Occupation de l’emprise du projet routier Banconi-Nonsombougou : démolition en cours des habitations concernées

Bamako, 22 juillet (AMAP)– L’opération de démolition des habitations situées dans l’emprise du projet routier Banconi-Dialakorodji-Safo-Dabani-Nonsombougou a démarré ce mercredi, sous la supervision d’une délégation des ministères en charge des Infrastructures, des Domaines et de l’Urbanisme ainsi que des forces de l’ordre, a constaté l’AMAP. Cette opération, annoncée lors d’une visite gouvernementale le samedi 18 juillet 2026, concerne 573 habitations, selon le Directeur national de l’Urbanisme, Mahamadou Ouologuem. Il a précisé que 430 propriétaires ont signé les procès-verbaux d’entente relatifs aux indemnisations avec la commission nationale d’indemnisation et que 144 d’entre eux ont déjà perçu leurs indemnités, évaluées à plus d’un milliard de francs CFA. Il a invité les propriétaires restants à se rapprocher de la commission pour signer les procès-verbaux et percevoir leurs indemnisations. Le représentant de la Direction générale des Routes, Almeimoune Ali, a indiqué que l’occupation des emprises constituait la principale cause du blocage de ce projet routier important, qualifiant cette libération de nécessaire à la bonne réalisation des travaux. L’entreprise en charge des travaux va renforcer dans les prochains jours les engins et les équipes dédiés à l’opération de démolition. KD/CMT (AMAP)
Bougouni : préfets et maires formés à la gestion des titres miniers

Bougouni, 18 juillet (AMAP)– Les préfets et les maires de la région de Bougouni ont bénéficié, du 14 au 16 juillet, d’une session de formation sur les procédures d’acquisition et de gestion des titres miniers, à l’issue de laquelle plusieurs recommandations ont été formulées pour améliorer la gouvernance du secteur, a constaté l’AMAP. Organisée dans la salle de réunion du gouvernorat, la rencontre a été initiée par la Direction régionale de la Géologie et des Mines en partenariat avec le projet «Bougouni Sanu Ka Na Fa». Elle visait à renforcer les capacités des représentants de l’État et des collectivités territoriales sur le cadre juridique et réglementaire des activités minières. L’ouverture des travaux a été présidée par le directeur de cabinet du gouverneur, Dramane Diakité, en présence des préfets des dix cercles de la région, du directeur régional de la Géologie et des Mines, Amadou Diarra, ainsi que des partenaires du projet. Les participants ont été formés sur les procédures d’attribution, de renouvellement, de transfert et de retrait des titres miniers, les droits et obligations des titulaires, les exigences environnementales et sociales du Code minier de 2023, ainsi que les dispositions relatives au contenu local, à la responsabilité sociétale des entreprises minières et au développement communautaire. La cérémonie de clôture a été présidée par le gouverneur de la région. Le Général de brigade Ousmane Wélé a souligné l’importance de la maîtrise des textes régissant le secteur minier dans une région riche en ressources naturelles. Les recommandations issues de la session portent notamment sur la poursuite du renforcement des capacités des autorités administratives et communales, l’accélération des procédures de renouvellement des titres miniers. Il a été aussi préconisé le renforcement des contrôles du Cadastre minier avant l’octroi des permis, une plus grande implication des autorités locales dans l’examen des études d’impact environnemental et social. Les participants ont également prôné la création d’un mécanisme de suivi des recommandations et une meilleure application des dispositions du Code minier afin d’accroître les retombées économiques et sociales au profit des populations. BHT/CMT (AMAP)
Bougouni : Le gouverneur rencontre les maires autour de la sécurité, du code minier et de la gouvernance locale

BAMAKO, 18 juillet 2026 (AMAP)– Le gouverneur de la région de Bougouni a présidé, le 16 juillet, une réunion du commandement régional élargie aux 57 maires de la région, au gouvernorat de Bougouni, en présence des membres de son cabinet, a constaté l’AMAP. Organisée en marge d’une session de formation des préfets des dix cercles et des officiers d’état civil sur les procédures d’acquisition des titres miniers, la rencontre visait à renforcer le dialogue entre les représentants de l’État et les exécutifs communaux. Les échanges ont porté sur les orientations nationales en matière de lutte contre le terrorisme ainsi que sur plusieurs textes législatifs et réglementaires, notamment le Code minier et son contenu local, le Code des collectivités territoriales, la gestion des fonds miniers, la protection de l’environnement, la gestion des ressources naturelles et les conflits fonciers. Le gouverneur a rappelé les attributions respectives des représentants de l’État et des maires, conformément aux textes en vigueur, en insistant sur leur rôle dans la mise en œuvre des politiques publiques au niveau local. La réunion a également abordé les préparatifs de la Biennale artistique et culturelle Bougouni 2027. À cette occasion, une journée régionale de salubrité a été instituée chaque premier dimanche du mois dans les dix cercles de la région, sous la supervision des représentants de l’État, avec l’appui des collectivités territoriales, des autorités traditionnelles, des femmes et des jeunes. Les participants ont été informés des mesures destinées à renforcer la sécurité des personnes et des biens et ont examiné diverses questions relatives à l’administration des villages et à la gouvernance locale. BHT%CMT (AMAP)
Forum international de la Diaspora : 25 recommandations pour mobiliser l’investissement des Maliens de l’extérieur

Bamako, 19 juillet (AMAP)– La 2ᵉ édition du Forum international de la Diaspora s’est achevée samedi à Bamako sur l’adoption de 25 recommandations destinées à renforcer la contribution des Maliens établis à l’extérieur au développement économique du pays. La cérémonie de clôture a été présidée par le ministre des Maliens établis à l’Extérieur et de l’Intégration africaine, Mossa Ag Attaher, au Centre international de conférences de Bamako (CICB), en présence d’investisseurs maliens et étrangers, de représentants des institutions publiques, des missions diplomatiques et consulaires, d’organisations internationales et du secteur privé, a constaté l’AMAP. Les recommandations, présentées par le secrétaire général du ministère, Amadou Diarra Yalcouyé, portent notamment sur le lancement d’un emprunt obligataire destiné à la diaspora, le renforcement de la sécurisation des transferts de fonds, la diffusion du guide de l’investissement productif, l’amélioration de l’attractivité du Code des investissements pour les Maliens de l’extérieur et la création, au sein de l’Agence pour la promotion des investissements (API-Mali), d’un guichet unique dédié à la diaspora. Elles préconisent également le renforcement de l’accompagnement des investisseurs avant, pendant et après leurs projets, la poursuite des réformes visant à améliorer le climat des affaires, la pérennisation du modèle Diaspora Impact Days, la création de guichets spécialisés dans les banques et l’organisation de missions d’échanges avec des pays ayant développé des mécanismes performants de mobilisation des investissements de leur diaspora, notamment le Maroc, la Türkiye, la Chine et l’Éthiopie. Clôturant les travaux, le ministre Mossa Ag Attaher a appelé à transformer les conclusions du forum en actions concrètes. «Il nous incombe désormais, par un devoir impérieux et collectif, de traduire nos engagements en actes tangibles, nos recommandations en politiques souveraines et nos projets en réalisations concrètes au service de notre pays», a-t-il déclaré. Il a exprimé sa «profonde gratitude» au président de la Transition, le Général d’armée Assimi Goïta, pour «son engagement constant en faveur de la diaspora malienne», qu’il a présentée comme un levier majeur du développement national. ST/CMT (AMAP)
Macina : le carburant de retour après sept mois de pénurie

Macina, 19 juillet 2026 (AMAP)– Après plus de sept mois d’interruption de la vente de carburant dans les stations-service de Macina, l’approvisionnement a repris ce dimanche 19 juillet dans trois points de distribution, suscitant un vif soulagement des populations. Il s’agit de la station Soumaïla Niamassoumou à Kokry Camp, de la station Kane et Frères et de la station B.C.F., située à Macina-ville, a constaté l’AMAP. Durant la période de pénurie, le litre d’essence se négociait entre 2.250 et 2.300 FCFA sur le marché parallèle. Avec cette reprise, il est désormais vendu entre 1.250 et 1.300 FCFA selon les stations, soit une baisse sensible, même si le tarif demeure supérieur au prix officiel. De longues files d’attente se sont formées devant les stations-service, où voitures, motocyclettes, cyclomoteurs et motoculteurs se sont succédé pour s’approvisionner. Les responsables assurent que des dispositions ont été prises afin de mieux gérer les stocks disponibles. Ce retour du carburant redonne de l’espoir aux habitants de Macina, qui attendent désormais le rétablissement de la fourniture d’électricité. Il intervient quelques semaines après l’interdiction de circulation des motocyclettes à grosses cylindrées en déhors des grandes agglomérations. La décision a été prise par les autorités afin de reduire considérablement les mouvements des terroristes qui se déplacent essentiellement à moto. Les regards restent tournés vers Énergie du Mali (EDM-SA), dont les installations locales sont à l’arrêt depuis la fin du mois de janvier 2026. DG/CMT (AMAP)
Bamako : un convoi de plus de 716 camions-citernes de carburant arrive sous escorte des FAMa

BAMAKO, 3 juillet (AMAP)– Un convoi de plus de 716 camions-citernes, escorté durant la nuit par les Forces armées maliennes (FAMa), est arrivé au parking de Bamako ce vendredi 3 juillet 2026, aux alentours de 5 heures du matin, selon un flash d’information de la Direction générale du commerce, de la consommation et de la concurrence (DGCC) consulté par l’AMAP. Les équipes des services des Douanes, de la DGCC et de la Police nationale assurent une permanence 24 heures sur 24 et 7 jours sur 7 afin de prendre en charge le convoi et de répartir les volumes de carburant entre les différentes stations et entreprises.
ODEPA : les ministres africains réunis à Bamako pour définir une stratégie de repositionnement de l’artisanat

Bamako, 2 juillet (AMAP)– La 12ᵉ Conférence des ministres de l’Organisation pour le Développement et la Promotion de l’Artisanat africain (ODEPA) s’est ouverte, jeudi à Bamako, avec pour objectif de définir une stratégie commune de repositionnement de l’artisanat comme levier de développement économique, de création d’emplois et de préservation des identités culturelles en Afrique, a constaté l’AMAP. Pendant deux jours, des experts et responsables de la culture et de l’artisanat des 28 pays membres examineront le thème : «Quelle stratégie pour le repositionnement de notre artisanat dans les domaines prioritaires du développement de nos pays ?» À l’ouverture des travaux, le ministre de l’Artisanat, de la Culture, de l’Industrie hôtelière et du Tourisme, Mamou Daffé, a souligné que «l’artisanat est bien plus qu’un héritage commun ; c’est une véritable économie de proximité, créatrice de valeurs et de richesses. Il est aussi un vecteur essentiel de préservation de l’identité de nos peuples». Selon lui, le repositionnement du secteur doit s’appuyer sur cinq priorités : une meilleure prise en compte de l’artisanat dans les politiques publiques, le renforcement de la formation et de la transition numérique, un meilleur accès au financement et aux marchés, l’amélioration de la qualité et de la labellisation des produits, ainsi qu’une coopération accrue entre les États membres. Le ministre a rappelé que l’artisanat représente près de 20% du PIB du continent, assure 70% des emplois et fait vivre environ 60 millions d’Africains, avec un taux de croissance supérieur à 5%. La présidente en exercice de l’ODEPA et ministre des Petites et Moyennes Entreprises et de l’Artisanat du Congo, Irène Marie Cécile M’boukou Kimbatsa N’goma, a indiqué que les conclusions des experts serviront de base aux décisions de la Conférence des ministres. Elle a plaidé pour une meilleure reconnaissance du métier d’artisan, une valorisation accrue des produits africains et un accompagnement renforcé des artisans à travers la formation, le financement et l’innovation. Le secrétaire général de l’ODEPA, Fidèle Ilboudo, a rappelé que l’organisation a engagé, depuis 2023, des réformes destinées à renforcer son efficacité. Il a précisé que la Conférence sera sanctionnée par une déclaration finale assortie de recommandations destinées à orienter les politiques publiques en faveur du développement de l’artisanat africain. MMD/CMT (AMAP)
Campagne agricole 2026-2027 : le Mali vise une production de 11,92 millions de tonnes de céréales

SÉGOU, 30 juin (AMAP)– Le Mali ambitionne de produire 11.920.300 tonnes de céréales au cours de la campagne agricole 2026-2027, dont 928.860 tonnes de riz paddy dans la zone de l’Office du Niger, a annoncé le ministre de l’Agriculture, Dr Ibrahima Samaké, lors du lancement officiel de la campagne agricole à Ségou. La cérémonie s’est déroulée jeudi à l’amphithéâtre de 500 places de l’Université de Ségou, en présence notamment du directeur de cabinet du gouverneur de la région, Boureïma Angoïba, du préfet du Cercle de Ségou, Alou Diarra, et du président-directeur général de l’Office du Niger, Samba Bocary Tounkara. Le ministre a indiqué que le gouvernement a prévu une enveloppe budgétaire de 164,389 milliards de FCFA, en hausse de 2% par rapport à la campagne précédente, afin de soutenir les activités agricoles. Les priorités portent sur la maîtrise de l’eau, le curage et la réhabilitation des canaux, l’intensification de la riziculture ainsi que le développement des cultures de contre-saison. Dr Ibrahima Samaké a salué la résilience des producteurs face aux difficultés rencontrées, rappelant le rôle stratégique de l’Office du Niger dans la production rizicole nationale. De son côté, le PDG de l’Office du Niger, Samba Bocary Tounkara, a estimé que les objectifs fixés sont à la mesure des capacités des exploitants agricoles, avec l’ambition d’accroître la production de riz et de produits maraîchers, de renforcer les stocks céréaliers et d’approvisionner les marchés de la sous-région, notamment ceux des pays de l’Alliance des États du Sahel (AES). La cérémonie a également été marquée par la remise de batteuses de riz à des organisations paysannes de la zone Office du Niger afin de renforcer leurs capacités de production. MS/CMT (AMAP)
Gao : incinération de drogues et produits contrefaits d’une valeur de plus de 20 millions de FCFA

Gao, 26 juin 2026 (AMAP)– L’antenne régionale de l’Office central des stupéfiants (OCS) de Gao a procédé, vendredi, à l’incinération d’une importante quantité de drogues, de produits contrefaits et de matériels de consommation, d’une valeur estimée à plus de 20 millions de FCFA, à l’occasion de la Journée internationale contre l’abus et le trafic illicite des drogues, a constaté l’AMAP. La cérémonie était présidée par le directeur de cabinet du gouverneur de la région, Mamadou Diakité, en présence du chef de l’antenne régionale de l’OCS, le commissaire principal Soumaïla Keïta, ainsi que de responsables des forces de défense et de sécurité et des services techniques. Les produits détruits comprenaient notamment du cannabis, des comprimés de Tramadol (Trama King 225), du khat ainsi que plusieurs médicaments contrefaits, dont du diazépam et d’autres spécialités pharmaceutiques. Selon le commissaire principal Soumaïla Keïta, environ 80% des produits saisis proviennent du sud du Mali et transitent également par le Niger et le Ghana. Il a indiqué que les consommateurs les plus touchés dans la région sont les jeunes âgés de 18 à 32 ans, tout en soulignant que la consommation de stupéfiants constitue un facteur limitant pour le recrutement dans les Forces armées et de sécurité. Le responsable de l’OCS a également indiqué que son service multiplie les actions de sensibilisation à Gao et dans les camps militaires, tout en relevant comme principales difficultés le manque de collaboration de certaines populations et l’immensité du territoire régional. De son côté, Mamadou Diakité a appelé les populations à renforcer leur coopération avec l’Office central des stupéfiants afin de lutter efficacement contre le trafic et la consommation de drogues et de préserver la santé publique. AT/CMT (AMAP)
Réduction de la quantité d’engrais subventionné en zone rizicole : la lente asphyxie de l’agriculture familiale au Mali

Cette enquête, réalisée entre mars et avril 2026, aborde la problématique de l’engrais subventionné et l’impact sur les producteurs locaux de la diminution de la quantité mise à disposition Bamako, 17 juin 2026 (AMAP)– Le DAP (phosphate diammonique), l’urée et les engrais NPK figurent parmi les intrants agricoles les plus utilisés au Mali. Essentiels à la croissance des cultures et à l’amélioration des rendements, notamment dans la riziculture, ces produits sont aujourd’hui au cœur d’une crise qui fragilise progressivement l’agriculture familiale. Sur le terrain, de nombreux producteurs deplorent les retards de distribution des engrais subventionnés, l’insuffisance des quantités disponibles et l’augmentation continue des coûts de production. Dans plusieurs zones rizicoles du pays, les cultivateurs affirment être contraints d’acheter les intrants au prix du marché lorsque les subventions tardent à arriver. Le sac d’engrais subventionné, vendu autour de 14.000 FCFA, peut atteindre jusqu’à 30.000 FCFA sur le marché libre. Une situation qui pèse lourdement sur les exploitations familiales déjà confrontées à la hausse du coût de la main-d’œuvre, de l’eau et des équipements agricoles. À cela s’ajoute une forte demande autour du riz local, parfois acheté en grande quantité par des commerçants venus des pays voisins, réduisant ainsi sa disponibilité sur les marchés maliens. Pourtant, malgré cette demande, les producteurs peinent de plus en plus à rentabiliser leurs exploitations. Installé dans la culture du riz depuis près de 30 ans, Boubou Doucouré exploite un hectare de riz. Lors de la précédente campagne agricole, il explique avoir obtenu environ 80 sacs de riz paddy, soit 3 à 4 tonnes. Cette année, il espère atteindre les 5 tonnes. Mais selon lui, les rendements pourraient être bien meilleurs si les producteurs bénéficiaient d’un meilleur encadrement et de formations techniques adaptées. Il estime que le Mali aurait pu atteindre depuis longtemps l’autosuffisance en riz, voire exporter sa production. À une cinquantaine de kilomètres de Ségou, Mama Traoré cultive également du riz depuis cinq ans sur deux hectares. Il explique que l’accès aux engrais devient de plus en plus difficile. Selon lui, plusieurs cultivateurs ont le sentiment que seuls certains privilégiés parviennent à obtenir les intrants subventionnés. Le sac d’«engrais blanc», qui coûtait environ 23.000 FCFA, est désormais evendu entre 30 000 et 37.500 FCFA selon les variétés. Outre les engrais, il évoque aussi les difficultés liées à l’adduction d’eau dans les périmètres agricoles. Pour Dikoré, riziculteice depuis près de vingt ans et propriétaire de dix hectares, la situation du marché devient tout aussi préoccupante. Elle explique que le riz local peine aujourd’hui à concurrencer le riz importé, vendu à des prix beaucoup plus accessibles. Selon elle, les producteurs maliens ne peuvent pas réduire leurs tarifs en raison du coût élevé de la redevance eau, des intrants, de la main-d’œuvre et des équipements. Elle rappelle qu’avant la dégradation de la situation sécuritaire, les commerçants se rendaient facilement dans les localités autour de Niono pour acheter du riz. Désormais, les déplacements sont devenus plus compliqués. «Aujourd’hui, j’ai plus de dix tonnes de riz invendues», regrette-t-il. Du côté des revendeurs d’intrants agricoles, les inquiétudes sont également nombreuses. Moussa Doumbia explique que pour cultiver un hectare de riz, un producteur a besoin d’environ six sacs d’engrais. Pourtant, lors de la précédente campagne agricole, certains cultivateurs n’ont reçu qu’un seul sac subventionné au lieu des six nécessaires. Selon lui, cette situation a contraint de nombreux producteurs à réduire leurs superficies cultivées. Certains exploitants qui prévoyaient de cultiver dix hectares se sont finalement limités à trois hectares faute d’intrants suffisants. Le revendeur précise également que plusieurs cultivateurs se tournent désormais vers le marché libre pour compléter leurs besoins. Il indique que les commerçants achètent parfois le sac de NPK 17-17 à environ 26 000 FCFA pour le revendre entre 26.500 et 27.000 FCFA. Toutefois, beaucoup de producteurs ne disposent pas des moyens nécessaires pour acheter les quantités requises à ces prix. La distribution de l’urée constitue par ailleurs un défi sécuritaire majeur. À la Direction générale de l’Agriculture, Tiémoko Lanfia Touré explique que cet engrais peut être détourné pour la fabrication d’explosifs artisanaux. Son transport nécessite donc plusieurs autorisations militaires, ce qui ralentit considérablement son acheminement vers certaines régions. Dans les zones considérées comme rouges, certaines cargaisons restent même bloquées pendant plusieurs mois. Le président de l’Union nationale des revendeurs d’intrants agricoles du Mali partage également ses inquiétudes. Il rappelle que les fournisseurs répondent aux appels d’offres lancés par l’État, mais que la baisse des subventions rend aujourd’hui les engrais beaucoup plus coûteux pour les producteurs. Selon lui, «un hectare nécessite six sacs d’engrais, mais certains producteurs n’ont reçu qu’un seul sac subventionné». Au Grand marché de Bamako, précisément à «Niono Place», Adama Diarra, vendeur grossiste de riz, observe une domination croissante du riz importé. Selon lui, les consommateurs se tournent principalement vers ce produit en raison de son coût plus accessible. Il explique que le sac de 100 kg de riz importé tourne autour de 31.000 FCFA, tandis que le riz local varie généralement entre 37.500 et 45 000 FCFA. À la Direction générale de l’Agriculture, Tiémoko Lanfia Touré revient également sur l’évolution des subventions agricoles. Il rappelle que l’État malien subventionne les engrais depuis 2008, mais que des difficultés budgétaires sont apparues à partir de 2023. Il précise que plusieurs projets, notamment le Projet de résilience et de sécurité alimentaire (PRSA), appuyé par la Banque mondiale, ont permis l’acquisition de milliers de tonnes d’engrais DAP et NPK. Il explique également qu’en 2024, le Mali a bénéficié d’un don d’urée en provenance de la Russie. Cet engrais a ensuite été revendu au prix subventionné habituel de 14.000 FCFA avant d’être distribué à travers les offices agricoles et les directions régionales de l’Agriculture. En 2025, le Projet de diversification agricole pour les zones semi-arides et arides (PDASAM), financé avec l’appui de partenaires internationaux, a permis la distribution de plus de 21.000 tonnes d’engrais minéraux. Cependant, plusieurs difficultés persistent. Selon ce responsable, l’Office malien des produits agricoles (OMAP) peine encore à recouvrer une partie importante des montants dus par certains commerçants.

