Kayes : Une partie de Attbougou sans électricité ce week-end à cause d’un problème technique
Kayes, 18 mai (AMAP) Les premiers habitants de Attbougou et leurs voisins de l’Ouest ont été privés d’électricité, pendant ce week-end, à cause d’une panne technique, a constaté l’AMAP sur place. L’interruption du service d’électricité a commencé depuis vendredi aux environs de 21 heures. Les habitations du premier secteur des logements sociaux et quelques-unes de Soutoucoulé (Ouest de Attbougou) étaient toutes plongées dans le noir, En ces temps de forte chaleur, cette coupure est difficilement supportable pour les habitants. Pendant cette période, comme avant la panne, beaucoup de personnes rejoignaient la terrasse (le toit en béton) de leur maison pour y passer la nuit. Dormir en plein air où l’on peut respirer de l’air frais, est devenu une habitude pour la plupart des populations de Kayes, en cette période de canicule. « Il n’y a pas de courant pour faire marcher nos ventilateurs et réfrigérateurs, voir les ordinateurs. Nous sommes obligés de dormir dans la cour ou sur les terrasses de nos maisons pour avoir de l’air. Des messages d’apaisement ont été véhiculés dans la mosquée de ATT Bougou », a déclaré un habitant de la zone. A Energie du Mali (EDM) de Kayes, on nous a expliqué qu’il s’agissait d’un problème de transformateur. « Après avoir eu vent de ce problème technique, l’EDM a dépêché une mission sur Bamako, samedi, pour aller chercher un transformateur. Cette mission est retournée dimanche avec un nouveau matériel. Nos techniciens sont déjà sur le site depuis ce matin (lundi) et l’électricité devait être rétablie, au plus tard, dans l’après-midi », a assuré EDM de Kayes. BMS/MD (AMAP)
Kita : Deux morts dans un accident de la circulation dans la Commune de Kokofata
Kita, 17 mai (AMAP) Deux personnes notamment un chauffeur et son apprenti ont trouvé la mort samedi, dans un accident de la circulation entre les villages de Balinda et Dalama à 5km de la ville de Kokofata, dans le Cercle de Kita, a appris l’AMAP de source locale. Un camion remorque immatriculé TH 4031 L contenant du ciment, parti du Sénégal pour le Mali a fait un accident entre les villages de Balinda et Dalama à 5km de la ville de Kokofata, occasionnant la mort du conducteur et de son apprenti selon notre source qui ne précise pas les circonstances de l’accident. Notre source précise qu’un autre gros porteur a aidé à soulever le camion pour le remettre sur ses roues. Le préfet et le commandant de la brigade de gendarmerie ont dépêché une mission sur les lieux pour acheminer les corps des victimes à la morgue de Kita et déterminer les circonstances exactes du drame. JF/KM (AMAP)
Une trentaine de terroristes neutralisés par les Fama à la Frontière du Burkina
Bamako, 16 mai (AMAP) Les Forces Armées Maliennes (Fama) ont neutralisé une trentaine de terroristes vendredi, à la Frontière du Burkina Faso, a appris l’AMAP de source sécuritaire. La même source précise que dans l’après –midi du vendredi, une trentaine de terroristes ont été neutralisés par les forces loyalistes dans la zone frontalière du Burkina Faso. Selon notre source les Forces Armées Maliennes (Fama) ont récupéré aux terroristes 25 motos et d’importants matériels et équipements. KM (AMAP)
Ténenkou : Réhabilitation et équipement du bâtiment abritant les urgences
Ténenkou, 16 mai (AMAP) La cérémonie d’inauguration du bâtiment abritant les urgences réhabilité et équipé entièrement par l’ONG Médecins sans frontières France (MSF) a été présidée jeudi à Ténenkou, par le sous préfet de Toguéré coumbé, Mandé Sidibé, a constaté l’AMAP. Le représentant du chef de l’exécutif local a remercié MSF pour cette œuvre humanitaire avant d’inviter l’ensemble des agents de santé à s’investir pleinement pour la satisfaction des besoins des patients. Le médecin chef du Csréf, Dr Amadou Coulibaly a déclaré que cette unité qui vient à point nommé va non seulement renforcer le plateau technique mais aussi diminuer le taux de référencement. Le représentant de MSF, Dr Keita, s’est dit très heureux avant de réaffirmer l’engagement de sa structure à accompagner les populations pour leur plein épanouissement. L’annonce a été faite que la prise en charge sera gratuite comme pour les femmes enceintes et les enfants, pour tous les patients qui seront admis aux urgences. Dans le cadre de l’amélioration des conditions de vie et de travail des agents de santé et des patients, MSF a déjà commencé les travaux de construction du village maman pour accueillir les femmes enceintes mais aussi la réhabilitation du bloc opératoire et du laboratoire. La cérémonie de lancement s’est déroulée en présence du 2e adjoint au maire Soumaïla Coulibaly, du chef de village de Ténenkou, du président de la Felascom, des représentants du Haut conseil islamique local, de la CAFO et de la jeunesse. AS/KM (AMAP)
Communiqué du gouvernement de la République du Mali suite à l’assassinat du Chef du MOC de Gao
Le Gouvernement de la République du Mali informe l’opinion publique nationale et internationale que le Chef du Mécanisme Opérationnel de Coordination (M.O.C) de Gao, le Colonel Oumar ABBA SOUMARE, agressé par des inconnus à bord de son véhicule, ce jeudi 14 mai 2020 a finalement succombé à ses blessures. Le Gouvernement de la République du Mali condamne énergiquement cet acte barbare et crapuleux. Une enquête a été ouverte et les forces de sécurité de la région sont mobilisées pour rechercher les coupables et les traduire devant la justice. Le Mali perd en Le Colonel Soumaré l’un de ses dignes fils, un militaire patriote et engagé pour la paix. En la circonstance, le Gouvernement du Mali s’incline respectueusement devant la mémoire de l’illustre disparu et présente ses condoléances les plus attristées à sa famille. Le Gouvernement réaffirme son engagement indéfectible aux côtés des FAMa dans l’accomplissement de leur mission régalienne de sécurisation des citoyens maliens et de protection de l’intégrité du territoire national. Bamako, le 15 mai 2020 Le Gouvernement, Le Ministre de la Communication, Chargé des Relations avec les Institutions, Porte-parole du Gouvernement Yaya Sangaré Officier de l’Ordre National
Filière apicole : Les acteurs misent sur une meilleure promotion
Par Anne-Marie KEÏTA Bamako, 15 mai (AMAP) Le Mali dispose d’une flore abondante et diversifiée qui permet aux abeilles de s’approvisionner en nectar et pollen et de produire un miel de qualité. En outre, les producteurs de miel du pays disposent, aujourd’hui, de nouvelles techniques pouvant leur permettre d’accroitre et d’améliorer leur production. L’apiculture offre des opportunités à saisir pour résoudre le problème d’emplois, améliorer les revenus des ménages et assurer la sécurité alimentaire. Elle est, selon ses acteurs, une activité d’intérêts multiples, notamment, économique, écologique, alimentaire et thérapeutique. C’est pourquoi, le gouvernement accorde beaucoup d’importance à cette filière émergente. Déjà, les objectifs de production de miel pour les campagnes agricoles 2019, 2020, 2021 sont estimés, respectivement à 850, 1.520 et 1.670 tonnes de miel (9è session du Conseil supérieur de l’agriculture, mars 2019, ndlr). Selon ces prévisions, on peut affirmer que l’apiculture est une filière qui se professionnalise et qui figure déjà en bonne place parmi les filières émergentes, grâce à l’engagement des autorités et aux soutiens des partenaires techniques et financiers. Pour accroître la production et améliorer la qualité du miel et de la cire, le gouvernement, à travers le ministère de l’Elevage et de la Pêche, a mis l’accent sur l’amélioration des techniques de production, de récolte, de transformation et de conditionnement du miel et l’équipement des apiculteurs. L’accès des producteurs à la formation et l’acquisition des kits d’apiculture ont permis aux apiculteurs d’augmenter la production de miel et la qualité, répondant ainsi aux normes standard pour l’exportation. Les apiculteurs ont, désormais, entre leurs mains toute la technologie qui leur permettra de fournir un produit labélisé, qui pourra être vendu dans les supermarchés des plus grandes villes. Avec ces équipements, ils peuvent produire plus de miel et de cire tout en préservant les colonies d’abeilles qui étaient auparavant exterminées par le feu du fait de l’extraction traditionnelle du miel. L’acquisition des équipements offerts par l’Etat a permis à Seydou Dolo de produire plus de miel que d’habitude. Ce producteur écoule sur le marché local plus de 50 litres de miel par jour. L’activité constitue pour lui une véritable source génératrice de revenus pour toute sa famille. Les effets positifs de la consommation du miel ne sont plus à démontrer. « Mais, cet aliment nutritif fait souvent l’objet de fraudes qui le dénaturent, notamment par ajout de sucre par les revendeurs », fait remarquer Assétou Diarra, une revendeuse. Pour Boubacar Ballo, un autre revendeur, les lignes sont en train de bouger puisque notre pays est très avancé dans l’exportation du miel vers les pays européens. «L’apiculture a un lendemain meilleur, car, il y a la volonté d’aller de l’avant et dans l’intérêt de beaucoup de producteurs», dira-t-il, avant d’ajouter que le secteur peut être mieux valorisé, s’il bénéficie d’investissements adéquats et d’une bonne organisation des acteurs. Pour améliorer la production, certains producteurs s’organisent en groupement, association et coopérative. Ces différents groupements créent des réseaux de distributions dans les alimentations et grandes boutiques à travers la ville de Bamako. Avec l’implication de toutes les parties prenantes, l’appui du Bureau interafricain des ressources animales de l’Union africaine (UA-BIRA), à travers le projet «Abeilles», a permis au Mali de mettre en place une plateforme apicole nationale. Cette plateforme a pour objectif de contribuer au développement de l’apiculture pour faciliter la mobilisation des acteurs, la mise en œuvre des décisions de la Plateforme apicole africaine. Elle pourra, aussi, rassembler et coordonner les actions et les intérêts des parties prenantes, en tant que mécanisme national. Malgré ces atouts de la filière apicole, les professionnels évoquent certaines difficultés. Selon Bouba Diarra, les producteurs de miel sont désorganisés et cette mauvaise organisation joue sur le développement de la filière. A cela s’ajoute le manque de financement des projets apicoles. Bouba Diarra explique que pour faire de l’apiculture, il faut disposer de moyens nécessaires et suivre une formation professionnelle. Or, l’accès à ce financement est très difficile et ce, malgré les efforts du ministère de l’Elevage et de la Pêche. « Aussi, souligne-t-il, la filière apicole n’a pas beaucoup de partenaires techniques et financiers ». Bouba Diarra demande le soutien des autorités pour inciter les jeunes à faire la filière apicole. Une chose est de produire et une autre est de tirer des bénéfices de la production. Ainsi, les acteurs évoquent également des contraintes liées à la commercialisation, les produits apicoles n’étant pas bien commercialisés. Selon Mamadou Fomba, producteur de miel, le secteur apicole fait face à un problème d’organisation des acteurs impliqués dans la production. «Chacun agit de son côté et vend à son prix. Certains vendent le litre à 1500 Fcfa, d’autres à 1000 Fcfa, toute chose qui ne permet pas aux producteurs de profiter de leur activité. Et d’ajouter que les autorités et les partenaires techniques et financiers doivent en tenir compte afin d’y apporter des solutions. Mais ces difficultés, renchérira Mamadou Fomba, l’apiculture malienne a des lendemains meilleurs. AMK/MD (AMAP)
Covid-19 : Les soirées de lutte traditionnelle du ramadan n’auront pas lieu cette année
Ténenkou, 15 mai (AMAP) Les traditionnelles soirées de lutte pendant le mois de ramadan avaient bien démarré, la première soirée du mois de jeûne, ont été suspendues, compte tenu des mesures prises par les autorités pour enrayer la propagation du Covid-19, notamment l’interdiction des regroupements de plus de 50 personnes. Les autorités administratives ont invité les jeunes à sursoir à cette activité. Les jeunes ont accepté mais sont tous déçus de cette situation. La lutte traditionnelle est l’une des activités traditionnelles les plus prisées par les populations de Ténenkou. Ici, elle suscite passion et engouement. Chaque année, tout au long du mois de ramadan, les jeunes hommes issus de la communauté des « rhimaïbé » des quartiers Ouro Ameri et Loumorde s’affrontent tous les soirs. Malgré le fait que ces compétitions se déroulent pendant le carême, elles mobilisent énormément de monde. Plus qu’un jeu, ces soirées de lutte sont des moments de communion où l’on retrouve toutes les générations parmi les spectateurs (hommes, enfants et jeunes filles) qui chantent et font les louanges des lutteurs pour les galvaniser. Il n’y a ni trophée, ni prime pour les lutteurs mais le lutteur peut gagner la notoriété, la gloire qui lui permettront d’être cité chaque fois qu’on parlera de lutte traditionnelle dans la ville. C’est pour cela que tous les lutteurs mettent tout en œuvre pour gagner le maximum de combats. Des marabouts et des charlatans en tout genre sont fortement sollicités par les lutteurs et leurs parents en cette période parce que personne ne souhaite être la risée des autres. C’est la première fois, depuis plus de cent ans, que la lutte traditionnelle du mois de ramadan ne se tient pas. Même la crise sécuritaire qui frappe le cercle, depuis huit années, n’a pas eu raison de cette lutte traditionnelle que tout le monde connaît ici et appelle le « sipirowel ». AS/MD (AMAP)
Campagne agricole 2020/2021: Le prix du kg de coton est de 200 Fcfa (PDG de la compagnie cotonnière)
Dioila, 15 mai (AMAP) Le président directeur général de la Compagnie malienne de développement du textile (CMDT), Baba Berthé, a annoncé le prix de base du coton de la campagne agricole 2020/2021 qui est de 200 Fcfa. M. Berthé, en visite à Dioila et Fana, dimanche dernier, pour expliquer aux acteurs la conjoncture économique mondiale qui a influencé le prix du coton, a indiqué que cette baisse de prix est due à la situation mondiale difficile en raison des guerres commerciales et de la pandémie du Coronavirus. « Cette nouvelle situation difficile est, tout simplement, liée aux cours mondiaux du coton, eux-mêmes liés à la maladie du Covid-19 », a-t-il dit. En compagnie de plusieurs membres de son service et certains responsables des producteurs de coton, Baba Berthé a, également, annoncé que l’engrais ne sera plus subventionné. L’État va aider les cotonculteurs à hauteur de dix milliards de Francs cfa. Cette somme, selon M. Berthé, a permis aux responsables de majorer le prix du kilo du coton à 215 Fcfa. Comme moyens de sortir la tête de l’eau, M. Berthé a proposé aux paysans d’augmenter le rendement à l’hectare. Le PDG de la CMDT a invité les cotonculteurs « à garder espoir ». Les cotonculteurs, qui ont promis de continuer la production du coton au Mali, ont sollicité une augmentation de la subvention de dix milliards de l’État. En réponse, le premier responsable de la CMDT a promis de transmettre la requête des cotonculteurs. La rencontre présidée par le premier adjoint au préfet de Dioila, Adama Togola, avait été précédée par une visite de courtoisie aux autorités coutumières de la ville. DF/MD (AMAP)
Tominian : Il assassine sa femme en brousse et essaie de fuir
Tominian, 14 mai (AMAP) Un jeune homme d’une trentaine d’années, natif du village de Founé, dans la commune rurale de Diora, a assassiné sa femme, le 1er mai 2020, a appris l’AMAP de sources locales. L’épouse de Sabéré Keita, blessée, avait été conduite au Centre de santé communautaire (CSCOM) par le frère du mari. Le médecin soignant, qui a relevé des coups et blessures volontaires, aurait refusé de prendre en charge la victime. Il a exigé la présence du mari. Sous la pression de ses parents, Sabéré aurait conduit son épouse, à moto à Diora. Mais, il ne se rendra pas CSCOM. Il a traversé le village et continué sur la route de Kenesso, au sud du chef lieu de commune. C’est là qu’il a décidé d’achever son épouse. D’après une autre source, il aurait tranché la gorge de la victime avant de l’abandonner dans la broussaille. Le corps sans vie a été retrouvé par des passants. Selon des témoins, le meurtrier est revenu au village, comme si de rien n’était. Il a pris la fuite, quelques heures après, puis a appelé ses parents pour leur avouer son crime. Après des recherches, des habitants de son village l’auraient retrouvé à environ 6 kilomètres, dans la brousse, puis remis à la gendarmerie de Mandiakuy. Lors de son audition à la brigade de gendarmerie, il aurait reconnu les faits. Il a été déféré à la Maison d’arrêt de Tominian. La victime a été enterrée, dimanche, en l’absence de sa famille, mais en présence des autorités communales, selon d’autres sources. Selon le secrétaire général de la mairie de Diora, le Procureur a été informé de cette affaire avant l’inhumation. Le couple était marié depuis environ six mois. ST/MD (AMAP)
Ramadan : Le « Salalawalé » ou la ronde nocturne des enfants a commencé
Par Ouka BA Diéma 13 mai (AMAP) Le « Salalawalé », pratique traditionnelle qui existe depuis des temps immémoriaux, consiste, à partir du 10e jour du mois de ramadan, pour les enfants de 8 à 15 ans, à se réunir toutes les nuits, en petits groupes séparés. Ces bandes de garçons ou de filles, se rendent dans les maisons pour demander de l’aumône à celles qu’ils appellent les ‘’déba gnoumou’’, c’est-à-dire les bonnes mères. Celles-ci, reconnues pour leur bonté et leurs largesses envers les enfants d’autrui, ont leur place réservée au paradis. Cette coutume ancestrale, qui permet de renforcer la cohésion sociale et la solidarité au sein des communautés, garde toujours ses valeurs intrinsèques dans les campagnes même si elle a moins de considération dans les grandes villes. Les filles entonnent des chansons, évoquant plusieurs fois le nom du prophète Mohamed (PSL), et sa fille Fatoumata. L’une d’entre elles, chargée du ‘’Ji doundoun’’, tapote sans cesse, à l’aide de deux bâtonnets, longs et solides, une petite calebasse renversée dans un récipient, généralement une grande calebasse, ou une bassine en plastique, remplie d’eau. De leur côté, les garçons, se comportent en véritables bouffons. Habillés avec des sacs de jute confectionnés, chapeaux de paille sur la tête, ils se livrent à une danse propre à eux, claudiquant et tournoyant. Si ce spectacle grotesque, fait tordre de rire Sané, une autre femme, de tempérament un peu nerveuse, renvoie les enfants qui viennent souvent perturber son sommeil, avec leur litanie, ‘’Aw ma yogoro yé wa Yogoro sè kotiobé, Yogoro bolo kotiobé…’’. Ils n’en finissent pas, ces gamins, de dandiner, ‘’jigui dianga solo’’, famaden pogotigui’’. Tout à-coup, un enfant se vautre dans la poussière, immobile comme un mort. Alors ses compagnons se mettent à implorer en ces termes : ‘’mousso ni ma bo dondonli sara’’, (femme, si tu ne sors pas, la guêpe maçonne vient de rendre l’âme… faisant allusion à l’enfant resté sans signe de vie. Ce dernier demeure dans cette posture jusqu’à ce que le cadeau arrive : mil, riz, arachide, pièces de monnaie, etc. Rarement, ils acceptent les restes d’aliment. Une fois le cadeau reçu, l’enfant étalé bondit sur ses deux jambes. Dans le cas contraire, si les enfants ne gagnent rien dans une maison, certains, les plus impolis, maudissent, invectivent même les occupants. Certains vont jusqu’à lancer : « Nous ne sommes pas des affamés. C’est par respect de la coutume ». Koria donne sans arrière-pensée, chaque fois que des enfants pénètrent dans sa maison. Cette femme pieuse soutient que tout ce qu’on donne pendant ce mois béni de ramadan est doublement récompensé par Dieu. C’est pourquoi, Koria est allée faire de la petite monnaie afin d’avoir des jetons à distribuer aux enfants. Les prestations des enfants ne se passent pas, toujours, sans histoires. Il arrive, parfois, que des garçons pourchassent des filles et les dépouillent de leurs gains. Ce genre de situation peut dégénérer sur des conflits entre parents, voire même entre familles. Chacun voulant défendre la cause de sa progéniture. Ce n’est pas pour rien qu’Aïchata a interdit à sa benjamine, l’homonyme de sa maman, de franchir le portail de la maison. « Chaque fois que « M’batogoman » sortait, dit-elle, en surveillant le « kinkéliba » sur le feu, elle rentrait en pleurs ». Bandiougou, ce conservateur, est intarissable sur le « Salalawalé ». Le visage tiré par la fatigue, l’homme énumère les multiples avantages du « Salalawalé ». Selon lui, ce brassage permet aux enfants de se connaître, d’échanger des nouvelles, de se récréer, de partager des moments de joie et de renforcer la solidarité au sein de la société. « Rares sont ceux de notre âge qui ne se sont pas pliés à cet exercice durant leur enfance », ajoute-t-il. Il plaide pour que le « Salalawalé » soit à tout prix maintenu et perpétué, comme tant d’autres de nos pratiques. « Nous devons mieux sauvegarder nos coutumes et nos mœurs menacées de disparition », insiste-t-il. Comme l’illustre, clairement, la sagesse : « Connais-toi, toi-même ». « C’est en cela que réside justement notre identité réelle », estime-t-il. OB/MD (AMAP)

