Pénurie de gaz butane : Le charbon fait feu de tout bois

Par Babba B. COULIBALY Bamako, 08 janvier (AMAP) Depuis plusieurs semaines, à Bamako, le gaz butane joue la star. Il faut débourser le double, voire le triple du prix subventionné (3.500 Fcfa) pour s’offrir la bouteille de 6 kg. Les usagers se tournent vers le charbon de bois, dont les prix prennent aussi l’ascenseur. Mais les vendeurs réfutent toute relation de cause à effet. Nous sommes en pleine pénurie de gaz butane. Ce combustible non pollueur est devenu au fil du temps un compagnon indispensable des ménages de la capitale malienne. Il se substitue même, souvent, au charbon de bois, de moins en moins, utilisé par une classe moyenne. Cette rupture suivie d’une augmentation du prix d’un tel produit a poussé les ménages à se tourner vers le charbon de bois, On peut en imaginer dont les dommages sur l’environnement qui restent à évaluer. Aux points de vente du charbon de bois, à travers la ville de Bamako, la situation est à la surenchère. N’Golo Diarra est vendeur grossiste de charbon depuis près de 25 ans au marché de Lafiabougou. Habits et visage colorés noircis au contact du charbon, il est catégorique : « Le manque de gaz butane n’a pas eu d’impact sur le prix du charbon ». Pour lui, la flambée, ces derniers temps, du prix du charbon est périodique. « En ce sens, argumente-t-il, que l’accès aux sites de production du charbon est très difficile pour les véhicules pendant la saison des pluies ». S’y ajoute le froid qui empêche les producteurs de couper suffisamment d’arbres. Créant, ainsi, une situation où l’offre est inférieure à la demande. « C’est ce qui a entraîné l’augmentation du prix du charbon », tente de convaincre N’Golo Diarra dont le dépôt était pris d’assaut par des clients. A l’en croire, les prix pourraient baisser après la saison froide. Car, la production du charbon est moins onéreuse et moins pénible en saison sèche. « C’est pourquoi nous cassons les prix pendant la saison de sèche », explique celui qui cède le sac de charbon à 5.000 Fcfa, précisant que le prix varie d’un point de vente à un autre et en fonction des localités de provenance. La Région de Sikasso apparaît comme un centre de production par excellence du charbon de bois. En témoigne la disparition accélérée et inquiétante des forêts qui ceinturent la région frontalière de la Côte d’Ivoire et du Burkina Faso. A preuve, toutes les deux semaines, Madou Sonta décharge des centaines de sacs de charbon transportés par des véhicules en provenance de Sikasso. Ce fournisseur, âgé d’une cinquantaine, est installé au marché de Ouolofobougou. Par jour, Madou Sonta peut écouler plus d’une cinquantaine de sacs de charbon. « Le manque de gaz butane, renchérit-il, n’a pas provoqué une augmentation de prix du sac de charbon. Il a, par contre, entraîné un soudain afflux de la clientèle », reconnaît M. Sonta. « Bien avant la crise du gaz, on vendait le sac aux détaillants à 4.500 Fcfa », rappelle-t-il, ajoutant que le charbon qu’il vend provient de Kolondièba. Si les marchands de charbon réfutent tout lien entre la hausse du prix et la pénurie de gaz butane, ils confirment tous que cette crise a gonflé leur clientèle. « La crise du gaz, nous arrange en quelque sorte car, par jour, je vends plus de 50 sacs. Et les sacs que vous voyez seront écoulés avant la fin de la journée », sourit Madou Sonta, en pointant le stock du doigt. Contrairement à son voisin Madou Sonta, Salif Doumbia a, lui, cassé ses prix. « Le prix dépend de la provenance. Je cède le sac à 3.500 Fcfa voire 3.750 Fcf », assuré M. Doumbia, qui venait de vendre une dizaine de sacs à Mme Diarra. Le charbon dont il fait commerce provient de Siby, localité située à quelques dizaines de kilomètres de la capitale. La pénurie de gaz semble être une aubaine pour des livreurs de charbon. Saisissant l’opportunité, ils se sont transformés en revendeurs ambulants de charbon de bois. Tel est le cas du jeune Boua Théra. Rencontré au niveau du marché de Fassambougou, en Commune II, il explique : « Maintenant, le commerce de charbon est très florissant. Comme la plupart de mes camarades, j’ai choisi cette option, c’est plus rentable que la livraison que je faisais. Sur chaque sac, je fais un profit de 500 Fcfa ». Conséquence ?  Les ménagères, elles, se plaignent de la hausse du prix de combustible. « Le sac de charbon est intouchable. Le gaz butane est introuvable. C’est vraiment difficile pour nous », peste Aïssata Diallo. La bonne dame venait d’acheter quelques sachets de charbon. BBC/MD (AMAP)

Horticulture en milieu urbain : Un trésor végétal en friche

Par Mohamed TOURE Bamako, 08 janvier (AMAP) « Construire une maison sans plantes, c’est comme habiller une jeune femme sans bijoux. » Cette phrase ne sort pas d’un recueil de poèmes. Elle est de Daouda Sangaré qui nous décrit toute l’importance que revêt, à ses yeux, son métier d’horticulteur. Une blouse verte sur les épaules, cet amoureux des plantes passe beaucoup de temps dans son jardin. Un endroit idyllique, superbement décoré de fleurs multicolores, dont le parfum est une bonne bouffée d’oxygène en ces moments de pollution de plus en plus importante à Bamako. Ce matin de janvier, une brise provenant des berges du fleuve Niger balaie l’endroit, tel un havre de paix. Le courant d’air fait balancer les branches d’arbustes qui ornent le lieu. Sur l’écriteau de la devanture on peut lire « Inter Flora ». Le maître des lieux est vite reconnaissable à son activité et à ses échanges avec les clients. «J’exerce ce métier depuis 1974. A l’époque, j’étais gamin et était aux côtés de mon père », confie-t-il. Pour Daouda Sangaré, sa profession est d’une grande importance dans le contexte actuel de changement climatique. Des signes avant-coureurs de l’avancée du désert vers la zone soudanienne du Mali sont là. Plusieurs espèces de végétaux sont proposées aux clients : plantes d’intérieur (plantes fleuries, plantes vertes), d’extérieur (arbustes d’ornement, arbres fruitiers) et des accessoires de jardinerie, notamment des pots. En fait, plus d’un millier d’espèces végétales exotiques y sont exposées. Elles proviennent des quatre coins du monde : Europe, Asie, Amérique du Sud ou des pays du continent africain, comme Madagascar, Congo, etc. C’est une kyrielle de variétés, des arbres fruitiers (manguiers, citronnier, cocotier, cacaoyer, caféier), des espèces décoratives le plus souvent exotiques (les rosiers, les palmiers, les sapins). La collection de cactus est la plus impressionnante. Il possède plus d’une quarantaine de variétés de cet arbre d’origine américaine. L’horticulteur explique que plusieurs espèces d’arbres florales, telles que « le Chapeau de Napoléon », les « Belles de nuit », « les belles de jour », ont été introduites au Mali à l’époque coloniale. PASSIONNÉS DE BOTANIQUE – De nos jours, la demande en espèces étrangères est de plus en plus importante. Notre interlocuteur affirme être toujours en train de chercher de nouvelles plantes. Dans cette tâche, il est souvent aidé par des particuliers passionnés de botanique. « Je trouve, souvent, de nouvelles espèces chez certains clients qui ont la passion des arbres. Lors de leurs déplacements sur d’autres continents, ils nous apportent de nouvelles espèces ou même des graines qu’ils nous demandent de développer », explique Daouda Sangaré, tout en nous montrant sa toute dernière trouvaille : un Aglaonéma, une espèce d’arbre floral asiatique avec de belles formes de feuillage, allongées et aux couleurs panachées. « J’ai commencé à le développer, il y a six mois. D’un seul pied, j’en suis déjà à huit maintenant. Pour ne pas le vendre, je dis souvent aux clients qu’il coûte 50.000 Fcfa », plaisante-t-il, sourire aux lèvres. Plusieurs espèces de plantes arrivent au Mali,  à travers certains pays voisins tels que la Côte d’Ivoire, le Sénégal et la Gambie. Ces pays étant fournis par les navires venant d’autres continents, principalement d’Amérique du Sud. Les prix des plants varient entre 50 Fcfa, 100 Fcfa et 250 Fcfa, selon différentes catégories et leur disponibilité sur le marché. Les espèces les plus prisées sur le marché sont les rosiers, « les épines du Christ » ou encore le « Lantana camara », des arbres décoratifs très demandés. Certaines variétés, parmi les plus rares sur le marché, peuvent valoir jusqu’à 100.000 ou 150.000 Fcfa. La « palme d’or », dans cette catégorie, est remportée par le « Cycas géant » qui coûte la bagatelle de 250.000 Fcfa. Cet arbre, utilisé pour la décoration, a la particularité d’être doté d’un tronc court et d’un beau feuillage brillant. Cette prolifération des espèces végétales a entrainé la multiplication des pépinières qui poussent comme des champignons en plusieurs endroits de Bamako. Les horticulteurs et les pépiniéristes sont estimés, actuellement, à près de 300 producteurs dans notre capitale, selon Lassina Diarra, le président pour la Commune III de l’Union régionale des sociétés coopératives des horticulteurs et pépiniéristes de Bamako. Sékou Coulibaly et Salif Dembélé sont aussi membres de cette association. En 2000, ils ont fondé la pépinière « Ba Djoliba ». Les deux hommes emploient plusieurs jeunes apprentis, qui sont affairés à remplir les sachets en plastique usés de terre, pour contenir les plantes. Ici, en plus des arbres exotiques adaptés au climat du Mali, on propose aussi des espèces aux vertus médicinales. En effet, certaines variétés, telles que les « Aloe vera », les « feuilles glacées », le « Moringa » sont très prisées pour soigner ou prévenir certaines maladies. Cependant, les ventes de plants d’espèces fruitières représentent le gros du chiffre d’affaire des producteurs. Ce marché est, particulièrement, boosté pendant l’hivernage. « A cette période de l’année, certaines personnes peuvent nous acheter un millier de plants de citronniers ou de manguiers, d’un trait, pour leur plantation », confie Sékou Coulibaly. A l’analyse des chiffres avancés, on se rend compte que ce secteur peut être extrêmement porteur pour le Mali. « Nous étions à une prévision 80.000 plants, en 2019, pour la filière mangue au compte des producteurs de Bamako », relève Lassina Diarra. Il souligne que compte tenu de ce potentiel, notre pays exporte, chaque année, une grande quantité de plants de mangues vers d’autres pays comme le Sénégal, le Mozambique, le Gabon, etc. INSTALLATION PRECAIRE – Malgré ce fort potentiel de productivité, les horticulteurs déplorent certaines difficultés majeures qui minent leur domaine d’activité. Notamment, la disparition de certaines espèces d’arbres, pourtant très présentes, il y a quelques années, du fait du changement climatique ou de la non qualification des jardiniers pour les entretenir. Il s’agit, entre autres, selon Daouda Sangaré, des espèces comme les « Acalyphas », les « Chapeaux de Napoléon » ou les « Queues de singe ». Le manque de valorisation et le caractère précaire et informel du métier sont aussi décriés par les horticulteurs. Et Salif Dembélé de déplorer la vision de certaines personnes qui pensent que « la vente de plants d’arbres est un métier encore peu valorisé ». « Souvent, elles nous prennent pour

Du poulet avarié intercepté à Kouremalé, à la frontière guinéenne 

Bamako, 07 janvier (AMAP) Les douaniers de Kourémalé ont saisi, très tôt, lundi matin, un véhicule de type 4×4 contenant 45 cartons de viande de poulets en état de putréfaction avancé, a appris l’AMAP de source proche de la douane. Sur la base d’une information fiable, les agents des douanes se sont lancés à la recherche du véhicule qui sera immobilisé, à 1h 45 mn, à 35 km de Kourémalé, après une longue course-poursuite. Le véhicule, conduit par une personne handicapée de nationalité malienne, dégageait une puanteur insupportable, attirant la curiosité des douaniers Il contenait 45 cartons de 10 kg, soit 450 kg de pièces de poulets. Le délinquant avoue s’être approvisionné à Siguiri, côté guinéen à 70 km de la frontière. Après la saisie de cette viande avariée qui était destinée au marché malien, les responsables régionaux des douanes de Koulikoro ont inspecté le produit avant de féliciter les agents de Kourémalé qui saisissent, très souvent, des produits prohibés. Le chef de la division des services de brigade, le lieutenant-colonel Bourama Diakité, a indiqué que «la protection de la santé publique est une mission régalienne des services des douanes. « Ce produit qui vient d’être soustrait du marché alimentaire est vendu à 25.000 FCFA le carton. La cargaison complète pourrait être vendue à plus d’un million de Francs cfa », a-t-il dit. L’individu arrêté serait un récidiviste. Il y a deux semaines, il aura été arrêté par les douaniers en possession de foie avarié. Le 29 décembre dernier, il aurait été, également, appréhendé avec 41 cartons du même produit et du foie impropre  la consommation. « La douane n’est pas que fiscale », a insisté le chef de la division qui n’a pas manqué de féliciter les agents qui ont opéré cette saisie. AC/MD (AMAP)

Douanes : Saisie à Zégoua de 27 kg d’or d’une valeur de plus de 800 millions de Fcfa

Bamako, 07 janvier (AMAP) Les douanes maliennes ont saisi, dans la même soirée, dimanche, à la frontière ivoirienne, 17 kg et 10 kg, soit 27 kg d’or pur, pour une valeur cumulée de plus de 800 millions de Fcfa, indiquent des sources officielles. La valeur marchande de la première saisie est de 306 millions de Fcfa tandis que la seconde est évaluée à 508 millions Fcfa, ajoutent les mêmes sources qui rappellent que cette opération intervient après trois autres saisies d’orsur l’axe Bamako-Abidjan, dont deux par le bureau secondaire de Zégoua  Un bus transportant des passagers est arrivé à 2 heures du matin dans la cour du bureau secondaire de Zégoua. Les agents des douanes ont décidé de fouiller le véhicule en provenance d’Abidjan, en passant par Bouaké et dont la destination finale était Bamako. Les douaniers ont interrogé expressément le conducteur du car sur la nature des marchandises qu’il transporte. Celui-ci aurait déclaré ne rien transporter d’illégal et que ses passagers étaient respectueux de la réglementation douanière. Pas convaincus par cette déclaration, les douaniers, savent d’expérience que les cars de transport en commun sont, très souvent, empruntés par des individus mal intentionnés pour tromper la vigilance des services de contrôle. Ils ont noté qu’un passager du car était perturbé par leur présence. Il montrait des signes de panique dont quelques gouttes de sueur sur ses joues. Les agents ont soupçonné que ce passager cachait une marchandise prohibée. Dès les premiers échanges de l’interrogatoire, le voyageur est passé à table. Le chef du bureau des douanes a, ainsi, ordonné à ses agents de passer à la fouille corporelle à la recherche de la marchandise que l’individu disait transporter. L’agent des douanes a découvert sur le voyageur des objets durs et compacts. Deux ceintures tenaient des chaussettes en soie cousues pour la circonstance. A l’intérieur de chaque colis, se trouvaient des lingots d’or de 17 kg soigneusement emballés. Dans le même bus, un autre passager tremblait, aussi, de peur. Il promenait un regard inquiet dans tous les sens. A la fouille, il a été découvert, sous ses habits amples, des colis totalisant 10 kg d’or. Tous les deux trafiquants sont de nationalité ivoirienne.  On rappelle que les 4 dernières saisies d’or par les douanes pourraient atteindre une valeur marchande de plus d’un milliard de Francs Cfa AC/MD (AMAP)

Mali : Des cas d’enrichissement illicite présumés confirment des inquiétudes et études antérieures

Par Amadou B. MAÏGA Bamako, 06 janvier (AMAP) Lesrévélations du président de l’Office central de lutte contre l’enrichissement illicite (OCLEI), Moumini Guindo, samedi, au cours d’une conférence de presse pour partager le rapport annuel de l’institution avec la presse et les acteurs de la chaîne de répression de l’enrichissement illicite au Mali, confirment les inquiétudes soulevées par le rapport 2018 du Bureau du vérificateur général (BVG). Selon ce document remis au chef de l’Etat, le 4 juillet 2019, les faiblesses de gouvernance et de gestion des deniers publics constatées ont mis en exergue le fossé entre les pratiques des agents publics, les textes juridiques, les procédures administratives, etc. Faisant dire aux contrôleurs indépendants que le détournement des deniers publics ne fait plus peur en République du Mali. De hauts cadres de l’Etat réussissent, sans crainte, à détourner des milliards de Fcfa, privant ainsi les populations des services sociaux de base. Ces constats du BVG corroborent les conclusions de l’étude commanditée par l’OCLEI, lui-même, sur l’étiologie de l’enrichissement illicite dans l’Administration publique malienne dans le District de Bamako, les Régions de Kayes, Koulikoro, Sikasso et Ségou. « Ses cibles, a expliqué le président de l’OCLEI, étaient les agents publics et des citoyens non fonctionnaires. Il s’agissait alors de savoir les causes principales qui poussent les agents publics à s’enrichir de façon illicite. Les conclusions, présentées par M. Guindo, ont montré que les causes de l’enrichissement illicitepour les zones concernées par cette étude sont dues à 60% aux faiblesses institutionnelles, législatives et règlementaires, 57% à la volonté d’être riche, à 55,6% aux causes socioculturelles et à 50% au manque de volonté politique de combattre le fléau. « Les méthodes et pratiques utilisées sont, entre autres, la perception de pot-de-vin, le détournement des deniers publics et l’abus d’autorité », a énuméré le conférencier, déplorant que les obstacles à cette lutte décelés par l’étude sont les immunités et privilèges de juridiction, l’absence de protection des dénonciateurs et la faiblesse de la volonté politique, etc. L’OCLEIa transmis à la justice trois dossiersd’enrichissement illicite et de corruptionprésumésdont la valeur cumulée est évaluée à plus de 4 milliards de Fcfa, a révélé samedi son président. Le premier concerne un inspecteur des services de sécurité social qui serait propriétaire de 17 maisons d’habitation dont trois ont déjà été vendues. Il posséderait, aussi, quatre véhicules particuliers. La valeur des biens est estimée à 969,31 millions de Fcfa. Le deuxième dossier concerne un inspecteur des finances qui aurait 18 maisons d’habitation. Sa résidence est un bâtiment de trois étages avec une piscine, qui aurait coûté 400 millions de Fcfa. Pendant que l’enquête était en cours, il aurait vendu trois maisons à ses propres enfants dont une villa à l’ACI à 10 millions de Fcfa. L’homme posséderait, également, 18 maisons non encore bâties. Le total des biens s’élève à 1,751 milliard de Fcfa. Le troisième concerne, aussi, un inspecteur des finances. L’office a identifié 20 bâtiments lui appartenant dont 17 maisons d’habitation. Ses biens immobiliers comporteraient, aussi, deux écoles privées, une ferme agricole mise en valeur, 46 parcelles dont l’essentiel est en titre foncier, deux maisons d’habitation déjà vendues, un bâtiment commercial vendu aussi. Cette personne a utilisé beaucoup de prête-noms. Ses enfants de 2 ans, 4 ans et 6 ans, posséderaient, respectivement, des maisons de 300 millions, 100 millions, 200 millions. La valeur de ses biens a été estimée à 1,562 milliard de Fcfa. « Outre ces trois dossiers qui ont été menés à leur terme, l’OCLEI travaille sur 35 autres dossiers, dont les conclusions seront portées à la connaissance du grand public », a annoncé Moumini Guindo. Il a assuré que, pour faciliter le rapatriement des fonds présumés détournés, son office est en train de signer des protocoles avec les organisations de lutte contre l’enrichissement illicite présentes dans les pays concernés. Guindo a révélé que l’essentiel de l’argent détourné au Mali est transféré à l’étranger. Ce magistrat jugé «travailleur acharné» par le président de la République a, entre autres, cité la sous-région, la France, les Etats-Unis d’Amérique et le Moyen-Orient comme « destinations de l’argent détournée par des fonctionnaires véreux ». Concernant la déclaration de biens des assujettis, l’OCLEI a reçu 998 déclarations de biens entre 2017-2018 », a révélé son président. « Les gouverneurs, les préfets et les sous-préfets constituent la majorité des fonctionnaires qui se sont pliés à cet exercice », a-t-il précisé. Toutefois, pour changer la perception sur la corruption et espérer réussir la lutte contre ce fléau, les auteurs du rapport suggèrent des réformes institutionnelles, législatives et réglementaires. Afin, selon eux, de corriger les dysfonctionnements constatés au sein de l’administration publique, renforcer les capacités des systèmes juridiques et judiciaires, des organes de vérification et de contrôle. « Tout cela serait vain sans une amélioration des conditions de vie et de travail des agents publics », prévient l’étude sur l’éthologie de la corruption. Le rapport couvre la période du 1erjuin 2017 au 31 décembre 2018. Un numéro vert (80 00 22 22) est mis en place afin de permettre aux citoyens de dénoncer les faits d’enrichissement illicite et de corruption. ABM/MD (AMAP)

Des vergers au marché : Incontournables revendeuses de fruits à Bamako 

Par Maïmouna SOW Bamako, 03 janvier (AMAP) Ce lundi, 25 novembre, marché des bananes (Namassa Dankan). Comme tous les matins, Ici, la détermination est féminine. Les passages étroits, qui séparent les magasins des grossistes, grouillent de commerçantes au détail. La cohue, sans précipitation, se déplace dans tous les sens. Les revendeuses, arrivées tôt à la bourse des bananes, sont pressées de regagner le centre-ville. Elles sont chargées de régimes de bananes, de melons, d’oranges. Les retardataires sont reconnaissables à leur plateau coincé sous le bras. Elles bousculent tout le monde dans les étroits passages. Elles ont hâte d’arriver au stand de leur fournisseur habituel.  Dans ce souk, il n’est pas aisé de se frayer un chemin. Pour se faire entendre, tout le monde, clients, vendeurs, crie.  « C’est mon tour ! ». « Cédez-moi le passage ! ». « Dans quel sachet je mets tes achats ? ».  « Ne me bouscule pas ! ». Beaucoup de jeunes femmes rurales, venues en exode à Bamako, deviennent des vendeuses ambulantes de fruits de saison. Elles sont propres et bien habillées dans les rues, pour attirer la sympathie de la clientèle. Difficile de convaincre ces femmes de m’accorder deux ou trois minutes d’entretien sur le commerce de la banane. Je guette les allures des clientes. Je m’approche de celles qui affichent une mine sereine. Je me dis que celles-ci sont indulgentes et qu’elles seront gentilles de répondre à deux ou trois questions. Ma tactique se révèle efficace. Deux sœurs ressortissantes de Koro, Ramata et Awa Tolo, acceptent de m’accorder quelques minutes de leur précieux temps.  Toutes les deux sont mariées. Elles se partagent une caisse de banane chaque jour. « Le prix de la caisse de 30 kg oscille entre 4.000 Fcfa et 15.000 Fcfa, selon la taille des bananes », explique l’aînée Ramata. Depuis 5 ans, ce commerce apporte, à chacune, un bénéfice journalier de 2.000 Fcfa. Les deux jeunes femmes dogon sont dynamiques et pleines de vie. Elles affrontent, toute la journée, sourire aux lèvres, les personnes auxquelles elles proposent leur marchandise. Elles ne rentrent jamais à la maison sans avoir écouler leur stock. Il y a une bonne entente entre les deux sœurs. La cadette portait au dos le bébé de sa grande sœur, au moment de notre entretien, en plus du poids de la marchandise sur la tête. La cadette nous confie : « Nous visitons les places publiques et les marchés de quartiers de Bamako pour vendre la marchandise. Ce travail est pénible. Mais nous sommes sympathiques. Nous sommes arrivés à créer une chaîne de clients fidèles. Ils attendent notre passage ». Les deux sœurs participent à la charge du foyer. Elles font, de temps en temps, plaisir aux parents restés au village, en envoyant des cadeaux et de l’argent. La grossiste Aminata Diakité décharge, au cours de la semaine, plusieurs sacs de melons et d’oranges sur le marché de Bamako. Elle achète ses fruits à Ségou, Sirabolola, Banamba. « Les grossistes me cèdent cinq melons à 500 Fcfa. Je revends quatre à 500 Fcfa. Mon bénéfice est le prix de la vente d’un melon sur cinq. Pour gagner dans ce commerce, il faut être rapide et très compétitive dans l’écoulement des produits. Car ils sont périssables. Et si c’est le cas, on perd beaucoup d’argent », affirme-t-elle. Cette mère de deux enfants, d’une trentaine d’années, est consciente de son rôle éminent dans son foyer. Tous les jours, elle participe aux dépenses pour faire bouillir la marmite. Elle s’assume et, pour elle, cette contribution est un acte responsable pour la stabilité de son foyer. Le plus grand souhait de Bono Coulibaly  est de se faire une place au soleil à Bamako, grâce à la vente ambulante de fruits. Elle est âgée d’une cinquantaine d’années. Elle porte tous les jours, sur la tête 30 kg de fruits de saison depuis ses 12 ans. Ce matin, comme des dizaines de femmes, elle attend devant un camion de 10 tonnes pour être servie.   L’infatigable Bono avoue que, pendant sa jeunesse, elle n’ambitionnait pas de se faire une place sur le marché. C’était la rapidité d’écouler la marchandise qui comptait.  Mais elle n’est plus jeune. La mère de sept enfants qu’elle est devenue, a confiance en ses capacités de procurer le pain quotidien à sa progéniture. La mère poule a déjà prévenu ses enfants de son envie de « prendre sa retraite ». Elle encourage ses garçons adolescents de persévérer dans l’apprentissage du métier d’électricien et de chauffeur qu’ils ont librement choisi. Ils seront adultes dans deux ans et pourront prendre la relève. « Je n’arrive plus à écouler tout mon stock. Ce commerce de détail alterne les bons et les mauvais jours. La perte est énorme par ce que les fruits pourrissent vite. Nous ne connaissons aucune technique de conservation que nous pouvons acheter avec nos faibles revenus», a déploré Bono Coulibaly. Le tenace grossiste Abdoulaye Diarra est dans cette activité depuis 16 ans. Tous les jours, il gère au mieux de leurs intérêts une clientèle toujours pressée, et ses trente employés. Il écoule vingt tonnes (20) de fruits de saison, chaque semaine. Ces marchandises lui viennent du Burkina Faso, de la Côte Ivoire  et  du Mali.  Il juge que la quantité de fruits maliens est insuffisante dans son stock. «  Je vends des bananes, ananas, oranges. En ce moment nous vivons la saison  de la papaye solo’, dit-il. La difficulté dans ce business se situe au niveau du dédouanement. Avant, on acquittait le droit de passage. Maintenant, les cargaisons de fruits importés sont dédouanées. Et c’est cher. Plusieurs taxes sont payées sur le trajet Zégoua-Bamako. A  l’entrée de la capitale, le camion est bloqué pendant près de 22 heures.  Cette longue attente détériore une grande quantité de fruits. Plusieurs  millions de Francs Cfa partent en fumée. Les autorités douanières sont insensibles à nos doléances jusqu’à présent», s’indigne-t-il. Le président du Syndicat  des vendeurs de fruits, Bourama Diarra, et son vice-président, Bourama Kaba Diakité, sont, tous les deux, à la tête d’une entreprise familiale. Ils ont succédé à leurs pères qui avaient, eux aussi, succédé à leurs pères. Les récoltes maliennes ne suffisent pas pour

Diéma : La douane saisit 300 kg de poulets impropres à la consommation 

Diéma, 01 janvier (AMAP) La Brigade mobile d’investigation  (BMI) des Douanes de Diéma a saisi, lundi, 300 kg de poulets de chair, d’une valeur de près de cinq cents mille francs Cfa, en provenance de la Mauritanie, a constaté l’AMAP sur place. Ces poulets, impropres à la consommation, ont été saisis sur un individu se présentant comme un mécanicien et qui s’apprêtait à  acheminer sa marchandise sur Bamako, à quelques heures de la fête du Réveillon. Le premier adjoint au préfet, Kabaou Dolo, à la tête d’une délégation, composée des membres de la Commission locale de destruction des produits impropres à la consommation, s’est rendu sur le site de destruction, situé au Razel,  sur la route de Fangouné Bambara,  pour procéder à  l’incinération des produits saisis. Le président de l’Association des commerçants, Dahamet Goundourou, s’est dit satisfait de l’opération, qui, selon lui, vise à préserver la santé des  consommateurs. Il a invité « tous les  commerçants à faire preuve de sincérité et de franchise  dans leurs activités, afin de retirer librement, sans pression extérieure, tous les produits périmés et  impropres à la consommation » qui existeraient dans leurs stocks. Quant au secrétaire général du Conseil de cercle, Seydou Camara, il a exhorté les éléments des Douanes à redoubler de vigilance et de rigueur pour mettre fin à l’importation et à la vente illicite de produits frauduleux. Il a réaffirmé la volonté des collectivités territoriales à accompagner du mieux de leurs possibilités les actions de développement. Le premier adjoint au maire de Commune rurale de Diéma, Abdoulaye Touré, a souhaité que des saisies se multiplient pour débarrasser le secteur du commerce des mauvaises herbes qui l’assaillent. Le chef du secteur vétérinaire Alassane Sidibé, a, pour sa part,  expliqué les textes en vigueur interdisant l’importation et la vente de poulets de chair pour éviter une contamination par la grippe aviaire. Il a souhaité que l’application  de ces textes ne tolère aucune entorse pour le bien-être de tous. Agissant au nom du chef de la BMI de Diéma, le contrôleur Ansoumane Sylla, a insisté sur une collaboration plus accrue des populations pour  l’exécution correcte  des missions assignées aux douaniers. En mettant le feu aux cartons de poulets saisies, aspergées d’essence, dans une fosse, le premier adjoint au préfet Kabaou Dolo, a félicité la BMI de Diéma pour la saisie de ces produits aux origines et conditions de conservation douteuses. Il a invité les acteurs, à quelque niveau que ce soit, à la mutualisation des efforts pour l’atteinte des objectifs. OB/MD (AMAP)  

Commune urbaine de Mopti : Un projet d’infrastructures routières de 34 milliards de Fcfa

Par Dieudonné DIAMA Envoyé spécial Mopti, 30 décembre (AMAP) Le chef du gouvernement, Dr Boubou Cissé,a annoncé, dimanche, à Mopti, un projet d’infrastructures routières de plus de 34 milliards de Fcfa destiné à améliorer la mobilité urbaine dans les villes de Mopti et Sévaré. Ce projet, soumis au financement de la Banque ouest-africaine de développement (BOAD), va concerner l’aménagement du tronçon Sévaré-Mopti en 2×2 voies, d’un autre tronçon en 2×1 voies, l’aménagement en 2×1 voies du tronçon pour le contournement de l’aéroport de Mopti Ambodedjo et de dix kilomètres de voiries urbaines. M. Cissé, qui intervenait, à l’occasion de la célébration du centenaire de la Venise malienne, a précisé que ces réalisations rentrent dans le cadre de la stratégie de stabilisation de la 5è Région en proie à l’insécurité. « Au cœur de la stratégie de stabilisation du gouvernement, se trouvent, en bonne place, les activités de développement endogène à travers la réalisation d’infrastructures structurantes », a expliqué Dr Boubou Cissé. Pour lui, Mopti a besoin d’un souffle nouveau pour se relever et de rayonner comme jadis puisque « sa situation géographique stratégique le permet ». « La stratégie de stabilisation de la Région de Mopti est, également, centrée sur des actions de renforcement de la cohésion sociale, du vivre ensemble et de réconciliation », a indiqué le Premier ministre qui a salué les initiatives prises dans le cadre du centenaire de la Commune urbaine par les autorités régionales, municipales et la Mission intégrée multidimensionnelle des Nations unies pour la stabilisation au Mali (MINUSMA). Malgré la situation difficile, voire critique de la Région de Mopti, Dr Boubou Cissé a promis que le gouvernement ne baisse pas les bras. « Des actions seront amplifiées dans le cadre du programme de réduction de la violence communautaire, destiné à démobiliser les combattants enrôlés dans des groupes d’autodéfense, a-t-il annoncé. Dr Boubou Cissé a souhaité que la célébration du centenaire de Mopti, coïncidant avec le nouvel an, apporte à la Commune et, « plus largement à notre pays la paix, la stabilité et la quiétude, socles de la cohésion sociale, du redressement national et du progrès économique et social ». C’est aux environs de 9 heures que l’avion, transportant le chef du gouvernement et l’ancien président, Amadou Toumani Touré, a atterri á l’aéroport de Mopti. Les deux personnalités ont été accueillies par le gouverneur de la Région, le général Abdoulaye Cissé et le maire de la Commune urbaine de Mopti, Issa Kansaye. Ensuite, le cortège s’est ébranlé vers le terrain scolaire de Gangal où se tenait la cérémonie du centenaire. Les habitants sont sortis massivement pour être témoins de cet événement qui marquait le retour au bercail du président Amadou Toumani Touré. Le maire Issa Kansaye a indiqué que la célébration du centenaire exprimait la volonté de la municipalité de promouvoir des actions concrètes pour la relance de l’économie locale. Pour l’édile, il s’agit de montrer un nouveau visage de la ville aux partenaires techniques et financiers et au monde entier. « En plus, c’est un moment de retrouvailles et d’union sacrée autour du patrimoine commun », a précisé M. Kansaye, ajoutant que le choix du Dr Boubou Cissé pour présider cet événement traduit son engagement personnel et le rôle capital qu’il joue dans le développement économique du pays. « La signature, récemment, d’accords de financement et la tenue du Dialogue national inclusif en sont des illustrations », a fait remarquer l’édile qui a déploré la situation sécuritaire difficile que traverse la Région de Mopti, ces dernières années. « L’insécurité a durement éprouvé les activités principales sur lesquelles repose l’économie locale », a indiqué Issa Kansaye qui a sollicité, au nom de ses mandants, l’ancien président Amadou Toumani Touré « pour une mission d’apaisement des tensions, de retour définitif de la paix, de la cohésion sociale et du vivre ensemble entre les communautés ». Pour sa première prise de parole en public, depuis son retour de Dakar, après 7 ans d’exil, Amadou Toumani Touré, a rappelé qu’il a déjà effectué des missions de bons offices dans des pays lointains. S’il n’a « pas refusé d’aller s’occuper des conflits dans des pays frères, il ne refusera jamais de s’occuper des tensions dans (son) propre pays et surtout celles qui concernent Mopti », a-t-il souligné, avant d’assurer au maire qu’il est totalement acquis à la sollicitation. Promettant de revenir, spécialement. pour parler aux jeunes, il a invité ses cousins et neveux qui sont de l’autre côté du fleuve, dans les montagnes, dans le Seno, dans le Bourgou et partout afin qu’ils se mettent ensemble pour la paix et la cohésion sociale. Au confluent du fleuve Niger et de son affluent le Bani, Mopti, capitale de la 5è région administrative du Mali, était, il y a peu, une ville rayonnante grâce à l’élevage, l’artisanat, la pêche et le commerce et surtout le tourisme. Toutes ces activités, qui faisaient la fierté et la renommée de la Venise malienne ont, de nos jours, fortement périclité, du fait de la crise sécuritaire dont la Région est devenue un épicentre. La Commune urbaine de Mopti fête, cette année ses 100 ans. Les manifestations ont débuté depuis le 21 décembre et prendront fin demain. La cérémonie de dimanche a été marquée par la remise de distinctions honorifiques à des personnalités ayant contribué au développement de la Commune urbaine de Mopti, à l’ancien président Amadou Toumani Touré, au Premier ministre Boubou Cissé et au gouverneur de Mopti, le général Abdoulaye Cissé. Elle a pris fin par la coupure du gâteau du centenaire et la visite guidée des stands au niveau de la foire organisée dans le cadre de la célébration. Avant de regagner Bamako, Dr Boubou Cissé a procédé à l’inauguration du monument érigé en l’honneur de feu député Aly Maïga à Sévaré. DD/MD (AMAP)

Lutte contre la fraude : La hiérarchie douanière en visite de terrain

Sikasso, 30 décembre (AMAP) Le Directeur général des douanes, l’inspecteur général Mahamet Doucara, et ses proches collaborateurs ont effectué, du jeudi au dimanche, une visite de terrain dans les services de lutte contre la fraude dans les régions de Kayes, Koulikoro, Ségou et Sikasso, a constaté l’Amap. A chaque étape, la délégation a échangé avec les douaniers pour recueillir leurs difficultés et apporter les réponses idoines. « Mes collaborateurs et moi avons entrepris une visite de terrain de 4 jours qui a commencé dans la région de Kayes jusqu’à Sikasso, aujourd’hui, en passant par celles de Koulikoro et de Ségou. Nous sommes, ici, sur le terrain pour motiver davantage les agents des douanes que nous avons placés sur les chemins de la fraude avec comme mission de barrer la route à la fraude sauvage qui pollue l’environnement économique », M. Doucara. Récemment, les services douaniers ont opéré des saisies d’or, de devises et de produits pharmaceutiques de tous genres, dans le cadre de leur mission de lutte contre le trafic de ces produits. « Comme vous le savez, notre pays traverse des moments difficiles, notamment en termes de sécurité. Ce qui fait que la présence douanière se limite, pratiquement, aux seules régions du Sud. C’est justement pourquoi, nous avons estimé important de déployer des efforts supplémentaires sur les versants guinéen et mauritanien pour faire échec à cette source d’approvisionnement qui met en mal les recettes douanières », a analysé l’inspecteur général Mahamet Doucara. Et d’ajouter : « C’est dire que l’administration des douanes n’a pas que la mobilisation des recettes comme mission, bien que la plus prépondérante. Elle a, également, une mission de protection des consommateurs à travers diverses saisies de produits pharmaceutiques contrefaits,  d’or, d’alcool frelaté, de drogue de tous genres, de viande de volailles et autres aliments impropres à la consommation ». A Sikasso, dernière étape de cette tournée au pas de charge, Mahamet Doucara a précisé à ses hommes sur le terrain qu’il était venu « pour recueillir leurs difficultés, mesurer leurs performances et les encourager à persévérer ». « Les défis sont certes grands mais nous sommes résolument engagé à mener nos missions à bon port », a leur a-t-il dit. AC/MD (AMAP)   

La CMDT prévoit 38 milliards pour la construction de nouvelles usines en 2020

Bamako, 27 décembre (AMAP) La Compagnie malienne pour le développement des textiles (CMDT), a prévu 38 milliards pour la construction de nouvelles usines, en 2020, a appris l’AMAP lors de la 88è session du Conseil d’administration de la compagnie tenue, jeudi, à Bamako. Le budget 2020, soumis à l’examen de cette session, s’élève à 633 milliards de Fcfa, répartis en produits pour 297,300 milliards de Fcfa, en charges pour 298,935 milliards de Fcfa, et 38,292 milliards de Fcfa seront destinés à la construction de nouvelles usines d’égrenage. Ce qui fait un résultat net négatif de -1,635 milliard de Fcfa. « Ce résultat est dégagé sur la base d’une estimation assez prudente des prix de ventes de la fibre », a indiqué le président directeur général, Pr Baba Berthé, avant de poursuivre qu’il pourrait évoluer, de façon significative, en fonction des fluctuations des cours du coton sur le marché mondial. Le Conseil d’administration a, notamment, adopté les procès-verbaux des 86è et 87è sessions et le fait point d’exécution des recommandations de la 87è session. La session, dirigée par Pr Baba Berthé, s’est, aussi, penchée sur l’examen et l’approbation du budget 2020, du plan de passation de marchés, le financement de la campagne 2019-2020 et la situation de la campagne de commercialisation. En outre, le Pdg de la CMDT a précisé que ce projet de budget s’appuie sur des éléments factuels de la campagne 2019/2020, dont la production de coton graine est d’environ 691.300 tonnes. « Le budget tient aussi compte, a-t-il souligné, des cours mondiaux de la fibre de coton qui ont enregistré une baisse avec une moyenne de 903 Fcfa/kg pour l’indice A de Cotlook, alors que cette moyenne était de 1072 Fcfa/kg pour la campagne 2018/2019 et 1018Fcfa/kg pour celle 2017/2018, à la même époque ». M. Berthé a, par ailleurs, attiré l’attention des administrateurs sur l’augmentation du prix d’achat de base du coton graine, passé de 255 Fcfa/kg à 275 Fcfa/kg, soit une augmentation de 20 Fcfa/kg. « Ce point majeur a, fondamentalement, joué sur le niveau des charges qui sont constitués à plus de 67% par les achats », a-t-il soutenu. Selon lui, cette augmentation, très significative, découle de la volonté des acteurs de la filière de stimuler à partir d’un prix de base plus incitatif. Cette session du Conseil d’administration de la CMDT, a aussi, enregistré la présence du représentant du ministère en charge de l’Economie et des finances, de celui en charge des Investissements et de l’ensemble des administrateurs. Et, particulièrement, celle du représentant de la société Géocoton, Ibrahima Diack, venu partager son expérience, comme la relever le Pr Baba Berthé, à l’ouverture des travaux. MT/MD (AMAP)