Pois sucré : De petites graines qui font le bonheur des amateurs de jus frais  

Par Mariam F. DIABATE  Sikasso, 19 décembre (AMAP)  Depuis la nuit des temps, Sikasso ou encore le Kénédougou est connu pour la culture du pois sucré. A un mois de la période propice du pois sucré, les commerçants arrivent, tout de même, à tirer leur épingle du jeu. Il est 10 heures à la foire hebdomadaire de Sikasso. Ce dimanche, jour de regroupement des ressortissants des villages environnants, le grand marché de Sikasso est rempli comme un œuf. Cris pour attirer les clients, négoces, causeries, désordre… Certains passants regardent des cyclistes et motocyclistes ainsi que les charretiers forcent le passage et en ajoutent à l’encombrement de la circulation, créent des bousculades. Tout cela participe de l’animation du marché. En certains endroits, l’odeur des condiments et, surtout, celle des poissons (frais et fumés) inondent l’atmosphère et agressent les odorats les plus délicats. Non loin des immeubles, communément appelés « trois étages », juste en face du Conseil de cercle de Sikasso, se sont installés les vendeurs du pois sucré. “ Tiokon timiman bèye “, “ Ka kilo dioli dima?”, en Français : « Il y a du pois sucré », « vous en voulez combien de kilos? », s’écrie un vendeur de la place. Aboubacar Ouattara, ainsi qu’il se nomme, pratique le métier depuis plus de 15 ans. Le quadragénaire affirme qu’il s’approvisionne à Sokourani-Missirikoro. « Chaque dimanche, je prends 11 sacs de pois sucré chez les producteurs. Ils me cèdent le kilo entre 400 et 450 Fcfa », confie-t-il, ajoutant qu’il vend le kilo à 500 Fcfa. M. Ouattara précise qu’il s’en sort pas mal. « Ce commerce m’a permis d’acheter un terrain et de construire une maison. En plus, j’ai pu acheter une moto et me marier », témoigne-t-il, un grand sourire sur le visage. Par ailleurs, le commerçant de Sikasso attend avec impatience la période propice du pois sucré (le mois de janvier) afin de se faire le maximum de bénéfice et se frotter les mains. Fatoumata et Binta Niangadou, foulards noirs enroulés autour de la tête, habilles de longues robes noires, avancent, en causant vers les sacs d’Aboubacar Ouattara. Les sœurs Niangadou sont là pour acheter du pois sucré pour en faire du jus qu’elles vont vendre. « Chaque dimanche, nous achetons 10 kg. Cela couvre la production de jus de la semaine », précise la plus grande (Binta), qui révèle que ce business leur procure un revenu appréciable. Sa sœur Fatoumata ajoute que ce jus délicieux est apprécié des clients qui en raffolent. « Ils en redemandent, toujours, ce qui contribue à améliorer nos revenus », dit Fatoumata qui explique que le jus extrait est mis en bouteille et/ou dans des sachets plastiques et mis au frais pour la vente. Debout derrière six sacs de pois sucré, certains frais et d’autres secs, Daouda Sogodogo n’a presque pas le temps de s’asseoir. à cause de l’affluence du marché. Tout comme Aboubacar, chaque semaine, Daouda achète quatre sacs de 100 kilos de pois sucré avec ses producteurs de Kapala, Niagasso, Kafana, Missirikoro et Tamba. Selon lui, le prix du sac dépend de celui du kilo. Actuellement, le prix du sac varie entre 30.000 et 45 000 Fcfa. « Je vends le kilo entre 300 et 500 Fcfa et détaille également à partir de 25 Fcfa », ajoute-t-il. Se prononçant sur le marché, Daouda Sogodogo soutient que c’est assez intéressant. « Si j’arrive à écouler mes quatre sacs de 100 kilos dans la semaine, je peux gagner 10.000 Fcfa par sac », révèle-t-il gaiement. « Donne-moi la quantité habituelle, 2 kg de pois sucré », ainsi s’adresse le client Mamadou Diarra à Daouda Sogodogo. Il affirme que depuis un an, il achète le pois sucré chez M. Sogodogo. « Il y a certains pois sucrés qui sont pourris ou pas assez sucrés, mais ceux de Sogodogo sont vraiment de qualité », dit-il. Le pois sucré est cultivé, précisément, dans les Cercles de Sikasso et Kadiolo. La culture, selon les spécialistes, occuperait la troisième place, après le coton et la pomme de terre, en terme de sources de revenus pour les producteurs de cette zone. La production moyenne annuelle avoisine les 10.000 tonnes. Elle rapporte aux producteurs plus 500 millions Fcfa par an. Les producteurs sollicitent la création d’une usine de transformation du pois sucré et le partenariat avec des projets et programmes évoluant dans le secteur, afin d’absorber la surproduction et éviter, ainsi, bradage du produit. MFD/MD (AMAP)

Appui budgétaire : Le quitus des députés à deux projets de loi

Bamako, 19 décembre (AMAP) Les députés, sous la direction du président de l’Assemblée nationale, Issaka Sidibé, ont entériné, à l’unanimité, mardi, deux projets de loi adoptés par le Conseil des ministres extraordinaire du lundi 16 décembre. Le projet de loi autorisant la ratification de l’Accord de financement signé à Bamako, le 16 décembre 2019, entre le gouvernement et l’Association internationale de développement (IDA) relatif à l’appui budgétaire des politiques de développement du Mali en faveur de l’énergie durable et de l’amélioration de la prestation des services pour une stabilité accrue, a été initié par le ministère de l’Economie et des Finances.  Tout comme celui autorisant la ratification de l’Accord de prêt signé à Bamako, le 29 novembre 2019, entre le gouvernement et la Banque africaine de développement (BAD), relatif au Programme d’appui à la croissance économique Phase II (PACE II). Les deux projets de loi ont été défendus, devant les parlementaires, par Mme Barry Aoua Sylla, ministre déléguée auprès du Premier ministre, ministre de l’Economie et des Finances, chargé du Budget. Le premier projet est destiné à soutenir la mise en œuvre du Document de stratégie pour la croissance et la réduction de la pauvreté sur la période 2019-2021 désigné Cadre stratégique pour la relance économique et le développement durable du Mali (CREDD). Le montant total du financement est de 250 millions de dollars US (environ 148,750 milliards de Fcfa) accordé sous forme d’appui budgétaire, dont 210 millions de dollars (124,950 milliards de Fcfa) en prêt et 40 millions de dollars US (23,800 milliards de Fcfa) en don. Le remboursement du crédit s’effectuera sur une période de 38 ans dont un délai de grâce de 6 ans. La pertinence de cet accord de financement réside dans le fait que c’est un soutien budgétaire. Et à ce titre, il financera des dépenses du budget d’Etat 2019, dont les activités ne sont pas ciblées à l’avance. De même, il réduira l’écart de financement du budget d’Etat et contribuera à maintenir le cadre macro-économique adéquat à travers une gestion performante des finances publiques. Le second projet de loi porte sur le PACE II. C’est, aussi, un appui budgétaire dont l’objectif est de contribuer à la création des conditions d’une croissance économique forte, soutenue, inclusive et tirée par un secteur privé plus dynamique. Par cet accord de prêt, la BAD accorde au gouvernement, un montant équivalent à près de 10,063 milliards de Fcfa dont le remboursement se fera sur une période de 30 ans, après un différé d’amortissement de 10 ans, commençant à compter de la date de signature. Le président de la Commission des Finances, de l’Economie, du Plan et de la Promotion du secteur privé de l’Assemblée nationale, Abdine Koumaré, saisie pour l’étude au fond de ces deux projets de loi, a apprécié la mise a disposition du gouvernement de près de 150 milliards de Fcfa. Pour lui, c’est une opportunité à saisir, car, cet apport substantiel donne un ballon d’oxygène à notre économie. La ministre déléguée chargée du Budget Mme Barry Aoua Sylla, a indiqué que, par définition, l’appui budgétaire général veut dire que l’argent est versé directement au Trésor public et sert à financer les dépenses de l’Etat d’une manière générale sans ciblage. Selon elle, quand les partenaires acceptent de fournir les appuis budgétaires, il y a des conditions à mettre en œuvre. Pour cet appui, elle a précisé qu’il repose sur trois piliers. D’abord le secteur de l’énergie pour le renforcement d’Energie du Mali (EDM), le secteur agricole et l’appui à la décentralisation. Après quelques questions de précision, les députés ont adopté ces deux projets de loi à l’unanimité par 114 voix pour, 0 contre et 0 abstention. DD/MD (AMAP)

Le Mali et le Sénégal déterminés à éradiquer le dragage sur la Falémé 

Bamako, 18 décembre (AMAP) La ministre malienne des Mines et du Pétrole, Mme Lelenta Hawa Baba Ba, et son homologue sénégalais des Mines et de la Géologie, Sophie Gladima, ont visité le fleuve Falémé les 15 et 16 décembre, dans le cadre d’une mission destinée à prendre des mesures communes urgentes et idoines pour sauvegarder cet affluent du fleuve Sénégal qui prend sa source dans la partie nord du Fouta-Djalon (Guinée) et arrose le Mali et le Sénégal. Cette partie du fleuve est gravement endommagée par l’exploitation artisanale et sauvage de l’or, notamment le dragage. La protection et la préservation de la Falémé, vitales pour la survie du fleuve Sénégal, étaient l’une des préoccupations essentielles soulevées par la 18e Conférence des chefs d’Etat et de gouvernement de l’Organisation pour la mise en valeur du fleuve Sénégal (OMVS), qui s’est tenue à Bamako, il y a une semaine. La visite des deux ministres s’est déroulée sur le pont de la Falémé, à la frontière entre le Mali et le Sénégal, précisément à Mahinamine, côté malien et à Moussala, côté sénégalais. Les deux délégations ministérielles, composées des membres de leur cabinet, ont, tour à tour, visité les deux côtés du pont Falémé qui enjambe le fleuve. Le constat est alarmant. La Falémé se meurt à petit feu. La couleur de l’eau est devenue rougeâtre. Des digues créées par les débits de l’orpaillage empêchent l’eau de couler normalement. A l’arrivée de la délégation, les lieux étaient complètement vides. Seules quelques installations lourdes difficiles à évacuer à la hâte y trainent. A la fin de la visite, les deux ministres ont partagé leurs constats et leur vision commune face à la menace grandissante. A ce propos, la ministre des Mines et du Pétrole a insisté sur le danger que représentent les produits chimiques utilisés par les dragueurs. Ces derniers n’ont pas la connaissance requise pour l’utilisation de ces produits chimiques. Mme Lelenta Hawa Baba Ba a évoqué les conséquences de cette pratique pour les populations, surtout à travers les poissons et les animaux qu’elles consomment. Face à ce problème, « nous allons mettre en place une stratégie commune. Ce plan sera mis en œuvre par les autorités, les élus et les leaders religieux et coutumiers des deux pays », a affirmé la ministre Hawa Baba Ba. « Unique moyen de sauver la Falémé », a-t-elle dit. Pour ce faire, elle a demandé aux autorités locales de proposer un plan cohérent, afin que l’Etat puisse agir directement. Abondant dans le même sens, la ministre sénégalaise des Mines et de la Géologie a expliqué que leur présence conjointe sur la Falémé est un signal fort de l’engagement des deux pays à éradiquer cette pratique qui menace la Falémé. Sophie Gladima a promis des mesures urgentes qui « vont être prises en fonction des conclusions des rapports sur l’arrêt du dragage, décrété, il y a près d’un an, dans nos deux pays ». En attendant, le 2è adjoint au maire de Kéniéba, Mamadou Salif Diallo, et l’élu local sénégalais de Bembou, Mady Danfaga, se sont engagés à sensibiliser davantage les populations sur les dangers liés au dragage sur le fleuve Falémé. ABM/MD (AMAP) 

Les douanes saisissent un camion de carburant de contrebande

Bamako, 17 décembre (AMAP) L’Antenne du Bureau des produits pétroliers a saisi, la semaine dernière, un camion qui transportait 78 fûts de gasoil de 200 litres, soit 15 600 litres de carburant de contrebande, en provenance de Macina, via Kolongotomo, en zone Office du Niger, a appris l’AMAP auprès de l’Administration  douanière. Le véhicule a été pris en filature par la Douane qui avait été informée de la présence à Ségou de la  cargaison destinée à une station-service de la localité. Dans la ville de Ségou, les agents des Douanes sont arrivés, la nuit, sur le lieu indiqué. Le convoyeur de cette marchandise a déclaré être à son coup d’essai dans le trafic de carburant venu du Nord du Mali. Cependant, le chef du Bureau des produits pétroliers, l’inspecteur des Douanes Amadou Traoré, dénonce l’existence d’un trafic fructueux organisé, dans le désert, par des personnes mal intentionnées. Il précise que ce réseau cause un manque à gagner considérable pour les services douaniers, dans le cadre de la mobilisation des recettes de porte. Selon un spécialiste du terrorisme international, le trafic de carburant, tout comme de la drogue, l’or dont une vingtaine de kilogrammes ont été saisis, la semaine dernière, sur l’axe ivoirien) est une source de financement du terrorisme. Le carburant, selon lui, est importé de pays voisins et vendu à des commerçants locaux qui se ravitaillent à partir de dépôts bien connus des services de renseignement. Cette saisie de carburant de contrebande en provenance du Nord du Mali et dont le trafic serait entretenu par un réseau international, intervient, après une série de saisies, par les services douaniers, d’or, de devises et de cyanure. Les services douaniers indiquent que le trafic de beaucoup de produits déversés sur les marchés du Nord du Mali pollue l’environnement économique du pays et met en mal les recettes douanières. Parmi ces marchandises, les plus fortement taxables, figurent les produits pétroliers. L’Administration des douanes indique travailler à minimiser l’impact fiscal de cette contrebande Depuis l’éclatement de la crise au Mali, en 2012, les frontières nord du pays sont encore plus perméables. AC/MD (AMAP)

Production cotonnière : Près de 700.000 tonnes attendues pour la campagne 2019/2020

Bamako, 17 décembre (AMAP) La Compagnie malienne pour le développement des textiles (CMDT) compte atteindre près de 700.000 tonnes de coton pour la campagne 2019/2020, notamment grâce à la hausse du prix du coton graine qui passe de 255 Fcfa/kg à 275 Fcfa/kg, a appris l’AMAP, de source officielle. Tous les acteurs du secteur de « l’or blanc » malien s’est retrouvée, les 11 et 12 décembre derniers, à Koutiala, pour faire le bilan de la campagne 2018/2019 et préparer celle de 2019/2020 de la CMDT. La rencontre sous la présidence du président directeur général (PDG) de la CMDT, Pr Baba Berthé, qui s’est déroulée, également, en présence de la directrice générale adjointe de l’Office de la haute vallée du Niger (OHVN), Mme Diallo Mah Koné, et du président intérimaire de la Confédération des sociétés coopératives de producteurs de coton (CSCPC), Djiguiba Ampha Coulibaly. À l’ouverture des travaux, le Pr Baba Berthé a décliné l’objectif de cette traditionnelle réunion qui est de faire l’analyse critique des réalisations de la campagne 2018/2019 et les perspectives de la campagne 2019/2020. La directrice adjointe de l’OHVN a, pour sa part, félicité les producteurs de coton pour les résultats obtenus cette année. Mme Diallo Mah Koné a ensuite remercié les autorités pour le paiement des subventions aux producteurs, avant d’exhorter les participants à examiner, minutieusement, les documents qui leur sont soumis, afin de  proposer des recommandations et résolutions permettant à l’OHVN et la CMDT d’atteindre leurs objectifs. Le président intérimaire de la CSCPC a, aussi, remercié la CMDT et les autorités pour le paiement des subventions aux producteurs. « Pour cette campagne, les stocks ont été vendus et les ristournes perçues par les productions », s’est réjoui Djiguiba Ampha Coulibaly. Il a, cependant, déploré la baisse du rendement par rapport aux autres années, à cause d’une pluviométrie contrastée. La centaine de participants, parmi lesquels, des chefs de services et cadres de la CMDT et de l’OHVN, des représentants des organisations des producteurs agricoles, ont donc exposé et échangé durant cette réunion. Il ressort de ces échanges que la campagne agricole 2018/2019 a démarré dans un contexte socio-économique favorable. Le coût total des investissements de la CMDT s’est élevé à 309 milliards de Fcfa. Les achats ont porté sur 656.531 tonnes de coton, dont 25.195 tonnes de la zone OHVN, pour un objectif de 700.000 tonnes, soit un taux de réalisation de 94%. Les aléas climatiques au début et à la fin de la campagne sont à la base du gap dans la réalisation de l’objectif fixé. Les filiales Nord-Est (87%) et de la Division de Sikasso (86%) n’ont pas atteint les prévisions. Quant à la Division de Bougouni et les Filiales Centre et Ouest, elles ont réalisé leurs prévisions. 2,4 MILLIONS DE TONNES DE CÉRÉALES – La partie industrielle a assuré le transport et l’égrenage de toute la production avant fin avril. Concernant les céréales sèches, 2,4 millions de tonnes ont été produites, soit une disponibilité par habitant de 466 kg. Ce taux a couvert les besoins céréaliers des populations de la zone CMDT et dégagé un excédent commercialisable. À noter que pour cette campagne, le prix du coton graine de premier choix est passé de 250 Fcfa/kg à 255 Fcfa/kg. La subvention de l’Etat s’est élevée à 27,77 milliards de Fcfa pour l’achat des engrais coton et maïs utilisés par les producteurs. Après le bilan de la campagne écoulée, les participants se sont penchés sur les préparatifs de la campagne 2019/2020. Le prix du coton graine connaitra une augmentation de 20 Fcfa, passant à 275 Fcfa/kgpour le premier choix. Et le paiement des producteurs se fera avant fin avril prochain. Pour ce qui concerne les superficies à emblaver, il est prévu 738.193 hectares, dont 28.826 hectares pour la zone OHVN. La production de coton attendue est de 691.300 tonnes,dont 26.000 tonnes pour la zone OHVN. Cette prévision est supérieure à celle de 2018/2019 et elle sera la deuxième plus grande, après celle de 2017/2018 qui était de 728.600 tonnes. Du côté de la production céréalière, il est prévu 2,4 millions de tonnes dont 1,4 millions de tonnes de maïs. Le  Pr Baba Berthé a encouragé les acteurs du secteur, tout en rappelant que la production cotonnière est un domaine dont on peut se réjouir des résultats sans en être satisfait.  « Nous avons un potentiel qui permet d’aller au-delà de ce niveau de production. Mais, il reste des contraintes, au nombre desquelles, l’outil industriel qui est complètement obsolète et dépassé. La production agricole doit aller de pair avec l’amélioration de l’outil industriel, c’est-à-dire le système d’égrenage », a fait remarquer le PDG de la CMDT. Il a insisté sur le besoin de sécuriser les semences, celui de rendre disponible les intrants, le renforcement de la formation et l’encadrement des producteurs et enfin le renforcement du dispositif de lutte contre les incendies. MT/MD (AMAP)

Appui budgétaire : La Banque mondiale accorde 149 milliards de Fcfa au Mali

Bamako, 17 décembre (AMAP) Le Premier ministre, ministre de l’Économie et des Finances, Dr Boubou Cissé, et la directrice des Opérations de la Banque mondiale pour le Mali, Soukeyna Kane, ont signé, lundi, à Bamako, un accord d’appui budgétaire de 250 millions de dollars soit 148,7 milliards de Fcfa, visant à soutenir la mise en œuvre des priorités du gouvernement inscrites dans le document du Cadre stratégique pour la relance économique, croissance et le développement durable (CREDD 2019-2023). Cet accord de financement, dont 210 millions de dollars en prêt de l’Association international pour le développement (IDA) et 40 millions en don, dans le cadre du Projet d’appui budgétaire des politiques de développement du Mali, est destiné à l’énergie durable et l’amélioration de la prestation de services pour une stabilité accrue. Cet appui est le premier d’une série de deux soutiens budgétaires généraux programmés par la Banque mondiale pour les années 2019 et 2020. Dr Boubou Cissé a souligné que le présent financement permettra de mettre en œuvre l’axe trois du CREDD qui comprend le renforcement de la stabilité macroéconomique, la promotion du secteur privé, l’amélioration de la qualité de l’approvisionnement en électricité à moindre coût, la promotion de la productivité et de la  concurrence dans le secteur agricole et la promotion de l’économie numérique. Il permettra également la mise en œuvre de l’axe stratégique 1 qui repose notamment sur le renforcement de la décentralisation. Cela, grâce à l’amélioration de la gouvernance locale, à la décentralisation de la prestation des services publics et des compétences de base, et à la promotion des économies régionales et locales. Le ministre de l’Économie et des Finances, a rappelé que le CREDD s’articule autour de cinq axes stratégiques et définit un cadre pour s’attaquer aux problèmes multidimensionnels auxquels le Mali est confronté aujourd’hui. Il a assuré que le gouvernement ne ménagera pas ses efforts pour honorer les engagements pris pour l’exécution de mesures liées à cet accord de financement. Afin, selon lui, d’assurer la bonne réalisation de cet appui budgétaire. Car, après cet accord de financement, le défi à relever par la partie malienne et la Banque mondiale est le décaissement effectif du montant avant la fin de l’exercice budgétaire. C’est-à-dire avant le 31 décembre 2019. A cet effet, le chef du gouvernement malien a assuré que le gouvernement prendra toutes les mesures voulues, dans les délais souhaités, pour le versement de ce fonds. De son côté, Soukeyna Kane a expliqué que, compte tenu des défis sécuritaires et du contexte de fragilité que connait le Mali, cet appui budgétaire, « d’un montant inédit » a pour triple objectifs de contribuer à la viabilité financière du secteur de l’énergie. « Il s’agira, aussi, de mettre en place un mécanisme de subventions agricoles plus ciblé et plus efficace. Grâce aux économies ainsi réalisées, il sera possible d’augmenter la fourniture de services décentralisés en faveur des couches défavorisées de la population », a-t-elle ajouté. En réponse aux inquiétudes soulevées, Soukeyna Kane a assuré que les ressources de cet appui budgétaire, approuvé par le Conseil des administrateurs de la Banque, le 12 décembre dernier, seront mises à la disposition du gouvernement avant le 31 décembre 2019. « Cela, une fois les formalités juridiques d’entrée en vigueur complétées », a-t-elle précisé, invitant l’ensemble des parties prenantes à redoubler d’effort pour une mise en œuvre rapide et complète des mesures soutenues par cet accord de financement afin de garantir ses résultats. Elle a, ensuite, réaffirmé l’engagement de son institution à soutenir le rythme de nos réformes dans les mois à venir et à préparer le second appui budgétaire de cette série, dans les meilleurs délais. PILIERS ET MESURES CONNEXES –Cet appui budgétaire s’articule autour de trois piliers dont le premier incite à la réduction du montant des subventions octroyées au secteur de l’électricité dans le budget général de l’Etat. Il vise à renforcer le contrôle du gouvernement sur la gestion du secteur de l’électricité et à éliminer d’ici à cinq ans la nécessité de le subventionner. A cette fin, a expliqué la directrice des Opérations de la Banque mondiale pour le Mali, le gouvernement « a validé un plan de redressement du secteur de l’énergie qui prévoit une série de mesures clés assorties d’un chronogramme précis pour renforcer la viabilité du secteur et accroître les revenus de la société Energie du Mali (EDM) ». Parmi ces mesures, le relèvement des tarifs d’électricité moyenne tension et la mise en œuvre du mécanisme de prépaiement. Le rééquilibrage des comptes d’EDM résultera de l’augmentation prévue des importations d’énergies à la fois meilleurs marchés et plus propres que la production actuelle. Il dépendra aussi d’un meilleur mix énergétique privilégiant les projets d’énergie renouvelable. Le deuxième pilier de l’accord vise à améliorer l’efficacité des subventions agricoles et du système foncier. Soukeyna Kane a, à ce niveau, expliqué qu’un programme de bons électroniques (appelé e-voucher) a été introduit pour étendre et mieux cibler le programme de subventions en faveur des agriculteurs les plus pauvres, tout en améliorant la transparence de la chaîne d’approvisionnement, en créant de meilleures conditions juridiques et institutionnelles pour le développement des marchés des intrants agricoles. « Au demeurant, afin de garantir la sécurité foncière et attirer plus d’investissements privés dans le secteur agricole, l’opération vise également à améliorer le financement des commissions foncières et à renforcer leurs capacités de fourniture de services de médiation en cas de conflits fonciers », a-t-elle dit. Quant au troisième pilier de cet appui budgétaire, il a pour but d’améliorer le déploiement décentralisé et la supervision des services sociaux. Il entend renforcer la prévisibilité et l’effectivité des transferts aux collectivités territoriales, notamment dans les secteurs de la santé et de l’éducation. « Cette mesure, accompagne l’engagement des autorités en faveur de la décentralisation comme outil majeur pour restaurer la paix et la stabilité du pays », a assuré Soukeyna Kane.   Rappelons que la signature de cet accord de financement est la 8è du genre avec la Banque mondiale depuis le début de cette année. Le montant total de toutes ces conventions signées s’élève à plus de 671 millions

Blanchiment de capitaux et financement du terrorisme : Les mécanismes pour assécher les ressources de la criminalité

Bamako, 09 décembre (AMAP) Le Réseau des cellules nationales de traitement des informations financières des pays de l’Union économique et monétaire ouest-africaine (RECEN-UEMOA) a organisé, du 4 au 6 décembre, au Mali, les états généraux de la lutte contre le blanchiment de capitaux et le financement du terrorisme. La rencontre a mobilisé les représentants des CENTIF, du Groupe intergouvernemental d’action contre le blanchiment d’argent en Afrique de l’Ouest (GIABA), de la Banque centrale des Etats de l’Afrique centrale (BCEAO), de la Commission de l’UEMOA, les représentants des administrations publiques et privées du Mali. Durant trois jours, ils ont jeté un regard rétrospectif sur leurs résultats afin de mieux définir et orienter de nouvelles perspectives. Le président du Réseau des CENTIF, Hassane Taher, a remis au Premier ministre, Boubou Cissé, les conclusions des débats, au sein de quatre groupes de travail, vendredi,  lors de la clôture des travaux. Dans le document, des recommandations pertinentes sont faites à l’intention des autorités gouvernementales de l’UEMOA et des différents acteurs de la lutte contre le blanchiment des capitaux et le financement du terrorisme. Globalement, ces recommandations tendent à renforcer les capacités opérationnelles et fonctionnelles des CENTIF. LesCENTIF ont pour mission de recueillir et de traiter toutes les opérations en lien avec le blanchiment d’argent et le financement du terrorisme. L’immensité de leur tâche s’apprécie à l’aune des manifestations et la sophistication des méthodes des terroristes qui ont appris à orienter, à leur profit, les trafics en tous genres, le banditisme et même certains flux économiques conventionnels. La nouveauté, c’est que désormais, ils investissent les nouveaux espaces financiers virtuels. Dès lors, assécher leurs sources de financement requiert une coopération entre nos Etats pour mieux échanger les informations. Les participants ont souhaité l’institution de l’obligation de déclarer les transports transfrontaliers d’espèces, la création d’organes de recouvrement et de gestion des avoirs saisis et confisqués dans tous les pays et l’élaboration d’une procédure harmonisée de traitement des informations spontanées. Ils ont aussi exhorté l’UEMOA à appuyer financièrement les CENTIF, à ériger le RECEN en organe consultatif de l’Union et à impliquer les Cellules dans les activités du G5 Sahel. Ils ont, également, recommandé la promotion et la facilitation de l’accès direct des CENTIF aux bases de données pertinentes (CIP, INTERPOL, ONI, régies financières…) et le renforcement des modalités de contrôle des sociétés de transfert rapide d’argent. La rencontre a, aussi, demandé de prolonger le délai de 48 heures imparti pour la mise en œuvre efficace des oppositions aux opérations suspectes par les CENTIF. En vue de mettre en œuvre, de façon efficace, ces recommandations, le RECEN-UEMOA s’engage à élaborer un plan d’actions et à mettre en place un mécanisme de suivi/évaluation. Le chef du gouvernement malien, qui a jugé les réformes proposées assez pertinentes, a promis de plaider pour une prise en compte effective des recommandations par les Etats membres de l’Union. Pour Dr Boubou Cissé, le blanchement de capitaux et le financement du terrorisme constituent deux fléaux qui anéantissent les efforts de nos Etats à bâtir une économie régionale forte. Ce qui a, notamment, amené les chefs d’Etat de la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO)  à inscrire, en septembre dernier, à Ouagadougou, la lutte contre le financement du terrorisme parmi les priorités en matière de sécurité dans la région ouest-africaine. A cet effet, les dirigeants ont doté la CEDEAO d’un plan d’actions pour la période 2020-2024 avec pour objectif de parvenir à neutraliser les terroristes. Et dans ce cadre, les chefs d’Etat et de gouvernement de l’UEMOA se sont engagés à apporter une contribution de 500 millions de dollars (250 milliards de Fcfa). Un engagement qui a été réaffirmé, la semaine dernière à Dakar. Ces ressources seront débloquées pour la formation des unités engagées dans la lutte contre le terrorisme et le crime organisé, notamment les trafics d’armes, de drogues, de faux médicaments… Dr Boubou Cissé a assuré que les cellules disposeront de moyens nécessaires pour mieux appréhender les phénomènes de blanchement de capitaux et de financement du terrorisme, avec pour finalité d’assécher définitivement les sources de financement des criminels. ID/MD (AMAP)

Irrigation de proximité : Le PASSIP renforce les capacités des acteurs agricoles

Bamako, 08 décembre (AMAP) Le Programme d’appui au sous-secteur de l’irrigation de proximité (PASSIP), a publé, jeudi, les résultats de la composante 2 du programme à la direction nationale du Génie rural (DNGR), a constaté l’AMAP. Le PASSIP, fruit de la coopération technique entre le gouvernement et le ministère fédéral allemand de la Coopération économique et du développement (BMZ), à travers la coopération allemande (GIZ), appuie le renforcement de capacités individuelles, organisationnelles des populations travaillant dans le domaine de l’irrigation de proximité, pour une mise en valeur durable des aménagements hydro-agricoles, afin d’améliorer leur situation économique et nutritionnelle. Il comprend quatre composantes, étroitement liées, à savoir la composante 1 qui appuie les services techniques de l’Agriculture pour assurer une meilleure coordination du Programme national d’irrigation de proximité (PNIP), en coopération avec les acteurs clés. La composante 2 vise à mettre à la disposition des prestataires publics et privés et démultiplicateurs, des capacités techniques, didactiques et pédagogiques nécessaires à la mise en œuvre du PNIP. Les composantes 3 et 4 appuient la mise en valeur des Aménagements hydro-agricoles (AHA) de proximité et l’amélioration de l’état nutritionnel des populations. Dans le cadre de la mise en œuvre du programme, la composante 2 du PASSIP, dont le mandat arrive à terme, en fin décembre 2019, le PASSIP appuie la direction nationale du Génie rural, en partenariat avec les autres acteurs impliqués dans la formation professionnelle en irrigation de proximité, dont la Direction nationale de l’Agriculture (DNA), la Direction nationale de la Formation professionnelle (DNFP) et cinq centres de formation de référence pour la mise en œuvre et le suivi du Plan national de formation en irrigation de proximité (PNFIP). Rappelons que le PASSIP s’inscrit dans un cadre temporel global d’une quinzaine d’années, allant de 2008 à 2023, sous réserve de confirmation des options prises par les différentes parties prenantes. La phase en cours dure trois ans. Les activités du PASSIP sont financées, conjointement, par le ministère fédéral allemand de la Coopération économique et du Développement (BMZ), l’Union européenne (UE) et le ministère canadien des Affaires mondiales (AMC) et dispose d’un budget d’environ 28.674.118 d’euros, soit 18,638 milliards de Fcfa. Selon le conseiller technique chargé du suivi évaluation du PASSIP, Ali Diabaté,l’objectif de cette rencontre est la remise des résultats obtenus du processus de conception des modules de l’outil pédagogique pour le renforcement des capacités dans le cadre de l’irrigation de proximité à la direction nationale du Génie rural qui est la tutelle principale du programme. Il estime que la remise de ces résultats vise à exhorter les utilisateurs potentiels à valoriser les résultats obtenus à travers les structures chargées de la mise en œuvre des formations dans le cadre de l’irrigation de proximité. Il a ajouté que les acteurs qui ont participé à ce processus, sont invités à faire bon usage des différents résultats obtenus. Le directeur national du Génie rural, Aghatam Ag Alhassane a reçu les résultats du PASSIP. Il a souligné que l’atteinte de cet objectif nécessite le renforcement des capacités des acteurs à tous les niveaux de la production répondant aux besoins des exploitations agricoles. Il a, ensuite, exhorté toutes les structures en charge de la formation des acteurs de l’irrigation de proximité et les partenaires techniques et financiers de favoriser un cadre de valorisation des outils déjà expérimentés et adaptés aux réalités du terrain. La rencontre a enregistré la présence du représentant de l’ambassade d’Allemagne au Mali, Jan Meise ainsi que de nombreux invités. MS/MD (AMAP)

Bamako : Des taxis motos comme solution aux embouteillages

Reportage de Oumar Diakité Bamako, 08 décembre (AMAP) Une centaine de taxi motos, d’une marque japonaise, de couleur bleue, avec GPS et une assurance en cas d’accident, circulent à Bamako et sont sollicitées par des clients, comme solution aux bouchons, pour les courses quotidiennes. Les conducteurs, (hommes et dames) sont habillés en gilets et équipés pour satisfaire les besoins de transport via la technologie. « Vous voulez aller au travail, à l’école, au marché ? Ou bien vous avez besoin qu’on fasse votre course ? C’est simple, vous les appelez ou vous écrivez via Messenger, Facebook à ‘Moto Teliman’ », témoigne un client fidèle, avant que nous fassions connaissance avec ces moto taxis. Et de commenter : « on vous envoie un conducteur de moto qui va vous remettre un casque et vous emmener à destination. Cela coûtera 50% moins cher et 3 fois plus rapide qu’une voiture ». Cet échangé a suscité notre curiosité sur ce nouveau transport de personnes et de livraison par deux-roues à Bamako. C’est une start-up, la première qui offre un tel service. Pendant une semaine, nous avons remarqué, à travers la ville de Bamako, en différents lieux de stationnement, quelques taxis motos labélisées ‘Teliman’. Sur la route de Lassa (un quartier sur les collines, côté ouest de la ville), nous avons  rencontré Ibrahim Diakité, un conducteur de ces taxi motos, pas peu fier de son travail, stationné sous les manguiers, en contrebas, à droite de la voie bitumée en direction de Kati.  « Nous voulons aller à Lassa. C’est combien le prix de transport ? », nous nous adressons à lui. « 200 Fcfa », répond-t-il,  la moto à côté, deux casques posés dessus dont l’un réservé au client. Nous enfourchons l’engin. En route, M. Diakité nous dit qu’il est un émigré malien de retour au pays et qu’il gagne, présentement, sa vie avec ce travail, avant de nous indiquer la direction de l’entreprise de taxi moto. « C’est un réseau de chauffeurs formés et équipés, une application mobile de tarification, un call-center, des motos avec GPS et une assurance en cas d’accident. Notre particularité est que nous mettons l’accent sur la sécurité et les prix abordables « , détaille notre chauffeur, nous  motivant vouloir en savoir davantage en nous rendre à la direction de la start-up à Sogoniko, non loin du commissariat de police du 7ème arrondissement, dans une grande cour. BOURSE D’EXCELLENCE  – Dans l’enceinte, un parking pour motos, de marque, majoritairement, Djakarta, non pas de celle des engins de Teliman, mais des chauffeurs, beaucoup de chauffeurs.  Nous apercevons une jeune dame en train de laver une assiette et un chauffeur de taxi moto assis auprès de la porte d’un bureau. Ce dernier nous apprend qu’elle est la première responsable de l’entreprise. « Je m’appelle Hawa Traoré. Je suis co-fondatrice et directrice générale de la start-up Teliman. Je dirige Teliman avec Abdoulaye Maïga, co-fondateur et directeur Informatique ». Les présentations sont, ainsi, faites. Alors que nous pensions que le projet appartenait à un étranger, elle dut : « Nous sommes, tous les deux, maliens. Après le baccalauréat au Mali, nous avons, tous les deux, obtenu une bourse pour poursuivre nos études supérieures en France (La Bourse d’Excellence). Je suis ingénieure en Génie mécanique-industrie (Arts et Métiers) de formation et Abdoulaye est Ingénieur informatique (Centrale Paris) », précise la patronne de Teliman Taxi-moto. Mme Traoré est de la promotion 2008 de la Bourse d’Excellence et a été, d’ailleurs, la première nationale du Baccalauréat 2008, détail important qu’elle ne souhaite pas mettre en exergue. Abdoulaye Maïga est son aîné. Il est de la promotion 2007. Après quelques années d’expérience professionnelle à l’étranger, dit-elle, nous sommes rentrés au Mali pour lancer la start-up Teliman avec le partenariat » d’un concessionnaire de la place « qui a cru au projet dès les premières heures ». Selon elle, il s’agit de rendre à l’Etat du Mali la monnaie de sa pièce, en contribuant à la solution du chômage des jeunes. « Nous souhaitons contribuer au développement du Mali, en proposant une solution innovante qui répond à un besoin, au niveau du transport, tout en créant des emplois formels pour une population jeune en forte croissance », justifie la jeune dame. IDEE DU PROJET – Selon Hawa Traoré, l’idée de Teliman est venue du constat qu’à Bamako, comme dans beaucoup de capitales africaines, il y a une réelle difficulté de mobilité a travers le transport. Il y a beaucoup d’embouteillages, pas assez d’infrastructures et pas de réseaux de transport organisés pour servir la population en forte croissance et desservir les nombreuses zones isolées. « Heureusement, les Africains sont intelligents et ont trouvé une solution : la moto », se réjoui-t-elle. « C’est rapide, c’est tout terrain et pas cher », commente notre interlocutrice. Cependant, le secteur du taxi-moto est en général chaotique. Les passagers ont peur pour leur sécurité, les chauffeurs ont des difficultés à financer leur engin et de faire face aux aléas de ce métier (accidents, maintenance). Les autorités craignent l’anarchie dans la ville. « C’est fort de ce constat, soutient Hawa Traoré, que notre solution est née : conserver les avantages de la moto, sans les inconvénients ». « Cette solution, précise-t-elle, est, avant tout, un réseau de chauffeurs professionnels formés, équipés avec des équipements de bonne qualité, pour satisfaire les besoins de transport en utilisant la technologie ». En effet, Teliman est la première start-up offrant un service de transport de personnes et livraison par taxi-moto à Bamako. Des motos assez confortables, bien entretenues. Des chauffeurs indépendants formés et suivis. « La sécurité du conducteur et du passager sur la route se matérialise par les casques, l’assurance en cas d’accident, le GPS sur les motos », rassure la co-fondatrice de l’entreprise Elle ajoute qu’un service client, à l’écoute, existe depuis mai 2018 et les chauffeurs desservent toute la capitale malienne. « Le réseau compte, aujourd’hui, une centaine de chauffeurs indépendants dont 5 femmes », souligne Mme Traoré. S’y ajoute une vingtaine de personnes pour le management. Les réussites en un an et demi se résument, d’après elle, « en la facilitation du quotidien des Bamakois avec un transport rapide et accessible ». Elle cite, aussi, la contribution au développement du Mali, avec la création d’une

OMVS : La navigabilité du fleuve Sénégal, une priorité en passe de devenir réalité

Bamako, 07 décembre (AMAP) La 18e session ordinaire de la Conférence des Chefs d’État et de gouvernement de l’Organisation pour la mise en valeur du fleuve Sénégal (OMVS) s’est ouverte, samedi, au Centre international de conférence de Bamako (CICB), au Mali, a constaté l’AMAP. L’ouverture de ces assises, sous le thème « Engageons-nous pour une véritable navigabilité du fleuve Sénégal : facteur de transport économique de premier choix », a été présidée par le président  sortant, le chef de l’Etat sénégalais, Macky Sall. Souhaitant la bienvenue à ses hôtes, le président malien, Ibrahim Boubacar Keïta a lancé : « Vous savez combien je tiens à la navigabilité du fleuve Sénégal ». En la matière, le chef de l’État a noté que le Mali pourra être, bientôt, relié à Saint-Louis avec des navires à fort tirant d’eau. « Nous avons atteint un niveau de compétence et de performance jamais égalé… », a ajouté Ibrahim Boubacar Keïta, visiblement satisfait des résultats atteints. Dans son discours, le président sortant, élu le 17 mai 2017 à Conakry par ses pairs, a listé des réalisations importantes sur les plans énergétique, alimentaires, sanitaires etc. S’agissant du développement de la navigabilité sur le fleuve Sénégal, Macky Sall a salué la signature, le 11 octobre dernier à Dakar, d’un contrat commercial avec la société indienne AFCONS. Il permettra, entre autres, la construction d’infrastructures portuaires, d’un chantier naval dans la zone d’influence de Rosso-Mauritanie, l’aménagement d’un chenal navigable d’un peu plus de 900 km. « Pour l’achèvement de tous ces projets, il est nécessaire de donner une impulsion nouvelle aux mécanismes de financement de l’OMVS », a plaidé le nouveau président mauritanien, Mohamed Ould Cheikh Ghazouani, nouvellement élu et qui fait, ainsi, sa première participation a sommet de l’organisation sous régionale. A la fin du huit clos, l’OMVS aura un nouveau président qui s’attachera à la lourde tâche de parachever les nombreux projets déjà lancés. CMT/MD (AMAP)