Insémination artificielle animale : Ça peut rapporter gros
Par Mariam F. DIABATE Bamako,16 janvier (AMAP) Au Mali, un grand nombre d’éleveurs a compris que l’amélioration génétique a des avantages pour l’exploitation des étals qui sont destinés à la production et pour la vente de lait, de viande ou d’animaux sur pied. Si certains utilisent la pratique dans le but d’accroître leur production laitière, ceux, en revanche, qui font de l’embouche bovine pour vendre les animaux aux bouchers, exploitent le créneau de l’insémination pour améliorer leur production de viande. Dans les deux cas de figure, l’insémination artificielle, un outil privilégié pour l’amélioration génétique des races animales, permet aux éleveurs de réaliser des profits. « Une bonne initiative ! », Modibo Siby, commerçant de vaches et veaux métis au marché à bétail du quartier « Sans fil » de Bamako « Personnellement, je l’ai introduit dans mon élevage dans le but d’accroître ma production laitière », a-t-il affirmé. Il pratique le métier depuis 7 ans. Assis sous un hangar, au milieu de son parc à bétail, il est indifférent à l’odeur de la bouse et d’urines d’animaux. Il a expliqué que l’insémination artificielle animale a considérablement augmenté sa production laitière. « De 4 litres de lait, je suis à plus de 50 litres par jour », a-t-il souligné, avant d’ajouter que cette production lui rapporte gros. Par ailleurs, M. Siby trouve que le commerce de ces animaux est aussi intéressant. « Le veau métis (d’un an) et sa génitrice (vache locale) peuvent rapporter plus d’1 million de Fcfa. Quant au prix du veau, il varie entre 250.000 et 300.000 Fcfa », a-t-il révélé, ajoutant qu’il cède ses vaches locales inséminées entre 350.000 Fcfa et 425.000 Fcfa. « Actuellement, je dispose de 15 vaches inséminées. Je projette d’inséminer 7 pour ce mois », affirme Mamadou Bah, éleveur à Sikasso. Propriétaire de 36 têtes de bœufs, le quinquagénaire est installé dans une grande cour, près de l’abattoir de Sikasso, sur la route de Bougoula hameau. « Les gens s’approvisionnent ici, depuis que j’ai commencé l’insémination. Je n’ai jamais acheté du lait nulle part ailleurs », dit-il, fier de lui. Il a commencé l’élevage en 2013. Trois ans plus tard, il a introduit la pratique de l’insémination dans son étal. Tout comme le précédent interlocuteur, M. Bah accorde une grande attention à la production laitière. Celle-ci lui permet de gagner de l’argent. « Avec mes races locales, j’avais 30 litres de lait. Aujourd’hui, je collecte une centaine de litres par jour », a-t-il affirmé. Il cède le litre à 500 Fcfa aux détaillants et 400 Fcfa aux grossistes. Egalement, l’éleveur peulh nous confie qu’il a tout récemment vendu 7 vaches métisses à 16 millions de nos francs. « En général, je vends ma vache métissée à 900.000 Fcfa. Quand elle est inséminée son prix varie entre 1.500.000 et 1.700.000 Fcfa. Ma métisse de moins de 3 ans, je la cède à 1.400.000 Fcfa, alors que celle de 9 mois coûte 800.000 Fcfa. Mon taureau métis d’un mois coûte 600.000 Fcfa», a-t-il précisé. Il a ajouté qu’en ce moment, il n’a plus de taureaux car, une fois qu’ils naissent, les clients se précipitent pour les acheter. Ils sont très prisés. « Le prix de nos bœufs de race locale, entre 1 et 3 ans d’âge, ne dépasse pas 250.000 Fcfa. L’insémination artificielle permet d’apporter une plus value, puisqu’on peut vendre un bœuf métis de moins de 2 ans à plus d’1 million de Fcfa », nous a expliqué Souleymane Coulibaly, un autre éleveur de Sikasso, dont la ferme est située à Kaféla, sur la route du Burkina Faso. Le sexagénaire possède 70 têtes de bovins, dont 40 vaches inséminées. « L’argent que je gagne grâce au commerce du lait me satisfait largement. Il couvre toutes mes dépenses (entretiens des animaux, salaires des travailleurs et dépenses personnelles) », a-t-il dit. Souleymane Coulibaly souhaite synchroniser l’insémination de ses vaches afin d’avoir de nombreux veaux métis de même âge le jour des mises bas. L’éleveur de Niono, Diaguely Diakité, reconnaît les avantages de la production laitière de ses vaches inséminées. « Avec mes quatre vaches inséminées, je peux avoir entre 22 et 35 litres de lait par jour », a-t-il confié, ajoutant qu’après la vente, l’argent lui permet de payer ses employés, d’acheter du tourteau et des herbes pour ses animaux et de couvrir ses dépenses familiales. En outre, M. Diakité transforme une bonne partie de son lait en fromage et yaourt. « Cet argent me permet d’économiser », a-t-il dit. TAUX D’INSEMINATIONINTERESSANT – En termes d’avantages de la pratique, le Pr Diakaridia Traoré ne tarit pas d’éloges sur l’insémination. Il est le directeur général du Centre national d’insémination artificielle animale(CNIA).« Avec l’insémination artificielle animale, les métis en âge de production donnent 10 à 15 litres de lait, par jour alors que les races locales font, seulement, de 2 à 3 litres », a-t-il expliqué. Tout en précisant que le coût normal de l’insémination est de 46.000 Fcfa, le coût subventionné par l’Etat est de 10.000 Fcfa pour la chaleur naturelle (période de l’ovulation de la femelle) et 17.000 Fcfa pour la chaleur synchronisée (l’ovulation de plusieurs femelles). Se prononçant sur les défis de l’insémination artificielle au Mali, le directeur général du CNIA pense qu’il faut un accès à un centre adéquat afin de pouvoir bien travailler. Pour le Pr Traoré, les défis sont pluriels parmi lesquels, il faut compter la difficile condition d’importation de la semence et les moyens de transport des semences vers les régions. L’arrêt de l’approvisionnement des inséminateurs en azote liquide (le liquide qui permet de conserver la semence), la non acquisition des semences montbéliarde fortement demandées par les éleveurs, le redéploiement du fonds alloué à l’insémination à d’autres activités par le gouvernementsont, aussi, des contraintes sur lesquelles il attire l’attention. Selon certains inséminateurs, la réussite de l’insémination dépend de trois facteurs : la compétence de l’éleveur, celle de l’inséminateur et la bonne santé de la femelle. En cas de défaillance d’un de ces trois facteurs, l’insémination échoue. « Le problème majeur de l’insémination est qu’une grande partie des éleveurs ont la mentalité que la pratique doit, coûte que coûte, réussir. Or, que ce soit les humains ou les
Des opérateurs privés maliens en quête d’opportunités à la Semaine durable d’Abou Dhabi
Envoyés spéciaux Madiba KEITA Aliou SISSOKO Abou Dhabi, 15 janvier (AMAP) Des opérateurs privés maliens participent à la Semaine durable d’Abou Dhabi à la recherche de partenaires pour des investissements en matière d’énergie solaire, a constaté l’AMAP Parmi ces quelques opérateurs privés maliens, Mody Sacko, directeur de l’entreprise Mohacom Sarl. Selon lui, le Mali et les autres pays africains qui ont suffisamment de soleil, pendant toute l’année, n’ont pas le choix, ils doivent migrer vers les énergies renouvelables. M. Sacko dit être à la Semaine durable d’Abou Dhabi pour saisir des opportunités. «Ce pays du Golf est connu pour sa production pétrolière. Malgré tout, il envisage de construire une centrale solaire de 100 mégawatts au Mali. C’est pour vous dire que tous les pays sont conscients du réchauffement de la planète. Ils essayent donc de lutter contre ce phénomène en faisant des investissements dans le domaine des énergies renouvelables », dit-il. Et l’entrepreneur malien de dire sa surprise que cette Semaine durable d’Abou Dhabi sur les énergies renouvelables, qui se tient chaque année, soit une initiative de pays producteurs de pétrole. Mardi, le président Ibrahim Boubacar Keïta, en compagnie du ministre de l’Energie et de l’Eau, Sambou Wagué, a visité le Salon où des entreprises, universités et autres spécialistes de questions énergétiques, hydrauliques et environnementales exposent leur savoir-faire. Le chef de l’Etat s’est arrêté, notamment aux stands de Total, de l’Université d’Abou Dhabi, d’AMEA Power, une entreprise des Emirats arabes unis spécialisée dans les projets énergétiques à partir de sources conventionnelles au Moyen-Orient, en Asie et en Afrique. C’est cet argument que le président Keïta a mis en avant lors de son intervention au panel du mardi dernier. La compagnie énergétique japonaise, Univergy Solar, réalise des projets des centrales solaires, à travers le monde. Son représentant en Afrique de l’Ouest, le Sénégalais Mansour Diagne, estime que nos Etats sont condamnés à aller vers les énergies renouvelables qui sont, non seulement écologiques mais, également, accessibles aux populations des ville comme des campagne. Avec une architecture inspirée de l’union du désert et de la mer, le Centre national des expositions est l’une des attractions d’Abou Dhabi, capitale des Emirats arabes unis. Considéré comme le plus grand centre d’exposition au Moyen-Orient, il a été inauguré en 2007 par son Altesse Cheikh Khalifa Bin Zayed Al Nahnyan, président des Emirats arabes unis et Emir d’Abu Dhabi. Avec un espace intérieur de 73.000 m², ce gigantesque joyau architectural a un calendrier annuel d’activités variées, accueillant près de deux millions de visiteurs chaque année. Des événements de dimension internationale y sont, fréquemment, organisés, comme, présentement, la Semaine durable d’Abou Dhabi. MK/MD (AMAP)
La pénurie de gaz butane paralyse des activités économiques à Bamako
Par Amadou B. MAÏGA Bamako, 15 janvier (AMAP)Mardi 07 janvier. Le soleil sur Bamako est enveloppé par un léger brouillard matinal. La météo affiche une température minimale de 15° C au Quartier du fleuve, en Commune III. Julienne Sidibé est assise derrière le comptoir de son restaurant. Où quelques clients prennent le petit déjeuner. En attendant l’arrivée de l’eau chaude qu’un employé est en train de faire bouillir, la gérante accepte de s’exprimer sur la pénurie de gaz à laquelle les usagers sont confrontés. En colère, la gérante du Bol de Jade juge accablante la situation. « De 7.500 Fcfa, la bonbonne de 12 kilos est, aujourd’hui, vendue entre 20.000 et 25.000 Fcfa », s’étonne-t-elle. A la question de savoir comment le restaurant fonctionne, elle s’exclame : « Hé ! Nous utilisons le charbon de bois, car nous y sommes obligés pour pouvoir assurer la continuité du service aux clients ». Comme la gérante de restaurant Julienne Sidibé, les foyers et autres consommateurs maliens sont privés de gaz butane, depuis un mois. La cause ? L’arrêt de la fourniture par les importateurs de ce combustible à usage domestique. Ceux-ci disent manquer de ressources financières nécessaires pour acheter, transporter et dédouaner ce produit commercial issu du raffinage du gaz naturel. Rappelons que ce produit dérivé du pétrole est importé de la Côte d’Ivoire, du Sénégal et du Ghana. En effet, au tout début de la pénurie, qui prend des proportions inquiétantes, quelques producteurs peinaient à satisfaire la forte demande nationale. Occasion opportune pour des spéculateurs de sortir leur stock, visiblement, conservé à dessein. Ainsi, dans certains endroits de Bamako, la bonbonne de 6 kilos était cédée à 5.000 Fcfa voire 6.000 Fcfa, contre 3.500 Fcfa. Ces provisions seraient épuisées, à présent. Conséquence : ménages, restaurants, industriels et autres petites activités dépendant du gaz butane sont paralysés à travers différents quartiers de la capitale malienne. A Bamako Coura, au siège de l’Agence nationale pour la promotion de l’emploi (ANPE), officient de nombreux kiosques vietnamiens spécialisés dans la vente de nems et de sandwiches. Rencontrée là-bas, une jeune Vietnamienne se force d’expliquer l’ampleur de la situation en langue nationale Bambara. « J’ai appelé mon fournisseur, il a répondu qu’il n’y a plus de gaz au dépôt », confie la jeune dame, en montrant du doigt une bonbonne vide de 12 kilos, l’air désemparée. A une centaine de mètres du kiosque, où travaille la vendeuse de nems, le jeune Bouba vend des omelettes qu’il prépare sur du gaz butane. Selon lui, avant la pénurie, la bonbonne de 6 kilos qu’il payait à 3.500 Fcfa pouvait durer plusieurs jours. Comparativement au charbon de bois, « le gaz fait notre affaire », affirme-t-il. Le manque de gaz a obligé Bouba à se tourner vers le charbon de bois. « Je n’ai pas le choix », dit-il. A côté de Bouba, des clients attendent impatiemment leur commande. Ils accusent l’Etat d’être le seul responsable de la situation. Selon eux, si la pénurie de gaz a atteint ce stade critique, c’est dû à la négligence de la part des autorités compétentes. En la matière, la subvention du gaz butane est gérée au niveau de plusieurs structures publiques. Il s’agit de l’Agence malienne pour le développement de l’énergie domestique et l’électrification rurale (AMADER), le ministère de l’Economie et des Finances et le Trésor public. A l’AMADER, la cellule de communication explique que le rôle de l’agence se limite à la collecte des factures des fournisseurs de gaz, faire les mandats des factures et les transmettre au ministère de l’Economie et des finances. L’AMADERdit avoir déjà effectué ce travail et transmis les mandats au ministère de l’Economie et des Finances, assurent ses communicateurs, qui ajoutent que les opérations de vérification et d’approbation des documents fournis par les opérateurs gaziers sont réalisées par l’Hôtel des finances. C’est après ces étapes que le Trésor public doit procéder au paiement par des virements bancaires. Selon une source au ministère de l’Economie et des Finances, les trois premiers trimestres de 2019 ont été déjà payés aux opérateurs gaziers pour un montant global de plus de 6 milliards de Fcfa. « Il reste à payer le quatrième trimestre au titre de 2019, reconnaît notre source qui explique ce retard est dû à la fermeture des crédits au titre de l’année fiscale 2019. « Il faudra alors, dit-elle, attendre l’ouverture des crédits pour 2020 pour apurer les arriérés de paiement ». Contacté à ce propos, le directeur de Sodigaz, Oudiari Diawara, dit que leur dernier paiement remonte à octobre 2018. Il précise qu’il avait, pour le mois d’octobre 2018, reçu un virement de 50 millions de Fcfa. ABM/MD (AMAP)
Coopération : Les membres du Conseil des chambres de commerce et d’industrie saoudiennes et du Fonds Saoudien pour le Développement chez le PM
Bamako, 15 janvier (AMAP) Le Premier Ministre, Dr Boubou Cissé a reçu en audience, ce mercredi, à la Cité administrative, les membres du Conseil des chambres de commerce et d’industrie saoudiennes et du Fonds Saoudien pour le Développement, a constaté l’AMAP. C’était en présence du ministre de l’Industrie et du Commerce, Mohamed Ag Erlaf , de l’Ambassadeur d’Arabie Saoudite au Mali et du Président de la Chambre de Commerce et d’Industrie du Mali (CCIM), Youssouf Bathily. En visite de prospection et d’échanges avec les opérateurs économiques maliens autour de projets d’investissements publics et privés, les opérateurs économiques saoudiens ont sollicité l’appui du PM pour faciliter les investissements économiques et les échanges commerciaux entre les deux pays. Dr Cissé a salué la qualité de la coopération bilatérale et multilatérale entre les deux pays avant de louer les liens historiques entre le Mali et l’Arabie Saoudite. Le Chef du Gouvernement a exprimé sa volonté de développer davantage de rapports économiques et commerciaux entre le Mali et le Royaume d’Arabie Saoudite, notamment à travers le secteur privé. Le Premier Ministre a exhorté, notamment, le Fonds Saoudien pour le Développement à diligenter dans les meilleurs délais leur appui aux financements additionnels du projet de la Route Sevaré-Gao, du projet de l’Hôpital Militaire et du projet de réhabilitation du Chemin de fer Dakar-Bamako. Le Directeur exécutif du Conseil des chambres de commerce et d’industrie saoudiennes, Turki A. Almatroudi a saisi l’occasion pour inviter le Premier ministre à un Forum économique Mali-Arabie Saoudite qui se tiendra à Riyad, dans les tous prochains jours. KM (AMAP)
Le Mali signe avec les Emirats arabes unis une convention de plus de 14 milliards pour les PME et l’autonomisation des femmes
Envoyés spéciaux Madiba KEITA Aliou SISSOKO Abou Dhabi, 15 janvier (AMAP) Le ministre de l’Energie et de l’Eau, Sambou Wagué et le président du Fonds Khalifa ont, en marge des travaux de la Semaine durable d’Abou Dhabi, signé, en présence du chef de l’Etat, Ibrahim Boubacar Keïta, une convention pour le décaissement de plus de 14 milliards de Fcfa. Ce financement est destiné aux secteurs des Petites et moyennes entreprises (PME) et à l’autonomisation des femmes. «Ce financement est réservéaux jeunes et aux femmes. Il permettra de les former et de faire d’eux des employeurs et des hommes d’affaires dans le secteur des Petites et moyennes entreprises», a expliqué le président du Fonds Khalifa, Hussain Al Nowais. Le ministre malien de l’Energie et de l’Eau a remercié le président du Fonds Khalifa pour ce décaissement et déclaré que les relations entre le Fonds et le gouvernement de son pays se portent bien. « La preuve, une centrale solaire de 100 mégas sera bientôt réalisée à Sélingué, grâce au financement du Fonds Khalifa », a renchéri Sambou Wagué qui a signé la convention au nom du Premier ministre, ministre de l’Economie et des Finances, Dr Boubou Cissé. MK/MD (AMAP)
Croissance forte, inclusive et durable : Le FMI accorde plus de 14 milliards de Fcfa au Mali
Bamako, 13 janvier (AMAP) Le Conseil d’administration du Fonds monétaire international (FMI) a approuvé, vendredi, un décaissement de 27,63 millions de dollars au profit du Mali (près de 14 milliards de Fcfa), dans le cadre de l’accord au titre de la Facilité élargie de crédit (FEC), annonce l’institution de Bretton Woods, dans un communiqué de presse. Cet appui porte à environ 55,26 millions de dollars, (environ 27,6 milliards de Fcfa), le total des décaissements au titre de cet accord triennal approuvé le 28 août 2019 pour un montant d’environ 193,5 millions de dollars, soit 75 % de la quote-part du Mali au FMI. La FEC, une aide financière aux pays qui connaissent des difficultés prolongées de balance des paiements,a pour finalité de rétablir la stabilité et la viabilité macroéconomique, tout en favorisant une croissance vigoureuse, durable et la réduction de la pauvreté. En validant ce décaissement, qui achève la première revue des résultats obtenus par le Mali dans le cadre de la FEC, l’instance dirigeante du Fonds encourage les efforts d’amélioration en matière de gouvernance, de mobilisation des ressources internes, etc. « Les autorités maliennes ont commencé à bien mettre en œuvre leur programme économique, malgré des problèmes de sécurité croissants. Les attaques continues des groupes séparatistes dans les régions du Nord et du Centre (NDLR : Mopti) ont aggravé la fragilité de la situation dans ces régions, soulignant ainsi l’importance d’y établir la présence de l’État par la prestation de services publics », a déclaré M. Tao Zhang, directeur général adjoint et président par intérim, à l’issue de la réunion du conseil d’administration. Et d’ajouter que « malgré la précarité de la sécurité, l’économie montre des signes de résilience ; les autorités ont mis en œuvre avec détermination leur programme visant à accroître les recettes, et des réformes structurelles sont en cours ». « La croissance (au Mali) devrait se stabiliser à 5% à moyen terme », note le FMI, en prévenant que les risques de révision à la baisse sont élevés, compte tenu du contexte sécuritaire du pays. « Le cadre budgétaire de 2020 prévoit un équilibre approprié entre les dépenses nécessaires et les ressources disponibles, grâce à l’assouplissement de l’objectif global de déficit de 3% à 3,5% du PIB. Un espace budgétaire est également créé pour les dépenses prioritaires, grâce à des objectifs de recettes ambitieux mais réalistes », évaluent les experts du Fonds. Ils constatent que « les autorités ont l’intention louable d’améliorer la gouvernance et de lutter contre la corruption. Une mise en œuvre vigoureuse sera nécessaire pour atteindre les objectifs de réforme de la gouvernance dans les finances publiques, la lutte contre le blanchiment d’argent et le dispositif général de lutte contre la corruption. » Pour toutes ces raisons, le conseil d’administration a aussi, en achevant la revue, approuvé la demande des autorités d’une dérogation pour l’inobservation du critère de réalisation quantitative, relatif à la non accumulation d’arriérés intérieurs. Il a, par ailleurs, précisé que la prochaine évaluation de la gouvernance est très attendue. Elle sera l’occasion, souligne le Fonds, de mieux définir les futures priorités de réforme. En attendant, «la priorité immédiate du Mali est de sauvegarder les dépenses sociales et de développement face à l’urgence des dépenses de sécurité », recommande le Conseil d’administration, avant d’ajouter que les réformes visant à augmenter les recettes restent essentielles pour financer les dépenses qui favorisent la croissance. CMT/MD (AMAP)
Bamako : La pénurie fait exploser le prix du gaz butane
Par Ahmadou CISSE Bamako, 13 janvier (AMAP) « C’est 6.000 Fcfa. A prendre ou à laisser ». La décision du vendeur de gaz est des plus radicales. D’une taille moyenne, barbe de bouc, il range une dizaine de bombonnes vides devant sa quincaillerie, à l’entrée du marché de Dibida non loin d’une bâtisse de l’Etat en pleine rénovation. « Ok, je prends malgré le prix extrêmement cher » murmure la cliente qui ne tarda pas à attacher comme un fagot de bois la bonbonne de gaz, avant de grimper sur sa moto et se fondre dans le magma d’engins de la circulation routière. Le gaz est introuvable. Devenue une denrée rare, la bombonne chargée n’est plus livrée aux revendeurs. Aux abois, les opérateurs du gaz multiplient les contacts. Ils déclarent, urbi et orbi, qu’ils risquent de fermer boutique. Le cri de cœur ne semble pas avoir trouvé échos auprès des pouvoirs publics auxquels les opérateurs réclament un cumul d’arriérées s’élevant à près de 7 milliards de Fcfa. Conséquence de ce retard de payement, les cuves sont vides. C’est, du moins, ce que disent les opérateurs qui sont ont arrêté la distribution du gaz, depuis quelques semaines déjà. Dans les unités de remplissage des opérateurs, pas âme qui vive. En dehors des gardiens et vigiles qui veillent sur les bombonnes de gaz vides, les cuves et quelques camionnettes de livraison garées çà et là. Dans la rue, les bombonnes de gaz vides cherchent désespérément preneurs. Habituellement, la bouteille de 6 kg se change à 3.500 Fcfa. Aux 3,000 Fcfa qu’encaisse l’opérateur, il faut ajouter les 500 du livreur. « Hier seulement, j’ai eu de la peine à avoir du gaz. Heureusement, j’en ai eu mais j’ai dû payer très cher : 6,500 Fcfa ! » raconte, avec colère, une ménagère habitant le quartier résidentiel de Faladjè Séma. Elle explique s’être habituée à l’utilisation du gaz à domicile, notamment, pour préparer le petits déjeuner et, surtout, chauffer de l’eau de bain, en ces moments de fraicheur. Les opérateurs gaziers ont expédié, expressément, des correspondances aux autorités pour attirer leur attention sur l’état de leur trésorerie. En face, les arguments avancés par les pouvoirs publics, bien que fondés parce qu’imputables à la crise sécuritaire, ne font manifestement pas l’affaire des opérateurs privés. Ils veulent du « cash » pour payer les produits. Le Mali étant en guerre, l’attente risque de durer un peu plus longtemps. C’est justement cette situation préoccupante que craignent Oudiari Diawara et ses collègues qui ont animé, jeudi, une conférence de presse, pour, disent-ils, démentir la rumeur selon laquelle les opérateurs gaziers font plutôt de la rétention. « Nous ne sommes pas en grève. Pire, nous risquons de mettre la clé sous le paillasson si rien n’est fait pour payer les factures en souffrance » s’écrie le président des professionnels du gaz qui montre du doigt sa cour vide. « Constatez vous-même, les travailleurs ne sont pas à leur poste habituel. Dire que nous refusons de vendre le gaz est une aberration dans la mesure où nous sommes privés de nos ressources pour acheter et importer du gaz », indique le conférencier, dans la salle de réunion de son entreprise à Banankabougou, « Depuis octobre 2018, nous n’avons pas été payé », soutient-il. FACTURES CUMULEES –La facture est en effet salée pour un pays en pleine crise sécuritaire. Hammadoun Touré de l’Agence malienne pour le développement de l’énergie domestique et de l’électrification rurale(AMADER) comprend la colère des créanciers de l’Etat. Il invite, cependant, à la retenue compte tenu de la situation du pays et, surtout, des efforts en cours pour régler la note. « Nos fournisseurs savent dans quelle situation nous sommes ici au Mali. C’est justement pourquoi, ils nous exigent de la liquidité pour donner leur gaz. Sans argent, nous sommes obligés d’ajuster nos opérations pour nous éviter le dépôt de bilan » rétorque l’opérateur. Le Mali consomme une moyenne de 6 millions de tonnes de bois chaque année. C’est trop. Nos forêts se rétrécissent comme peau de chagrin et le désert, lui, gagne du terrain. La subvention du gaz butane répond à cette préoccupation des pouvoirs publics à limiter l’utilisation du bois de chauffe et du charbon de bois. Peine perdue si le gaz venait à disparaître. La semaine dernière, à défaut de se procurer du gaz sur le marché, un grand restaurant libanais de la capitale a fait décharger une dizaine de sacs de charbon pour ses cuisines. Le prix du sac de charbon de bois oscille entre 6000 à 7500 Fcfa. Le prix du gaz butane est fixé par les structures techniques de l’Etat. En décembre 2019, le kilogramme est fixé à 1004 Fcfa. Donc, la bombonne de 6 Kgs revient à 6025 Fcfa. Le budget d’Etat supporte 2525 Fcfa pour ramener le prix d’achat à 3500 Fcfa. Le nombre de bouteilles vendues sera alors multiplié par 2525 Fcfa pour avoir la somme à verser aux sociétés de vente de gaz. Ce différentiel de prix est codifié, dans le jargon budgétaire, sous le nom de subvention. Pour les opérateurs, il s’agit tout simplement d’un différentiel de prix à payer sans délai. La difficulté réside dans la mauvaise évaluation de la consommation du gaz au Mali, selon l’analyse du conférencier. Généralement, le budget alloué au secteur est d’environ 5 milliards de Fcfa. Montant insuffisant pour solder les factures des trois premiers trimestres de chaque année. Le glissement d’arriérées de 2018 sur le budget de l’année 2019 conduit, inévitablement, à une incapacité du budget à supporter les factures cumulées. En attendant l’opérationnalisation du Fonds gaz, les ruptures sur le marché ne seront pas des évènements rares. AC/MD (AMAP)
Gao : Effervescence au marché des couvertures en période de froid
Par Abdourhamane TOURE AMAP-Gao Gao, 13 janvier (AMAP) Le marché de la ville de Gao est innondé de diverses marchandises qui proviennent des pays frontaliers (Mauritanie, Algérie, Libye et Niger). En cette période de fraicheur, ces articles, les plus très prisés sont les couvertures de 2, 4, 6 et 8 kg. Ces couvertures viennent de la Mauritanie, l’Algérie (Kouria) et de la Libye. Certains commerçants arabes, d’origine mauritanienne ou algérienne et même malienne, viennent vendre ces produits aux commerçants de Gao. Ceux-ci les revendent, à leur tour, aux clients nomades, sédentaires et même à certains commerçants de Sikasso ou de Bamako. Au Mali, le mois de janvier est considéré comme la période du froid dont le degré varie selon les zones. Actuellement, dans le Nord, il fait excessivement froid, d’où la forte demande de couvertures dans ces régions septentrionales. C’est le cas à Gao ou le correspondant régional de l’AMAP a fait le tour du marché de la ville pour en faire le constat. Albekaye Kounta est un commerçant très connu à Gao dans la vente de couvertures et d’autres marchandises. « Ça fait 50 ans que j’exerce la profession de commerçant. Je l’ai héritée de mes parents et c’est la seule activité que je connais », dit. Le vieux Kounta vend les couvertures, les tapis, les salons marocains, les matelas, les congélateurs…. Selon lui, à Gao, le commerce général c’est-à-dire qu’ici, un commerçant vend un peu de tout. Il estime que le prix des couvertures varie selon leurs poids. « Généralement, mes clients sont des militaires maliens mais eux n’achètent que des couvertures de 12.000 ou de 20.000 Fcfa. Ceux des Nations unies achètent les couvertures de 50.000 Fcfa mais c’est lent », confie Kounta. « En plus, notre bénéfice sur les couvertures est médiocre », ajoute le commerçant. Quant a son collègue, Albouhari Maiga, installé non loin du commissariat de police de Gao, il dit exercer ce métier, depuis sa tendre enfance. «Moi, je cède la couverture de 8kg à 22.500 Fcfa. Avant la crise, au mois de janvier où il fait froid, je pouvais vendre un ballot qui peut contenir 20 à 30 couvertures. Maintenant, par jour, je peux vendre 3 à 4 couvertures de 2 à 4 kg. Parce que la crise a affecté tout le commerce’, explique-t-il. « Avant, mes clients étaient des femmes commerçantes qui venaient acheter des couvertures et d’autres marchandises pour les revendre à Sikasso, Bamako et même ailleurs. Aujourd’hui, avec l’état de la route et l’insécurité, toutes ces commerçantes ont abandonné le secteur du commerce par peur d’être attaquée par des bandits sur la route et cela a beaucoup impacter le commerce des grossistes de Gao », a détaillé le commerçant Albouhari. Mme Baby Bintou Dicko que nous avons approchée vient d’acheter une couverture de 2kg à 12.500 uniquement pour le froid. Selon elle, en temps normal, elle pouvait l’avoir à 11.500Fcfa. Hama Maiga s’apprête aller à Niamey par la route. Il est venu au marché pour acheter une couverture. Il tenait en main une couverture de 2kg qu’il a négocié à 7.000 Fcfa dans la boutique de Hamed Ben Sidi. Hamed Ben Sidi est un commerçant qui tient boutique à côté de l’agence d’une banque à Gao. Chez lui, on trouve des couvertures de 2kg jusqu’à 8kg. Selon lui, c’est en période de froid que les couvertures sont très sollicitées. Les couvertures qui viennent de la Mauritanie sont de la bonne qualité. Il vend aussi des tapis algériens et turcs ainsi que des salons marocains. Le commerçant Ben Sidi cède les tapis de 2/3 à 12.500 Fcfa, les 4/3 à 50.000 Fcfa et les 5/3 à 65.000 Fcfa. Les salons marocains entre 150.000 de 180000 Fcfa. « Depuis que la crise 2012 a éclaté, nous (commerçants de Gao) sommes confrontés à la rareté de la clientèle parce que nos clients potentiels, qui viennent de Bamako, ne peuvent plus transporter leurs marchandises par la route de Gao-Sévaré, parce qu’une fois qu’ils arrivent à Sévaré, les douaniers demandent les papiers de dédouanement alors qu’à Gao rien n’est encore mis sur pied en ce qui concerne le dédouanement », a déclaré Hamed Ben Sidi. A l’en croire, certains de ses clients lui ont dit que même pour deux tapis, la douane de cette zone exige le dédouanement. « Tous mes clients ont, ainsi, abandonné le secteur des produits importés des pays voisins », se désole le commerçant qui ajoute, en souriant, que « le fonctionnement des services de la douane à Gao ou ailleurs n’arrange aucun commerçant ». La ville de Gao est alimentée par des produits importés d’Algérie, de Mauritanie, de Libye, de Turquie et du Niger. Sans ces produits exportés et comte tenu de l’état de la route de Gao-Sévaré, que deviendront les habitants de la Cité des Askia ? AT/MD (AMAP)
Le froid dope le marché de la friperie
Par Fatoumata T. DIAWARA Bamako, 13 janvier (AMAP) En ce moment, les vendeurs de friperie (yougou-yougou) ont le sourire. Pour cause, le marché de ces vêtements usagés est, actuellement, très prospère en raison de la période de froid. Quand la température baisse, le commerce des vêtements usagés connaît une hausse. Beaucoup de gens y trouvent des habits chauds à moindre coût pour se protéger contre la fraîcheur. Les clients se bousculent devant les étals et les vendeurs réalisent des ventes record. Pour s’en convaincre, il suffit de faire un tour au marché de Médine qui demeure un site de gros importateurs de friperie au Mali. C’est le marché de prédilection pour les jeunes bamakois férus de fringues et qui n’ont pas forcément de grands moyens. Ce jour, de début janvier, il est 10h30mn. Le marché grouille de monde. Les vendeurs spéculent sur leurs marchandises, très souvent, en provenance de pays européens ou des Etats-Unis et les clients proposent des prix inférieurs aux propositions des premiers. Dans ce tohu-bohu indescriptible, le marchandage est un sport favori. Tout le monde veut faire la bonne affaire, qui pour renouveler sa garde-robe avec des costumes, vestes et chemises, qui pour se procurer des pullovers, des T-shirts et autres survêtements. Il y en a pour tous les goûts et pour tous les prix. Les grossistes disent s’approvisionner à partir de pays européens, d’Amérique et d’Asie. Leurs marchandises sont acheminées à Bamako par voie aérienne ou maritime. Ils cèdent ensuite des ballots de friperie à d’autres intermédiaires (des demi-grossistes et des détaillants) qui s’assurent de faire le tri et de repartir en lots de premier, deuxième et troisième choix. A titre d’exemples, les ballots sont ensuite vendus à 100.000 Fcfa pour le premier choix, 80.000 Fcfa pour le deuxième choix et 60.000 Fcfa pour le troisième et dernier choix. Ensuite, les détaillants de vêtements usagés vendent à l’unité. Une veste est négociée à partir de 20.000 Fcfa. Les pantalons sont cédés entre 1.000 et 4.000 Fcfa. Le prix des chemises oscille entre 750 Fcfa et 2000 Fcfa. Les pull-overs sont à 1.250 Fcfa l’unité et les jupes à 800 Fcfa la pièce. Les T-shirts sont cédés à 700 Fcfa et d’autres habits sont accessibles à moindre coût. Mohamed Traoré évolue dans le négoce de la friperie au marché de Médine. Il reconnaît que ses affaires marchent en ce moment. C’est une niche, il en profite. « Je vends des bonnets, des chaussettes, des pullovers et des pantalons », nous confie-t-il, en continuant la transaction avec un client. Il fait de bonnes affaires, actuellement, parce que les pullovers, les chaussettes et les gants s’écoulent comme de petits pains Pour lui, il est clair que la friperie est plus prisée que certains prêts-à-porter, notamment en termes de qualité, de diversité et de coût.. Moussa Coulibaly est lui, aussi, vendeur de friperie dans la cour de l’ancienne Régie des chemins de fer ou « woro courou ». Il apprécie le comportement du marché. Il reconnaît que les prix ont pris l’ascenseur parce que maintenant les habits sont vendus entre 500 et 3.500 Fcfa l’unité. Modibo Dembélé, vendeur de friperie sur le même site confesse que, depuis décembre, il ne vend exclusivement que des pullovers. « C’est un marché rentable, ce qui justifie mon choix », explique-t-il. Notre équipe de reportage a pu constater l’affluence autour de lui. Cheickna Ousmane Diakité se présente comme un client fidèle de la friperie. Il est venu acheter un pullover pour se protéger du froid, donc contre certaines maladies. Aminata Touré est, aussi, férue de fringue. Pour elle, peu importe la période, pourvu qu’elle arrive à faire ses emplettes parce qu’elle estime que c’est une exigence pour une femme d’être toujours bien mise. « Je fais le tour des marchés de friperie, à la recherche de pullovers de qualité pour ma famille, notamment ma progéniture. Mes enfants ne partent pas à l’école, en cette période de fraicheur, sans pullovers », dit-elle. « Tout le monde doit porter des habits chauds maintenant. Si on ne se couvre pas bien, on risque d’attraper certaines maladies. Or acheter un pull à 2,000 Fcfa ou plus vaut mieux qu’attraper des maladies et acheter des médicaments ensuite », estime-t-elle. « Les ballots sont trop chers en ce moment. On y trouve pas forcément la qualité », juge Mme Traoré Khady Coulibaly. Cette mère de trois enfants quitte, chaque jour, l’Hippodrome II où elle est domiciliée, pour se rendre au marché de Médine. Elle y vend de la friperie. Contrairement à d’autres, elle peine à trouver de la clientèle. Mariam est, aussi, vendeuse et connaît la même mévente. Pour elle, les prix connaissent une hausse. Mais c’est une situation liée au coût élevé du dédouanement. « J’achète les ballots dans un grand magasin, au marché de Médine. C’est de la friperie qui vient de la France, du Canada, de l’Italie et d’Amérique », explique-t-elle. Si le besoin de porter des vêtements chauds conduit beaucoup de gens à se tourner vers la friperie et les vendeurs profitent de cet engouement, l’embellie est passagère pour ne pas dire saisonnière. FT/MD (AMAP)
L’après 31 décembre à Bamako : Des lendemains qui déchantent pour les vendeurs de poulets
Par Amadou GUÉGUÉRÉ Bamako, 10 janvier (AMAP) Si pour certains la Tabaski est la fête des moutons, pour beaucoup d’autres la Saint Sylvestre est la fête aux poulets. Qui dit poulet fait référence à ces marchands de volailles qui, à la veille des fêtes, se frottent généralement les mains. A l’occasion, l’abondance de la demande crée souvent des pénuries de gallinacés sur le marché de Bamako, avec son corolaire de spéculation. Et après la fête ? Lundi, 06 janvier. Une tournée de quelques souks de la capitale pour s’imprégner de l’atmosphère et de l’affluence. Le marché de Banankabougou est considéré comme l’un des plus grands centres de vente de volailles à Bamako. Situés en plein cœur de ce marché situé en Commune VI du District de Bamako, les étals des marchands de volailles s’étendent sur environ 30 mètres. Ici, le prix unitaire du poulet varie entre 2.000 et 2.500 Fcfa. La pintade, elle, coûte entre 3.500 et 4.000 Fcfa. Au loin, on observe une vingtaine de caisses et de paniers chargés de poulets, de pintades et de pigeons, en attente d’éventuels acheteurs. Là, va avoir lieu un marchandage. Habillé en t-shirt noir, Yaya Diallo, la quarantaine, discute le prix de poulet avec un potentiel preneur. Sa cage contient plus d’une centaine de poulets et de pintades. « Combien coûte le poulet blanc, non le noir ? », demande le client. « Je vous le cède à 2.500 Fcfa », rétorque le vendeur. « Je le prends à 2.000 Fcfa », renchérit l’acheteur. « Ok ! Je vous le donne à ce prix-là », concède le marchand. Vite fait ? Oui. Bien fait ? à voir, surtout pour le vendeur ! Interrogé après cette discussion, notre interlocuteur reconnaît que l’affluence était beaucoup plus grande à la veille de la fête. « Il y avait du monde partout, tout le monde voulant apporter du poulet en famille », ajoute Yaya Diallo. « Je ne peux pas vous donner un chiffre mais, j’en ai beaucoup vendu à la veille du 31 décembre. Après, il n’y a plus de vente », se désole-t-il. Pour lui, le marché de poulet dépend des circonstances et chaque jour a ses réalités. « Il est des jours où les clients affluent. Il y a, aussi, des moments où nous passons toute une journée sans réaliser la moindre vente. Nous gagnons quand-même de quoi nourrir la famille », explique-t-il. CHIFFRE D’AFFAIRES – A côté de lui, commerce Youssouf Diarra, un autre vendeur de volaille. Assis sur une chaise au milieu de collègues, la causerie semble animée. « Aujourd’hui, le marché est timide, il n’y a pratiquement plus de vente. La veille de la fête de fin d’année, j’ai vendu des milliers de poulets et de pintades. Aujourd’hui, je vends moins d’une centaine de poulets », compare M. Diarra, d’une voix timide. Dans les alentours, jouent des adolescents âgés de 15 et 16 ans. Leur tâche est de déplumer la volaille à la demande du client. « S’il n’y a pas de marché du côté des vendeurs de poulets, nous sommes obligés d’attendre. Et, actuellement, les clients se font rares », témoigne un jeune arçon. « Cela semble dû au manque d’argent, parce que les gens ont beaucoup dépensé pendant la fête », estime un d’eux. Arrivé au marché de Magnambougou, nous avons rencontré un vendeur de poulets qui a voulu garder l’anonymat. Vêtu d’un pull-overde couleur bleue, un petit sac en bandoulière, il dénonce la concurrence déloyale des vendeurs ambulants. « Ceux-ci ne payent pas de taxe. A la fin des fêtes, ils disparaissent et attendent la prochaine fête », déplore le vendeur. A l’entendre, les vendeurs ambulants sont à la base de cette mévente à laquelle est confronté le secteur aujourd’hui. Au marché de Torokorobougou, en Commune V, à l’autre bout de Bamako, un jeune homme vend des poulets au bord de la route, en face du marché. Lassiné Traoré confie : « Le 31 décembre dernier, j’ai réalisé un chiffre d’affaires estimé à 150.000 Fcfa ». Depuis, seuls quelques clients habituels rendent visite au marchand de volaille. AG/MD (AMAP)

