Assemblée nationale : La première partie de la Loi des finances 2020 passe en plénière

Bamako, 06 décembre (AMAP) L’Assemblée nationale a adopté, jeudi, la première partie du projet de loi de finances 2020qui prévoit des recettes de 2181,828 milliards de Fcfa et des dépenses de 2604,568 milliards de Fcfa pour un déficit global de 422,740 milliards Fcfa Initié par le ministre de l’Économie et des Finances et adopté par le Conseil des ministres, le 20 septembre dernier, le texte était défendu par la ministre déléguée auprès du Premier ministre, ministre de l’Économie et des Finances, chargée du Budget, Mme Barry Aoua Sylla. Cette loi de finances se situe dans  le cadre de la programmation pluriannuelle 2018-2020. Ses orientations tiennent compte des engagements pris par l’Etat aux plans interne et externe. A l’instar de celui de 2019, le budget 2020 met l’accent sur les questions d’efficacité et d’efficience des allocations budgétaires, leurs liens avec les objectifs de politiques publiques et la consolidation des acquis des années antérieures. En matière de dépenses, les allocations budgétaires cibleront les priorités du gouvernement retenues dans le Cadre stratégique pour la relance économique et le développement durable (CREDD) 2019-2023. Pendant les échanges, Mme Barry a indiqué que, structurellement, les dépenses sont plus élevées que les recettes. Répondant à la question d’un député sur la participation au capital de certains établissements, elle a dit qu’un suivi est fait au niveau de ces sociétés. Cependant, des réflexions sont en cours pour la mise en place d’une structure pour ce faire. RÉSILIENCE –Concernant la suppression de la taxe emploi-jeune, la ministre a fait savoir que l’Etat s’est engagé à donner des ressources à l’Agence pour la promotion de l’emploi des jeunes (APEJ) pour lui permettre de continuer à faire face à ses missions. Elle a affirmé que le MalI a montré une certaine résilience, malgré la situation difficile qu’il traverse, depuis des années, en maintenant un bon taux de croissance. Parlant des services d’assiette et de la douane, en particulier, elle a évoqué des zones où les agents ne peuvent pas travailler. Cependant, des mesures sont en train d’être prises pour combler ce manque à gagner. Répondant à une question sur la loi de finances rectificative de 2019, Mme Barry Aoua Sylla a souligné qu’il y avait des dépenses nouvelles à prendre en compte. D’après elle, l’année dernière, les dépenses de sécurité ont absorbé une part importante du budget de l’Etat. Actualité oblige, les questions de certains parlementaires ont porté sur la suspension de l’Assurance maladie obligatoire (AMO) au niveau des pharmacies. En réponse, la ministre a assuré que les cotisations sont suivies par ses services, semaine par semaine, et se font, normalement, précisant que ce n’est en rien un problème de budget. Après des débats houleux, les députés ont adopté la première partie de la loi des finances 2020 en plusieurs points. D’abord, ils ont adopté les évaluations de recettes du budget général par 12 voix contre, 96 pour et 2 abstentions, les évaluations des budgets annexes par 12 voix contre, 96 voix pour et 3 abstentions. Ensuite, les évaluations des recettes des comptes spéciaux du Trésor par 98 voix pour, 12 contre et 2 abstentions. En outre, ils ont adopté l’évaluation des ressources de trésorerie, le solde budgétaire global et le solde budgétaire de base. A l’issue des travaux, la ministre Barry Aoua Sylla s’est dite satisfaite de l’adoption de cette première partie de la loi des finances par les députés. De son côté, le député Abdine Koumaré, président de la Commission des Finances, de l’Économie, du Plan et de la Promotion du secteur privé, a rappelé que, depuis trois ans, le Mali a basculé en mode budget programme. Selon lui, cela voudrait dire que l’argent qui est mis à la disposition du gouvernement doit être justifié dans sa partie dépenses. « Aujourd’hui, on est à la partie mobilisation des ressources pour faire face aux dépenses. Le budget programme nous oblige à voter la première partie d’abord qui concerne la mobilisation des ressources pour aller, ensuite, vers la deuxième partie qui constitue les programmes, c’est-à-dire les moyens de politiques publiques», a expliqué Abdine Koumaré. Ladeuxième partie de la Loi de finances 2020 qui va porter sur les programmes, sera examinée par les députés, le 19 décembre prochain. DD/MD (AMAP)

Gaz butane: Pénurie  en vue sur le marché

Par Ahmadou CISSÉ et Oumar DIAKITE Bamako, 06 décembre (AMAP) Au fin fond de la zone industrielle de Banankabougou, en Commune IV, à l’opposé du Stade du  26 mars », une grande cour sur plusieurs milliers de mètres carrés. A l’entrée principale, un panneau mentionne « Sodigaz », la première société privée de distribution de gaz butane s’est, confortablement, installée là. Sur cette aire, les bombonnes de gaz font une montagne. Toutes vides. En face, les installations de remplissage des bombonnes sont liées à de grosses cuves. Curieusement, ce lieu de travail, habituellement, brouillant et bruyant par la manipulation des bombonnes de gaz et le mouvement des camionnettes, est vide et calme, ce lundi, début décembre, à notre passage. Pour cause, les cuves sont vides. De sa fenêtre, Oudiary Diawara, le gérant, prend son mal en patience. Il se laisse consoler par la vue imprenable sur le parking de gros porteurs des cours voisines. Il tourne en rond dans son bureau situé à gauche et au-dessus des ateliers. « Comme vous pouvez le constater, nous sommes en arrêt de travail. Nous n’avons plus de gaz. Les partenaires nous exigent du cash », explique le distributeur de gaz, à bout de nerfs. Pourquoi n’avez-vous pas de cash ? A cette question, il répond sec: « Eh bien, parce que l’Etat nous doit beaucoup d’argent et il ne nous paye pas, depuis plus d’une année ». Comme lui, la quasi-totalité des sociétés de gaz sont au ralenti. Un retard de paiement de la subvention de plus de 6 milliards grève les comptes des sociétés de distribution qui vont manquer de quoi renouveler leur stock.La subvention qui leur permettait de respecter leurs engagements avec leurs fournisseurs n’est pas au rendez-vous. Le Trésor public est trop sollicité. Le pays traverse, en effet, un temps orageux du fait de crises multidimensionnelles. Fatouma est une femme de ménage dans une des nombreuses familles nucléaires de Bamako. Elle dit vivre avec son époux et leurs trois enfants: Maman, Michou et Junior, le dernier de 6 ans. La jeune femme a 36 ans. Elle est mariée dans un quartier populaire de Bamako, Sogoninko. Elle habite non loin de la célèbre gare routière, « Autogare », réputée être un nid de petits bandits et un terrain de chasse de la police de proximité. En lieu et place du gaz butane que la ménagère vient chercher, en ce jour ensoleillé de fin d’année, la dame, depuis ses 18 ans révolus, a toujours fait sa cuisine avec le charbon de bois. « Depuis quelques années, j’ai arrêté l’utilisation abusive du charbon. Il coûte de plus en plus cher », explique la jeune femme qui repart de la gare routière avec une bonbonne de gaz rechargée. « Au départ, j’ai toujours cru que le gaz est une affaire de nantis. En réalité, je me trompais. Le gaz est plus économique que le charbon, à mon avis », poursuit Fatouma. C’est vrai, confirme Oudiary Diawara, gérant de Sodigaz et président du Regroupement des opérateurs gaziers. « Même en haut lieu, on pense que le gaz est une affaire de nantis. C’est totalement erroné. Les études démontrent que le gaz permet à nos ménages de faires des économies substantielles », explique l’opérateur.. TOTAL S’EN VA –L’utilisation du gaz butane peine à s’installer dans les habitudes et atteindre sa vitesse de croisière au Mali. Les ménages ne s’habituent pas encore à la cuisine avec le gaz. Le charbon et le bois demeurent les combustibles favoris. Dans un esprit volontariste, les autorités publiques ont libéralisé le secteur du gaz pour inciter les investisseurs à importer ce combustible. Double objectifs : préserver les forêts et améliorer les conditions de vie dans les foyers. Au fil des ans, sept sociétés de distribution de gaz butane se sont installées à Bamako et environ. Sodigaz a été le premier à se jeter à l’eau. Suivirent Sigaz, Coumba gaz, Kama gaz, Fasogaz, Dilli gaz, Bama gaz et MG gaz. Quelques multinationales se sont essayées à la commercialisation du gaz butane. La dernière en date à jeter l’éponge est Total. Le président des opérateurs gaziers pointe un doigt accusateur sur le Gouvernement qui ne respecte pas ses engagements de paiement des factures. En effet, depuis 1982, ce produit est largement subventionné par l’Etat pour encourager les populations à abandonner le charbon et le bois. De nos forêts, il ne reste plus grand-chose. Depuis 1982, une fois l’an, les factures déposées par les sociétés sont payées. Constatant leur fonds de commerce bloqué dans les caisses de l’Etat, les multinationales se sont retirées du secteur. Seuls les privés nationaux se battent, comme ils peuvent, pour garder leurs sociétés en vie. Le Mali étant en guerre, les fournisseurs du gaz à l’étranger exigent des opérations de payer cash, avant d’enlever le gaz de leurs dépôts. C’est le cas au Togo, au Bénin, en Côte d’Ivoire. « Le retard de paiement de la facture de subvention de la part du ministère de l’Economie et des Finances a mis en péril nos activités », se plaint Oudiary Dawara. Les arriérés de factures des opérateurs, au 30 octobre 2019, atteignent 6.500.000.000 de Fcfa. « Nous avons bénéficié de l’accompagnement du Fonds européen de développement (FED) pendant 3 ans », se souvient le président des opérateurs gaziers du Mali. « Au début, les pouvoirs publics ont honoré leurs engagements. Ces dernières années, nous avons, malheureusement, remarqué que de sérieuses difficultés persistent dans le règlement des factures », poursuit-il. En matière d’utilisation du gaz butane dans les foyers, le Mali n’occupe pas un rang glorieux. Dans la sous-région, on arrive très loin après la Côte d’Ivoire (250 000 T/an), le Sénégal (160 000 T/an), le Burkina Faso (100 000 T/an) et la Mauritanie (70 000 T/an). Le Mali consomme, à peine, 20 000 tonnes par an. Il faut avouer que le gaz est mal vendu aux ménages. Et La communication autour de l’abandon du charbon est timide. PAS D’ARGENT – Hamadoun Oumar Touré, Directeur de l’énergie domestique à l’Agence malienne pour le développement de l’énergie domestique et de l’électrification rurale (AMADER), au cœur du dossier

Espace UEMOA : Les chefs d’Etat à l’unisson contre le terrorisme

Par Cheick M. TRAORE Envoyé Spécial Dakar, 03 décembre (AMAP) L’Union économique et monétaire ouest africaine (UEMOA), convaincue que la mise en commun des forces et des moyens permettra d’assurer la quiétude et la sécurité dans notre Union, cherche des moyens de financement alternatifs et durables en vue de lutter efficacement contre le terrorisme. La Conférence des chefs d’Etat et de gouvernement de l’UEMOA, qui s’est réunie, à cet effet mardi, en session extraordinaire à Dakar, au Sénégal, a analysé, à huis clos, les propositions des présidents sénégalais et béninois, mandatés pour la mise en œuvre pratique de cet engagement visant la mobilisation de financement alternatif et durable. Présidée par le président de la Conférence, Alassane Dramane Ouattara, président de lad Côte d’Ivoire, la session d’une journée laquelle le Premier ministre malien, Dr Boubou Cissé, a pris part, s’est tenue dans un contexte difficile dans la zone. En dépit des avancées enregistrées au plan économique, les menaces sur la paix et la sécurité se font de plus en plus pressantes. En témoignent les crimes qui ont endeuillé le Burkina Faso, le Mali, le Niger et la France qui paie un lourd tribut dans cette lutte contre le terrorisme au Sahel. « Cette situation que traversent nos pays rappelle, plus que jamais, l’importance de la solidarité entre les Etats membres de l’Union et le défi majeur de l’insécurité pour atteindre les objectifs de développement de notre Union », a déclaré le président ivoirien, intervenant à l’ouverture solennelle des travaux. Pour y parvenir, a rappelé M. Ouattara, la session des chefs d’Etat et de gouvernement de la CEDEAO, tenue à Ouagadougou (Burkina Faso), le 13 septembre 2019, avait décidé de mobiliser des ressources propres, à hauteur d’un milliard de dollars (soit 500 milliards de Fcfa) au taux habituel, pour le financement de la sécurité dans l’espace communautaire de la CEDEAO. S’agissant des pays de l’Union, « les présidents sénégalais et béninois, mandatés pour la mise en œuvre pratique de cet engagement, ont tenu le 03 octobre 2019, à Dakar, une réunion avec les ministres des Finances et de la Défense de l’Union pour la mobilisation des ressources pour le financement de la lutte contre le terrorisme », a précisé le président en exercice de la Conférence des chefs d’Etat et de gouvernement de l’UEMOA. Ce sommet extraordinaire visait, alors, à analyser les propositions de financement auxquelles ces deux chefs d’Etat sont parvenus. Moyens de financement alternatifs et durables à trouver et qui devraient permettre d’appuyer des initiatives comme le G5 Sahel qui, « malgré les avancées, restent, à la pratique, confrontées au problème de financement », a déploré le président Ouattara. Qui a fait observer une minute de silence à la mémoire des victimes, avant d’appeler à la nécessité de préservation de la paix et de la stabilité dans notre zone. L’union de nos forces est nécessaire « si nous voulons atteindre nos objectifs d’émergence et améliorer les conditions de vie de nos populations », a soutenu l’hôte de ce Sommet extraordinaire. Macky Sall a, souhaitant la bienvenue à ses hôtes, plaidé pour la consolidation des performances. « Il nous faut renforcer ces acquis par un financement durable de nos économies, afin de préserver la qualité et la soutenabilité de notre dette, surtout veiller au maintien de la paix et de la sécurité indispensables au développement de notre espace communautaire », a invité le président sénégalais. Pour qui « ces questions stratégiques requièrent des solutions concertées et immédiates ». Rappelons que les présidents burkinabè, béninois, togolais, nigérien et le Premier ministre bissau guinéen étaient aussi présents à ce Sommet extraordinaire. CMT/MD (AMAP)

Lutte contre le terrorisme au Burkina Faso, Mali et Niger : L’UEMOA va mettre à disposition près de 60 milliards de Fcfa

Envoyé Spécial Cheick M. TRAORE Dakar, 03 décembre (AMAP)La Conférence des chefs d’Etat et de gouvernement de l’Union économique et monétaire ouest africaine (UEMOA) a, à l’issu du huis clos, décidé une contribution immédiate de 100 millions de dollars Us, soit environ 55 milliards de Fcfa au profit des trois Etats membres de la ligne de front du G5 Sahel (Burkina Faso, Mali, Niger). Le président de la Commission de l’Union, Abdallah Bouréima, dans le communiqué final, a précisé que cette contribution s’inscrit dans le cadre de l’engagement pris par l’UEMOAde participer à hauteur de 500 millions de dollars US au financement du Plan d’action de la Communauté économique et monétaire ouest africaine (CEDEAO) pour lutter contre le terrorisme dans cet espace, sur la période 2020-2024. Abdallah Bouréima a ajouté que la Conférence a adopté un acte additionnel instituant un Fonds régional de sécurité, pour la mobilisation, sur le moyen terme, de ressources financières conséquentes destinées à poursuivre la mise en œuvre dudit Plan. Interrogé, à sa sortie, sur ces deux décisions principales de ce sommet, le Premier ministre malien, ministre de l’Economie et des Finances, Dr Boubou Cissé, a salué la solidarité agissante des Etats membres de l’Union en faveur des trois pays (Burkina Faso, Mali, Niger). « Ce soutien financier, qui sera mis à disposition, dans les meilleurs délais, permettra de faire face davantage au défi sécuritaire du moment et de lutter efficacement contre le terrorisme’, a assuré Dr Boubou Cissé. « C’est du financement additionnel qui va nous servir d’acquérir du matériel, y compris le vecteur aérien, pour pouvoir cibler et traquer les assaillants, recruter et former dans nos différentes Forces de défense et de sécurité des forces spéciales qui se sont montrées beaucoup plus efficaces dans la lutte contre l’insécurité et le terrorisme », s’est réjoui le chef du gouvernement malien. « Quant à la création d’un Fonds régional de sécurité, elle est importante dans la mesure où elle mettra à disposition des ressources pérennes », a commenté Boubou Cissé. « Moyens financiers qui seront alimentés à partir de différentes sources de revenus, des redevances que les ministres de l’Economie et des Finances vont trouver et faire des propositions à la Conférence des chefs d’Etat », a-t-il précisé. Ces différentes décisions feront, à en croire le Premier ministre Cissé, la différence sur le terrain dans les jours et les mois à venir. Outre l’examen de l’état de la mobilisation des ressources pour lutter contre le terrorisme, point principal à l’ordre du jour de ce Sommet extraordinaire, la Conférence des chefs d’Etat a, après analyse, exprimé sa grande préoccupation face à la récurrence des attaques terroristes au Burkina Faso, au Mali et au Niger. Ainsi, elle a, tout en soulignant l’importance d’une approche concertée et globale pour relever ce défi, salué la détermination de l’Union à faire face à l’insécurité grandissante. A cet égard, elle dit avoir pris connaissance du rapport de Macky Sall, président du Comité de haut niveau sur la mise en œuvre du chantier paix et sécurité. Pour la mise en œuvre diligente des propositions contenues dans ce document, la Conférence a instruit les Etats et institutions de l’Union à mettre en œuvre les directives issues de la 4èréunion dudit Comité, tenue le 15 novembre 2019. Avant de se féliciter des avancées significatives dans la mise en œuvre de la Politique de l’UEMOA en matière de paix et de sécurité. Analysant la situation politique et sociale au sein de l’Union, la Conférence des chefs d’Etat et de gouvernement s’est félicitée de la bonne tenue du premier tour de l’élection présidentielle en Guinée Bissau. Tout en émettant le vœu que le second tour ainsi que les échéances électorales en vue dans certains pays se tiennent dans un climat apaisé, elle a invité les acteurs politiques « à privilégier le dialogue inclusif qui reste le moyen le plus sûr pour dégager un consensus national et mobiliser toutes les forces vives ». Rappelons qu’en plus des chefs d’Etat ou de gouvernement des huit pays, les présidents des commissions de l’Union, de la CEDEAO, de la BOAD, le gouverneur de la BCEAO et des chefs d’instituions de l’Union ont participé à ce huis clos. CMT/MD (AMAP)        

Brigade mobile d’intervention de Bamako saisit du basin d’une valeur de près de 200 millions

Bamako, 03 décembre (AMAP) La Brigade mobile d’intervention (BMI) de Bamako a saisi du basin d’une valeur de près de 200 millions au cours d’une opération qui s’est déroulée dimanche, entre 1 heure et 6 heures du matin, à Kalabankoro, sur la route de Kabala, indiquent des sources douanières. Au total, 22 barriques sur 53 contenaient  des tissus dont le poids total est de 4,2 T. Il y en a pour 587 pièces de 30 mètres, 42 pièces de 5 mètres et 24 pièces de 10 mètres. Ces lots sont accompagnés de 10 pièces de tissus Wax. Selon les services des douanes, la valeur marchande de cette saisie avoisine les 200 millions de Fcfa. Les douaniers avaient reçu, au préalable, une information sur la présence d’une grande quantité de tissus dissimulée dans des barriques en plastique que des individus seraient en train de déverser sur le marché. Nantis de ces renseignements, les hommes du Commandant Toumani Diallo, chef de la BMI, ont organisé une mission d’urgence. Ils ont mis le cap sur le lieu indiqué par l’informateur. A la faveur de la nuit, le mouvement des agents des douanes a été discret, doublé de l’effet de surprise. Arrivés sur les lieux, les agents des douanes ont constaté la présence de futs contenant des friperies, des produits alimentaires et autres bricoles venus d’Europe. Poussant plus loin leur constat, les agents ont remarqué des étiquettes sur certaines barriques comme pour les singulariser. Ils ont passé, rapidement, à la fouille et ont découvert des lots de tissus basin de premier choix, de type  « Getzner » importé d’Allemagne.   AC/MD (AMAP)

Douanes de Zégoua: Saisie de près de 5 kg d’or pour une valeur d’environ 140 millions de Fcfa et 200. 000 euros

Bamako, 03 décembre (AMAP)  Les agents des Douanes du Bureau secondaire de Zégou (Sud) ont saisi près de 5 kg d’or dont la valeur marchande est estimée à 140 millions de Fcfa 200 000 euros pour environ 131 millions de Fcfa, culminant à un total de 271 millions de Fcfa, a appris, mardi,  l’AMAP, de sources douanières.  Cette saisie a été opérée, le 16 novembre dernier, à 4 heures du matin à bord d‘un car voyageur en provenance de la Côte d’Ivoire. Le bus de transport a ete immobilisé dans la cour des Douanes, à Zégou, à la frontière Mali-Côte d’Ivoire pour les contrôles d’usage, selon les mêmes. Les agents des douanes en poste, ce jour-là, après avoir interrogé le transporteur sur la nature des marchandises en soute, ont procédé à la fouille du car et au contrôle des passagers. Au cours de cette opération, le comportement étrange d’un passager attira l’attention des agents des Douanes. Il portait un sac à dos qui semblait très lourd, aux yeux des douaniers. Le suspect, de nationalité malienne, a, alors, été interpellé et fouillé. Il transportait des colis bien emballés dans son sac à dos. Confondu, il est passé aux aveux. « Il a affirmé être en possession d’or et de devise en euros (grosses coupures). Il dit n’être que porteur du colis qu’il doit remettre à une autre personne à Bamako », a expliqué le Chef du Bureau des Douanes de Zégoua, Sidy Moctar Dembélé. Informé de cette découverte, le Directeur régional des Douanes de Sikasso a ordonné que le le suspect soit entendu et la marchandise saisie, conformément à la réglementation douanière en vigueur. « C’est ainsi que nous lui avons notifié, à haute et intelligible voix, qu’il est coupable d’une infraction de contrebande de devises et d’or, avec sommation de me suivre pour assister à la description des objets saisis et à la rédaction de notre rapport » a déclaré le commandant Sidy Moctar Dembélé. Au décompte, le chef de brigade, Aly Coulibaly, a formellement compté 4.700 grammes d’or et 1000 billets de deux cent euros, soit 200. 000 euros. AC/MD (AMAP)

Développement et dette soutenable en Afrique : Les dirigeants de l’UEMOA à la recherche du juste équilibre

Envoyé Spécial Cheick M. TRAORE Dakar, 02 décembre (AMAP) La réunion de haut niveau sur la dette et le développements’est tenue, lundi, à Dakar, en présence de plusieurs chefs d’Etat et de gouvernement de l’Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA) dont le Premier ministre Dr Boubou Cissé.   La rencontre avait pour objectif à faire comprendre aux partenaires les difficultés financières auxquelles nos pays sont confrontés face au défi sécuritaire, à la dette, à la lutte contre le terrorisme. Les chefs d’Etat et de gouvernement de l’Union ont, à cet effet, invité à un changement de stratégie de la part des partenaires techniques et financiers, toute chose qui est nécessaire pour un développement harmonieux de nos pays. Le Premier ministre, ministre de l’Économie et des Finances, Dr Boubou Cissé, intervenant lors de la session inaugurale de la Conférence internationale sur le thème : «Développement et dette soutenable : trouver le juste milieu», a réitéré auprès des partenaires techniques et financiers sa demande visant à extraire les dépenses sécuritaires et militaires du calcul du déficit budgétaire, fixé à 3% du Produit intérieur brut (PIB). Dr Boubou Cissé, qui représentait le président Ibrahim Boubacar Keïta à cette réunion de haut niveau, a plaidé pour la possibilité de garantir, par exemple, la dette contractée sur le marché financier régional, afin de ramener le taux d’intérêt estimé à 7 ou 8% à 6% voire 3%. L’objectif est de permettre aux pays du Sahel, notamment le Mali, de dégager des marges nécessaires aux investissements dans les infrastructures et autres secteurs sociaux porteurs de croissance et de développement. « Ce plaidoyer est, a soutenu le chef du gouvernement, légitime et justifié ». « Un pays, comme le Mali, consacre aujourd’hui 4% de sa richesse nationale, soit 24% du budget national, aux dépenses de sécurité et de défense », a rappelé Dr Boubou Cissé, ajoutant que ces dépenses ont augmenté de 20% les quatre dernières années. « Nous sommes dans une situation où, à cause du respect des critères de convergence et des critères que nous avons acceptés de signer avec des PTF, nous finançons ces dépenses-là au détriment des investissements sociaux : santé, éducation», a-t-il argumenté.  DIFFICULTÉS DE REMBOURSEMENT – « Pour éviter le scénario catastrophe et trouver le juste milieu entre développement et dette soutenable, il urge d’extraire les dépenses sécuritaires et militaires du calcul du déficit budgétaire », a proposé le Premier ministre, interviewé à la fin de cette session inaugurale. « Si nous y arrivons, cela dégagera une marge de manœuvre que nous pourrons consacrer à l’investissement public, à la formation du capital humain, des questions d’éducation et de santé. Des facteurs contributifs à la croissance », a dit Dr Boubou Cissé. Une autre solution, selon lui, est l’endettement. En la matière, la dette du Mali est estimée à 35% du PIB, loin des pays à risque. La dette intérieure (l’émission de bon du trésor) représente 47% de cette dette. Or, leur maturité est très courte (trois à cinq ans), contre des taux d’intérêt élevés estimés à 7 ou 8%. A ce rythme, nos pays seront confrontés à des difficultés de remboursement de cette dette, dans les années à venir. « Nos partenaires techniques et financiers doivent accepter d’utiliser des instruments dont ils disposent, permettant de garantir les prêts contractés sur le marché régional à travers la dette intérieure. Cela permettra d’avoir accès à des dettes à durée un peu longue (plus de dix ans) et à faible taux d’intérêt (3 à  4%) », a plaidé le ministre de l’Économie et des Finances. Introduisant les débats, le président sénégalais a rappelé : « il n’y a ni État, ni démocratie, ni liberté… sans sécurité». « Au regard de la situation au Sahel, le réflexe de tout pays est de se défendre. C’est pourquoi, l’investissement dans les forces de défense devient un impératif de survie », a déclaré Macky Sall. Pour lui, il convient alors de trouver les mécanismes pour prendre en compte la situation exceptionnelle de certains pays dont les fonds devant être alloués au développement sont injectés dans « l’effort de guerre ». Aussi, conviendrait-il de déconstruire les clichés de pays à risque que certains s’évertuent à coller aux pays africains, surtout au sud du Sahara, a plaidé le chef de l’Etat sénégalais, défendant la cause du Sahel, notamment du Mali. Macky Sall a invité, aussi, à « défaire les chaines qui nous empêchent de décoller économiquement ». Présents à cette rencontre, les présidents du Bénin, du Burkina Faso, de la Côte d’Ivoire, du Niger et du Togo ont tous reconnu la nécessité de repenser le mécanisme de la dette et des critères de convergence qui ne semblent pas adapter aux réalités et aux ambitions de nos pays. Ils ont, également, invité les PTF à éviter de commettre l’erreur d’administrer les mêmes remèdes pour tous les problèmes. GESTION TRANSPARENTE– Intervenant à ce propos, la directrice générale du Fonds monétaire international (FMI) a, tout en reconnaissant que l’endettement est nécessaire pour espérer atteindre les Objectifs de développement durable, souligné que les pays ne peuvent pas agir selon leur bon vouloir. Kristalina Georgieva a, par ailleurs, rassuré : «Notre institution sera à vos côtés, à condition que la gestion de la dette soit transparence et efficiente». Cette rencontre-débat s’est tenue à l’initiative du président Macky Sall. Il a été soutenu par le FMI, l’Organisation des Nations unies (ONU) et le Cercle des économistes, une association visant à nourrir le débat économique créée en 1992. Construite autour de six tables rondes thématiques, le Forum entend couvrir un large spectre de réflexion et d’actions collectives à envisager visant à répondre aux problématiques de soutenabilité de la dette africaine vis-à-vis du développement du continent. Pour ce faire, le Cercle des économistes a identifié six secteurs vitaux : l’eau, l’énergie, l’agriculture, la formation, le numérique et la mobilité, sur lesquels doivent reposer le développement à long terme de l’Afrique. Domaines prioritaires prometteurs et porteurs de croissance qui, selon ces experts, peinent à obtenir les fonds nécessaires à cet effet. Seulement plus de 50 milliards de dollars (environ 27.500 milliards de Fcfa) sont accordés à ces secteurs pour toute l’Afrique subsaharienne. CMT/Md (AMAP)

Vaccination du cheptel : La campagne touchera plus de 59 millions d’animaux

Bamako, 02 décembre (AMAP) Le président de la République, Ibrahim Boubacar Keïta, a inoculé, dimanche, la première dose de vaccin à un bovin, donnant le coup d’envoi de la campagne nationale de vaccination du cheptel qui touchera, cette année, plus de 59 millions de têtes d’animaux et de volaille. Les maladies animales concernées sont la péripneumonie contagieuse bovine, la fièvre aphteuse, la peste des petits ruminants, la pasteurellose bovine, le charbon symptomatique, le charbon bactéridien et la maladie de la volaille de Newcastle. La cérémonie de cette année a eu lieu à Kati Dral (commune de Kambila) qui accueilli  plusieurs membres du gouvernement dont le ministre de l’Elevage et de la Pêche, des chefs d’institutions de la République et des diplomates. Les populations de la commune et les éleveurs sont, également sortis, massivement. En matière d’élevage, le Mali doit, en partie, sa renommée à cette initiative qui renforce, année après année, la protection sanitaire de son cheptel. Aujourd’hui, le Mali occupe la troisième place sur le continent. Le secteur contribue au Produit intérieur brut (PIB) à hauteur de 10%. Au nom des éleveurs, Elhadj Bolly a témoigné de l’efficience des actions entreprises par les autorités, ces dernières années, avant d’appeler ses « frères » à s’approprier cette campagne de vaccination. «Faites vacciner vos bétails ! L’épanouissement de notre activité en dépend», a-t-il plaidé. Le président de l’Assemblée permanente des chambres d’agriculture du Mali (APCAM), Mohamed Ag Mohamed El Moctar, a renchéri : «Vacciner les animaux, c’est contribuer à l’atteinte de la sécurité alimentaire, c’est protéger les populations et c’est un devoir citoyen». Il a, aussi, exprimé la reconnaissance de l’APCAM au chef de l’Etat pour lA mise à disposition de milliers de doses de semence bovine, la création d’un centre d’insémination artificielle ou encore le développement de la culture fourragère dans la zone Office du Niger. Autant d’actes qui ont, considérablement boosté les productions animales. Mohamed Ag Mohamed El Moctar a, cependant, attiré l’attention du chef de l’Etat sur la persistance de la fièvre aphteuse dans certaines localités du Mali. UNE PROUESSE – La ministre de l’Elevage et de la Pêche, Dr Kané Rokia Maguiraga, a précisé que l’objectif de cette campagne est de vacciner 59.600.800 têtes d’animaux et de volailles contre 56.680.830 têtes l’année dernière. Cette campagne sera, aussi, marquée par le démarrage du Programme national de lutte contre la rage 2019-2023. «L’atteinte de cet objectif dépend, en grande partie, de la mobilisation des éleveurs», selon la ministre qui a, alors, exhorté les éleveurs à faire vacciner massivement les animaux. D’après la ministre, les activités de vaccination seront menées, en plus des agents du secteur public, par 163 vétérinaires privés. Par ailleurs, Dr Kané Rokia Maguiraga a mis l’accent sur les résultats de la campagne écoulée. Selon elle, grâce aux vaccinations et à la surveillance épidémiologique permanente, une progression sensible du taux de couverture vaccinale a été enregistrée. «Pour ce qui concerne la péripneumonie contagieuse bovine, le taux de couverture vaccinale a progressé de 69,40% à 80,72% au cours de la campagne dernière», a-t-elle précisé. « Chacun a entendu les chiffres et le dernier classement africain qui nous hisse à la troisième place continentale. Dans le contexte qui est celui du Mali, une telle prouesse se respecte», s’est félicité Ibrahim Boubacar Keïta, pour qui le Mali doit cet exploit aux éleveurs, pêcheurs et agriculteurs. « Si nous sommes considérés, aujourd’hui, sur le plan africain en matière de développement rural, c’est à leur labeur, à leur engagement, à leur détermination jamais prise à défaut», a-t-il dit. Et de reconnaitre la pertinence de l’effort du gouvernement pour rehausser la part dévolue à ce secteur à 15%. Un effort, certes, louable mais qui n’aurait pas produit l’effet escompté si les hommes et les femmes du secteur rural n’avaient pas été au rendez-vous. En effet, selon le chef de l’Etat, «on aurait pu injecter 30%, si l’homme n’avait pas été au rendez-vous, rien n’aurait été fait». Ibrahim Boubacar Keïta a indique que participer, chaque année, à ce lancement de campagne de vaccination est un devoir pour lui, « parce que la santé animale est à la base de tout le reste, elle conditionne la santé humaine». Il a souhaité que le cheptel malien, un socle sur lequel repose le décollage économique du pays, aille encore grandissant. Avant d’administrer la première dose de vaccin, le président de la République avait remis au ministre en charge de l’Elevage 23 motos et des glacières contenant 332.000 doses de vaccins, des seringues et des gangs. Ces vaccins de très bonne qualité ont été, tous, produits par le Laboratoire central vétérinaire (LCV), une structure de renommée internationale qui assure la santé animale au Mali et même au-delà des frontières du pays. ID/MD (AMAP)

Sommet de l’UEMOA à Dakar : Dette, développement, paix et sécurité au centre des préoccupations

Envoyé Spécial Cheick M. TRAORÉ Dakar, 02 décembre (AMAP) Arrivé à Dakar dans la nuit du samedi au dimanche, le Premier ministre du Mali, Dr Boubou Cissé, a pris part, lundi matin, à une rencontre de haut niveau de l’Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA), en prélude à la Conférence des chefs d’Etat et de gouvernement. Le chef du gouvernement conduit une délégation comprenant, notamment, la ministre déléguée chargée du Budget, Mme Barry Aoua Sylla.La réunion de haut niveau sur la dette et le développement intervient à un moment où le spectre d’une crise économique, comme celle de 2008, plane sur l’économie mondiale. Beaucoup de pays membres de l’UEMOA ne sont pas loin du seuil critique d’endettement. A l’exception des pays comme le Mali, qui est très loin du risque de surendettement, avec une dette estimée à moins de 40% du Produit intérieur brut (PIB). Pour être considérée comme soutenable, la dette d’un Etat doit être inférieure où égale à 70% de son PIB. Face aux enjeux liés à l’augmentation jugée inopportune de la dette, des voix au sein du Système des Nations unies invitent, de plus en plus, à une réorientation de la dette des pays en voie de développement vers les secteurs prioritaires pouvant avoir un impact direct sur la vie des populations au nom desquelles les pays s’endettent. C’est dans ce contexte qu’intervient cette rencontre sur la dette et le développement à laquelle participent plusieurs chefs d’Etat et de gouvernement de l’UEMOA, des partenaires au développement et la direction du Fonds monétaire international (FMI). Durant une journée entière, ils discuteront autour de sept panels consacrés aux enjeux liés au développement et à la soutenabilité de la dette. Pour ce faire, des thématiques comme «Développement et dette, Où en sommes-nous ? Comment pouvons-nous mieux rentabiliser les investissements publics ?» ; «Comment rendre le financement privé réellement transformateur ? » ; « Comment mieux dépenser et mieux financer ? », seront animées et développées par des experts, des chefs d’Etat et autres acteurs intervenant dans ce domaine. Concernant le thème : «Comment mieux dépenser et mieux financer ? », les intervenants discuteront des solutions à envisager afin que «les ressources empruntées soient affectées à des investissements à rendement élevé», en tenant compte de la «sélection et de la hiérarchisation des projets d’investissement et de l’efficacité des dépenses». Après cette rencontre entre politiques, financiers et acteurs en charge du développement, s’ouvrira, mardi, une session extraordinaire de la Conférence des chefs d’Etat et de gouvernement de l’UEMOA. Les travaux de cette rencontre, qui auront lieu au Centre international de Conférences Abdou Diouf, à Diamniadio, seront présidés par le président ivoirien, président en exercice de la Conférence des chefs d’Etat et de gouvernement de l’ UEMOA, Alassane Ouattara. Cette session offrira l’occasion aux chefs d’Etat et de gouvernement d’échanger, notamment, sur les mécanismes et stratégies pour faire face à l’hydre terroriste dans les pays membres de l’Union. La dernière session extraordinaire de la Conférence des chefs d’Etat et de gouvernement de l’UEMOA a eu lieu, le 10 avril 2017, à Abidjan. En juillet dernier, la Conférence a tenu sa 21èsession ordinaire à Abidjan. La  Conférence des chefs d’Etat et de gouvernement est l’organe suprême qui définit les grandes orientations de la politique de l’UEMOA. Selon l’article 17 du traité, elle se réunit, au moins, une fois par an. A son arrivée, samedi, dans la capitale sénégalaise, le chef du gouvernement, Dr Boubou Cissé, a été accueilli par le ministre du Plan Sénégal Emergent, Moise Sarr, et le secrétaire d’Etat chargé des Sénégalais de l’Extérieur, Cheickh Kanté. CMT/MD (AMAP)

Industrie : Le made in Mali cherche sa voie

Bamako, 29 novembre (AMAP) Le président de la République, Ibrahim Boubacar Keïta, a présidé, jeudi, après-midi, au Parc des expositions de Bamako, la cérémonie d’ouverture du Salon du Made in Mali qui durera jusqu’au 1er décembre prochain et est organisé dans le cadre des festivités de la Journée de l’industrialisation de l’Afrique (JIA) décrétée par les Nations unies le 20 novembre de chaque année. Pour le président de la Chambre de commerce et d’industrie du Mali (CCIM), Youssouf Bathily, on ne peut parler de promotion de l’emploi des jeunes et des femmes sans envisager, au préalable, un développement économique équilibré soutenu par une industrialisation qui est la voie la plus appropriée pour créer de la richesse et l’emploi durable. Le président de la CCIM, a indiqué que notre secteur industriel traverse des difficultés qui sont relatives, entre autres, à l’accès au financement, au coût élevé des emprunts dont la durée n’est pas adaptée au projet d’investissement nécessitant des délais plus longs, au coût d’acquisition des espaces très élevé des zones industrielles, au coût élevé des facteurs de production, à la concurrence déloyale, etc. Pour soutenir, véritablement, l’industrie malienne et favoriser son développement, il propose entre autres, d’explorer des voies et moyens pour faciliter l’accès aux zones industrielles, la mise en place d’une banque d’investissement plus adaptée au financement des industries, la mise en place de mécanismes de lutte contre la concurrence déloyale, etc. Il a, aussi,  demandé aux autorités de porter une attention particulière au secteur industriel comme elles l’ont fait pour l’agriculture qui reçoit 15% du budget. SOLUTIONS DE RELANCE – Quant à Cyril Achcar, le président de l’Organisation patronale des industriels du Mali (OPI), il a remercié le chef de l’État pour sa volonté de promouvoir l’industrie nationale dans sa vision du Mali émergent. Il a évoqué, ensuite, le plan de travail de son organisation connu sous le nom de ‘Livre blanc de l’industrie’ qui est un recueil de solutions synthétisant la situation industrielle du Mali. Ce recueil propose également 24 solutions de relance de l’industrie nourries des différentes rencontres et des difficultés rencontrées pendant 44 années de pratique de la transformation industrielle nationale, depuis le 7 juillet 1975 que l’OPI existe. De son côté, le ministre de l’Industrie et du Commerce, Mohamed Ag Erlaf, a reconnu que l’industrie malienne connaît certains problèmes, notamment l’obsolescence des infrastructures. Et la zone industrielle de Sotuba en est la parfaite illustration. Pour lui, elle est non seulement obsolète en termes d’urbanisme mais aussi technologique et totalement inadaptée aujourd’hui aux objectifs d’une industrialisation moderne. Le second problème que le ministre Ag Erlaf a évoqué est le coût de l’énergie qui rend totalement improductive toute action industrielle, la mauvaise qualité de la production et la faible articulation entre l’industrie, la recherche et les autres secteurs de l’économie. Selon lui, malgré les efforts, le Mali est un pays en guerre et si tel n’était pas le cas, il aurait pu beaucoup faire pour son industrie et les autres domaines. Après la coupure du ruban symbolique et la visite guidée des stands, le président de la République s’est dit heureux de ce qu’il a vu à ce salon. « J’ai été émerveillé par le savoir-faire malien, par la calme et la sereine maîtrise des techniques modernes», a indiqué Ibrahim Boubacar Keïta. Pour lui, cela « est un parcours de débutant sûrement, d’industrie naissante mais qui promet beaucoup ». Cerise sur le gâteau, le chef de l’État dit avoir vu une unité qui transforme les déchets plastiques en objets utiles et utilitaires. L’HABILETÉ DES MALIENS – Selon le président de la République, ces genres de projets doivent se multiplier et faire en sorte que notre environnement s’améliore, quotidiennement, de la plus belle des façons. Car les déchets au Mali maintenant sont devenus un problème brûlant de santé publique. «J’ai vu donc l’habileté des Maliens. Je l’avais déjà constatée lors du Salon de l’artisanat et ici au plan industriel également… C’est cela le Mali de demain, c’est cela le Mali de mes vœux, le Mali que je souhaite et le Mali qui sera», a ajouté le chef de l’État. Ibrahim Boubacar Keïta a dit avoir noté les préoccupations des industriels. Cependant, par rapport au marché sous-régional, il dira que certaines décisions communautaires, malheureusement, s’imposent à nous bien qu’elles plombent notre industrie nationale naissante par rapport, notamment, aux pays côtiers. Le président Keïta a expliqué aux industriels que si l’accent est mis sur l’agriculture, c’est, précisément, pour que les industriels maliens aient de la matière première. La promotion de l’agriculture malienne, selon lui, perme, aujourd’hui, d’avoir cela. «Au total, une bonne impression de ce qui est à l’œuvre au Mali et qui doit être encouragé et que nous encouragerons par des mesures structurelles, par des mesures financières, par des accompagnements, également, dans le domaine du foncier», a-t-il indiqué. DD/MD (AMAP)