (célébration de la naissance et du baptême du Prophète Mohamed, PSL), Cherif Ousmane Madani Haïdara dira qu’elle est célébrée, cette année, dans un contexte marqué par des difficultés au Mali. Pour lui, notre pays traverse une situation à laquelle, les populations ne sont pas habituées. Il s’agit de l’effusion de sang et de la division. C’est pourquoi, le thème de cette année a trait à la paix et la cohésion. Le leader d’Ançardine (différent du mouvement djihadiste dans le Nord du Mali) précise que son objectif est de mettre fin à l’effusion de sang et à la division, convaincu que tout bonheur passe par la paix. C’est pourquoi, tous les prêches se font, dans ce sens, sur l’ensemble du territoire national afin que les Maliens s’entendent et se donnent la main. L’influent prêcheur a, aussi, touché du doigt l’insécurité grandissante qui sévit dans plusieurs parties de notre pays. Il déplore que, malgré la présence de la Force Barkhane, de la Mission intégrée multidimensionnelle des Nations unies pour la stabilisation au Mali (MINUSMA) et d’autres forces étrangères sur le sol malien, la situation d’insécurité perdure et même empire. Selon lui, tant que les Maliens ne s’entendront pas, personne ne pourra les amener à avoir ce qu’ils veulent réellement. Il a invité nos compatriotes à aider le gouvernement à faire face aux besoins des militaires sur le terrain. Endoctrinement – Le président du HCIM a abordé, aussi, la question du terrorisme. Pour lui, des individus se cachent derrière l’islam pour commettre des exactions. Et pour avoir l’adhésion des populations, ils se font appeler « djihadistes ». Le leader d’Ançardine estime que ceux qui se disent « islamistes » et qui font subir des exactions aux populations du Mali ne sont pas Maliens. “Ils sont là pour autre chose et non l’islam. Pour ce faire, ils profitent pour endoctriner certains de nos compatriotes. Mais, également, ils donnent de l’argent à certains Maliens qui les hébergent et les aident à se préparer pour commettre leurs forfaits”, explique-t-il. Le leader religieux rappelle que le Mali est un pays où l’islam s’est implanté depuis que certains compagnons du prophète Mohamed (PSL) étaient encore en vie. Selon lui, cette religion n’a pas été introduite dans ce pays par les armes et les sabres. Mais, par des commerçants qui se rendaient au Maroc qui ont été séduits par le Mali et y ont importé l’islam. Ensuite, par des ressortissants de Médine (en Arabie) venus s’installer à Tombouctou. Pourquoi fermer les écoles ?Concernant la fermeture des écoles, au nom de l’islam, par les terroristes, Cherif Ousmane Madani Haïdara a déclaré que la religion musulmane n’est nullement contre l’école et l’éducation parce que le prophète de l’islam, lui-même, a, une fois, envoyé un de ses compagnons étudier d’autres langues, chez des peuples qui adoraient le feu. Aussi, Mohamed (PSL) a envoyé un autre étudier la langue romaine. Pour le prêcheur Haïdara, la langue n’a rien à voir avec la religion, contrairement à ce que pensent certains. D’après lui, beaucoup pensent que lorsqu’on ne parle pas arabe, on n’est pas musulman alors qu’il n’en est rien. Mieux, il dira qu’il n’y a pas de langue pour la religion musulmane, mais, il y a une langue à travers laquelle on comprend l’islam. A cet effet, il soutient que si la religion musulmane était une question de langue, elle allait se limiter aux Arabes. Quelle perspective pour les arabisants ?Le président du HCIM a évoqué également la situation des arabisants et leur insertion professionnelle. Selon Ousmane Cherif Madani Haïdara, ceux qui ont fait des études en arabe, sans le français, le regrettent aujourd’hui. Car, au Mali, l’arabe seul permet, difficilement, à une personne de travailler parce que la langue officielle est le français. Mais qu’à cela ne tienne, des démarches sont entamées pour l’insertion professionnelle de ceux qui ont de bons diplômes en arabe même s’il leur faudra faire une formation en français. Déjà, un expert recruté a travaillé sur ce dossier et a fourni son rapport qui a été remis au gouvernement. Lequel promet de travailler à cela. « Dès maintenant, les personnes concernées vont bénéficier de soutiens financiers pour pouvoir mener des Activités génératrices de revenus (AGR) avant que ces actions ne commencent », annonce notre interlocuteur. Le dernier point sur lequel s’est prononcé Ousmane Cherif Madani Haïdara est le Dialogue national inclusif en cours. Pour lui, tous les musulmans et l’ensemble des Maliens veulent aujourd’hui que le pays soit apaisé. » Si le dialogue peut contribuer à cela, c’est le souhait du Haut conseil islamique », a-t-il indiqué, soulignant que le gouvernement a commis des erreurs et la faîtière des organisations musulmanes n’a pas manqué de le lui faire savoir. « Dans le cadre de ce dialogue, dit-il, les leaders religieux ont beaucoup aidé les organisateurs dans la discrétion. Ils sont allés voir, nuitamment, des personnes qui n’étaient pas partantes pour le dialogue pour les convaincre d’y participer afin que la paix s’installe au Mali. Malgré tout, il y a eu la mise à l’écart des leaders religieux, chrétiens comme musulmans, lors des phases aux niveaux des cercles et des régions. En dépit de cette situation, Ousmane Cherif Madani Haïdara a exprimé le soutien du HCIM au Dialogue national inclusif. Son souhait est que le grand débat national se fasse dans la sincérité et que tout le monde ait, vraiment, son mot à dire, les pauvres, les personnes lésées de leurs droits, etc. DD/MD (AMAP)
Kayes : Grève observée par le Comité AEEM de l’Institut de formation des maîtres

Kayes, 19 novembre (AMAP) Le comité AEEM (Association des Élèves et Étudiants du Mali) de l’Institut de Formation des Maîtres (IFM TC) de Kayes a entamé une grève mardi pour réclamer le paiement de la bourse du mois d’octobre et leur trousseau au titre de l’année scolaire 2019-2020, a constaté l’AMAP. Les manifestants réclament également la réhabilitation et l’équipement des salles de classes avec des commodités (électricité, adduction d’eau), l’approvisionnement des infirmeries en médicaments et l’institution d’une permanence pendant les heures de cours. Ils réclament enfin la dotation de la salle informatique en papier, la gratuité de la photocopie et la sécurisation des personnes et de leurs biens. La coordination demande aux autorités de lui accorder 0,75% du budget alloué à l’éducation afin qu’elle puisse mener des activités dans le cadre de la vie scolaire. Elle souhaite être impliquée dans la gestion des questions scolaires. Des sources proches des organisateurs précisent que le mouvement sera poursuivi jusqu’à la satisfaction des revendications et le bureau régional de coordination de l’AEEM a indiqué qu’elle a entrepris d’autres actions pour que, selon cette structure, tous les filles et fils de la région puissent avoir une égalité de chance à l’école, indique les mêmes sources. Le Collectif des syndicats de l’IFM TC avait observé les 14 et 15 novembre 2019 une grève générale pour exiger le paiement sans délai des heures supplémentaires d’encadrement des élève-maîtres de l’année scolaire 2017-2018, tout en se disant disposé au dialogue. BMS/KM (AMAP)
Mali : 24 soldats tués dans les combats avec des djihadistes (Sources : Armée)

Bamako, 19 novembre (AMAP)24 soldats maliens ont été tués, lundi, lors de combats avec des djihadistes présumés, dans le Nord du Mali, près de la frontière avec Niger, a indiqué la Direction des relations publiques de l’Armée malienne sur son compte Twitter Au cours de cet accrochage les Forces armés maliennes (FAMa), compte, aussi 29 blessés et des dégâts matériels. Côté ennemi, l’on dénombre 17 terroristes tués, une centaine de suspects appréhendés qui sont entre les mains des Forces nigériennes à Tiloa, et 70 motos détruites. MD (AMAP)
Onze organisations de la société civile de la Région de Koulikoro financées par HIBUSCUS pour plus de 52 millions de Fcfa

Koulikoro, 19 novembre (AMAP) Onze organisations de la société civile de niveau 1 de la Région de Koulikoro ont signé, vendredi dernier, un protocole d’accord de subventions, pour un montant global de 52.998.040 Fcfa, du Programme harmonisation des initiatives aux bénéfices de la société civile d’utilité sociale (HIBISCUS) au Mali. « Cette cérémonie marque le début des phases opérationnelles d’appui aux OSC, à travers l’attribution des subventions pour des actions de formation, de renforcement des capacités et d’équipements en lien avec la décentralisation et le genre », a précisé le représentant du ministère des Affaires étrangères et de la Coopération internationale, Sory Coumaré. Selon lui, c’est au terme d’un long et rigoureux processus d’analyse de 385 demandes reçues au niveau national que le Comité national de validation et de sélection a retenu les 107 meilleures propositions pour une enveloppe de 499.000.000 frs cfa. « Aussi, a-t-il souligné, 24 ONG et faitières ont été sélectionnées pour assurer les formations et accompagnements techniques individualisés de ces OSC de base bénéficiaires ». Le chargé du programme de l’Union européenne (UE), Allaye Dicko, a félicité les OSC bénéficiaires pour la qualité des dossiers montés. « J’espère que cette qualité va se ressentir dans la mise en œuvre des actions et qu’à l’issue de la formation, qui va suivre cette cérémonie, les bénéficiaires sortiront très outillés pour une gestion efficace des subventions », a-t-il souhaité. Au nom des bénéficiaires, la présidente de l’Assistance, développement communautaire associatif (ADCOMA), Mme Maïga Donki Diabaté, a promis qu’ils vont s’investir pour mériter la confiance placée en eux. « Aujourd’hui, plus que jamais, le rôle des OSC est capital dans le processus de consolidation du développement, de la cohésion sociale et de la démocratie au Mali », a-t-elle déclaré. Pour jouer pleinement ce rôle tant attendu, les OSC ont besoin de renforcement de leurs capacités organisationnelles et opérationnelles. C’est dans ce sens que l’Etat malien et sa partenaire l’UE, au titre du 11è Fonds européen de développement (FED), ont initié le programme HIBISCUS pour appuyer les OSC maliennes, à tous les niveaux et dans toutes les régions. En clôturant les travaux le conseiller aux affaires administratives et juridiques du gouverneur, Sofiana Maïga, qui a présidé l’événement, après avoir « remercié l’Etat et l’UE pour cette initiative heureuse », a exhorté les OSC de la région à participer davantage aux futurs appels à projets du programme afin que la 2è région puisse bénéficier d’autres subventions. « J’exhorte, également, les OSC de base bénéficiaires de la subvention du programme HIBISCUS, au titre de l’Appel à manifestation d’intérêt (l’AMI-2) et les trois ONG et coordinations sélectionnées, pour leur formation et accompagnement, à une mise en œuvre efficace et efficiente des actions, afin d’atteindre les résultats attendus », a-t-il dit. L’événement s’est déroulé en présence, également, ddu coordinateur et régisseur du programme HIBISCUS, Samba Tembely, du représentant du maire, des responsables de la Coordination régionale (CR) des ONG, du point focal du programme, Youssouf Fomba, et des OSC bénéficiaires. AM/MD (AMAP)
Force conjointe du G5 Sahel : 25 terroristes neutralisés au cours d’une opération d’envergure

Bamako, 18 novembre (AMAP) Les premières semaines du mois de novembre ont été marquées par une opération d’envergure menée par la Force conjointe du G5 Sahel, conjointement, avec les armées du Burkina Faso, du Mali et du Niger, dans le Gourma, qui a permis de neutraliser 25 terroristes, annonce un communiqué du G5 Sahel. L’opération, dont le but était de traquer les groupes armés terroristes et les déloger de leurs zones de refuge, de transit et de stockage, a, aussi, permis de détruire 64 motos et de récupérer 2 véhicules, « portant ainsi un grand coup à la mobilité des groupes armés terroristes ». Elle a permis également de saisir des armes, une importante quantité de munitions, une centaine de téléphones, de faire la découverte d’un dépôt de carburant et d’un atelier de fabrication d’engins explosifs improvisés qui ont été détruits Cette opération a mobilisé plus de 1.400 hommes, d’importants moyens terrestres et aériens. Elle « a été un franc succès » ,et « suscité l’engagement ferme et sans précédent de toutes les parties prenantes ». Selon le communiqué, cette opération arrive juste après celle effectuée dans le fuseau Est, à la frontière Nord entre le Niger et le Tchad, dans la première quinzaine du mois d’octobre, et qui a aussi capitalisé d’importants résultats. « Cela prouve l’engagement et la détermination de la Force conjointe du G5 Sahel à mener sa mission de lutte contre le terrorisme et le crime organisé qui gangrènent et endeuillent notre espace sahélien commun ». L’opération intervient, également, après une autre menée, conjointement, par les Forces armées maliennes (FAMa) et la Force Barkhane dans la même localité. Pour rappel, afin de gagner leur lutte commune contre les groupes armés terroristes, les FAMa et la Force Barkhane mènent des opérations ensemble dans le Gourma à travers un partenariat militaire opérationnel. « C’est un cadre de partage d’expériences entre les deux partenaires qui a déjà produit de bons résultats. Il a permis de désorganiser les groupes terroristes et de les couper de leurs sources d’approvisionnement », précise l’Armée malienne dans un communiqué. « Ces opérations ont permis de perturber de manière significative, les réseaux terroristes et d’affaiblir leur potentiel offensif, mais aussi de saisir des motos et de l’armement », ajoute la même source. L’opération menée durant les deux premières semaines de ce mois de novembre par la Force conjointe du G5 Sahel intervient, seulement, deux semaines après la visite de la ministre française des Armées, Florence Parly, dans certains pays du Sahel dont le Mali où elle avait rencontré les chefs d’Etat. Au Burkina Faso où elle a eu un entretien avec le président Roch Marc Christian Kaboré dont le pays fait aujourd’hui face aux mêmes défis sécuritaires que le Mali, elle avait lancé une opération militaire dénommée ‘’Bourgou 4’’. Il s’agit d’une opération conduite par la Force Barkhane dans les zones frontalières entre le Mali, le Burkina et le Niger avec la participation des Forces armées de ces trois pays. Après le Burkina Faso, Florence Parly s’est rendue au Mali où elle avait été reçue par le chef de l’Etat. A sa sortie d’audience, elle a déclaré avoir fait part au président Keïta du souhait de la France de renforcer son appui au Mali. Mme Parly avait, aussi, parlé de la Force conjointe du G5 Sahel qui a repris ses opérations et qui va désormais pouvoir constituer un véritable point d’appui pour les Forces armées maliennes. DD/MD (AMAP)
Sociétés minières : Les énergies renouvelables comme recours

Bamako, 18 novembre (AMAP) Des experts, à la 8èédition des Journées minières et pétrolières du Mali, ont animé, samedi, le panel : « développement des mixtes énergies au Mali », et débattu du pourquoi du raccordement des sociétés minières au réseau électrique du Mali et de comment réduire les coûts énergétiques des industries minières par l’intégration de l’énergie solaire. Le Commissaire chargé de l’Energie et des Mines de la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO), Sediko Douka, le directeur général de l’Autorité pour la recherche pétrolière du Mali (AUREP-Mali), Ahmed Ag Mohame, et Liam Gerding de l’Agence de coopération internationale allemande pour le développement (GIZ), ont analysé les enjeux liés à l’utilisation par les sociétés minières des énergies propres, durables et moins chères. Rappelons qu’aucune des treize sociétés minières opérant au Mali n’est raccordée au réseau électrique d’Energie du Mali (EDM), \la société nationale d’électricité. Elles produisent, elles-même,s plus cher l’énergie thermique ou hydraulique pour faire fonctionner leurs usines et autres installations nécessaires à l’exploitation du métal jaune. Des charges jugées exorbitantes que les sociétés semblent obligées de supporter. Le coût élevé de l’électricité et la faible capacité électrique du Mali, sont entre autres motifs, qui les poussent à ne pas faire confiance aux services de EDM ont affirmé des intervenants. Le commissaire chargé de l’Energie et des Mines de la CEDEAO a rappelé que le tarif moyen de l’électricité au Mali est de 97 Fcfa le kilowatt heure. La puissance totale de EDM est estimée à 700 MW pour une production énergétique de 2.000 GW/h. Rappelant que les moyens de production électrique du Mali sont les lignes d’interconnexion Manantali-Kayes-Bamako et Côte d’Ivoire-Sikasso-Bamako-Ségou, le géologue a ajouté que des centrales électriques isolées sont installées un peu partout dans le pays. « Eu égard à ces statistiques, les entreprises minières gagneraient plus à se raccorder au réseau électrique du Mali, vue les montants énormes qu’elles déboursent, par an, pour l’alimentation de leurs installations, en utilisant l’électricité thermique », a estimé Sediko Douka. Toutefois, les sociétés minières ont peut-être peur que EDM, avec ses 700 MW, ne soit pas à mesure de répondre à leur demande réelle en électricité. En outre, la réduction des charges électriques est nécessaire pour les sociétés minières. Pour ce faire, Liam Gerding de la Coopération internationale allemande au développement (GIZ) propose l’énergie solaire comme alternative, en raison de l’ensoleillement du Mali. Le consultant pense que l’énergie produite à partir du soleil est un choix favorable aux activités minières qui consomment beaucoup d’énergie pour le fonctionnement normal des affaires. Un autre avantage du solaire, a insisté l’expert, est que son coût est moins élevé par rapport aux autres sources d’énergie. « Il émet, aussi, moins de CO2 », a soutenu le spécialiste. Au Mali, des compagnies minières comme Barrick investissent dans la production d’énergie solaire. Cette industrie minière développe un champ solaire d’une capacité installée estimée à 20 MW. Sa réalisation permettra au géant minier coté à la Bourse de Londres d’économiser 10 millions de litres de carburant par an, selon la compagnie. Le directeur général de l’AUREP-Mali a mis en évidence la valorisation du gaz naturel liquéfié (GNL). « Le Mali peut produire du GNL transportable par camion », a ajouté Ahmed Ag Mohamed. L’avantage est que le gaz naturel liquéfié produit moins de gaz à effet de serre, en plus de son coût moins élevé. ABM/M (AMAP)
Inclusion financière : L’UEMOA mise sur la digitalisation

Bamako, 18 novembre (AMAP) La 2èédition de la Semaine de l’inclusion financière (SIF) s’est ouverte, lundi, à Dakar, siège de la Banque centrale des Etats de l’Afrique de l’Ouest (BCEAO) sur le thème central de cette année : « La digitalisation au service de l’inclusion financière : enjeux pour le secteur financier et les Etats membres de l’UEMOA », a appris l’AMAP. Une note de présentation parvenue à l’AMAP annonce que la direction nationale de la BCEAO pour le Mali organise, mercredi 20 novembre, deux sessions sur « la digitalisation des paiements des Etats » et « des chaines de valeurs agricole », dans le cadre des activités de la SIF qui se tiendront, conjointement dans les huit Etats membres de l’UEMOA, durant les six jours de travaux que durera cette Semaine (du 18 au 23). Cet atelier réunira les représentants du Comité national de suivi de la mise en œuvre de la stratégie régionale d’inclusion financière (CNSMO), de plusieurs ministères et autres services concernés par ces thématiques. Les discussions permettront de mettre en relief la problématique de la digitalisation de l’ensemble des secteurs de la vie socio-économique, notamment des paiements des Etats. Elles mettront aussi l’accent sur l’apport de la digitalisation dans les différents processus des chaînes de valeur agricoles, précise une note de présentation déposée à L’Essor. La note de présentation ajoute que la journée du jeudi 21 sera consacrée aux sessions nationales de sensibilisation sur « l’éducation financière » et sur « la protection des consommateurs ». Ces séances, qui se tiendront à l’Université de Kabala, visent à sensibiliser les populations sur les actions d’éducation financière et de protection des consommateurs menées, dans chaque Etat, ainsi que les perspectives. Les participants se familiariseront, également, avec les risques liés à l’utilisation des technologies financières et les défis majeurs concernant la protection des clients, « au regard du développement des nouvelles technologies ». Le lendemain, vendredi 23, se tiendra l’atelier de formation sur « les innovations en matière de services financiers », à l’Auditorium de l’Agence principale de la BCEAO à Bamako. Les échanges sur ce thème permettront aux parties prenantes de partager leurs expériences par rapport aux évolutions qu’induisent les nouvelles technologies dans l’offre de services financiers. « Il sera mis à profit pour organiser une conférence de presse sur les principales conclusions de la deuxième réunion du Comité régional de pilotage de la stratégie », annonce la note. La 2è édition de la Semaine de l’inclusion financière prendra fin samedi 23 avec l’organisation d’activités récréatives et de promotion des institutions financières. Comme la « Foire de l’inclusion financière » et autres animations socioculturelles. Cette édition sera des échanges entre les parties prenantes sur les enjeux de la digitalisation des paiements pour le secteur financier et les Etats membres de l’Union monétaire ouest-africaine (UEMOA}, les risques liés à l’utilisation desnouvelles technologies financières ainsi que les mesures à mettre en œuvre pour protéger les consommateurs des services financiers. Un benchmark (technique marketing ou de gestion de la qualité) qui consiste à étudier et analyser les techniques de gestion, les modes d’organisation des autres entreprises afin de s’en inspirer et d’en tirer le meilleur) est, également, prévu sur la question, en vue de partager les meilleures pratiques en la matière. Le choix du thème ne semble pas anodin. « Car, le développement remarquable de l’inclusion financier, au cours de la dernière décennie, ne peut être dissocié de l’expansion des innovations technologiques dans le monde », avait noté le gouverneur de la BCEAO, Tiémoko Meyliet Koné, dans son allocution d’ouverture du Forum de haut niveau tenu, en 2018, sur « innovations technologiques au service de l’inclusion financière ». Ajoutant que par essence, les innovations technologiques induisent des changements et révolutionnent toutes les approches et modèles d’affaires en vigueur, M. Koné avait alors défini l’inclusion financière comme « l’ensemble des réformes conduites, aux plans réglementaires, stratégiques, des infrastructures et du marché, pour tirer davantage profit des innovations, en vue de promouvoir l’accès des populations aux services financiers dans des conditions qui garantissent un bénéfice certain pour toutes les parties prenantes, principalement pour les populations vulnérables ». La proportion de détenteurs d’un compte qui ont envoyé ou reçu des paiements par voie électronique est passée de 67% en 2014 à 76% en 2017 dans le monde et de 57% à 70% dans les pays en développement, selon le rapport triennal Global Findex de 2017. L’Association mondiale des opérateurs de téléphonie mobile (GSMA) estime, également, à un milliard de dollars des Etats-Unis (plus de 590 milliards de Fcfa), la valeur moyenne quotidienne des transactions via la téléphonie mobile. La cérémonie inaugurale de la 2èédition de la SIF, qui sera suivie par visioconférence depuis le siège, marque son lancement officiel dans les huit pays membres de l’UEMOA. L’ouverture des travaux, placée sous le haut patronage du ministre béninois de l’Economie et des Finances, Romuald Wadagni, président du Conseil des ministres de l’UEMOA, sera présidée par le Gouverneur de la BCEAO, Tiémoko Meyliet Koné. CMT/MD (AMAP)
Familles déplacées à Bamako : De quoi demain sera fait ?

Reportage de Maïmouna SOW Bamako, 18 novembre (AMAP) Un formidable élan de solidarité s’était manifesté en faveur de ces personnes démunies. Mais il n’a pas tenu la distance et la précarité est de retour dans les sites d’accueil. « Non, pas par-là», « Par ici, votre moto peut passer, mais continuez à rouler en première », « Faites plutôt le grand détour, cela vaut mieux ». Conseils, instructions, mises en garde contradictoires fusent de toutes parts alors que nous tentons, désespérément, de trouver un chemin praticable pour accéder au camp de déplacés, situé derrière le marché des moutons (Garbal) de Faladié. L’exercice consiste à affronter un environnement qui vous incite à rebrousser chemin. Il faut éviter les flaques d’eau saumâtre, longer les ornières remplies d’une boue gluante, ignorer la puanteur qui imprègne les lieux et se protéger des myriades de mouches. Au bout d’un moment, nous nous résignons à l’inévitable. Qu’importe les précautions que nous prenons, nous mettons le pied là où il ne faut pas. Comment des êtres humains peuvent-ils s’accommoder d’un cadre de vie si incommode ? Lorsque nous posons la question à Sata Djibo, une dame qui a fui Koro avec toute sa famille, notre interlocutrice soupire longuement. Chaque jour, elle et les siens affrontent la faim, la soif, le manque d’espace pour dormir. « Aujourd’hui, indique-t-elle, je n’ai rien mis sur le feu. Par chance, une dame est venue nous apporter à manger. Sinon il y a des jours où nous devons nous contenter d’un seul repas. Et quel repas ! Cette situation est surtout pénible pour les enfants ». Comme pour confirmer ses dires, le bébé que Sata allaite se met à pleurer. De toute évidence, le peu qu’il a pu tirer du sein de sa mère ne lui a pas suffi. En outre, il tremble de froid dans le vieux t-shirt qui l’enveloppe. Assise à côté de lui, sa petite sœur, de quatre ans environs, essaie de le calmer, en lui caressant la tête et en lui murmurant des mots de consolation. Elle aussi, tout comme le bébé et la mère, est pauvrement habillée et doit être transpercée par le vent frais qui balaie la zone, en ce début du mois de septembre. L’orage avorté a laissé derrière lui une température exceptionnellement basse. EAUX STAGNANTES – Sata nous indique qu’ils sont huit à partager la modeste hutte devant laquelle elle est assise : son mari, leurs quatre jeunes enfants, leur fils aîné, l’épouse de ce dernier et elle-même. Une voisine, accompagnée de sa belle-fille, visiblement, enceinte, se joint à notre conversation pour raconter ses malheurs et, aussi, pour profiter de la chaleur que dégage un fourneau à moitié rempli de braises. La nouvelle venue nous indique du doigt son abris, non loin de là. Elle explique que la porte de sa « chambre » fait face à un enclos de vaches. Outre les nuisances causées par la proximité du troupeau, elle, son époux et leurs cinq enfants endurent les mêmes désagréments que la famille de Sata. C’est-à-dire les moustiques, les eaux stagnantes et les odeurs pestilentielles. « Lorsqu’il pleut, ajoute la dame, notre situation empire. Notre toit est percé et pour éviter de nous retrouver entièrement mouillés, nous passons la nuit debout », témoigne-t-elle. Pourtant, ces déplacés ne se satisfont guère de cette situation qui les oblige à dépendre de la solidarité. « Le plus dur pour moi, nous confie Sata, c’est de rester là à ne rien faire alors que j’ai des enfants à charge. Pourtant je suis valide et je suis habituée à travailler. Si je pouvais avoir un crédit de 2000 Fcfa, je pourrais me lancer dans une activité. Mais où trouver cet argent ? » Le même refus de renoncer, nous le percevons chez Awa et Djénéba, deux jeunes filles qui, dans leurs t-shirts, frissonnent sous la morsure du vent frais. Elles entretiennent, laborieusement, un feu avec les débris de branches ramassés çà et là. Sur le foyer improvisé est posée une vieille boîte de lait en poudre, grand modèle, qui sert de marmite. Le tandem, qui nous accueille cordialement, préfère éviter tout commentaire sur la situation du camp et nous renvoie à l’imam Ali Guindo que les filles désignent comme leur « représentant ». Il est vrai que ce dernier a toute légitimité pour remplir cette fonction. Installé à Faladié, depuis de nombreuses années, il essaie, tant bien que mal, d’organiser l’accueil des déplacés, depuis le début de la crise dans la Région de Mopti. Handicapé par le poids de l’âge, il a délégué à Amidou Djibo le soin de gérer la plupart des problèmes quotidiens. Lorsqu’on interroge ce dernier sur ses principales préoccupations, sa réponse est lapidaire : le camp manque de tout. Pas d’eau, pas d’électricité, pas de latrines, pas d’écoles. Mais pour Djibo, la priorité ce sont les problèmes d’eau et de nourriture. « Nos réserves en céréales sont épuisées et un bidon d’eau coûte 100 Fcfa. Il est, donc, hors de portée pour qui doit se contenter d’un repas par jour. Les vendeurs nous disent que l’accès est difficile et il faut bien qu’ils aient une compensation pour leurs efforts », détaille-t-il. FLUX ININTERROMPU– Djibo nous apprend que la situation des déplacés est moins pénible dans d’autres camps comme à Yirimadio, Sabalibougou, Ouelessébougou ou Sénou, par exemple. C’est pourquoi on y dirige les nouveaux arrivants. « Mais, souligne-t-il, la situation va évoluer dans le mauvais sens. Car chaque mardi, c’est un flot de nouveaux déplacés qui arrive en provenance, généralement, de Bankass, Koro, Bandiagara et Douentza ». Le vieux Ali Guindo s’inquiète de ce flux ininterrompu, car celui-ci est le baromètre d’une situation sécuritaire qui ne s’améliore pas. « Je préfère, toutefois, que les gens quittent les lieux en attendant que les choses se stabilisent », admet-il. Cette année, j’étais à La Mecque et le jour d’Arafat, on m’a annoncé la mort de mon fils par balle. Alors que ce jeune homme se préparait à se marier ». Quid de la solidarité dont bénéficiaient les déplacés, il y a quelques mois ? Elle ne s’est pas estompée, mais l’élan initial a perdu de son ampleur. Fort heureusement, il reste toujours des

