Diéma : Le dialogue communautaire en débats
Diéma, 27 janvier (AMAP) Une rencontre sur le dialogue communautaire, initiée par le ministère de la cohésion sociale, de la paix et de la réconciliation nationale et le projet d’appui à la stabilisation et à la paix(PASP) de GIZ, a pris fin samedi à Diéma, sous la présidence du préfet de Cercle, Abou Diarra, a constaté l’AMAP. Elle avait pour objectifs, d’identifier les difficultés qui entravent la paix et la cohésion sociale dans le cercle, de découvrir les notions et outils pour faciliter une approche participative, d’expliquer les avantages et les inconvénients des médias et des réseaux sociaux dans la stabilisation du pays, de favoriser les échanges d’expériences en matière de prévention et de gestion des conflits dans le cercle. Le Chef de l’exécutif local s’est réjoui de l’organisation d’une telle rencontre qu’il a qualifiée de remède miracle à la problématique de l’esclavage qui provoque depuis un certain temps des dissensions au sein des communautés. Abou Diarra a déclaré que cette initiative vise l’instauration de la paix dans la circonscription administrative de Diéma avant d’émettre le vœu ardent de voir multiplier ce genre de rencontre pour mieux échanger avec les acteurs à la base, afin d’endiguer définitivement les tensions sociales dans le cercle. A l’issue de leurs travaux, les participants ont formulé entre autres recommandations, la multiplication des actions d’information et de sensibilisation pour la prévention et la gestion des conflits, la promotion du dialogue pour le renforcement de la cohésion sociale dans le cercle, la sensibilisation des populations pour éviter de se rendre justice et l’application des textes et lois pour punir les auteurs des incitations à la violence à travers les médias et les réseaux sociaux, Ils ont recommandé également la mise en place d’un cadre de concertation périodique entre les membres de l’association Gambana et les leaders traditionnels, le respect des choix des jeunes pour le mariage quelque soit leur appartenance sociale, l’invitation des autorités traditionnelles à mettre fin à l’appellation « esclave » dans le cercle, l’identification et la matérialisation des pistes de transhumance et la prise de dispositions pour le retour des personnes déplacées ayant abandonné leurs localités pour des motifs esclavagistes. La cérémonie s’est déroulée en présence du président du Conseil de cercle, Makan Koma, du maire Abdoulaye Sissako, du représentant du chef de village, Fousseiny Sissoko, du chef de la mission, Drissa Lacky Gnamba, des Chefs des services techniques et des représentants de la société civile. OB/KM (AMAP)
Le Premier Ministre est arrivé dans la Cité des Askias où il va relancer la construction de la route Sevaré- Gao
Gao, 27 janvier (AMAP) Le Premier Ministre, Dr Boubou Cissé, est arrivé ce lundi, dans la cité des Askia, première étape d’une visite dans les régions de Gao et de Tombouctou, a constaté l’AMAP. Dr Boubou Cissé va relancer les travaux de construction de la route Sevaré- Gao, longue de 555 km, procédera à l’inauguration du système d’adduction d’eau, avant de visiter plusieurs chantiers en cours de démarrage dont le chantier de la salle de spectacle et l’aérogare de Gao. Le Premier Ministre rendra une visite de courtoisie aux notabilités de la ville avant de rencontrer cet après midi les forces vives de la région et poursuivre sa visite à Ansongo où il partagera un repas de corps avec les éléments du détachement des Forces armées maliennes (Fama). Le Chef du Gouvernement entame à partir du mercredi sa mission dans la région de Tombouctou où il visitera le Centre Ahmed Baba, rencontrera les forces vives de Goundam avant de lancer les travaux de redémarrage du chantier du Lycée de la ville de Diré. KM (AMAP)
Communiqué du gouvernement suite à l’attaque du poste des Fama de Sokolo ayant causé la mort de 20 gendarmes
Le Gouvernement de la République du Mali informe l’opinion publique nationale et internationale que le poste des Forces Armées Maliennes (FAMa) de Sokolo, dans la région de Ségou a fait l’objet d’une attaque terroriste, ce dimanche 26 janvier 2020 aux environs de 06 heures. Le bilan provisoire de cette attaque lâche est d’une vingtaine de morts, des blessés et des dégâts matériels importants . Le gouvernement rappelle que des renforts ont été dépêchés sur place et une reconnaissance aérienne est en cours dans la zone pour traquer les assaillants. Le gouvernement du Mali condamne énergiquement cette attaque, s’incline sur la mémoire de ces dignes fils tombés sur le champ de l’honneur, souhaite prompt rétablissement aux blessés. Le gouvernement du Mali exprime toute sa solidarité et ses encouragements aux Forces de défense et de sécurité dans leur mission sacrée de défense de l’intégrité territoriale et de protection des populations. Bamako, le 26 janvier 2020 Le Ministre de la Communication, Chargé des Relations avec les Institutions, Porte-parole du Gouvernement, Yaya SANGARÉ
Niono : 20 soldats tués, plusieurs autres blessés et d’importants dégâts matériels dans une attaque à Sokolo
Niono, 26 janvier (AMAP)Vingt gendarmes ont été tués, plusieurs autres blessés, un important lot de matériels endommagés et emportés, dans une attaque perpétrée par des hommes armés non identifiés ce dimanche au poste de Gendarmerie de Sokolo, localité située à 75 km de Niono, dans la région de Ségou, a appris l’AMAP de sources concordantes. Les mêmes sources précisent que des hommes armés non identifiés ont attaqué dans les environs de 5H 30 le poste de Gendarmerie de Sokolo, faisant 20 morts, plusieurs blessés avant d’endommager un important lot de matériels et d’en apporter. Un renfort a été dépêché sur les lieux et un avion militaire des Forces armées Maliennes ratisse depuis le matin la zone afin de retrouver et de traquer d’éventuels assaillants ou leurs complices selon les mêmes sources qui ne précisent pas la direction prise par les assaillants ou les moyens qu’ils empruntent. MS/KM (AMAP)
Sikasso : Inauguration des nouveaux locaux de l’UNICEF et de la sécurité des Nations Unies
Sikasso, 25 janvier (AMAP) Les nouveaux locaux abritant les bureaux de l’UNICEF et de la Sécurité des Nations Unies (UNDSS) ont été inaugurés jeudi à Sikasso, sous la présidence du Conseiller du Gouverneur, Daniel Dembélé, en présence de la représentante de l’UNICEF, Mme Rosiline Araman, a constaté l’AMAP. Les nouveaux locaux comprennent un bâtiment R+1, une villa de base, 4 bureaux, une salle de réunion et des annexes. Le représentant du Chef de l’exécutif régional a déclaré que l’inauguration d’un nouveau bâtiment pour un partenaire au développement traduit la vision et la volonté de ce dernier à inscrire sa présence et ses interventions dans la durée pour le bonheur des populations locales. Daniel Dembélé a saisi l’occasion pour rappeler que l’UNICEF a fortement contribué à l’atteinte des résultats majeurs dans plusieurs secteurs en 3e région. « Dans le domaine de la santé et de la nutrition, l’Agence a contribué à la réduction de la mortalité néonatale passant de 44 pour mille à 42 pour mille ; quant à l’infanto-juvénile de 121 pour mille à 111 pour mille. Les efforts de l’UNICEF ont également contribué à la réduction de la malnutrition chronique chez les enfants de 0-59 mois, de 35,5% à 31,7% » a-t-il conclu. La représentante de l’UNICEF, Mme Rosiline Araman a, pour sa part, félicité les autorités de Sikasso pour l’intérêt qu’elles ont manifesté pendant cette inauguration ainsi que Dr Moussa Diabaté pour sa contribution dans le réaménagement des locaux , avant de rappeler que ces structures des Nations Unies contribueront à l’amélioration du bien -être des enfants de la région. L’UNICEF qui a ouvert son bureau de zone dans la région de Sikasso en juillet 2013, n’a cessé de s’affirmer comme l’un des principaux partenaires au développement à travers sa contribution dans l’atteinte des résultats tangibles dans les secteurs de la santé, de la nutrition, de l’éducation, de l’eau, de l’hygiène et de la protection sociale. La cérémonie s’est déroulée en présence des représentants de l’administration, des élus, des responsables des services techniques, des représentants de l’Académie et des organisations de la société civile. FD/KM (AMAP)
Niono : Restitution des résultats de la campagne de distribution gratuite de moustiquaires imprégnées
Niono, 25 Janvier (AMAP) Un atelier de restitution des résultats de la campagne de distribution gratuite de moustiquaires imprégnées d’insecticide de longue durée(MILD) dans le district sanitaire a pris fin jeudi à Niono, sous la présidence du sous préfet central, Mme Diassana Fatou Daou, a constaté l’AMAP. Il avait pour entre autres objectifs, de partager les résultats de distribution des MILD par aire de santé, de valider les résultats de distribution des MILD par aire de santé et de recenser les difficultés rencontrées au cours de la campagne. Les participants ont relevé suite à la présentation des résultats, suivie de discussions et d’échanges, que le district sanitaire de Niono a distribué 355.995 moustiquaires sur 357.368 prévues, soit un taux de 98,01%. La représentante du Chef de l’exécutif local a saisi l’occasion pour insister sur l’importance de la prévention du paludisme à travers les campagnes de distribution des MILD. A l’issue de leurs travaux, les participants ont formulé entre autres recommandations, le respect du chronogramme de la campagne, le renfort de la distribution de routine, l’archivage des coupons et souches et le suivi des différentes recommandations par niveau. MS/KM (AMAP)
Kita : Six morts et 28 blessés dans un accident de la circulation sur l’axe Keniéba- Bamako
Kita, 24 janvier (AMAP) Six personnes ont trouvé la mort et 28 autres blessés dont 5 grièvement dans un accident de la circulation ce vendredi, non loin de l’arrondissement de Kokofata, à 74 km de Kita sur l’axe Kéniéba – Bamako, a appris l’AMAP de sources concordantes. Les mêmes sources précisent que le bus de transport de la Compagnie AK Trans en provenance de Kéniéba, s’est renversé dans les environs de 6H30, dans l’arrondissement de Kokofata, à 74 km de Kita, faisant 6 morts et 28 blessés dont 5 grièvement. Informé le préfet de Cercle, Mamadou Diakité à la tête d’une délégation comprenant le procureur du Tribunal de première instance de Kita, le commandant de la compagnie de gendarmerie, des éléments de la protection civile et un personnel socio- sanitaire, s’est rendu sur les lieux du drame, selon les mêmes sources. Nos sources précisent que les victimes ont été acheminées au centre de référence de Kita avant leur inhumation, ainsi que le chauffeur se trouvant dans un état critique et autres blessés pour des soins appropriés. Un témoin qui attribue l’accident à la non observation des règles de la circulation a déclaré que le tronçon de prés de 100m où le drame est survenu ne présente aucun obstacle pour la bonne circulation des engins et que le véhicule en question n’était pas surchargé. Une enquête a été ouverte par la Brigade de Gendarmerie de Kita afin d’élucider les circonstances exactes du drame. KM (AMAP)
Ségou : Alimata Coulibaly, une ébéniste dans un univers d’hommes
Par Abdoulaye TALL Ségou, 24 janvier (AMAP) Le métier d’ébéniste est dominé, encore, dans notre pays, par les hommes. Cependant, depuis peu, des pionnières font leur entrée dans les ateliers. Mme Alimata Coulibaly est, aujourd’hui, menuisière à Ségou, au Centre du Mali. Déscolarisée, elle a choisi le métier du bois. Elle a réussi à faire son trou dans la confection des meubles. L’atelier de l’ébéniste Mme Alimata Coulibaly est situé sur l’avenue conduisant au gouvernorat de Ségou. Les passants des deux sexes qui découvrent, pour la première fois, les installations de la femme ébéniste, marquent le pas. Leur étonnement n’est pas feint. Les gens prennent le temps de fixer dans leur mémoire les traits de l’artisane. Moulée dans un pantalon jean et un tee-shirt, un chapeau sur la tête, elle exerce son métier sans complexe. Les regards des curieux ne la distraient nullement. Nous sommes en pleine révolution dans l’environnement familial et le monde des métiers. Cela est, de plus en plus, patente dans tous les domaines d’activités au Mali. A ce progrès social, des femmes volontaires contribuent, véritablement, profitant des avancées de l’émancipation féminine. Aujourd’hui, de nombreuses femmes évoluent dans des domaines restés longtemps réservés aux hommes. Elles sont menuisières, conductrices de train, chauffeurs de taxi. Bref, plus aucun secteur n’échappe aux braves dames. Ces épouses et leurs filles, qui refusent de rester confinées dans la cuisine, forcent l’admiration et l’étonnement, notamment dans le domaine du transport et de la menuiserie. DONNER VIE AU BOIS – Le métier d’ébéniste n’a plus de secret pour Mme Coulibaly qui passe ses journées à scier, couper, raboter et donner vie au bois. Rien ne prédestinait, cependant, Alimata à ce métier, dans un milieu conservateur. Native de Ségou, elle a effectué ses études fondamentales à Niono. Le Diplôme d’études fondamentales (DEF) en poche, elle est revenue à Ségou où elle a été orientée au lycée Cabral. Après son échec au baccalauréat en 2011, elle a décidé d’abandonner le lycée pour un centre de formation professionnelle. Elle a choisi la menuiserie dont le cycle dure trois ans. Toujours dans sa quête de se frayer un chemin dans ce métier, Alimata a suivi une autre formation supérieure de dix mois. « Je viens d’une famille moins aisée. Je suis mère de deux adorables filles. Je ne pouvais pas me permettre de perdre mon temps au lycée. L’ébénisterie était ma passion depuis toute petite. J’ai eu l’opportunité, je l’ai saisie », confie-t-elle. Son choix a-t-il été approuvé par sa famille, son entourage ? Elle répondra sans hésiter que si elle devait avoir, au préalable, l’approbation des uns et des autres, elle n’aurait pas pu réaliser son rêve. Et le menton volontaire elle fait ce commentaire : « Vous savez déjà ce qu’on pense des femmes travailleuses. Alors, imaginez ce qu’on peut penser des femmes, comme moi, qui ont choisi des métiers longtemps réservés aux hommes ». DÉTERMINATION – Après une brève pause, Alimata ajoute qu’au fil des ans, tous ceux, qui étaient réticents face à son choix, voire sceptiques sur ses chances de réussite, ont fini par se résigner. Se résigner ? « Non. Je dirais plutôt qu’ils ont été séduits par ma détermination, mon courage. Je savais qu’il fallait les convaincre, les séduire à travers mon sérieux et l’amour du travail bien fait », relève l’artisane Alimata qui est du genre à ne pas abandonner face aux difficultés. « Mon secret, c’est mon acharnement à devenir une ébéniste quoiqu’il advienne. J’ai ignoré les moqueries et les mauvaises langues qui me prêtaient d’autre but que la recherche du bien-être », affirme-t-elle. Debout près d’une grande table, une scie à la main, la professionnelle s’attèle à son travail quotidien. Elle propose à la clientèle des tabourets, des tables, des armoires, des lits et des meubles de salon. Aujourd’hui, la qualité du travail de l’artisane est reconnue dans la ville de Ségou. Elle est, de plus en plus, sollicitée par les clients pour le montage des bureaux. Grace à cette activité, Alimata est une femme épanouie. Elle parvient à prendre en charge ses deux enfants et contribue aux dépenses de sa maison. Les débuts et son parcours ont été difficiles. « Quand je proposais mes services, on ne me prenait pas au sérieux. On ne croyait pas à ma capacité à faire un travail de qualité. Dieu merci, j’ai dépassé ce stade. Aujourd’hui, je suis, de plus en plus, sollicitée. Les meubles que je propose à la vente sont vite enlevés. Les bénéfices générés me permettent de faire face à mes dépenses. » Mme Coulibaly aurait pu tirer davantage profit de son métier si elle n’était pas confrontée au manque d’équipements. Et, surtout, elle ne dispose pas encore d’un bon atelier. Ambitieuse, Alimata demande de l’aide pour promouvoir son activité et soutenir son autonomisation. Est-elle en contact avec des associations ou groupements de femmes entrepreneures ? A-t-elle sollicité l’appui des services de microfinance ou des banques pour développer son entreprise ? Elle répond par la négative. Pourtant, l’Etat et ses partenaires ont mis en place plusieurs mécanismes afin d’aider les femmes et les jeunes filles entrepreneures. Alimata exhorte ses sœurs qui n’ont pas encore trouvé leur voie, à se battre. Elles doivent faire siennes ce vieil adage : « Il n’y a pas de sot métier, il n’ y a que de sottes gens ». Dans une société comme la nôtre, la femme doit faire face aux préjugés sociaux. Elle doit s’armer de patience, de courage, de détermination. « Nous devons prouver à travers ce que l’on fait qu’il n’y a pas un métier spécifique pour l’homme ou pour la femme », soutient-elle. « En la matière, explique-t-elle, les femmes ne doivent s’attendre à aucun traitement de faveur ». « Nous devons nous battre pour faire notre chemin lentement mais sûrement. A cœur vaillant rien d’impossible », conseille l’ébéniste dont l’exemple a déjà séduit la jeune Fanta, âgée de 14 ans, qui n’a pas eu la chance d’aller à l’école. Elle est devenue l’apprentie de Mme Coulibaly. Le rêve de Alimata est d’ouvrir un centre d’apprentissage pour les jeunes filles et les femmes qui désirent faire carrière dans l’ébénisterie. Pour réaliser
Diéma : Une croyance populaire veut qu’on ne lave pas le visage de l’enfant, sinon…
Par Ouka Ba Diéma, 23 janvier (AMAP) Dans le Cercle de Diéma, rares sont les mamans qui lavent le visage de leurs enfants, à leur réveil le matin. L’eau ne touche le visage de l’enfant qu’au moment où on procède à son bain ou s’il a mal aux yeux. Un comportement non hygiénique qui, selon les spécialistes, est nuisible à la santé visuelle de l’enfant mais qui perdure toujours. Les moments de bain de l’enfant dépendent, souvent, de la disponibilité de la mère ou, même, de ses humeurs. En période de fraicheur, certaines femmes évitent de plonger, quotidiennement, dans l’eau leur progéniture pour ne pas l’exposer à des maladies respiratoires dont le traitement coûte, parfois, très cher. Elles se contentent de nettoyer le corps de l’enfant avec une éponge mouillée. Selon une croyance populaire, quand on lave toujours le visage de l’enfant, à son réveil, le matin, il deviendra un escroc, il racontera tout ce qu’il verra ou entendra, il sera, d’après Seydou, « comme une vieille cloche qu’on n’a pas besoin de sonner pour cliqueter. Le vœu de chaque femme, n’est-t-elle pas d’avoir des enfants bien éduqués, avec de bons comportements ? Il est, aussi, vrai que tout bon parent a le devoir d’inculquer à ses enfants des qualités et des valeurs communément admises dans la société. C’est pourquoi, au moment de son initiation, l’enfant apprend surtout à garder le secret. « Un enfant doit être maître de sa bouche », déclare, en substance, une femme qui n’a jamais voulu laver le visage de ses enfants, malgré l’insistance de son époux. Dans le campement où habite Binta, une transhumante peulh, on cherche d’abord à boire et à faire abreuver les animaux, avant de songer à se verser de l’eau sur le corps. A propos, la dame n’y voit aucun inconvénient. « Au moment venu, l’enfant se débrouillera, tout seul, pour se laver le visage », renchérit-elle. Une croyance populaire ancrée dans les habitudes des femmes. La règle consiste à laisser l’enfant jusqu’à ce qu’il soit capable de faire, tout seul, son hygiène corporelle. Il pourrait, ainsi, se laver le visage. Peu importe le temps que cela prendra. TENACE SUPERSTITION – Le phénomène est général, y compris chez les femmes censées être des intellectuelles. Soumba fustige cette situation irrationnelle. Elle pense que c’est par paresse que beaucoup de femmes ne font pas, quotidiennement, la toilette de leurs enfants. Superstitieuses ou non, les femmes refusent, du moins, elles se méfient d’aller à contre courant de la croyance populaire si intériorisée et si tenace. Le prêcheur Drissa, répond que « beaucoup de personnes sont hors du chemin de Dieu ». « Laver le visage de l’enfant, à son réveil le matin, ne peut aucunement le transformer en rien. « C’est une idée à bannir. L’Islam conseille la propreté », poursuit le religieux, qui prenait goulûment son petit déjeuner, avant d’embarquer dans un bus. Aliou, rencontré en ville, soutient que scientifiquement, cette allégation ne tient pas debout. « En aucune manière, le simple fait de laver le visage d’un enfant, ne peut influer négativement sur son comportement. Au contraire, cela contribue à son bien-être », dit-il, en grinçant des dents. Méconnaissant, jusque-là, les raisons de cette pratique qu’elle qualifie de sale, la présidente de la Coordination des associations et organisations féminines (CAFO), Mariam Soucko, compte désormais insérer dans son programme, avec l’aide de certains partenaires, des activités de sensibilisation sur le lavage du visage des enfants, compte tenu des nombreuses maladies oculaires auxquelles ceux-ci s’exposent. Interrogé sur le sujet, l’assistant médical en ophtalmologie, Salif Sidibé, a signalé que ne pas laver le visage de l’enfant, à son réveil, « pourrait entraîner chez lui des maladies oculaires dangereuses, notamment le trachome ». L’ophtalmologiste explique qu’au cours de ses tournées périodiques de dépistage et de chirurgie de la cataracte, dans les aires de santé, il essaie de convaincre les parents de prendre des mesures pour une meilleure prévention de la conjonctivite chez leurs enfants. Cette croyance n’est pas totalement effacée de l’esprit des populations, Loin s’en faut. Les enfants du Cercle de Diéma continuent d’en souffrir. OB/MD (AMAP)
Marche des enseignants à Kayes
Kayes, 23 janvier (AMAP) Le Collectif des syndicats d’enseignants signataires du 15 octobre 2016 a organisé, jeudi, à Kayes une marche pacifique pour exiger l’application de l’article 39 qui leur confère une augmentation des salaires à hauteur de 20%, a constaté l’AMAP. Les marcheurs sont partis de la Tribune de l’indépendance au gouvernorat, en passant par le rond-point Harlem et le camp militaire. Peu après l’arrivée, le gouverneur de la région de Kayes, Mahamadou Zoumana Sidibé, est allé rencontrer les organisateurs de la marche rassemblés devant le portail du gouvernorat. Il ressort des différentes interventions que les enseignants, tout comme les parents, n’entendent pas baisser les bras tant que le gouvernement ne créera pas les conditions de la reprise des cours dans les écoles (préscolaire, fondamentale et secondaire). « Je vais transmettre votre déclaration à qui de droit. Vous (les enseignants) êtes essentiels. L’activité de l’enseignant est primordiale dans la vie de la nation. Vous êtes au départ et à l’arrivée de tout. Revendiquez vos droits dans l’ordre et la discipline », a déclaré le gouverneur Mahamadou Zoumana Sidibé. Le discours du gouverneur a été fortement apprécié par les organisateurs de la marche. Cette marche a enregistré la participation des enseignants à la retraite. Toutes les écoles publiques de la Cité des rails sont affectées par la grève de 14 jours qui a débuté le 21 janvier 2020. La participation des écoles privées à ces mouvements fait l’objet de débats au sein du Collectif des syndicats. BMS/MD (AMAP)

