Sikasso : Le Conseil régional planche sur son budget additionnel et le plan opérationnel 2020

Sikasso, 28 avril (AMAP) Les membres du Conseil régional de Sikasso et les représentants de certains services techniques ont planché, du 22 au 24 avril dernier, sous la présidence du premier responsable de la collectivité territoriale, Yaya Bamba, sur le budget additionnel et le plan opérationnel 2020 de la région de Sikasso. A l’entame des travaux, le président du Conseil régional a vivement remercié les conseillers membres de la collectivité régionale, les agents techniques du Conseil et les représentants des services techniques déconcentrés de l’Etat pour leurs efforts dans le cadre du développement de la 3e région Le budget additionnel 2020 a été conçu en tenant compte des résultats du compte administratif 2019 et vise à apporter certaines corrections au budget primitif 2020. Les recettes de fonctionnement, qui s’élèvent à plus de 507 millions de Fcfa, sont essentiellement constituées des ajustements et des reports en addition au budget primitif 2020. Les recettes d’investissements qui s’élèvent à plus de 3 milliards sont aussi constituées des ajustements et des reports de l’exercice précèdent. Selon le rapport du Conseil régional, les dépenses d’investissement se rapportent à la construction et à la réhabilitation d’ouvrage de franchissement, de pistes agricoles et à la réalisation d’installations techniques et d’acquisition de matériels. La Région de Sikasso possède d’énormes atouts, entre autres, une pluviométrie relativement bonne (700 à 1500 mm de pluie par an), l’existence d’un potentiel de productions agro-sylvo pastorales ainsi qu’un potentiel touristique et culturel. Mais la Région est confrontée à 10 problèmes prioritaires conformément à son Plan stratégique de développement régional (PSDR). Il s’agit, entre autres, de l’insuffisance d’aménagements agro-sylvo-pastoraux et piscicoles, d’unités de transformation, de conservation et commercialisation des produits. Le Conseil régional de Sikasso a élaboré un plan stratégique de développement couvrant la période 2011-2020. Ce plan stratégique constitue le cadre de référence pour les investissements socio-économiques, culturels et un instrument de pilotage, de coordination qui fait office de porte d’entrée de l’ensemble des acteurs intervenant dans le développement régional et local de Sikasso. Dans le cadre du plan opérationnel 2020, le Conseil régional de Sikasso envisage de choisir des investissements dont les études de faisabilité sont déjà réalisées. Les critères de sélection de ces investissements en fonction de leur nature (aménagement hydro-agricole, piste rurale, équipements marchands, technologies de transformation des produits agricoles) seront définis par les plateformes Développement Economique Régional (DER) et Développement Economique Local (DEL), ils seront validés par le Conseil régional, en collaboration avec les services techniques déconcentrés de l’Etat. Les investissements qui seront réalisés soutiendront la dynamisation des espaces économiques partagés. Le processus de mise en œuvre participative et inclusive du DER de l’année 2020 est soutenu par le financement des projets territoriaux et des projets productifs d’intérêt régional portés par des acteurs privés. Ces financements sont assurés par les contributions de la coopération suisse, de l’ambassade du royaume de Danemark, de l’Etat et du Conseil régional. FD/MD (AMAP)

Coronavirus : Paiement électronique privilégié pour le crédit d’électricité et le règlement des factures

Par Oumar Diakité Bamako, 10 avril (AMAP) Coronavirus oblige, chacun doit adopter des comportements qui protègent et sauvent les autres. Ainsi se résument les mesures préventives décidées par les autorités du pays face à l’expansion de la pandémie. Chaque service d’Etat et/ou entreprise s’engage sur cette voie obligatoire, bénéfique pour la santé populaire, dans le cadre de la lutte contre la maladie à coronavirus. Des signes portent à croire que les Maliens sont en passe de se conformer aux dispositifs préventifs décrétés par le gouvernement contre la maladie à coronavirus. C’est le moins qu’on puisse dire suite à une sensible hausse des achats de crédits ISAGO et du paiement des factures d’électricité en ligne. A Energie du Mali (EDM), en application des mesures de prévention prises contre le coronavirus, la clientèle est invitée à privilégier les moyens de paiement électroniques (Orange Money, Mobicash et autres), pour le règlement des factures et l’achat. Il s’agit, aussi, par la même occasion, d’éviter les attroupements devant les guichets et respecter les consignes sanitaires et d’orientation à l’entrée de ses services. Cet appel semble ne pas être tombé dans les oreilles d’un sourd. Du moins, c’est ce qui ressort de notre enquête, mercredi 8 avril 2020, dans la matinée dans certaines agences de paiement en ligne des crédits et factures d’électricité. HAUSSE DES OPERATIONS EN LIGNE – A l’agence Sotelma-Malitel de Bamako-coura, les dispositions sanitaires exigent de tout usager de se plier au lavage des mains au savon pour accéder au service. Un vigile à l’entrée nous indexe le kit de lavage des mains. Ce n’est pas la grande foule dans le local, donnant l’impression d’un jour de travail plus qu’ordinaire. Les employés se protègent en portant gants et masque couvrant la bouche et le nez. A notre entrée dans son bureau, la cheffe d’agence, Mme Samoura Dioncounda Kéita, se précipite pour attraper son cache-nez avant de nous inviter à nous asseoir. Nous avons compris que la responsable de cette structure mesure la gravité de la menace de la maladie à coronavirus. Après les salutations d’usage, elle confirme l’affluence assez importante des clients MobiCash pour l’achat de crédit d’électricité ISAGO. Selon Mme Samoura Dioncounda Kéita, son agence n’a jamais enregistré autant de clients pour des opérations d’achat en ligne. Elle a même été débordée, à l’en croire. « Il y a eu une augmentation du taux de paiement de factures d’électricité et d’achat de crédits ISAGO », a-t-elle dit, en souriant. «Le jeudi 2 avril 2020, nous avons reçu dans notre agence une masse de clients qui ont rechargé leur compteur prépayé via MobiCash. Et c’était, surtout, des gens qui ont rencontré des problèmes en rechargeant leur compteur. J’ai été, moi-même, obligée d’aider l’agent chargé de cette tâche afin de satisfaire la clientèle. Je suis restée au bureau jusqu’à 18 heures après avoir appelé un à un chaque client au téléphone pour m’assurer qu’ils ont eu satisfaction », raconte la cheffe d’agence de Bamako-Coura. Selon elle, c’était la première fois que son agence recevait une si forte demande de rechargement ISAGO. Mme Soumaré Dioncounda Kéita pense que les gens sont en train de se rendre compte de la gravité de la maladie. « Sans pouvoir vous donner de taux réel des paiements, je peux vous dire qu’il est positif de noter la prudence de la population face au coronavirus. Tout le monde est conscient », estime-elle. « L’autre jour, un de mes parents vivant en Occident m’a appelée pour me dire qu’il faut deux mois à notre pays pour connaître réellement la gravité de coronavirus. Cela m’a davantage encouragée à ne pas négliger les mesures sanitaires préconisées», raconte Mme Soumaré. A l’agence Orange Mali, du rond-point Eléphant, on s’abstient de parler de l’augmentation des paiements de factures et des achats de crédits d’électricité ISAGO via Orange-Money après la décision de EDM. On nous redirige sur la direction générale où il y a une division statistique qui pourra mieux nous édifier. L’atmosphère est silencieuse à la direction générale de cette structure. Elle est presque vide, a-t-on le sentiment. On nous fait savoir, à l’accueil, que le personnel est réduit, suite à la menace du Covid-19 et qu’il n’y a pas d’interlocuteur à la division statistique. MESURES BARRIERES – Au guichet EDM de paiement de factures et d’achat de crédits ISAGO à N’Tomikorobougou, ce n’est pas une affluence des jours ordinaires. Des sièges disposés en respectant la distance réglementaire d’un mètre sont occupés par quelques clients qui attendent d’accéder à la salle de paiement. Personne n’entre sans laver les mains au savon installé, sous la surveillance d’un vigile. Aux dires de la guichetière, Mme Cissé Coulibaly, les abonnés viennent généralement effectuer leur achat du 1er au 5 de chaque mois. A l’agence EDM du Centre commercial, la cheffe Mme Sanogo Massaran dit faire de son mieux pour « faire respecter les consignes sanitaires même s’il y a des clients qui veulent passer outre ». Ici, pour éviter l’attroupement à l’intérieur de l’agence, les clients sont contraints d’attendre à l’entrée du service. C’était le même scénario à l’agence de Lafiabougou. La consigne est très claire : il faut empêcher l’accès d’un grand nombre de clients dans les locaux. OD/MD  

Mali : Une contribution de 500 millions FCFA du secteur privé malien pour le Fonds spécial Covid-19

Bamako, 7 avril (AMAP) Une délégation du secteur privé malien conduite par le président de la Chambre de Commerce et d’Industrie du Mali (CCIM), Youssouf Bathily a remis lundi au Premier Ministre la somme de 500 millions de francs CFA de contribution au Fonds Covid -19, au cours d’une audience à la Cité administrative, a appris l’AMAP de source officielle. L’information a été donnée par la Cellule Communication et Relations publiques de la  Primature. Le Chef du Gouvernement  a, au nom du Président de la République,  témoigné de la reconnaissance de la nation toute entière face à ce geste de solidarité avant  d’assurer les généreux donateurs, qu’il sera mis en place, un cadre de gestion des fonds, impliquant le secteur privé, pour garantir une gouvernance transparente des ressources. Le président de la Chambre de Commerce et d’Industrie du Mali, Youssouf Bathily a, au nom de l’ensemble des opérateurs économiques privés du Mali,  remercié le Gouvernement du Mali pour son approche participative de la gestion de la lutte contre la pandémie du COVID-19. La rencontre s’est déroulée en présence du ministre de l’Industrie et du Commerce,  Mohamed Ag Erlaf et des membres du Cabinet du Premier Ministre. KM (AMAP)

Covid -19 : Le PM s’entretient avec la Directrice des opérations de la Banque mondiale au Mali

Bamako, 3 avril (AMAP) Le Premier ministre,  Dr Boubou Cissé s’est entretenu, ce vendredi, avec la Directrice des opérations de la Banque mondiale au Mali, par vidéoconférence, a appris l’AMAP de source officielle. Les deux personnalités ont échangé sur, entre autres, le programme d’urgence en faveur des Régions du Centre et du Nord, le plan de riposte du Gouvernement du Mali contre le Covid-19 et ses conséquences. Le Chef du Gouvernement et la première responsable de l’institution internationale au Mali ont fait le tour des dispositions d’ordre humanitaire, notamment dans les régions du Centre ainsi que de l’état d’exécution des projets de la Banque mondiale au Mali. Le Premier ministre a notifié les attentes et les priorités dégagées par le Gouvernement du Mali dans le cadre de la lutte contre le Coronavirus. La représentante de la Banque mondiale a réaffirmé la volonté de l’Institution à accompagner la stabilité du Mali et son engagement à apporter son soutien au Gouvernement afin d’atténuer les effets de la pandémie. KM (AMAP)

Covid -19 : Le PM échange avec les responsables des établissements hôteliers, de restauration et du secteur touristique

Bamako, 3 avril (AMAP) Le Premier ministre,  Dr Boubou Cissé, a rencontré jeudi à la Cité administrative, les responsables des établissements hôteliers, de restauration et du secteur touristique dans le cadre de la lutte contre le Covid19, a constaté l’AMAP. Le Chef du Gouvernement et ses hôtes ont échangé sur  la crise sanitaire,  les dispositions à prendre pour minimiser les conséquences de la pandémie sur le secteur  et l’économie nationale et d’anticiper sur les conséquences de la crise économique et financière qui risqueraient d’en découler. Les responsables des organisations faîtières ont fait le point de la situation et des difficultés auxquels font face leurs secteurs respectifs. Le Premier Ministre  a saisi l’occasion pour leur témoigner de la reconnaissance du Président de la République et de l’ensemble du Gouvernement pour le rôle et la contribution remarquable que le secteur apporte à l’économie malienne. Dr Cissé a rassuré ses hôtes sur la disponibilité du Gouvernement à accompagner le secteur du tourisme et de l’hôtellerie avant d’affirmer être à l’écoute des propositions du secteur afin de coordonner les énergies dans la recherche de solutions idoines pour limiter l’impact négatif du Coronavirus sur le secteur touristique et hôtelier. La rencontre s’est déroulée en présence du ministre de l’artisanat et du tourisme, Mme Nina Walett Intalou, de son homologue du budget, Mme Barry Aoua Sylla, des responsables de la fédération des industries hôtelières, des représentants des agences de voyage, de la fédération nationale des agents de tourisme au Mali et de l’association malienne des professionnels du tourisme. KM (AMAP)

Covid-19 : Le plan de riposte du secteur financier

Bamako, 02 avril (AMAP) Le chef du gouvernement, Dr Boubou Cissé, a réuni, mercredi, autour de lui, les dirigeants des établissements bancaires et financiers pour discuter échanger des mesures idoines à prendre afin de juguler l’impact de la pandémie du coronavirus sur l’économie du Mali. A l’issue de la rencontre, qui s’est tenue dans la salle de conférence de la Primature, en sa présence, la ministre déléguée auprès du Premier ministre, ministre de l’Economie et des Finances, Mme Barry Aoua Sylla, a expliqué que le Premier ministre a souhaité rencontrer les responsables de la Banque centrale des Etats de l’Afrique de l’Ouest (BCEAO), de l’Association professionnelle des banques et établissements financiers (APBF), de l’Association professionnelle des systèmes financiers décentralisés (AP/SFD) et du Comité d’assurances du Mali, pour échanger avec eux sur les mesures éventuelles à prendre dans le cadre de la gestion de la crise qui, a-t-elle ajouté, « a un impact énorme, aussi bien sanitaire qu’économique et financier ». Mme Barry a rappelé que le mardi, Dr Boubou Cissé a rencontré l’ensemble du secteur privé qui a présenté des doléances. « Nous sommes en train de travailler pour voir comment satisfaire ces doléances. Il en est de même pour le secteur bancaire qui travaille avec le secteur privé. Il s’agit de voir, à la fois, les effets sur le secteur bancaire et aussi ce qu’il peut faire pour ses clients qui sont les entreprises du secteur privé », a-t-elle expliqué, assurant que des mesures idoines seront prises pour juguler les conséquences néfastes de cette crise. Pour le président de l’APBF, il s’agissait d’une réunion de réflexion sur la riposte à cette pandémie. Il a souligné que les banques seront fortement affectées et les clients aussi. « Nous avons fait des propositions. Nous allons travailler à notre niveau pour peaufiner ses propositions et ensuite nous allons rencontrer l’Etat pour qu’ensemble, nous définissions les mesures idoines face à cette crise », a assuré Bréhima A. Haïdara. Sans donner plus de détails sur les points abordés, il a annoncé que dans les prochains jours, les banques feront connaitre leurs doléances en la matière. « L’Etat est prêt à nous accompagner. Il y a des annonces déjà dans ce sens. La Banque centrale a déjà donné une forte réponse par rapport à la situation », s’est-il réjoui. EFFORTS FINANCIERS – De son côté, le directeur national de la BCEAO pour le Mali, Konzo Traoré, a expliqué que face à cette crise, comme les précédentes, les Banques centrales sont en première ligne. « Ce sont elles qui peuvent soutenir le système financier dans son entièreté », a-t-il dit. Il a rappelé que la BCEAO a pris des mesures fortes, en annonçant, le 21 mars dernier, dans un communiqué, « l’augmentation sensible » de ses refinancements. « Les banques ont recours à nos guichets sur une base hebdomadaire et sur une base mensuelle. La BCEAO a ajouté 340 milliards de Fcfa aux quelques 3.900 milliards de Fcfa qui étaient déjà mis en place », a expliqué M. Traoré. « Les banques ont demandé l’allègement des conditions de refinancement des taux. La réponse de la BCEAO a été d’organiser une adjudication à taux fixe. C’est une première depuis qu’on a commencé les refinancements sous cette forme », a signalé le directeur de la BCEAO pour le Mali. Il a, aussi, indique que, lundi dernier, la BCEAO a servi les banques au taux minimum de 2,5% et aux montants qu’elles ont sollicités. « Les banques du Mali, à l’issue de cette opération, ont pu engranger quelques 680 milliards de Fcfa auxquels s’ajoutent le montant mobilisé sur le guichet mensuel », a-t-il poursuivi. « A ce jour, nous avons un encours sur les banques  maliennes de quelques 790 milliards de Fcfa, c’est énorme », a dit Konzo Traoré. La Banque centrale a, également, consenti une enveloppe de 25 milliards de Fcfa à la BOAD pour qu’elle puisse bonifier les prêts qu’elle va faire aux Etats. La semaine dernière, son conseil d’administration « a accordé 130 milliards de Fcfa aux Etats à un taux bonifié grâce aux 25 milliards de Fcfa de la BCEAO », a développé Konzo Traoré qui a assuré que les actions soutenues vont se poursuivre et que la BCEAO va jouer sa partition. ADS/MD (AMAP)

Anacarde : Une filière en friche

Par Makan SISSOKO Bamako, 02 avril (AMAP) L’histoire entre le Mali et l’anacardier a commencé dans les années 60. Epoque pendant laquelle cet arbre fruitier a été placé au cœur d’une campagne de reboisement. Si en ces temps-là on ne semblait s’intéresser qu’à son importance nutritionnelle et commerciale, de nos jours la filière occupe une place de choix dans la lutte contre la pauvreté. Espèce d’arbre de la famille de l’anacardiaceae, originaire d’Amérique du sud tropicale, l’anacardier n’a pas eu, au Mali, de problème particulier d’adaptation. Et pour cause, cet arbre aime bien le soleil et la chaleur de notre pays. Voilà pourquoi l’anacardier est devenu la deuxième culture de rente dans le Sud du Mali, où la chaîne de valeur de la noix de l’anacarde apporte, selon le projet d’appui à la filière, «une forte opportunité d’emplois pour les jeunes ruraux». La même source ajoute qu’en 2017, les revenus nets de la vente de la noix brute étaient estimés à 32,5 milliards de Fcfa, de quoi dessiller les yeux sur l’importance de cette filière. Mais, ses acteurs font face à un problème organisationnel, malgré la création, le 20 décembre 2016, de l’Interprofession de la filière anacarde au Mali (IPROFAM). L’IPROFAM regroupe tous les acteurs (producteurs, transformateurs, commerçants, artisans) de la filière anacarde au Mali. Selon son président, Dr Ibrahim Togola, la production de l’anacarde au Mali est estimée à 100.000 tonnes dans les Régions de Kayes, Koulikoro, Sikasso et Ségou. Mais, précise-t-il, 99% de cette production est exportée par les intermédiaires des pays voisins et des pays comme l’Inde, la Chine, le Vietnam etc. Pour le Dr Togola, ces pays nous l’achètent entre 40 et 90 Fcfa le kilogramme. «Nos productions sont valorisées par les pays étrangers. Ainsi, les acteurs de la filière anacarde ne tirent pas assez de profit de cette richesse. Les commerçants maliens n’ont pas accès à des lignes de crédit pour acheter les productions. Les transformateurs maliens ne transforment même pas 1% de la production d’anacarde», regrette le président de l’IPROFAM, estimant que la production nationale d’anacarde peut créer 50.000 emplois. S’agissant de la transformation, le Dr Ibrahim Togola a précisé que les transformateurs n’ont pas les capacités de production à l’instar des unités de transformation. Selon lui, la filière anacarde est une richesse extrêmement importante pour le Mali grâce à un climat très favorable. «Nous sollicitons le gouvernement pour développer la transformation, afin de créer des valeurs ajoutées, pour que nous puissions transformer 50% de notre production au niveau national», a-t-il argumenté. DIFFICULTES DE TRANSFORMATION – Pour sa part, le directeur général de la Société de transformation et de commercialisation de produits agricoles (Nyela Nuts) et membre du Groupement des transformateurs d’anacarde du Mali (GTRAM), Hamaré Maïga, a indiqué que la qualité constitue un énorme problème pour les transformateurs. «Pour faire une bonne transformation, il faut d’abord des noix de qualité alors qu’au Mali, il n’est pas facile de les avoir», fait-t-il remarquer. Il conseille aux producteurs de ne pas récolter précocement le cajou. «Si les producteurs voient que la pomme est rouge, ils croient que la noix est arrivée à terme. Alors qu’elle peut devenir rouge sans que la noix ne soit à terme. Tant que la noix n’est pas à terme, ceci constitue un déficit pour les transformateurs». Hamaré Maïga déplore aussi le coût exorbitant des machines de transformation. «C’est la raison pour laquelle la plupart des transformations locales sont faites à la main, comme la pâte et le jus», explique notre interlocuteur. Au Mali, à part Nyela Nuts et Koumantou, il n’y a pas une vraie industrie de transformation. «Il existe quatre types de transformation à base d’anacarde. La transformation à partir de l’amande naturelle pour produire la pâte (cajou dèguè), les noix frites commercialisées dans les supers marchés et les produits de rajout pour l’exportation et enfin la transformation de la pomme pour extraire les jus», détaille-t-il. Pour Maïga, le gouvernement doit augmenter la taxe sur l’exportation de l’anacarde brute, afin d’empêcher les étrangers de s’approvisionner sans payer de taxe à l’Etat. Ces taxes, serviront à refinancer la filière à partir de la base. A raison de 30.000 Fcfa la tonne, la production (100.000 tonnes) peut générer une manne financière de 3 milliards de Fcfa par an, selon Hamaré Maïga. Pour Adama Diarra, président de l’Union des producteurs de l’anacarde de la Région de Sikasso, les locaux souffrent de l’exportation anarchique. «Le Mali est un producteur d’anacarde qui ne bénéficie absolument rien de cette énorme richesse. Et pire, notre pays n’est même pas reconnu sur le plan mondial comme producteur d’anacarde», se navre-t-il. A partir de la noix de cajou, on peut produire de l’huile, du savon, du jus qui sont des produits importants pour la santé humaine. Sans compter le lubrifiant hydraulique utilisé exclusivement pour le freinage des avions qui est également extrait de la noix de cajou. Un tel marché nous procurerait des devises conséquentes et pérennes et aura aussi l’avantage de développer et d’enrichir le tissu industriel du pays et offrirait des opportunités d’emplois à beaucoup de jeunes. MS/MD (AMAP)

Marchés à bétail : Le blues des commerçants  

Par Oumar SANKARE Bamako, 1eravril (AMAP) A la vue de notre véhicule de reportage au marché à bétail de Lafiabougou Kôda, les commerçants accourent à notre rencontre. Nous sommes lundi 30 mars dernier. Depuis l’instauration du couvre-feu dans le but de lutter contre la pandémie, ces marchands de bétail ne voient plus beaucoup de clients. Nous sommes assaillis de questions. « Voulez-vous des moutons ? Nous avons les meilleurs ici. » La déception se lisait sur les visages lorsque nous leur avons appris que nous étions des journalistes. « Ça fait presque dix jours que tout est mort ici », soutient Abdoulaye Dramé, 27 ans. Il ajoute que les gens ne s’arrêtent même plus pour demander le prix des animaux. La morosité est telle que certains marchands ont du mal à trouver 500 Fcfa pour mettre le carburant dans leur moto. Le secteur est gravement atteint par la situation actuelle et les mesures prises par les autorités, ces derniers jours, aggravent la situation. Le chef du marché, Moussa Coulibaly, 70 ans, souligne la gravité de la situation. « Rien ne va actuellement dans le commerce du bétail. Nous sommes en train de perdre énormément et la saignée ne semble point s’arrêter », se plaint-il. Le coupable de cette situation est tout trouvé : la maladie du coronavirus.   « A cause du couvre-feu, les bouchers ne disposent plus d’assez de temps pour des abattages en grand nombre, du coup ils nous achètent moins de têtes et les conséquences sont immédiates sur notre commerce », déplore le vieux Moussa Coulibaly qui, malgré la gravité de la crise sanitaire, ne croit pas en la nocivité de la maladie. Un de ces collègues, Karim, 70 ans environ, déplore lui le prix de l’aliment bétail qui a pris l’ascenseur. Il juge le couvre-feu utile sur un certain plan. « Nos enfants ne sortent plus la nuit, les bar-dancings sont fermés et il y a moins de vols et de banditisme », se réjouit-il. Mais sur le marché à bétail de Sabalibougou, on est beaucoup critique sur le couvre-feu. « Le couvre-feu actuel instauré par les autorités affecte toutes les couches socioprofessionnelles, les chauffeurs, les vendeurs de café et omelettes, les vendeuses de nourriture la nuit etc. », affirme Amadou Doumbia, commerçant de bétail et boucher. « La situation, explique-t-il, est critique. Je suis boucher, mon travail à l’abattoir commence de 1 heure à 5 heures du matin, période pendant laquelle je n’abats pas moins d’une vingtaine d’animaux ». Mais avec le couvre-feu, il ne commence à travailler qu’à partir de cinq heures, et n’abat que 5 têtes dans ce laps de temps pour finir à 8 heures. « Nous ne disposons plus de beaucoup de temps pour notre activité, cela affecte toute la chaîne, du commerce de bétail, à la viande », regrette-t-il. Contrairement au marché à bétail de Lafiabougou, à Sabalibougou, le coronavirus est pris très au sérieux. On aperçoit des kits de lavage de mains et des bouteilles de savon liquide. Les occupants du marché invitent les visiteurs à utiliser le gel hydro alcoolique. Ici, le constat est unanime : le business est à l’arrêt, les clients ne viennent plus, la psychose s’est installée. Mais, Amadou Keita un autre commerçant de bétail, la trentaine, souligne les défis du moment. « Se procurer aujourd’hui des animaux est devenu une tâche herculéenne », dit-il. « L’insécurité, les braquages, les pannes à répétition dues à l’état déplorable des routes ont, souvent, coûté la vie à certains de nos collègues. Nous vivons un cauchemar et espérons voir le bout du tunnel », développe-t-il. A quelques mètres de nous, un jeune homme est occupé à préparer des têtes et des pieds de mouton et de bœuf. Il s’appelle Karim. Une dizaine de jeunes font le même travail que lui. « D’ordinaire, nous pouvons préparer au moins 80 têtes par jour. Aujourd’hui, il n’y a pas grand-chose»,  regrette-t-il. Les bouchers ont souvent maille à partir avec la police. C’est le cas de Ba Issa. Les yeux rouges de colère, il nous raconte son infortune : « je devais aller très tôt à l’abattoir quand j’ai croisé les policiers. Après une course-poursuite, j’ai réussi à les semer », raconte-t-il. Pour lui, les bouchers doivent disposer de laissez-passer puisqu’ils font travail d’utilité publique. OS/MD (AMAP)

Ouverture de la campagne de vérification des instruments de mesure

Par Babba B. Coulibaly Bamako, 1eravril (AMAP) L’Agence malienne de métrologie (AMAM) entend, à compter de ce mercredi 1eravril, procéder à la vérification de tous les instruments de mesure sur toute l’étendue du territoire. «A partir du 1eravril (aujourd’hui, Ndlr), le système de vérification systématique sera déclenché. Nous appliquerons les textes à la lettre. Tous les détenteurs, qui n’auront pas soumis leurs instruments de mesure, se verront sanctionnés. Et cela dans tous les domaines, notamment la transaction commerciale, le transport, la santé publique, l’environnement, etc. », avertit le directeur général de l’Agence, Lancina Togola. Chaque année, la campagne de vérification s’étend du 2 janvier au 31 décembre. Période durant laquelle « tout détenteur d’instruments de mesure utilisés dans les transactions commerciales doit se soumettre aux contrôles de l’AMAM », explique le directeur général. Pour ce faire, la campagne fait le tour de toutes les zones d’activités pour s’assurer que les instruments de mesure ont été soumis à vérification. Si ce n’est pas fait, l’Agence malienne de métrologie examine l’instrument, applique la loi et sanctionne, détaille son patron. En la matière, lorsque l’instrument est non conforme aux normes, il est marqué au rouge jusqu’à satisfaction. « Si, malgré le marquage au rouge, les détenteurs continuent d’utiliser les mêmes instruments de mesure qui doivent être sortis de l’utilisation, les consommateurs ou associations de consommateurs peuvent décider de faire valoir leur droit devant les juridictions compétentes. C’est leur droit, mais l’Agence n’intervient pas », précise M. Togola. Ces campagnes semblent susciter un début de prise de conscience chez les consommateurs. A titre d’illustration, l’Association libre des consommateurs maliens (ALCOM), constatant des supposées défectuosités, avait déposé une plainte au tribunal de la Commune III contre Vivo énergie qui sert au Mali sous les couleurs de Shell. Selon  son président, Abdoulaye Ballo, cette histoire de fraude commerciale ne concerne pas seulement la société Vivo énergie, mais plusieurs stations de services. « Nous allons déposer d’autres plaintes, car beaucoup de sociétés d’hydrocarbures sont épinglées et nous avons les dossiers », menace-t-il. Interrogé à ce sujet, le directeur général de l’AMAM reconnaît qu’il arrive que des distributeurs dissimilent la marque rouge, en la faisant disparaître sur les pistolets. Comme solution pour mettre fin à cette pratique, un « CD » va être appliqué sur les instruments déclarés non conforme. Le but visé étant d’empêcher l’utilisation de l’instrument rejeté. « Toutes les grandes sociétés de distribution d’hydrocarbures et autres détenteurs d’instruments de mesure, ont été informées, sensibilisées, de 2018 à 2019», assure Lancina Togola. CAMPAGNE DE VERIFICATION – En 2018, sa première année d’exercice, l’AMAM a contrôlé 548 stations services, points de distributions à travers le pays. Dans ces stations services et points de distributions, 2.273 pistolets (distributeurs) étaient conformes sur un total de 2.705, soit 84,5%. Quelque 432 pistolets ne répondaient pas aux normes, soit 15, 4%. La campagne 2019, elle, a concerné les six Communes de Bamako, les axes menant à Kayes, Ségou, Sikasso et San. L’AMAM a, à l’occasion, contrôlé 798 stations combinant 4.348 pistolets. Sur lesquels 3.831 distributeurs ont été jugés conformes, soit 88,11% et 517 non conformes, soit 11,89%. Après la période de vérification en 2019, l’AMAM a posé en des endroits la marque de vérification rouge pour rejeter des instruments dans certaines sociétés de distribution. Certains d’entre eux continuent d’utiliser ces instruments jugés frauduleux, déplore le directeur général de l’Agence. « Au regard de ce constat, en 2020, nous appliquerons les textes dans leur rigueur en rapport avec la Direction générale du commerce et de la concurrence (DGCC) », indique-t-il. Pour ce faire, les agents descendront avec les étalons de vérification de l’AMAM qui vont être comparés aux instruments en service. Après ces passages, comment les consommateurs font-ils pour savoir qu’un instrument est conforme ou pas ? En la matière, le Mali dispose de trois types de marque de vérification qui sont des vignettes grise, verte, rouge, selon le directeur général. « Dans les stations-services par exemple, nos agents apposent sur les distributeurs (pistolets) la marque de vérification verte si l’instrument est conforme, la marque rouge pour interdire son utilisation et la marque grise pour montrer que l’instrument est tout neuf et non encore mis en service. Cela, conformément aux textes nationaux, sous régionaux et internationaux régissant la métrologie », explique Lancina Togola. «Les distributeurs doivent protéger ces marques de vérification apposées. Nous l’avons dit à tous les détenteurs d’instruments de mesure, notamment dans le domaine spécifique des hydrocarbures, que les faire disparaître est une infraction qui est sanctionnée », prévient le directeur général de l’AMAM. Pour lui, le respect du marquage atteste de la fiabilité des instruments utilisés et instaure un climat de confiance entre vendeurs et clients. « Car, il permet de savoir qu’un instrument est conforme ou non aux normes en vigueur », argumente Lancina Togola. Dans une contribution envoyée à ‘L’Essor’, l’économiste, Dr Lamine Keïta, estime que le Coran est «la source de la science». Selon lui, les écritures saintes comme les sciences économiques ont demandé à ce que les gens donnent toujours le poids exact et de ne pas fausser la pesée. Dans la sourate 55, versets 2-9, il est précisé que : « Dieu a établi la balance, afin que nous (les Djins et les hommes) ne transgressions dans la pesée. Puis, Il a ordonné de donner toujours le poids exact et de ne pas fausser la pesée ». Ainsi, cette balance qui permet d’établir la justice entre les hommes, doit être utilisée avec justice et équité en donnant le poids exact lors des pesées, confirmant clairement que la monnaie, cette balance, est un instrument de mesure, rappelle l’expert des questions monétaires. Au Mali, les activités métrologiques ont commencé juste après l’indépendance. Menées par la Direction nationale des affaires économiques de 1989 à 2010, la Direction nationale du commerce et de la concurrence a pris le relai de 2011 à 2017. Avant cette date, la loi 2016-001 du 04 février 2016 instituait le Système national de la métrologie. Cela, suite à l’adoption du règlement n°8 qui fondera le Système harmonisé de métrologie dans notre espace communautaire (UEMOA). L’AMAM, alors créée par l’ordonnance 2017-014 du 06 mars

Le PM échange avec les représentants du secteur privé sur les mesures d’atténuation des impacts du Covid- 19 sur l’économie

Bamako, 1er avril (AMAP) Le Premier Ministre, Dr Boubou Cissé a rencontré mardi à la Cité administrative, les représentants du secteur privé, a constaté l’AMAP. Il s’agissait pour le Chef du Gouvernement et ses hôtes d’échanger sur les mesures à mettre en place afin d’atténuer les impacts de la pandémie du coronavirus sur l’économie nationale. Dr Boubou Cissé a saisi l’occasion  pour  informer les représentants du secteur privé de la création d’un Fonds Spécial de Solidarité pour lutter contre le Covid-19 dont il appelle à la contribution du secteur privé et de l’ensemble des bonnes volontés pour faire face aux conséquences de la pandémie. Les représentants du secteur privé qui ont salué l’initiative du Chef du Gouvernement ont exprimé leurs préoccupations de manière plus spécifique avant de s’engager à apporter leurs contributions patriotiques pour aider le gouvernement à sauver l’économie malienne. A l’issue de la rencontre, une commission comprenant des membres du Gouvernement et des représentants du secteur privé a été créée pour proposer des mesures urgentes et concertées afin d’aider l’exécutif à atténuer l’impact de la pandémie sur le secteur privé. La pandémie du Covid-19 a entrainé un ralentissement de l’économie mondiale et au Mali, plusieurs secteurs ont déjà ressenti les conséquences de la pandémie   sur leurs activités. KM (AMAP)