Phot’Art Mali : Les photographes se donnent rendez-vous en janvier 2021 à Bamako

Bamako, 9 sept (AMAP) La 2è édition de l’inter biennale photographique, « Phot’Art Mali », dont l’appel à candidatures a été lancé, depuis le 19 août dernier, et s’étendra jusqu’au 20 octobre prochain, se déroulera du 1er décembre 2020 au 15 janvier 2021 à Bamako, au Mali, a annoncé le Réseau des photographes du Mali. Lors d’une conférence de presse, organisée la semaine dernière, en collaboration avec la Maison africaine de la Photographie, à la direction nationale de la bibliothèque et de la documentation,  le président du Réseau, Seydou Camara, a expliqué qu’à l’issue de l’appel à candidatures, le jury, composé de sept personnalités du monde des Art et de la Culture, sélectionnera les 20 meilleurs projets photographiques. Ceux-ci seront exposés à Bamako et à l’intérieur du pays pendant 45 jours. Les trois meilleurs projets seront primés. Le Comité d’organisation prévoit, également, des prix spéciaux pour encourager les photographes qui se seront illustrés par une certaine originalité dans leurs travaux. Cette année, les photographes travailleront à leur convenance. Ils ont la latitude de choisir les thématiques et officier en fonction de leurs inspirations. Cette 2è édition prévoit une grande parade de photographies du studio Malick Sidibé, en passant par les studios Abdourahmane Sakaly, Mamadou Mbaye, la Galerie médina et le Musée national du Mali. D’autres activités sont programmées, notamment les expositions, caravanes, manifestations folkloriques, visites guidées mais, aussi, les formations et l’installation d’un marché pour la vente de photos. Quatre sites sont retenus pour accueillir les expositions : la Maison africaine de la photographie, le Parc national, l’Institut français du Mali et le Centre de formation en photographie. « Créer un cadre d’échanges entre les photographes, rapprocher la photographie du grand public », est l’objectif principal de l’inter biennale, a soutenu Seydou Camara. L’édition de cette année est placée sous le signe de la reconnaissance au Dr Naomi Steuer, ancienne directrice générale de la Fondation Oumou Dilly, décédée le14 Juillet dernier en Suisse. Les initiateurs de Phot’Art Mali tiennent à rendre u hommage à cette figure pour son engagement et son apport dans la réussite de la première édition de l’évènement. Pour Mamadou Cissé, conseiller technique au ministère de la Culture, l’Inter biennale est une activité de création d’emplois parce qu’elle vise à susciter l’entrepreneuriat jeunes dans le domaine de la photographie. Il a, aussi, assuré les initiateurs de l’accompagnement du gouvernement, à travers la Maison africaine de la photographie. Pour sa part, le directeur général de la Maison africaine de la photographie, Tidiane Sangaré, a expliqué que l’Inter Biennale photographique est destinée à dynamiser l’espace photographique au Mai. Selon lui, elle permettra aux jeunes photographes de comprendre le mécanisme de préparation des Rencontres photographiques de Bamako. C’est, également, un outil de renforcement des capacités de nos photographes. Au-delà de son caractère formatif, l’Inter biennale permet au Mali de prouver qu’il est bien la capitale de la photographie africaine. « Cet évènement permet à notre pays de justifier sa place de leader dans la promotion et le développement du secteur photographique sur l’échiquier panafricain », a soutenu M. Sangaré Le Réseau des photographes du Mali est un groupement d’associations de photographes maliens, créé pour promouvoir et dynamiser le secteur de la photographie. AS/MD (AMAP)          

Conservation des Archives: Mission d’exploration dans la Région de Kayes 

Kayes, 8 sept (AMAP) Le directeur national des Archives du Mali (DNAM), Sékou Diabaté, a conduit, du 2 au 4 septembre 2020, une délégation à Kayes, en prélude  de la construction d’une direction régionale des Archives prévue en 2022. La délégation, qui s’est rendue sur les ruines de la préfecture et de la sous-préfecture, a pu constater et mesurer l’ampleur des dégâts provoqués par l’incendie des bureaux du préfet et de ses adjoints et des archives irrécupérables de la capitale de la 1ère Région administrative du Mali. « Nous sommes venus à Kayes pour voir les archives incendiées. Il s’agit, pour nous, de récupérer ce qui peut l’être, d’aider la préfecture dans la formation d’archivistes. Nous travaillons, également, sur la numérisation des dossiers page par page », a expliqué le Sékou Diabaté. Après avoir eu une séance de travail avec le préfet du cercle de Kayes, Bernard Coulibaly, les membres de la délégation de la DNAM se sont rendus dans les anciens locaux de la préfecture et de la sous-préfecture, tous situés au cœur de la ville. Ils ont été ébahis de constater des bâtiments en ruines, des documents consumés, totalement ou en partie. Dans le lot, on retrouve des archives de 1896 à nos jours, des cartes NINA (Numéro d’identification nationale), des actes administratifs et judiciaires, parmi tant d’autres. Les papiers étaient éparpillés par terre et pour visiter l’intérieur des bureaux, les visiteurs sont obligés de marcher sur tout ce fatras de papiers, aggravant le risque de perte de ces précieux documents. Ces bureaux contenaient 300 mètres linéaires (mesure des archives) de documents. Ensuite, M. Diabaté et sa délégation ont rencontré le gouverneur, l’inspecteur général de police, Mahamadou Zoumana Sidibé, avant de visiter la salle des archives. Le même spectacle de désolation attendait les visiteurs au gouvernorat de Kayes où certains documents étaient entamés par les eaux de pluie qui coule sur une partie du sol. Cependant, à la différence de l’ancienne préfecture, beaucoup de documents sont en bon état au gouvernorat. Mais les conditions de leur conservation doivent être améliorées. Les agents des archives aspirent à une amélioration de leurs conditions de travail. Une autre tâche qui attend les autorités est sans doute la reconstruction ou la rénovation des bâtiments abritant les archives. La DNAM souhaite obtenir une parcelle de 1ha200 pour construire le siège de sa direction régionale dont le coût est estimé à 403 888 388 Fcfa. Elle mise sur le Budget spécial d’investissement (BSI) pour le financement de ce projet. D’après Sékou Diabaté, le processus de création et de construction de cette direction régionale sera engagé si ses services parviennent à obtenir les documents de la parcelle avant fin mars 2021. Le gouverneur de Région s’est proposé de saisir les services compétents pour trouver une parcelle qui abritera la future direction régionale des Archives de Kayes. La préfecture, la sous-préfecture et le gouvernorat de Kayes sont considérés comme les temples des archivistes maliens. En plus des archives de la 1ère région administrative du pays, on y retrouve, également, des documents, comme le plan du Palais de Koulouba, datant de l’époque coloniale et qui retracent l’histoire de l’ancienne colonie française du Soudan, aujourd’hui Mali. Beaucoup de chercheurs, notamment des étrangers, consultent fréquemment les archives du gouvernorat et de la préfecture. L’incendie de la préfecture et de la sous-préfecture, le 13 mai 2020, est consécutif aux manifestations des populations de Kayes contre la mort d’un jeune motocycliste, Seyba Tamboura (17 ans) survenue dans la nuit du 11 au 12 mai 2020. Deux autres jeunes, Kalifa Kané (30 ans) et Bakary Traoré (12 ans) ont, aussi, trouvé la mort lors de ces troubles. C’est la deuxième fois que des manifestants s’en prennent aux bureaux de l’administration dans la Région de Kayes. En 2018, des jeunes avaient saccagé les locaux du Cercle de Kéniéba qui abritent aussi des archives très anciennes. BMS/MD (AMAP)

Telenovelas : Quand les séries télévisées nous tiennent

Par Aminata DIARRA Bamako, 01 Sept (AMAP) Nos compatriotes sont devenus accrocs aux telenovelas, feuilletons télévisés qui sont, très souvent, produits dans les pays d’Amérique du Sud ou de Turquie. Ils restent, le plus souvent, scotchés devant leur téléviseur et ne sont pas près de rater, même pour tout l’or du monde, le moindre épisode de ces séries dramatiques à fortes émotions en termes d’amour, de libertinage sexuel, de suspense, mais aussi de sentiment de révolte contre l’injustice. «El diablo», «Meryem», «La dona» et «Farmagul», autant de titres de séries télévisées qui suscitent commentaires et débats passionnants dans notre société. Certains estiment qu’elles impactent, négativement, le comportement des enfants et des jeunes qui tentent de s’inspirer de ces films. Or, ceux-ci n’ont rien à voir avec les réalités maliennes, d’où la condamnation sans équivoque des puritains et conservateurs qui n’apprécient guère ces feuilletons. Pourtant, ces mélodrames sur petit écran bénéficient d’une très grande popularité dans les pays africains, notamment le nôtre. Aux heures de diffusion, les femmes tombent dans un autre univers où plus rien ne compte. Elles perdent jusqu’à la notion du temps et en viennent même à ignorer leurs époux, le temps d’un épisode. Une certaine opinion pense même, à tort ou à raison, que nombre de déviations actuelles des mœurs dans notre pays sont liées à ces séries télévisées. Adama Samaké est conscient de la passion que suscitent les séries télévisées sud-américaines. Le jeune homme cite volontiers son exemple pour avoir failli divorcer d’avec son épouse à cause des telenovelas. «Mon retour du bureau, coïncide, très souvent, avec la diffusion d’un feuilleton que ma femme regarde. Elle a tendance, en ces moments, à ne plus s’occuper de moi. A peine si elle me salue ou me donne à manger. Elle semble absorbée par ces feuilletons au point de ne plus jouer son rôle d’épouse », souligne-t-il. Samaké a brandi la menace du divorce pour recadrer son épouse.   PASSION – Certains soutiennent que les telenovelas en Afrique ont plus d’inconvénients que d’avantages. Une ménagère à Faladiè, qui a requis l’anonymat, ne partage pas cet avis. Elle estime que les telenovelas permettent de s’épanouir même pour celles qui viennent de la zone rurale. «Quand je termine les travaux ménagers, je me distrais avec les séries télévisées», explique notre interlocutrice. Comme elle, Salimata Coulibaly, âgée de 26 ans, apprécie les feuilletons. Cette femme au foyer précise : «Grâce aux séries télévisées, je me fais une idée de la vie d’autres communautés, notamment américaines mais aussi de l’évolution du monde». Elle est toujours à l’affût de nouveaux feuilletons sur les chaînes de télévision parce que le cinéma reste son pêché mignon. Touré, fonctionnaire à la retraire, regarde avec passion ces séries télévisées au point d’oublier, parfois, qu’il est juste devant un poste téléviseur. Il se range du côté des férus des feuilletons télévisés. Mais il préfère ne pas verser son avis dans le débat sur les inconvénients. Pour nos interlocuteurs, il est clair que ces séries télévisées ont aussi un impact sur le mode de vie des jeunes, notamment des jeunes filles. Certains estiment que ces séries télévisées devraient être destinées plus aux adultes qu’aux enfants et aux jeunes. D’autres incriminent les parents qui ne respecteraient pas les messages qui, parfois, indiquent clairement, sur l’écran : «Déconseillé au moins de…..». Dans notre pays, les feuilletons ont une incidence sur l’éducation des enfants qui sont tentés d’imiter la vie des stars du cinéma. Ténin Coulibaly est ménagère. Elle est, aussi, d’avis que les séries télévisées influent négativement sur le comportement de nos enfants. «Ma fille doit faire le baccalauréat cette année. Elle ne s’en soucie point pour l’instant. Elle passe plus de temps à regarder les séries télévisées. C’est un vrai souci pour moi », se plaint-elle. Pour elle, les télénovelas posent un problème d’assimilation. Elle explique tout simplement que c’est une faiblesse de note société et s’interroge : « Pourquoi ne pas s’intéresser, plutôt, aux séries africaines qui reflètent mieux nos réalités ? » AD/MD (AMAP)    

Culture : Tresses et parures en milieu Songhoy, dans le Nord du Mali

Par Abdourhamane TOURE Gao, 22 août (AMAP) En milieu sonrhaï, dans le Nord du Mali, chaque étape de la vie d’une femme correspond au port de certaines parures, de la naissance à la mort, en passant par la jeunesse, le mariage, la maternité et la vieillesse. Les tresses grosses, moyennes ou minces expriment merveilleusement le génie artistique songhoy. Quant aux parures, elles sont confectionnées dans une multitude d’objets très significatifs chez les Songhoy. C’est le cas des perles fabriquées à partir de coquillages d’ambre : bagues, bracelets et autres.. La secrétaire stagiaire au Musée du Sahel à Gao, Mme Maïga Farimata Touré, explique que les tresses songhoy sont créées en fonction de la culture, de l’identité ethnique, des événements, des envies et, surtout, pour le respect que les femmes ont de la beauté des coiffures. Mme Maïga lève le voile sur l’art des tresses songhoy : « elles peuvent être faites de manière torsadée sur le cuir chevelu. Dans le milieu traditionnel, elles sont multiples et très variées. Les tresses songhoy se classent en trois catégories : les tresses avant l’âge nubile, les tresses de beauté, les tresses frappées d’interdit ». Les tresses avant l’âge nubile, « Jisi », signifie « réservé « la jeune fille est rasée. Une mince bande de cheveux est gardée sur le front. Elle est divisée et tressée en deux rangées de la gauche vers la droite. Le « Tchiéchi  » est tressé sur la tête des jeunes filles de 10 à 15 ans. Le message qu’elle transmet, en songhoy, est : ce qui est posé sur la bordure ». Cette tresse s’accompagne toujours d’un boubou blanc, d’un pagne noir et la fille porte des chaussures en peau d’animal. Les tresses « Sourgou-sourgou » sont réservées à la jeune fille de 13 ans ou plus. La tresse de beauté  « Zourazoura » orne la tête de la jeune femme et est portée au moment des différentes fêtes. « Les Zoota-Kamba » sont également les tresses de beauté réservées aux femmes célibataires. La maternité est traduite par une tresse appelée « KoKara ». Après l’accouchement, la mère du bébé transmet son message en portant cette coiffure. Il en existe deux. Les tresses sont entrelacées de perles (Kawla) qui ont des significations. Premièrement, si la femme porte au front trois « Kawla », l’enfant qu’elle porte sur le dos est un garçon. D’où le nom de « Kokara-Izé-aro ». Si elle porte quatre «Kawla» l’enfant est une fille. Cette coiffure porte le nom de « Kokara-izé-woyo ». Les femmes mariées, qui ont fait deux maternités, portent la coiffure « Zumbu » qui a la forme d’une crête de coq. Ainsi, les cheveux sont tressés de tous les côtés parsemés de perles. Le front est couvert de nattes de perles. Le milieu de la tête est couvert par le «Zumbu » à la crête agrémentée de lambeaux de fils rouges qui tombent sur les joues. Les « Zoota-Kamba » ou « manche de louche » désignent les cheveux tressés sur tous les côtés, mélangés ou entrecoupés de perles « Kawla ». Ce sont des tresses de beauté rassemblées sous forme de manche de louche qui sont la marque des femmes célibataires, en quête de l’âme soeur. Elles révèlent la situation sociale de la femme. La coiffure «Yolo-Gorbo» ou «Yola-Yola» est compliquée. Les cheveux sont divisés et tressés de telle sorte que les tresses pendent des deux côtés sur les joues. Une touffe de tresses tombe sur le front. Plusieurs tresses éparpillées recouvrent la nuque. « Bamba-Bamba » ou encore « Yénia hiri » sont des réussites de perles disposées sur le front. Les cheveux sont tressés en remontant de la nuque au front. Ce travail est enrichi avec des perles « Kawla ». Ces perles multicolores soutiennent les tresses. La nouvelle mariée porte cette coiffure toute la semaine après le mariage. Elle est interdite aux veuves, femmes non mariées et âgées. La tresse «Moorari» est interdite aux filles. Elle est uniquement l’attribut des femmes âgées. La vue de la tresse «Binba» est interdite à tout homme qui peut marier la femme après son veuvage de quatre mois et dix jours. Selon les confessions religieuses, la « Faata » est interdite aux autres femmes.». Les tresses « Hilo Hilo » appartenaient aux seules femmes de l’ethnie «Gorongobou» de Gao. Par contre, « Bamba-Bamba », « Manga-Fa », « Zumbu » sont utilisées par toutes les catégories de femmes de la communauté songhoy. Qu’elles soient grandes dames, épouses de rois, d’empereurs ou d’hommes libres. Cette tresse se fait le premier jour du mariage. Elle est interdite au nouveau marié de voir cette tresse, car il serait possédé par les esprits. Le modèle « Moorari » signifie caresse en milieu songhoy. Les cheveux sont divisés en deux ou trois parties et sont tressés sans finesse du front vers la nuque. Il est propre aux femmes qui ont atteint l’âge de la ménopause. Mais elle est interdite aux autres femmes songhoy. Dans certains milieux, on l’appelle « Kum-Kum », «Faata», ou encore « Faata-Koli » qui veut dire rassembler, réunir. Cette coiffure se distingue par sa simplicité. Le directeur régional du Musée du Sahel de Gao, Abdoulaye Maïga, explique que les tresses songhoy permettent aux femmes de se rapprocher, de partager les moments de bonheur et de malheur. Il précise aussi que le rôle social des tresses, en milieu songhoy, se reflète dans l’apprentissage car la transmission du savoir-faire des compétences dure longtemps entre les générations. Mme Maïga Mariam Maïga, secrétaire au gouvernorat de Gao exprime sa fierté d’être descendante de l’ethnie sorgho. Cependant, elle ne croit pas aux interdits de certaines tresses. Selon elle, le mariage est un destin. Elle affirme avoir déjà porté des tresses songhoy (Hilo-hilo, Bamba-bamba et Zota-Kamba) sur exigence de sa mère, ajoutant que certaines coutumes n’ont plus leur place. Mme Maïga Halimatou Touré (Halibara) est la gardienne des tresses songhoy de la Région de Gao qu’elle a hérité de sa grand-mère, Agaïchatou Bilal, originaire de Gao et de la famille «Gorongobou». Selon elle, grâce au métier de coiffeuse de tresses songhoy, elle est connue sur les plans régional et national. Au niveau de l’artisanat de Gao, Mme Maïga Halimatou est la seule qui fait encore les tresses songhoy, prête les tresses songhoy

Covid-19 : Reprise des activités culturelles au Mali

Bamako, 06 août (AMAP) Le gouvernement malien autorise la reprise des activités culturelles dès ce jeudi, tout en respectant les mesures barrières contre la Covid-19, a appris l’AMAP de source officielle. Dans une correspondance, le directeur de cabinet adjoint de la Primature, Mahamadou Touré, invite le secrétaire général du ministère de la Culture « à procéder à la reprise des activités et à la réouverture des infrastructures culturelles relevant de (sa) compétence, à partir du jeudi 06 août 2020 dans le strict respect des mesures barrières de prévention de la Covid-19 recommandées par le Comité scientifique Covid-19 ». Cette autorisation fait suite aux lettres du ministère de la Culture relatives au sujet et des actions engagées par des organisations du monde de la culture. C’est ainsi qu’à la demande de la Fédération des artistes du Mali (FEDAMA) et des Associations faitières pour la défense des intérêts des acteurs de la culture, réunies au sein de l’Union des associations des artistes, des producteurs et des éditeurs du Mali (UAAPREM), un huissier a procédé à l’évaluation du manque à gagner de l’annulation du Bama-Art de ce weekend. Sur initiative des présidents de la FEDAMA, Alioune Ifra N’Diaye, et de l’UAAPREM, M’Baye Boubacar Diarra, les artistes maliens ont été conviés, mercredi, à la Place du cinquantenaire, à une Assemblée générale sur la problématique de la reprise des activités culturelles dans le pays. Le gouvernement avait procédé à la fermeture des espaces culturels et l’interdiction des activités depuis mars dernier dans le cadre de la prévention contre la propagation de la Covid-19. OD/MD (AMAP)

Couvre tête de la nouvelle mariée : Un habillement traditionnel très prisé

Par Bandé Moussa SISSOKO Kayes, 12 juin (AMAP) «Cet homme recherche des informations sur le couvre tête pour femme, foulard ou « counabiri » en bamanakan. Veut-il en acheter pour sa nouvelle mariée » ? Ces propos tenus par Mme Koné Fatoumata Camara, lorsque sa fille lui a annoncé notre arrivée dans sa maison, trahissent l’objet de notre visite dans la famille Koné, à Lafiabougou-Nord, un quartier populaire de la ville de Kayes, dans l’Ouest du Mali. En effet, le « kayeska fini » ou tissu kayésien attire de plus en plus les femmes de notre pays, surtout celles de Bamako, la capitale. Ce pagne traditionnel sert à couvrir la tête de la nouvelle mariée pour la différencier des autres filles. Ce tissu fait la fierté de la Région de Kayes, depuis belle lurette et est source de revenus pour plusieurs femmes. On utilise ce tissu en coton pour couvrir la tête et le visage de la femme, nouvellement mariée, qui s’apprête à rejoindre son foyer conjugal, après avoir passé une journée chez ses parents. Il est fait en bandes de cotonnade raccommodées et teintées à l’indigo. La ville de Kayes est, en effet, réputée pour la grande variété de pagnes de qualité qui sont, souvent, les plus beaux du pays. Pour la fabrication de ce tissu, il faut un pagne ou bande d’étoffe qu’on achète chez le tisserand, puis des fils et aiguilles en vente à la Compagnie malienne des textiles (COMATEX). « Souvent, le tisserand fait le premier pas en commandant du fil et de l’aiguille à la COMATEX. Quant à nous, les femmes, nous rassemblons ces fils à l’aide d’une aiguille pour avoir 6 bandes d’étoffe « kono woro (en langue malinké). Nous y dessinons des figures géométriques variées à l’aide des fils blancs ou bleus pour rendre le produit plus attractif et joli. Il y a plusieurs modèles de tissus dont le ‘lifi’ et le ‘thioboli’ », a indiqué Mme Koné. La quinquagénaire explique que pour confectionner ce tissu, les femmes achètent un fil spécial dont le rouleau ou le paquet coûte 3.000 Fcfa. Ensuite, le tisserand transforme ce fil en pagnes ou bandes d’étoffe. La largeur du pagne lors du racolage peut varier (6 à 7 bandes racolées), en fonction de la taille du client. « Après le tisserand, nous remettons le pagne à la teinturière. Je débourse une somme oscillant entre 1100 et 1250 Fcfa pour un pagne de 2 mètres ou plus », poursuit notre interlocutrice. La troisième phase du processus de fabrication du pagne consiste pour ces dames à enlever les fils un à un, puis à tremper le pagne dans l’eau en vue de le dépouiller des impuretés. Le dernier travail incombe aux ’empeseurs’ qui rendent le ou les tissus plus fins et lisses à raison de 150 Fcfa l’unité. Après cette dernière étape, le produit fini est livré au client moyennant des prix variant entre 12.000, 12.500 et 15.000 Fcfa. A propos de l’utilisation du couvre tête, Mme Koné Fatoumata Camara explique : « A sa sortie de la chambre nuptiale le 7è jour, la nouvelle mariée porte ce pagne pour se rendre chez elle, tôt le matin, dans le but d’y passer la journée. Avant de regagner son domicile conjugal, sa mère lui couvre la tête avec le pagne». La nouvelle mariée porte le même tissu, lorsque ses belles-sœurs veulent la conduire dans la belle-famille et les proches pour les visites coutumières. Après la cérémonie de mariage, la nouvelle mariée peut garder le tissu ou l’offrir à une autre personne comme cadeau ». Le « kayes ka fini » peut être transformé en vêtement. « Le port du couvre tête est obligatoire dans notre société, surtout traditionnelle. C’est pour faire la différence entre la nouvelle mariée et la fille célibataire. Le pagne la rend encore plus coquette », commente-elle. Mme Koné n’exerce plus cette activité. « J’ai passé le témoin à ma belle-fille, depuis trois ans », explique-t-elle. « Nous avons des problèmes pendant l’hivernage car, ceux qui confectionnent les pagnes (les tisserands) retournent dans leurs villages pour travailler dans les champs. De ce fait, nos activités sont au ralenti pendant cette période », affirme-t-elle. DEPOSITAIRES D’UNE TRADITION – Niéba Konaté jouit d’une grande réputation comme teinturière. Elle exerce son métier dans la grande maison conjugale du quartier Liberté. « J’ai débuté ma carrière dans la famille en 1997. J’ai trouvé qu’ici, les femmes pratiquaient déjà la teinture. Nous sommes quatre femmes à faire ce travail. Certaines (nos enfants) viennent de Lafiabougou pour nous aider », assure-t-elle. « Fatoumata Diakité et Sitan Soukho étaient les premières à mener cette activité dans notre famille. Ces dames, qui ne vivent plus, ont transmis leur savoir à leurs enfants qui sont, aujourd’hui, âgés de 80 à 100 ans », révèle notre interlocutrice. « Nous vivons de cette activité. Souvent, je gagne 3 500 Fcfa de bénéfice, par jour, quand les affaires marchent. Les tisserands confectionnent des tissus qu’ils nous apportent pour la teinture à raison de 1 500 Fcfa par pagne. Et puis, nos espoirs reposent principalement sur le Sénégal où nos produits s’écoulent facilement », a commenté Mme Konaté. Il nous confie mettre en teinture 60 à 100 pagnes par jour, lorsque la commande est forte. « Nous payons la teinture qui provient d’Allemagne. Nous importons de la potasse de la Chine. Nous achetons nos produits chez un teinturier installé à Bamako. Nous payons le baril de poudre de potasse à 225.000 Fcfa. Le kilo de la teinture traditionnelle nous revient à 250 Fcfa », dit-elle. « Nous sommes confrontés à un problème de marché. C’est un travail saisonnier. D’octobre à juillet, la teinture marche. Pendant l’hivernage, nous menons d’autres activités comme le commerce de boissons locales », souligne-t-elle. Les gens n’aiment pas, tellement, pas la teinture traditionnelle. C’est la clientèle au Sénégal qui nous encourage dans la production à travers sa forte demande », affirme la vieille Niéba Konaté. Kadiatou Camara, l’une de ses assistantes se réjoui de cette activité : « Nous remercions Dieu. Nous gagnons tout dans cette activité. La vieille s’occupe bien de nous ». En effet, Niéba Konaté est assistée dans sa tâche par 4 à 5 filles.

Culture : Arouna Racine Keïta, photographe et ancien cadreur au Centre national de cinéma du Mali tire sa révérence

De Amadou SOW  Bamako, 29 avril (AMAP) Arouna Racine Keïta, ancien instituteur, photographe et ancien cadreur au Centre national de cinéma du Mali, est décédé samedi dernier à l’âge de 72 ans des suites d’une longue maladie, a appris l’AMAP de source proche de sa famille. La même source a déclaré que son enterrement a eu lieu le dimanche dernier à Bagadadji dans sa famille. Né à Bamako en 1948, il fut l’un des rares photographes qui ont immortalisé les événements du 26 Mars 91 dans notre pays et l’un de ses clichés a fait le tour du monde. Après une formation pédagogique, Arouna Racine Keïta devint vers 1975 instituteur dans un petit village à 80 km de Bamako. C’est à partir de cette période que l’instituteur de brousse embrassa le métier de la photographie pour réduire la peine des petits écoliers et des villageois qui étaient obligés de faire plusieurs kilomètres pour faire leur photo d’identité. Vers les années 1980, Arouna Racine Keïta décida d’abandonner l’enseignement pour se consacrer au métier de l’audiovisuel. Après quelques années de pratique, il s’investit dans à la vidéo et fonda la société «Espace Images». En 2000, il se consacra à la création contemporaine avec les photographes du Musée national, feu Alioune Ba et feu Aboubakrine Diarra. Les œuvres de Arouna Racine Keita ont été exposées au Mali, en France et dans plusieurs pays de l’Europe de l’Est. Ce grand professionnel de l’art visuel était un repère pour la jeune génération. C’est pourquoi la jeune photographe Kani Sissoko a écrit sur sa page Facebook : «c’est une perte énorme pour les jeunes artistes car ses conseils et orientations n’ont jamais fait défaut». Plusieurs artistes ont témoigné l’engagement de l’homme pour la promotion de l’art visuel. Pour le photographe Moustapha Traoré, Arouna Racine Keïta était un véritable centre de formation. AS (AMAP)

Culture : Célébration de la Journée internationale des sites et des monuments

Bamako, 18 avril (AMAP) La Journée internationale des sites et des monuments a été célébrée ce samedi, par le Conseil International des Monuments et des Sites (ICOMOS), à travers 28 Comités scientifiques internationaux et 107 Comités nationaux dont celui du Mali (ICOMOS-Mali), a constaté l’AMAP. Le thème retenu cette année qui est : «Cultures partagées, Patrimoine partagé, Responsabilité partagée»,  reflète le contexte mondial du patrimoine comme faisant partie de l’identité culturelle à une époque d’évolution rapide de la population, de multiplication des conflits et d’incertitude environnementale. Il distingue le patrimoine (qu’il s’agisse de lieux, de paysages, de pratiques ou de collections) comme étant lié à et mis en valeur par des groupes et des communautés multiples et divers. Ce thème concerne les relations entre les cultures, ou les groupes culturels, et leur responsabilité collective dans la protection et la sauvegarde des attributs, des significations et des valeurs du patrimoine. A travers cette Journée qui est célébrée le 18 avril 2020, ICOMOS-Mali entend attirer l’attention des autorités nationales, des élus locaux, des agents de l’administration de l’Etat, des ONG et des associations culturelles sur les menaces sérieuses qui pèsent sur notre patrimoine culturel dans un contexte de crise à la fois sécuritaire et sanitaire. Le thème de la Journée internationale des monuments et des sites 2020 «Cultures partagées, patrimoine partagé, responsabilité partagée» L’ICOMOS se consacre à la conservation et à la protection des monuments, des ensembles et des sites du patrimoine culturel. Les membres de l’organisation, composés des architectes, des historiens, des archéologues, des historiens de l’art, des géographes, des anthropologues, des ingénieurs et des urbanistes, concourent à la préservation du patrimoine et au progrès des techniques de restauration et à l’élaboration de normes pour tous les biens du patrimoine culturel immobilier à savoir les  bâtiments, les villes historiques, les jardins historiques, les  paysages culturels et les sites archéologiques.  AS/KM (AMAP)

Rokia Traoré libérée mais sous contrôle judiciaire

Bamako, 25 mars (AMAP) La justice française a ordonné, mercredi, que Rokia Traoré quitte la prison de Fleury-Merogis mais précise que la chanteuse malienne reste sous contrôle judiciaire, avant sa remise à la Belgique. La Cour d’appel de Paris a approuvé la remise de la chanteuse à la justice belge. Mais elle a décidé de la placer, d’ici là, sous contrôle judiciaire, conformément aux réquisitions de l’avocat général. « Compte tenu de la situation, nous ne pouvons pas organiser la remise de Mme Traoré aux autorités belges», a expliqué ce dernier lors de l’audience, faisant allusion à l’épidémie de Covid-19. Selon des confrères français, la réaction de l’avocat de la chanteuse malienne ne s’est pas fait attendre. « Nous irons évidemment en cassation et jusqu’à la Cour européenne des droits de l’homme, s’il le faut » pour contester cette remise, a réagi Me Kenneth Feliho interrogé par l’AFP. « Le combat auprès de la justice belge va continuer », a-t-il ajouté. Rokia Traoré était écrouée en France en vertu d’un mandat d’arrêt international lié à un différend avec son compagnon belge sur la garde de sa fille, dans l’attente de sa remise à la Belgique.. Ce mandat d’arrêt européen avait été lancé par un juge d’instruction de Bruxelles, pour « enlèvement, séquestration et prise d’otage », qui découle du non-respect d’un jugement rendu fin 2019 exigeant de Rokia Traoré la remise de sa fille de 5 ans à son père belge, dont Rokia Traoré est séparée. La chanteuse conteste, depuis le début, la décision de la justice belge de confier la garde exclusive de l’enfant à son père. Elle a interjeté appel du jugement de première instance et a, aussi, demandé au tribunal de première instance de la Commune de VI de Bamako, où elle réside, de lui confier la garde de l’enfant. Ce qui a été fait. La chanteuse de 46 ans a été arrêtée mardi 10 mars à l’aéroport parisien de Roissy, d’où elle rendait à Bruxelles pour une audience dans cette même affaire, à sa descente d’un avion, en provenance de Bamako. YD/MD (AMAP)  

Bars et boîtes de nuit : La fermeture durement ressentie par les promoteurs  

Bamako, 25 mars (AMAP) Depuis le dimanche dernier, les forces de sécurité patrouillent dans la capitale pour faire respecter la mesure gouvernementale de fermeture des bars et boîtes de nuits, dans le cadre de la prévention contre le covid19. Le Mali, qui n’entend pas baisser la garde face au coronavirus, a pris la décision de fermer les bars, boîtes de nuit et autres espaces de loisir pour éviter une éventuelle propagation de cette maladie. Cette mesure conservatoire a conduit certains opérateurs économiques privés à réduire leur personnel, voire à les mettre en chômage technique. Un tour à l’espace de loisir  «Petit coin» sur la route de Niamana, nous a permis de noter la grande morosité des lieux. Une jeune serveuse, assise à retourner les pouces, ne pouvait cacher sa frustration.  «Je pense que le gouvernement pouvait prendre d’autres mesures au lieu de fermer les bars et autres espaces de loisirs»,  dit-elle. Cette fermeture est durement ressentie par les propriétaires de bars, discothèques et autres espaces de détente qui vivent au jour le jour. C’est le cas de Moussa Théra, propriétaire d’un bar à Tabakoro. Désespéré de ne plus faire d’entrées d’argent, depuis que la mise en vigueur de la mesure d’interdiction, il ne compte que sur l’aide de l’Etat pour tenir le coup et pouvoir subvenir aux besoins de sa famille. Le propriétaire du bar-restaurant «Bafing», Ibrahim Souleymane Tounkara, commente la situation avec une pointe de désespoir.  «Je n’ai jamais vu ce genre de crise. Nous sommes obligés de respecter les mesures du gouvernement pour éviter la propagation du virus, mais nous avons des charges à assumer. J’emploie 15 personnes et je suis obligé de payer leur salaire à la fin du mois. Et on ne sait pas quand cette interdiction prendra fin», s’inquiète le propriétaire du «Bafing». Lui aussi souhaite des mesures d’accompagnement du gouvernement pour surmonter les difficultés. La fermeture des boîtes de nuit est une réalité dans la capitale. Au niveau du night-club «Ibiza», nous n’avons trouvé aucun interlocuteur. Un jeune trentenaire«maquisard», qui a requis l’anonymat, explique que c’est le chaos. Avant le night-club «Ibiza», notre interlocuteur s’était déjà rendu à la «rue princesse» à Hippodrome et au niveau d’autres boîtes de nuit, mais tout était fermé. On peut dire que les propriétaires de ces espaces de détente sont conscients des risques liés au coronavirus. Cependant, les propriétaires de certains bars et boîtes de nuit de Bamako ont maintenu leurs activités. Ils ont été contraints par les forces de sécurité à fermer. En effet, depuis la nuit du dimanche au lundi 23 mars dernier, le ministère de la Sécurité et la Protection civile a entamé une vaste opération pour faire respecter les mesures de prévention du Covid-19. A Bamako, la descente des forces de sécurité (police et gendarmerie) a permis d’interpeller des contrevenants, notamment des propriétaires de bars et discothèques. AS/MD (AMAP)