Gao : Effervescence au marché des couvertures en période de froid

Par Abdourhamane TOURE AMAP-Gao Gao, 13 janvier (AMAP) Le marché de la ville de Gao est innondé de diverses marchandises qui proviennent des pays frontaliers (Mauritanie, Algérie, Libye et Niger). En cette période de fraicheur, ces articles, les plus très prisés sont les couvertures de 2, 4, 6 et 8 kg. Ces couvertures viennent de la Mauritanie, l’Algérie (Kouria) et de la Libye. Certains commerçants arabes, d’origine mauritanienne ou algérienne et même malienne, viennent vendre ces produits aux commerçants de Gao. Ceux-ci les revendent, à leur tour, aux clients nomades, sédentaires et même à certains commerçants de Sikasso ou de Bamako. Au Mali, le mois de janvier est considéré comme la période du froid dont le degré varie selon les zones. Actuellement, dans le Nord, il fait excessivement froid, d’où la forte demande de couvertures dans ces régions septentrionales. C’est le cas à Gao ou le correspondant régional de l’AMAP a fait le tour du marché de la ville pour en faire le constat. Albekaye Kounta est un commerçant très connu à Gao dans la vente de couvertures et d’autres marchandises. « Ça fait 50 ans que j’exerce la profession  de commerçant. Je l’ai héritée de mes parents et c’est la seule activité que je  connais », dit. Le vieux Kounta vend les couvertures, les tapis, les salons marocains, les matelas, les congélateurs…. Selon lui, à Gao, le commerce général c’est-à-dire qu’ici, un commerçant vend un peu de tout. Il estime que le prix des couvertures varie selon leurs poids. « Généralement, mes clients sont des militaires maliens mais eux n’achètent que des couvertures de 12.000 ou de 20.000 Fcfa. Ceux des Nations unies achètent les couvertures de 50.000 Fcfa mais c’est lent », confie Kounta. « En plus, notre bénéfice sur les couvertures est médiocre », ajoute le commerçant. Quant a son collègue, Albouhari Maiga, installé non loin du commissariat de police de Gao, il dit exercer ce métier, depuis sa tendre enfance. «Moi, je cède la couverture de 8kg à 22.500 Fcfa. Avant la crise, au mois de janvier où il fait froid, je pouvais vendre un ballot qui peut contenir 20 à 30 couvertures. Maintenant, par jour, je peux vendre 3 à 4 couvertures de 2 à 4 kg. Parce que la crise a affecté tout le commerce’, explique-t-il. « Avant, mes clients étaient des femmes commerçantes qui venaient acheter des couvertures et d’autres marchandises pour les revendre à Sikasso, Bamako et même ailleurs. Aujourd’hui, avec l’état de la route et l’insécurité, toutes ces commerçantes ont abandonné le secteur du commerce par peur d’être attaquée par des bandits sur la route et cela a beaucoup impacter le commerce des grossistes de Gao », a détaillé le commerçant Albouhari. Mme Baby Bintou Dicko que nous avons approchée vient d’acheter une couverture de 2kg à 12.500 uniquement pour le froid. Selon elle, en temps normal,  elle pouvait l’avoir à 11.500Fcfa. Hama Maiga s’apprête aller à Niamey par la route. Il est venu au marché pour acheter une couverture. Il tenait en main une couverture de 2kg qu’il a négocié à 7.000 Fcfa dans la boutique de Hamed Ben Sidi. Hamed Ben Sidi est un commerçant qui tient boutique à côté de l’agence d’une banque à Gao. Chez lui, on trouve des couvertures de 2kg jusqu’à 8kg. Selon lui, c’est en période de froid que les couvertures sont très sollicitées. Les couvertures qui  viennent de la Mauritanie sont de la bonne qualité. Il vend aussi des tapis algériens et turcs ainsi que des salons marocains. Le commerçant Ben Sidi cède les tapis de 2/3 à 12.500 Fcfa, les 4/3 à 50.000 Fcfa et les 5/3 à 65.000 Fcfa. Les salons marocains entre 150.000 de 180000 Fcfa. « Depuis que la crise 2012 a éclaté, nous (commerçants de Gao) sommes confrontés à la rareté de la clientèle parce que nos clients potentiels, qui viennent de Bamako, ne peuvent plus transporter leurs marchandises par la route de Gao-Sévaré, parce qu’une fois qu’ils arrivent à Sévaré, les douaniers demandent les papiers de dédouanement alors qu’à Gao rien n’est encore mis sur pied en ce qui concerne le dédouanement », a déclaré Hamed Ben Sidi. A l’en croire, certains de ses clients lui ont dit que même pour deux tapis, la douane de cette zone exige le dédouanement. « Tous mes clients ont, ainsi, abandonné le secteur des produits importés des pays voisins », se désole le commerçant qui ajoute, en souriant, que « le fonctionnement des services de la douane à Gao ou ailleurs n’arrange aucun commerçant ». La ville de Gao est alimentée par des produits importés d’Algérie, de Mauritanie, de Libye, de Turquie et du Niger. Sans ces produits exportés et comte tenu de l’état de la route de Gao-Sévaré, que deviendront les habitants de la Cité des Askia ? AT/MD (AMAP)      

Le froid dope le marché de la friperie 

Par Fatoumata T. DIAWARA Bamako, 13 janvier (AMAP) En ce moment, les vendeurs de friperie (yougou-yougou) ont  le sourire. Pour cause, le marché de ces vêtements usagés est, actuellement, très prospère en raison de la période de froid. Quand la température baisse, le commerce des vêtements usagés connaît une hausse. Beaucoup de gens y trouvent des habits chauds à moindre coût pour se protéger contre la fraîcheur. Les clients se bousculent devant les étals et les vendeurs réalisent des ventes record. Pour s’en convaincre, il suffit de faire un tour au marché de Médine qui demeure un site de gros importateurs de friperie au Mali. C’est le marché de prédilection pour les jeunes bamakois férus de fringues et qui n’ont pas forcément de grands moyens. Ce jour, de début janvier, il est 10h30mn. Le marché grouille de monde. Les vendeurs spéculent sur leurs marchandises, très souvent, en provenance de pays européens ou des Etats-Unis et les clients proposent des prix inférieurs aux propositions des premiers. Dans ce tohu-bohu indescriptible, le marchandage est un sport favori. Tout le monde veut faire la bonne affaire, qui pour renouveler sa garde-robe avec des costumes, vestes et chemises, qui pour se procurer des pullovers, des T-shirts et autres survêtements. Il y en a pour tous les goûts et pour tous les prix. Les grossistes disent s’approvisionner à partir de pays européens, d’Amérique et d’Asie. Leurs marchandises sont acheminées à Bamako par voie aérienne ou maritime. Ils cèdent ensuite des ballots de friperie à d’autres intermédiaires (des demi-grossistes et des détaillants) qui s’assurent de faire le tri et de repartir en lots de premier, deuxième et troisième choix. A titre d’exemples, les ballots sont ensuite vendus à 100.000 Fcfa pour le premier choix, 80.000 Fcfa pour le deuxième choix et 60.000 Fcfa pour le troisième et dernier choix. Ensuite, les détaillants de vêtements usagés vendent à l’unité. Une veste est négociée à partir de 20.000 Fcfa. Les pantalons sont cédés entre 1.000 et 4.000 Fcfa.  Le prix des chemises oscille entre 750 Fcfa et 2000 Fcfa. Les pull-overs sont à 1.250 Fcfa l’unité et les jupes à 800 Fcfa la pièce.  Les T-shirts sont cédés à 700 Fcfa et d’autres habits sont accessibles à moindre coût. Mohamed Traoré évolue dans le négoce de la friperie au marché de Médine. Il reconnaît que ses affaires marchent en ce moment. C’est une niche, il en profite. « Je vends des bonnets, des chaussettes, des pullovers et des pantalons », nous confie-t-il, en continuant la transaction avec un client. Il fait de bonnes affaires, actuellement, parce que les pullovers, les chaussettes et les gants s’écoulent comme de petits pains Pour lui, il est clair que la friperie est plus prisée que certains prêts-à-porter, notamment en termes de qualité, de diversité et de coût.. Moussa Coulibaly est lui, aussi, vendeur de friperie dans la cour de l’ancienne Régie des chemins de fer ou « woro courou ». Il apprécie le comportement du marché. Il reconnaît que les prix ont pris l’ascenseur parce que maintenant les habits sont vendus entre 500 et 3.500 Fcfa l’unité. Modibo Dembélé, vendeur de friperie sur le même site confesse que, depuis décembre, il ne vend exclusivement que des pullovers. « C’est un marché rentable, ce qui justifie mon choix », explique-t-il. Notre équipe de reportage a pu constater l’affluence autour de lui. Cheickna Ousmane Diakité se présente comme un client fidèle de la friperie. Il est venu acheter un pullover pour se protéger du froid, donc contre certaines maladies. Aminata Touré est, aussi, férue de fringue. Pour elle, peu importe la période, pourvu qu’elle arrive à faire ses emplettes parce qu’elle estime que c’est une exigence pour une femme d’être toujours bien mise. « Je fais le tour  des marchés de friperie, à la recherche de pullovers de qualité pour ma famille, notamment ma progéniture. Mes  enfants ne partent pas à l’école, en cette période de fraicheur, sans pullovers », dit-elle. « Tout le monde doit porter des habits chauds maintenant. Si on ne se couvre pas bien, on risque d’attraper certaines maladies. Or acheter un pull à 2,000 Fcfa ou plus vaut mieux qu’attraper des maladies et acheter des médicaments ensuite », estime-t-elle. « Les ballots sont trop chers en ce moment. On y trouve pas forcément la qualité », juge Mme Traoré Khady Coulibaly. Cette mère de trois enfants quitte, chaque jour, l’Hippodrome II où elle est domiciliée, pour se rendre au marché de Médine. Elle y vend de la friperie. Contrairement à d’autres, elle peine à trouver de la clientèle. Mariam est, aussi, vendeuse et connaît la même mévente. Pour elle, les prix connaissent une hausse. Mais c’est une situation liée au coût élevé du dédouanement. « J’achète les ballots dans un grand magasin, au marché de Médine. C’est de la friperie qui vient de la France, du Canada, de l’Italie et d’Amérique », explique-t-elle. Si le besoin de porter des vêtements chauds conduit beaucoup de gens à se tourner vers la friperie et les vendeurs profitent de cet engouement, l’embellie est passagère pour ne pas dire saisonnière. FT/MD (AMAP)

L’après 31 décembre à Bamako : Des lendemains qui déchantent pour les vendeurs de poulets

Par Amadou GUÉGUÉRÉ Bamako, 10 janvier (AMAP) Si pour certains la Tabaski est la fête des moutons, pour beaucoup d’autres la Saint Sylvestre est la fête aux poulets. Qui dit poulet fait référence à ces marchands de volailles qui, à la veille des fêtes, se frottent généralement les mains. A l’occasion, l’abondance de la demande crée souvent des pénuries de gallinacés sur le marché de Bamako, avec son corolaire de spéculation. Et après la fête ? Lundi, 06 janvier. Une tournée de quelques souks de la capitale pour s’imprégner de l’atmosphère et de l’affluence. Le marché de Banankabougou est considéré comme l’un des plus grands centres de vente de volailles à Bamako. Situés en plein cœur de ce marché situé en Commune VI du District de Bamako, les étals des marchands de volailles s’étendent sur environ 30 mètres. Ici, le prix unitaire du poulet varie entre 2.000 et 2.500 Fcfa. La pintade, elle, coûte entre 3.500 et 4.000 Fcfa. Au loin, on observe une vingtaine de caisses et de paniers chargés de poulets, de pintades et de pigeons, en attente d’éventuels acheteurs. Là, va avoir lieu un marchandage. Habillé en t-shirt noir, Yaya Diallo, la quarantaine, discute le prix de poulet avec un potentiel preneur. Sa cage contient plus d’une centaine de poulets et de pintades. « Combien coûte le poulet blanc, non le noir ? », demande le client. « Je vous le cède à 2.500 Fcfa », rétorque le vendeur. « Je le prends à 2.000 Fcfa », renchérit l’acheteur. « Ok ! Je vous le donne à ce prix-là », concède le marchand. Vite fait ? Oui. Bien fait ? à voir, surtout pour le vendeur ! Interrogé après cette discussion, notre interlocuteur reconnaît que l’affluence était beaucoup plus grande à la veille de la fête. « Il y avait du monde partout, tout le monde voulant apporter du poulet en famille », ajoute Yaya Diallo. « Je ne peux pas vous donner un chiffre mais, j’en ai beaucoup vendu à la veille du 31 décembre. Après, il n’y a plus de vente », se désole-t-il. Pour lui, le marché de poulet dépend des circonstances et chaque jour a ses réalités. « Il est des jours où les clients affluent. Il y a, aussi, des moments où nous passons toute une journée sans réaliser la moindre vente. Nous gagnons quand-même de quoi nourrir la famille », explique-t-il. CHIFFRE D’AFFAIRES – A côté de lui, commerce Youssouf Diarra, un autre vendeur de volaille. Assis sur une chaise au milieu de collègues, la causerie semble animée. « Aujourd’hui, le marché est timide, il n’y a pratiquement plus de vente. La veille de la fête de fin d’année, j’ai vendu des milliers de poulets et de pintades. Aujourd’hui, je vends moins d’une centaine de poulets », compare M. Diarra, d’une voix timide. Dans les alentours, jouent des adolescents âgés de 15 et 16 ans. Leur tâche est de déplumer la volaille à la demande du client. « S’il n’y a pas de marché du côté des vendeurs de poulets, nous sommes obligés d’attendre. Et, actuellement, les clients se font rares », témoigne un jeune arçon. « Cela semble dû au manque d’argent, parce que les gens ont beaucoup dépensé pendant la fête », estime un d’eux. Arrivé au marché de Magnambougou, nous avons rencontré un vendeur de poulets qui a voulu garder l’anonymat. Vêtu d’un pull-overde couleur bleue, un petit sac en bandoulière, il dénonce la concurrence déloyale des vendeurs ambulants. « Ceux-ci ne payent pas de taxe. A la fin des fêtes, ils disparaissent et attendent la prochaine fête », déplore le vendeur. A l’entendre, les vendeurs ambulants sont à la base de cette mévente à laquelle est confronté le secteur aujourd’hui. Au marché de Torokorobougou, en Commune V, à l’autre bout de Bamako, un jeune homme vend des poulets au bord de la route, en face du marché. Lassiné Traoré confie : « Le 31 décembre dernier, j’ai réalisé un chiffre d’affaires estimé à 150.000 Fcfa ». Depuis, seuls quelques clients habituels rendent visite au marchand de volaille. AG/MD (AMAP)

Pénurie de gaz butane : Le charbon fait feu de tout bois

Par Babba B. COULIBALY Bamako, 08 janvier (AMAP) Depuis plusieurs semaines, à Bamako, le gaz butane joue la star. Il faut débourser le double, voire le triple du prix subventionné (3.500 Fcfa) pour s’offrir la bouteille de 6 kg. Les usagers se tournent vers le charbon de bois, dont les prix prennent aussi l’ascenseur. Mais les vendeurs réfutent toute relation de cause à effet. Nous sommes en pleine pénurie de gaz butane. Ce combustible non pollueur est devenu au fil du temps un compagnon indispensable des ménages de la capitale malienne. Il se substitue même, souvent, au charbon de bois, de moins en moins, utilisé par une classe moyenne. Cette rupture suivie d’une augmentation du prix d’un tel produit a poussé les ménages à se tourner vers le charbon de bois, On peut en imaginer dont les dommages sur l’environnement qui restent à évaluer. Aux points de vente du charbon de bois, à travers la ville de Bamako, la situation est à la surenchère. N’Golo Diarra est vendeur grossiste de charbon depuis près de 25 ans au marché de Lafiabougou. Habits et visage colorés noircis au contact du charbon, il est catégorique : « Le manque de gaz butane n’a pas eu d’impact sur le prix du charbon ». Pour lui, la flambée, ces derniers temps, du prix du charbon est périodique. « En ce sens, argumente-t-il, que l’accès aux sites de production du charbon est très difficile pour les véhicules pendant la saison des pluies ». S’y ajoute le froid qui empêche les producteurs de couper suffisamment d’arbres. Créant, ainsi, une situation où l’offre est inférieure à la demande. « C’est ce qui a entraîné l’augmentation du prix du charbon », tente de convaincre N’Golo Diarra dont le dépôt était pris d’assaut par des clients. A l’en croire, les prix pourraient baisser après la saison froide. Car, la production du charbon est moins onéreuse et moins pénible en saison sèche. « C’est pourquoi nous cassons les prix pendant la saison de sèche », explique celui qui cède le sac de charbon à 5.000 Fcfa, précisant que le prix varie d’un point de vente à un autre et en fonction des localités de provenance. La Région de Sikasso apparaît comme un centre de production par excellence du charbon de bois. En témoigne la disparition accélérée et inquiétante des forêts qui ceinturent la région frontalière de la Côte d’Ivoire et du Burkina Faso. A preuve, toutes les deux semaines, Madou Sonta décharge des centaines de sacs de charbon transportés par des véhicules en provenance de Sikasso. Ce fournisseur, âgé d’une cinquantaine, est installé au marché de Ouolofobougou. Par jour, Madou Sonta peut écouler plus d’une cinquantaine de sacs de charbon. « Le manque de gaz butane, renchérit-il, n’a pas provoqué une augmentation de prix du sac de charbon. Il a, par contre, entraîné un soudain afflux de la clientèle », reconnaît M. Sonta. « Bien avant la crise du gaz, on vendait le sac aux détaillants à 4.500 Fcfa », rappelle-t-il, ajoutant que le charbon qu’il vend provient de Kolondièba. Si les marchands de charbon réfutent tout lien entre la hausse du prix et la pénurie de gaz butane, ils confirment tous que cette crise a gonflé leur clientèle. « La crise du gaz, nous arrange en quelque sorte car, par jour, je vends plus de 50 sacs. Et les sacs que vous voyez seront écoulés avant la fin de la journée », sourit Madou Sonta, en pointant le stock du doigt. Contrairement à son voisin Madou Sonta, Salif Doumbia a, lui, cassé ses prix. « Le prix dépend de la provenance. Je cède le sac à 3.500 Fcfa voire 3.750 Fcf », assuré M. Doumbia, qui venait de vendre une dizaine de sacs à Mme Diarra. Le charbon dont il fait commerce provient de Siby, localité située à quelques dizaines de kilomètres de la capitale. La pénurie de gaz semble être une aubaine pour des livreurs de charbon. Saisissant l’opportunité, ils se sont transformés en revendeurs ambulants de charbon de bois. Tel est le cas du jeune Boua Théra. Rencontré au niveau du marché de Fassambougou, en Commune II, il explique : « Maintenant, le commerce de charbon est très florissant. Comme la plupart de mes camarades, j’ai choisi cette option, c’est plus rentable que la livraison que je faisais. Sur chaque sac, je fais un profit de 500 Fcfa ». Conséquence ?  Les ménagères, elles, se plaignent de la hausse du prix de combustible. « Le sac de charbon est intouchable. Le gaz butane est introuvable. C’est vraiment difficile pour nous », peste Aïssata Diallo. La bonne dame venait d’acheter quelques sachets de charbon. BBC/MD (AMAP)

Horticulture en milieu urbain : Un trésor végétal en friche

Par Mohamed TOURE Bamako, 08 janvier (AMAP) « Construire une maison sans plantes, c’est comme habiller une jeune femme sans bijoux. » Cette phrase ne sort pas d’un recueil de poèmes. Elle est de Daouda Sangaré qui nous décrit toute l’importance que revêt, à ses yeux, son métier d’horticulteur. Une blouse verte sur les épaules, cet amoureux des plantes passe beaucoup de temps dans son jardin. Un endroit idyllique, superbement décoré de fleurs multicolores, dont le parfum est une bonne bouffée d’oxygène en ces moments de pollution de plus en plus importante à Bamako. Ce matin de janvier, une brise provenant des berges du fleuve Niger balaie l’endroit, tel un havre de paix. Le courant d’air fait balancer les branches d’arbustes qui ornent le lieu. Sur l’écriteau de la devanture on peut lire « Inter Flora ». Le maître des lieux est vite reconnaissable à son activité et à ses échanges avec les clients. «J’exerce ce métier depuis 1974. A l’époque, j’étais gamin et était aux côtés de mon père », confie-t-il. Pour Daouda Sangaré, sa profession est d’une grande importance dans le contexte actuel de changement climatique. Des signes avant-coureurs de l’avancée du désert vers la zone soudanienne du Mali sont là. Plusieurs espèces de végétaux sont proposées aux clients : plantes d’intérieur (plantes fleuries, plantes vertes), d’extérieur (arbustes d’ornement, arbres fruitiers) et des accessoires de jardinerie, notamment des pots. En fait, plus d’un millier d’espèces végétales exotiques y sont exposées. Elles proviennent des quatre coins du monde : Europe, Asie, Amérique du Sud ou des pays du continent africain, comme Madagascar, Congo, etc. C’est une kyrielle de variétés, des arbres fruitiers (manguiers, citronnier, cocotier, cacaoyer, caféier), des espèces décoratives le plus souvent exotiques (les rosiers, les palmiers, les sapins). La collection de cactus est la plus impressionnante. Il possède plus d’une quarantaine de variétés de cet arbre d’origine américaine. L’horticulteur explique que plusieurs espèces d’arbres florales, telles que « le Chapeau de Napoléon », les « Belles de nuit », « les belles de jour », ont été introduites au Mali à l’époque coloniale. PASSIONNÉS DE BOTANIQUE – De nos jours, la demande en espèces étrangères est de plus en plus importante. Notre interlocuteur affirme être toujours en train de chercher de nouvelles plantes. Dans cette tâche, il est souvent aidé par des particuliers passionnés de botanique. « Je trouve, souvent, de nouvelles espèces chez certains clients qui ont la passion des arbres. Lors de leurs déplacements sur d’autres continents, ils nous apportent de nouvelles espèces ou même des graines qu’ils nous demandent de développer », explique Daouda Sangaré, tout en nous montrant sa toute dernière trouvaille : un Aglaonéma, une espèce d’arbre floral asiatique avec de belles formes de feuillage, allongées et aux couleurs panachées. « J’ai commencé à le développer, il y a six mois. D’un seul pied, j’en suis déjà à huit maintenant. Pour ne pas le vendre, je dis souvent aux clients qu’il coûte 50.000 Fcfa », plaisante-t-il, sourire aux lèvres. Plusieurs espèces de plantes arrivent au Mali,  à travers certains pays voisins tels que la Côte d’Ivoire, le Sénégal et la Gambie. Ces pays étant fournis par les navires venant d’autres continents, principalement d’Amérique du Sud. Les prix des plants varient entre 50 Fcfa, 100 Fcfa et 250 Fcfa, selon différentes catégories et leur disponibilité sur le marché. Les espèces les plus prisées sur le marché sont les rosiers, « les épines du Christ » ou encore le « Lantana camara », des arbres décoratifs très demandés. Certaines variétés, parmi les plus rares sur le marché, peuvent valoir jusqu’à 100.000 ou 150.000 Fcfa. La « palme d’or », dans cette catégorie, est remportée par le « Cycas géant » qui coûte la bagatelle de 250.000 Fcfa. Cet arbre, utilisé pour la décoration, a la particularité d’être doté d’un tronc court et d’un beau feuillage brillant. Cette prolifération des espèces végétales a entrainé la multiplication des pépinières qui poussent comme des champignons en plusieurs endroits de Bamako. Les horticulteurs et les pépiniéristes sont estimés, actuellement, à près de 300 producteurs dans notre capitale, selon Lassina Diarra, le président pour la Commune III de l’Union régionale des sociétés coopératives des horticulteurs et pépiniéristes de Bamako. Sékou Coulibaly et Salif Dembélé sont aussi membres de cette association. En 2000, ils ont fondé la pépinière « Ba Djoliba ». Les deux hommes emploient plusieurs jeunes apprentis, qui sont affairés à remplir les sachets en plastique usés de terre, pour contenir les plantes. Ici, en plus des arbres exotiques adaptés au climat du Mali, on propose aussi des espèces aux vertus médicinales. En effet, certaines variétés, telles que les « Aloe vera », les « feuilles glacées », le « Moringa » sont très prisées pour soigner ou prévenir certaines maladies. Cependant, les ventes de plants d’espèces fruitières représentent le gros du chiffre d’affaire des producteurs. Ce marché est, particulièrement, boosté pendant l’hivernage. « A cette période de l’année, certaines personnes peuvent nous acheter un millier de plants de citronniers ou de manguiers, d’un trait, pour leur plantation », confie Sékou Coulibaly. A l’analyse des chiffres avancés, on se rend compte que ce secteur peut être extrêmement porteur pour le Mali. « Nous étions à une prévision 80.000 plants, en 2019, pour la filière mangue au compte des producteurs de Bamako », relève Lassina Diarra. Il souligne que compte tenu de ce potentiel, notre pays exporte, chaque année, une grande quantité de plants de mangues vers d’autres pays comme le Sénégal, le Mozambique, le Gabon, etc. INSTALLATION PRECAIRE – Malgré ce fort potentiel de productivité, les horticulteurs déplorent certaines difficultés majeures qui minent leur domaine d’activité. Notamment, la disparition de certaines espèces d’arbres, pourtant très présentes, il y a quelques années, du fait du changement climatique ou de la non qualification des jardiniers pour les entretenir. Il s’agit, entre autres, selon Daouda Sangaré, des espèces comme les « Acalyphas », les « Chapeaux de Napoléon » ou les « Queues de singe ». Le manque de valorisation et le caractère précaire et informel du métier sont aussi décriés par les horticulteurs. Et Salif Dembélé de déplorer la vision de certaines personnes qui pensent que « la vente de plants d’arbres est un métier encore peu valorisé ». « Souvent, elles nous prennent pour

Du poulet avarié intercepté à Kouremalé, à la frontière guinéenne 

Bamako, 07 janvier (AMAP) Les douaniers de Kourémalé ont saisi, très tôt, lundi matin, un véhicule de type 4×4 contenant 45 cartons de viande de poulets en état de putréfaction avancé, a appris l’AMAP de source proche de la douane. Sur la base d’une information fiable, les agents des douanes se sont lancés à la recherche du véhicule qui sera immobilisé, à 1h 45 mn, à 35 km de Kourémalé, après une longue course-poursuite. Le véhicule, conduit par une personne handicapée de nationalité malienne, dégageait une puanteur insupportable, attirant la curiosité des douaniers Il contenait 45 cartons de 10 kg, soit 450 kg de pièces de poulets. Le délinquant avoue s’être approvisionné à Siguiri, côté guinéen à 70 km de la frontière. Après la saisie de cette viande avariée qui était destinée au marché malien, les responsables régionaux des douanes de Koulikoro ont inspecté le produit avant de féliciter les agents de Kourémalé qui saisissent, très souvent, des produits prohibés. Le chef de la division des services de brigade, le lieutenant-colonel Bourama Diakité, a indiqué que «la protection de la santé publique est une mission régalienne des services des douanes. « Ce produit qui vient d’être soustrait du marché alimentaire est vendu à 25.000 FCFA le carton. La cargaison complète pourrait être vendue à plus d’un million de Francs cfa », a-t-il dit. L’individu arrêté serait un récidiviste. Il y a deux semaines, il aura été arrêté par les douaniers en possession de foie avarié. Le 29 décembre dernier, il aurait été, également, appréhendé avec 41 cartons du même produit et du foie impropre  la consommation. « La douane n’est pas que fiscale », a insisté le chef de la division qui n’a pas manqué de féliciter les agents qui ont opéré cette saisie. AC/MD (AMAP)

Douanes : Saisie à Zégoua de 27 kg d’or d’une valeur de plus de 800 millions de Fcfa

Bamako, 07 janvier (AMAP) Les douanes maliennes ont saisi, dans la même soirée, dimanche, à la frontière ivoirienne, 17 kg et 10 kg, soit 27 kg d’or pur, pour une valeur cumulée de plus de 800 millions de Fcfa, indiquent des sources officielles. La valeur marchande de la première saisie est de 306 millions de Fcfa tandis que la seconde est évaluée à 508 millions Fcfa, ajoutent les mêmes sources qui rappellent que cette opération intervient après trois autres saisies d’orsur l’axe Bamako-Abidjan, dont deux par le bureau secondaire de Zégoua  Un bus transportant des passagers est arrivé à 2 heures du matin dans la cour du bureau secondaire de Zégoua. Les agents des douanes ont décidé de fouiller le véhicule en provenance d’Abidjan, en passant par Bouaké et dont la destination finale était Bamako. Les douaniers ont interrogé expressément le conducteur du car sur la nature des marchandises qu’il transporte. Celui-ci aurait déclaré ne rien transporter d’illégal et que ses passagers étaient respectueux de la réglementation douanière. Pas convaincus par cette déclaration, les douaniers, savent d’expérience que les cars de transport en commun sont, très souvent, empruntés par des individus mal intentionnés pour tromper la vigilance des services de contrôle. Ils ont noté qu’un passager du car était perturbé par leur présence. Il montrait des signes de panique dont quelques gouttes de sueur sur ses joues. Les agents ont soupçonné que ce passager cachait une marchandise prohibée. Dès les premiers échanges de l’interrogatoire, le voyageur est passé à table. Le chef du bureau des douanes a, ainsi, ordonné à ses agents de passer à la fouille corporelle à la recherche de la marchandise que l’individu disait transporter. L’agent des douanes a découvert sur le voyageur des objets durs et compacts. Deux ceintures tenaient des chaussettes en soie cousues pour la circonstance. A l’intérieur de chaque colis, se trouvaient des lingots d’or de 17 kg soigneusement emballés. Dans le même bus, un autre passager tremblait, aussi, de peur. Il promenait un regard inquiet dans tous les sens. A la fouille, il a été découvert, sous ses habits amples, des colis totalisant 10 kg d’or. Tous les deux trafiquants sont de nationalité ivoirienne.  On rappelle que les 4 dernières saisies d’or par les douanes pourraient atteindre une valeur marchande de plus d’un milliard de Francs Cfa AC/MD (AMAP)

Mali : Des cas d’enrichissement illicite présumés confirment des inquiétudes et études antérieures

Par Amadou B. MAÏGA Bamako, 06 janvier (AMAP) Lesrévélations du président de l’Office central de lutte contre l’enrichissement illicite (OCLEI), Moumini Guindo, samedi, au cours d’une conférence de presse pour partager le rapport annuel de l’institution avec la presse et les acteurs de la chaîne de répression de l’enrichissement illicite au Mali, confirment les inquiétudes soulevées par le rapport 2018 du Bureau du vérificateur général (BVG). Selon ce document remis au chef de l’Etat, le 4 juillet 2019, les faiblesses de gouvernance et de gestion des deniers publics constatées ont mis en exergue le fossé entre les pratiques des agents publics, les textes juridiques, les procédures administratives, etc. Faisant dire aux contrôleurs indépendants que le détournement des deniers publics ne fait plus peur en République du Mali. De hauts cadres de l’Etat réussissent, sans crainte, à détourner des milliards de Fcfa, privant ainsi les populations des services sociaux de base. Ces constats du BVG corroborent les conclusions de l’étude commanditée par l’OCLEI, lui-même, sur l’étiologie de l’enrichissement illicite dans l’Administration publique malienne dans le District de Bamako, les Régions de Kayes, Koulikoro, Sikasso et Ségou. « Ses cibles, a expliqué le président de l’OCLEI, étaient les agents publics et des citoyens non fonctionnaires. Il s’agissait alors de savoir les causes principales qui poussent les agents publics à s’enrichir de façon illicite. Les conclusions, présentées par M. Guindo, ont montré que les causes de l’enrichissement illicitepour les zones concernées par cette étude sont dues à 60% aux faiblesses institutionnelles, législatives et règlementaires, 57% à la volonté d’être riche, à 55,6% aux causes socioculturelles et à 50% au manque de volonté politique de combattre le fléau. « Les méthodes et pratiques utilisées sont, entre autres, la perception de pot-de-vin, le détournement des deniers publics et l’abus d’autorité », a énuméré le conférencier, déplorant que les obstacles à cette lutte décelés par l’étude sont les immunités et privilèges de juridiction, l’absence de protection des dénonciateurs et la faiblesse de la volonté politique, etc. L’OCLEIa transmis à la justice trois dossiersd’enrichissement illicite et de corruptionprésumésdont la valeur cumulée est évaluée à plus de 4 milliards de Fcfa, a révélé samedi son président. Le premier concerne un inspecteur des services de sécurité social qui serait propriétaire de 17 maisons d’habitation dont trois ont déjà été vendues. Il posséderait, aussi, quatre véhicules particuliers. La valeur des biens est estimée à 969,31 millions de Fcfa. Le deuxième dossier concerne un inspecteur des finances qui aurait 18 maisons d’habitation. Sa résidence est un bâtiment de trois étages avec une piscine, qui aurait coûté 400 millions de Fcfa. Pendant que l’enquête était en cours, il aurait vendu trois maisons à ses propres enfants dont une villa à l’ACI à 10 millions de Fcfa. L’homme posséderait, également, 18 maisons non encore bâties. Le total des biens s’élève à 1,751 milliard de Fcfa. Le troisième concerne, aussi, un inspecteur des finances. L’office a identifié 20 bâtiments lui appartenant dont 17 maisons d’habitation. Ses biens immobiliers comporteraient, aussi, deux écoles privées, une ferme agricole mise en valeur, 46 parcelles dont l’essentiel est en titre foncier, deux maisons d’habitation déjà vendues, un bâtiment commercial vendu aussi. Cette personne a utilisé beaucoup de prête-noms. Ses enfants de 2 ans, 4 ans et 6 ans, posséderaient, respectivement, des maisons de 300 millions, 100 millions, 200 millions. La valeur de ses biens a été estimée à 1,562 milliard de Fcfa. « Outre ces trois dossiers qui ont été menés à leur terme, l’OCLEI travaille sur 35 autres dossiers, dont les conclusions seront portées à la connaissance du grand public », a annoncé Moumini Guindo. Il a assuré que, pour faciliter le rapatriement des fonds présumés détournés, son office est en train de signer des protocoles avec les organisations de lutte contre l’enrichissement illicite présentes dans les pays concernés. Guindo a révélé que l’essentiel de l’argent détourné au Mali est transféré à l’étranger. Ce magistrat jugé «travailleur acharné» par le président de la République a, entre autres, cité la sous-région, la France, les Etats-Unis d’Amérique et le Moyen-Orient comme « destinations de l’argent détournée par des fonctionnaires véreux ». Concernant la déclaration de biens des assujettis, l’OCLEI a reçu 998 déclarations de biens entre 2017-2018 », a révélé son président. « Les gouverneurs, les préfets et les sous-préfets constituent la majorité des fonctionnaires qui se sont pliés à cet exercice », a-t-il précisé. Toutefois, pour changer la perception sur la corruption et espérer réussir la lutte contre ce fléau, les auteurs du rapport suggèrent des réformes institutionnelles, législatives et réglementaires. Afin, selon eux, de corriger les dysfonctionnements constatés au sein de l’administration publique, renforcer les capacités des systèmes juridiques et judiciaires, des organes de vérification et de contrôle. « Tout cela serait vain sans une amélioration des conditions de vie et de travail des agents publics », prévient l’étude sur l’éthologie de la corruption. Le rapport couvre la période du 1erjuin 2017 au 31 décembre 2018. Un numéro vert (80 00 22 22) est mis en place afin de permettre aux citoyens de dénoncer les faits d’enrichissement illicite et de corruption. ABM/MD (AMAP)

Des vergers au marché : Incontournables revendeuses de fruits à Bamako 

Par Maïmouna SOW Bamako, 03 janvier (AMAP) Ce lundi, 25 novembre, marché des bananes (Namassa Dankan). Comme tous les matins, Ici, la détermination est féminine. Les passages étroits, qui séparent les magasins des grossistes, grouillent de commerçantes au détail. La cohue, sans précipitation, se déplace dans tous les sens. Les revendeuses, arrivées tôt à la bourse des bananes, sont pressées de regagner le centre-ville. Elles sont chargées de régimes de bananes, de melons, d’oranges. Les retardataires sont reconnaissables à leur plateau coincé sous le bras. Elles bousculent tout le monde dans les étroits passages. Elles ont hâte d’arriver au stand de leur fournisseur habituel.  Dans ce souk, il n’est pas aisé de se frayer un chemin. Pour se faire entendre, tout le monde, clients, vendeurs, crie.  « C’est mon tour ! ». « Cédez-moi le passage ! ». « Dans quel sachet je mets tes achats ? ».  « Ne me bouscule pas ! ». Beaucoup de jeunes femmes rurales, venues en exode à Bamako, deviennent des vendeuses ambulantes de fruits de saison. Elles sont propres et bien habillées dans les rues, pour attirer la sympathie de la clientèle. Difficile de convaincre ces femmes de m’accorder deux ou trois minutes d’entretien sur le commerce de la banane. Je guette les allures des clientes. Je m’approche de celles qui affichent une mine sereine. Je me dis que celles-ci sont indulgentes et qu’elles seront gentilles de répondre à deux ou trois questions. Ma tactique se révèle efficace. Deux sœurs ressortissantes de Koro, Ramata et Awa Tolo, acceptent de m’accorder quelques minutes de leur précieux temps.  Toutes les deux sont mariées. Elles se partagent une caisse de banane chaque jour. « Le prix de la caisse de 30 kg oscille entre 4.000 Fcfa et 15.000 Fcfa, selon la taille des bananes », explique l’aînée Ramata. Depuis 5 ans, ce commerce apporte, à chacune, un bénéfice journalier de 2.000 Fcfa. Les deux jeunes femmes dogon sont dynamiques et pleines de vie. Elles affrontent, toute la journée, sourire aux lèvres, les personnes auxquelles elles proposent leur marchandise. Elles ne rentrent jamais à la maison sans avoir écouler leur stock. Il y a une bonne entente entre les deux sœurs. La cadette portait au dos le bébé de sa grande sœur, au moment de notre entretien, en plus du poids de la marchandise sur la tête. La cadette nous confie : « Nous visitons les places publiques et les marchés de quartiers de Bamako pour vendre la marchandise. Ce travail est pénible. Mais nous sommes sympathiques. Nous sommes arrivés à créer une chaîne de clients fidèles. Ils attendent notre passage ». Les deux sœurs participent à la charge du foyer. Elles font, de temps en temps, plaisir aux parents restés au village, en envoyant des cadeaux et de l’argent. La grossiste Aminata Diakité décharge, au cours de la semaine, plusieurs sacs de melons et d’oranges sur le marché de Bamako. Elle achète ses fruits à Ségou, Sirabolola, Banamba. « Les grossistes me cèdent cinq melons à 500 Fcfa. Je revends quatre à 500 Fcfa. Mon bénéfice est le prix de la vente d’un melon sur cinq. Pour gagner dans ce commerce, il faut être rapide et très compétitive dans l’écoulement des produits. Car ils sont périssables. Et si c’est le cas, on perd beaucoup d’argent », affirme-t-elle. Cette mère de deux enfants, d’une trentaine d’années, est consciente de son rôle éminent dans son foyer. Tous les jours, elle participe aux dépenses pour faire bouillir la marmite. Elle s’assume et, pour elle, cette contribution est un acte responsable pour la stabilité de son foyer. Le plus grand souhait de Bono Coulibaly  est de se faire une place au soleil à Bamako, grâce à la vente ambulante de fruits. Elle est âgée d’une cinquantaine d’années. Elle porte tous les jours, sur la tête 30 kg de fruits de saison depuis ses 12 ans. Ce matin, comme des dizaines de femmes, elle attend devant un camion de 10 tonnes pour être servie.   L’infatigable Bono avoue que, pendant sa jeunesse, elle n’ambitionnait pas de se faire une place sur le marché. C’était la rapidité d’écouler la marchandise qui comptait.  Mais elle n’est plus jeune. La mère de sept enfants qu’elle est devenue, a confiance en ses capacités de procurer le pain quotidien à sa progéniture. La mère poule a déjà prévenu ses enfants de son envie de « prendre sa retraite ». Elle encourage ses garçons adolescents de persévérer dans l’apprentissage du métier d’électricien et de chauffeur qu’ils ont librement choisi. Ils seront adultes dans deux ans et pourront prendre la relève. « Je n’arrive plus à écouler tout mon stock. Ce commerce de détail alterne les bons et les mauvais jours. La perte est énorme par ce que les fruits pourrissent vite. Nous ne connaissons aucune technique de conservation que nous pouvons acheter avec nos faibles revenus», a déploré Bono Coulibaly. Le tenace grossiste Abdoulaye Diarra est dans cette activité depuis 16 ans. Tous les jours, il gère au mieux de leurs intérêts une clientèle toujours pressée, et ses trente employés. Il écoule vingt tonnes (20) de fruits de saison, chaque semaine. Ces marchandises lui viennent du Burkina Faso, de la Côte Ivoire  et  du Mali.  Il juge que la quantité de fruits maliens est insuffisante dans son stock. «  Je vends des bananes, ananas, oranges. En ce moment nous vivons la saison  de la papaye solo’, dit-il. La difficulté dans ce business se situe au niveau du dédouanement. Avant, on acquittait le droit de passage. Maintenant, les cargaisons de fruits importés sont dédouanées. Et c’est cher. Plusieurs taxes sont payées sur le trajet Zégoua-Bamako. A  l’entrée de la capitale, le camion est bloqué pendant près de 22 heures.  Cette longue attente détériore une grande quantité de fruits. Plusieurs  millions de Francs Cfa partent en fumée. Les autorités douanières sont insensibles à nos doléances jusqu’à présent», s’indigne-t-il. Le président du Syndicat  des vendeurs de fruits, Bourama Diarra, et son vice-président, Bourama Kaba Diakité, sont, tous les deux, à la tête d’une entreprise familiale. Ils ont succédé à leurs pères qui avaient, eux aussi, succédé à leurs pères. Les récoltes maliennes ne suffisent pas pour

Diéma : La douane saisit 300 kg de poulets impropres à la consommation 

Diéma, 01 janvier (AMAP) La Brigade mobile d’investigation  (BMI) des Douanes de Diéma a saisi, lundi, 300 kg de poulets de chair, d’une valeur de près de cinq cents mille francs Cfa, en provenance de la Mauritanie, a constaté l’AMAP sur place. Ces poulets, impropres à la consommation, ont été saisis sur un individu se présentant comme un mécanicien et qui s’apprêtait à  acheminer sa marchandise sur Bamako, à quelques heures de la fête du Réveillon. Le premier adjoint au préfet, Kabaou Dolo, à la tête d’une délégation, composée des membres de la Commission locale de destruction des produits impropres à la consommation, s’est rendu sur le site de destruction, situé au Razel,  sur la route de Fangouné Bambara,  pour procéder à  l’incinération des produits saisis. Le président de l’Association des commerçants, Dahamet Goundourou, s’est dit satisfait de l’opération, qui, selon lui, vise à préserver la santé des  consommateurs. Il a invité « tous les  commerçants à faire preuve de sincérité et de franchise  dans leurs activités, afin de retirer librement, sans pression extérieure, tous les produits périmés et  impropres à la consommation » qui existeraient dans leurs stocks. Quant au secrétaire général du Conseil de cercle, Seydou Camara, il a exhorté les éléments des Douanes à redoubler de vigilance et de rigueur pour mettre fin à l’importation et à la vente illicite de produits frauduleux. Il a réaffirmé la volonté des collectivités territoriales à accompagner du mieux de leurs possibilités les actions de développement. Le premier adjoint au maire de Commune rurale de Diéma, Abdoulaye Touré, a souhaité que des saisies se multiplient pour débarrasser le secteur du commerce des mauvaises herbes qui l’assaillent. Le chef du secteur vétérinaire Alassane Sidibé, a, pour sa part,  expliqué les textes en vigueur interdisant l’importation et la vente de poulets de chair pour éviter une contamination par la grippe aviaire. Il a souhaité que l’application  de ces textes ne tolère aucune entorse pour le bien-être de tous. Agissant au nom du chef de la BMI de Diéma, le contrôleur Ansoumane Sylla, a insisté sur une collaboration plus accrue des populations pour  l’exécution correcte  des missions assignées aux douaniers. En mettant le feu aux cartons de poulets saisies, aspergées d’essence, dans une fosse, le premier adjoint au préfet Kabaou Dolo, a félicité la BMI de Diéma pour la saisie de ces produits aux origines et conditions de conservation douteuses. Il a invité les acteurs, à quelque niveau que ce soit, à la mutualisation des efforts pour l’atteinte des objectifs. OB/MD (AMAP)