Commune urbaine de Mopti : Un projet d’infrastructures routières de 34 milliards de Fcfa

Par Dieudonné DIAMA Envoyé spécial Mopti, 30 décembre (AMAP) Le chef du gouvernement, Dr Boubou Cissé,a annoncé, dimanche, à Mopti, un projet d’infrastructures routières de plus de 34 milliards de Fcfa destiné à améliorer la mobilité urbaine dans les villes de Mopti et Sévaré. Ce projet, soumis au financement de la Banque ouest-africaine de développement (BOAD), va concerner l’aménagement du tronçon Sévaré-Mopti en 2×2 voies, d’un autre tronçon en 2×1 voies, l’aménagement en 2×1 voies du tronçon pour le contournement de l’aéroport de Mopti Ambodedjo et de dix kilomètres de voiries urbaines. M. Cissé, qui intervenait, à l’occasion de la célébration du centenaire de la Venise malienne, a précisé que ces réalisations rentrent dans le cadre de la stratégie de stabilisation de la 5è Région en proie à l’insécurité. « Au cœur de la stratégie de stabilisation du gouvernement, se trouvent, en bonne place, les activités de développement endogène à travers la réalisation d’infrastructures structurantes », a expliqué Dr Boubou Cissé. Pour lui, Mopti a besoin d’un souffle nouveau pour se relever et de rayonner comme jadis puisque « sa situation géographique stratégique le permet ». « La stratégie de stabilisation de la Région de Mopti est, également, centrée sur des actions de renforcement de la cohésion sociale, du vivre ensemble et de réconciliation », a indiqué le Premier ministre qui a salué les initiatives prises dans le cadre du centenaire de la Commune urbaine par les autorités régionales, municipales et la Mission intégrée multidimensionnelle des Nations unies pour la stabilisation au Mali (MINUSMA). Malgré la situation difficile, voire critique de la Région de Mopti, Dr Boubou Cissé a promis que le gouvernement ne baisse pas les bras. « Des actions seront amplifiées dans le cadre du programme de réduction de la violence communautaire, destiné à démobiliser les combattants enrôlés dans des groupes d’autodéfense, a-t-il annoncé. Dr Boubou Cissé a souhaité que la célébration du centenaire de Mopti, coïncidant avec le nouvel an, apporte à la Commune et, « plus largement à notre pays la paix, la stabilité et la quiétude, socles de la cohésion sociale, du redressement national et du progrès économique et social ». C’est aux environs de 9 heures que l’avion, transportant le chef du gouvernement et l’ancien président, Amadou Toumani Touré, a atterri á l’aéroport de Mopti. Les deux personnalités ont été accueillies par le gouverneur de la Région, le général Abdoulaye Cissé et le maire de la Commune urbaine de Mopti, Issa Kansaye. Ensuite, le cortège s’est ébranlé vers le terrain scolaire de Gangal où se tenait la cérémonie du centenaire. Les habitants sont sortis massivement pour être témoins de cet événement qui marquait le retour au bercail du président Amadou Toumani Touré. Le maire Issa Kansaye a indiqué que la célébration du centenaire exprimait la volonté de la municipalité de promouvoir des actions concrètes pour la relance de l’économie locale. Pour l’édile, il s’agit de montrer un nouveau visage de la ville aux partenaires techniques et financiers et au monde entier. « En plus, c’est un moment de retrouvailles et d’union sacrée autour du patrimoine commun », a précisé M. Kansaye, ajoutant que le choix du Dr Boubou Cissé pour présider cet événement traduit son engagement personnel et le rôle capital qu’il joue dans le développement économique du pays. « La signature, récemment, d’accords de financement et la tenue du Dialogue national inclusif en sont des illustrations », a fait remarquer l’édile qui a déploré la situation sécuritaire difficile que traverse la Région de Mopti, ces dernières années. « L’insécurité a durement éprouvé les activités principales sur lesquelles repose l’économie locale », a indiqué Issa Kansaye qui a sollicité, au nom de ses mandants, l’ancien président Amadou Toumani Touré « pour une mission d’apaisement des tensions, de retour définitif de la paix, de la cohésion sociale et du vivre ensemble entre les communautés ». Pour sa première prise de parole en public, depuis son retour de Dakar, après 7 ans d’exil, Amadou Toumani Touré, a rappelé qu’il a déjà effectué des missions de bons offices dans des pays lointains. S’il n’a « pas refusé d’aller s’occuper des conflits dans des pays frères, il ne refusera jamais de s’occuper des tensions dans (son) propre pays et surtout celles qui concernent Mopti », a-t-il souligné, avant d’assurer au maire qu’il est totalement acquis à la sollicitation. Promettant de revenir, spécialement. pour parler aux jeunes, il a invité ses cousins et neveux qui sont de l’autre côté du fleuve, dans les montagnes, dans le Seno, dans le Bourgou et partout afin qu’ils se mettent ensemble pour la paix et la cohésion sociale. Au confluent du fleuve Niger et de son affluent le Bani, Mopti, capitale de la 5è région administrative du Mali, était, il y a peu, une ville rayonnante grâce à l’élevage, l’artisanat, la pêche et le commerce et surtout le tourisme. Toutes ces activités, qui faisaient la fierté et la renommée de la Venise malienne ont, de nos jours, fortement périclité, du fait de la crise sécuritaire dont la Région est devenue un épicentre. La Commune urbaine de Mopti fête, cette année ses 100 ans. Les manifestations ont débuté depuis le 21 décembre et prendront fin demain. La cérémonie de dimanche a été marquée par la remise de distinctions honorifiques à des personnalités ayant contribué au développement de la Commune urbaine de Mopti, à l’ancien président Amadou Toumani Touré, au Premier ministre Boubou Cissé et au gouverneur de Mopti, le général Abdoulaye Cissé. Elle a pris fin par la coupure du gâteau du centenaire et la visite guidée des stands au niveau de la foire organisée dans le cadre de la célébration. Avant de regagner Bamako, Dr Boubou Cissé a procédé à l’inauguration du monument érigé en l’honneur de feu député Aly Maïga à Sévaré. DD/MD (AMAP)

Lutte contre la fraude : La hiérarchie douanière en visite de terrain

Sikasso, 30 décembre (AMAP) Le Directeur général des douanes, l’inspecteur général Mahamet Doucara, et ses proches collaborateurs ont effectué, du jeudi au dimanche, une visite de terrain dans les services de lutte contre la fraude dans les régions de Kayes, Koulikoro, Ségou et Sikasso, a constaté l’Amap. A chaque étape, la délégation a échangé avec les douaniers pour recueillir leurs difficultés et apporter les réponses idoines. « Mes collaborateurs et moi avons entrepris une visite de terrain de 4 jours qui a commencé dans la région de Kayes jusqu’à Sikasso, aujourd’hui, en passant par celles de Koulikoro et de Ségou. Nous sommes, ici, sur le terrain pour motiver davantage les agents des douanes que nous avons placés sur les chemins de la fraude avec comme mission de barrer la route à la fraude sauvage qui pollue l’environnement économique », M. Doucara. Récemment, les services douaniers ont opéré des saisies d’or, de devises et de produits pharmaceutiques de tous genres, dans le cadre de leur mission de lutte contre le trafic de ces produits. « Comme vous le savez, notre pays traverse des moments difficiles, notamment en termes de sécurité. Ce qui fait que la présence douanière se limite, pratiquement, aux seules régions du Sud. C’est justement pourquoi, nous avons estimé important de déployer des efforts supplémentaires sur les versants guinéen et mauritanien pour faire échec à cette source d’approvisionnement qui met en mal les recettes douanières », a analysé l’inspecteur général Mahamet Doucara. Et d’ajouter : « C’est dire que l’administration des douanes n’a pas que la mobilisation des recettes comme mission, bien que la plus prépondérante. Elle a, également, une mission de protection des consommateurs à travers diverses saisies de produits pharmaceutiques contrefaits,  d’or, d’alcool frelaté, de drogue de tous genres, de viande de volailles et autres aliments impropres à la consommation ». A Sikasso, dernière étape de cette tournée au pas de charge, Mahamet Doucara a précisé à ses hommes sur le terrain qu’il était venu « pour recueillir leurs difficultés, mesurer leurs performances et les encourager à persévérer ». « Les défis sont certes grands mais nous sommes résolument engagé à mener nos missions à bon port », a leur a-t-il dit. AC/MD (AMAP)   

La CMDT prévoit 38 milliards pour la construction de nouvelles usines en 2020

Bamako, 27 décembre (AMAP) La Compagnie malienne pour le développement des textiles (CMDT), a prévu 38 milliards pour la construction de nouvelles usines, en 2020, a appris l’AMAP lors de la 88è session du Conseil d’administration de la compagnie tenue, jeudi, à Bamako. Le budget 2020, soumis à l’examen de cette session, s’élève à 633 milliards de Fcfa, répartis en produits pour 297,300 milliards de Fcfa, en charges pour 298,935 milliards de Fcfa, et 38,292 milliards de Fcfa seront destinés à la construction de nouvelles usines d’égrenage. Ce qui fait un résultat net négatif de -1,635 milliard de Fcfa. « Ce résultat est dégagé sur la base d’une estimation assez prudente des prix de ventes de la fibre », a indiqué le président directeur général, Pr Baba Berthé, avant de poursuivre qu’il pourrait évoluer, de façon significative, en fonction des fluctuations des cours du coton sur le marché mondial. Le Conseil d’administration a, notamment, adopté les procès-verbaux des 86è et 87è sessions et le fait point d’exécution des recommandations de la 87è session. La session, dirigée par Pr Baba Berthé, s’est, aussi, penchée sur l’examen et l’approbation du budget 2020, du plan de passation de marchés, le financement de la campagne 2019-2020 et la situation de la campagne de commercialisation. En outre, le Pdg de la CMDT a précisé que ce projet de budget s’appuie sur des éléments factuels de la campagne 2019/2020, dont la production de coton graine est d’environ 691.300 tonnes. « Le budget tient aussi compte, a-t-il souligné, des cours mondiaux de la fibre de coton qui ont enregistré une baisse avec une moyenne de 903 Fcfa/kg pour l’indice A de Cotlook, alors que cette moyenne était de 1072 Fcfa/kg pour la campagne 2018/2019 et 1018Fcfa/kg pour celle 2017/2018, à la même époque ». M. Berthé a, par ailleurs, attiré l’attention des administrateurs sur l’augmentation du prix d’achat de base du coton graine, passé de 255 Fcfa/kg à 275 Fcfa/kg, soit une augmentation de 20 Fcfa/kg. « Ce point majeur a, fondamentalement, joué sur le niveau des charges qui sont constitués à plus de 67% par les achats », a-t-il soutenu. Selon lui, cette augmentation, très significative, découle de la volonté des acteurs de la filière de stimuler à partir d’un prix de base plus incitatif. Cette session du Conseil d’administration de la CMDT, a aussi, enregistré la présence du représentant du ministère en charge de l’Economie et des finances, de celui en charge des Investissements et de l’ensemble des administrateurs. Et, particulièrement, celle du représentant de la société Géocoton, Ibrahima Diack, venu partager son expérience, comme la relever le Pr Baba Berthé, à l’ouverture des travaux. MT/MD (AMAP)

Coopération Mali/République tchèque : Prometteuse pour l’industrie extractive

Bamako, 27 décembre (AMAP) L’entreprise tchèque, GET Ltd, spécialisée dans l’extraction des matériaux de construction, débutera, bientôt, ses opérations au Mali, afin de participer à la modernisation de la ville de Bamako, la capitale malienne, appris l’AMAP de source officielle. Dans un texte parvenu l’AMAP, le ministère des Mines et du Pétrole indique que la ministre, Lelenta Hawa Baba Ba, accompagnée d’une forte délégation, a séjourné à Prague, la capitale de la République tchèque du 9 au 12 décembre, pour vivifier la coopération entre le Mali et ce pays. Au cours de cette visite, dans le cadre de l’exploitation minière et du renforcement de capacités des cadres maliens intervenant dans le domaine, « Maliens et Tchèques se sont entretenus sur plusieurs questions intéressantes et qui pourraient contribuer à l’atteinte de cet objectif ». C’est ainsi que GET Ltd, lors de ses interventions au Mali fournira aux acteurs nationaux des BTP des matériaux de construction de qualité, notamment le sable et le gravier. Cette société est spécialisée dans la production du bêton armé préfabriqué. Mme Lelenta Hawa Baba Ba a visité deux unités de production de béton et dérivés du calcaire dans les environs de Prague. Quant au consortium Inco, il se propose de mettre à la disposition des entreprises extractives, qui exercent au Mali, des équipements et des technologies de pointe. Ce groupement de 15 entreprises représente 80% de capitaux de la République tchèque dans le domaine de l’industrie extractive. Des rues et certaines grandes artères de la ville de Prague sont recouvertes de pavés taillés dans la dolérite, une roche volcanique très répandue au Mali. « Sa transformation créera de nombreux emplois au profit de jeunes maliens et permettra de renflouer les caisses de l’Etat à travers les taxes et impôts d’une part et, d’autre part, de participer à l’embellissement de nos villes », indique le texte du ministère des Mines et du Pétrole. Lors de la séance de travail avec le ministre tchèque du Commerce et de l’Industrie qui a en charge les Mines, la ministre malienne des Mines et du Pétrole a insisté sur la diversification de l’exploitation des ressources minérales et la formation des cadres maliens. La partie tchèque a assuré avoir pris en considération les préoccupations soulignées par la délégation malienne. Les responsables tchèques ont assuré que cela se matérialisera bientôt avec la relance des activités d’extraction de sable et de gravier de la société GET Ltd au Mali. Ce qui va donner un coup d’accélérateur aux autres volets de la coopération. Mme Lelenta Hawa Baba Ba en a profité pour évoquer le projet de création de l’École africaine des mines du Mali qui se concrétisera dans les meilleurs délais. Les autorités tchèques ont promis une assistance, dans ce sens, en termes de formation. Rappelons que Mme Lelenta Hawa Baba Ba a reçu une distinction honorifique des autorités tchèques pour son engagement dans la promotion du secteur des mines et du pétrole au Mali. MD (AMAP)

Gaz butane : La spéculation fait flamber le prix

Par Amadou B. MAÏGA Bamako, 26 decembre (AMAP) Le gaz butane est beaucoup consommé par les Bamakois. Grâce à la subvention par l’Etat, qui dure depuis 1998, il est relativement abordable pour la plupart de nos compatriotes. L’Etat a décidé de supporter la subvention du gaz butane afin d’amener les foyers à se détourner du bois et du charbon de bois dont la consommation constitue un danger pour nos massifs forestiers. Le but est de sauvegarder la faune et la flore de la destruction massive. La subvention consiste à payer une partie du prix du gaz pour que les consommateurs puissent l’avoir à un prix abordable. L’Etat verse, donc, un montant aux importateurs. Mais d’année en année, le retard de paiement de la subvention menace le secteur. A cause du non paiement de la subvention par l’Etat, les importateurs ont fermé les robinets, provoquant un début de pénurie sur le marché. Les spéculateurs, qui ont constitué des stocks à cette fin, profitent de la situation. La situation d’impayés a d’ailleurs poussé beaucoup de multinationales (Total, Shell) à abandonner la distribution du gaz butane. Actuellement, le gaz butane est presque introuvable sur le marché. Car la majeure partie des sociétés gazières nationales (Sodigaz, Bama Gaz, Faso Gaz etc) n’en produisent plus. La pénurie dure depuis plus d’une dizaine de jours, à en croire un revendeur qui a préféré garder l’anonymat. Selon ce père de famille, qui mène plusieurs activités, pour joindre les deux bouts, la rupture du gaz a naturellement impacté son business. Car, d’après lui, les revenus (250 Fcfa à 500 Fcfa par bouteille) qu’il tire de la revente du gaz l’aidaient énormément dans ses dépenses quotidiennes. « Avant la pénurie, rappelle notre interlocuteur, la bonbonne de 6 kilos était cédée à 3.500 Fcfa. Aujourd’hui, elle est cédée à 4.000 Fcfa voire plus », précise-t-il. Il souffle que selon certaines indiscrétions, la société Kama gaz n’a pas complètement arrêté de distribuer. Précisant que cette dernière ne produit plus les bonbonnes de 3 et 6 kilos concernées par la subvention. SURENCHÈRE– Derrière toute difficulté peuvent se cacher d’immenses opportunités à saisir. Un jeune revendeur affirme qu’au niveau de l’autogare de Sogoniko et du marché de Médine « Sougouni Koura », les revendeurs n’attendent que la pénurie pour faire sortir leurs stocks. Selon lui, la bonbonne de 6 kilos est vendue jusqu’à 5,000 Fcfa à certains endroits. Pendant notre entretien avec le revendeur, son ami vendeur de poulet de chair rôti se mêle au débat. A la question de savoir quelle source d’énergie il utilise en ce moment, il répond sans ambages que la société Kama Gaz lui livre des bouteilles de gaz jusque sur son lieu de travail. Tout d’un coup, notre premier interlocuteur reçoit un appel d’un de ses fournisseurs de gaz. Le téléphone est mis sur haut parleur. L’appelant lui parle de grève, « le but étant de toucher les consommateurs et de mettre la pression sur le gouvernement ». Cette affirmation a fait sourire le récepteur de l’appel, qui a émis des prières afin que la stratégie puisse résoudre le problème. Oudiari Diawara, le directeur général de Sodigaz, ne parle pas de grève. Selon lui, la pénurie de gaz est simplement un problème économique. « Nous n’avons pas les moyens financiers d’acheter, transporter et dédouaner notre matière », explique le DG de Sodigaz. Selon lui, l’Etat n’a pas payé la subvention qu’il doit verser aux producteurs. Au sujet de cette subvention, Oudiari Diawara précise que beaucoup de gens pensent que l’Etat subventionne les producteurs. « Ce qui n’est pas le cas. La subvention qui concerne les bonbonnes de 3 et 6 kilos est destinée aux consommateurs et non aux sociétés de gaz », dit-il. Le patron de Sodigaz souligne à ce propos que les sociétés qui importent le gaz, paient le transport et le dédouanement à l’Etat. Pour vendre le produit fini aux consommateurs, les sociétés calculent le coût de revient en ajoutant leur bénéfice. C’est là que l’Etat intervient en prenant en charge 54% des prix de vente des bonbonnes de 3 et 6 kilos, détaille le patron de Sodigaz. C’est pourquoi le consommateur achète la bouteille de 6 kilo à 3500 Fcfa. C’est cet argent que les sociétés réclament au gouvernement sans lequel elles ne peuvent fonctionner normalement. Pour le moment, Oudiari Diawara assure qu’il n’y a pas de licenciement au niveau de sa société, mais si le phénomène perdure, la situation risque de s’aggraver. Il évoque le cas des distributeurs qui, selon lui, sont majoritairement de jeunes diplômés et pères de famille. Ces jeunes qui peuvent gagner 35.000 Fcfa par jour voire plus, ne sont pas en activité aujourd’hui, parce que « nous ne pouvons plus produire ». Souhaitant l’opérationnalisation du Fonds gaz annoncé par les autorités, le directeur général de Sodigaz demande à l’Etat de s’assumer ou de revoir sa politique de subvention.   PAS DE GRÈVE – Du côté de la direction générale du commerce, de la consommation et de la concurrence (DGCC), le directeur général, Boucary Doumbia fait savoir que sa structure a été saisie par le Groupement des opérateurs gaziers. La DGCC et d’autres acteurs ont tenu une réunion avec le groupement afin d’écouter ses doléances. Le directeur général précise que la mission de son service est de veiller à l’organisation et au respect des textes législatifs et réglementaires du secteur du gaz. Selon M. Doumbia, la question majeure posée au cours de la réunion concerne le non paiement de la subvention que l’Etat doit verser aux importateurs. Cette question est gérée par le ministère de l’Economie et des Finances à travers l’Office national des produits pétroliers (ONAP) et celui de l’Energie et de l’Eau à travers l’Agence malienne pour le développement de l’énergie domestique et de l’électrification rurale (AMADER). Cette dernière a pour rôle de recevoir les factures des producteurs de gaz. Ensuite, elle évalue le montant que chaque producteur doit percevoir. Et le Trésor public doit effectuer le virement bancaire dans les comptes des sociétés gazières. C’est ce virement qui n’a pas été fait, selon le directeur de la

Koutiala : Les femmes transformatrices de N’togonasso plaident pour la chaîne de valeur du soja  

Koutiala, 26 décembre (AMAP) La Société coopérative simplifiée ‘Kotognongontala’ des femmes transformatrices de produits agroalimentaires du village de N’togonasso (SCOOPS–K), dans le Cercle de Koutiala, a organisé, la semaine dernière, à Koutiala, une rencontre publique de plaidoyer/lobbying en faveur du soutien au développement de la chaîne de valeur du soja. Avec l’appui financier d’Oxfam-Mali, à travers le Projet intitulé « Pouvoir citoyen contre l’injustice et pour des alternatives crédibles de développement durable », cette rencontre avait pour but de bénéficier de l’appui politique des autorités communales pour la valorisation de la chaîne de valeur agroalimentaire Soja à travers des actes concrets. Au cours de cette rencontre publique de plaidoyer/lobbying auprès des mairies de Gouadji-Kao, M’pessoba, Koutiala, Sincina et le Conseil de cercle, le président du Conseil de cercle de Koutiala, Zoumana Mallé, s’est engagé, au nom des élus, à appuyer « ces vaillantes dames » dans le développement de leurs activités. « C’est un cri de cœur qu’elles ont lancé. Nous allons nous mettre ensemble et voir les activités que ces femmes mènent pour pouvoir les accompagner », a dit M. Mallé. « Ce que j’ai vu au cours de cette journée de plaidoyer/lobbying est vraiment convaincant», a-t-il expliqué. « Koutiala a toujours eu des problèmes avec la malnutrition. Koutiala produit beaucoup mais consomme peu, parce que cela fait partie de notre culture. Il est temps qu’on divorce d’avec cette mauvaise culture-là. Nous, élus, allons accompagner ces innovations nutritionnelles de la Coopérative ‘Kotognongontala’ des femmes transformatrices de N’togonasso, pour gagner le pari de la bonne nutrition à Koutiala », a conclu le président du Conseil de cercle. La SCOOPS-Kest une organisation de base à majorité féminine. Elle dispose de compétences avérées dans le domaine de la transformation et la commercialisation. Selon son coordinateur, Abdoulaye Coulibaly, la SCOOPS-K produit du ‘soumbala’, du couscous, de la farine nutritive, du lait, des brochettes, des crêpes et du ‘faro’, tous, à base de soja. Du 19 au 20 décembre 2019, la SCOOPS-K et son partenaire Oxfam-Mali ont, également, organisé au Stade El hadj Sidiki Ouattara de Koutiala, un forum sur « la valorisation des produits agricoles, le développement de l’esprit d’entreprise et l’autonomisation des jeunes, femmes et hommes ruraux à travers les filières porteuses » dans le Cercle de Koutiala. Ce forum a regroupé une quarantaine d’organisations mixtes de jeunes et de femmes productrices et transformatrices de produits agricoles. Ce forum a permis aux participants de réfléchir sur des opportunités dans la chaîne de valeur agricole : sécurité alimentaire et nutritionnelle, emploi des jeunes et des femmes pour une autonomisation économique. La cérémonie était présidée par le 1eradjoint au préfet de Koutiala, Souleymane Tembely, entouré des autorités politiques, coutumières, religieuses, etc. La tenue de ce forum, couplée à la foire d’exposition des produits agroalimentaires, a été saluée par Oxfam-Mali, à travers le coordinateur de son Programme DGD, Moctar Coulibaly, qui a reconnu les efforts de « ces braves femmes dans le cadre de leurs activités ». ID/MD (AMAP)  

Foire artisanale et commerciale dans le cadre du Centenaire de la Commune de Mopti 

Mopti, 26 décembre (AMAP) Les festivités du centenaire de la Commune de Mopti, commencées, dimanche 22 décembre, au terrain scolaire de Gangal, « terrain bléni », ont continué avec une foire, exposition, vente de produits artisanaux et agroalimentaires. Les autorités municipales, en collaboration avec la délégation régionale de la Chambre de commerce de Mopti, ont, ainsi, mis un accent particulier sur la promotion de l’économie locale à travers cette foire. Des exposants de la ville de Mopti, ceux de la région et de Bamako participent à cette foire. Ils animent plus de 120 stands, tous aménagés. Selon les organisateurs, qui ont relevé le défi de la bonne tenue de l’évènement, cette foire est un outil stratégique de développement et, surtout, un tremplin pour une participation de qualité des artisans et des commerçants au relèvement économique et aux actions commémoratives des cent ans de la Commune. Il s’agit de mettre en lien la culture et l’économie, à travers la valorisation et la promotion des produits de l’artisanat d’art et agroalimentaires. L’évènement ambitionne, aussi, d’offrir aux artisans de Mopti l’opportunité de présenter leur savoir-faire aux différents visiteurs et d’obtenir des offres de commandes. De jour, comme de nuit, l’ambiance sur cet espace d’échanges, de partage d’expériencesest festive avec des sonorités variantes d’un stand à l’autre. L’odeur de la grillade de viande mêlée aux parfums de déodorant et d’encens provenant des stands. Selon le sexagénaire MoussaSidibé, un visiteur, l’événement est déjà une réussite au regard de l’organisation et la participation des commerçants et des populations, malgré la précarité du moment. « Les stands sont bien ordonnés et achalandés, les produits sont jolis et les prix abordables », dit M. Sidibé. Après un tour, le constat est que les créations « Made in Mali » des artisans et les produits agroalimentaires émerveillent plus les visiteurs. Le stand de Boureima Djibo et celui du Centre de formation professionnelle Amadou Tégué Djo de Somadougou, en sont une parfaite illustration.Boureima Djibo, fabriquant de ferraille au marché Otawa de Mopti, s’est joint à un jeune menuisier bois, Tiéba Coulibaly, pour présenter leurs créations. Leur stand attire le plus de personnes emerveillé par des meubles très confortables et résistants faits avec des futs de 200 litres. Pour l’occasion, le salon est cédé à 200.000 Fcfa contre 250.000, habituellement. Quant au promoteur du Centre de formation professionnelle, Amadou Tégué Djo, il est venu spécifiquement avec un motoculteur fabriqué à la main, équipé d’un moteur d’engin à deux roues. L’insécurité, qui frappe de plein fouet la région de Mopti, n’a, en rien entamé, la réussite de l’évènement. Les organisateurs ont sécurité le site avec le déploiement des Forces de sécurité (police, garde nationale, gendarmerie et protection civile). Les organisateurs, exposants et visiteurs ont exprimé leur satisfaction. Selon le président de la commission d’organisation, Mady Bagayoko, « l’objectif global est largement atteint. Les artisans ont exposé leur savoir-faire, les populations sont sorties, massivement, pour le brassage et les échanges voulus, en vue du retour du vivre ensemble pour une paix durable Les festivités sur le site du terrain scolaire de Gangal continueront jusqu’au 31décembre. DC/MD (AMAP)  

L’économiste Cheickna Bounajim Cissé, à propos de la réforme du Francs CFA : « Paris a réussi son pari de partir tout en restant »

Entretien realisé par Cheick M. TRAORE Dans cet entretien, il décrypte les réformes majeures qui vont s’opérer en 2020, passe au peigne fin les interrogations et les incertitudes qui demeurent, lève un coin du voile sur les intentions réelles de l’ancienne puissance colonisatrice, les enjeux géostratégiques, géopolitiques et géoéconomiques. Bamako, 24 decembre (AMAP) Le président en exercice de l’Union économique et monétaire ouest-africauine (UEMOA) et le président français ont signé, samedi, à Abidjan, un accord monétaire considéré comme « une réforme historique » du Franc CFA. Rappelons que cet accord prévoit entre autres le changement du nom de la monnaie du franc CFA à l’éco, l’arrêt de la centralisation de 50% de nos réserves de change au Trésor et la fermeture du compte d’opération, le retrait des représentants de la France de tous les organes de décision et de gestion de l’UEMOA. Pour connaitre les tenants et aboutissants de cette réforme, l’Amap a rencontré, lundi, à son bureau Cheickna Bounajim Cissé. Ce chercheur de renommée internationale est économiste et essayiste. Auteur de l’ouvrage « FCFA, Face Cachée de la Finance Africaine », il est, récemment, nominé parmi les meilleurs économistes africains de l’année 2019par Financial Afrik. Parlant du changement de nom, l’économiste malien pense qu’il répond aux préoccupations des jeunes africains. Qui ont toujours refusé la colonisation et l’esclavage auxquels renvoie l’histoire du Franc CFA. D’où d’ailleurs, le mépris qu’ils ont pour cette monnaie. En outre, la décision de libérer 50% des réserves de change (le produit des exportations faites par les Etats africains) est une reforme majeure, note M. Cissé. Rappelant qu’avant la création du Fcfa, on nous prenait d’abord jusqu’à 100%, puis 64% des réserves de change, M. Cissé a salué la décision de fermer le compte sur lequel ces réserves étaient domiciliées. Pour lui, cette reforme donnera une bouffée d’oxygène à nos économies qui pourront mobiliser de l’argent sur le marché international à des taux marginaux. Par exemple, le Mali était sur le marché financier international pour emprunter 100 milliards de Fcfa. Le taux était de 7%. Si vous faites une méthode linéaire, c’est 70 milliards que le Mali va rembourser sur 10 ans. Alors qu’avec les réserves de change, appelées cash collatéral, le Mali peut emprunter sur le marché international au taux nul de 0% ou à un taux négatif. « Imaginez que sur 100 milliards de Fcfa, le Mali va économiser au moins 70 milliards de Fcfa », illustre l’économiste. Un autre avantage est que le loyer de l’argent que nous empruntons sur le marché international est très élevé parce que le taux risque pays est très bas auprès des agences de notation. « Or, quel que soit le niveau de dégradation du risque pays, les réserves de change peuvent garantir les emprunts », analyse-t-il, soulignant que les Etats de l’UEMOA sont, aujourd’hui, confrontés à un réel problème de financement de leur économie. Toutefois, l’enjeu serait, prévient l’essayiste, la gestion des réserves de change. Si elles sont utilisées pour financer le déficit budgétaire en lien avec les investissements, les infrastructures, c’est toujours utile. « Mais, c’est contre productif si elles sont utilisées pour financer le fonctionnement », alerte l’économiste. Aussi, si le retrait des représentants français des organes de gestion est salutaire, la France continuera à garantir la nouvelle monnaie. « Une décision pour le moment nécessaire qui caractérise le maintien du statuquo. Nécessaire, car la plus grande garantie d’une monnaie, c’est son économie. Nos économies sont faibles, fragilisées et mêmes extraverties. Elles ne sont pas suffisamment crédibles pour garantir notre monnaie. Seule une économie forte et bien portante peut donner cette garantie », analyse-t-il. Statuquo, car les principes fondateurs de la zone franc restent, malgré cette reforme, notoires. Il s’agit du maintien de la parité fixe, contrairement à l’agenda de la Communauté des Etats de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) qui prévoyait un régime de change flexible. Le cours actuel va, aussi, être maintenu. Un Eco sera égal à un Fcfa. « C’est juste le mot Eco qui va remplacer le Fcfa dans les écritures scripturales », déduit Cheickna Bounajim Cissé. Donc, « Paris a réussi son pari de partir tout en restant », analyse-t-il. Toutefois, la France quitte, également, le statut de co gestionnaire pour celui de garant de nos économies. A rappeler que l’émission monétaire, selon le mode de gestion actuel, ne doit pas descendre en dessous de 20% des réserves de change. Pour lui, cela conférait aux Etats de l’UEMOA la possibilité d’importer tout ce qu’ils voulaient, sans se faire de souci par rapport au solde du compte. Puisque les réserves de change disparaissent avec la réforme, la garantie nouvelle sera l’ouverture de ligne de crédit. Par exemple, lorsqu’une banque vous accorde une garantie autonome, elle vous garantit à 100%. Ainsi, vous pouvez acheter tous les produits que vous voulez, en disposant des montants que vous voulez. Toutefois, la banque peut décider de mettre fin à cette garantie de convertibilité illimitée, en mettant à disposition une ligne de crédit qui précise le montant et les conditions de rémunération de cette ligne de crédit. « C’est ce que la France va faire désormais », explique l’économiste. Pour lui, cet agenda franco-UEMOA va contrarier l’agenda de la CEDEAO. Car, le Nigéria a précisé qu’il n’adhérera jamais à la monnaie commune tant qu’il a un lien monétaire avec la France. Cette relation demeure à travers l’arrimage à l’Euro et la garantie de l’Etat français. « Les chefs d’Etat de la CEDEAO ont précisé qu’ils veulent d’un régime flexible. L’Eco UEMOA a préféré un régime fixe », analyse M. Cissé. Assurant que les réserves de change, qui ne représentent que 3% du Produit intérieur brut (PIB) français, sont insignifiants pour la France. Aussi, ajoute-il, ce que la France produit en 22 jours représente la production annuelle de toute l’UEMOA. « Pourquoi continue-t-elle alors à payer le prix fort pour maintenir son influence dans la zone ? » « Elle cherche juste à maintenir un lien monétaire avec ses anciennes colonies », tranche l’essayiste. Le but premier, culturel, est la préservation de la langue française. Celle-ci est le socle sur lequel repose la culture française. « Toutes les statiques, révèle-t-il, prouvent qu’en

Bréhima Amadou Haïdara, Directeur général de la Banque de développement du Mali (BDM) : «Les banques contribuent pour près de 3000 milliards de Fcfa, par an, au financement de l’Economie» 

Propos recueillis par Fatoumata Maïga Le Directeur général de la Banque de développement du Mali (BDM), qui est aussi le président de l’Association professionnelle des banques et établissements financiers du Mali (APBEF) parle de la situation du système bancaire dans notre pays. C’était à l’occasion de la 9è édition de la Journée de l’APBEF  L’Essor: Monsieur le président, l’APBEF a organisé, le 12 décembre dernier, la 9è édition de sa Journée sous le thème : « La révolution digitale : quels enjeux pour les banques ? » Qu’est-ce qui a motivé le choix de ce thème ? Pouvez-vous expliquer ce que c’est que la révolution digitale ? Bréhima  Amadou Haïdara : La révolution digitale est un phénomène qui a entrainé un profond bouleversement de la société grâce aux techniques de l’internet, de la télécommunication et des applications numériques. Cette révolution concerne le secteur bancaire. Quant au  thème de cette 9è édition, il  est d’actualité. Il a été choisi pour accroitre la connaissance de la population, des clients, des partenaires, des autorités et des actionnaires par rapport à la nouvelle donne qui a entrainé, aujourd’hui, des bouleversements dans notre façon de faire la banque. Hier, pour faire une opération bancaire, il fallait se rendre dans une agence bancaire. Aujourd’hui, avec le digital, avec son téléphone ou même si vous avez une connexion internet, vous pouvez faire, à partir de votre maison, toutes les opérations bancaires classiques, à savoir : les virements, les paiements, les demandes de carte bancaire, les oppositions sur votre compte, votre carte. Toutes choses qui étaient impossibles, il y a quelques années. L’Essor : Quelles sont les innovations de l’édition de cette année ? B. A. H. :Cette année, nous avons effectivement fait des innovations en commençant par une caravane d’information et de sensibilisation des populations sur la Journée. Ladite caravane a sillonné les six communes de Bamako pendant trois jours. En fait, c’est après avoir fait le bilan des 8 éditions passées, que nous avons constaté que, d’année en année, la mobilisation faiblissait alors que l’objectif de ces journées, c’est d’approcher les populations afin qu’elles comprennent les opérations bancaires. Il s’agit aussi pour nous d’être plus attentifs à leurs préoccupations. L’objectif étant de rapprocher les banques des populations, nous avons réfléchi à un nouveau format qui implique lesdites innovations. Comme deuxième innovation, nous avons organisé une tombola qui a attiré beaucoup de gens puisque nous avons mis en jeux de nombreux prix. La 3è innovation, c’est la conférence débat sur le thème de la Journée. A cette occasion, des experts sont venus  expliquer les contours, les enjeux et les perspectives du digital. La 4è innovation est l’invité d’honneur qui est la Chambre permanente des   métiers des artisans. Pourquoi ? Parce que l’artisanat joue un rôle très important dans le système socio-économique du pays mais a des problèmes d’accès au financement. Nous avons invité les artisans afin  qu’ils puissent être plus proches des banques et du secteur financier, pour échanger, dialoguer et mieux nous comprendre. Par conséquent, les artisans sont massivement sortis et, en plus, des étudiants, ils ont contribué à la réussite de la Journée qui a été l’occasion d’une forte mobilisation. Ce qui a permis de faire une bonne sensibilisation grâce à une bonne communication. L’Essor: La mobilisation, c’est à Bamako seulement ou dans tout le pays ? B.A.H. : La mobilisation est générale puisque nous avons organisé une conférence de presse qui a été relayée par les médias afin que chacun se sente concerné. L’Essor: En gros, quels sont les enjeux de la révolution digitale pour les banques ? B.A.H. : L’enjeu majeur, c’est l’étendue des capacités d’adaptation et de relever le défi sécuritaire. Ce qui fait qu’aujourd’hui, la formation du personnel et des clients est une de nos principales priorités. Il faut, aussi, constamment chercher à sécuriser les opérations d’intégration des nouvelles applications et de la digitalisation des processus parce que c’est nouveau et il faut que notre système d’information puisse s’adapter. Le défi sécuritaire est un enjeu très important en ce qui concerne la digitalisation. L’Essor : Comment se caractérise aujourd’hui le paysage bancaire malien ? B.A.H. : Aujourd’hui au Mali, nous avons 14 banques et trois établissements financiers (Fonds de garantie hypothécaire du Mali, spécialisé dans la garantie du financement du logement, Alios finance spécialisé dans le crédit-bail et le Fonds de garantie du secteur privé). L’Essor : Existe-t-il une banque d’investissement au Mali ? B. A. H : Non.Aujourd’hui, nous avons des banques universelles qui font toutes les opérations. Nous n’avons pas de banque spécialisée exclusivement dans l’investissement, mais toutes les banques financent, quelque part, l’investissement en fonction de leur sensibilité et des priorités par rapports aux orientations données par les organes de décision. L’Essor : Comment évolue la bancarisation de la population ? B.A.H : La bancarisation a fait un grand bond en avant dans notre pays. Actuellement, elle permet aux populations de faire plus facilement les opérations, notamment les transactions commerciales. Le taux de bancarisation s’élève, aujourd’hui, à 23,26%. Il y a deux ans, il était autour de 15,17%. Quand on l’étend à la microfinance, il atteint 36,73% et quand on l’étend aux émetteurs de monnaie électronique, il s’affiche  à 54,19%. La semaine de l’inclusion financière, qui est organisée par la Banque centrale et la Journée de l’APBEF, contribuent, toutes, à booster la bancarisation parce que leur objectif est de rapprocher les populations  du système bancaire. L’Essor : Quelle est la contribution des banques à l’économie ? B.A. H. : Notre contribution à l’économie est très forte.J’entends souvent dire que le secteur privé est le moteur du développement. C’est une réalité parce que le secteur privé tire la croissance, mais il est essentiellement financé par le système bancaire. Aujourd’hui, notre apport dépasse les 20% du PIB. En termes de financement, nous contribuons pour près de 3000 milliards de Fcfa par an. L’Essor : Quelles sont les grandes difficultés auxquelles les banques sont confrontées ? B.A.H : Nous sommes  d’abord, confrontés au problème des ressources longues. Nous avons, généralement, des ressources à court terme. Ce qui ne permet pas de faire face au financement de l’investissement. La deuxième difficulté, c’est l’environnement juridique et judiciaire. Nous subissons, souvent, certaines décisions de justice dont nous ne

UEMOA : Le franc CFA sera remplacé par l’Eco

Bamako, 23 décembre (AMAP)  Le président en exercice de la Conférence des chefs d’État et de gouvernement de l’Union économique et monétaire ouest africaine (UEMOA), le chef de l’Etat Ivoirien, Alassane Ouattara a annoncé samedi « la fin du Fcfa qui sera remplacé par l’Eco », a appris l’AMAP de source officielle. L’annonce a été faite par Alassane Ouattara au cours d’une adresse à la presse en compagnie du président français, Emmanuel Macron en visite officielle en Côte d’Ivoire. Le Chef de l’Etat Ivoirien a déclaré qu’un nouvel accord monétaire allant dans ce sens a été signé à Abidjan lors de la visite du président français avant de préciser que ledit accord définit les relations économiques futures entre notre zone commune et la France et que l’éco sera rattaché à l’euro par une parité fixe comme l’est actuellement le franc CFA. Cela signifie le retrait des représentants de la France de la Banque centrale des états de l’Afrique de l’Ouest (BCEAO), de la commission bancaire et du Conseil de politique monétaire. De même, l’accord prévoit « l’arrêt de la centralisation de 50% de nos réserves de change au Trésor et la fermeture du compte d’opération ». Ainsi, les réserves de change ne seront plus centralisées par la France et l’obligation de verser 50 % de ces réserves sur le compte d’opération du Trésor français disparait. Toutefois, la France garde un rôle de garant en cas de crise. Cela signifie qu’au cas où « les pays de la zone éco n’auront plus de quoi payer leurs importations, la France se réserve le droit de revenir dans une instance de décision, en l’occurrence le conseil de politique monétaire ». CMT/KM (AMAP)