Mali-FMI : Accord préliminaire sur la première revue du nouveau programme économique et financier du Mali soutenu par la FEC du FMI

Bamako, 30 novembre (AMAP) Le gouvernement du Mali et le Fonds monétaire international (FMI) ont trouvé un accord préliminaire sur la première revue du nouveau programme économique et financier du Mali soutenu par la facilité élargie de crédit (FEC) du FMI, sous réserve de l’approbation par la Direction et le Conseil d’administration du FMI,  a constaté l’AMAP. Le nouveau programme a pour objectifs de préserver le cadre macroéconomique, de créer les conditions d’une croissance inclusive, vigoureuse et durable de manière à réduire la pauvreté, à stimuler la création de l’emploi en lien avec les objectifs du cadre stratégique pour la relance économique et le développement durable (CREDD 2019-2023) qui est le référentiel de l’ensemble des politiques publiques du Mali. Les deux parties ont échangé sur le cadre macroéconomique, avec un accent particulier sur la gestion des finances publiques, la mobilisation des recettes et le mémorandum de politique économique et financière avant d’examiner l’exécution budgétaire en 2019 et les mesures sous-tendant le projet de loi de finances 2020. « Le gouvernement du Mali s’est engagé à mettre en œuvre des reformes pour accroître la mobilisation des recettes, maîtriser les dépenses, renforcer l’exécution de la dépense publique et renforcer la gouvernance d’une manière générale » a déclaré le ministre délégué chargé du Budget Mme. BARRY Aoua Sylla. « La mission du FMI et les autorités maliennes sont parvenues à un accord préliminaire sur la première revue du nouveau programme économique et financier du Mali soutenu par la FEC du FMI, sous réserve de l’approbation par la Direction et le Conseil d’administration du FMI. L’examen du dossier par le Conseil d’Administration du FMI est prévu pour début janvier 2020 » a déclaré le Chef de la mission du FMI, Mme Boriana Yontchevay. Le déficit budgétaire de l’Etat devrait respecter le critère de convergence de l’UEMOA de 3,0% du PIB en 2019. Tous les critères de performances et les objectifs indicatifs du programme à fin septembre 2019 ont été presque respectés, ainsi que les repères structurels. KM (AMAP)

Monrovia: Les journalistes se familiarisent avec la lutte contre l’argent sale dans le circuit financier

Envoyé spécial Amadou O. Diallo Liberia, 28 novembre (AMAP) L’atelier régional de formation sur le journalisme d’investigation sur les crimes économiques et financiers, qui s’est ouvert, mardi dernier, à Monrovia,  à la Banque centrale du Libéria, a pris fin, mercredi, sur des recommandations que les participants ont été invités à s’approprier afin de protéger les économies contre le blanchiment d’argent et le financement du terrorisme et garantir la stabilité politique et sociale dans la Région ouest africaine. L’atelier visait à outiller les hommes de médias pour connaitre le circuit de blanchiment d’argent et financement du terrorisme et jouer pleinement leur rôle dans la lutte contre le phénomène dans nos pays. Cet atelier, dans la capitale libérienne au profit de journalistes des 16 pays de la Communauté économique de développement de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO), a été organisé à l’initiative du Groupe inter-gouvernemental d’action contre le blanchiment d’argent en Afrique de l’ouest (GIABA), basé à Lagos au Nigéria. La cérémonie d’ouverture a été présidée par le représentant du Ministre libérien des Finances et de la Planification du développement, Hon. Samora P. Z. Wolokolie qui est, aussi, en charge des affaires fiscales. C’était en présence du représentant du Ministre de l’Information, des Affaires culturelles et du Tourisme,  Attony Daniel Gayedyu, en charge de la Communication, du directeur de la Cellule nationale de traitement des informations financières (CENTIF) du Libéria, Edwin W. Haris, et du représentant du Directeur du GIABA, Alphousseny Diamanka, en charge des Affaires administratives et financières. Plusieurs thématiques sur le journalisme d’investigation, notamment la nécessaire obligation de la méthode et de l’éthique qui nourrissent la profession. Avec à la clé un exemple de journaliste d’investigation, venu du Nigéria, pour illustrer la volonté du GIABA à s’investir davantage dans la promotion de ce métier dans le secteur des médias. Il s’agit de circonscrire le phénomène de blanchiment d’argent et de financement du terrorisme dans la sous-région en lutte contre des groupes terroristes qui écument le Mali, le Niger, le Burkina Faso et le Nigéria. La première thématique développée a porté sur le mécanisme de fonctionnement du GIABA, notamment son rôle et sa mission dans la lutte contre le blanchiment d’argent et du financement du terrorisme. Elle a été largement expliquée par le coordinateur-gestionnaire du Centre d’information du Groupe, Timothy Melaye. Dans son exposé, il s’est beaucoup appesanti sur l’assistance technique que le GIABA apporte aux Etats, aux organisations de la société civile dont les médias, dans la lutte contre ce « phénomène de cancer » pour les économies aussi faibles que les nôtres. Il s’agit d’outiller les acteurs de la lutte, notamment les hommes de médias, pour pouvoir identifier les cas et les traiter avec la technicité qui sied « afin d’insuffler un changement de comportement dans la société ». Car, selon M.  Melaye, la lutte contre le blanchiment d’argent et du financement du terrorisme, « nécessité une forte capacité de résilience des acteurs, notamment des journalistes afin de résister à la tentation ». Pour atteindre des résultats, le GIABA a suscité la création de réseaux de journalisme d’investigation dans les pays de la région. Au Nigéria, par exemple, d’importants résultats ont été engrangés. C’est le cas du Jaafar Jaafar, présenté par un des panélistes du Nigéria, Dr Bisi Olawuyi, de l’Université d’Ibadan. Le professeur a été séduit par le comportement de son compatriote. Qui a résisté à l’argent et à des pressions en tout genre, pour dénoncer un puissant Gouverneur de Province au Nigéria qui percevait des commissions sur chaque contrat signé. C’est au cours d’une opération de remise d’argent, qu’il a été filmé par le journaliste et son équipe d’investigation. Lorsqu’il s’en est rendu compte, le gouverneur a proposé un demi-milliard de Naïra au journaliste pour acheter son silence. En vain, mêmes après des menaces de mort contre lui. L’intérêt politique de son geste a été immédiat. Une enquête parlementaire a abouti à la procédure de destitution du Gouverneur. Le rédacteur en chef de la Radiodiffusion télévision ivoirienne (RTI), Lassine Fofana, aussi, complétant Dr Bisi Olawuyi du Nigéria, est revenu sur la nécessité pour les journalistes d’investigation d’être « en phase avec l’éthique et la méthode dans les enquêtes pour être sûr d’aboutir à des résultats probants dans la lutte contre le blanchiment d’argent et le financement du terrorisme ». Tous deux ont indexés des méthodes très sophistiques des blanchisseurs. Bisi Olawuyi propose une démarche qui privilégie l’observation et la méthode. Il propose, également, au journaliste, chaque fois que cela est nécessaire à la manifestation de la vérité, de revenir sur les événements, afin de recadrer ses questions et remettre en cause ses évidences et éviter, ainsi, les erreurs d’appréciation. Pour cette raison, il conseille aux journalistes d’investigation « de la méthode, de la patience qui sont leurs meilleurs amis », à l’image des investigations sur les paradis fiscaux du Panama. La journée de mercredi a été consacrée aux travaux en groupe pour une meilleure compréhension des notions acquises au premier jour. A l’ouverture des travaux, les autorités libériennes présentes à la cérémonie ont salué le GIABA pour son initiative d’organiser un événement d’envergure dans leur pays. AOD/MD (AMAP)

Semaine de l’inclusion financière : La digitalisation fait du chemin

Bamako, 28 novembre (AMAP) Le Comité national de suivi de la mise en œuvre de la Stratégie régionale de l’inclusion financière, a animé, vendredi dernier, une conférence de presse. Pour éclairer les hommes des médias sur les grandes lignes des activités menées, à Bamako, dans le cadre de la 2è édition de Semaine de l’inclusion financière (SIF). La rencontre, qui s’est déroulée à l’auditorium de la Banque centrale des Etats de l’Afrique de l’Ouest (BCEAO), a été animée par Souahibou Diaby, chargé de mission au ministre de l’Economie et des Finances et président du Comité. Rappelons que cette 2èédition de SIF avait pour thème central : « La digitalisation des services financiers dans l’inclusion financière, enjeux et défis pour le secteur financier. » A l’entame de ses propos, le président du Comité a salué l’engagement du gouverneur de la BCEAO en faveur d’une meilleure inclusion financière dans l’espace Union monétaire et économique ouest africaine (UEMOA). L’organisation de la SIF matérialise cette promesse, selon Souahibou Diaby. Au cours de son exposé, le conférencier a fait savoir que le Plan d’action de l’inclusion financière a été adopté en 2016, sa mise en œuvre a commencé en 2018. « Cependant, a précisé le technicien, notre pays ne dispose pas encore d’une Stratégie nationale d’inclusion financière ». « Des travaux sont en cours dans ce sens », a-t-il annoncé, ajoutant que « déjà, nous avons une Stratégie régionale d’inclusion financière ». « Son coût a été estimé à 20 milliards de Fcfa par la BCEAO dont 2,2 milliards de Fcfa ont été débloqués par la Banque mondiale et le reste par les Partenaires techniques et financiers », a détaillé M. Diaby. Parlant de la SIF, le conseiller technique a rappelé qu’elle a été marquée par plusieurs rencontres. « Les participants à ces sessions ont plaidé pour la mise en œuvre rapide de l’Inclusion financière, à travers la digitalisation », a rapporté le conférencier. En la matière, le conférencier a signalé que les Etats ont, déjà, entamé cet exercice de digitalisation, car les populations ont intégré dans leur comportement le paiement numérique. Les administrations se sont, elles aussi, lancées dans la digitalisation. « Dans notre pays, la direction générale de l’économie a mis en place un service E-éco qui permet aux contribuables d’accéder à certains nombre de services liés, notamment, à leur situation fiscale. « Ce sont des avancées importantes en matière de digitalisation », a souligné Souahibou Diaby. Toutefois, des défis restent à relever, a rappelé M. Diaby. Il s’agit, entre autres, de la promotion et de la sécurisation de la digitalisation via l’identification des services financiers. S’y ajoute, selon lui, l’interconnexion de paiement numérique, l’extension du réseau téléphonie dans toutes les zones habitées. BBC/MD (AMAP)

Les vols commerciaux ont repris à l’Aéroport international de Kayes Dag-Dag

Kayes, 28 novembre (AMAP) Le premier vol commercial, entre Bamako et Kayes, a été effectué, mardi, pour la relance du trafic aérien pour laquelle les populations de la capitale de la 1èreRégion administrative du Mali étaient conviées à l’aéroport international Dag-Dag, et assister à l’arrivée de ce vol inaugural, en provenance de Bamako, a constaté l’AMAP Fruit de la collaboration entre le Mali et le Burkina Faso, à travers leurs compagnies respectives Afrikayes Air et Air Burkina, cette reprise des vols sur Kayes est une promesse  du Premier ministre Boubou Cissé. Il l’avait annoncée après des manifestations en aout qui avaient perturbé la circulation routière, entre Kayes et Bamako, pendant quelques jours. Après avoir obtenu l’aval de leurs Etats respectifs, Afrikayes Air et Air Burkina, ont décidé de mettre fin au calvaire et soulager les habitants de la Région de Kayes. Ce mardi 26 novembre 2019, les populations de la Cité des rails ont, ainsi, vécu une journée inoubliable. Pourtant, rien ne laissait présager cet événement au lever du soleil. A 07:15, il n’y avait pas d’effervescence particulière sur la route qui mène à l’aéroport. La circulation était fluide et le motocycliste pouvait parcourir des centaines de mètres sans qu’il ne soit dépassé par un véhicule sur le tronçon qui relie l’aéroport à la route de Yélimané. Il a soufflé un vent de bonheur quand l’avion d’Air Burkina s’est immobilisé, peu après 10 heures, sur le tarmac de l’aéroport avec à son bord, le Ministre Secrétaire Général de la Présidence de la République, Moustapha Ben Barka, le gouverneur Mahamadou Zoumana Sidibé, des parlementaires, des anciens ministres, des femmes et hommes des médias et des passagers ordinaires. Le directeur d’Afrikayes Air, Souleymane Sidibé, et le directeur général de la compagnie Air Burkina, Blaise Sanou, qui était accompagné par son PCA, ont tous remercié les gouvernements des deux pays qui leur ont facilité la tâche. « Il appartient aux pouvoirs publics de nous accompagner davantage pour pérenniser cet exemple d’intégration. Le calvaire est terminé. Nous avons l’ambition d’aller loin, c’est-à-dire relier Kayes au reste du monde », a déclaré M. Sidibé. Abondant dans le même, le burkinabé Blaise Sanou a laissé entendre que ce qui est plus important pour sa compagnie, « c’est l’avancée de l’intégration et l’unité dans l’action afin de lutter contre le terrorisme et de bloquer les actions de ceux qui ne veulent pas que nos pays se développent ». « Merci d’être venu à l’aéroport. Cette journée est très importante. La reprise des vols commerciaux est une chance pour Kayes. Il faut faire en sorte que les deux compagnies ne regrettent pas leurs bienfaits. Les voyageurs doivent payer les billets d’avion de ces compagnies pour que les sacrifices consentis par celles-ci ne soient pas vains », a déclaré le gouverneur de Kayes, Mahamadou Zoumana Sidibé, à sa descente d’avion. Le maire de la Commune rurale de Khouloun, qui abrite le site de l’aéroport, a invité les populations à redoubler d’efforts pour assurer la pérennité de ces vols. « J’ai opté pour l’avion pour aller à Bamako. C’est reposant et c’est plus rapide (45mn à 1h30 de vol). Que Dieu veille sur nous tous », s’est réjouie Fatoumata Diakité, après avoir rempli les formalités du voyage. Peu avant 9 heures, les services de l’aéroport n’avaient enregistré que 6 passagers sur 13  attendus pour ce premier vol. Or, la capacité de l’avion est estimée à plus de 100 places. Le directeur de l’Aéroport de Kayes, Amadou Dansogo, a indiqué que le billet coûte 70.000 Fcfa (Aller simple) et 130.000 Fcfa (Aller-Retour). « J’ai constaté la présence de beaucoup d’accompagnateurs ici. Nous sommes là, depuis 6 heures. Des passagers étaient déjà présents. Nous n’avons rencontré aucune difficulté dans l’exercice de notre mission. Tout se déroule bien », a affirmé Baba Daou, commissaire principal de la Police spéciale de l’Aéroport. La Douane était également à pied d’œuvre. On rappelle que des mouvements et associations de la société civile avaient perturbé, en août 2019, la circulation routière, notamment à Kati et à Kayes, pour réclamer la reconstruction de la route Bamako-Kolokani-Diéma-Kayes-Dakar, la relance du train voyageur et du trafic aérien. Suite à ces manifestations, le Premier ministre, Boubou Cissé, avait effectué une tournée, le 30 août dans certains cercles de Kayes pour constater l’état des routes, notamment l’axe Bamako-Kati-Kolokani-Didiéni-Diéma-Kayes-Dakar. Sur instruction du Président Ibrahim Boubacar Kéïta, le gouvernement a annoncé des mesures pour répondre aux doléances des populations afin d’apaiser la tension. Il faut souligner que la création d’Afrikayes Air était en cours, depuis 4 ans, initiée par des ressortissants maliens à l’étranger, notamment le Conseil supérieur de la diaspora malienne. BMS/MD (AMAP)

Marché du poisson de mer : La bonne affaire !

Par Fatoumata NAPHO Bamako, 21 novembre (AMAP) Le commerce du poisson de mer ou « glaci dieugueni » « sénégal dieugueni » ou « frigo dieugue », comme la population aime si bien les appeler, est très florissant. En tout cas, à voir le nombre de boutiques installées dans les marchés ou aux alentours, il est évident que les acteurs de ce marché se frottent les mains. La raison ? Acheter nos poissons locaux d’eau douce est devenu un luxe que toutes les bourses ne peuvent se payer. Ils sont si chers que la population est obligée de se ruer sur les poissons importés du Sénégal, de la Mauritanie, du Maroc ou de la Chine. Ces poissons sont de plusieurs variétés : « Sacha, tilapia,  milieu, lucia, thon, mademoiselle, pageot, merluza, buro,  gari etc. » Toutes ces espèces entrent dans la préparation de nos plats. Le marché de « Sougounikoura » est le lieu où se ravitaillent la plupart des revendeurs de poissons de mer. Ici, stationnent les camions de bananes plantains. Devant, des magasins qui ne vendent que du poisson de mer. Ils sont tous dotés de chambres froides. Ce sont des magasins uniquement de grossistes. Ils commencent leur travail à 5h du matin, pour finir entre 18h et 20h. Pour être le premier servi, il faut se réveiller tôt. Les revendeurs, par ordre d’arrivée, font le rang. Mohamed Tounkara est un des grossistes qui nous a dévoilé qu’ils confectionnent des tickets pour les revendeurs. La clientèle, principalement composée de femmes, est en file indienne devant le magasin. Le grossiste peut écouler 40 à 50 cartons par jour. Le prix d’un carton de poissons varie, entre 10.400 et 18.000 Fcfa. Ses poissons viennent du Sénégal, de la Mauritanie et du Maroc. Awa, une jeune dame, se trouvait devant ce magasin. Elle attendait qu’on emballe les cartons qu’elle venait d’acheter. Pour cette dernière, le choix de ces poissons n’est pas  gratuit. « Ils sont moins chers, contrairement à nos poissons locaux. En plus, ils s’écoulent très rapidement » a-t-elle confessé. Juste à côté, un magasin plus grand que celui de notre premier interlocuteur. Ici, nous sommes chez Boucary Aya qui en est à sa septième  année d’activité. Comme Mohamed Tounkara, il est fourni par les mêmes pays. Mais à ceux-ci, s’ajoute la Chine. Assis un peu en retrait, il a la main droite remplie de bouts de papier blancs. A notre demande, il explique que c’est pour identifier le nombre de cartons de poissons sortis ou vendus. Dans ce magasin, se trouve une grande chambre froide où sont stockés les différents poissons. Il a confié qu’il vend seulement en gros et que ces principaux clients sont les femmes qui revendent en détail, dans le marché. Boucary Aya peut vendre 500 à 750 à cartons par jour. Le prix des cartons commence à partir de 9.000 Fcfa. Devant ces magasins, s’est formé un vrai marché de poissons. Plusieurs femmes sont assises, çà et là, devant des cartons de poissons. Elles n’ont pas d’étals ni sur quoi déposer leurs marchandises. Elles sont assises à même le sol et les cartons, devant elles, entrouverts. Dès qu’elles voient un potentiel client s’approcher, elles commencent à le héler : «  venez ici, y’a des poissons très très frais » ou « ma belle ! Vient, je te les cède à bon prix » ou « ne ya a bila a dala » (Je vous le cède à prix coûtant ). Une d’entre elles, qui n’a pas voulu nous dire son nom, a déclaré faire ce commerce depuis, presque, 20 ans. « C’est un commerce florissant », a t-elle reconnu, avant d’indiquer qu’elle peut finir de vendre ces cartons, avant le petit soir. Notre interlocutrice peut prendre, chaque jour, 3 à  4 cartons. Elle vend le kilo à partir de 1.300 Fcfa. Une dame, qui se tenait devant elle, avec un sachet noir, nous lança, sans être interpellée : « Hum, on ne peut que se contenter que de ces poissons venus d’ailleurs. Ils sont moins chers et on peut en trouver partout », confirmant ainsi l’engouement pour ces espèces de mer. « Regardes », dit-elle, en nous montrant des Tilapia, « ces poissons ressemblent à ceux que nous avons. Je les préfère pour faire mes poissons braisés. Avec ça, je peux avoir beaucoup et à moindre coût, contrairement à nos poissons. A seulement 2.500 Fcfa, j’ai pu en avoir une grande quantité ». Au niveau de la gare ferroviaire, deux grandes boutiques sont contiguës. Elles vendent, toutes, la même chose. Mais la première est plus grande que la seconde. Elles font, toutes, du gros et du détail. Contrairement aux vendeurs du premier marché, ces boutiques ont à la place des chambres froides, de gros congélateurs. Sous un grand hangar, devant la première boutique, des hommes en uniforme bleu se tenaient devant une grande table. Chacun tenait un poisson, dans sa main protégée par un gang rouge. Avec de gros couteaux, ils dépeçaient les poissons. Un autre, à côté d’eux, était occupé à laver les récipients qui servent à récupérer les poissons retirés des frigos. Il était presque 8 heures, mais le gérant n’était pas encore en place. A la seconde boutique, c’étaient de jeunes garçons, autour d’une table moins grande. Une dame en complet wax est assise, tout en faisant face aux jeunes qui préparaient ses poissons. Avec sa pochette accrochée autour de la taille, elle avait l’air d’une vendeuse. De temps à autre, elle leur donnait des directives. « Pour celui-ci coupez le en trois parts et pour celui-là en 4 parts », lançait-elle. Durant une vingtaine de minutes, les deux jeunes dépeçaient, coupaient et déposaient les poissons dans des paniers. Les deux récipients ont été finalement remplis, au grand bonheur de la dame en Wax. Elle nous confiera, par la suite, que chaque matin, c’est ainsi car elle détient un étal au grand marché. Elle n’y vend que de l’attiéké. Pour son commerce, elle achète, chaque jour, deux cartons de poissons pour faire accompagner l’attiéké. Elle témoigna que c’est uniquement ces poissons qu’on peut vendre à petit prix. C’est-à-dire à partir de 100 Fcfa. « Avec nos poissons locaux, c’est impossible de les céder à ce prix-là »,

Inclusion financière dans l’UEMOA : l’éducation financière, un levier incontournable

Bamako, 27 novembre (AMAP)La Banque centrale des Etats de l’Afrique de l’Ouest (BCEAO) pour le Mali a, dans le cadre de la 2è édition de la Semaine de l’inclusion financière, organisé une session nationale de sensibilisation sur l’éducation financière et la protection des consommateurs, jeudi à l’Université de Kabala. La rencontre, présidée par le conseiller technique au ministère de l’Economie numérique et de la Prospective, Mme Mariko Assa Simbara, a enregistré la présence du directeur national de la BCEAO pour le Mali, Konzo Traoré. Cette séance répond à un besoin réel. L’état des lieux de l’éducation financière dans l’UEMOA révèle que de nombreuses initiatives sont entreprises dans les pays en faveur de l’amélioration de la culture financière des populations. Ces idées ont conduit à la mise en place, en 2018 au Mali, d’un programme national d’éducation financière et d’un manuel d’éducation financière, à l’intention des institutions de micro-finance. Cependant des défis restent à relever. Entre autres, l’absence d’un cadre de coordination des interventions en éducation financière, l’insuffisance de compétences techniques en la matière dans les Etats, l’absence d’actions structurantes d’éducation financière, l’insuffisance de ressources financières pour la mise en œuvre des actions identifiées. Des difficultés pouvant être résolues grâce aux opportunités qu’offre le numérique. Mme Mariko Assa Simbara a, dans son allocution d’ouverture,  expliqué que dans tous les pays du monde, notamment ceux en développement, les télécommunications et les Technologies de l’information et de la communication (TIC) constituent des moyens indispensables pour le développement social, économique et culturel des populations. « Au Mali, le numérique fait partie du secteur tertiaire qui impacte positivement la croissance économique du pays », a affirmé la conseillère technique. L’enjeu pour le Mali est, non seulement, de pérenniser les avancées déjà réalisées mais, aussi et surtout, de permettre l’insertion du Mali dans la société de l’information, via une intégration amplifiée et largement diffusée du numérique au niveau de tous les acteurs de la société : administration publique, entreprises et citoyens. « Face à ce défi, le gouvernement, à travers le département de l’Economie numérique et de la Prospective, entend impulser une nouvelle dynamique dans la création de valeur ajoutée, sans laquelle aucun développement durable ne peut être réalisé », a-t-elle indiqué. Pour concrétiser cette volonté, le gouvernement a approuvé, le 15 février 2016, la Politique nationale de développement de l’économie numérique et son plan d’actions 2016-2020. Elle vise à renforcer l’utilisation des TIC au service du développement. A sa suite, le directeur national de la BCEAO a souligné que l’élargissement de l’accès aux services financiers, basé essentiellement sur l’utilisation des nouvelles technologies, ne peut être dissocié de l’éducation financière des populations et de leur protection. « Il est donc primordial de placer l’éducation financière et la protection des consommateurs au cœur des stratégies visant à accroître l’inclusion financière », a dit Konzo Traoré. Des statistiques publiées par les Nations unies, il ressort que dans les pays de l’Union, plus des 2/3 de la population sont jeunes. 45% des personnes âgées de plus de 15 ans ne sont pas alphabétisés. « La présente session sera donc l’occasion de rechercher les voies et moyens pour atteindre ces cibles dans le domaine du renforcement de leur culture financière, gage d’une utilisation efficace et éclairée des services financiers digitaux », a expliqué M. Traoré. « L’éducation financière permet, en effet, de renforcer la confiance des populations envers les institutions financières, de contribuer à accroître leur accès aux services financiers et d’en faciliter l’usage », a-t-il soutenu. Pour Konzo Traoré, elle est devenue la clé de voûte pour un système financier numérique profond et inclusif. « C’est pourquoi, la Banque centrale s’est investie, dans le cadre de la mise en œuvre de la stratégie régionale d’inclusion financière, dans l’élaboration d’un programme régional d’éducation financière», a-t-il dit. Avant de souligner que la BCEAO, en tant que régulateur, ne ménagera pas ses efforts pour fournir aux usagers des services financiers, les informations nécessaires sur leurs droits et obligations. « Afin de leur permettre de prendre des décisions financières avisées, en connaissance de cause et réduire l’asymétrie d’information », a précisé Konzo Traoré. ADS/MD (AMAP)

Inclusion financière : La finance islamique, un outil efficace

Bamako, 27 novembre (AMAP) Acteurs de la finance, décideurs politiques, membres de la société civile, représentants d’institutions nationales et internationales réunis, lundi, à Bamako, participent à un atelier national d’information et de diffusion sur la pratique de la finance islamique pour relever le défi de l’inclusion financière, a constaté l’AMAP. Organisées par le ministère de la Promotion de l’Investissement privé, des Petites et moyennes entreprises et de l’Entrepreneuriat national, ces assises, présidée la chef de ce département, Safia Boly, a enregistré la présence des représentants du Haut conseil islamique du Mali (HCIM), de la Banque centrale des Etats de l’Afrique de l’Ouest (BCEAO), des consommateurs et de la mairie de la commune III. Cette session intervient à un moment où la promotion de l’inclusion financière apparaît comme une priorité en matière d’actions de développement et de lutte contre la pauvreté, dans plusieurs pays notamment ceux en voie de développement. C’est ainsi que le Mali a adopté, en juin 2016, la Politique nationale de développement de la microfinance et son Plan d’actions visant à « favoriser un accès large et diversifié aux services financiers et protéger les clients ». La BCEAO a, quant à elle, amendé la Loi cadre portant réglementation des Systèmes financiers décentralisés (SFD) pour permettre à ces structures de réaliser des opérations de finance islamique, à titre principal ou de manière exclusive. La concrétisation d’une telle volonté passe nécessairement par l’information des populations, la formation des acteurs opérationnels et l’implication des décideurs. Cela, en vue de mieux saisir les opportunités d’affaires et d’investissement en finance islamique. D’où la tenue de la présente rencontre. Ainsi, du 25 au 27, ces acteurs échangeront sur : les enjeux de la micro-finance, le cadre conceptuel de la finance islamique et les expériences d’institutions bancaires en la matière. Ils sont aidés pour ce faire par des experts internationaux. Invité à animer une thématique dans ce cadre, l’expert Sidi Bouaré trouve très faible le taux de bancarisation dans le secteur de la microfinance. Les raisons de cette faiblesse sont d’ordre culturel ou cultuel. « En ce sens qu’une part importante de la population ne semble pas avoir foi en la finance classique ou conventionnelle qu’elle considère interdite par la religion musulmane », a encore dit le directeur général de la Caisse d’intermédiation et de développement (CID Amanah finance Sa). « D’office, une part non négligeable de la société, qui pourrait être bancarisée par la finance islamique, se trouve exclue du système classique », déplore le spécialiste. Pour lui, en leur offrant un système financier conforme à leur conviction religieuse, ces clients potentiels forclos pourront contribuer à l’économie nationale grâce à leur épargne. Le mode de financement privilégié par la finance islamique qui « pourrait mobiliser plus de 500 milliards de Fcfa par an », répond à ce besoin légitime de nos populations, estime le directeur de la caisse intervenant dans la finance islamique. « Car, a-t-il ajouté, la finance islamique est basée sur le partage de risques ». En la matière, elle peut, à travers le mode de financement participatif, accompagner les opérateurs économiques, les PME/PMI qui peinent à se développer, faute de moyens suffisants, en leur apportant conseils et suivi, en plus de l’argent. Abondant dans le même sens, Safia Boly avait, dans son allocation d’ouverture, reconnu « les opportunités qu’offre la finance islamique sont multiples et variées ». Elle contribue non seulement à l’inclusion financière de nos populations, à la stabilité du système financier mais, aussi et surtout, à la résilience des structures financières. Elle demeure, aussi, encore de nos jours, un outil privilégié dans l’atteinte des objectifs de réduction de la pauvreté et de création d’emplois, a insisté la patronne du département. Et la ministre d’ajouter : « Composante essentielle du secteur financier, la finance islamique constitue un axe stratégique majeur dans les politiques publiques » dont l’objectif est de favoriser l’accès de tous au système financier. « Pour ce faire, les recommandations de cette session permettront, de répondre au mieux aux besoins en produits et services financiers pour le développement des secteurs sociaux », a dit Safia Boly. CMT/MD (AMAP)

Journée de l’industrialisation de l’Afrique : Positionner les industries en première ligne

Bamako, 21 novembre (AMAP) Le Mali a célébré, mercredi 20 novembre, la Journée de l’industrialisation de l’Afrique (JIA), sous le thème « positionner l’industrie africaine pour approvisionner le marché de l’accord de libre-échange continental (ZLEC) », a constaté l’AMAP. Instituée par la 25è session de la Conférence des chefs d’Etat et de gouvernement des Etats membres de l’Union africaine (UA), en juillet 1989, en Ethiopie, et entérinée, le 22 décembre de la même année, par l’Assemblée générale des Nations unies, la JIA offre, généralement, l’occasion aux acteurs économiques des pays africains d’échanger sur une thématique d’actualité. En initiant une conférence sur le thème de la JIA de cette année,  les organisateurs visent à informer et sensibiliser les décideurs, les partenaires techniques et financiers, le secteur privé et les consommateurs sur la ZLEC. Cela, en leur expliquant les objectifs, les enjeux et les défis liés à l’entrée en vigueur de cet accord de libre échange intra-africain. Les recommandations et suggestions issues de ce forum permettront au secteur privé malien de tirer davantage profit de la ZLEC, lorsqu’elle sera complètement opérationnelle. QUATRE A CINQ POURCENT DU PIB – Rappelons que 54 pays africains ont signé la ZLEC et 28 d’entre eux l’ont ratifié. « Une fois opérationnelle, elle deviendra la plus vaste zone de libre-échange du monde », s’est réjouie la conseillère technique au ministère de l’Industrie et du Commerce, Mme Maïga Mariam Maïga. « Le volume du commerce intra-africain sera en hausse et nos produits seront compétitifs, car, cette situation va pousser les entreprises africaines, notamment maliennes à produire des produits de qualité à des prix acceptables », a-t-elle affirmé. Pour ce qui est de notre pays, il pourra, « malgré la situation sécuritaire précaire, relever les défis de l’industrialisation grâce à ses ressources naturelles, a souligné la conseillère technique ». Selon elle, ces efforts se feront, aussi, avec le concours du secteur privé national. « Pour profiter de la ZLEC, la transformation sur place de nos matières premières, notamment agricoles s’impose », a affirmé Mme Maïga. Avant d’annoncer que le Salon « Made In Mali » (SMIM) se tiendra, le 28 novembre 2019, au Parc des expositions de Bamako. Le SMIM 2019 aura comme thème : « Problématique des zones industrielles et les perspectives », a-t-elle a ajouté. Le 2è vice-président de l’Organisation patronale des industries (OPI), Boubacar Badian Sangaré, s’est penché sur les barrières qui, selon lui, freinent l’industrialisation du Mali. M. Sangaré a, entre autres, cité « la contre-performance » des textes de la CEDEAO et de l’Union monétaire ouest africaine (UEMOA), l’absence de diversification de l’économie malienne, la fraude, la concurrence déloyale et la mauvaise gouvernance. D’après lui, le secteur privé ne représente que 4 à 5% du Produit intérieur brut (PIB) du Mali. Face à ces défis, le 2è vice-président de l’Organisation patronale des industries (OPI) propose l’adoption de mesures urgentes visant à aider le secteur privé malien à mieux s’épanouir. Ces dispositions doivent, à en croire Boubacar Badian Sangaré, « faciliter l’octroi de crédit bancaire à faible taux d’intérêt ». « Chose qui va augmenter l’épargne bancaire national pour servir de levier au financement des secteurs stratégiques tels que l’agriculture », pense-t-il. En réponse, le représentant résident de la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) au Mali, Hamidou Boly a fait savoir que l’institution régionale se bat pour intégrer les pays de la communauté. Pour étayer ses propos, Hamidou Boly a fait allusion à des textes communautaires, en projet, visant à alléger les tracasseries routières au sein de l’espace commune. La représentante pays de l’Organisation des Nations unies pour le développement industriel (ONUDI), Mme Traoré Haby Sow, et de nombreux acteurs du secteur privé malien ont pris part à la cérémonie, qui s’est déroulée au Conseil national du patronat du Mali (CNPM). ABM/MD (AMAP)

Beurre de karité : Peu exploité, mais très prometteur

Par Anne-Marie KEITA Bamako, 20 novembre (AMAP)Au Mali, la noix de karité peut rapporter gros, si des investissements conséquents sont mis en place pour passer à la transformation industrielle. Surtout que les industriels chocolatiers envisagent l’adjonction du beurre dans la fabrication du chocolat. Ici, environ 78% des femmes travaillent dans le secteur rural et apparaissent, ainsi, comme des actrices de premier plan dans la lutte contre l’insécurité alimentaire. Depuis la nuit des temps et aussi vieux que le karité existe sur la terre, les femmes en milieu rural ont toujours été au cœur de l’extraction du beurre dans les villages, campagnes et hameaux. Parallèlement aux activités agricoles et, en amont de l’extraction du beurre, les femmes sont impliquées dans le ramassage des noix de karité. Cette activité est, aussi, laborieuse, car nécessitant de nombreux déplacements aux pieds des arbres avec des mouvements répétitifs dorsaux pour ramasser les noix. Après suivra l’étape de la transformation artisanale qui est aussi harassante que fatigante pour produire du beurre de karité. La vente de ce produit fini est une source de revenus pour les femmes qui contribuent aux charges du ménage. Faut-il rappeler que le Cadre stratégique pour la croissance et la réduction de la pauvreté (CSCRP) met un accent particulier sur la promotion de la filière karité notamment comme moyen d’atteindre les Objectifs du millénaire pour le développement (OMD). En effet, la filière karité a été identifiée comme une des filières porteuses d’emplois et de revenus. Mme Doumbia Sounoukou Sacko évolue dans une coopérative de production de beurre de karitéà Sanankoroba, près de Bamako. Elle explique que l’extraction du beurre de karité est une activité très difficile et épuisante. Le processus est très long et fatiguant pour obtenir le beurre de karité de bonne qualité. « Beaucoup de femmes s’adonnent dans les zones rurales à la fabrication du beurre de karité pour aider leurs maris dans les périodes de soudure », confie Mme Doumbia. Elle explique le processus de transformation qui démarre par le ramassage des noix, le dépulpage, le lavage et la cuisson. Ensuite, suivent le conditionnement, le décorticage, le broyage et l’extraction sont les différents procédés auxquels les femmes sont astreintes pour produire du beurre de karité de bonne qualité répondant aux critères de commercialisation. L’activité de production du beurre de karité ne peut se faire individuellement. Pour cela, les femmes se regroupent en coopératives, groupements et associations afin de rendre le travail plus facile et rapide, car le processus est un travail d’endurance. Elles s’organisent pour améliorer la production et la qualité du produit afin d’être compétitives sur le marché et contribuer au développement économique de la communauté. La vente de ce produit de karité procure ainsi une source de revenus non négligeable aux femmes rurales. Ces revenus contribuent à améliorer leur statut social et leur indépendance économique au quotidien. Pour Mme Diarra Djélika Diarra, la production du beurre est une activité qu’exercent beaucoup de femmes en milieu rural, en plus des tâches ménagères. Et c’est un travail difficile qui prend tout le temps de ces femmes. Exerçant cette activité depuis sa tendre jeunesse, Mariam Koïté soutient que l’extraction du beurre de karité nourrit bien son homme. « En effet, ajoute-t-elle, la plupart des femmes dans les Régions de Sikasso et Ségou sont douées dans cette activité qui leur permet de subvenir aux besoins des ménages ». « Sans cette activité d’extraction du beurre de karité, que deviendront les femmes rurales, dont les revenus sont limités, voire insignifiants », s’interroge Mariam avant de dénoncer les contraintes liées à cette activité. Ce sont, entre autres, la transformation et le manque de moyen de conservation au niveau local. La Fédération nationale de karité (FNK) pointe du doigt les principaux problèmes de la filière karité. Il s’agit, entre autres, de la faible organisation des acteurs, la faible maîtrise des techniques améliorées, l’insuffisance d’infrastructures pour la collecte des noix, la conservation, la vente et le transportdu beurre de karité vers les marchés. 39,25 MILLIARDS DE FCFA-De son côté, Mme Doumbia Sounoukou Sacko énonce le manque de moyens appropriés pour la transformation du beurre de karité et l’accès au marché international. Elle sollicite le soutien des autorités pour promouvoir la filière. Aussi, indique-t-elle, il faut former les femmes, évoluant dans ce domaine, sur les bonnes techniques d’extraction du beurre et apporter des aides matérielles nécessaires, que ce soit sur le plan alphabétisation que technologique. Selon l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO), notre pays a produit en 2008, 190 000 tonnes d’amendes de karité. En ce qui concerne les noix de karité, notre pays représente à lui seul 23 % de la production mondiale. Ce qui fait du Mali, le deuxième plus gros producteur mondial de karité après le Nigeria. Selon le document de la 9è session du Conseil supérieur de l’agriculture qui s’est tenu en mai dernier, notre pays dispose d’un potentiel de 250.000 tonnes d’amendes, dont seulement 53.000 tonnes sont exportées. Les objectifs de la campagne 2019 sont de 196.276 tonnes d’amandes. La transformation de cette quantité d’amendes peut donner 58.882 à 78.510 tonnes de beurre de karité. Le rendement pour la production de beurre se situe entre 35 et 40% du produit brut. Pour la campagne 2020-2021, les objectifs de productions sont respectivement de 206.090 tonnes et 216.394 tonnes. Les principaux produits de la filière karité qui font l’objet d’exploitation et de commercialisation sont l’amende et le beurre dont la vente attendue pourra générer environ 39,25 milliards de Fcfa en raison de 200 Fcfa/kg d’amande. Cette noix peut rapporter gros, si des investissements conséquents sont mis en place pour passer à la transformation industrielle. Des tentatives d’industrialiser cette production ont été mises en vigueur, mais, elles n’ont duré que le temps d’un feu de paille. Le département en charge du Commerce et de l’Industrie gagnerait à mieux carburer dans le sens de la production industrielle qui placerait notre pays dans la catégorie des gros producteurs et vendeurs de beurre de karité dans le monde. Les industriels chocolatiers avaient envisagé la possible adjonction du beurre

Lutte contre la corruption et la délinquance financière : Utile session de renforcement des capacités des acteurs de la justice

Bamako, 20 novembre (AMAP) Un Master class sur la lutte contre la corruption se tient, depuis mardi, à l’Institut national de la formation judiciaire (INFJ), pour renforcer les capacités des magistrats et autres acteurs de la justice impliqués dans la lutte contre les crimes économiques et financiers et de permettre une synergie fonctionnelle entre ces différents corps et structures de contrôle de l’Etat. L’ouverture des travaux était présidée par le représentant du ministre de la Justice et des Droits de l’Homme, Bakary Soliba Coulibaly, en présence du directeur de l’INFJ, Toubaye Koné, du Vérificateur général, Samba Alhamdou Baby et de nombreux autres invités. Ce Master class, qui durera quatre jours, est offert dans le cadre du Projet Redevabilité publique et participation des femmes au Mali (RPPFM) financé par la coopération canadienne et dont la mise en œuvre est assurée par Cowater international (Une agence canadienne). Au cours des travaux, les participants seront outillés sur plusieurs modules à savoir : « Economie politique de la corruption » ; « Catalogues des infractions relevant de la compétence du Pôle économique et financier » ; « Transactions illicites et blanchiment d’argent : dynamiques au Mali ». S’y ajoutent d’autres thématiques comme : « Réflexions sur la complexité des liens entre la corruption, le terrorisme et son financement, et discussions autour de la coopération régionale et internationale en matière de lutte contre le blanchiment de capitaux et le financement du terrorisme » ; « Impact de la corruption  sur les femmes et les filles au Mali » ; et « Les pratiques de corruption dans la passation des marchés publics ». Cette rencontre intervient à un moment où un ensemble de réformes compréhensives du cadre juridique du système de la justice régissant la lutte contre la corruption au Mali est en cours. L’occasion est donc propice pour les participants de connaitre les développements récents en vue d’identifier des mesures optimales de renforcer la collaboration institutionnelle dans la lutte contre la corruption. Selon le directeur de l’INFJ, la délinquance financière est l’un des fléaux qui minent aujourd’hui le développement de notre pays. Toubaye Koné a ajouté que ce fléau sape « nos institutions démocratiques, ralentit le développement économique et contribue à l’instabilité du pays » Il a indiqué que la justice joue un rôle très important dans la lutte contre le phénomène, estimant que le ministère de la Justice, à travers l’INFJ, ne pouvait demeurer en reste dans la lutte contre ce fléau. « C’est pourquoi, notre stratégie dans cette lutte, nous amène à n’épargner aucun effort pour nous assurer que nos magistrats associés aux autres acteurs impliqués dans la lutte contre la corruption aient une formation appropriée », a justifié le directeur de l’INFJ. Pour lui, la stabilité des institutions et la paix sociale au Mali dépendent de la qualité et de la crédibilité de notre système judiciaire. Toute chose qui interpelle les acteurs de la justice. Pour le représentant du ministre de la Justice et des Droits de l’Homme, cette activité arrive à point nommé puisqu’elle « vient renforcer les actions du gouvernement, sous l’impulsion du président de la République, de lutter contre la corruption afin de répondre aux aspirations et attentes des citoyens ». « L’heure n’est plus aux discours ou aux tergiversations. Il s’agit d’engager des actions fortes, avec professionnalisme et loyauté pour asseoir la crédibilité et l’efficacité nécessaires pour inverser la tendance fâcheuse quant à la profondeur de la corruption dans notre pays et arriver à des résultats probants », a invité Bakary Soliba Coulibaly. Selon lui, les sujets qui seront traités et l’approche préconisée au cours de ces quatre jours permettront aux participants d’approfondir la compréhension du phénomène de la corruption ainsi que des moyens de lutte contre ce fléau qui mine le développement de du Mali. BD/MD (AMAP)