Femafoot : les textes fondamentaux en relecture avec l’appui de la FIFA

BAMAKO, 19 septembre (AMAP)– Le Comité exécutif de la Fédération malienne de football (Femafoot) a ouvert, samedi à Bamako, un atelier consacré à la relecture de ses textes organiques et réglementaires, avec l’accompagnement technique de la FIFA, a constaté l’AMAP. La cérémonie d’ouverture, tenue à l’Hôtel Millenium, était présidée par le président de la Femafoot, Mahazou dit Baba Cissé, en présence des membres du Comité exécutif et des représentants des ligues régionales, des clubs et des associations sportives affiliées. La FIFA est représentée aux travaux par l’expert algérien Gaezal Reda, consultant en gouvernance auprès de l’instance dirigeante du football mondial. Il apporte son expertise à la commission ad hoc chargée de la relecture des textes. Prévus les 19 et 20 septembre, les travaux s’inscrivent dans le processus d’actualisation du cadre juridique du football malien engagé par la Femafoot en juin. Les propositions et amendements issus de l’atelier seront soumis à la prochaine Assemblée générale de la fédération, prévue en octobre. LMD/CMT (AMAP)
Musique : Mah Kouyaté n°2, icône du Djélia, figure emblématique de la musique malienne

Bamako, 19 septembre (AMAP) Sur la liste des grandes voix qui ont fait briller la musique malienne figure, la très célèbre griotte Mah Kouyaté N°2. Cantatrice talentueuse et humble, connue pour sa parfaite maîtrise des histoires du Mandé, Mah Kouyaté N°2 était une figure emblématique de la musique malienne. Le Djelia son héritage familial Née en 1976 à Bamako, Mah Kouyaté N°2 est issue d’une prestigieuse famille de griots. Fille d’Alpha Kabiné Kouyaté, virtuose de la guitare, et de Fanta Kamissoko, à la voix sublime, celle que l’on surnommait affectueusement Djéli Farima a été très tôt baignée dans l’art et la musique. Petite-fille de la grande griotte, Mariam Kouyaté, elle est la digne héritière de cantatrices de référence comme Fanta Kamissoko, Nanteninblen Kamissoko, Manamba Kamissoko, Fanta Damba et Bako Dagnon. C’est dans ce creuset où la parole est sacrée et la mémoire est un devoir qu’elle forgea son talent inimitable. Très tôt, elle a compris que le griot n’est pas seulement un chanteur, mais le gardien de l’histoire, le médiateur social et le conseiller de tous. Une responsabilité qu’elle portera avec honneur durant toute sa carrière. Une riche discographie Avec une trentaine d’œuvres, dont 11 albums, sortis entre 1996 et son décès, Mah Kouyaté N°2 a construit une discographie d’une richesse exceptionnelle. Chaque sortie d’album était un véritable événement national. Icône du Djaliya, elle naviguait avec une aisance merveilleuse entre deux univers. D’un côté, la tradition pure, avec les louanges adressées à ses diatiguiw, ces familles nobles dont elle chantait la généalogie et les hauts faits. De l’autre, un style purement artistique, moderne et engagé. Elle n’hésitait pas à dénoncer, avec courage , les tares de notre société : la méchanceté , l’égoïsme, l’hypocrisie et la trahison. En contrepartie, elle célébrait avec ferveur les vertus qui fondent le Mandé : la fraternité, la solidarité, la bravoure, l’amour du prochain et la fidélité. Si son talent était déjà reconnu, c’est avec les deux volumes du « Sumu » qu’elle s’imposa définitivement dans le cœur des mélomanes maliens. Le volume 1, sorti en 2005, et le volume 2, en 2006, furent un raz-de-marée. Pendant des années, ces deux opus sont restés au sommet des hits sur la bande FM malienne. De Bamako à Kayes, de Sikasso à Tombouctou, il n’y avait pas une cérémonie de mariage, un baptême ou une fête où ne résonnait pas la voix cristalline de Mah Kouyaté N°2. Ces albums ont révélé au grand public toute l’étendue de sa virtuosité, sa capacité à transmettre l’émotion et sa maîtrise parfaite du Manden Foly. l’incarnation de l’humilité et des valeurs Malgré sa superbe voix et cet immense talent qui aurait pu lui faire perdre la tête, Mah Kouyaté N°2 est toujours restée à cheval sur les valeurs de son métier et de sa caste. Très humble, discrète et respectueuse, elle n’a jamais cédé aux caprices du temps ni à une rivalité malsaine qui a poussé de nombreuses jeunes griottes et artistes à renier les valeurs traditionnelles de leurs familles pour une gloire éphémère. Elle a su rester authentique, fidèle à son éducation de Djéli. Ceux qui l’ont côtoyée retiennent d’elle bien plus qu’une artiste. Ils retiennent une femme de cœur, engagée en faveur des causes nobles : l’éducation des enfants, l’émancipation féminine, la paix et la cohésion sociale. Elle mettait sa voix au service de l’unité nationale. Mah Kouyaté N°2 s’est éteinte le 7 novembre 2022 à Bamako, à l’âge de 46 ans, des suites d’une maladie, après une riche et intense carrière. Selon des témoignages proches de la famille, Hadja Mah Kouyaté, comme on l’appelait avec respect, avait mis fin à sa carrière musicale juste avant son décès. Sa disparition a provoqué une onde de choc dans le monde culturel malien. Le célèbre avocat et ancien ministre de la Justice, Me Mamadou Ismaïla Konaté, lui a rendu un hommage poignant qui résume tout : « Une superbe diva de la musique mandingue cesse désormais de donner de la voix ! Elle ne chantera plus l’amour, le pardon, les vertus de la sagesse et de l’amitié ! Elle ne parlera plus à ses diatiguiw, ne chantera plus leurs louanges ». Aujourd’hui, près de quatre ans après son départ, l’héritage de Mah Kouyaté N°2 continue d’inspirer les jeunes générations de griottes et des musiciens au Mali et ailleurs. MLD/KM (AMAP)
Prostitution : à Bamako, quand le recrutement des adolescentes passe par les réseaux sociaux

Bamako, 19 septembre (AMAP) Il est un peu plus de 15 heures dans un quartier animé de Bamako. Une moto-taxi s’arrête devant un immeuble anonyme, de ceux qui louent des chambres meublées à l’heure ou à la nuitée. Une adolescente en descend, jupe kaki, chemisier plié sur le bras, cartable dans le dos — l’uniforme encore sur elle, comme si elle sortait tout juste des cours. Elle compose un numéro. Moins d’une minute plus tard, un homme descend à sa rencontre, règle la course et l’accompagne à l’intérieur. La scène ne dure que quelques secondes. Elle illustre pourtant l’un des mécanismes décrits par plusieurs jeunes filles rencontrées au cours d’une enquête menée pendant près d’un an : à Bamako, des adolescentes peuvent être recrutées ou mises en relation avec des clients non seulement dans la rue, mais aussi à travers Facebook, WhatsApp, Snapchat et TikTok. Derrière les écrans, les mêmes mécanismes se retrouvent : recherche de revenus, influence des pairs, promesses d’argent, intermédiaires, négociation des tarifs et, dans certains cas, violences et exploitation. Le premier pas F., élève dans un lycée de la capitale, raconte avoir découvert ce milieu par l’intermédiaire de camarades de classe. Selon son témoignage, aucune d’elles n’avait alors plus de 18 ans. Ce qui l’avait attirée, dit-elle, était d’abord l’apparence de leurs vies : téléphones, vêtements et chaussures qu’elle ne pouvait pas s’offrir. « Elles avaient toujours de nouveaux téléphones, des habits, des chaussures », raconte-t-elle. F. accepte finalement un premier rendez-vous. La somme annoncée est de 60 000 FCFA. Après la rencontre, le client ne lui remet toutefois que 15 000 FCFA. La déception ne suffit pas à la détourner du milieu. Ses camarades minimisent l’incident et lui promettent de lui trouver un autre client. « Ce n’est pas grave, on va te trouver quelqu’un d’autre », lui auraient-elles dit. Pour F., ce premier épisode devient ainsi moins une rupture qu’une entrée dans un système où les rencontres sont organisées, les montants négociés et les nouvelles recrues orientées vers d’autres clients. Quand un rendez-vous devient un piège Toutes les jeunes filles interrogées ne décrivent pas les mêmes trajectoires. Certaines racontent avoir commencé dans la rue avant d’être progressivement orientées vers des rendez-vous organisés dans des appartements, des chambres meublées ou dans des champs verger e périphérie de Bamako. L’une d’elles explique avoir été confrontée à des violences de la part de filles plus âgées qui, selon son récit, considéraient les nouvelles venues comme des concurrentes pour la clientèle. « Il est vrai que les hommes aiment la chair fraîche », témoigne-t-elle. D’autres récits montrent cependant un autre niveau de risque : celui des rendez-vous qui ne se déroulent plus selon les conditions initialement convenues. A.S. raconte ainsi avoir accepté une rencontre avec deux garçons âgés, selon son estimation, de 16 et 18 ans. Une fois dans l’appartement, elle affirme s’être retrouvée face à cinq personnes. Selon son témoignage, certaines consommaient du chanvre indien et de l’alcool. « Ils ont tous abusé de moi de 17h jusqu’au lendemain dans l’après-midi », affirme-t-elle. Ce récit, comme les autres témoignages recueillis, est présenté comme le témoignage de la personne concernée. Il n’a pas pu être soumis à une procédure judiciaire dans le cadre de cette enquête. Des trajectoires fragilisées avant le premier rendez-vous Les récits recueillis montrent également que l’entrée dans ce milieu intervient parfois après une succession de ruptures familiales, économiques ou scolaires. Une jeune fille raconte être née d’un viol et avoir été élevée par sa grand-mère. Après le décès de celle-ci, elle affirme avoir été chassée du domicile familial par des membres de sa famille maternelle. Elle dit également avoir subi des abus sexuels de la part d’un voisin sans oser en parler. Livrée à elle-même, elle explique avoir trouvé dans ce milieu un toit et une forme de solidarité entre jeunes filles. D’autres témoignages évoquent des situations familiales difficiles : père absent ou consommant régulièrement de l’alcool, précarité économique ou, dans certains cas, implication d’un proche dans l’activité. Une jeune fille explique notamment que sa mère vend des condiments au marché et que son père ne contribue est abonné absent. Elle affirme utiliser les revenus tirés de cette activité pour financer la scolarité de ses frères cadets. « Sois je le fais, soit pas d’éducation », résume-t-elle. Ces témoignages ne permettent pas de réduire les parcours à une seule cause. Ils font cependant apparaître plusieurs facteurs de vulnérabilité : précarité, rupture familiale, décrochage scolaire, violences antérieures et pression économique. Le téléphone comme nouvel intermédiaire C’est dans cette partie du phénomène que l’enquête fait apparaître une évolution importante. Pour documenter les circuits numériques, nous avons, avec l’accord de la personne concernée, créé et utilisé un compte de réseau social permettant d’échanger avec des intermédiaires présentés comme des recruteurs. Plusieurs conversations ont été conservées. L’objectif était de vérifier concrètement comment une personne intéressée pouvait être orientée vers des jeunes filles et comment étaient négociées les prestations. Au cours de cette démarche, trois groupes WhatsApp ont été intégrés après paiement des droits d’accès demandés. Des échanges avec des administrateurs et certains membres ont permis d’observer les modalités de mise en relation, les tarifs et les commissions évoqués. Nous avons également appelé quinze établissements présentés comme des « salons de massage » afin de savoir s’ils proposaient des prestations sexuelles derrière cette appellation. Des échanges ont par ailleurs été engagés avec certains comptes afin de déterminer s’il était possible d’avoir accès à des jeunes filles. Ces démarches ont permis de constater que les réseaux sociaux et les messageries privées ne servent pas uniquement à diffuser des annonces. Ils peuvent aussi fonctionner comme des espaces de prise de contact, de sélection et de négociation. Des « salons de massage » aux messageries privées Sur Facebook, notre enquête a identifié plusieurs pages se présentant comme des salons de massage et utilisant des photographies de jeunes femmes pour attirer des clients. Le premier contact se fait généralement dans un langage consacré au bien-être et à la détente. La discussion peut
Mali : La 5e édition de FACEJ SUGU se tiendra du 23 au 26 septembre

BAMAKO, 18 septembre (AMAP)– La 5e édition de la Foire des jeunes entrepreneurs du Mali (FACEJ SUGU) se tiendra du 23 au 26 septembre au Palais de la Culture Amadou Hampâté Bâ de Bamako. Plus de 150 exposants sont attendus à cette rencontre consacrée à l’entrepreneuriat des jeunes, selon les organisateurs, a constaté l’AMAP. Au 31 août 2026, le Fonds d’appui à la création d’entreprises par les jeunes (FACEJ II) avait financé 1.435 entreprises, dont 39% portées par des femmes, et accompagné 280 projets verts. Dotée d’un budget de 17 milliards de FCFA pour la période 2024-2027, cette deuxième phase intervient dans dix localités : Kita, Sikasso, Bamako, Ségou, Bougouni, Koutiala, Mopti, San, Dioïla et Tombouctou. Elle vise le financement de 1.500 entreprises. Représentant la ministre de l’Entrepreneuriat national, de l’Emploi et de la Formation professionnelle, Oumou Sall Seck, le secrétaire général du département, Drissa Guindo, a indiqué que le FACEJ II s’inscrit dans les orientations nationales en matière d’emploi et d’entrepreneuriat des jeunes. Le dispositif comprend notamment le financement, la formation et le suivi des bénéficiaires. Les témoignages de promoteurs ont illustré les effets de cet accompagnement. Fatoumata Traoré, promotrice de TEEM HOUSE, spécialisée dans la transformation de produits agricoles locaux, a expliqué que le financement lui a permis d’acquérir des équipements, notamment solaires, et d’accroître sa capacité de production. Madi Diaby, fondateur d’I-KATCHI Express, a, pour sa part, indiqué que l’appui avait contribué à l’acquisition de motos et d’un véhicule de livraison ainsi qu’à la finalisation de son application mobile. Dans le cadre du FACEJ I, le bureau de facilitation CASA a accompagné 80 jeunes, dont 32 femmes, avec 369 emplois créés, dont 152 occupés par des femmes. Pour le FACEJ II, 79 jeunes, dont 35 femmes, ont été accompagnés jusqu’au financement, permettant la création de 352 emplois, dont 123 pour des femmes. Une enquête réalisée en février auprès des entreprises du FACEJ I a recensé 64 entreprises toujours en activité sur les 80 accompagnées, soit un taux de survie de 80%, selon CASA. Financé par le Royaume du Danemark, avec un cofinancement du Royaume des Pays-Bas, le FACEJ II est mis en œuvre par le consortium PROMAN/ACK International, sous la tutelle du ministère de l’Entrepreneuriat national, de l’Emploi et de la Formation professionnelle. Il cible les jeunes de 18 à 40 ans à travers trois guichets : création d’entreprise, croissance des entreprises et projets verts. Le FACEJ SUGU 5 prévoit une exposition-vente, une Green Tech City, des panels, un espace dédié aux femmes entrepreneures ainsi que des activités culturelles. OS/CMT (AMAP)
Kayes : Nouvelle saisie de motocyclettes non déclarées

Kayes, 18 septembre (AMAP) La Direction régionale de la Direction générale du Commerce, de la Consommation et de la Concurrence (DGCCC) de Kayes a mené, le mercredi 16 septembre 2026 aux environs de 17 heures 30 minutes, une opération de contrôle qui a permis de découvrir et de saisir, dans une cour non identifiée servant de lieu de stockage à un commerçant, un important stock de motocyclettes non déclarées, a-t-on appris de la structure concernée. Selon le Directeur régional, Robo Bayo, ces engins étaient dissimulés en violation flagrante de la réglementation en vigueur. Cette opération intervient au lendemain de la saisie effectuée le 15 septembre 2026 dans un magasin de la ville, portant ainsi à deux le nombre d’interventions menées en moins de 48 heures par les équipes de la DGCC de Kayes. Faut-il noter que le gouvernement avait accordé un délai aux opérateurs économiques détenteurs de motocyclettes d’une cylindrée de 125 cm³ ou plus de les déclarer au plus tard le 3 septembre dernier. Et des séances de sensibilisation ont eu lieu à Kayes afin d’inviter les opérateurs à déclarer leur engin avant l’échéance du délai. OD/KM (AMAP)
Battage du bazin : un savoir-faire artisanal en voie de disparition

Bamako, 18 septembre (AMAP) Dans les ateliers de fortune de Darsalam et de Médina-Coura, le rythme sec et régulier des coups de maillet sur le coton damassé se fait de plus en plus discret. Autrefois maillon essentiel de la chaîne artisanale du bazin malien, le métier de « tapeur », appelé « finigochila » en bambara, peine aujourd’hui à survivre face à la concurrence des tissus importés et déjà traités. Entre baisse de la clientèle, revenus en recul, pénibilité du travail et transmission de plus en plus difficile, les artisans s’inquiètent pour l’avenir de ce savoir-faire. Il est 9 heures du matin à Darsalam, non loin des rails. Dans un petit espace presque dissimulé entre les habitations et la voie ferrée, le bruit sec et régulier des coups de maillet sur le bazin résonne encore. Sous des abris de fortune faits de tôles, de bois et de nattes, deux à quatre jeunes hommes s’activent autour de leurs ouvrages. Leurs bras se lèvent et retombent avec force et précision sur les étoffes que leur confient les clients. À chaque coup, le tissu gagne en éclat, en souplesse et en tenue. Parmi ces artisans figure Amandy Keïta, 25 ans. Il exerce ce métier depuis plus de six ans. « Je travaille dans ce milieu depuis plus de six ans. J’ai commencé lorsque j’ai quitté mon village. À mon arrivée à Bamako, mon oncle pratiquait déjà ce métier. Il m’a proposé de le rejoindre, car il n’était pas facile de trouver rapidement un emploi. Depuis, j’essaie de gagner ma vie avec ce travail pour subvenir à mes besoins », explique-t-il. Mais, au fil des années, la clientèle s’est considérablement réduite. Elle se concentre désormais essentiellement sur les périodes précédant les grandes fêtes et cérémonies. Les jours ordinaires, les ateliers tournent souvent au ralenti. « Les gens préfèrent aujourd’hui les bazins chinois, qui sont devenus très populaires. Cela explique le manque de clients », regrette Amandy Keïta. Baisse des recettes Cette baisse de fréquentation se ressent directement sur les revenus. Selon l’artisan, il était autrefois possible de gagner entre 5.000 et 10.000 francs CFA par jour. Aujourd’hui, les recettes dépassent rarement 2.000 francs CFA, lorsqu’il y en a. « Certains jours, nous ne gagnons absolument rien. Si cette situation persiste, je pense que je serai obligé de chercher un autre emploi », confie-t-il. Dans la case voisine, Ousmane Tangara, également âgé de 25 ans, exerce dans le secteur depuis plus de huit ans. Son témoignage traduit la même inquiétude. Cela fait trois jours, dit-il, qu’il rentre chez lui sans avoir reçu un seul client. « Si la situation ne s’améliore pas, je vais chercher un autre emploi, car ce métier ne nous permet plus de subvenir à nos besoins. J’ai une femme et des enfants », souligne-t-il. Une activité devenue plus pénible Derrière le marché de Médina-Coura, Zakari Diarra, 32 ans, exerce le métier depuis plus de dix ans. Pour lui, la baisse de la clientèle n’est pas le seul problème auquel les tapeurs sont confrontés. La nature même du travail a évolué. « Aujourd’hui, nous tapons surtout des bazins non cousus destinés à de grandes teinturières. Ces pièces sont plus difficiles à travailler et demandent beaucoup plus de temps », explique-t-il. Selon lui, les conditions étaient différentes auparavant. « Avant, nous tapions des complets à 500, 1.000 ou 2.000 francs CFA. On pouvait en faire jusqu’à 30 par jour et rentrer avec un revenu correct. Aujourd’hui, un complet non cousu peut être facturé entre 5.000 et 10.000 francs CFA, mais ce type de battage demande davantage d’efforts et peut parfois détériorer le tissu », poursuit-il. Pour cet artisan, l’arrivée massive des tissus importés a également contribué à fragiliser l’activité. Entre abandon et nostalgie Devant l’un des ateliers, Oumou Touré, 54 ans, grande teinturière, observe les tas de tissus. Elle exerce son métier depuis son enfance, aux côtés de sa mère, et conserve une clientèle au Mali comme à l’étranger. Pour elle, le travail des artisans demeure indispensable à la qualité du bazin traditionnel. « Un bazin teinté et battu par nos artisans a toujours plus de brillance et d’élégance que les bazins Gessner », affirme-t-elle. Elle dit avoir constaté, lors de sa participation à des expositions à l’extérieur du Mali, que les créations locales continuent de susciter de l’intérêt. « Les gens ont toujours de l’estime pour nos pièces. Même ici, l’intérêt revient un peu, notamment avec les nouveaux motifs, la peinture et la sérigraphie. Les gens les portent surtout lors des grandes cérémonies, comme les mariages et les baptêmes », explique-t-elle. Malgré cette évolution, Oumou Touré se dit préoccupée par la raréfaction des tapeurs. « Avant, on trouvait ces artisans presque partout. Aujourd’hui, ils sont présents seulement dans certains endroits. J’aimerais que les pouvoirs publics prennent des dispositions, car notre métier de teinturier est également menacé », plaide-t-elle. À quelques mètres de là, Mamadou Drabo, 60 ans, se souvient d’une époque où le métier permettait de subvenir convenablement aux besoins d’une famille. Il a commencé à taper le bazin en 1985 avant d’abandonner cette activité, il y a huit ans, pour se reconvertir dans le gardiennage. « Avant, ce métier était intéressant. Grâce à lui, j’ai pu acheter un terrain, prendre soin de ma famille et même financer le voyage de mon premier fils à l’étranger », raconte-t-il. Aujourd’hui, dit-il, la réalité est tout autre. « Certains jeunes peuvent passer une semaine sans gagner 5.000 francs CFA. » Pour lui, la disparition progressive de ces activités artisanales peut contribuer à pousser certains jeunes vers l’exode rural ou les migrations irrégulières à la recherche de meilleures perspectives économiques. Même constat chez Abdoul Traoré, la cinquantaine, installé dans une case derrière le camp de police de Médina-Coura. Il a exercé le métier pendant une trentaine d’années et avait formé plusieurs apprentis. Tous ont finalement abandonné. Lui-même a cessé de taper le bazin il y a six ans pour se consacrer à la vente de friperie. « Cela m’a été très difficile de laisser
Journée de l’Alphabétisation : le Mali réaffirme son engagement en faveur de l’éducation non formelle
Bamako, 17 septembre (AMAP) Le Premier ministre, le Général de Division Abdoulaye Maïga, a présidé jeudi à Bamako la cérémonie de lancement de l’édition 2026 de la Journée internationale de l’Alphabétisation, placée sous le thème national «Alphabétisation pour une Année de l’Éducation et de la Culture réussie», a constaté l’AMAP. À cette occasion, le Chef du gouvernement a réaffirmé la volonté des autorités de poursuivre et d’intensifier les actions en faveur du développement de l’éducation non formelle, du renforcement des capacités des éducateurs, de la scolarisation des filles et de l’amélioration de l’accès aux infrastructures et aux outils éducatifs. Le ministre de l’Éducation nationale, Amadou Sy Savané, a souligné l’importance de l’alphabétisation comme levier d’autonomisation et d’insertion socioéconomique. Il a notamment indiqué que 6.333 apprenants, dont 2.649 filles, sont encadrés dans 426 Centres d’Éducation pour le Développement (CED). Quatre Centres d’Apprentissage Féminin (CAFé) accueillent par ailleurs environ 540 apprenantes. Le Centre d’Éducation pour l’Intégration (CEI) de Benèna a, pour sa part, formé 54 jeunes en 2026 dans différents métiers, selon le ministre. Le représentant par intérim du Bureau de l’UNESCO au Mali a salué les efforts du Gouvernement dans la promotion des langues maliennes et réaffirmé l’engagement de l’Organisation à accompagner le Mali dans le renforcement des capacités, la mobilisation des ressources et la mise en œuvre de solutions adaptées aux réalités nationales. Le Premier ministre a appelé les acteurs de l’éducation à dresser un diagnostic complet des défis de l’alphabétisation et à renforcer les actions permettant d’élargir l’accès au savoir. KD/CMT (AMAP)
Enseignement supérieur : le 2e Salon de la Rentrée Universitaire ouvre ses portes à Bamako

Bamako, 17 septembre (AMAP)– Le ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique, Dr Boureima Kansaye, a lancé, jeudi 17 septembre 2026, la deuxième édition du Salon de la Rentrée Universitaire (SRU), au Parc des expositions de Bamako (FBAK). La rencontre, prévue jusqu’au 19 septembre, est placée sous le slogan : «Choisir sa filière, c’est choisir son avenir», a constaté l’AMAP. Organisé par le ministère à travers la Direction générale de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique (DGESRS), le salon a pour thème : «Quel enseignement supérieur pour la vision Mali Kura ka niatasira kaben san bafila nibiworo sabama». Il réunit des établissements d’enseignement supérieur, des structures de recherche, des entreprises, des start-up, des incubateurs et des partenaires. Selon le directeur général de la DGESRS, Pr Fana Tangara, le SRU vise à informer et orienter les futurs étudiants, tout en offrant aux établissements un espace de présentation de leurs formations et de leurs potentialités. Il doit également favoriser les échanges, le réseautage et les partenariats entre les différents acteurs de l’enseignement supérieur. Cette deuxième édition compte 108 stands. Des panels sont également prévus sur les parcours de formation, les conditions d’accès aux établissements, les métiers d’avenir, les opportunités de recherche, l’entrepreneuriat et l’insertion socioprofessionnelle. Après la cérémonie d’ouverture, le ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique, accompagné de son homologue de l’Éducation nationale, Dr Amadou Sy Savané, a visité les différents stands. ST/CMT (AMAP)
Microfinance : près de 1,6 million de clients au Mali en 2025

Bamako, 17 septembre 2026 (AMAP)– Le secteur de la microfinance comptait 116 systèmes financiers décentralisés (SFD) pour près de 1,6 million de clients au Mali à fin décembre 2025, selon les données communiquées jeudi à Bamako lors de la 25e Assemblée générale ordinaire de l’Association professionnelle des systèmes financiers décentralisés du Mali (APSFD-Mali), a constaté l’AMAP. La rencontre, ouverte par le représentant du ministre d’État, ministre de l’Économie et des Finances, Souahibou Diaby, se tient dans les locaux du Conseil national du patronat du Mali (CNPM). Elle doit notamment permettre de dresser le bilan des activités de l’Association, d’examiner les difficultés du secteur, de renouveler ses instances et de définir les prochaines orientations. Selon les données présentées, le nombre de clients des SFD a progressé de 2,7% en 2025. Les dépôts ont atteint environ 184,4 milliards de FCFA, en hausse de 11,7%, tandis que les crédits se sont établis à près de 209,9 milliards de FCFA, soit une progression de 2,4%. Le secteur cible notamment les femmes, les jeunes, les populations rurales, les micro, petites et moyennes entreprises, les exploitants agricoles, les artisans et les commerçants. L’État entend poursuivre ses actions en faveur de l’accès des SFD au refinancement, notamment à travers le Mécanisme de refinancement des systèmes financiers décentralisés (MEREF-SFD), ainsi que la modernisation du cadre réglementaire, la supervision du secteur, la digitalisation des services financiers et la protection des épargnants. Le président de l’APSFD-Mali, Tidiani Amadou Tall, a indiqué que les institutions de microfinance facilitent l’accès à l’épargne et au crédit, tout en proposant des services d’éducation financière. Il a également fait état de la tenue régulière, en 2025, des réunions des organes sociaux de l’Association, notamment celles du Conseil d’administration consacrées au suivi du Plan de travail et budget annuel (PTBA) et à l’exécution budgétaire. Les différents organes doivent présenter leurs rapports d’activités au cours de l’Assemblée générale. MMD/AMAP
Polyclinique des armées de Kati : Le président Assimi Goïta inaugure les nouveaux services médico-techniques

Kati, 17 septembre (AMAP)- Le Président de la Transition, chef de l’État et chef suprême des Armées, le Général d’armée Assimi Goïta, a inauguré, jeudi, les nouveaux services médico-techniques de la Polyclinique des armées de Kati, a constaté l’AMAP. La cérémonie s’est déroulée en présence du Premier ministre, le Général de division Abdoulaye Maïga, du Président du Conseil national de Transition (CNT), le Général de corps d’armée Malick Diaw, et de plusieurs membres du gouvernement, dont la ministre de la Santé et du Développement social, le Colonel-major Assa Badiallo Touré, et le ministre délégué auprès du ministre de la Défense et des Anciens Combattants, le Général de division Oumar Diarra. Les travaux de rénovation, lancés en 2019 puis interrompus, ont été relancés et financés sur le budget national. Le nouveau plateau technique comprend un bloc d’urgences avec des salles de déchocage, des unités d’hospitalisation de courte durée (UHCD) et un service de réanimation. Il dispose également d’un bloc chirurgical comprenant trois salles d’opération, d’un service de stérilisation et d’un bloc d’imagerie médicale équipé notamment de radiologie numérique, de radiographie télécommandée, de mammographie, d’un scanner et d’un appareil d’IRM. L’infrastructure comprend aussi une centrale de production d’oxygène avec booster, un château d’eau de 20 m³, un transformateur électrique, une morgue, un poste de sécurité et un laboratoire rééquipé. Selon les responsables de la structure, ces équipements doivent renforcer la prise en charge des blessés de guerre et des patients civils et militaires. La ministre de la Santé et du Développement social a salué une réalisation permettant de renforcer l’offre de soins. Le ministre délégué à la Défense et les responsables de la chaîne de santé militaire ont, pour leur part, souligné son importance pour la prise en charge médicale des militaires, du théâtre des opérations aux soins spécialisés. Le directeur de la Polyclinique, le Médecin-Colonel Adama Kanté, a relevé le renforcement de l’autonomie technique de l’établissement. À l’issue de la cérémonie, le chef de l’État a rendu visite aux militaires blessés hospitalisés à la Polyclinique. SS/CMT (AMAP)

