Aurlus Mabélé : Un propulseur du Soukous

Bamako, 24 mars (AMAP) Le chanteur congolais, Aurlus Mabélé, décédé le jeudi 19 mars, à l’âge de 67 ans, des suites de la contamination au coronavirus, a propulsé le «Soukous», pendant 30 ans d’une carrière record et sur deux générations de fans. Il est l’auteur de tubes qui sont dans la mémoire collective populaire, comme «Africa Mousso», «Femme ivoirienne», «Embargo», «Betty», «Asta De», «Loketo», «Vacances aux Antilles», «Sans frontières», «Waka Waka», etc. Il aura vendu plus de 10 millions d’albums dans le monde et aura contribué à faire connaître le «Soukous» hors des limites du continent africain. Accompagné par de guitaristes talentueux, Aurlus Mabélé a fait danser toute l’Afrique, toute la Caraïbe, sur des musiques et des rythmes typiques du «soukous». Il se battait déjà depuis plusieurs années contre la maladie avant l’arrivée de cette pandémie. Mais la nouvelle de son décès a provoqué une grande tristesse chez les mélomanes maliens qui ont, pour la plupart, découvert la musique du chanteur dans les années 1980. Il s’était produit à plusieurs reprises à Bamako avec son groupe Loketo. De son vrai nom Aurélien Miatsonama, Mabélé est né à Brazzaville en 1953 dans l’agglomération cosmopolite de Poto-Poto. Etudiant, il aborde la musique dans les années 70, marquées par la floraison d’orchestres, de chansons et de nouvelles danses. C’est la période où beaucoup d’adolescents, longtemps tributaires de l’influence des grands orchestres, vont chercher une voie pour de nouveaux styles. En 1974, ensemble avec ses compatriotes tels que Mav Cacharel, Jean Baron, Pedro Wapechkado et autres, Aurlus Mabélé crée le groupe Ndimba Lokole. Il se confirme comme parolier qui évolue sur des thèmes sciemment instaurés pour plaire aux jeunes. De Brazzaville, Aurlus Mabélé atterrit à Paris pour les études, mais c’est la musique qui l’emportera. En 1986, il fonde avec Diblo Dibala et May Cacharel le groupe  «Loketo». Il devient l’un des chefs de file du «Soukous», qui n’est autre qu’une variante plus rapide, avec l’apport de sons sortis de synthétiseurs et boîtes à rythmes, de la rumba congolaise des années 50, 60. Dans les années 1990, Mabélé apportera une touche antillaise à sa musique, ce qui lui vaudra de connaître un certain succès aux Antilles, à l’instar d’un autre groupe congolais plus ancien, Les Bantous de la Capitale. YD/MD (AMAP)

Kenny Rogers : L’un des interprètes de «We are the world» s’en est allé

Bamako, 24 mars (AMAP) Le chanteur de country, Kenny Rogers, est décédé à son domicile, vendredi 20 mars, à l’âge de 81 ans. «Rogers s’en est allé paisiblement (…) de mort naturelle, accompagné par des soins palliatifs et entouré de sa famille», a annoncé cette dernière dans un communiqué. La star était originaire du Texas et connue pour une série de tubes comme «The Gambler», «Lucille» et «Islands in the Stream». Rogers a investi son temps et son argent dans de nombreuses autres activités au cours de sa carrière et avait une grande passion pour la photographie qui l’a mené à plusieurs livres, ainsi qu’à une autobiographie, «Making It With Music». Il a également été impliqué dans de nombreuses causes caritatives, parmi lesquelles la Croix-Rouge et MusiCares et a fait partie de l’enregistrement de «We are the World», un morceau chanté par des stars américaines pour venir en aide aux victimes africaines de la faim en 1985. Sa carrière avait commencé à la fin des années 1950 et il était rapidement devenu une référence dans le rockabilly, jazz et d’autres genres qu’il réinterprétait dans son style country. Ses tubes ont occupé 24 fois la tête du hit-parade et ce membre du «Country Music Hall of Fame» avait remporté six «Country Music Awards». Ses douces ballades et ses incessantes tournées lui avaient valu une réputation d’artiste pop grand public, notamment à travers ses réinterprétations de chansons de Noël. Kenny Rogers avait accédé à la célébrité grâce à ses duos avec la chanteuse country Dolly Parton et ses apparitions dans des films au cinéma et à la télévision, comme dans l’émission The Muppet Show. L’artiste, né à Houston avec la voix rauque et la barbe d’argent, a vendu des dizaines de millions de disques, remporté trois Grammys et a été la star de téléfilms basés sur «The Gambler» et d’autres chansons, ce qui a fait de lui une superstar dans les années 70 et 80. Rogers a prospéré pendant environ 60 ans, avant de prendre sa retraite en 2017 à l’âge de 79 ans. Malgré son succès historique, il a toujours préféré être considéré comme un chanteur country. «Soit vous faites ce que tout le monde fait et vous le faites mieux, soit vous faites ce que personne d’autre ne fait et vous n’invitez pas à comparer», avait déclaré Rogers à l’Associated Press en 2015. YD/MD (AMAP)  

Mesures contre le coronavirus : C’est la déprime chez les acteurs culturels  

Par Amadou SOW Bamako, 19 mars (AMAP) Dans le milieu des acteurs culturels maliens, l’heure est à la déprime après les mesures prises par le gouvernement contre la pandémie du Covid-19. Parmi ces mesures, qui contrarient les artistes et autres opérateurs culturels, figurent l’interdiction des événements culturels et toute activité populaire à caractère festif comme les concerts, les festivals, les émissions grand public pour les chaines de télévision. Les acteurs culturels réclament au gouvernement des mesures d’accompagnement pour leur permettre d’éviter la faillite. La question était au centre d’une rencontre organisée, lundi dernier, par la Fédération nationale des artistes du Mali (FEDAMA). Les artistes se plaignent du fait que plus d’une trentaine d’événements étaient programmés comme le Festival international «Les Nuits du Wassulu», mais qui ont été annulés à cause de cette situation. Abdoul Berthé, le promoteur du festival international «Les Nuits du Wassulu» a du mal à encaisser le coup. «Nous avons été obligés de reverser l’argent que nous avions reçu des partenaires car notre festival est tout simplement annulé. Après cette période, c’est la campagne pré hivernage qui se prépare, ce qui nous oblige à annuler l’activité car elle est organisée dans une zone agricole», explique-t-il, ajoutant que sa structure a mis environ 16 millions de Fcfa dans la campagne de communication et autres activités préparatoires. Le directeur du Festival de Sélingué (un des plus grands festivals au Mali), se trouve dans la même situation. Salif Telly estime que les pertes sont énormes pour sa boîte. «Nous avons travaillé pendant toute une année pour mettre en place notre activité. C’est un coup dur aussi bien pour les organisateurs que pour les artistes. C’est difficile, pour le moment, d’évaluer les pertes car plusieurs millions sont déjà investis pour l’organisation», dit-il. Après l’annulation de l’activité, la direction du Festival de Sélingué doit faire face maintenant au problème de gestion des contrats avec les prestataires. Parmi les événements culturels frappés par les mesures gouvernementales, on peut citer aussi le Festival « Holà Bamako », le Festival « Ecrans d’Afrique », le concert géant de Salif Keita, le Festival « Vivre ensemble à Tombouctou », le Festival « Hippo ». Sans compter les programmations nationales et internationales de Blonba. Pour Aly Castro, organisateur du Festival « Holà Bamako », plus de 4 millions de Fcfa ont été déjà dépensés dans les affiches et les préparatifs. L’Institut français du Mali a également annulé plusieurs activités programmées. On retrouve l’information sur le site officiel et la page Facebook de l’Institut. Parmi ces activités, on peut retenir le Festival international de Slam et humour, le Festival FISH, le concert de Amadou Bagayoko et Mariam Doumbia. L’Institut français du Mali envisage de rembourser ceux qui avaient déjà payé leur réservation. Le président de la FEDAMA, Alioune Ifra N’Diaye, pense qu’il faut créer un fonds d’urgence pour venir en aide aux acteurs culturels pris au piège du coronavirus. Selon lui, les artistes et les opérateurs culturels ont connu le même sort en 2013 avec l’état d’urgence. «Ils ont perdu énormément d’argent et des contrats qui ont été résiliés avec les partenaires potentiels », rappelle-t-il, ajoutant qu’après la diffusion de la lettre circulaire du ministère de la Culture par rapport au report et à la suspension des activités culturelles et artistiques, la FEDAMA a saisi les artistes pour évaluer les pertes et proposer au gouvernement un plan de remboursement pour permettre au monde de la culture de survivre à la pandémie du coronavirus.   Dès la semaine prochaine, la FEDAMA compte adresser une correspondance au gouvernement pour demander de mettre en place un fonds d’urgence pour le remboursement des activités, dont le montant est estimé à environ 1,230 milliard de Fcfa. «Cette somme va permettre à la FEDAMA de rembourser les artistes et les organisateurs des événements culturels», annonce Alioune Ifra N’Diaye.   Lundi dernier, aux environs de 20 heures, notre équipe de reportage a fait le tour de certaines structures qui accueillent les événements culturels. Au palais de la Culture Amadou Hampâté Ba, c’était le calme plat. Le directeur Abdoulaye Diombana estime que le gouvernement a bien fait de prendre des mesures préventives contre le coronavirus. «Depuis l’annonce de la décision, nous avons annulé ou suspendu plusieurs de nos activités, notamment les prestations de l’Ensemble instrumental national qui avait trois programmations pendant ce mois de mars. C’est une perte énorme en termes de budget, mais une avancée importante dans la prévention contre le Covid-19», soutient-il. Mme Coulibaly Fadima, directrice de la Pyramide du souvenir, confirme que toutes les activités programmées au niveau de sa structure ont également été annulées suite à la lettre circulaire du ministère de la Culture. Cependant, malgré l’interdiction, certains opérateurs ont maintenu leurs activités. C’est le cas du Festival international Didadi de Bougouni. Pour les organisateurs, il était trop tard pour faire machine arrière. Ils disent avoir, tout de même, respecté les consignes données par les services sanitaires. AS/MD (AMAP)

Exposition : « Inaudible », la femme qui se bat pour les hommes  

Bamako, 17 mars (AMAP) La galerie d’art contemporain de Bamako ou «Art Galerie» présente, du 14 mars au 30 avril prochain, l’exposition intitulée «Inaudible» de l’artiste plasticienne, Mariam Ibrahim Maïga,  dont le vernissage s’est déroulé, le weekend dernier, à Baco Djicoroni, en présence de plusieurs opérateurs culturels et artistes. L’exposition, «Inaudible», gratuite et ouverte au public, du mardi au samedi, de 13 heures à 18 heures. L’artiste, bien connue pour la qualité de ses productions, dénonce ce qui est devenu, aujourd’hui, tabou pour les hommes face aux femmes. Sur le revers d’une affirmation de l’estime de soi féminin, l’artiste lance un cri du cœur aux hommes qui ruminent en silence leur souffrance. Ces œuvres renvoient ainsi à penser aux droits des hommes. Les tableaux de Mariam Ibrahim Maïga décrivent  le contexte actuel de notre société, tout en mettant en évidence les stéréotypes sur les violences contre les hommes par leurs compagnes. «Pourquoi tant de cruauté, de haine, de mépris. Nous sommes tous des humains et méritons de vivre en paix»,  est le message que l’artiste veut véhiculer à travers cette exposition. Environ une quinzaine de tableaux qui expriment les violences faites aux hommes. Contrairement à plusieurs artistes féminines qui travaillent sur les violences faites aux femmes, Mariam Ibrahim Maïga pense que les hommes sont aussi, souvent, violentés par leurs compagnes. Mais, ils n’ont pas le courage de le dénoncer. «Donc, en tant qu’artiste engagée, j’ai décidé, dans le cadre de la célébration du 8 mars, d’évoquer cette préoccupation des hommes», a-t-elle soutenu. Selon l’artiste, «Inaudible» est aussi une invitation à l’introspection, à la franchise et, par la suite, à une corrélation entre la femme et l’homme. Mais c’est, également, une exhortation à la prise de conscience et à la valorisation féminine, non seulement à travers la reconnaissance des capacités réciproques, le respect du rôle et de la place de tout un chacun dans la société mais, aussi, à l’éveil des consciences sur un aspect qu’on évite d’aborder. Mariam Ibrahim Maïga est une artiste plasticienne, originaire de Gao. Très vite, elle comprend que sa destinée est de devenir artiste. Ce qui l’amène à s’investir, à l’âge de 12 ans, dans la création à travers des dessins. Diplômée du Conservatoire des arts et métiers multimédia Balla Fasseké Kouyaté, elle  commence sa carrière professionnelle en 2012. Elle est, aujourd’hui, promotrice  de Siif Arts et Tim Art. L’artiste a, à son actif, plusieurs expositions nationales et internationales, notamment «Sous le manteau islamique», «Indépendance», « Je me libère et j’évolue», «Ame de mérite». Elle a, également, participé à plusieurs ateliers et résidences de créations régionales. AS/MD (AMAP)

Réhabilitation du Tombeau des Askia : La Fondation Aliph finance pour plus de 300 millions de Fcfa  

Bamako, 17 mars (AMAP)  Le projet de réhabilitation du site du Tombeau des Askia, cofinancé avec l’Etat malien et l’Alliance internationale pour la protection du patrimoine dans les zones en conflit (Aliph) qui va mobiliser 500.000 dollars, soit environ 300 millions de Fcfa, a été solennellement lancé, le 10 mars dernier, à Gao, a-t-on appris, jeudi, Lors d’une conférence de presse, au ministère de la Culture, le secrétaire général du département, Yamoussa Fané, a insisté sur l’importance de la réhabilitation de ce patrimoine culturel. Le site du Tombeau des Askia, construit en terre, en 1495 par l’empereur songhay, Askia Mohamed, comprend un tombeau pyramidal et une mosquée. Celle-ci, l’une des plus grandes de la ville est encore utilisée par les habitants. Le site ne présente pas de signe flagrant de dégradation mais est soumis à un risque structurel. « Le plan de réhabilitation, qui s’étend sur deux ans, jusqu’en 2022, doit permettre de sauvegarder « un témoignage spectaculaire de la richesse du patrimoine malien », a déclaré Valery Freland). « Concrètement la réhabilitation consistera à restaurer certains piliers qui soutiennent la toiture, la réfection de la toiture car, plusieurs couches de banco ont été déposées sur les murs au cours des différents crépissages annuels. Cela commence à peser assez lourd », a déclaré le directeur national du patrimoine, Moulaye Coulibaly. A cela s’ajoute la réfection du mur d’enceinte et de la mosquée attenante au tombeau, entre autres. Le Tombeau des Askia représente un pan important de l’histoire du Mali, de son savoir-faire et du désir de vivre ensemble de ces populations. Il est surtout le symbole d’un islam tolérant et ouvert sur le monde. Classé au patrimoine mondial en 2004, le site a été ajouté en 2012 sur la liste du patrimoine en péril en raison des turbulences enregistrées au Mali, depuis 2012. Lorsqu’un groupe jihadiste avait occupé Gao, pendant dix mois, la population de la ville avait protégé avec détermination ce patrimoine qui demeure l’un des principaux héritages de la culture songhay dont le peuple régna sur un large empire ouest-africain entre les 15e et 16è siècles. Créée en 2017 sous l’impulsion de la France, l’Aliph est une organisation internationale de sauvegarde du patrimoine en zone de conflit. Huit pays en sont les bailleurs parmi lesquels la France, les Émirats Arabes Unis et l’Arabie saoudite. Elle subventionne, aussi, au Mali, un second projet sur la réhabilitation des manuscrits anciens de la mosquée de Djinguirayber de Tombouctou. « Aliph finance, actuellement, 50 projets pour un coût total de 17 millions de dollars », a révélé Valéry Freland. Chaque année, la fondation fait un à deux appels à projets. Mais, elle peut intervenir, en urgence, sur des cas dont elle est saisie, soit par des Etats, soit par des associations. La ministre de la Culture, Mme Ndiaye Ramatoulaye Diallo et de l’ancien Premier ministre Ousmane Issoufi Maïga, étaient présents à la conférence de presse. YD/MD (AMAP)

Affaire Rokia Traoré : Le collectif « liberté pour une mère » se mobilise pour la libération de l’artiste

De Youssouf Dombia Bamako, 16 mars (AMAP) Le Collectif de soutient à Rokia Traoré ou « Free Rokia » se réserve le droit d’organiser des sit-in et des marches sur les ambassades de la France et de la Belgique si elle n’est pas libérée le mercredi prochain, a appris l’AMAP de source proche des membres du collectif. L’information a été donnée samedi à la Maison de la presse au cours d’une conférence de presse organisée par les membres de l’association en présence de plusieurs journalistes, des artistes et des parents proche de la musicienne. En effet, c’est le mercredi 18 mars 2020 que la célèbre artiste Rokia Traoré, arrêtée à sa descente d’avion la semaine dernière à l’aéroport de Paris en vertu d’un mandat d’arrêt international, doit comparaitre devant un juge français pour une éventuelle extradition en Belgique. Car un juge de ce pays a émit ce mandat international pour « enlèvement séquestration et prise d’otage » contre l’artiste. Un tribunal de première instance de Bruxelles en Belgique a donné la garde exclusive de leur fille de 4 ans à son père Jans Goosens, ex-compagnon de Rokia Traoré. Ce jugement ordonne également à Rokia Traoré de prendre en charge les frais d’entretien de la fille. Selon l’avocat de Rokia Traoré Me Yéhia Touré, principal conférencier, sa cliente a fait appel de cette décision et porté plainte au pénal contre Jans Goosens. Le juge a ordonné l’exécution de sa décision nonobstant cet appel, qui en principe, a un effet suspensif. De son côté, Rokia Traoré a aussi demandé au tribunal de grande instance de la Commune VI de Bamako de lui confier la garde de sa fille. Ce qui a été fait à l’issue d’une audience publique. Ainsi, « on se retrouve devant deux décisions de justice de deux pays différents » explique l’avocat. Rokia Traoré avait déjà été arrêtée à deux reprises dont la première à Dakar (Sénégal) et la seconde à Paris (France) pour le même mandat. A chaque fois les juges ont accepté les arguments de droit exposé par ses avocats et ont libéré cette mère de famille. Malgré son passeport diplomatique, le procureur parisien a décidé d’envoyer l’artiste en prison le mardi dernier. Selon Me Touré, ce qui constitue une violation de la Convention de Genève sur les traités internationaux fondamentaux dans le domaine du droit international humanitaire. Me Touré s’est dit « ébranlé par cette manière de rendre la justice dans un pays comme la Belgique ». Un pays qui est supposé être un Etat de droit. C’est devant ce que Rokia Traoré qualifie d’injustice qu’elle a aussitôt commencé une grève de la faim. Ainsi depuis le mardi dernier, l’artiste refuse de s’alimenter. « Elle se dite prête à mourir pour son enfant » a déclarer l’avocat. L’artiste faisait seulement escale à Paris, car elle partait pour son audience à Bruxelles. Cette arrestation l’empêche de comparaître librement à cette audience de la justice Belge. Ce qui constitue une aberration de la justice. Pourtant tout le combat de Rokia est de préserver l’intimité de sa fille. C’est pourquoi, elle a payé plusieurs fois le billet d’avion de son ex-compagnon pour qu’il vienne voir sa fille à Bamako. Goosens est connu de tous ceux qui fréquentent le domicile de Rokia, explique Boubacar Bocoum, le directeur de la Fondation Passerelle. Une Fondation créée par l’artiste pour soutenir les jeunes. Pour lui, c’est donc très surprenant que ce monsieur aille devant la justice pour demander la garde de cet enfant qu’il voyait régulièrement. Les artistes du Mali, d’Afrique et du monde entier sont entrain d’envoyer leur témoignage et soutien à Rokia. Tout comme les autorités maliennes qui ont toujours œuvré aux cotés des avocats et de la famille dans cette affaire poursuit le directeur de Passerelle. Le Dr Hamadoun Touré, ancien directeur de l’OIT et de Smart Africa et ancien candidat à l’élection présidentielle de 2018, fait parti des initiateurs du Collectif « FreeRokiaTraoré », s’est dit indigné par cette arrestation. De nombreux artistes, la cinéaste Soussaba Cissé, la cantatrice Nènè Sourakassi, et la styliste Aminata Konaté dite Mimi, se sont relayées au micro pour apporter leur soutien respectif au Collectif. Quant à Souleymane Kouma, membre de l’Association Art et culture, il promet des actions, dans les règles de droit, dans chacun des 12 pays africains membres de cette association. Mohamed Haïdara, représentant du Conseil des Maliens de l’extérieur, il estime que Rokia Traoré constitue « un symbole du patrimoine culturel du Mali ». Partout en Europe, les Maliens organiseront des actions en faveur de l’artiste. YD (AMAP)

Un couple français offre 15 tableaux au Musée national du Mali

Bamako, 03 mars (AMAP) Le couple français, Patrick et Marie Colette Defontaine, a offert au Musée national du Mali 15 tableaux photographiques de format poster dont la valeur financière est difficile à évaluer. La cérémonie de remise, la semaine dernière, a été présidée par la ministre de la Culture, N’Diaye Ramatoulaye Diallo, en présence du fils adoptif du couple, Jean Bakir Bertet, et du directeur général du Musée national, Daouda Kéita. «Cette action est un coup de cœur pour le Mali», a dit Jean Bakir Bertet. Ces images représentent une mise en scène de vie de la société africaine. Elles ont été réalisées entre 1970 et 1985, lors des nombreux voyages du couple à Bamako, en passant par le Burkina Faso. Elles représentent des événements du quotidien, transformés en stéréotypes accessibles à tous, notamment les masques dogon, la traversée des bœufs, le port de l’eau au pays dogon, l’ambiance dans une famille africaine… Bref, le photographe est un véritable ethnographe et historien qui a retracé la vie de la communauté malienne pendant une période bien définie. A travers ces images, il montre les caractéristiques de la communauté, sans autre ambition que de porter un témoignage sur son passage au Mali. La ministre N’Diaye Ramatoulaye Diallo, qui s’est dit très touchée, a salué, au nom du président de la République, champion pour les arts, la culture et le patrimoine pour l’Afrique, ce geste généreux des amis du Mali, tout en exprimant sa profonde reconnaissance pour la haute valeur patrimoniale des œuvres. Elle a rassuré le donateur que ces œuvres seront bien gardées et utilisées à des fins éducatives et dans le domaine de la recherche scientifique. « Cet acte d’une grande générosité montre l’amour d’un Mali qui avance », a poursuivi Mme N’Diaye. «Le grand mérite du Dr Patrick et Marie Colette Defontaine, est d’avoir saisi l’ampleur de ce phénomène culturel et d’avoir agi en conséquence», a dit pour sa part le directeur général du Musée national. Pour Daouda Keita, c’est une manière de participer à rehausser la valeur artistique, éducative, historique et mémorielle des œuvres du Musée national. Ces photographies des années 1970 montrent le professionnalisme des auteurs dans la conservation, la sauvegarde de ces chefs d’œuvre photographiques en péril. Selon Jean Bakir Bertet, ces photographies prises dans les années 1970, sont issues d’anciens appareils avec des pellicules argentiques et des diapositives. Ce qui explique la qualité extraordinaire des tableaux. Patrick Defontaine a été fait chevalier de la Légion d’honneur par la France et a reçu au Mali la médaille du Mérite de l’Ordre national. Le couple a travaillé, de 1970 à 1978, au Mali, au service de la population. Patrick Defontaine était médecin anesthésiste-réanimateur au Point G et Marie Colette Defontaine, gynécologue chargée des consultations dans la Protection maternelle et infantile (PMI). Tous deux ont enseigné à l’Ecole de médecine d’alors, tout en assurant une formation continue pour les infirmiers et sages femmes. Actuellement à la retraite, ils séjournent,  régulièrement, au Mali et s’intéressent à toutes actions allant dans le sens de la promotion de la culture malienne. AS/MD (AMAP)

Le ministre de la Culture préside le démarrage de la 12è édition de la rentrée littéraire, ce mardi

Bamako, 18 février (AMAP) Le ministre de la Culture, N’Diaye Ramatoulaye Diallo préside ce mardi à Bamako, le démarrage de la 12ème édition de la rentrée culturelle en présence de l’initiateur, Ibrahima Aya, sous le thème «Petites histoires et grands récits », a appris l’AMAP de source officielle. Ibrahima Aya a salué le gouvernement et tous les autres partenaires pour leur accompagnement avant de déclarer que l’objectif de cette Rentrée est de l’étendre à d’autres villes du Mali et d’accueillir un nombre important d’auteurs et d’éditeurs. « Nous voulons ancrer l’évènement au niveau local et régional», a précisé l’initiateur. Il est prévu au programme des tables rondes dans les universités, à l’Institut français et à la Bibliothèque nationale, des dédicaces dans les lycées et des ateliers d’écriture au profit des élèves. Il est également prévu une rencontre professionnelle de mise en réseau des responsables des manifestations littéraires et des organisations professionnelles des 8 pays de l’Union économique et monétaire ouest africaine (UEMOA) en vue d’améliorer la circulation des œuvres littéraires. Un autre atelier va porter sur des réflexions concernant le contenu de la politique nationale du livre dans notre pays et il y également la mise en place de la librairie de la Rentrée dans les communes de Bamako et l’organisation de la Journée de la lecture. «Nous allons demander à des personnalités de participer dans leurs communes respectives à ces journées en montrant aux autres que le livre est un produit qui doit faire partie des cadeaux que nous offrons à nos enfants», a annoncé Sékou Fofana, coordinateur de la Rentrée littéraire ajoutant que le lancement de l’initiative «les bibliothèques de la Rentrée littéraire» est aussi une particularité de cette édition. Les organisateurs ont salué le quotidien national d’information, «L’Essor », pour avoir proposé chaque jour, le portrait d’un auteur invité à cette Rentrée littéraire. Une initiative, qui selon eux, contribue à donner plus d’engouement à l’évènement. Plusieurs personnalités du monde littéraire venues de la sous région de l’Afrique, d’Europe, du Mali et du Monde entier parmi lesquelles le représentant de l’Union des écrivains du Mali, Ousmane Thièny Konaté et la célèbre écrivaine camerounaise, Léonora Miano, prendront part à l’évènement. MDD/KM (AMAP)

Jardin de la Préhistoire : Voyage retour sur les premiers temps de l’Homme

Par Oumar DIAKITE Bamako, 10 février (AMAP) Quand le jardin de la préhistoire, érigé au pied de la colline du pouvoir (Koulouba), depuis 2002-2003, en face du Musée national du Mali, vous ouvre ses portes, vous faites une plongée dans l’Histoire de l’évolution de toute l’humanité, à travers la grotte de l’Evolution qui expose la technicité de l’homme, pendant cette période. Une atmosphère de musée à ciel ouvert pour un retour sur le parcours de l’Homme. On y trouve aussi une grotte de l’archéologie, la statue aux dimensions réelles d’un dinosaure et le panorama des premiers animaux, premiers amphibiens, premières plantes à fleurs, premiers mammifères, premiers oiseaux, premiers reptiles aquatiques, des premiers organismes pluricellulaires à corps mou, entre autres. Masqué par les arbres au flanc de la colline, le site est très calme, un mercredi du mois de janvier 2020. Peu connu du grand public ! Aucun visiteur, seulement le vigile et ses deux chiens. Ici, on se fait une idée de la vie des premiers hommes, l’évolution des premiers hommes en même temps que la technique de fouille archéologie. On se penche sur la vie lointaine de l’Homme, sur l’histoire de l’évolution de l’humanité. A l’entrée du site, le premier contact est la grotte de l’Archéologie. C’est une grotte semi naturelle aménagée pour vous faire toucher du doigt l’importance de l’archéologie et vous la faire vivre. Elle expose du matériel de fouilles archéologiques allié aux explications sir les méthodes de fouilles. Y sont aussi exposés quelques objets dont des crânes humains. Selon Séry Diarra, administrateur des arts et de la culture chargé des visites guidées au Musée national, cette grotte permet d’expliquer aux étudiants et aux autres visiteurs comment se mènent les recherches archéologiques. « Elle étale les procédures des archéologues sur les sites de fouilles…Les visiteurs ont la latitude d’imaginer la vie des premiers hommes à travers des objets qu’on trouve lors des fouilles…», signale notre guide. La grotte de l’Evolution est contiguë à celle de l’Archéologie. Là, on illustre de l’évolution de l’homme habile. On explique que grâce au feu, l’Homo erectus pouvait se chauffer et cuire la viande et les végétaux. Un groupe d’Homo habilis fabrique des outils. Il pouvait, aussi, utiliser le feu pour repousser ou chasser les animaux dangereux. Comme l’illustre la statue du chasseur, tenant un objet pointu dans une main et le feu dans l’autre, face à un lion. « En cette époque de l’évolution de l’homme, narre notre guide, cet Homo habilis se servait d’objets pour divers usages dont s’abriter. « Mais, ici, ce sont des objets pour chasser des animaux, sinon pour confectionner des meules, écraser les céréales, cuire. L’Homo habilis a tenté de construire des cabanes, des cavernes pour se protéger contre les menaces extérieures. C’est la technicité de l’homme, pendant cette période, qui est mise en relief », précise M. Diarra. La grotte de l’Evolution de l’humanité relate les différentes phases et étapes de l’homme dans ses tentatives de pouvoir satisfaire ses besoins. Sur une affiche au fond de la grotte, on peut lire : « Afrique, berceau de l’humanité. 66 millions d’années : les premiers primates ; 30 millions d’années : premiers singes ; 18 millions d’années proconsul africanus ; Homo habilis à partir de quelle époque les humains ont commencé à exprimer le besoin ». Un peu plus loin, sont répertoriées, sur une grande table en fer, les illustrations des premiers animaux, amphibiens, mammifères, oiseaux, reptiles aquatiques, organismes pluricellulaires à corps mou, premières plantes à fleurs, entre autres. Plus au fond, se dresse un dinosaure. Malgré les arbres qui cachent le site, des usagers de la route de Koulouba peuvent voir de loin ce géant. L’animal est considéré comme l’un des premiers mammifères sur terre qui n’ont pas pu s’adapter avec l’évolution du temps. Ils ont disparu, il y a plus de 200.000 millions d’années, selon les chercheurs. Aux dires de l’intérimaire du directeur du Musée national, Soumana Soni, la population locale vient très peu dans le jardin de la préhistoire. Ce sont des étrangers, les touristes qui étaient les plus nombreux visiteurs du site. Ces derniers se font rares, à cause de la crise sécuritaire. « N’eut été la crise sécuritaire, la période fraîche est celle des visites touristiques », dit-il. « Cependant, note M. Soni, les visites scolaires sont assez fréquentes. Des établissements scolaires font visiter les lieux à leurs élèves. Certains particuliers, aussi, y viennent lors de fêtes. Pour pousser à la hausse le chiffre des visites, la direction du Musée national prévoit de créer un site internet, de mettre l’établissement sur les réseaux sociaux, de faire des expositions participatives pour une communication plus large. OD/MD (AMAP)

CICB : Un budget prévisionnel de plus d’1, 6 milliard de francs CFA

Bamako, 30 janvier (AMAP) Le budget prévisionnel de l’exercice 2020 du Centre international de conférence de Bamako (CICB) s’élève en recettes et en dépense à la somme d’un milliard 651 millions 945.000 francs CFA, a appris l’AMAP de source officielle. L’annonce a été faite jeudi à Bamako, par le Secrétaire Général du ministère de la Culture, Andogoly Guindo, à la cérémonie d’ouverture des travaux de la 21ème session du Conseil d’administration du CICB. Sur ce budget, l’Etat apporte une subvention de 306 millions 295.000 francs et les ressources propres du Centre sont estimées à 1milliard 345 millions 650.000 francs CFA, a précisé  Andogoly Guindo qui a déclaré que l’exercice 2020 s’annonce sous de bons auspices, avec l’espoir d’un accroissement des performances.  KM (AMAP)