Impact du Coronavirus sur l’Economie : Une commission en place pour proposer des solutions

Bamako, 31 mars (AMAP) Le Premier ministre, Dr Boubou Cissé, a réuni, mardi, les principaux acteurs du secteur privé pour discuter des dispositions à prendre pour faire face aux effets de la pandémie du Covid-19 sur l’Economie, très fragile, du Mali. Outre les ministres des départements concernés, on notait à la rencontre la présence du président du Conseil national du patronat du Mali (CNPM), Mamadou Sinsy Coulibaly et ceux des Chambres consulaires. Le chef du gouvernement a voulu cette réunion, pour que les uns et les autres puissent s’exprimer sur ce qu’ils pensent être les meilleurs moyens de sauver l’économie nationale. Selon le ministre de l’Industrie et du Commerce, Mohamed Ag Erlaf, l’initiative s’inscrit dans le cadre de la riposte nationale contre la pandémie du Coronavirus. « En attendant, a-t-il confié, des mesures ponctuelles de paiement de la dette intérieure ont été prises jusqu’à hauteur de 70 millions de Fcfa pour que l’économie nationale continue de fonctionner, malgré l’existence de la pandémie». A l’issue des débats, une commission a été mise en place pour traiter toutes les suggestions, afin qu’elles soient « transformées en mode opératoire et que nous trouvions la meilleure réponse aux questions qui ont été posées », selon Mohamed Ag Erlaf. Cette commission est composée de toutes les organisations faîtières. Elle sera pilotée par le ministère en charge de l’Industrie et du Commerce. « Dès aujourd’hui, cette commission se mettra à la tâche pour convenir rapidement des propositions de mesures qui seront consignées dans un plan d’actions précis », a indique M. Ag Erlaf. De son côté, le président du CNPM a expliqué que la rencontre visait à définir «les dérogations que le gouvernement peut accorder au secteur». Mamadou Sinsy Coulibaly a déploré l’arrivée cette crise sanitaire qui vient en rajouter aux difficultés du secteur privé et impacte déjà certains secteurs, comme l’hôtellerie. «Le secteur privé et le secteur public doivent réfléchir ensemble pour savoir ce qu’on peut réellement faire… Il faudrait trouver une solution dans laquelle tout le monde trouve son compte », a-t-il souhaité. Le  secteur privé réfléchira, aussi, à ce qu’il peut faire, selon le patron des patrons qui a tenu à lever toute équivoque : « Il ne s’agira pas simplement de demander des subventions ou autres à l’Etat. Ce n’est pas du tout ça !» Par ailleurs, le chef du gouvernement a informé ses interlocuteurs de la création d’un Fonds de solidarité spécial de lutte contre le Covid-19. ID/MD (AMAP)

Dans le secteur des transports, les mesures anti-covid-19 n’ont pas la cote

Par Babba B. COULIBALY & Cheick M. TRAORE Bamako, 31 mars (AMAP) En cet après-midi de dimanche, jour de mariage à Bamako, les rues étaient bien désertes.Comme sur les grandes artères de la capitale malienne, l’affluence habituelle des voyageurs n’était pas au rendez-vous dans les gares routières de Sogoniko. Au niveau de ce quartier général des compagnies de voyages terrestres, ils sont très peu nombreux, les transporteurs qui ont commencé à appliquer les mesures décrétées par le département des Transports et de la Mobilité urbaine. « Nous n’avons commencé à appliquer ni les mesures de distances d’au moins un mètre entre les passagers, ni la limitation à la moitié du nombre de place prévus sur la carte grise du véhicule », avoue Mamadou Sow, agent de la compagnie « Bani Transport». Le vendeur de billet, assis derrière le guichet, attire l’attention sur deux facteurs dont il faut nécessairement tenir compte. Il s’agit, selon lui, de l’augmentation des frais de transport et de la réduction du prix du litre du carburant. Face à la pandémie de la maladie à Coronavirus qui se propage à grande vitesse, le ministre des Transports et de la Mobilité urbaine a pris des mesures relatives au nombre de personnes dans les transports en commun et aux motocyclistes. Ces mesures applicables sur toute l’étendue du territoire national, à compter du 27 mars 2020, ont été prises compte tenu de l’évolution de la pandémie au Mali. En gros, elles demandent l’embarquement des passagers dans les bus, minibus (Sotrama notamment) et autocars, en tenant compte de la distance d’au moins un mètre entre les passagers, et la limitation à la moitié du nombre de places prévues sur la carte grise du véhicule. Ainsi, les taxis et les véhicules particuliers doivent transporter, désormais, trois passagers au lieu de cinq, y compris le conducteur. Le nombre est limité à un pour les engins à deux roues. Sur le terrain, l’application de ces mesures semble peu préoccuper transporteurs et usagers. Dans la circulation, le constat est alarmant. Rares sont les conducteurs de véhicules particuliers, de taxis, de Sotrama ou d’engins à deux roues qui souscrivent aux consignes données par le département en charge des Transports. Par contre, dans les gares routières, le lavage des mains au savon à l’entrée et la sensibilisation des passagers dans les cars sont en vigueur. « Les voyageurs se désinfectent les mains avec du gel hydro alcoolique, en montant dans le car et, avant le démarrage, nous les sensibilisons. Nous avons aussi adressé des correspondances à toutes nos escales pour l’adoption des gestes sanitaires et la sensibilisation par rapport au respect de ces mesures d’hygiènes », a-t-il assuré. A quelques marches de Bani Transport, siège la compagnie Diarra Transport. Là, les différentes mesures de protection contre le Covid-19 sont appliquées à la lettre. Contrairement aux autres jours de la semaine où cette compagnie draine du monde, sa gare était, cet après-midi, dépeuplée. Devant chaque guichet, des rectangles étaient tracés au sol et à l’intérieur desquels les passagers s’arrêtaient pour faire respecter la distance d’un mètre au moins entre eux. A l’intérieur des cars, ces mêmes mesures sont imposées. « Nous sommes en train d’appliquer les mesures comme il se doit. Nous exigeons des passagers de respecter, aussi, les consignes données », explique Mamadou Tembely, chef de gare Diarra Transport à Bamako. « Cette menace qui plane sur l’humanité est à prendre au sérieux. Nous mettons le minimum de passagers dans le car. Ce n’est pas du tout facile. Mais, nous essayons juste d’assurer le minimum de service. Ces mesures n’arrangent pas les transporteurs », confirme le responsable. Il demande aux autorités de venir en aide aux transporteurs. « Si l’Etat pouvait subventionner au moins la moitié du carburant, cela nous ferait plaisir. Nous ne pouvons pas augmenter le tarif, nous sommes obligés de nous en tenir aux anciens prix », s’alarme le chef de gare. Par contre, les conducteurs de taxis trouvent qu’ils ne sont encore prêts pour l’application de ces mesures. Pour cause, le risque de réduction drastique des recettes est trop grand. Avec ses collègues chauffeurs autour du thé, à la gare de Sogoniko, la journée ne semblait pas prometteuse pour Saliya Koné. « Nous appliquerons les mesures lorsque les propriétaires de véhicules accepterons de réduire leurs recettes et quand les vignettes seront annulées, sinon pas question », martèle le conducteur qui estime passer une journée noire. Même constat dimanche à l’autre côté du fleuve, au niveau de la rive gauche. Au niveau du boulevard du peuple (entre place Koro et l’Amap), principal centre d’attraction des minibus, une Sotrama en destination de Niamana Attbougou vient de se garer. Le véhicule est presque rempli de passagers. Certains se protègent la bouche et le nez à l’aide de masques ou du bout de leur fouloir. D’autres semblent ignorer l’existence et la force de contagion du Covid 19. L’apprenti fait monter à bord trois autres passagers, certainement pour compléter le nombre. Interrogé, le chauffeur du véhicule est catégorie : « Il faudrait plutôt sensibiliser les propriétaires de véhicules. Les recettes journalières n’ont pas changé, elles demeurent à 15.000Fcfa. Comment réduire le nombre de places dans ce cas ? Le mieux serait de dire aux propriétaires de véhicules de diviser par deux la recette. Ainsi, nous pourrons nous exécuter sans problème ». Au niveau de ‘Voxoda’, passent Sotrama et Dourounis qui rallient généralement les communes III, VI et celle du Mandé. Là, comme au niveau du rondpoint situé entre la Chambre de commerce, la mairie du district et le ministère de l’Education, c’est l’indifférence totale. Là, les Sotrama qui desservent les communes III et IV faisaient le plein, sous le regard indifférent des forces de l’ordre. BBC/CMT/MD (AMAP)

Marché du ciment au Mali : Une croissance de 5% en 2019

Bamako, 30 mars (AMAP) Le marché malien du ciment a enregistré au Mali une croissance de 5% en 2019, pour atteindre près de trois millions de tonnes, réalisant une forte progression de la production locale dans l’approvisionnement du marché. En De 750.000 tonnes en 2018, l’industrie malienne du ciment a injecté sur le marché 1.135.000 tonnes en 2019, soit une croissance de 51% d’une année à l’autre. Les trois cimentiers sénégalais (Ciments du Sahel, Sococim et Dangote), principaux fournisseurs du marché malien, ont globalement vu leurs ventes chuter de 13%, passant de 1.900.000 tonnes en 2018 à 1.660.000 tonnes en 2019. A l’inverse, la production locale a porté sa part de marché à 41%, contre seulement 28% en 2018. Trois sociétés de production sont présentes sur le marché. La plus ancienne est Diamond Cement, avec deux sites de production à Gangoterie (Kayes) et à Dio (Koulikoro). Son capital est contrôlé à 90% par le groupe indien Wacem SA. Le gouvernement y étant présent à hauteur de 10%. Sa capacité de production pourrait atteindre un million de tonnes par an. Le deuxième producteur est le groupe marocain Ciments de l’Afrique (Cimaf), installé à Diago, pour une capacité de 500.000 tonnes de ciment par an, extensible à un million de tonnes. La dernière venue est Ciments et matériaux du Mali, filiale à 95% de Sococim, le leader sénégalais du ciment. Sa production a démarré en septembre dernier. Elle vise une production de un million de tonnes par an. Avec la présence de ces trois industriels ayant fortement investi, au cours des dernières années, le marché malien du ciment espère atteindre l’autosuffisance dans les toutes prochaines années. Et permettre un approvisionnement régulier ainsi qu’une stabilité des prix fortement chahutée ces dernières semaines. YD/MD (AMAP)    

Point de courses en direct : Des parieurs scotchés malgré la suspension des courses hippiques françaises 

Par Oumar DIAKITE Bamako, 27 mars (AMAP) Le Pari mutuel urbain (PMU-Mali) a basculé des courses françaises aux sud-africaines et anglaises. En raison de la pandémie du Covid-19 ou coronavirus, les courses de chevaux sont suspendues en France, depuis le mardi 17 mars jusqu’au 15 avril 2020. Certes, l’affluence des turfistes s’est réduite dans les Points de courses en direct (PCD), mais des indécrottables sont-là. La Direction générale du (PMU-Mali) a, à cet effet, fait de telle sorte que les joueurs puissent continuer à prendre leurs paris, tous les jours, dans les PCD sur les courses sud-africaines et anglaises. Alors que les courses françaises attiraient davantage les parieurs dans les points de courses en direct à Bamako, les premières courses, après ce transfert, ont eu lieu, jeudi 19 mars 2020, dans les PCD du Mali. Ce jour, vers 9 heures 50mn, notre équipe de reportage est arrivée au PCD, au Dibidani. La grande salle des jeux est presque vide. Les cinq personnes, quatre hommes et une dame, tiennent chacun un programme des courses de la journée. « Il n’y a pas de courses aujourd’hui ? », nous nous adressons à eux. « Evidemment ! Les courses se disputent. Le départ de la première course est prévu à 10heures 25mn », réplique la bonne dame, sans lever la tête, très concentrée sur son programme de courses et en pleines discussions avec un homme assis à côté d’elle. Tout à coup, un monsieur faisant des va-et-vient nous indique les programmes. « Voilà les programmes déposés sur la table, vous pouvez vous servir », dit-il, en désignant du doigt les piles de documents. Au mur, sont fixés deux écrans de télévision, sur lesquels passe la retransmission de la préparation des chevaux de course. Après des indications, nous nous dirigeons vers le bureau du chef de l’agence du point de courses en direct. Nous toquons à la porte. Sans réponse. La porte d’un autre bureau. C’est celle de la salle VIP, climatisée et  réservée aux parieurs de première classe. Trois personnes s’y trouvent. La dame qui gère les ventes de tickets et le paiement des gains, un homme et une autre dame. Nous avons décliné notre identité à la guichetière assise dans un coin aménagé. Elle nous fait savoir que le chef d’agence viendra un peu tard. De leurs côtés, les deux autres turfistes se montrent discrets. « Nous ne nous exprimons pas sur les courses. On a rien à vous dire sur la suspension des courses françaises », nous lancent-ils sur un ton de dédain. Pour sa part, la guichetière choisit, aussi, le silence radio, notamment sur l’absence d’affluence dans la salle de courses en direct. Quelques turfistes font leur arrivée à notre sortie de cette agence. Nous coïncidons avec la première course de la journée, au PCD du siège du Pari mutuel urbain du Mali. Il y a de l’ambiance ici. Du brouhaha. Plus d’une cinquantaine de mordus de courses en direct sont dans la salle. Vieux, hommes et femmes tentent leur chance. Si certains parieurs se tiennent debout, d’autres ont pris place sur les bancs et quelques-uns se faufilent entre les allées. Au même moment, il y a des joueurs devant les guichets. Sur cinq tableaux, les écrans plats fixés au mur pour la projection des courses en direct, deux sont fonctionnels. Un bandeau, en rouge, affiche le message de la Direction générale du PMU-Mali : « Nous sommes désolés de vous informer que, suite à l’épidémie de Coronavirus, les courses françaises ont été suspendues jusqu’à ce que la situation s’améliore. Nous espérons vous retrouver très vite ! ». Des groupes, suivant leurs affinités, animent la salle en se taquinant. « On vous a dit que les courses en direct sont fermées non ? », s’adresse un jeune, dans la trentaine, à homme, en tendant de lui arracher le programme. La réplique de l’autre ne se fait attendre : « Comment peut-on fermer les points de courses en direct alors que notre survie en dépend ? ». Un peu plus loin, deux vieillards aux cheveux blancs, plaisantent. « Hé dogo ! », dit le premier au second, avec l’intention de tirer son boubou. Et au dernier de s’exclamer : « Qui est ton dogo ! Tu as une fuite de mémoire, je pense». ABSENCE D’INFORMATIONS –Soudain, c’est le grand silence. Tous les regards se dirigent sur les deux écrans émetteurs de la course en direct. C’est le démarrage de la course. Suspense, qui traduit, probablement, la nouveauté avec les courses sud-africaines et anglaises. Les numéros gagnants de cette première course de la journée à Turffontein, Afrique du Sud, sont en ordre d’arrivée : 10-7-8. Ce qui fait gagner 363 000 Fcfa. Visiblement, il n’y a pas beaucoup de gagnants dans la salle. Ça bourdonne par-ci, par-là. « J’ai gagné au placé numéro 10, je n’ai eu que 1000 Fcfa alors que j’ai misé 1200 Fcfa », confie un parieur, à la mine moins serrée que d’autres dans la salle. Il ajoute qu’il a eu peur de jouer sinon qu’il allait gagner plus d’argent. Un autre joueur se lamente au fond de la salle. « Le problème est qu’on ne maîtrise pas les courses sud-africaines. C’est ma première  fois de jouer à ces courses. Je suis contraint de tenter ma chance », argue-t-il. Malgré le reproche de la non maitrise des méthodes de calcul des courses non françaises qui est évoqué par tous, rien ne prouvait que ces parieurs videraient la salle. Mieux, elle se remplissait au fur et à mesure. « Les commentaires dans le programme des courses en Afrique du Sud ne contiennent pas d’informations auxquelles on peut se fier pour faire les calculs. Très généralement, aussi, ce sont de jeunes chevaux qui courent dans ce pays, contrairement en France. Moi je ne joue pas jusqu’à la reprise des courses françaises », dit un parieur. La Direction générale du PMU-Mali estime que c’est trop tôt pour s’exprimer sur la rentabilité des courses hippiques sud-africaines et anglaises. « C’est aujourd’hui (Ndlr, jeudi) que se tiennent les premières courses hippiques dans les PCD, après la suspension de celles de France. C’est peut être après un temps qu’on pourra être édifié », dit la responsable médias à la Direction générale du

Bars et boîtes de nuit : La fermeture durement ressentie par les promoteurs  

Bamako, 25 mars (AMAP) Depuis le dimanche dernier, les forces de sécurité patrouillent dans la capitale pour faire respecter la mesure gouvernementale de fermeture des bars et boîtes de nuits, dans le cadre de la prévention contre le covid19. Le Mali, qui n’entend pas baisser la garde face au coronavirus, a pris la décision de fermer les bars, boîtes de nuit et autres espaces de loisir pour éviter une éventuelle propagation de cette maladie. Cette mesure conservatoire a conduit certains opérateurs économiques privés à réduire leur personnel, voire à les mettre en chômage technique. Un tour à l’espace de loisir  «Petit coin» sur la route de Niamana, nous a permis de noter la grande morosité des lieux. Une jeune serveuse, assise à retourner les pouces, ne pouvait cacher sa frustration.  «Je pense que le gouvernement pouvait prendre d’autres mesures au lieu de fermer les bars et autres espaces de loisirs»,  dit-elle. Cette fermeture est durement ressentie par les propriétaires de bars, discothèques et autres espaces de détente qui vivent au jour le jour. C’est le cas de Moussa Théra, propriétaire d’un bar à Tabakoro. Désespéré de ne plus faire d’entrées d’argent, depuis que la mise en vigueur de la mesure d’interdiction, il ne compte que sur l’aide de l’Etat pour tenir le coup et pouvoir subvenir aux besoins de sa famille. Le propriétaire du bar-restaurant «Bafing», Ibrahim Souleymane Tounkara, commente la situation avec une pointe de désespoir.  «Je n’ai jamais vu ce genre de crise. Nous sommes obligés de respecter les mesures du gouvernement pour éviter la propagation du virus, mais nous avons des charges à assumer. J’emploie 15 personnes et je suis obligé de payer leur salaire à la fin du mois. Et on ne sait pas quand cette interdiction prendra fin», s’inquiète le propriétaire du «Bafing». Lui aussi souhaite des mesures d’accompagnement du gouvernement pour surmonter les difficultés. La fermeture des boîtes de nuit est une réalité dans la capitale. Au niveau du night-club «Ibiza», nous n’avons trouvé aucun interlocuteur. Un jeune trentenaire«maquisard», qui a requis l’anonymat, explique que c’est le chaos. Avant le night-club «Ibiza», notre interlocuteur s’était déjà rendu à la «rue princesse» à Hippodrome et au niveau d’autres boîtes de nuit, mais tout était fermé. On peut dire que les propriétaires de ces espaces de détente sont conscients des risques liés au coronavirus. Cependant, les propriétaires de certains bars et boîtes de nuit de Bamako ont maintenu leurs activités. Ils ont été contraints par les forces de sécurité à fermer. En effet, depuis la nuit du dimanche au lundi 23 mars dernier, le ministère de la Sécurité et la Protection civile a entamé une vaste opération pour faire respecter les mesures de prévention du Covid-19. A Bamako, la descente des forces de sécurité (police et gendarmerie) a permis d’interpeller des contrevenants, notamment des propriétaires de bars et discothèques. AS/MD (AMAP)  

Produits de première nécessité : Le niveau des stocks rassure

Par Aminata Dindi SISSOKO & Lassana NASSOKO Bamako, 24 mars (AMAP) Le coronavirus a ébranlé les habitudes sociales, culturelles, cultuelles, économiques, etc. Cela, à cause des mesures prises par les Etats pour faire face à ce «mal». Afin de limiter la propagation du virus, certains pays ont suspendu les vols internationaux. D’autres, comme la Côte d’Ivoire et le Burkina Faso, deux pays limitrophes du Mali, ont annoncé la fermeture des frontières terrestre, maritime et fluviale. Ces décisions pourraient avoir des effets négatifs sur la chaine d’approvisionnement de notre pays en produits manufacturés. Surtout que l’essentiel des produits que consomment les Maliens sont importés et passent par les corridors ivoirien et sénégalais. Des pays déjà infectés par le Covid-19. Le marché bamakois est-il suffisamment ravitaillé en denrées de première nécessité pour faire face aux mesures de restrictions consécutives au coronavirus ? Comment faire pour assurer l’approvisionnement régulier du pays en produits de première nécessité ? Sont, entre autres, questions qui taraudent l’esprit de nos concitoyens. Pour rassurer les uns et les autres, le ministre de l’Industrie et du Commerce, a rendu public un communiqué, le 19 mars dernier, qui indique : «A la date d’aujourd’hui, les stocks des denrées de consommation courante disponibles sur le marché sont supérieurs aux seuils d’alerte et les prix à la consommation n’ont pas été touchés par les effets de la crise sanitaire». Le communiqué ajoute que des mesures sont en cours pour garantir un approvisionnement régulier du pays en produits de première nécessité, notamment en prélude au mois de ramadan et de la période de soudure. Pour le directeur général adjoint du commerce, de la consommation et de la concurrence, Monzon Koné, il n’y a pas à s’inquiéter. «Les stocks de denrées de consommation courante disponibles sur le marché sont supérieurs aux seuils d’alerte»,  réaffirme M. Koné, tout en précisant que le stock disponible est reparti comme suit : 43.874 tonnes de riz pour un mois, 100.000 tonnes de sucre pour environ quatre mois, 4.000 tonnes de lait pour environ deux mois, 11.402 tonnes de farine pour trois mois, 6.679 tonnes d’huile alimentaire pour un mois. «Ce sont là des stocks disponibles chez les grossistes, les industriels et sous douane. Il y a aussi des stocks d’intervention de l’Etat, de sécurité et ceux de la CEDEAO», ajoute Monzon Koné. ACCOMPAGNEMENT DU GOUVERNEMENT – Interrogé, le président de la Chambre de commerce et d’industrie du Mali, Youssouf Bathily, confirme que les commerçants n’ont pas encore commencé à réellement sentir les effets de cette crise sanitaire. Car, il a été demandé aux importateurs d’éviter les pays touchés par le virus et de choisir d’autres destinations. Cependant,  Youssouf Bathily reconnaît que la fermeture des ports de Dakar, Abidjan, Guinée, Ghana, Cotonou, Lomé et Nouakchott pourrait poser des problèmes aux commerçants maliens. C’est pourquoi il sollicite l’accompagnement du gouvernement en cette période difficile. Au niveau des marchés, l’on se veut également rassurant. Un tour au marché Dabanani, l’un des points d’approvisionnement des commerçants et des ménages, suffit pour s’en convaincre. En plein cœur de ce haut lieu des échanges situé au quartier Bozola, en Commune II, une camionnette remplie de sacs de sucre est garée devant une boutique. Des jeunes sont en train de la décharger. Mamadou Diarra, commerçant, supervise les travaux. «Avancez tout droit. Ne vous précipitez pas. Suivez-moi », crie-t-il, guidant les porte-faix vers un couloir qui donne sur un magasin. Pensez-vous que le marché soit suffisamment approvisionné pour couvrir les besoins dans ce contexte de coronavirus et durant le ramadan ? Mamadou dit ne pas être en mesure de donner une réponse claire à cette question. Il est, par contre, sûr d’une chose. «Pour le moment, il n’ya aucune pénurie. Les prix des marchandises demeurent inchangés auprès des fournisseurs malgré le contexte», rassure le négociant. « On ne nous a pas dit si dans les jours ou mois à venir, ce ne sera plus le cas. Espérons que ça reste comme tel», ajoute-t-il. A quelques encablures de là se trouve une boutique de lait et de sucre. Karim Tangara en est le gérant. Il faisait ses ablutions au moment de notre arrivée. Chapelet au cou, Karim se prête à nos questions après avoir fini ses ablutions. Son visage souriant se mue en un regard inquiet lorsqu’il entend le mot coronavirus. Il répond : «aucun manque n’est à déplorer ici. Même hier, on a déchargé ici quatre tonnes de sucre. Jusqu’au mois de ramadan, je ne manquerai de rien». Par ailleurs, le jeune homme dit avoir constaté que les prix ont commencé à grimper. Il en veut pour preuve, le prix du sac de lait qui a augmenté d’au moins 2.500 Fcfa, il y a environ deux semaines de cela. « Peut-être que c’est une simple coïncidence et que cela n’a rien à voir avec le coronavirus », nuance Karim Tangara. Qui se dit tout de même inquiet, «même si les autorités assurent qu’aucun danger ne se profile à l’horizon et que le marché a de quoi satisfaire les demandes de la population». SOLIDARITE – Plus loin, trois hommes sont en grande discussion sur un banc. A côté, une théière posée sur un fourneau rempli de braises répand une odeur agréable. Madou Coulibaly est l’un d’eux. D’un ton railleur, il n’hésite pas à dénoncer ce qu’il appelle la course à l’accumulation des stocks à laquelle s’adonnent certains commerçants du marché Dabanani. « Ils (les spéculateurs) pensent que bientôt il y aura un manque des produits. Ils achètent tout : sucre, lait, farine. En grande quantité», confie-t-il. A l’en croire, cette stratégie commerciale est utilisée, en prévision d’une situation de pénurie en denrées de première nécessité. Madou Coulibaly redoute une telle éventualité. Pour lui, les commerçants n’hésiteront pas à augmenter les prix des marchandises qu’ils ont obtenues auparavant à des prix bas. « Nous n’allons pas nous livrer à ce jeu. Entre Maliens, on doit être solidaires. Surtout dans les moments difficiles», conseille Madou. Contacté, l’ancien directeur général du commerce à la retraite, Modibo Keïta, affirme que ces mesures prises vont perturber la chaîne d’approvisionnement. Il faudra,

Pandémie de coronavirus : L’inquiétude monte chez les commerçants maliens

Reportage de Lassana NASSOKO Bamako, 18 mars (AMAP) Jusque-là, le Mali n’a enregistré aucun cas de coronavirus, mais plus les jours passent, plus l’inquiétude monte chez les commerçants. Pour s’en convaincre, il suffit de faire un tour au marché Dabanani où, nombre de vendeurs craignent l’épuisement de leurs stocks, alors qu’ils ne peuvent pas se rendre en Chine, en ce moment, à cause du Covid-19. Ici, les négociants que notre équipe de reportage a rencontrés, lundi, sont unanimes : la pandémie du coronavirus commence à se faire sentir dans le monde des affaires. Aujourd’hui, une question est sur toutes les lèvres au marché Dabanani : que se passera-t-il, dans deux ou trois mois, si cette maladie pandémique n’est pas maîtrisée ? Pour l’heure, comme d’habitude, au centre commercial de Bamako, on constate l’affluence. Des clients massés devant des articles dans des charrettes ou devant des magasins. Partout, les mouvements incessants des commerçants ambulants qui vantent la qualité de leurs marchandises. Devant une boutique de téléphones, des jeunes discutent. Boubacar dit ‘Chinois’ est l’un d’eux. Ce jeune homme, la trentaine révolue, a fait plusieurs fois le voyage en Chine, bien avant l’apparition et la propagation fulgurante du coronavirus. Lui et trois camarades ne cachent pas leur inquiétude. Depuis janvier, ils sont sans nouvelle de la cargaison de batteries qu’ils ont commandée. La raison ? La pandémie du Covid-19 a paralysé le fonctionnement des usines de fabrication. Les mesures de confinement des populations, prises par les autorités chinoises, ont plombé la production industrielle. «Nous savons que les activités ont maintenant repris timidement en Chine, mais la demande dépasse largement l’offre», explique ‘Chinois’. PRIERES – Assis sur une chaise haute, Diagouraga, vêtu d’une chemise wax, vend des panneaux solaires et des ventilateurs. Que pense-t-il du Covid-19 ? Le quadragénaire commence d’abord par des prières. «Quelle maladie destructrice qu’est le coronavirus !», s’exclame-t-il, la mine et la voix exprimant son inquiétude. Son souci est qu’il ne parvient plus à se procurer des ventilateurs de type TMC qu’il importait de Chine et d’autres pays asiatiques. «Regardez dans ma boutique, il n’y a plus cette marque depuis un mois. Et c’est introuvable sur le marché. Pour la majorité des clients, c’est la meilleure qualité en période de chaleur», se lamente le commerçant. A quelques mètres de là, une autre boutique. Là, on ne vend que des motos Djakarta. Des caisses contenant des motos en pièces détachées sont superposées les unes sur les autres dans le magasin. Derrière un comptoir, un homme au regard vif. Sous couvert de l’anonymat, il se dit être tout simplement anxieux. « Comment ne pas l’être si vous peinez à faire des commandes ? », s’interroge-t-il. A côté de lui, un autre commerçant ne semble pas s’intéresser à la conversation, absorbé par ses comptes. L’homme plonge le nez dans un registre qu’il n’arrête pas de feuilleter. Plus loin, deux jeunes proposent des marchandises exposées sur des charrettes. Ce sont des vendeurs de chaussures. Ils redoutent aussi la diminution des stocks. A les entendre, ils n’ont plus de nouveautés à offrir ou à montrer aux clients. Ils ont remarqué que depuis plus d’un mois, leurs fournisseurs chinois ne viennent plus au marché. Du coup, ils assistent, impuissants, à l’épuisement progressif de leurs stocks. Là où le bât blesse, c’est que les deux vendeurs constatent que les prix de certaines chaussures augmentent, légèrement, auprès de certains fournisseurs locaux qui ont en leur possession une grande quantité mais préfèrent tirer profit de la situation de pénurie qui se dessine, actuellement, sur le marché. LN/MD (AMAP)

Douanes : Saisie de basin caché parmi des effets personnels

Bamako, 17 mars (AMAP) Les douaniers de la Brigade mobile d’intervention (BMI) de Bamako ont saisi,  dans la nuit du lundi au mardi dernier, 54 pièces de basin de qualité « Getzner » dans deux fûts en plastiques cachés parmi des effets personnels venus d’Europe. Sur le marché local, ces pièces que transportait un camion chargés d’objets divers, valent une vingtaine de millions de Francs Cfa. A la découverte de la marchandise importée en contrebande, le chef de la BMI, l’inspecteur des douanes Toumani Diallo, a instruit son équipe de conduire le camion au bureau, à Faladiè, pour une fouille approfondie. La fouille a permis de découvrir une importante quantité de produits pharmaceutiques dont plusieurs boites sont déjà ouvertes et d’autres colis contenant des bouteilles de liqueur. En dehors des basins, des médicaments et des bouteilles d’alcool, la cargaison contient, également, des produits alimentaires variés qui ne sont accompagnés d’aucun certificat dûment délivré par les services compétents « Nous sommes en présence d’un cas emblématique de fraude et commerce illicite de produits dangereux pour l’homme », a expliqué l’agent des douanes en charge du dossier. Généralement rassemblés dans une barrique plastique ou dans des cartons bien emballés, ces effets personnels sont censés être sans grande valeur marchande. A ce titre, les droits de douane sont calculés sur la base d’un forfait, et au gabarit du contenant. Les services de répression ont constaté que ce mode de transport d’effets personnels est utilisé par de contrebandiers professionnels qui transportent, ainsi, des marchandises à forte taxation douanière pour échapper à la réglementation douanière. Cette saisie de basin, intervient quelques mois après une autre saisie de basin d’une valeur de plus de 200 millions de Fcfa. AC/MD  (AMAP)

Poisson fumé ou séché : La sécurité sanitaire sujette à caution

Par Anne-Marie KEITA Bamako, 12 mars (AMAP) Les conditions de transformation et de conservation du poisson fumé ou séché laissent à désirer. L’hygiène est le cadet des soucis de nombre des acteurs de la filière. Pour ne rien arranger, il y a aussi l’utilisation de produits chimiques non homologués.Un tour sur les différents marchés de Bamako a permis de constater les conditions de vente de ce produit alimentaire tant sollicité par nos ménagères. Au Grand marché de condiments de Bamako, le poisson fumé et séché est exposé dans les cartons et à même le sol pour attirer la clientèle. Un peu partout, dans ce marché, les vendeurs installés en rangs dispersés vous propose un produit dont eux-mêmes ne maîtrisent pas la qualité. On note, rapidement, les mauvaises conditions de conservation et de vente du produit. Interrogé sur la conservation, Adama Diallo explique que sa marchandise provient de Mopti, mais, ignore pratiquement les conditions de transport. A ses dires, le poisson fumé arrive déjà infesté d’insectes et dans un état perceptible de dégradation. « Pour ne pas perdre notre bénéfice, nous le vendons tel quel », affirme-t-il. Non loin de ce vendeur, se trouve installé une dame. Elle s’appelle Alima Koné, également vendeuse de poisson fumé. On remarque, à vue d’œil, l’état poussiéreux de son produit avec les larves d’insectes. Fataliste, elle affirme ne rien maîtriser de la transformation et de la conservation du poison fumé et estime que la poussière et les infestations n’ont pas d’effets sur la santé puisque le poisson est d’abord cuit avant sa consommation. Spécialiste du fumage, Ramatou Bagayoko exerce ce métier depuis plus d’une dizaine d’années. Cette dame explique que le fumage et le séchage du poisson passent par plusieurs processus. Selon elle, pour avoir un bon poisson fumé et séché, il faut d’abord disposer de moyens adéquats de transformation tels que des fours, des séchoirs et accessoires. Aussi, il faut que le poisson à fumer soit de bonne qualité et non pas à l’état de putréfaction. Notre interlocutrice regrette que, très généralement, certains pêcheurs ou personnes chargées du fumage choisissent les poissons en état de putréfaction. Et certains utilisent des produits non conformes à la règlementation au plan national. Le poisson de mauvaise qualité, même bien fumé et séché, n’aura pas un goût agréable, ni de valeur nutritive et ne peut pas être conservé plus longtemps. Notre spécialiste affirme avoir reçu une formation dans le domaine. Elle explique que le séchage est une technique qui vise l’élimination de l’eau du poisson par évaporation en vue de réduire le taux d’humidité et baisser les chances de survie des bactéries. Quant au fumage, il consiste à réduire l’humidité du poisson par un feu et l’entretenir dans la fumée pour être séché. Ramatou Bagayoko explique qu’au cours de la transformation et de la conservation ou la mise sur le marché, le poisson peut subir les détériorations majeures de sa qualité nutritive et commerciale. Des infestations par les larves d’insectes, dont les mouches et les coléoptères, peuvent causer des pertes colossales sur la valeur marchande du poisson fumé et séché. Cette thèse est soutenue par notre premier interlocuteur Adama Diallo. La plupart des transformatrices et vendeurs interrogés sur la transformation et la conservation du poisson, ignorent que des produits comme des pesticides sont utilisés sur le poisson fumé et séché. Mais tous ont conscience qu’un pesticide peut avoir des effets préjudiciables sur la santé humaine. Selon une enquête réalisée par l’Association des consommateurs du Mali (ASCOMA), en 2015, sur la conservation du poisson fumé et séché, et dont nous nous sommes procurés une copie, le marché du District est approvisionné à partir des marchés d’autres régions particulièrement celle de Mopti, mais, aussi à partir des marchés de Dakar et de la Mauritanie en ce qui concerne le poisson de mer. Selon le même rapport, pour 20% des enquêtées, la méthode la plus courante de préservation du produit passe par un traitement du stock. 69% pensent que le poisson fumé est la catégorie la plus attaquée par les parasites. 76% des réponses fournies mettent en évidence la méconnaissance des produits chimiques utilisés dans la conservation du poison transformé. Cette méconnaissance des effets nocifs de l’utilisation des pesticides dans cette filière est source de danger pour le consommateur. La pratique des techniques traditionnelles de transformation du poisson frais en poisson fumé et séché s’explique, selon le directeur national adjoint de la pêche, Alhousséyni Sarro, par la nature périssable du produit, l’absence d’une chaîne de froid (glace, chambre froide), la lenteur des moyens de déplacement, l’enclavement des zones de production et le manque de moyens de conservation. « Ce sont là, autant de facteurs qui obligent le pêcheur à recourir à la transformation par le séchage et le fumage », a-t-il ajouté. La transformation est une alternative de premier choix pour remédier au problème de conservation du poisson frais. « Le poisson qu’on arrive pas à vendre frais, on le transforme rapidement en poisson fumé et séché pour pouvoir le vendre », a expliqué M. Sarro. Pour lui, la problématique du poisson transformé vient du fait que les producteurs ne respectent pas certaines normes d’hygiène. C’est à cause de cela que les avaries sont plus fréquentes. A ces difficultés, s’ajoutent le manque de formation des acteurs à mieux transformer et le manque d’équipements. Le directeur national adjoint de la pêche, pense que pour avoir une bonne qualité de poisson fumé et séché conservable, il faut d’abord former les acteurs de la chaîne de transformation, fournir des moyens adéquats de transformation et de conservation (fours et séchoirs adaptés). Pour la conservation de longue durée, Alhousséyni Sarro, ingénieur vétérinaire d’élevage, a souligné qu’il existe des produits homologués, par le ministère de la Santé et celui de l’Elevage et de la Pêche, pour que le poisson ne soit pas infesté par les insectes. La structure d’encadrement appelée « Opération pêche » s’occupait de ce processus. Ces produits pour le traitement du poisson fumé et séché autorisés par l’arrêté interministériel n°89-2459/MEE/MSPAS sont le K-Othrine 25 mg, et l’Actellic 50 mg. M. Sarro indique

Sous-produits d’abattage : Un business rentable

Reportage : Marian F. DIABATE Bamako, 05 mars (AMAP) Sur un grand espace longeant la Route nationale  (RN7), à quelques kilomètres du grand virage de Sirakoro Méguetana, Moussa Sow, 35 ans, semble s’accommoder parfaitement de l’odeur infecte des restes d’abattage et des essaims de mouches qui pullulent. Après tout, c’est son lieu de travail. Ici, des queues de vaches suspendues à des structures en bois surplombent des monticules de cornes qui jonchent le sol. Sa journée de travail commence par un geste simple : dévoiler les «collines de cornes» recouvertes de bâches. Si le décor est fait d’une hygiène répugnante, à cause de l’odeur nauséabonde et les nuées de mouches, l’activité, elle, d’un point de vue «économique» est assez rentable. Ce n’est certainement pas Sow qui soutiendra le contraire. Depuis deux décennies, il exploite les cornes, poils de queues, mâchoires… Un business qui lui permet de relever le défi du chômage. « C’est dans le commerce de cornes que je suis connu. Il n’y a pas de sot métier», affirme-t-il, occupé à vérifier l’état d’un amas de cornes se distinguant des autres par sa couleur blanche. Le commerce de sous-produits d’abattage pour ce trentenaire est une activité à laquelle il était prédestiné, lui qui est fils de boucher. «Un beau jour, nous raconte-t-il, sur son lieu de travail, un ami qui m’a emmené des étrangers qui avaient besoin de cornes en quantité ». « Je suis fils de boucher, c’est la seule raison pour laquelle, on m’avait présenté ces Blancs», ironise-t-il. Mais à l’époque, notre interlocuteur n’avait aucune idée de ce qu’on pouvait gagner dans le commerce de cornes. C’était il y a 20 ans. «Je suis allé à l’abattoir de Sabalibougou-Courani. A l’époque, les cornes ne se vendaient pas, mais, dès que j’ai parlé de mon projet, ils m’ont vendu un tas à 50.000 Fcfa. Sa revente m’a rapporté un gros bénéfice. C’est après cela que, j’ai pris goût à l’activité», nous explique-t-il. Depuis ce jour, Moussa, natif de Mopti s’approvisionne en cornes à l’abattoir de Sabalibougou où il achète les deux types de cornes : les fraîches qui datent de peu de temps et les pourries. «On me cède la paire de cornes fraîches à 175 Fcfa», confie-t-il, ajoutant qu’il revend la même paire à 400 Fcfa, alors que celle en décomposition est cédée entre 200 et 250 Fcfa. Aux grossistes, il écoule le chargement de moto tricycle à 20.000 Fcfa, alors qu’un chargement de minibus-sotrama coûte 75.000 Fcfa. Si Sow est un fin connaisseur des cornes fraîches, il n’en sait pas autant sur les «décomposées» auxquelles il s’est intéressé, il y a seulement trois ans. Il affirme être un peu novice en ce qui concerne les «décomposées». «Je ne les achète pas au même prix que les cornes fraîches. Je préfère, d’ailleurs, les acheter à l’état frais. J’assure la décomposition, en les arrosant, matin et soir, pendant 15 jours durant la saison sèche, mais, pendant l’hivernage, deux pluies suffisent pour les décomposer», explique-t-il Qui sont les clients et à quoi servent ces produits, dont peu de personnes connaissent l’importance ? Pour Moussa, ce sont des Maliens. «Ils s’en servent comme engrais dans les champs et les vergers. Mes clients soutiennent que les cornes procurent un goût spécial aux fruits. En marge du commerce des cornes, notre trentenaire s’intéresse également au business des testicules de bœufs qu’il appelle «kôti-kôti» (animelles ou rognon blanc), aux queues de bœufs et d’autres abats, qu’il achète à l’abattoir de Sabalibougou-Courani. Pour le «kôti-kôti», l’unité coûte 150 Fcfa. Cet abat est prisé, selon lui, par les restaurants togolais, béninois, nigérians, camerounais et même maliens. Sow leur cède l’unité entre 200 et 350 Fcfa. «J’achète, également, la queue de bœuf à 600 Fcfa. J’enlève la viande et fais sécher les poils que je revendrai entre 125 et 200 Fcfa le kilo», nous explique-t-il. Ajoutant que la queue est utilisée comme un instrument traditionnel de nettoyage dans les boutiques. Quant aux autres os comme les mâchoires, le contenu des cornes et bien d’autres, le commerçant de sous-produits d’abattage affirme qu’il les brûle avant de les vendre. «Réduits en poudre, ils servent d’ingrédients pour la fabrication d’aliment bétail et de craie», indique-t-il. Il vend le sac de 100 kg à 1000 Fcfa. Pour Moussa Sow, l’un des défis de ce métier est le manque de fonds surtout au démarrage de l’activité. «J’ai souffert le martyr à cause des difficultés liées au processus de décomposition des cornes. Cela nécessite qu’on achète des équipements, des produits qui sont chers. Il vaut mieux y être préparé avant de se lancer», conseille-t-il. Moussa Sow nous confie qu’il vit de ce métier. «C’est grâce à cela que je me suis marié, que je nourris ma famille. Et j’ai pu acheter une terrain et construire ma propre maison», témoigne-t-il, en rendant gloire à Dieu. Dans l’avenir, notre interlocuteur ambitionne de créer son entreprise. Il souhaite embaucher les jeunes sans emploi, afin de relever le défi du chômage au Mali. Pour Moussa Fané, un de ses employés, ce métier est sa seule passion. Il est infatigable. C’est la motivation de son patron qui l’a incité à faire ce travail. MFD/MD (AMAP)