La FENAME entame son congrès pour renforcer le dialogue social dans les secteurs minier et énergétique

BAMAKO, 4 fév (AMAP) – La principale fédération syndicale du secteur des mines et de l’énergie au Mali a ouvert son congrès ordinaire mercredi, avec pour objectif d’affirmer son rôle dans la recherche d’un dialogue social durable face aux défis du secteur. La Fédération Nationale des Mines et de l’Énergie (FENAME) tient son 3ème Congrès ordinaire les 4 et 5 février à Bamako, sur le thème « un dialogue social fort pour un secteur minier et énergétique durable ». Ce rassemblement vise à transformer l’unité syndicale en un « pouvoir syndical effectif », selon son secrétaire général. Le congrès se déroule dans un contexte sectoriel tendu, marqué par des difficultés opérationnelles et financières sur des sites majeurs comme le complexe Loulo-Gounkoto, et des menaces pesant sur les mines de Nampala et Morila. Il intervient également pendant la finalisation de la relecture de la convention collective du secteur et un processus d’assainissement des finances. Moussa Coulibaly, secrétaire général de la FENAME, a déclaré que l’objectif était de « capitaliser les acquis, et transformer l’unité syndicale en un pouvoir syndical effectif, capable d’influencer durablement les politiques publiques, surtout de défendre fermement les droits économiques et sociaux ». La représentante de la Confédération Syndicale des Travailleurs du Mali (CSTM), Mme Guindo Nassoum Traoré, a salué un thème en phase avec « la vision des autorités de notre pays ». Elle a exprimé l’espoir que le congrès « sorte des résolutions à hauteur de nos responsabilités et de notre ambition pour une justice sociale partagée ». Un conseiller technique du ministre de la Fonction publique, Seydou Diallo, a rappelé aux congressistes l’importance du respect des textes pour la stabilité de leurs institutions. Il a évoqué le « Pacte de stabilité » par lequel les syndicats se sont engagés à encourager une plateforme syndicale unique et à éviter les créations de nouvelles organisations suite à des échecs lors de congrès. Les délégués participant à ce congrès sont venus de l’intérieur du pays et du district de Bamako. OD/OS(AMAP)
Bamako : Dangereuse prolifération de sachets plastiques d’eau

Par Kémoko DIABATÉ Bamako, 26 janvier (AMAP) Des étiquettes aussi séduisantes que trompeuses sur un marché très lucratif qui échappe à tout contrôle de l’Etat, de petites unités de production d’eau en sachet poussent comme des champignons, à Bamako, la capitale malienne. Cela au mépris des mesures réglementaires et des conditions d’hygiène appropriées. Ce qui représente une menace pour la santé publique, car pouvant provoquer des maladies comme le cancer digestif, l’hépatite A, la dysenterie et la diarrhée infectieuse. Cet après-midi, le temps est clément à Darsalam. Un soleil radieux sur le rond-point entre la Direction nationale de l’urbanisme et de l’habitat (DNUH) et une pharmacie. des rires tonitruants d’un groupe de jeunes filles. Manifestement, des aides ménagères modestement, sur la tête, des récipients d’eau en sachet. Elles arrivent du Rail-da, le terminus des mini cars de transport en commun (Sotrama). « Je travaille pour une patronne dans (un) camp » militaire proche, nous souffle Aïssata Dembélé, aide-ménagère et vendeuse ambulante. Comme elle, de nombreuses jeunes filles et femmes arpentent les artères principales de la capitale proposant leurs sachets d’eau en plastique à des clients assoiffés. Ce business n’est pas le terrain favori que des aides ménagères. Dans les quartiers, on en trouve presque dans chaque rue et ruelle. La petite boutique de Affo Cissé est prise d’assaut par une panoplie de clients. Certains demandent du sucre, d’autres de la cigarette ou encore du jus pour les plus petits. Chacun voulant être servi le premier, le désordre est indescriptible. « Le pic dans la vente de sachets d’eau est, le plus souvent, c’est pendant les cérémonies de mariages, baptêmes ainsi que les funérailles », assure M. Cissé. Tout en émettant des réserves sur la qualité du contenu des sachets. Il pointe d’un doigt accusateur la transition des forages aux robinets pour sûrement alléger les coûts de production. « Lorsque le stock prend du temps à s’écouler, on commence à voir de petites particules dans le contenu », affirme Affo. CONDITIONS D’HYGIÈNE SUSPECTES – De l’autre côté du district de Bamako, à Baco-Djicoroni Golf, se trouve une gigantesque usine de production d’eau, étonamment organisée. Dans cette cour assez vaste pour ce genre de travail, on dénombre plusieurs pièces dont la salle de production, celle de conservation d’eau emballée, de conservation de sachets plastiques ainsi que le bureau du Directeur général, Siaka Doumbia. La production se fait tantôt avec l’eau de la Société malienne de gestion de l’eau potable (SOMAGEP), tantôt avec celle des forages. « C’est le traitement d’eau qui pose davantage de problèmes. Pour la SOMAGEP, bien que traitée, nous la filtrons », nous confie M. Doumbia. Selon ses explications, l’eau filtrée passe ainsi par un deuxième filtre par « ultra-violet ». Ce traitement, indique-t-il, consiste à détruire les microbes. « Du robinet aux sachets, les mains ne touchent pas l’eau. C’est la machine qui fait le traitement et remplit les sachets avant de les laisser tomber sur les carreaux. Ainsi, nous les emballons », décrit le patron de la boîte. Et notre interlocuteur de souligner que, normalement, les producteurs travaillent avec des laboratoires d’analyse d’eau. Pour ce faire, les agents font des évaluations trimestrielles. « Ils prennent des échantillons, les analysent et nous rendent compte », poursuit-il. Avant d’ajouter que son entreprise est en train de faire de son « mieux pour le respect des règles sanitaires. » « Nous, nous suivons cette procédure, mais pas tous »,se désole-t-il. A Darsalam (Commune III), non loin des feux tricolores situés en face de l’Ecole supérieure de Journalisme et des Sciences de la Communication (ESJSC), Mohamed (prénom d’emprunt) est assis dans son kiosque, sur une rue animée. C’est dans cet espace d’environ deux mètres carrés qu’il a installé sa petite usine de circonstance. La machine souillée est silencieuse. Là encore, on utilise l’eau du robinet. « Dès que l’eau du robinet devient trouble, nous sursoyons à la production jusqu’à ce que tout redevienne normal », assure Mohamed. Dans le même quartier se trouve une tout autre entreprise spécialisée dans la location de chaises et autres. A côté de, elle assure la production d’eau en sachet plastique. Sous un soleil de plomb, des employés déchargent un mini-camion empli de chaises. Le responsable se trouve à son bureau. Notre visite inopinée tombe à l’eau. Car, le patron ne veut point nous accueillir prétextant des occupations. Le sujet des sachets d’eau produits par des unités informelles est sensible. Sur la floraison de ces « usines » dans la Cité des trois caïmans, la mairie de la Commune III du District de Bamako n’a pas voulu donner suite à nos sollicitations, malgré notre insistance. ABSENCE DE CONTRÔLE – L’eau représente une place importante dans la vie de l’homme. Le scientifique français, Louis Pasteur affirmait en 1880 que : « Nous buvons 90% de nos maladies ». Les qualités physique, chimique, sans saveur, absence d’odeur et agréable de ce liquide, doivent être conformes aux normes d’une eau potable ou aux directives de l’Organisation mondiale de la santé (OMS). Au Mali, le secteur de la production d’eau destinée à la consommation est encadré par le décret n°06-259 / P-RM du 23 juin 2006 où il a été institué une autorisation de mise sur le marché des denrées alimentaires (dont l’eau), des aliments pour animaux et des additifs alimentaires (AMM). Ainsi que l’Arrêté interministériel N°07-2650 / MS-MEP-MA-MIC-MF-SG du 26 septembre 2007 déterminant les modalités d’application du décret. C’est à ces réglementations en vigueur que doivent se soumettre les unités de production. Pour une bonne organisation et un suivi réguliers de ces sociétés et entreprises productrices des eaux en sachet et en bouteille, le Laboratoire national des eaux (LNE) tient des réunions avec les structures concernées dont la Direction nationale de l’hydraulique, la Direction nationale de l’industrie, les Associations de consommateurs et l’Association des producteurs d’eau en sachet, le Laboratoire national de la santé (LNS), la Direction nationale du commerce et de la concurrence (DNCC), l’Agence nationale de la sécurité sanitaire des aliments, (ANSSA), la Direction nationale de l’assainissement et du contrôle
Kangaba : Mission d’un consultant environnementaliste pour le projet FIER II

Kangaba, 07 janv (AMAP) M. Souleymane Sanogo, consultant environnementaliste chargé du Deuxième projet de Formation professionnelle, Insertion et appui à l’Entrepreneuriat des jeunes ruraux (FIER II), effectue une mission à Kangaba pour élaborer un Plan d’engagement des parties prenantes (PEPP) et un Plan de mise en œuvre du Consentement préalable libre et éclairé (CPLE). Les travaux se sont déroulés dans la salle de délibération de la mairie de la commune rurale de Minidian, sous la présidence du premier adjoint au maire, M. Kamory Keita. Les responsables des services techniques en charge de l’assainissement, de l’hydraulique, de l’urbanisme, du domaine et de l’emploi y ont participé, ainsi que les représentants des associations de personnes handicapées, de la jeunesse, des femmes, et des filières karité, coton, arachide et lait. L’objectif global de cette activité est de concevoir un projet qui répond aux besoins des bénéficiaires et qui assure leur participation effective à travers l’établissement d’un PEPP et d’un CPLE. Plus spécifiquement, le consultant doit identifier les parties prenantes, établir une approche systématique de mobilisation et de dialogue, partager les informations sur le projet, ses impacts et ses bénéfices afin de créer et maintenir un climat de confiance. Il doit également consulter les parties prenantes sur les enjeux du projet, y compris les aspects environnementaux, sociaux et climatiques, et prendre en compte leurs avis, préoccupations et recommandations dans la mise en œuvre des activités, notamment les mesures environnementales, sociales et climatiques, pour garantir la durabilité du projet. Le consultant formule par ailleurs des recommandations pour une meilleure gestion des plaintes, sur la base du manuel existant. Il définit les outils, les méthodes et le plan de consultation publique, établit le cadre organisationnel pour la mise en œuvre du plan et précise le cadre du consentement préalable libre et éclairé. Selon le consultant, le projet FIER II vise à consolider et amplifier les résultats du projet FIER initial. Son objectif de développement est de promouvoir l’esprit d’entreprise en milieu rural et de faciliter l’intégration économique des jeunes ruraux âgés de 15 à 40 ans, dont au moins 40 % de femmes. À l’issue des travaux, les participants ont recommandé la mise en place d’un système efficace de gestion des plaintes et une amélioration du système de communication afin que tous les acteurs disposent du même niveau d’information. SD/OS/MD (AMAP)
Le fleuve Sénégal de plus en plus trouble et ensablé

Par Abdoulaye Telli BALDE Diamou, le 5 janv (AMAP) Le fleuve Sénégal, l’un des principaux cours d’eau d’Afrique de l’Ouest, traverse plusieurs pays, dont le Mali, la Mauritanie, le Sénégal et la Guinée. Il reste une source vitale pour des millions de personnes, soutenant l’agriculture, la pêche, l’approvisionnement en eau potable et la production d’électricité hydroélectrique. En cette période de l’année, où les eaux sont normalement claires, le fleuve affiche un état inhabituel qui inquiète fortement les populations riveraines. Sidy Makan Konaté, jardinier au bord du fleuve depuis plus de vingt ans, déclare n’avoir jamais vu une telle coloration. Pour lui, ce phénomène traduit une dégradation progressive de l’environnement fluvial. Selon des sources non officielles, des activités de dragage intensives en amont, souvent liées à l’orpaillage, seraient responsables de cette situation. Ces opérations remuent de grandes quantités de sédiments et impliquent l’utilisation de produits chimiques toxiques, parfois cancérigènes, dont les rejets accentuent la turbidité et menacent la santé des riverains. À cela s’ajoute un ensablement croissant. De nombreuses petites îles sableuses émergent sur plusieurs tronçons, parfois par dizaines sur un même segment. La végétation finit par s’y installer, transformant progressivement le lit du fleuve en une succession d’îlots. Ce processus réduit la profondeur et la largeur du cours d’eau, fragilise la pêche et perturbe durablement les écosystèmes aquatiques. CONSEQUENCES SANITAIRES – Malgré ces signes alarmants, les riverains n’ont souvent pas d’autre choix que d’utiliser cette eau pour leurs besoins quotidiens. « Nous n’avons pas d’autre choix que d’utiliser cette eau colorée, malgré les risques », confie Mariam Bakayoko, ménagère à Diamou. Boisson, cuisine, lessive, baignade et abreuvement du bétail dépendent encore largement du fleuve dans de nombreuses localités. Cette dépendance expose la population à de sérieux risques sanitaires : diarrhées aiguës, dysenterie, choléra, fièvre typhoïde, bilharziose et diverses affections cutanées. Les enfants, les femmes et les personnes âgées sont particulièrement vulnérables. Dramane Diakité, élu local, exhorte les autorités à agir sans délai. Il demande l’ouverture rapide d’une enquête pour identifier précisément les causes de cette dégradation et mettre en place des solutions durables. Il plaide également pour une implication accrue des communautés locales dans la gestion intégrée des ressources en eau. « Dans l’immédiat, il est essentiel de prendre des mesures concrètes pour protéger notre fleuve et préserver la santé de nos populations ainsi que celle de notre environnement », avertit-il. Sans réaction rapide, des milliers de riverains resteront exposés à des risques majeurs liés aux maladies hydriques. Les habitants interpellent par ailleurs l’Organisation pour la Mise en Valeur du Fleuve Sénégal (OMVS) et les États riverains pour un renforcement du contrôle des activités de dragage et la mise en œuvre de mesures efficaces contre l’ensablement. Pilier écologique, économique et social transfrontalier, le Fleuve Sénégal traverse aujourd’hui une phase critique. Sans actions concertées et rapides des parties prenantes, ce patrimoine commun risque des dommages irréversibles, compromettant le bien-être des générations actuelles et futures. ATB/OS/MD (AMAP)
Bamako : Lancement du Programme régional de cartographie de la fertilité des sols en Afrique de l’Ouest du Mali
Bamako, 12 déc (AMAP) Le Programme régional de cartographie de la fertilité des sols en Afrique de l’Ouest du Mali, en phase pilote, d’une durée de trois ans, dont l’objectif est de « contribuer à l’amélioration de la productivité des cultures, d’améliorer les revenus des agriculteurs et de contribuer à la sécurité alimentaire dans les pays membres » a été lancé, vendredi, dans les locaux de l’Institut d’économie rurale (IER) de Sotuba, à Bamako. Il est financé à travers un prêt en dollars américains, soit environ 5,6 milliards de francs Cfa contracté auprès du groupe de la Banque islamique de développement (BID). La contribution du Mali s’élève à 1,5 million de dollars américains, soit environ 840 millions de FCFA. « La baisse de la fertilité des sols est une contrainte majeure à la production agricole et contribue directement à l’insécurité alimentaire et à la pauvreté en Afrique subsaharienne. Les exploitants agricoles ont besoin de données fiables sur les principales propriétés des sols pour prendre des décisions en matière de gestion de la productivité des terres », a dit le conseiller technique du ministère de l’Agriculture, Amadou Cheick Traoré, qui a présidé la cérémonie de lancement. « Il faut signaler que, de nos jours, les formules d’engrais utilisées ne tiennent pas suffisamment compte de la diversité des sols selon les zones agroécologiques. Il s’avère nécessaire de mettre au point de nouvelles formules d’engrais en fonction de l’état de la fertilité des sols, des zones agroécologiques et des cultures », a-t-il estimé. C’est ainsi que les équipes de recherche de la Gambie, de la Guinée, du Mali, du Niger, du Sénégal et de la Sierra Leone ont élaboré « un projet commun, en collaboration avec des responsables du groupe de la BID. Ses objectifs principaux sont « l’élaboration de la carte de fertilité des sols et l’adaptation des doses de fertilisation pour les principales cultures, en vue d’une agriculture durable et plus productive », a précisé le représentant du ministre de l’Agriculture. Quant au directeur général de l’IER) de Sotuba, Dr Kalifa Traoré, il a expliqué que le projet comprend cinq composantes, à savoir : le plan d’échantillonnage, les prélèvements et analyses, les essais courbes de réponse, la cartographie des contraintes majeures des sols, et le renforcement des capacités et la formation. Dr Clément Illa, le représentant régional de la BID à Dakar, a rappelé que « depuis l’adhésion du Mali à la banque, le 15 mars 1978, jusqu’à ce jour, les approbations du Groupe de la Banque Islamique de Développement pour le Mali ont atteint un volume total de 1 250 milliards de Fcfa. » « Ces chiffres parlent d’eux-mêmes et traduisent le dynamisme des relations de coopération entre la banque et le Mali », a ajouté. M. Illa Il a souligné que « le portefeuille actif de la BID au Mali compte quinze projets, dont cinq projets agricoles. La stratégie décennale de la banque 2026-2035 accorde une place de choix à l’agriculture et à la souveraineté alimentaire », avant de réaffirmer l’engagement de la banque à soutenir le Mali pour la réalisation du projet. Les travaux vont concerner la zone cotonnière de Mali-Sud (CMDT et OHVN), la zone de riziculture de l’Office du Niger et Opération riz Ségou (ORS), ainsi que les zones de production de céréales sèches de la Région de Koulikoro, sous le leadership de l’IER, à travers le Laboratoire Sols Eaux Plantes (LABOSEP) de Sotuba. MMD/MD (AMAP)
Bafoulabé (Ouest) : Alerte sur le fleuve Bakoye
Par Boubacar MACALOU Bafoulabé, 12 déc (AMAP) Le fleuve » Bakoye » autrefois fierté des populations riveraines et source de vie, est devenu aujourd’hui, une source de danger, arborant une teinte beigne, reflet des déversements chimiques continus, selon le constat des riverains. La population riveraine aux prises avec une vague de maladies hydriques, lance un cri d’alarme désespéré, interpellant les autorités pour une intervention immédiate. » Pendant la saison des pluies, avec le phénomène climatique du glissement de terrain, l’eau devenait trouble, Puis reprenait sa couleur claire initiale, après la saison des pluie », dit Abdoulaye Sissoko, notable à Bakoye. Ce changement de couleur extrême du fleuve Bakoye n’est pas un phénomène naturel, de l’avis de plusieurs riverains. Des témoignages pointent du doigt les orpailleurs, en amont du fleuve, qui seraient à l’origine en rejetant leurs produits directement dans le cours d’eau. « L’eau, en ce moment, devait être claire mais elle est devenue une étendue mystérieuse », poursuit Abdoulaye Sissoko. Regardez la couleur de cette eau ! Ce n’est plus de l’eau, c’est de la boue mélangée à l’eau}, s’indigne-t-il. Mariam Fofana, ménagère à Tintila, dit qu’« à défaut de la maman, on tête sa grand-mère « . Cette eau est tout pour la population. « Nous, qui dépendons du Bakoye pour diverses utilisations (lessive, baignade, consommation malgré les risques), souffrons de certaines maladies comme des troubles respiratoires, des diarrhées et, souvent, des maladies urinaires. De petites disputes éclatent, parfois, entre les couples, à cause du linge décoloré par l’eau du fleuve. « Aujourd’hui, ceux qui ont quelque moyen utilisent des sachets d’eau pour leur consommation. Nous qui n’avons pas cette possibilité, sommes obligés de nous contenter de cette eau avec ses corolaires », se désole la ménagère. Face à ce péril écologique et sanitaire, la population riveraine du Cercle de Bafoulabé se sent impuissante et interpelle les autorités à agir urgemment pour son droit de vivre dans un environnement sain. Et que le fleuve Bakoye ne devienne un symbole de la négligence humaine et de l’indifférence. BM/MD (AMAP)
Conseil élargi de cabinet des ministères de l’Agriculture et de l’Elevage et de la Pêche : Bilan de la campagne agricole et des actions réalisées en 2025
Bamako, 4 déc (AMAP) Les ministres de l’Agriculture, Daniel Sémion Kelema, et de l’Elevage et de la Pêche, Youba Ba, ont coprésidé, jeudi, à Bamako, la 3e session du Conseil élargi de cabinet destiné à faire le bilan provisoire de la campagne agricole 2025 ainsi que l’état d’exécution des recommandations issues de la 15ème session du Conseil Supérieur de l’Agriculture (CSA). A l’ouverture de la séance, dans la salle de réunion de la Direction de finance et du matériel (DFM) du ministère de l’Agriculture, le ministre Daniel Sémion Kelema a précisé que cette rencontre, « est sans nul doute un cadre privilégié pour mettre en exergue les progrès réalisés depuis l’adoption du document du plan de campagne le 06 mai 2025 lors du Conseil supérieur de l’Agriculture (CSA », présidé par le chef de l’Etat, le général d’Armée Assimi Goita, Président du CSA. « Ainsi, a-t-il dit, notre session de ce matin a pour objet de faire le bilan provisoire de la campagne agricole 2025 ainsi que l’état d’exécution des recommandations issues de la 15e session du CSA. » Daniel Sémion Kelema a expliqué que « la campagne agricole 2025 a démarré dans un contexte sécuritaire précaire avec la multiplication des incidents engendrant, parfois, des déplacements inhabituels de populations, la destruction et la détérioration de leurs moyens d’existence durables avec comme conséquence, des pertes d’emplois locaux et la perturbation des circuits d’approvisionnement en denrées de première nécessité. » Selon lui, « sur le plan météorologique, la saison des pluies 2025 s’est particularisée par un démarrage précoce par endroit, normal dans le reste du pays et une fin normale à tardive en fonction des zones agroécologiques. » Le Chef du département de l’Agriculture a, cependant, reconnu que « des déficits pluviométriques ont été observés par endroits, mais sans entrave majeure à la satisfaction des besoins en eau des principales cultures. » En ce qui concerne la situation hydrologique, « elle a été marquée par une montée significative du niveau de tous les cours d’eau à partir de la deuxième décade du mois de mai qui s’est maintenue jusqu’en fin août 2025 en réponse aux précipitations abondantes enregistrées », a fait savoir M. Kelema. « Quant à la situation phytosanitaire, elle s’est déroulée dans un contexte marqué par des conditions agro climatiques globalement favorables au développement des cultures, mais également propices à la prolifération de plusieurs ravageurs d’importance économique. Cependant, la situation phytosanitaire est restée calme dans les principaux bassins de production agricole. », a-t-il indiqué. « S’agissant de la situation des cultures, l’installation des semis a été précipitée par des pluies précoces, ce qui a occasionné des cas de ré-semis par endroit et exacerbé la pression subie dans le cadre de la mise en place des intrants agricoles », a également évoqué le ministre de l’Agriculture. « Dans l’optique de mieux soutenir les exploitants et exploitantes agricoles, des interventions ont été multiples dans tous les domaines. Il s’agit : des intrants, des équipements agricoles, des aménagements hydroagricoles, la recherche agricole, la santé animale, la protection des végétaux mais, aussi, des renforcements de capacités à travers les formations des acteurs de la profession agricole », s’est-il réjoui. Dans la dynamique de mise en cohérence des actions de développement, les départements de l’Agriculture, de l’Elevage et de la Pêche se sont attelés à mettre en ouvre le Plan d’actions du gouvernement sous l’égide du Premier ministre, conformément au contenu de la Lettre de cadrage du président de la Transition. « A cet effet, les résultats enregistrés refléteront les actions inscrites dont, entre autres, la mise à disposition d’intrants de qualité en engrais et semences, les équipements agricoles, d’élevage et de pêche, la surveillance et la protection des animaux et des végétaux », a dit le ministre de l’Agriculture. M. Kelema a fait savoir que « ces résultats obtenus sont le fruit des efforts conjugués du Gouvernement, de ses Partenaires techniques et financiers (PTF) ainsi que de l’ensemble des acteurs de la profession agricole. » Il a adressé des remerciements au président de la Transition, « pour ses engagements personnels à accompagner le secteur agricole, qui a plus spécifiquement permis la mise à la disposition d’intrants de qualité dans tous les grands bassins de production. » Il a exprimé, au nom du Premier ministre et de l’ensemble du gouvernement, sa reconnaissance aux PTF pour leur accompagnement auprès du populations rurales maliennes, dans le cadre du renforcement de leurs capacités de résilience et remercié les acteurs impliqués dans la mise en ouvre du plan de campagne agricole et des recommandations issues de la 15ème session du CSA. ST/MD (AMAP)
Validation de la stratégie nationale phytosanitaire pour une agriculture résiliente
Bamako, 02 nov (AMAP) La Stratégie nationale de renforcement des capacités phytosanitaires (SNRC-P) du Mali est soumise à validation, lors d’un atelier dont l’objectif est « de disposer d’une feuille de route solide pour les années à venir, contribuant ainsi de manière significative à la résilience de notre agriculture face aux menaces biotiques et aux changements climatiques », a constaté l’AMAP. Cet événement, que l’Office de protection des végétaux (OPV) organise, en partenariat avec l’Organisation des Nations unies pour l’agriculture et l’alimentation (FAO) « marque une étape décisive dans les efforts constants de notre pays pour assurer la santé de ses ressources végétales, garantir la sécurité alimentaire et nutritionnelle de nos populations. Il vise à promouvoir une agriculture durable, moderne et compétitive, conformément à la politique de développement agricole (PDA) du Mali », a déclaré le conseiller juridique du ministère en charge de l’Agriculture, Tiéman Traoré. « Cette stratégie, selon lui, a été conçue pour doter le Mali d’un cadre cohérent et efficace, s’appuyant sur une approche participative, pour prévenir, détecter et gérer les risques phytosanitaires. » Elle vise, notamment, à « améliorer le cadre institutionnel et réglementaire de la protection des végétaux, renforcer les infrastructures et équipements de surveillance et de diagnostic, développer les compétences techniques des agents et producteurs, promouvoir des méthodes de gestion intégrée des ravageurs et faciliter le commerce des produits agricoles maliens sur les marchés régionaux et internationaux en respectant les normes phytosanitaires ». « Vos réflexions, vos amendements et vos propositions constructives, durant ces assises, sont essentiels pour affiner le document stratégique et garantir sa pertinence et son opérationnalité sur le terrain », a dit M. Traoré, qui a représenté le ministre de l’Agriculture. « Votre expertise collective permettra de s’assurer que la stratégie proposée répond aux réalités de notre pays et aux aspirations de tous les acteurs, des petits producteurs aux exportateurs », a-t-il ajouté. « Dans un contexte de changements climatiques et de risques phytosanitaires accrus, il est impératif de disposer d’un cadre stratégique solide et concerté pour renforcer nos capacités d’action, de prévention et d’intervention », a déclaré le Directeur général de l’OPV, Halidou Mohomodou. « L’élaboration de la SNRC-P, que nous nous apprêtons à valider dans ces trois jours, est le fruit d’un processus inclusif et participatif, impliquant l’ensemble des acteurs nationaux, administrations, chercheurs de l’Institut d’économie rurale (IER), producteurs, Société civile au développement », a-t-il précisé. Quant au représentant de la FAO, Youssouf Diallo, il a réaffirmé l’engagement de l’organisme onusien à soutenir le Mali dans ses programmes de renforcement des capacités. « Je tiens à affirmer la disponibilité de la FAO à accompagner le gouvernement du Mali dans la mise en œuvre de cette stratégie. Nous demeurons engagés à soutenir le renforcement des capacités institutionnelles, mobiliser les expertises et les partenaires, promouvoir des solutions durables, intégrées et respectueuses de l’environnement. » MMD/MD (AMAP)
San : Célébration de la Journée mondiale des toilettes couplée à la remise de matériels d’assainissement
San, 28 nov (AMAP) La 16e édition de la Journée mondiale des toilettes, couplée à la remise de matériels d’assainissement à certaines communes par le Projet de résilience urbaine de Bamako (PRUBA) ont lieu, jeudi, au Groupe scolaire de Santoro 1er Cycle de San (Centre). En ouvrant les travaux, le conseiller aux Affaires économiques et financières, Seydou Bagayoko, représentant le gouverneur de la Région de San, a invité les participants à être « des relais auprès des populations afin que celles-ci comprennent la nécessité d’utiliser et d’entretenir des latrines. » Il a remercié le ministère de l’Environnement, de l’Assainissement et du Développement durable et le PRUBA pour ce don de matériels aux collectivités de la Région. Le Directeur régional de l’Assainissement, du Contrôle des Pollutions et des Nuisances, Adama Fané, a adressé ses remerciements au Fonds des Nations unies pour l’enfance (UNICEF) pour son appui à la célébration de cette journée et au PRUBA pour le don de matériels d’assainissement à des communes de la région. Il a, aussi, remercié la ministre de l’Environnement, de l’Assainissement et du Développement durable pour son appui à la Région de San, à travers la remise de matériels d’assainissement aux communes. Il a, enfin, assuré que ce matériel offert par le PRUBA fera « l’objet d’un suivi rigoureux « quant à son utilisation. Le porte-parole des collectivités bénéficiaires, Boba Abed Négo Dakouo, maire de la Commune rurale de Tominian, a remercié les autorités maliennes pour l’initiative de creation du PRUBA et la Banque Mondiale pour son appui financier. Par ailleurs, la Commune urbaine de San, celles rurales de Kava, Niasso, Tominian et Yangasso, ont bénéficié de lots de matériels offerts par le PRUBA, comprenant 07 tricycles, 200 poubelles métalliques, 200 poubelles plastiques, 100 pelles, 100 râteaux, 400 paires de gants, 400 paires de bottes, 30 brouettes et 03 motos. Des kits d’hygiène et d’assainissement ont aussi été remis aux écoles de Santoro 1er cycle, Babou Dioni V, Sienso 1er cycle et aux Centres de développement de la petite enfance (CDPE) Sabil Houda et El Fikr , tous dans la Commune urbaine de San. C’était en présence du Préfet de cercle de San, Souleymane Tembély, des maires des communes bénéficiaires, des représentants des services techniques déconcentrés de l’État, de la Société civile, des Organisations non gouvernementales (ONG), du chef de village de San ainsi que des enseignants et élèves mobilisés pour la circonstance. NC/MD (AMAP)
Lancement à Bamako du Programme mini-réseaux en Afrique
Bamako, 25 nov (AMAP) Le Programme mini-réseaux en Afrique, Africa Minigrids Program, (AMP) qui bénéficie de l’appui financier du Fonds pour l’environnement mondial (FEM) et du Programme des Nations unies pour le développement (PNUD), pour environ 1,25 milliard de Fcfa, pour une durée d’exécution de quatre ans, a été lancé jeudi à Bamako. Le programme couvre 21 pays africains et offre une plateforme d’échanges et de partage d’expériences à l’échelle régionale pour booster le développement des mini-réseaux solaires, Pour le Représentant résident adjoint du (PNUD), Roland Sery, ce projet va contribuer « à réaliser l’ambition du gouvernement malien, d’accélérer l’accès universel à une énergie propre, fiable et abordable, tout en contribuant à la lutte contre le changement climatique et à la transformation socio-économique des communautés rurales. » Pour la ministre de l’Environnement, Mme Doumbia Mariam Tangara, « l’urgence climatique constitue un impératif dans toute action de développement et de gestion des ressources naturelles, en particulier dans les terroirs arides et semi-arides de la zone sahélo-saharienne. » La résilience économique et sociale, principal défi des pays sahélo-sahariens, passe nécessairement par des actions d’adaptation et de réduction des effets néfastes du changement climatique, en vue d’assurer un développement résilient et durable dans les terroirs, selon la ministre. C’est dans ce contexte que la Stratégie nationale Grande Muraille Verte de notre pays, alignée sur le Plan d’investissement prioritaire décennal (PIPD 2021-2030) de la Grande Muraille Verte, prévoit, entre autres, la promotion et le développement de pratiques et techniques climato-intelligentes à faible empreinte carbone pour asseoir la transition écologique, l’économie verte et le développement durable à terme. Pour le ministre de l’Énergie et de l’Eau, Boubacar Diané, qui a présidé la cérémonie de lancement, la réalisation de ce projet pilote permettra la mise en service directe d’au moins 309 kilowatts de puissance solaire photovoltaïque installée et 754 kilowattheures de capacité de stockage sur batteries. Il faut, également ,noter la réduction des émissions de Gaz à effet de serre (GES) sur la durée de vie des activités du projet, estimée à 16 929 tonnes d’équivalent CO₂ (direct) et 631 697 tonnes de CO₂eq (indirect). Le nombre de bénéficiaires directs est estimé à 8 665 personnes, dont 50 % de femmes, grâce à 1 752 nouveaux raccordements aux mini-réseaux. Le projet sera mis en œuvre conjointement par l’Agence nationale des Énergies Renouvelables et des Bioénergies (ANEB), la Direction nationale de l’énergie (DNE), l’Agence malienne de développement de l’énergie domestique et de l’électrification rurale (AMADER) et l’Agence nationale de la Grande Muraille Verte (ANGMV) AC/MD (AMAP)

