Production cotonnière : Près de 700.000 tonnes attendues pour la campagne 2019/2020

Bamako, 17 décembre (AMAP) La Compagnie malienne pour le développement des textiles (CMDT) compte atteindre près de 700.000 tonnes de coton pour la campagne 2019/2020, notamment grâce à la hausse du prix du coton graine qui passe de 255 Fcfa/kg à 275 Fcfa/kg, a appris l’AMAP, de source officielle. Tous les acteurs du secteur de « l’or blanc » malien s’est retrouvée, les 11 et 12 décembre derniers, à Koutiala, pour faire le bilan de la campagne 2018/2019 et préparer celle de 2019/2020 de la CMDT. La rencontre sous la présidence du président directeur général (PDG) de la CMDT, Pr Baba Berthé, qui s’est déroulée, également, en présence de la directrice générale adjointe de l’Office de la haute vallée du Niger (OHVN), Mme Diallo Mah Koné, et du président intérimaire de la Confédération des sociétés coopératives de producteurs de coton (CSCPC), Djiguiba Ampha Coulibaly. À l’ouverture des travaux, le Pr Baba Berthé a décliné l’objectif de cette traditionnelle réunion qui est de faire l’analyse critique des réalisations de la campagne 2018/2019 et les perspectives de la campagne 2019/2020. La directrice adjointe de l’OHVN a, pour sa part, félicité les producteurs de coton pour les résultats obtenus cette année. Mme Diallo Mah Koné a ensuite remercié les autorités pour le paiement des subventions aux producteurs, avant d’exhorter les participants à examiner, minutieusement, les documents qui leur sont soumis, afin de  proposer des recommandations et résolutions permettant à l’OHVN et la CMDT d’atteindre leurs objectifs. Le président intérimaire de la CSCPC a, aussi, remercié la CMDT et les autorités pour le paiement des subventions aux producteurs. « Pour cette campagne, les stocks ont été vendus et les ristournes perçues par les productions », s’est réjoui Djiguiba Ampha Coulibaly. Il a, cependant, déploré la baisse du rendement par rapport aux autres années, à cause d’une pluviométrie contrastée. La centaine de participants, parmi lesquels, des chefs de services et cadres de la CMDT et de l’OHVN, des représentants des organisations des producteurs agricoles, ont donc exposé et échangé durant cette réunion. Il ressort de ces échanges que la campagne agricole 2018/2019 a démarré dans un contexte socio-économique favorable. Le coût total des investissements de la CMDT s’est élevé à 309 milliards de Fcfa. Les achats ont porté sur 656.531 tonnes de coton, dont 25.195 tonnes de la zone OHVN, pour un objectif de 700.000 tonnes, soit un taux de réalisation de 94%. Les aléas climatiques au début et à la fin de la campagne sont à la base du gap dans la réalisation de l’objectif fixé. Les filiales Nord-Est (87%) et de la Division de Sikasso (86%) n’ont pas atteint les prévisions. Quant à la Division de Bougouni et les Filiales Centre et Ouest, elles ont réalisé leurs prévisions. 2,4 MILLIONS DE TONNES DE CÉRÉALES – La partie industrielle a assuré le transport et l’égrenage de toute la production avant fin avril. Concernant les céréales sèches, 2,4 millions de tonnes ont été produites, soit une disponibilité par habitant de 466 kg. Ce taux a couvert les besoins céréaliers des populations de la zone CMDT et dégagé un excédent commercialisable. À noter que pour cette campagne, le prix du coton graine de premier choix est passé de 250 Fcfa/kg à 255 Fcfa/kg. La subvention de l’Etat s’est élevée à 27,77 milliards de Fcfa pour l’achat des engrais coton et maïs utilisés par les producteurs. Après le bilan de la campagne écoulée, les participants se sont penchés sur les préparatifs de la campagne 2019/2020. Le prix du coton graine connaitra une augmentation de 20 Fcfa, passant à 275 Fcfa/kgpour le premier choix. Et le paiement des producteurs se fera avant fin avril prochain. Pour ce qui concerne les superficies à emblaver, il est prévu 738.193 hectares, dont 28.826 hectares pour la zone OHVN. La production de coton attendue est de 691.300 tonnes,dont 26.000 tonnes pour la zone OHVN. Cette prévision est supérieure à celle de 2018/2019 et elle sera la deuxième plus grande, après celle de 2017/2018 qui était de 728.600 tonnes. Du côté de la production céréalière, il est prévu 2,4 millions de tonnes dont 1,4 millions de tonnes de maïs. Le  Pr Baba Berthé a encouragé les acteurs du secteur, tout en rappelant que la production cotonnière est un domaine dont on peut se réjouir des résultats sans en être satisfait.  « Nous avons un potentiel qui permet d’aller au-delà de ce niveau de production. Mais, il reste des contraintes, au nombre desquelles, l’outil industriel qui est complètement obsolète et dépassé. La production agricole doit aller de pair avec l’amélioration de l’outil industriel, c’est-à-dire le système d’égrenage », a fait remarquer le PDG de la CMDT. Il a insisté sur le besoin de sécuriser les semences, celui de rendre disponible les intrants, le renforcement de la formation et l’encadrement des producteurs et enfin le renforcement du dispositif de lutte contre les incendies. MT/MD (AMAP)

Appui budgétaire : La Banque mondiale accorde 149 milliards de Fcfa au Mali

Bamako, 17 décembre (AMAP) Le Premier ministre, ministre de l’Économie et des Finances, Dr Boubou Cissé, et la directrice des Opérations de la Banque mondiale pour le Mali, Soukeyna Kane, ont signé, lundi, à Bamako, un accord d’appui budgétaire de 250 millions de dollars soit 148,7 milliards de Fcfa, visant à soutenir la mise en œuvre des priorités du gouvernement inscrites dans le document du Cadre stratégique pour la relance économique, croissance et le développement durable (CREDD 2019-2023). Cet accord de financement, dont 210 millions de dollars en prêt de l’Association international pour le développement (IDA) et 40 millions en don, dans le cadre du Projet d’appui budgétaire des politiques de développement du Mali, est destiné à l’énergie durable et l’amélioration de la prestation de services pour une stabilité accrue. Cet appui est le premier d’une série de deux soutiens budgétaires généraux programmés par la Banque mondiale pour les années 2019 et 2020. Dr Boubou Cissé a souligné que le présent financement permettra de mettre en œuvre l’axe trois du CREDD qui comprend le renforcement de la stabilité macroéconomique, la promotion du secteur privé, l’amélioration de la qualité de l’approvisionnement en électricité à moindre coût, la promotion de la productivité et de la  concurrence dans le secteur agricole et la promotion de l’économie numérique. Il permettra également la mise en œuvre de l’axe stratégique 1 qui repose notamment sur le renforcement de la décentralisation. Cela, grâce à l’amélioration de la gouvernance locale, à la décentralisation de la prestation des services publics et des compétences de base, et à la promotion des économies régionales et locales. Le ministre de l’Économie et des Finances, a rappelé que le CREDD s’articule autour de cinq axes stratégiques et définit un cadre pour s’attaquer aux problèmes multidimensionnels auxquels le Mali est confronté aujourd’hui. Il a assuré que le gouvernement ne ménagera pas ses efforts pour honorer les engagements pris pour l’exécution de mesures liées à cet accord de financement. Afin, selon lui, d’assurer la bonne réalisation de cet appui budgétaire. Car, après cet accord de financement, le défi à relever par la partie malienne et la Banque mondiale est le décaissement effectif du montant avant la fin de l’exercice budgétaire. C’est-à-dire avant le 31 décembre 2019. A cet effet, le chef du gouvernement malien a assuré que le gouvernement prendra toutes les mesures voulues, dans les délais souhaités, pour le versement de ce fonds. De son côté, Soukeyna Kane a expliqué que, compte tenu des défis sécuritaires et du contexte de fragilité que connait le Mali, cet appui budgétaire, « d’un montant inédit » a pour triple objectifs de contribuer à la viabilité financière du secteur de l’énergie. « Il s’agira, aussi, de mettre en place un mécanisme de subventions agricoles plus ciblé et plus efficace. Grâce aux économies ainsi réalisées, il sera possible d’augmenter la fourniture de services décentralisés en faveur des couches défavorisées de la population », a-t-elle ajouté. En réponse aux inquiétudes soulevées, Soukeyna Kane a assuré que les ressources de cet appui budgétaire, approuvé par le Conseil des administrateurs de la Banque, le 12 décembre dernier, seront mises à la disposition du gouvernement avant le 31 décembre 2019. « Cela, une fois les formalités juridiques d’entrée en vigueur complétées », a-t-elle précisé, invitant l’ensemble des parties prenantes à redoubler d’effort pour une mise en œuvre rapide et complète des mesures soutenues par cet accord de financement afin de garantir ses résultats. Elle a, ensuite, réaffirmé l’engagement de son institution à soutenir le rythme de nos réformes dans les mois à venir et à préparer le second appui budgétaire de cette série, dans les meilleurs délais. PILIERS ET MESURES CONNEXES –Cet appui budgétaire s’articule autour de trois piliers dont le premier incite à la réduction du montant des subventions octroyées au secteur de l’électricité dans le budget général de l’Etat. Il vise à renforcer le contrôle du gouvernement sur la gestion du secteur de l’électricité et à éliminer d’ici à cinq ans la nécessité de le subventionner. A cette fin, a expliqué la directrice des Opérations de la Banque mondiale pour le Mali, le gouvernement « a validé un plan de redressement du secteur de l’énergie qui prévoit une série de mesures clés assorties d’un chronogramme précis pour renforcer la viabilité du secteur et accroître les revenus de la société Energie du Mali (EDM) ». Parmi ces mesures, le relèvement des tarifs d’électricité moyenne tension et la mise en œuvre du mécanisme de prépaiement. Le rééquilibrage des comptes d’EDM résultera de l’augmentation prévue des importations d’énergies à la fois meilleurs marchés et plus propres que la production actuelle. Il dépendra aussi d’un meilleur mix énergétique privilégiant les projets d’énergie renouvelable. Le deuxième pilier de l’accord vise à améliorer l’efficacité des subventions agricoles et du système foncier. Soukeyna Kane a, à ce niveau, expliqué qu’un programme de bons électroniques (appelé e-voucher) a été introduit pour étendre et mieux cibler le programme de subventions en faveur des agriculteurs les plus pauvres, tout en améliorant la transparence de la chaîne d’approvisionnement, en créant de meilleures conditions juridiques et institutionnelles pour le développement des marchés des intrants agricoles. « Au demeurant, afin de garantir la sécurité foncière et attirer plus d’investissements privés dans le secteur agricole, l’opération vise également à améliorer le financement des commissions foncières et à renforcer leurs capacités de fourniture de services de médiation en cas de conflits fonciers », a-t-elle dit. Quant au troisième pilier de cet appui budgétaire, il a pour but d’améliorer le déploiement décentralisé et la supervision des services sociaux. Il entend renforcer la prévisibilité et l’effectivité des transferts aux collectivités territoriales, notamment dans les secteurs de la santé et de l’éducation. « Cette mesure, accompagne l’engagement des autorités en faveur de la décentralisation comme outil majeur pour restaurer la paix et la stabilité du pays », a assuré Soukeyna Kane.   Rappelons que la signature de cet accord de financement est la 8è du genre avec la Banque mondiale depuis le début de cette année. Le montant total de toutes ces conventions signées s’élève à plus de 671 millions

Blanchiment de capitaux et financement du terrorisme : Les mécanismes pour assécher les ressources de la criminalité

Bamako, 09 décembre (AMAP) Le Réseau des cellules nationales de traitement des informations financières des pays de l’Union économique et monétaire ouest-africaine (RECEN-UEMOA) a organisé, du 4 au 6 décembre, au Mali, les états généraux de la lutte contre le blanchiment de capitaux et le financement du terrorisme. La rencontre a mobilisé les représentants des CENTIF, du Groupe intergouvernemental d’action contre le blanchiment d’argent en Afrique de l’Ouest (GIABA), de la Banque centrale des Etats de l’Afrique centrale (BCEAO), de la Commission de l’UEMOA, les représentants des administrations publiques et privées du Mali. Durant trois jours, ils ont jeté un regard rétrospectif sur leurs résultats afin de mieux définir et orienter de nouvelles perspectives. Le président du Réseau des CENTIF, Hassane Taher, a remis au Premier ministre, Boubou Cissé, les conclusions des débats, au sein de quatre groupes de travail, vendredi,  lors de la clôture des travaux. Dans le document, des recommandations pertinentes sont faites à l’intention des autorités gouvernementales de l’UEMOA et des différents acteurs de la lutte contre le blanchiment des capitaux et le financement du terrorisme. Globalement, ces recommandations tendent à renforcer les capacités opérationnelles et fonctionnelles des CENTIF. LesCENTIF ont pour mission de recueillir et de traiter toutes les opérations en lien avec le blanchiment d’argent et le financement du terrorisme. L’immensité de leur tâche s’apprécie à l’aune des manifestations et la sophistication des méthodes des terroristes qui ont appris à orienter, à leur profit, les trafics en tous genres, le banditisme et même certains flux économiques conventionnels. La nouveauté, c’est que désormais, ils investissent les nouveaux espaces financiers virtuels. Dès lors, assécher leurs sources de financement requiert une coopération entre nos Etats pour mieux échanger les informations. Les participants ont souhaité l’institution de l’obligation de déclarer les transports transfrontaliers d’espèces, la création d’organes de recouvrement et de gestion des avoirs saisis et confisqués dans tous les pays et l’élaboration d’une procédure harmonisée de traitement des informations spontanées. Ils ont aussi exhorté l’UEMOA à appuyer financièrement les CENTIF, à ériger le RECEN en organe consultatif de l’Union et à impliquer les Cellules dans les activités du G5 Sahel. Ils ont, également, recommandé la promotion et la facilitation de l’accès direct des CENTIF aux bases de données pertinentes (CIP, INTERPOL, ONI, régies financières…) et le renforcement des modalités de contrôle des sociétés de transfert rapide d’argent. La rencontre a, aussi, demandé de prolonger le délai de 48 heures imparti pour la mise en œuvre efficace des oppositions aux opérations suspectes par les CENTIF. En vue de mettre en œuvre, de façon efficace, ces recommandations, le RECEN-UEMOA s’engage à élaborer un plan d’actions et à mettre en place un mécanisme de suivi/évaluation. Le chef du gouvernement malien, qui a jugé les réformes proposées assez pertinentes, a promis de plaider pour une prise en compte effective des recommandations par les Etats membres de l’Union. Pour Dr Boubou Cissé, le blanchement de capitaux et le financement du terrorisme constituent deux fléaux qui anéantissent les efforts de nos Etats à bâtir une économie régionale forte. Ce qui a, notamment, amené les chefs d’Etat de la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO)  à inscrire, en septembre dernier, à Ouagadougou, la lutte contre le financement du terrorisme parmi les priorités en matière de sécurité dans la région ouest-africaine. A cet effet, les dirigeants ont doté la CEDEAO d’un plan d’actions pour la période 2020-2024 avec pour objectif de parvenir à neutraliser les terroristes. Et dans ce cadre, les chefs d’Etat et de gouvernement de l’UEMOA se sont engagés à apporter une contribution de 500 millions de dollars (250 milliards de Fcfa). Un engagement qui a été réaffirmé, la semaine dernière à Dakar. Ces ressources seront débloquées pour la formation des unités engagées dans la lutte contre le terrorisme et le crime organisé, notamment les trafics d’armes, de drogues, de faux médicaments… Dr Boubou Cissé a assuré que les cellules disposeront de moyens nécessaires pour mieux appréhender les phénomènes de blanchement de capitaux et de financement du terrorisme, avec pour finalité d’assécher définitivement les sources de financement des criminels. ID/MD (AMAP)

Irrigation de proximité : Le PASSIP renforce les capacités des acteurs agricoles

Bamako, 08 décembre (AMAP) Le Programme d’appui au sous-secteur de l’irrigation de proximité (PASSIP), a publé, jeudi, les résultats de la composante 2 du programme à la direction nationale du Génie rural (DNGR), a constaté l’AMAP. Le PASSIP, fruit de la coopération technique entre le gouvernement et le ministère fédéral allemand de la Coopération économique et du développement (BMZ), à travers la coopération allemande (GIZ), appuie le renforcement de capacités individuelles, organisationnelles des populations travaillant dans le domaine de l’irrigation de proximité, pour une mise en valeur durable des aménagements hydro-agricoles, afin d’améliorer leur situation économique et nutritionnelle. Il comprend quatre composantes, étroitement liées, à savoir la composante 1 qui appuie les services techniques de l’Agriculture pour assurer une meilleure coordination du Programme national d’irrigation de proximité (PNIP), en coopération avec les acteurs clés. La composante 2 vise à mettre à la disposition des prestataires publics et privés et démultiplicateurs, des capacités techniques, didactiques et pédagogiques nécessaires à la mise en œuvre du PNIP. Les composantes 3 et 4 appuient la mise en valeur des Aménagements hydro-agricoles (AHA) de proximité et l’amélioration de l’état nutritionnel des populations. Dans le cadre de la mise en œuvre du programme, la composante 2 du PASSIP, dont le mandat arrive à terme, en fin décembre 2019, le PASSIP appuie la direction nationale du Génie rural, en partenariat avec les autres acteurs impliqués dans la formation professionnelle en irrigation de proximité, dont la Direction nationale de l’Agriculture (DNA), la Direction nationale de la Formation professionnelle (DNFP) et cinq centres de formation de référence pour la mise en œuvre et le suivi du Plan national de formation en irrigation de proximité (PNFIP). Rappelons que le PASSIP s’inscrit dans un cadre temporel global d’une quinzaine d’années, allant de 2008 à 2023, sous réserve de confirmation des options prises par les différentes parties prenantes. La phase en cours dure trois ans. Les activités du PASSIP sont financées, conjointement, par le ministère fédéral allemand de la Coopération économique et du Développement (BMZ), l’Union européenne (UE) et le ministère canadien des Affaires mondiales (AMC) et dispose d’un budget d’environ 28.674.118 d’euros, soit 18,638 milliards de Fcfa. Selon le conseiller technique chargé du suivi évaluation du PASSIP, Ali Diabaté,l’objectif de cette rencontre est la remise des résultats obtenus du processus de conception des modules de l’outil pédagogique pour le renforcement des capacités dans le cadre de l’irrigation de proximité à la direction nationale du Génie rural qui est la tutelle principale du programme. Il estime que la remise de ces résultats vise à exhorter les utilisateurs potentiels à valoriser les résultats obtenus à travers les structures chargées de la mise en œuvre des formations dans le cadre de l’irrigation de proximité. Il a ajouté que les acteurs qui ont participé à ce processus, sont invités à faire bon usage des différents résultats obtenus. Le directeur national du Génie rural, Aghatam Ag Alhassane a reçu les résultats du PASSIP. Il a souligné que l’atteinte de cet objectif nécessite le renforcement des capacités des acteurs à tous les niveaux de la production répondant aux besoins des exploitations agricoles. Il a, ensuite, exhorté toutes les structures en charge de la formation des acteurs de l’irrigation de proximité et les partenaires techniques et financiers de favoriser un cadre de valorisation des outils déjà expérimentés et adaptés aux réalités du terrain. La rencontre a enregistré la présence du représentant de l’ambassade d’Allemagne au Mali, Jan Meise ainsi que de nombreux invités. MS/MD (AMAP)

Bamako : Des taxis motos comme solution aux embouteillages

Reportage de Oumar Diakité Bamako, 08 décembre (AMAP) Une centaine de taxi motos, d’une marque japonaise, de couleur bleue, avec GPS et une assurance en cas d’accident, circulent à Bamako et sont sollicitées par des clients, comme solution aux bouchons, pour les courses quotidiennes. Les conducteurs, (hommes et dames) sont habillés en gilets et équipés pour satisfaire les besoins de transport via la technologie. « Vous voulez aller au travail, à l’école, au marché ? Ou bien vous avez besoin qu’on fasse votre course ? C’est simple, vous les appelez ou vous écrivez via Messenger, Facebook à ‘Moto Teliman’ », témoigne un client fidèle, avant que nous fassions connaissance avec ces moto taxis. Et de commenter : « on vous envoie un conducteur de moto qui va vous remettre un casque et vous emmener à destination. Cela coûtera 50% moins cher et 3 fois plus rapide qu’une voiture ». Cet échangé a suscité notre curiosité sur ce nouveau transport de personnes et de livraison par deux-roues à Bamako. C’est une start-up, la première qui offre un tel service. Pendant une semaine, nous avons remarqué, à travers la ville de Bamako, en différents lieux de stationnement, quelques taxis motos labélisées ‘Teliman’. Sur la route de Lassa (un quartier sur les collines, côté ouest de la ville), nous avons  rencontré Ibrahim Diakité, un conducteur de ces taxi motos, pas peu fier de son travail, stationné sous les manguiers, en contrebas, à droite de la voie bitumée en direction de Kati.  « Nous voulons aller à Lassa. C’est combien le prix de transport ? », nous nous adressons à lui. « 200 Fcfa », répond-t-il,  la moto à côté, deux casques posés dessus dont l’un réservé au client. Nous enfourchons l’engin. En route, M. Diakité nous dit qu’il est un émigré malien de retour au pays et qu’il gagne, présentement, sa vie avec ce travail, avant de nous indiquer la direction de l’entreprise de taxi moto. « C’est un réseau de chauffeurs formés et équipés, une application mobile de tarification, un call-center, des motos avec GPS et une assurance en cas d’accident. Notre particularité est que nous mettons l’accent sur la sécurité et les prix abordables « , détaille notre chauffeur, nous  motivant vouloir en savoir davantage en nous rendre à la direction de la start-up à Sogoniko, non loin du commissariat de police du 7ème arrondissement, dans une grande cour. BOURSE D’EXCELLENCE  – Dans l’enceinte, un parking pour motos, de marque, majoritairement, Djakarta, non pas de celle des engins de Teliman, mais des chauffeurs, beaucoup de chauffeurs.  Nous apercevons une jeune dame en train de laver une assiette et un chauffeur de taxi moto assis auprès de la porte d’un bureau. Ce dernier nous apprend qu’elle est la première responsable de l’entreprise. « Je m’appelle Hawa Traoré. Je suis co-fondatrice et directrice générale de la start-up Teliman. Je dirige Teliman avec Abdoulaye Maïga, co-fondateur et directeur Informatique ». Les présentations sont, ainsi, faites. Alors que nous pensions que le projet appartenait à un étranger, elle dut : « Nous sommes, tous les deux, maliens. Après le baccalauréat au Mali, nous avons, tous les deux, obtenu une bourse pour poursuivre nos études supérieures en France (La Bourse d’Excellence). Je suis ingénieure en Génie mécanique-industrie (Arts et Métiers) de formation et Abdoulaye est Ingénieur informatique (Centrale Paris) », précise la patronne de Teliman Taxi-moto. Mme Traoré est de la promotion 2008 de la Bourse d’Excellence et a été, d’ailleurs, la première nationale du Baccalauréat 2008, détail important qu’elle ne souhaite pas mettre en exergue. Abdoulaye Maïga est son aîné. Il est de la promotion 2007. Après quelques années d’expérience professionnelle à l’étranger, dit-elle, nous sommes rentrés au Mali pour lancer la start-up Teliman avec le partenariat » d’un concessionnaire de la place « qui a cru au projet dès les premières heures ». Selon elle, il s’agit de rendre à l’Etat du Mali la monnaie de sa pièce, en contribuant à la solution du chômage des jeunes. « Nous souhaitons contribuer au développement du Mali, en proposant une solution innovante qui répond à un besoin, au niveau du transport, tout en créant des emplois formels pour une population jeune en forte croissance », justifie la jeune dame. IDEE DU PROJET – Selon Hawa Traoré, l’idée de Teliman est venue du constat qu’à Bamako, comme dans beaucoup de capitales africaines, il y a une réelle difficulté de mobilité a travers le transport. Il y a beaucoup d’embouteillages, pas assez d’infrastructures et pas de réseaux de transport organisés pour servir la population en forte croissance et desservir les nombreuses zones isolées. « Heureusement, les Africains sont intelligents et ont trouvé une solution : la moto », se réjoui-t-elle. « C’est rapide, c’est tout terrain et pas cher », commente notre interlocutrice. Cependant, le secteur du taxi-moto est en général chaotique. Les passagers ont peur pour leur sécurité, les chauffeurs ont des difficultés à financer leur engin et de faire face aux aléas de ce métier (accidents, maintenance). Les autorités craignent l’anarchie dans la ville. « C’est fort de ce constat, soutient Hawa Traoré, que notre solution est née : conserver les avantages de la moto, sans les inconvénients ». « Cette solution, précise-t-elle, est, avant tout, un réseau de chauffeurs professionnels formés, équipés avec des équipements de bonne qualité, pour satisfaire les besoins de transport en utilisant la technologie ». En effet, Teliman est la première start-up offrant un service de transport de personnes et livraison par taxi-moto à Bamako. Des motos assez confortables, bien entretenues. Des chauffeurs indépendants formés et suivis. « La sécurité du conducteur et du passager sur la route se matérialise par les casques, l’assurance en cas d’accident, le GPS sur les motos », rassure la co-fondatrice de l’entreprise Elle ajoute qu’un service client, à l’écoute, existe depuis mai 2018 et les chauffeurs desservent toute la capitale malienne. « Le réseau compte, aujourd’hui, une centaine de chauffeurs indépendants dont 5 femmes », souligne Mme Traoré. S’y ajoute une vingtaine de personnes pour le management. Les réussites en un an et demi se résument, d’après elle, « en la facilitation du quotidien des Bamakois avec un transport rapide et accessible ». Elle cite, aussi, la contribution au développement du Mali, avec la création d’une

OMVS : La navigabilité du fleuve Sénégal, une priorité en passe de devenir réalité

Bamako, 07 décembre (AMAP) La 18e session ordinaire de la Conférence des Chefs d’État et de gouvernement de l’Organisation pour la mise en valeur du fleuve Sénégal (OMVS) s’est ouverte, samedi, au Centre international de conférence de Bamako (CICB), au Mali, a constaté l’AMAP. L’ouverture de ces assises, sous le thème « Engageons-nous pour une véritable navigabilité du fleuve Sénégal : facteur de transport économique de premier choix », a été présidée par le président  sortant, le chef de l’Etat sénégalais, Macky Sall. Souhaitant la bienvenue à ses hôtes, le président malien, Ibrahim Boubacar Keïta a lancé : « Vous savez combien je tiens à la navigabilité du fleuve Sénégal ». En la matière, le chef de l’État a noté que le Mali pourra être, bientôt, relié à Saint-Louis avec des navires à fort tirant d’eau. « Nous avons atteint un niveau de compétence et de performance jamais égalé… », a ajouté Ibrahim Boubacar Keïta, visiblement satisfait des résultats atteints. Dans son discours, le président sortant, élu le 17 mai 2017 à Conakry par ses pairs, a listé des réalisations importantes sur les plans énergétique, alimentaires, sanitaires etc. S’agissant du développement de la navigabilité sur le fleuve Sénégal, Macky Sall a salué la signature, le 11 octobre dernier à Dakar, d’un contrat commercial avec la société indienne AFCONS. Il permettra, entre autres, la construction d’infrastructures portuaires, d’un chantier naval dans la zone d’influence de Rosso-Mauritanie, l’aménagement d’un chenal navigable d’un peu plus de 900 km. « Pour l’achèvement de tous ces projets, il est nécessaire de donner une impulsion nouvelle aux mécanismes de financement de l’OMVS », a plaidé le nouveau président mauritanien, Mohamed Ould Cheikh Ghazouani, nouvellement élu et qui fait, ainsi, sa première participation a sommet de l’organisation sous régionale. A la fin du huit clos, l’OMVS aura un nouveau président qui s’attachera à la lourde tâche de parachever les nombreux projets déjà lancés. CMT/MD (AMAP)

Fin de la rencontre sur la lutte contre le blanchiment de capitaux et le financement du terrorisme

Bamako, 7 décembre (AMAP) La cérémonie de clôture des états généraux sur la lutte contre le blanchiment de capitaux et le financement du terrorisme, a été présidée vendredi à Bamako, par le Premier ministre, Dr Boubou Cissé, a constaté l’AMAP. Organisée par la Cellule Nationale de Traitement des Informations Financières (Centif), la rencontre s’est déroulée en présence des représentants des autres Centifs de la sous région. Le Premier ministre s’est réjouit des conclusions de ces travaux avant  d’encourager les Centifs à poursuivre leurs efforts pour la réussite de leur mission sensible et délicate. Le Chef du Gouvernement a enfin transmis les assurances du Président de la République, Ibrahim Boubacar Keïta et du Gouvernement qui ne ménageront aucun effet pour lutter contre toute forme de criminalité. Le président du réseau des Centifs, Tacher Hassane a informé l’assistance des recommandations des délégués notamment l’institution d’une obligation de déclarer le transport frontalier d’espèces dans les pays de la sous-région. Enfin, le président de la Centif du Mali, Marimpa Samoura a présenté au Chef du Gouvernement, la maquette du futur siège de son organisme. KM (AMAP)

La 18è conférence des chefs d’Etat et de gouvernement de l’OMVS s’ouvre samedi à Bamako

Bamako, 06 décembre (AMAP) La capitale malienne, Bamako, accueille la 18è conférence des chefs d’Etat et de gouvernement de l’Organidsation pour la mise en valeur du fleuve Sénégal (OMVS) qui s’ouvre, samedi sous la présidence du chef de l’Etat sénégalais, Macky Sall, président en exercice de cette conférence. Ce sommet offre l’occasion aux autorités en charge de la gestion de l’OMVS de faire un bilan à mi-parcours de leur mandat au président Ibrahim Boubacar Keïta et à ses hôtes. Elles proposeront à l’instance décisionnelle qu’est la Conférence des chefs d’Etat et de gouvernement, des réformes nécessaires à engager pour l’atteinte des objectifs que se fixe l’organisation. Le Haut-commissaire, l’ancien ministre malien, Ahmed Diane Semega, et les responsables des différentes sociétés de gestion, feront état  des grands chantiers à court et moyen termes. L’un des projets phares, en cours, est le Système intégré de transport multimodal (SITRAM). Ses composantes routes prévoient la réalisation des voies d’accès du barrage de Manantali, de liaison Diama-Rosso, Labé-Tougué-Dinguiraye-Siguiri,et Tougué-Koukoutamba. Son volet, le plus important, est la navigabilité pérenne du fleuve Sénégal sur 905 km, de Saint Louis du Sénégal et Ambidedi, au Mali. Porté par le Haut-commissaire Ahmed Diane Semega, ce projet est maintenant sur de bons rails. Le 11 octobre 2019, l’OMVS a signé avec le géant indien AFCONS le contrat commercial pour la réalisation des travaux qui sont composés de deux volets : la navigation de base et le transport minéralier sur le fleuve. Ce premier volet consistera à l’aménagement d’un chenal fluvial, la construction d’un port fluvial à Ambidédi et d’un port fluvio-maritime à Saint Louis. Aussi, verra-t-il la construction d’une dizaine d’escales portuaires, la réalisation de routes d’accès aux ouvrages hydroélectriques existants et à venir. Le transport minéralier sur le fleuve facilitera l’exploitation et l’évacuation, à moindre coût, des différentes richesses minières existant le long du fleuve dans les trois pays (phosphates de Bofal en Mauritanie, phosphates de Matam au Sénégal, gisement de fer et de bauxite au Mali). Cette composante prévoit : la construction d’un port maritime en eau profonde, aux environs de Saint Louis, de quais minéraliers à Matam et Boghé, dans un premier temps. Elle envisage l’extension de l’aménagement du chenal navigable à 75 m de largeur à terme et la construction de quais minéraliers au Mali. Un autre dossier prioritaire qui sera soumis à l’appréciation des chefs d’Etat est l’augmentation des capacités énergétiques. A ce niveau, un 3èbarrage hydroélectrique, celui de Gouina d’une capacité de 140 MW, est en cours de réalisation. Quatre ouvrages supplémentaires vont permettre, à moyen terme, une meilleure régularisation des débits du fleuve Sénégal et la valorisation des potentiels du bassin en ressources énergétiques et agricoles. Il s’agit des barrages de Koukoutamba (294 MW), Boureya (114 MW),  Gourbassi (18 MW) et Balassa (181 MW). A l’achèvement de ces projets, le système énergie de l’OMVS devrait atteindre une puissance installée d’environ 2000 MW. L’élaboration d’un nouveau modèle de répartition des coûts et charges devrait aussi s’inviter dans les débats. Il faut rappeler que, pour financer ses grands projets, l’OMVS a recours à des emprunts de manière conjointe, mais non solidaire. Un outil d’arbitrage scientifique impartial est alors indispensable pour fixer la quote-part qui revient à chaque Etat membre. Créée en mars 1972, l’OMVS est un organisme inter-Etats regroupant le Mali, le Sénégal, la Mauritanie et la Guinée. Sa vocation est de favoriser un développement intégré et coordonné du bassin du fleuve. Pour ce faire, ces Etats riverains du fleuve Sénégal conduisent, ensemble, un programme de développement multisectoriel et intégré, basé sur la maîtrise et la gestion rationnelle des ressources en eau. En la matière, l’OMVS intervient dans la valorisation des ressources énergétiques du bassin, le développement d’un système de transport intégré basé sur la navigation fluviale, la préservation des ressources en eau et de l’environnement, et dans l’appui au développement local (pêche, alimentation en eau potable, agriculture irriguée). CMT/MD (AMAP)

Assemblée nationale : La première partie de la Loi des finances 2020 passe en plénière

Bamako, 06 décembre (AMAP) L’Assemblée nationale a adopté, jeudi, la première partie du projet de loi de finances 2020qui prévoit des recettes de 2181,828 milliards de Fcfa et des dépenses de 2604,568 milliards de Fcfa pour un déficit global de 422,740 milliards Fcfa Initié par le ministre de l’Économie et des Finances et adopté par le Conseil des ministres, le 20 septembre dernier, le texte était défendu par la ministre déléguée auprès du Premier ministre, ministre de l’Économie et des Finances, chargée du Budget, Mme Barry Aoua Sylla. Cette loi de finances se situe dans  le cadre de la programmation pluriannuelle 2018-2020. Ses orientations tiennent compte des engagements pris par l’Etat aux plans interne et externe. A l’instar de celui de 2019, le budget 2020 met l’accent sur les questions d’efficacité et d’efficience des allocations budgétaires, leurs liens avec les objectifs de politiques publiques et la consolidation des acquis des années antérieures. En matière de dépenses, les allocations budgétaires cibleront les priorités du gouvernement retenues dans le Cadre stratégique pour la relance économique et le développement durable (CREDD) 2019-2023. Pendant les échanges, Mme Barry a indiqué que, structurellement, les dépenses sont plus élevées que les recettes. Répondant à la question d’un député sur la participation au capital de certains établissements, elle a dit qu’un suivi est fait au niveau de ces sociétés. Cependant, des réflexions sont en cours pour la mise en place d’une structure pour ce faire. RÉSILIENCE –Concernant la suppression de la taxe emploi-jeune, la ministre a fait savoir que l’Etat s’est engagé à donner des ressources à l’Agence pour la promotion de l’emploi des jeunes (APEJ) pour lui permettre de continuer à faire face à ses missions. Elle a affirmé que le MalI a montré une certaine résilience, malgré la situation difficile qu’il traverse, depuis des années, en maintenant un bon taux de croissance. Parlant des services d’assiette et de la douane, en particulier, elle a évoqué des zones où les agents ne peuvent pas travailler. Cependant, des mesures sont en train d’être prises pour combler ce manque à gagner. Répondant à une question sur la loi de finances rectificative de 2019, Mme Barry Aoua Sylla a souligné qu’il y avait des dépenses nouvelles à prendre en compte. D’après elle, l’année dernière, les dépenses de sécurité ont absorbé une part importante du budget de l’Etat. Actualité oblige, les questions de certains parlementaires ont porté sur la suspension de l’Assurance maladie obligatoire (AMO) au niveau des pharmacies. En réponse, la ministre a assuré que les cotisations sont suivies par ses services, semaine par semaine, et se font, normalement, précisant que ce n’est en rien un problème de budget. Après des débats houleux, les députés ont adopté la première partie de la loi des finances 2020 en plusieurs points. D’abord, ils ont adopté les évaluations de recettes du budget général par 12 voix contre, 96 pour et 2 abstentions, les évaluations des budgets annexes par 12 voix contre, 96 voix pour et 3 abstentions. Ensuite, les évaluations des recettes des comptes spéciaux du Trésor par 98 voix pour, 12 contre et 2 abstentions. En outre, ils ont adopté l’évaluation des ressources de trésorerie, le solde budgétaire global et le solde budgétaire de base. A l’issue des travaux, la ministre Barry Aoua Sylla s’est dite satisfaite de l’adoption de cette première partie de la loi des finances par les députés. De son côté, le député Abdine Koumaré, président de la Commission des Finances, de l’Économie, du Plan et de la Promotion du secteur privé, a rappelé que, depuis trois ans, le Mali a basculé en mode budget programme. Selon lui, cela voudrait dire que l’argent qui est mis à la disposition du gouvernement doit être justifié dans sa partie dépenses. « Aujourd’hui, on est à la partie mobilisation des ressources pour faire face aux dépenses. Le budget programme nous oblige à voter la première partie d’abord qui concerne la mobilisation des ressources pour aller, ensuite, vers la deuxième partie qui constitue les programmes, c’est-à-dire les moyens de politiques publiques», a expliqué Abdine Koumaré. Ladeuxième partie de la Loi de finances 2020 qui va porter sur les programmes, sera examinée par les députés, le 19 décembre prochain. DD/MD (AMAP)

Gaz butane: Pénurie  en vue sur le marché

Par Ahmadou CISSÉ et Oumar DIAKITE Bamako, 06 décembre (AMAP) Au fin fond de la zone industrielle de Banankabougou, en Commune IV, à l’opposé du Stade du  26 mars », une grande cour sur plusieurs milliers de mètres carrés. A l’entrée principale, un panneau mentionne « Sodigaz », la première société privée de distribution de gaz butane s’est, confortablement, installée là. Sur cette aire, les bombonnes de gaz font une montagne. Toutes vides. En face, les installations de remplissage des bombonnes sont liées à de grosses cuves. Curieusement, ce lieu de travail, habituellement, brouillant et bruyant par la manipulation des bombonnes de gaz et le mouvement des camionnettes, est vide et calme, ce lundi, début décembre, à notre passage. Pour cause, les cuves sont vides. De sa fenêtre, Oudiary Diawara, le gérant, prend son mal en patience. Il se laisse consoler par la vue imprenable sur le parking de gros porteurs des cours voisines. Il tourne en rond dans son bureau situé à gauche et au-dessus des ateliers. « Comme vous pouvez le constater, nous sommes en arrêt de travail. Nous n’avons plus de gaz. Les partenaires nous exigent du cash », explique le distributeur de gaz, à bout de nerfs. Pourquoi n’avez-vous pas de cash ? A cette question, il répond sec: « Eh bien, parce que l’Etat nous doit beaucoup d’argent et il ne nous paye pas, depuis plus d’une année ». Comme lui, la quasi-totalité des sociétés de gaz sont au ralenti. Un retard de paiement de la subvention de plus de 6 milliards grève les comptes des sociétés de distribution qui vont manquer de quoi renouveler leur stock.La subvention qui leur permettait de respecter leurs engagements avec leurs fournisseurs n’est pas au rendez-vous. Le Trésor public est trop sollicité. Le pays traverse, en effet, un temps orageux du fait de crises multidimensionnelles. Fatouma est une femme de ménage dans une des nombreuses familles nucléaires de Bamako. Elle dit vivre avec son époux et leurs trois enfants: Maman, Michou et Junior, le dernier de 6 ans. La jeune femme a 36 ans. Elle est mariée dans un quartier populaire de Bamako, Sogoninko. Elle habite non loin de la célèbre gare routière, « Autogare », réputée être un nid de petits bandits et un terrain de chasse de la police de proximité. En lieu et place du gaz butane que la ménagère vient chercher, en ce jour ensoleillé de fin d’année, la dame, depuis ses 18 ans révolus, a toujours fait sa cuisine avec le charbon de bois. « Depuis quelques années, j’ai arrêté l’utilisation abusive du charbon. Il coûte de plus en plus cher », explique la jeune femme qui repart de la gare routière avec une bonbonne de gaz rechargée. « Au départ, j’ai toujours cru que le gaz est une affaire de nantis. En réalité, je me trompais. Le gaz est plus économique que le charbon, à mon avis », poursuit Fatouma. C’est vrai, confirme Oudiary Diawara, gérant de Sodigaz et président du Regroupement des opérateurs gaziers. « Même en haut lieu, on pense que le gaz est une affaire de nantis. C’est totalement erroné. Les études démontrent que le gaz permet à nos ménages de faires des économies substantielles », explique l’opérateur.. TOTAL S’EN VA –L’utilisation du gaz butane peine à s’installer dans les habitudes et atteindre sa vitesse de croisière au Mali. Les ménages ne s’habituent pas encore à la cuisine avec le gaz. Le charbon et le bois demeurent les combustibles favoris. Dans un esprit volontariste, les autorités publiques ont libéralisé le secteur du gaz pour inciter les investisseurs à importer ce combustible. Double objectifs : préserver les forêts et améliorer les conditions de vie dans les foyers. Au fil des ans, sept sociétés de distribution de gaz butane se sont installées à Bamako et environ. Sodigaz a été le premier à se jeter à l’eau. Suivirent Sigaz, Coumba gaz, Kama gaz, Fasogaz, Dilli gaz, Bama gaz et MG gaz. Quelques multinationales se sont essayées à la commercialisation du gaz butane. La dernière en date à jeter l’éponge est Total. Le président des opérateurs gaziers pointe un doigt accusateur sur le Gouvernement qui ne respecte pas ses engagements de paiement des factures. En effet, depuis 1982, ce produit est largement subventionné par l’Etat pour encourager les populations à abandonner le charbon et le bois. De nos forêts, il ne reste plus grand-chose. Depuis 1982, une fois l’an, les factures déposées par les sociétés sont payées. Constatant leur fonds de commerce bloqué dans les caisses de l’Etat, les multinationales se sont retirées du secteur. Seuls les privés nationaux se battent, comme ils peuvent, pour garder leurs sociétés en vie. Le Mali étant en guerre, les fournisseurs du gaz à l’étranger exigent des opérations de payer cash, avant d’enlever le gaz de leurs dépôts. C’est le cas au Togo, au Bénin, en Côte d’Ivoire. « Le retard de paiement de la facture de subvention de la part du ministère de l’Economie et des Finances a mis en péril nos activités », se plaint Oudiary Dawara. Les arriérés de factures des opérateurs, au 30 octobre 2019, atteignent 6.500.000.000 de Fcfa. « Nous avons bénéficié de l’accompagnement du Fonds européen de développement (FED) pendant 3 ans », se souvient le président des opérateurs gaziers du Mali. « Au début, les pouvoirs publics ont honoré leurs engagements. Ces dernières années, nous avons, malheureusement, remarqué que de sérieuses difficultés persistent dans le règlement des factures », poursuit-il. En matière d’utilisation du gaz butane dans les foyers, le Mali n’occupe pas un rang glorieux. Dans la sous-région, on arrive très loin après la Côte d’Ivoire (250 000 T/an), le Sénégal (160 000 T/an), le Burkina Faso (100 000 T/an) et la Mauritanie (70 000 T/an). Le Mali consomme, à peine, 20 000 tonnes par an. Il faut avouer que le gaz est mal vendu aux ménages. Et La communication autour de l’abandon du charbon est timide. PAS D’ARGENT – Hamadoun Oumar Touré, Directeur de l’énergie domestique à l’Agence malienne pour le développement de l’énergie domestique et de l’électrification rurale (AMADER), au cœur du dossier