Foire artisanale et commerciale dans le cadre du Centenaire de la Commune de Mopti
Mopti, 26 décembre (AMAP) Les festivités du centenaire de la Commune de Mopti, commencées, dimanche 22 décembre, au terrain scolaire de Gangal, « terrain bléni », ont continué avec une foire, exposition, vente de produits artisanaux et agroalimentaires. Les autorités municipales, en collaboration avec la délégation régionale de la Chambre de commerce de Mopti, ont, ainsi, mis un accent particulier sur la promotion de l’économie locale à travers cette foire. Des exposants de la ville de Mopti, ceux de la région et de Bamako participent à cette foire. Ils animent plus de 120 stands, tous aménagés. Selon les organisateurs, qui ont relevé le défi de la bonne tenue de l’évènement, cette foire est un outil stratégique de développement et, surtout, un tremplin pour une participation de qualité des artisans et des commerçants au relèvement économique et aux actions commémoratives des cent ans de la Commune. Il s’agit de mettre en lien la culture et l’économie, à travers la valorisation et la promotion des produits de l’artisanat d’art et agroalimentaires. L’évènement ambitionne, aussi, d’offrir aux artisans de Mopti l’opportunité de présenter leur savoir-faire aux différents visiteurs et d’obtenir des offres de commandes. De jour, comme de nuit, l’ambiance sur cet espace d’échanges, de partage d’expériencesest festive avec des sonorités variantes d’un stand à l’autre. L’odeur de la grillade de viande mêlée aux parfums de déodorant et d’encens provenant des stands. Selon le sexagénaire MoussaSidibé, un visiteur, l’événement est déjà une réussite au regard de l’organisation et la participation des commerçants et des populations, malgré la précarité du moment. « Les stands sont bien ordonnés et achalandés, les produits sont jolis et les prix abordables », dit M. Sidibé. Après un tour, le constat est que les créations « Made in Mali » des artisans et les produits agroalimentaires émerveillent plus les visiteurs. Le stand de Boureima Djibo et celui du Centre de formation professionnelle Amadou Tégué Djo de Somadougou, en sont une parfaite illustration.Boureima Djibo, fabriquant de ferraille au marché Otawa de Mopti, s’est joint à un jeune menuisier bois, Tiéba Coulibaly, pour présenter leurs créations. Leur stand attire le plus de personnes emerveillé par des meubles très confortables et résistants faits avec des futs de 200 litres. Pour l’occasion, le salon est cédé à 200.000 Fcfa contre 250.000, habituellement. Quant au promoteur du Centre de formation professionnelle, Amadou Tégué Djo, il est venu spécifiquement avec un motoculteur fabriqué à la main, équipé d’un moteur d’engin à deux roues. L’insécurité, qui frappe de plein fouet la région de Mopti, n’a, en rien entamé, la réussite de l’évènement. Les organisateurs ont sécurité le site avec le déploiement des Forces de sécurité (police, garde nationale, gendarmerie et protection civile). Les organisateurs, exposants et visiteurs ont exprimé leur satisfaction. Selon le président de la commission d’organisation, Mady Bagayoko, « l’objectif global est largement atteint. Les artisans ont exposé leur savoir-faire, les populations sont sorties, massivement, pour le brassage et les échanges voulus, en vue du retour du vivre ensemble pour une paix durable Les festivités sur le site du terrain scolaire de Gangal continueront jusqu’au 31décembre. DC/MD (AMAP)
L’économiste Cheickna Bounajim Cissé, à propos de la réforme du Francs CFA : « Paris a réussi son pari de partir tout en restant »
Entretien realisé par Cheick M. TRAORE Dans cet entretien, il décrypte les réformes majeures qui vont s’opérer en 2020, passe au peigne fin les interrogations et les incertitudes qui demeurent, lève un coin du voile sur les intentions réelles de l’ancienne puissance colonisatrice, les enjeux géostratégiques, géopolitiques et géoéconomiques. Bamako, 24 decembre (AMAP) Le président en exercice de l’Union économique et monétaire ouest-africauine (UEMOA) et le président français ont signé, samedi, à Abidjan, un accord monétaire considéré comme « une réforme historique » du Franc CFA. Rappelons que cet accord prévoit entre autres le changement du nom de la monnaie du franc CFA à l’éco, l’arrêt de la centralisation de 50% de nos réserves de change au Trésor et la fermeture du compte d’opération, le retrait des représentants de la France de tous les organes de décision et de gestion de l’UEMOA. Pour connaitre les tenants et aboutissants de cette réforme, l’Amap a rencontré, lundi, à son bureau Cheickna Bounajim Cissé. Ce chercheur de renommée internationale est économiste et essayiste. Auteur de l’ouvrage « FCFA, Face Cachée de la Finance Africaine », il est, récemment, nominé parmi les meilleurs économistes africains de l’année 2019par Financial Afrik. Parlant du changement de nom, l’économiste malien pense qu’il répond aux préoccupations des jeunes africains. Qui ont toujours refusé la colonisation et l’esclavage auxquels renvoie l’histoire du Franc CFA. D’où d’ailleurs, le mépris qu’ils ont pour cette monnaie. En outre, la décision de libérer 50% des réserves de change (le produit des exportations faites par les Etats africains) est une reforme majeure, note M. Cissé. Rappelant qu’avant la création du Fcfa, on nous prenait d’abord jusqu’à 100%, puis 64% des réserves de change, M. Cissé a salué la décision de fermer le compte sur lequel ces réserves étaient domiciliées. Pour lui, cette reforme donnera une bouffée d’oxygène à nos économies qui pourront mobiliser de l’argent sur le marché international à des taux marginaux. Par exemple, le Mali était sur le marché financier international pour emprunter 100 milliards de Fcfa. Le taux était de 7%. Si vous faites une méthode linéaire, c’est 70 milliards que le Mali va rembourser sur 10 ans. Alors qu’avec les réserves de change, appelées cash collatéral, le Mali peut emprunter sur le marché international au taux nul de 0% ou à un taux négatif. « Imaginez que sur 100 milliards de Fcfa, le Mali va économiser au moins 70 milliards de Fcfa », illustre l’économiste. Un autre avantage est que le loyer de l’argent que nous empruntons sur le marché international est très élevé parce que le taux risque pays est très bas auprès des agences de notation. « Or, quel que soit le niveau de dégradation du risque pays, les réserves de change peuvent garantir les emprunts », analyse-t-il, soulignant que les Etats de l’UEMOA sont, aujourd’hui, confrontés à un réel problème de financement de leur économie. Toutefois, l’enjeu serait, prévient l’essayiste, la gestion des réserves de change. Si elles sont utilisées pour financer le déficit budgétaire en lien avec les investissements, les infrastructures, c’est toujours utile. « Mais, c’est contre productif si elles sont utilisées pour financer le fonctionnement », alerte l’économiste. Aussi, si le retrait des représentants français des organes de gestion est salutaire, la France continuera à garantir la nouvelle monnaie. « Une décision pour le moment nécessaire qui caractérise le maintien du statuquo. Nécessaire, car la plus grande garantie d’une monnaie, c’est son économie. Nos économies sont faibles, fragilisées et mêmes extraverties. Elles ne sont pas suffisamment crédibles pour garantir notre monnaie. Seule une économie forte et bien portante peut donner cette garantie », analyse-t-il. Statuquo, car les principes fondateurs de la zone franc restent, malgré cette reforme, notoires. Il s’agit du maintien de la parité fixe, contrairement à l’agenda de la Communauté des Etats de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) qui prévoyait un régime de change flexible. Le cours actuel va, aussi, être maintenu. Un Eco sera égal à un Fcfa. « C’est juste le mot Eco qui va remplacer le Fcfa dans les écritures scripturales », déduit Cheickna Bounajim Cissé. Donc, « Paris a réussi son pari de partir tout en restant », analyse-t-il. Toutefois, la France quitte, également, le statut de co gestionnaire pour celui de garant de nos économies. A rappeler que l’émission monétaire, selon le mode de gestion actuel, ne doit pas descendre en dessous de 20% des réserves de change. Pour lui, cela conférait aux Etats de l’UEMOA la possibilité d’importer tout ce qu’ils voulaient, sans se faire de souci par rapport au solde du compte. Puisque les réserves de change disparaissent avec la réforme, la garantie nouvelle sera l’ouverture de ligne de crédit. Par exemple, lorsqu’une banque vous accorde une garantie autonome, elle vous garantit à 100%. Ainsi, vous pouvez acheter tous les produits que vous voulez, en disposant des montants que vous voulez. Toutefois, la banque peut décider de mettre fin à cette garantie de convertibilité illimitée, en mettant à disposition une ligne de crédit qui précise le montant et les conditions de rémunération de cette ligne de crédit. « C’est ce que la France va faire désormais », explique l’économiste. Pour lui, cet agenda franco-UEMOA va contrarier l’agenda de la CEDEAO. Car, le Nigéria a précisé qu’il n’adhérera jamais à la monnaie commune tant qu’il a un lien monétaire avec la France. Cette relation demeure à travers l’arrimage à l’Euro et la garantie de l’Etat français. « Les chefs d’Etat de la CEDEAO ont précisé qu’ils veulent d’un régime flexible. L’Eco UEMOA a préféré un régime fixe », analyse M. Cissé. Assurant que les réserves de change, qui ne représentent que 3% du Produit intérieur brut (PIB) français, sont insignifiants pour la France. Aussi, ajoute-il, ce que la France produit en 22 jours représente la production annuelle de toute l’UEMOA. « Pourquoi continue-t-elle alors à payer le prix fort pour maintenir son influence dans la zone ? » « Elle cherche juste à maintenir un lien monétaire avec ses anciennes colonies », tranche l’essayiste. Le but premier, culturel, est la préservation de la langue française. Celle-ci est le socle sur lequel repose la culture française. « Toutes les statiques, révèle-t-il, prouvent qu’en
Bréhima Amadou Haïdara, Directeur général de la Banque de développement du Mali (BDM) : «Les banques contribuent pour près de 3000 milliards de Fcfa, par an, au financement de l’Economie»
Propos recueillis par Fatoumata Maïga Le Directeur général de la Banque de développement du Mali (BDM), qui est aussi le président de l’Association professionnelle des banques et établissements financiers du Mali (APBEF) parle de la situation du système bancaire dans notre pays. C’était à l’occasion de la 9è édition de la Journée de l’APBEF L’Essor: Monsieur le président, l’APBEF a organisé, le 12 décembre dernier, la 9è édition de sa Journée sous le thème : « La révolution digitale : quels enjeux pour les banques ? » Qu’est-ce qui a motivé le choix de ce thème ? Pouvez-vous expliquer ce que c’est que la révolution digitale ? Bréhima Amadou Haïdara : La révolution digitale est un phénomène qui a entrainé un profond bouleversement de la société grâce aux techniques de l’internet, de la télécommunication et des applications numériques. Cette révolution concerne le secteur bancaire. Quant au thème de cette 9è édition, il est d’actualité. Il a été choisi pour accroitre la connaissance de la population, des clients, des partenaires, des autorités et des actionnaires par rapport à la nouvelle donne qui a entrainé, aujourd’hui, des bouleversements dans notre façon de faire la banque. Hier, pour faire une opération bancaire, il fallait se rendre dans une agence bancaire. Aujourd’hui, avec le digital, avec son téléphone ou même si vous avez une connexion internet, vous pouvez faire, à partir de votre maison, toutes les opérations bancaires classiques, à savoir : les virements, les paiements, les demandes de carte bancaire, les oppositions sur votre compte, votre carte. Toutes choses qui étaient impossibles, il y a quelques années. L’Essor : Quelles sont les innovations de l’édition de cette année ? B. A. H. :Cette année, nous avons effectivement fait des innovations en commençant par une caravane d’information et de sensibilisation des populations sur la Journée. Ladite caravane a sillonné les six communes de Bamako pendant trois jours. En fait, c’est après avoir fait le bilan des 8 éditions passées, que nous avons constaté que, d’année en année, la mobilisation faiblissait alors que l’objectif de ces journées, c’est d’approcher les populations afin qu’elles comprennent les opérations bancaires. Il s’agit aussi pour nous d’être plus attentifs à leurs préoccupations. L’objectif étant de rapprocher les banques des populations, nous avons réfléchi à un nouveau format qui implique lesdites innovations. Comme deuxième innovation, nous avons organisé une tombola qui a attiré beaucoup de gens puisque nous avons mis en jeux de nombreux prix. La 3è innovation, c’est la conférence débat sur le thème de la Journée. A cette occasion, des experts sont venus expliquer les contours, les enjeux et les perspectives du digital. La 4è innovation est l’invité d’honneur qui est la Chambre permanente des métiers des artisans. Pourquoi ? Parce que l’artisanat joue un rôle très important dans le système socio-économique du pays mais a des problèmes d’accès au financement. Nous avons invité les artisans afin qu’ils puissent être plus proches des banques et du secteur financier, pour échanger, dialoguer et mieux nous comprendre. Par conséquent, les artisans sont massivement sortis et, en plus, des étudiants, ils ont contribué à la réussite de la Journée qui a été l’occasion d’une forte mobilisation. Ce qui a permis de faire une bonne sensibilisation grâce à une bonne communication. L’Essor: La mobilisation, c’est à Bamako seulement ou dans tout le pays ? B.A.H. : La mobilisation est générale puisque nous avons organisé une conférence de presse qui a été relayée par les médias afin que chacun se sente concerné. L’Essor: En gros, quels sont les enjeux de la révolution digitale pour les banques ? B.A.H. : L’enjeu majeur, c’est l’étendue des capacités d’adaptation et de relever le défi sécuritaire. Ce qui fait qu’aujourd’hui, la formation du personnel et des clients est une de nos principales priorités. Il faut, aussi, constamment chercher à sécuriser les opérations d’intégration des nouvelles applications et de la digitalisation des processus parce que c’est nouveau et il faut que notre système d’information puisse s’adapter. Le défi sécuritaire est un enjeu très important en ce qui concerne la digitalisation. L’Essor : Comment se caractérise aujourd’hui le paysage bancaire malien ? B.A.H. : Aujourd’hui au Mali, nous avons 14 banques et trois établissements financiers (Fonds de garantie hypothécaire du Mali, spécialisé dans la garantie du financement du logement, Alios finance spécialisé dans le crédit-bail et le Fonds de garantie du secteur privé). L’Essor : Existe-t-il une banque d’investissement au Mali ? B. A. H : Non.Aujourd’hui, nous avons des banques universelles qui font toutes les opérations. Nous n’avons pas de banque spécialisée exclusivement dans l’investissement, mais toutes les banques financent, quelque part, l’investissement en fonction de leur sensibilité et des priorités par rapports aux orientations données par les organes de décision. L’Essor : Comment évolue la bancarisation de la population ? B.A.H : La bancarisation a fait un grand bond en avant dans notre pays. Actuellement, elle permet aux populations de faire plus facilement les opérations, notamment les transactions commerciales. Le taux de bancarisation s’élève, aujourd’hui, à 23,26%. Il y a deux ans, il était autour de 15,17%. Quand on l’étend à la microfinance, il atteint 36,73% et quand on l’étend aux émetteurs de monnaie électronique, il s’affiche à 54,19%. La semaine de l’inclusion financière, qui est organisée par la Banque centrale et la Journée de l’APBEF, contribuent, toutes, à booster la bancarisation parce que leur objectif est de rapprocher les populations du système bancaire. L’Essor : Quelle est la contribution des banques à l’économie ? B.A. H. : Notre contribution à l’économie est très forte.J’entends souvent dire que le secteur privé est le moteur du développement. C’est une réalité parce que le secteur privé tire la croissance, mais il est essentiellement financé par le système bancaire. Aujourd’hui, notre apport dépasse les 20% du PIB. En termes de financement, nous contribuons pour près de 3000 milliards de Fcfa par an. L’Essor : Quelles sont les grandes difficultés auxquelles les banques sont confrontées ? B.A.H : Nous sommes d’abord, confrontés au problème des ressources longues. Nous avons, généralement, des ressources à court terme. Ce qui ne permet pas de faire face au financement de l’investissement. La deuxième difficulté, c’est l’environnement juridique et judiciaire. Nous subissons, souvent, certaines décisions de justice dont nous ne
UEMOA : Le franc CFA sera remplacé par l’Eco
Bamako, 23 décembre (AMAP) Le président en exercice de la Conférence des chefs d’État et de gouvernement de l’Union économique et monétaire ouest africaine (UEMOA), le chef de l’Etat Ivoirien, Alassane Ouattara a annoncé samedi « la fin du Fcfa qui sera remplacé par l’Eco », a appris l’AMAP de source officielle. L’annonce a été faite par Alassane Ouattara au cours d’une adresse à la presse en compagnie du président français, Emmanuel Macron en visite officielle en Côte d’Ivoire. Le Chef de l’Etat Ivoirien a déclaré qu’un nouvel accord monétaire allant dans ce sens a été signé à Abidjan lors de la visite du président français avant de préciser que ledit accord définit les relations économiques futures entre notre zone commune et la France et que l’éco sera rattaché à l’euro par une parité fixe comme l’est actuellement le franc CFA. Cela signifie le retrait des représentants de la France de la Banque centrale des états de l’Afrique de l’Ouest (BCEAO), de la commission bancaire et du Conseil de politique monétaire. De même, l’accord prévoit « l’arrêt de la centralisation de 50% de nos réserves de change au Trésor et la fermeture du compte d’opération ». Ainsi, les réserves de change ne seront plus centralisées par la France et l’obligation de verser 50 % de ces réserves sur le compte d’opération du Trésor français disparait. Toutefois, la France garde un rôle de garant en cas de crise. Cela signifie qu’au cas où « les pays de la zone éco n’auront plus de quoi payer leurs importations, la France se réserve le droit de revenir dans une instance de décision, en l’occurrence le conseil de politique monétaire ». CMT/KM (AMAP)
Pois sucré : De petites graines qui font le bonheur des amateurs de jus frais
Par Mariam F. DIABATE Sikasso, 19 décembre (AMAP) Depuis la nuit des temps, Sikasso ou encore le Kénédougou est connu pour la culture du pois sucré. A un mois de la période propice du pois sucré, les commerçants arrivent, tout de même, à tirer leur épingle du jeu. Il est 10 heures à la foire hebdomadaire de Sikasso. Ce dimanche, jour de regroupement des ressortissants des villages environnants, le grand marché de Sikasso est rempli comme un œuf. Cris pour attirer les clients, négoces, causeries, désordre… Certains passants regardent des cyclistes et motocyclistes ainsi que les charretiers forcent le passage et en ajoutent à l’encombrement de la circulation, créent des bousculades. Tout cela participe de l’animation du marché. En certains endroits, l’odeur des condiments et, surtout, celle des poissons (frais et fumés) inondent l’atmosphère et agressent les odorats les plus délicats. Non loin des immeubles, communément appelés « trois étages », juste en face du Conseil de cercle de Sikasso, se sont installés les vendeurs du pois sucré. “ Tiokon timiman bèye “, “ Ka kilo dioli dima?”, en Français : « Il y a du pois sucré », « vous en voulez combien de kilos? », s’écrie un vendeur de la place. Aboubacar Ouattara, ainsi qu’il se nomme, pratique le métier depuis plus de 15 ans. Le quadragénaire affirme qu’il s’approvisionne à Sokourani-Missirikoro. « Chaque dimanche, je prends 11 sacs de pois sucré chez les producteurs. Ils me cèdent le kilo entre 400 et 450 Fcfa », confie-t-il, ajoutant qu’il vend le kilo à 500 Fcfa. M. Ouattara précise qu’il s’en sort pas mal. « Ce commerce m’a permis d’acheter un terrain et de construire une maison. En plus, j’ai pu acheter une moto et me marier », témoigne-t-il, un grand sourire sur le visage. Par ailleurs, le commerçant de Sikasso attend avec impatience la période propice du pois sucré (le mois de janvier) afin de se faire le maximum de bénéfice et se frotter les mains. Fatoumata et Binta Niangadou, foulards noirs enroulés autour de la tête, habilles de longues robes noires, avancent, en causant vers les sacs d’Aboubacar Ouattara. Les sœurs Niangadou sont là pour acheter du pois sucré pour en faire du jus qu’elles vont vendre. « Chaque dimanche, nous achetons 10 kg. Cela couvre la production de jus de la semaine », précise la plus grande (Binta), qui révèle que ce business leur procure un revenu appréciable. Sa sœur Fatoumata ajoute que ce jus délicieux est apprécié des clients qui en raffolent. « Ils en redemandent, toujours, ce qui contribue à améliorer nos revenus », dit Fatoumata qui explique que le jus extrait est mis en bouteille et/ou dans des sachets plastiques et mis au frais pour la vente. Debout derrière six sacs de pois sucré, certains frais et d’autres secs, Daouda Sogodogo n’a presque pas le temps de s’asseoir. à cause de l’affluence du marché. Tout comme Aboubacar, chaque semaine, Daouda achète quatre sacs de 100 kilos de pois sucré avec ses producteurs de Kapala, Niagasso, Kafana, Missirikoro et Tamba. Selon lui, le prix du sac dépend de celui du kilo. Actuellement, le prix du sac varie entre 30.000 et 45 000 Fcfa. « Je vends le kilo entre 300 et 500 Fcfa et détaille également à partir de 25 Fcfa », ajoute-t-il. Se prononçant sur le marché, Daouda Sogodogo soutient que c’est assez intéressant. « Si j’arrive à écouler mes quatre sacs de 100 kilos dans la semaine, je peux gagner 10.000 Fcfa par sac », révèle-t-il gaiement. « Donne-moi la quantité habituelle, 2 kg de pois sucré », ainsi s’adresse le client Mamadou Diarra à Daouda Sogodogo. Il affirme que depuis un an, il achète le pois sucré chez M. Sogodogo. « Il y a certains pois sucrés qui sont pourris ou pas assez sucrés, mais ceux de Sogodogo sont vraiment de qualité », dit-il. Le pois sucré est cultivé, précisément, dans les Cercles de Sikasso et Kadiolo. La culture, selon les spécialistes, occuperait la troisième place, après le coton et la pomme de terre, en terme de sources de revenus pour les producteurs de cette zone. La production moyenne annuelle avoisine les 10.000 tonnes. Elle rapporte aux producteurs plus 500 millions Fcfa par an. Les producteurs sollicitent la création d’une usine de transformation du pois sucré et le partenariat avec des projets et programmes évoluant dans le secteur, afin d’absorber la surproduction et éviter, ainsi, bradage du produit. MFD/MD (AMAP)
Appui budgétaire : Le quitus des députés à deux projets de loi
Bamako, 19 décembre (AMAP) Les députés, sous la direction du président de l’Assemblée nationale, Issaka Sidibé, ont entériné, à l’unanimité, mardi, deux projets de loi adoptés par le Conseil des ministres extraordinaire du lundi 16 décembre. Le projet de loi autorisant la ratification de l’Accord de financement signé à Bamako, le 16 décembre 2019, entre le gouvernement et l’Association internationale de développement (IDA) relatif à l’appui budgétaire des politiques de développement du Mali en faveur de l’énergie durable et de l’amélioration de la prestation des services pour une stabilité accrue, a été initié par le ministère de l’Economie et des Finances. Tout comme celui autorisant la ratification de l’Accord de prêt signé à Bamako, le 29 novembre 2019, entre le gouvernement et la Banque africaine de développement (BAD), relatif au Programme d’appui à la croissance économique Phase II (PACE II). Les deux projets de loi ont été défendus, devant les parlementaires, par Mme Barry Aoua Sylla, ministre déléguée auprès du Premier ministre, ministre de l’Economie et des Finances, chargé du Budget. Le premier projet est destiné à soutenir la mise en œuvre du Document de stratégie pour la croissance et la réduction de la pauvreté sur la période 2019-2021 désigné Cadre stratégique pour la relance économique et le développement durable du Mali (CREDD). Le montant total du financement est de 250 millions de dollars US (environ 148,750 milliards de Fcfa) accordé sous forme d’appui budgétaire, dont 210 millions de dollars (124,950 milliards de Fcfa) en prêt et 40 millions de dollars US (23,800 milliards de Fcfa) en don. Le remboursement du crédit s’effectuera sur une période de 38 ans dont un délai de grâce de 6 ans. La pertinence de cet accord de financement réside dans le fait que c’est un soutien budgétaire. Et à ce titre, il financera des dépenses du budget d’Etat 2019, dont les activités ne sont pas ciblées à l’avance. De même, il réduira l’écart de financement du budget d’Etat et contribuera à maintenir le cadre macro-économique adéquat à travers une gestion performante des finances publiques. Le second projet de loi porte sur le PACE II. C’est, aussi, un appui budgétaire dont l’objectif est de contribuer à la création des conditions d’une croissance économique forte, soutenue, inclusive et tirée par un secteur privé plus dynamique. Par cet accord de prêt, la BAD accorde au gouvernement, un montant équivalent à près de 10,063 milliards de Fcfa dont le remboursement se fera sur une période de 30 ans, après un différé d’amortissement de 10 ans, commençant à compter de la date de signature. Le président de la Commission des Finances, de l’Economie, du Plan et de la Promotion du secteur privé de l’Assemblée nationale, Abdine Koumaré, saisie pour l’étude au fond de ces deux projets de loi, a apprécié la mise a disposition du gouvernement de près de 150 milliards de Fcfa. Pour lui, c’est une opportunité à saisir, car, cet apport substantiel donne un ballon d’oxygène à notre économie. La ministre déléguée chargée du Budget Mme Barry Aoua Sylla, a indiqué que, par définition, l’appui budgétaire général veut dire que l’argent est versé directement au Trésor public et sert à financer les dépenses de l’Etat d’une manière générale sans ciblage. Selon elle, quand les partenaires acceptent de fournir les appuis budgétaires, il y a des conditions à mettre en œuvre. Pour cet appui, elle a précisé qu’il repose sur trois piliers. D’abord le secteur de l’énergie pour le renforcement d’Energie du Mali (EDM), le secteur agricole et l’appui à la décentralisation. Après quelques questions de précision, les députés ont adopté ces deux projets de loi à l’unanimité par 114 voix pour, 0 contre et 0 abstention. DD/MD (AMAP)
Le Mali et le Sénégal déterminés à éradiquer le dragage sur la Falémé
Bamako, 18 décembre (AMAP) La ministre malienne des Mines et du Pétrole, Mme Lelenta Hawa Baba Ba, et son homologue sénégalais des Mines et de la Géologie, Sophie Gladima, ont visité le fleuve Falémé les 15 et 16 décembre, dans le cadre d’une mission destinée à prendre des mesures communes urgentes et idoines pour sauvegarder cet affluent du fleuve Sénégal qui prend sa source dans la partie nord du Fouta-Djalon (Guinée) et arrose le Mali et le Sénégal. Cette partie du fleuve est gravement endommagée par l’exploitation artisanale et sauvage de l’or, notamment le dragage. La protection et la préservation de la Falémé, vitales pour la survie du fleuve Sénégal, étaient l’une des préoccupations essentielles soulevées par la 18e Conférence des chefs d’Etat et de gouvernement de l’Organisation pour la mise en valeur du fleuve Sénégal (OMVS), qui s’est tenue à Bamako, il y a une semaine. La visite des deux ministres s’est déroulée sur le pont de la Falémé, à la frontière entre le Mali et le Sénégal, précisément à Mahinamine, côté malien et à Moussala, côté sénégalais. Les deux délégations ministérielles, composées des membres de leur cabinet, ont, tour à tour, visité les deux côtés du pont Falémé qui enjambe le fleuve. Le constat est alarmant. La Falémé se meurt à petit feu. La couleur de l’eau est devenue rougeâtre. Des digues créées par les débits de l’orpaillage empêchent l’eau de couler normalement. A l’arrivée de la délégation, les lieux étaient complètement vides. Seules quelques installations lourdes difficiles à évacuer à la hâte y trainent. A la fin de la visite, les deux ministres ont partagé leurs constats et leur vision commune face à la menace grandissante. A ce propos, la ministre des Mines et du Pétrole a insisté sur le danger que représentent les produits chimiques utilisés par les dragueurs. Ces derniers n’ont pas la connaissance requise pour l’utilisation de ces produits chimiques. Mme Lelenta Hawa Baba Ba a évoqué les conséquences de cette pratique pour les populations, surtout à travers les poissons et les animaux qu’elles consomment. Face à ce problème, « nous allons mettre en place une stratégie commune. Ce plan sera mis en œuvre par les autorités, les élus et les leaders religieux et coutumiers des deux pays », a affirmé la ministre Hawa Baba Ba. « Unique moyen de sauver la Falémé », a-t-elle dit. Pour ce faire, elle a demandé aux autorités locales de proposer un plan cohérent, afin que l’Etat puisse agir directement. Abondant dans le même sens, la ministre sénégalaise des Mines et de la Géologie a expliqué que leur présence conjointe sur la Falémé est un signal fort de l’engagement des deux pays à éradiquer cette pratique qui menace la Falémé. Sophie Gladima a promis des mesures urgentes qui « vont être prises en fonction des conclusions des rapports sur l’arrêt du dragage, décrété, il y a près d’un an, dans nos deux pays ». En attendant, le 2è adjoint au maire de Kéniéba, Mamadou Salif Diallo, et l’élu local sénégalais de Bembou, Mady Danfaga, se sont engagés à sensibiliser davantage les populations sur les dangers liés au dragage sur le fleuve Falémé. ABM/MD (AMAP)
Les douanes saisissent un camion de carburant de contrebande
Bamako, 17 décembre (AMAP) L’Antenne du Bureau des produits pétroliers a saisi, la semaine dernière, un camion qui transportait 78 fûts de gasoil de 200 litres, soit 15 600 litres de carburant de contrebande, en provenance de Macina, via Kolongotomo, en zone Office du Niger, a appris l’AMAP auprès de l’Administration douanière. Le véhicule a été pris en filature par la Douane qui avait été informée de la présence à Ségou de la cargaison destinée à une station-service de la localité. Dans la ville de Ségou, les agents des Douanes sont arrivés, la nuit, sur le lieu indiqué. Le convoyeur de cette marchandise a déclaré être à son coup d’essai dans le trafic de carburant venu du Nord du Mali. Cependant, le chef du Bureau des produits pétroliers, l’inspecteur des Douanes Amadou Traoré, dénonce l’existence d’un trafic fructueux organisé, dans le désert, par des personnes mal intentionnées. Il précise que ce réseau cause un manque à gagner considérable pour les services douaniers, dans le cadre de la mobilisation des recettes de porte. Selon un spécialiste du terrorisme international, le trafic de carburant, tout comme de la drogue, l’or dont une vingtaine de kilogrammes ont été saisis, la semaine dernière, sur l’axe ivoirien) est une source de financement du terrorisme. Le carburant, selon lui, est importé de pays voisins et vendu à des commerçants locaux qui se ravitaillent à partir de dépôts bien connus des services de renseignement. Cette saisie de carburant de contrebande en provenance du Nord du Mali et dont le trafic serait entretenu par un réseau international, intervient, après une série de saisies, par les services douaniers, d’or, de devises et de cyanure. Les services douaniers indiquent que le trafic de beaucoup de produits déversés sur les marchés du Nord du Mali pollue l’environnement économique du pays et met en mal les recettes douanières. Parmi ces marchandises, les plus fortement taxables, figurent les produits pétroliers. L’Administration des douanes indique travailler à minimiser l’impact fiscal de cette contrebande Depuis l’éclatement de la crise au Mali, en 2012, les frontières nord du pays sont encore plus perméables. AC/MD (AMAP)
Production cotonnière : Près de 700.000 tonnes attendues pour la campagne 2019/2020
Bamako, 17 décembre (AMAP) La Compagnie malienne pour le développement des textiles (CMDT) compte atteindre près de 700.000 tonnes de coton pour la campagne 2019/2020, notamment grâce à la hausse du prix du coton graine qui passe de 255 Fcfa/kg à 275 Fcfa/kg, a appris l’AMAP, de source officielle. Tous les acteurs du secteur de « l’or blanc » malien s’est retrouvée, les 11 et 12 décembre derniers, à Koutiala, pour faire le bilan de la campagne 2018/2019 et préparer celle de 2019/2020 de la CMDT. La rencontre sous la présidence du président directeur général (PDG) de la CMDT, Pr Baba Berthé, qui s’est déroulée, également, en présence de la directrice générale adjointe de l’Office de la haute vallée du Niger (OHVN), Mme Diallo Mah Koné, et du président intérimaire de la Confédération des sociétés coopératives de producteurs de coton (CSCPC), Djiguiba Ampha Coulibaly. À l’ouverture des travaux, le Pr Baba Berthé a décliné l’objectif de cette traditionnelle réunion qui est de faire l’analyse critique des réalisations de la campagne 2018/2019 et les perspectives de la campagne 2019/2020. La directrice adjointe de l’OHVN a, pour sa part, félicité les producteurs de coton pour les résultats obtenus cette année. Mme Diallo Mah Koné a ensuite remercié les autorités pour le paiement des subventions aux producteurs, avant d’exhorter les participants à examiner, minutieusement, les documents qui leur sont soumis, afin de proposer des recommandations et résolutions permettant à l’OHVN et la CMDT d’atteindre leurs objectifs. Le président intérimaire de la CSCPC a, aussi, remercié la CMDT et les autorités pour le paiement des subventions aux producteurs. « Pour cette campagne, les stocks ont été vendus et les ristournes perçues par les productions », s’est réjoui Djiguiba Ampha Coulibaly. Il a, cependant, déploré la baisse du rendement par rapport aux autres années, à cause d’une pluviométrie contrastée. La centaine de participants, parmi lesquels, des chefs de services et cadres de la CMDT et de l’OHVN, des représentants des organisations des producteurs agricoles, ont donc exposé et échangé durant cette réunion. Il ressort de ces échanges que la campagne agricole 2018/2019 a démarré dans un contexte socio-économique favorable. Le coût total des investissements de la CMDT s’est élevé à 309 milliards de Fcfa. Les achats ont porté sur 656.531 tonnes de coton, dont 25.195 tonnes de la zone OHVN, pour un objectif de 700.000 tonnes, soit un taux de réalisation de 94%. Les aléas climatiques au début et à la fin de la campagne sont à la base du gap dans la réalisation de l’objectif fixé. Les filiales Nord-Est (87%) et de la Division de Sikasso (86%) n’ont pas atteint les prévisions. Quant à la Division de Bougouni et les Filiales Centre et Ouest, elles ont réalisé leurs prévisions. 2,4 MILLIONS DE TONNES DE CÉRÉALES – La partie industrielle a assuré le transport et l’égrenage de toute la production avant fin avril. Concernant les céréales sèches, 2,4 millions de tonnes ont été produites, soit une disponibilité par habitant de 466 kg. Ce taux a couvert les besoins céréaliers des populations de la zone CMDT et dégagé un excédent commercialisable. À noter que pour cette campagne, le prix du coton graine de premier choix est passé de 250 Fcfa/kg à 255 Fcfa/kg. La subvention de l’Etat s’est élevée à 27,77 milliards de Fcfa pour l’achat des engrais coton et maïs utilisés par les producteurs. Après le bilan de la campagne écoulée, les participants se sont penchés sur les préparatifs de la campagne 2019/2020. Le prix du coton graine connaitra une augmentation de 20 Fcfa, passant à 275 Fcfa/kgpour le premier choix. Et le paiement des producteurs se fera avant fin avril prochain. Pour ce qui concerne les superficies à emblaver, il est prévu 738.193 hectares, dont 28.826 hectares pour la zone OHVN. La production de coton attendue est de 691.300 tonnes,dont 26.000 tonnes pour la zone OHVN. Cette prévision est supérieure à celle de 2018/2019 et elle sera la deuxième plus grande, après celle de 2017/2018 qui était de 728.600 tonnes. Du côté de la production céréalière, il est prévu 2,4 millions de tonnes dont 1,4 millions de tonnes de maïs. Le Pr Baba Berthé a encouragé les acteurs du secteur, tout en rappelant que la production cotonnière est un domaine dont on peut se réjouir des résultats sans en être satisfait. « Nous avons un potentiel qui permet d’aller au-delà de ce niveau de production. Mais, il reste des contraintes, au nombre desquelles, l’outil industriel qui est complètement obsolète et dépassé. La production agricole doit aller de pair avec l’amélioration de l’outil industriel, c’est-à-dire le système d’égrenage », a fait remarquer le PDG de la CMDT. Il a insisté sur le besoin de sécuriser les semences, celui de rendre disponible les intrants, le renforcement de la formation et l’encadrement des producteurs et enfin le renforcement du dispositif de lutte contre les incendies. MT/MD (AMAP)
Appui budgétaire : La Banque mondiale accorde 149 milliards de Fcfa au Mali
Bamako, 17 décembre (AMAP) Le Premier ministre, ministre de l’Économie et des Finances, Dr Boubou Cissé, et la directrice des Opérations de la Banque mondiale pour le Mali, Soukeyna Kane, ont signé, lundi, à Bamako, un accord d’appui budgétaire de 250 millions de dollars soit 148,7 milliards de Fcfa, visant à soutenir la mise en œuvre des priorités du gouvernement inscrites dans le document du Cadre stratégique pour la relance économique, croissance et le développement durable (CREDD 2019-2023). Cet accord de financement, dont 210 millions de dollars en prêt de l’Association international pour le développement (IDA) et 40 millions en don, dans le cadre du Projet d’appui budgétaire des politiques de développement du Mali, est destiné à l’énergie durable et l’amélioration de la prestation de services pour une stabilité accrue. Cet appui est le premier d’une série de deux soutiens budgétaires généraux programmés par la Banque mondiale pour les années 2019 et 2020. Dr Boubou Cissé a souligné que le présent financement permettra de mettre en œuvre l’axe trois du CREDD qui comprend le renforcement de la stabilité macroéconomique, la promotion du secteur privé, l’amélioration de la qualité de l’approvisionnement en électricité à moindre coût, la promotion de la productivité et de la concurrence dans le secteur agricole et la promotion de l’économie numérique. Il permettra également la mise en œuvre de l’axe stratégique 1 qui repose notamment sur le renforcement de la décentralisation. Cela, grâce à l’amélioration de la gouvernance locale, à la décentralisation de la prestation des services publics et des compétences de base, et à la promotion des économies régionales et locales. Le ministre de l’Économie et des Finances, a rappelé que le CREDD s’articule autour de cinq axes stratégiques et définit un cadre pour s’attaquer aux problèmes multidimensionnels auxquels le Mali est confronté aujourd’hui. Il a assuré que le gouvernement ne ménagera pas ses efforts pour honorer les engagements pris pour l’exécution de mesures liées à cet accord de financement. Afin, selon lui, d’assurer la bonne réalisation de cet appui budgétaire. Car, après cet accord de financement, le défi à relever par la partie malienne et la Banque mondiale est le décaissement effectif du montant avant la fin de l’exercice budgétaire. C’est-à-dire avant le 31 décembre 2019. A cet effet, le chef du gouvernement malien a assuré que le gouvernement prendra toutes les mesures voulues, dans les délais souhaités, pour le versement de ce fonds. De son côté, Soukeyna Kane a expliqué que, compte tenu des défis sécuritaires et du contexte de fragilité que connait le Mali, cet appui budgétaire, « d’un montant inédit » a pour triple objectifs de contribuer à la viabilité financière du secteur de l’énergie. « Il s’agira, aussi, de mettre en place un mécanisme de subventions agricoles plus ciblé et plus efficace. Grâce aux économies ainsi réalisées, il sera possible d’augmenter la fourniture de services décentralisés en faveur des couches défavorisées de la population », a-t-elle ajouté. En réponse aux inquiétudes soulevées, Soukeyna Kane a assuré que les ressources de cet appui budgétaire, approuvé par le Conseil des administrateurs de la Banque, le 12 décembre dernier, seront mises à la disposition du gouvernement avant le 31 décembre 2019. « Cela, une fois les formalités juridiques d’entrée en vigueur complétées », a-t-elle précisé, invitant l’ensemble des parties prenantes à redoubler d’effort pour une mise en œuvre rapide et complète des mesures soutenues par cet accord de financement afin de garantir ses résultats. Elle a, ensuite, réaffirmé l’engagement de son institution à soutenir le rythme de nos réformes dans les mois à venir et à préparer le second appui budgétaire de cette série, dans les meilleurs délais. PILIERS ET MESURES CONNEXES –Cet appui budgétaire s’articule autour de trois piliers dont le premier incite à la réduction du montant des subventions octroyées au secteur de l’électricité dans le budget général de l’Etat. Il vise à renforcer le contrôle du gouvernement sur la gestion du secteur de l’électricité et à éliminer d’ici à cinq ans la nécessité de le subventionner. A cette fin, a expliqué la directrice des Opérations de la Banque mondiale pour le Mali, le gouvernement « a validé un plan de redressement du secteur de l’énergie qui prévoit une série de mesures clés assorties d’un chronogramme précis pour renforcer la viabilité du secteur et accroître les revenus de la société Energie du Mali (EDM) ». Parmi ces mesures, le relèvement des tarifs d’électricité moyenne tension et la mise en œuvre du mécanisme de prépaiement. Le rééquilibrage des comptes d’EDM résultera de l’augmentation prévue des importations d’énergies à la fois meilleurs marchés et plus propres que la production actuelle. Il dépendra aussi d’un meilleur mix énergétique privilégiant les projets d’énergie renouvelable. Le deuxième pilier de l’accord vise à améliorer l’efficacité des subventions agricoles et du système foncier. Soukeyna Kane a, à ce niveau, expliqué qu’un programme de bons électroniques (appelé e-voucher) a été introduit pour étendre et mieux cibler le programme de subventions en faveur des agriculteurs les plus pauvres, tout en améliorant la transparence de la chaîne d’approvisionnement, en créant de meilleures conditions juridiques et institutionnelles pour le développement des marchés des intrants agricoles. « Au demeurant, afin de garantir la sécurité foncière et attirer plus d’investissements privés dans le secteur agricole, l’opération vise également à améliorer le financement des commissions foncières et à renforcer leurs capacités de fourniture de services de médiation en cas de conflits fonciers », a-t-elle dit. Quant au troisième pilier de cet appui budgétaire, il a pour but d’améliorer le déploiement décentralisé et la supervision des services sociaux. Il entend renforcer la prévisibilité et l’effectivité des transferts aux collectivités territoriales, notamment dans les secteurs de la santé et de l’éducation. « Cette mesure, accompagne l’engagement des autorités en faveur de la décentralisation comme outil majeur pour restaurer la paix et la stabilité du pays », a assuré Soukeyna Kane. Rappelons que la signature de cet accord de financement est la 8è du genre avec la Banque mondiale depuis le début de cette année. Le montant total de toutes ces conventions signées s’élève à plus de 671 millions

