Communiqué de la session extraordinaire du conseil supérieur de la défense nationale du 17 mars 2020
Son Excellence Monsieur Ibrahim Boubacar Keïta, Président de la République, Chef de l’Etat, a présidé ce mardi 17 mars 2020, à Koulouba, une réunion extraordinaire du Conseil Supérieur de la Défense Nationale (CSDN) à laquelle ont pris part, outre les ministres concernés, les experts du Comité Scientifique du Ministère de la Santé et des Affaires Sociales et ceux de la Défense. L’ordre du jour unique a porté sur les mesures relatives à la Pandémie du coronavirus au Mali. Même si tous les cas suspects notifiés au Mali ont été testés négatifs, la menace demeure, d’où la nécessité d’une plus grande vigilance. Par conséquent, le Conseil Supérieur de la Défense Nationale a pris les mesures importantes suivantes à compter du jeudi 19 mars 2020 : 1. la suspension jusqu’à nouvel ordre, des vols commerciaux en provenance des pays touchés, à l’exception des vols cargos ; la fermeture des écoles publiques, privées et confessionnelles (maternelles, primaires, secondaires et supérieures) y compris les medersas et ce, pendant trois (3) semaines; la suspension jusqu’à nouvel ordre, de tous les regroupements publics y compris les ateliers, les colloques, les séminaires, les meetings populaires ; l’interdiction jusqu’à nouvel ordre, des regroupements à caractère social, sportif, culturel et politique de plus de cinquante (50) personnes, sous réserve du respect des gestes-barrières. Il s’agit des mariages, des baptêmes, des funérailles ; La fermeture jusqu’à nouvel ordre des boites de nuit et bars dancings. Par ailleurs, en ce qui concerne les rassemblements à caractère religieux, le gouvernement engagera incessamment des consultations avec les responsables du Haut Conseil Islamique, de la Ligue des Imams, des Eglises Catholiques et Protestantes ainsi qu’avec d’autres autorités religieuses et cultuelles du Mali afin de convenir des mesures appropriées pour assurer la santé des fidèles. Son Excellence Monsieur le Président de la République exhorte l’ensemble des populations vivant au Mali à la responsabilité et au strict respect des mesures de Santé Publique. Vu l’urgence de la situation, le Président de la République a décidé la mise en place d’une enveloppe initiale de six milliards trois cent millions (6 300 000 000) F CFA pour lutter contre la pandémie de Coronavirus.
Tominian : Réunion du comité de pilotage des épidémies sur le Coronavirus
Tominian, 17 mars (AMAP) Le préfet de Cercle, Zoumana Norbert Dembélé a présidé ce mardi, une réunion d’informations sur l’épidémie du Coronavirus qui sévit dans des pays frontaliers et dans plusieurs endroits à travers le monde, a constaté l’AMAP. La rencontre s’est déroulée en présence du maire de la commune rurale de Tominian, Boba Abed Négo Dakouo, des membres du comité local de pilotage des épidémies du cercle, des représentants de la Direction régionale de la Santé (DRS) de Ségou et de STOP-TEAM/OMS. Le Chef de l’exécutif local a saisi l’occasion pour remercier les responsables locaux pour leur présence avant de les inviter à prendre les mesures nécessaires pour prévenir cette épidémie dans le cercle. « Nous ne voulons pas être surpris dans notre cercle particulièrement et de façon générale dans notre pays d’où l’objet de la présente rencontre » a déclaré le Médecin chef du District Sanitaire de Tominian. Les participants ont échangé sur entre autres, l’historique de la maladie de coronavirus, ses modes de transmission, les symptômes et moyens de protection contre l’épidémie. ST/KM (AMAP)
Région de Ségou : Le Commandant du Secteur Centre sur le terrain pour rehausser le moral des troupes
Ségou, 17 mars (AMAP) Le commandant par intérim du secteur centre de l’opération « Maliko », le colonel major Félix Diallo s’est rendu, la semaine dernière à Diabaly, Alatona et Macina, dans la Région de Ségou pour rehausser le moral des troupes, dans le cadre de la réussite de leur mission régalienne de sécurisation du pays, a appris l’AMAP de source officielle. Le colonel major Félix Diallo, qui était accompagné du commandant de la 2ème Région militaire, le colonel Didier Dembélé et plusieurs autres chefs militaires, voulait s’imprégner des conditions de vie et de travail des hommes sur le terrain. Le nouveau commandant du secteur centre a assuré le commandement et les troupes sur le terrain de son soutien face aux difficultés qu’ils vivent quotidiennement dans la sécurisation du pays. Les échanges entre le responsable militaire du Centre, la hiérarchie et les soldats sur le terrain ont essentiellement tourné autour des conditions de vie et de travail des hommes engagés dans les opérations. Le colonel major Félix Diallo a félicité la hiérarchie militaire et les soldats engagés sur le terrain pour leur engagement et leur dévouement patriotique, avant de les instruire de conjuguer leurs efforts pour la sécurisation des élections du 29 mars prochain. OD/KD (AMAP)
Réhabilitation du Tombeau des Askia : La Fondation Aliph finance pour plus de 300 millions de Fcfa
Bamako, 17 mars (AMAP) Le projet de réhabilitation du site du Tombeau des Askia, cofinancé avec l’Etat malien et l’Alliance internationale pour la protection du patrimoine dans les zones en conflit (Aliph) qui va mobiliser 500.000 dollars, soit environ 300 millions de Fcfa, a été solennellement lancé, le 10 mars dernier, à Gao, a-t-on appris, jeudi, Lors d’une conférence de presse, au ministère de la Culture, le secrétaire général du département, Yamoussa Fané, a insisté sur l’importance de la réhabilitation de ce patrimoine culturel. Le site du Tombeau des Askia, construit en terre, en 1495 par l’empereur songhay, Askia Mohamed, comprend un tombeau pyramidal et une mosquée. Celle-ci, l’une des plus grandes de la ville est encore utilisée par les habitants. Le site ne présente pas de signe flagrant de dégradation mais est soumis à un risque structurel. « Le plan de réhabilitation, qui s’étend sur deux ans, jusqu’en 2022, doit permettre de sauvegarder « un témoignage spectaculaire de la richesse du patrimoine malien », a déclaré Valery Freland). « Concrètement la réhabilitation consistera à restaurer certains piliers qui soutiennent la toiture, la réfection de la toiture car, plusieurs couches de banco ont été déposées sur les murs au cours des différents crépissages annuels. Cela commence à peser assez lourd », a déclaré le directeur national du patrimoine, Moulaye Coulibaly. A cela s’ajoute la réfection du mur d’enceinte et de la mosquée attenante au tombeau, entre autres. Le Tombeau des Askia représente un pan important de l’histoire du Mali, de son savoir-faire et du désir de vivre ensemble de ces populations. Il est surtout le symbole d’un islam tolérant et ouvert sur le monde. Classé au patrimoine mondial en 2004, le site a été ajouté en 2012 sur la liste du patrimoine en péril en raison des turbulences enregistrées au Mali, depuis 2012. Lorsqu’un groupe jihadiste avait occupé Gao, pendant dix mois, la population de la ville avait protégé avec détermination ce patrimoine qui demeure l’un des principaux héritages de la culture songhay dont le peuple régna sur un large empire ouest-africain entre les 15e et 16è siècles. Créée en 2017 sous l’impulsion de la France, l’Aliph est une organisation internationale de sauvegarde du patrimoine en zone de conflit. Huit pays en sont les bailleurs parmi lesquels la France, les Émirats Arabes Unis et l’Arabie saoudite. Elle subventionne, aussi, au Mali, un second projet sur la réhabilitation des manuscrits anciens de la mosquée de Djinguirayber de Tombouctou. « Aliph finance, actuellement, 50 projets pour un coût total de 17 millions de dollars », a révélé Valéry Freland. Chaque année, la fondation fait un à deux appels à projets. Mais, elle peut intervenir, en urgence, sur des cas dont elle est saisie, soit par des Etats, soit par des associations. La ministre de la Culture, Mme Ndiaye Ramatoulaye Diallo et de l’ancien Premier ministre Ousmane Issoufi Maïga, étaient présents à la conférence de presse. YD/MD (AMAP)
Ténenkou : Les opérations de distribution des cartes d’électeurs se déroulent normalement
Ténenkou, 17 mars (AMAP) Les opérations de distribution des cartes d’électeurs qui ont débuté le 10 mars dernier, se poursuivent et se déroulent normalement à Ténenkou, localité située dans la région de Mopti, au centre du pays, a appris l’AMAP de source officielle. « Aucun incident n’a été signalé depuis le démarrage de la distribution des cartes d’électeurs et sur les 6988 cartes reçus, 3379 ont été enlevés à la date d’aujourd’hui, soit un taux de retrait de 48,35% » a déclaré le président de la commission de distribution des cartes de la commune urbaine de Ténenkou, Ibrahim Sow. Une équipe d’une dizaine de personnes représentant les différents partis politiques s’occupe de la distribution des cartes au sein de l’ancienne mairie de la commune urbaine de Ténenkou. Compte tenu du contexte sécuritaire actuel dans le cercle, la ville de Ténenkou constitue un enjeu majeur pour les différents candidats qui n’ont pas été vus sur le terrain depuis le démarrage de la campagne électorale, selon un interlocuteur qui a requis l’anonymat. AS/KM (AMAP)
Dioila : Le Gouverneur supervise les opérations de distribution des cartes électeurs dans sa circonscription
Doïla, 16 mars (AMAP) Le Gouverneur de la région de Doïla, Dédéou Bagna Maïga a entamé le 13 mars dernier une visite de terrain afin de s’assurer du bon déroulement de la distribution des cartes d’électeurs dans sa circonscription, a constaté l’AMAP. Le chef de l’exécutif de la 12ème région administrative du Mali s’est rendu dans les communes de Kaladougou,Guegneka et Zan Coulibaly afin de constater lui même les conditions de distribution des cartes d’électeurs. Le Gouverneur de région a constaté dans ces localités une faible affluence dans le retrait des cartes d’électeurs, à en croire les équipes de distribution. Dédéou Bagna Maïga a fait appel à la responsabilité de tous en invitant les radios locales, les griots et les chefs de village à s’impliquer afin de réussir de bonnes élections avec au préalable un fort taux de retrait des cartes d’électeurs. DF/KM (AMAP)
Kangaba échange sur la formation professionnelle, l’insertion et l’appui à l’entrepreneuriat des jeunes ruraux du cercle
Kangaba, 16 mars (AMAP) Le Secrétaire général du conseil de Cercle, Soumaila N’Diaye a présidé vendredi à Kangaba, les travaux de la 1ère session du Comité Qualité Cercle (CQC) de l’année 2020 du Projet de formation professionnelle, d’insertion et d’appui à l’entrepreneuriat des jeunes ruraux (FIER) du cercle, a constaté l’AMAP Les participants ont échangé sur entre autres, la situation de l’avancement de la mise en œuvre du Projet, l’examen et l’analyse des demandes des jeunes dans le cercle. Le représentant de l’Unité de Coordination régionale FIER de Koulikoro, Salif Traoré a remercié les participants pour leur présence, avant de faire l’état de l’avancement du projet FIER dans le cercle de Kangaba. S’agissant de l’examen et de l’analyse des demandes des jeunes, le CQC a adopté une approche participative impliquant l’ensemble des membres à toutes les phases du processus. Les étapes d’examen et d’analyse ont été respectées suivant les trois niveaux à savoir, l’examen de conformité, l’examen d’éligibilité et l’examen qualité des dossiers qui consiste à octroyer des points aux demandes sur la base des critères indiqués dans la grille d’évaluation. Le comité a siégé sur 295 requêtes dont 265 pour les activités génératrices de revenus (AGR), 29 pour la micro entreprise, et 01 tutorat. Sur ces 295 dossiers examinés, 286 demandes ont été acceptées soit 97%, 05 demandes ajournées soit 1,7% et 04 demandes rejetées soit 1,3%. L’insuffisance d’informations, les idées de projet non éligibles, le dépassement de l’âge et la double demande pour la même personne sont les motifs des ajournements et des rejets des dossiers. A l’issue de leurs travaux, les participants ont formulé entre autres recommandations, de diligenter le décaissement des fonds des jeunes bénéficiaires en cours de financement, de diligenter le processus d’ouverture et de mise à disposition des numéros de compte aux jeunes et de demander à tous les acteurs de s’impliquer activement en vue de permettre une augmentation des fiches de requêtes dans le cercle . En effet, à la date du 05 mars 2020, 3656 sous projets sont financés dans la région de Koulikoro dont 580 dans le cercle de Kangaba. La session a regroupé une vingtaine de participants composés des maires, des agents des micros finances, des représentants des fédérations nationales des femmes rurales et des jeunes ruraux, des représentants de la coordination régionale des organisations paysannes et de l’association des organisations professionnelles paysannes venus des communes du cercle. SD/KM (AMAP)
Des officiers et sous-officiers formés sur les Engins explosifs improvisés
Bamako, 16 mars (AMAP) Des officiers d’Etat-major et des sous-officiers ont reçu leur attestation, vendredi, après une formation sur les Engins Explosifs Improvisés (EEI), a appris l’Amap de sources sécuritaires. Cette formation, axée sur les modules de planification d’une opération contre les EEI, permettra à quinze officiers subalternes d’avoir désormais comme mission de conseiller techniquement les commandants de zone. Dix autres sous-officiers contribueront à la formation de leurs cadets sur les mesures préventives contre les EEI. La remise officielle des attestations s’est tenue au Centre de Coordination et des Opérations (CCO) du Génie Militaire. Selon le sous-directeur des Etudes et Formations par intérim à la direction du Génie militaire, le commandant Samba Sylla, la formation a pour but de préparer, opérationnellement, des troupes avant leurs projections sur le terrain. Et, surtout, de faciliter l’exécution de la mission régalienne du sapeur sur le terrain. Le chef du détachement français de l’instruction opérationnelle sur les EEI dans l’espace de la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO), le chef de bataillon Jérôme Leselle, a s’est dit satisfait de renforcer les capacités de ces officiers et sous-officiers sur la menace des EEI. OD/MD
Colonel Raphaël Bernard, représentant du commandant de la force Barkhane à Gao : «Ce qu’on remarque surtout, c’est que les FAMa sont meilleures qu’avant».
L’officier supérieur note surtout la montée en gamme des Forces armées maliennes (FAMa) face à un ennemi devenu plus vicieux. Dans cette interview qu’il nous a accordée, en février, à Gao, il livre aussi son analyse sur les attaques dans la Région de Kayes et développe l’approche de Barkhane pour juguler le terrorisme au Sahel. Interview Réalisée par Issa DEMBELE L’Essor : Avez-vous l’impression que la situation sécuritaire s’améliore vraiment ? Colonel Raphaël Bernard : La situation est un petit peu meilleure qu’avant. Ce qu’on remarque surtout, c’est que les FAMa sont meilleures qu’avant. Elles font bien mieux. On a de grandes avancées, notamment ce bataillon FAMa reconstituées qui est arrivé de belle façon à Kidal, où il va commercer à faire des missions. Un autre bataillon est arrivé hier (18 février) à Tombouctou. Ici à Gao, on attend impatiemment le bataillon FAMa reconstituées. Dans le Gourma et dans le Liptako, Barkhane et les FAMa font de grosses opérations et on a de belles réussites. J’avoue que les militaires maliens nous aident énormément, puisqu’ils ont cette connaissance du terrain et de ses populations. Nous avons de bons espoirs et nous sommes très optimistes sur ce qu’on appelle la montée en gamme de nos partenaires. Mais, la situation sécuritaire reste difficile. Ça, on n’en disconvient pas. En face, on a un ennemi qui est un peu plus vicieux qu’avant. L’EIGS est un ennemi redoutable. Ce n’est pas pour rien que le président Emmanuel Macron et ses homologues du G5 Sahel ont déterminé à Pau que ce groupe était l’ennemi n°1. Et, conformément à cette décision, nous avons adapté la force Barkhane avec 600 hommes supplémentaires qui sont en train d’arriver. Du côté FAMa, il y a tous ces bataillons reconstitués et des nouveaux matériels qui arrivent. A deux, avec la force conjointe du G5 Sahel, on va se retrousser les manches. Puisque l’ennemi est plus coriace qu’avant, nous on va être beaucoup plus énervés qu’avant. On va réussir à faire redescendre le niveau de l’insécurité. L’Essor : Quel est le profil des terroristes qui évoluent dans le Liptako? Sont-ils majoritairement des Maliens? Colonel R.B. : On a des terroristes qui ne sont pas forcement homogènes. On a un peu de tout. Les chefs sont souvent des arabes. Les recrutements de jeunes se font généralement parmi les peuls. Ce sont des jeunes qui n’ont pas souvent de grands débouchés dans leur vie et qui, à un moment, rejoignent les terroristes pour vivre une expérience. C’est pour ça que Barkhane a une approche globale, puisque la solution au problème ne peut pas être que sécuritaire. Evidemment, il faut taper sur les terroristes. Mais à côté, il faut qu’il y ait le développement. Barkhane fait des opérations avec des acteurs assez puissants comme l’Agence française de développement qui injecte beaucoup de milliards dans le développement. Et on est là également pour appuyer le retour de l’Etat. Souvent on dit que Barkhane, c’est la sécurité. Oui ! Mais, la sécurité au service d’autres choses. Donc, on créé un cercle vertueux. On aide le gouvernement à offrir autre chose aux jeunes maliens que du terrorisme, qui n’est pas une solution et qui n’est que synonyme de misère et de mort. L’Essor : A Pau, il avait été effectivement décidé de concentrer l’effort militaire sur la zone des trois frontières, avec l’EIGS comme cible n°1. Que peut-on retenir déjà comme résultats sur le terrain? Colonel R.B. : On a eu de belles victoires. Régulièrement, à travers des communiqués, on rend compte des résultats de nos actions. Je ne vais pas rentrer dans les statistiques mais, ces dix derniers jours, une quarantaine de terroristes ont été frappés. Sur le terrain, nous avons eu des résultats qui font baisser la tête à l’ennemi et du coup, on le voit un petit peu moins. Quand une frappe tue 15 à 20 terroristes, ça se sait rapidement dans tout le Liptako-Gourma. Et c’est autant d’arguments pour que les groupes terroristes recrutent moins, parce que les gens sont plus enclins à rejoindre des terroristes qui gagnent. Couper les filiales de recrutement, c’est aussi une façon de lutter contre le terrorisme. Je pense qu’il y a déjà de bons résultats, mais on est qu’au début de cette campagne. Les gros résultats arriveront dans les mois à venir. L’Essor : En concentrant l’effort sur les trois frontières, ne risque-t-on pas de voir l’ennemi changer de zone d’opération ? On a déjà l’impression que l’activité terroriste se densifie dans la Région de Kayes. Colonel R.B. : Nous avons des indices que l’ennemi est assez attaché à un territoire. Il n’est pas facile pour un terroriste de la région du Liptako d’aller faire une action à Kayes. C’est pas la même langue parfois, ce n’est pas la même couleur de peau ; on est visible. Donc, l’ennemi bouge un peu, mais il est quand-même assez attaché à son territoire. Quand un groupe terroriste évolue dans une forêt et qu’on tape sur cette forêt, on retrouve quelque temps après dans la même zone ceux qui n’ont pas été tués. Le terroriste reste donc attaché à une région qu’il connait bien, dans laquelle il a ses repères et ses caches d’armes. Il essaye de connaitre son biotope et y évolue. J’ai constaté comme vous ce qui se passe à Kayes, à Nara. Mais, c’était des endroits où il y avait déjà quelques groupes qui, souvent, passent à l’action. Il peut y avoir une extension, c’est-à-dire un modèle EIGS qui commence à séduire certains jeunes de ces zones. Et c’est pour ça que Barkhane a cette approche globale. On répond à la violence par la violence et en même temps, on mène des actions de développement. L’Essor : Comment est-ce que l’action militaire est coordonnée sur le terrain. Concrètement, quels sont vos rapports avec les FAMa ? Colonel R.B. : On a une coopération permanente qui prend plusieurs formes. Trois fois par semaine, nous avons une réunion sécuritaire qui regroupe les FAMa, Barkhane et la Minusma pour échanger sur la situation sécuritaire de Gao, du grand Gao et du Liptako. Ensuite, tous les jours,
Echanges fructueux entre Boubacar Alpha Ba et les cadres de Kayes sur législatives du 29 mars 2020
Kayes, 16 mars (AMAP) Le ministre de l’Administration territoriale et de la Décentralisation, Boubacar Alpha Ba, arrivé, vendredi à Kayes (Ouest),a animé, samedi,une conférence de cadres pour faire le point sur les préparatifs et les enjeux des législatives du 29 mars 2020. La conférence des cadres a été l’occasion pour M. Ba d’édifier davantage les forces vives de la Région de Kayes sur le processus électoral dans le but de tenir les élections dans un climat apaisé. Le gouverneur de la Région de Kayes, Mahamadou Zoumana Sidibé, en présence des préfets des cercles, des élus locaux, des chefs de services régionaux (civils et militaires) et de la société civile, a dressé l’état des lieux des préparatifs des élections. Il a indiqué que la Région de Kayes compte 97.219 électeurs repartis entre 2.942 Bureaux de vote. Au total, 56 listes, soit 166 candidats dont 47 femmes et 119 hommes, pour 21 sièges. S’agissant du taux de retrait des cartes d’électeurs, le gouverneur a souligné que la région était à 33%, jeudi 12 mars. Sur le plan sécuritaire, il a déclaré que toutes les dispositions sont prises pour assurer la sécurité des populations, comme l’atteste la tenue des « patrouilles mixtes ». Quant au ministre Boubacar Alpha Bah, il a rappelé que l’organisation de ces élections est une recommandation du Dialogue national inclusif. Après « cet appel pressant du peuple à aller aux élections », le gouvernement s’est aussitôt mis à la tâche pour l’application des résolutions de ce Dialogue, d’où les scrutins du 29 mars. Selon le ministre de l’Administration Territoriale et de la Décentralisation, pour la bonne marche de ces élections, trois préoccupations majeures s’étaient posées : la crédibilité du fichier électoral, le problème de procuration et celui des assesseurs. « Toutes ces préoccupations ont déjà été prises en charge », a assuré ministre. « Le fichier électoral a été audité par la Commission électorale nationale indépendante (CENI) et les experts internationaux, l’octroi de la procuration a été autorisée, conformément à la loi. Il y aura, également, deux assesseurs des partis politiques dans les bureaux de vote : 1 de la majorité et 1 de l’opposition. Les deux autres seront choisis par l’Etat. « Et pour la procuration, les préfets sont appelés à les livrer conformément à la loi », a expliqué le ministre Boubacar Alpha Ba. Le ministre de l’Administration Territoriale et de la Décentralisation a annoncé une grande « Action citoyenne » pour la participation massive des citoyens aux élections. Cette action consiste à recruter des volontaires qui feront du porte-à-porte pour apporter les cartes d’électeurs aux populations, tout en leur indiquant, également, leurs différents bureaux de vote. Le ministre Ba a, aussi, invité les partis politiques à mobiliser leurs militants pour le retrait des cartes d’électeurs, lesquelles constituent leurs armes. Il a rappelé que 2020 est une année électorale, car après ces législatives, le renouvellement des Conseils de cercle et des Conseils régionaux est en vue. Ces conseils, faute d’élections ont fait 10 ans sans être renouvelés. Il a indiqué que pour diminuer les dépenses électorales, la Délégation générales aux élections (DGE) et la CENI seront fusionnées en un seul organe chargé de la gestion des élections. Après son intervention, plusieurs intervenants ont souligné leurs préoccupations auxquelles le ministre a donné des assurances. Dans un entretien avec l’AMAP, avant la visite du ministre de l’Administration territoriale et de la décentralisation, le préfet du cercle de Kayes, Bernard Coulibaly, avait édifié sur les préparatifs pour la bonne organisation des scrutins législatifs. « Nous avons mis en place un cadre de concertation (administration, partis politiques) pour maintenir les contacts et dissiper beaucoup d’inquiétudes, notamment par rapport au choix des accesseurs dans les circonscriptions électorales où la majorité et l’opposition se retrouvent sur la même liste de candidature. Ce choix est difficile. A part ces observations, il n’y a pas d’autres problèmes majeurs. Les rapports entre les partis sont bons », a souligné le préfet. Dans la région, certains sont surpris de voir sur les mêmes listes dans certaines circonscriptions électorales, les noms du candidat ou des candidats du parti majoritaire (RPM) et de l’opposition (URD). Dans la ville de Kayes, on note la candidature d’un chef de parti, en l’occurrence Aliou Badara Diallo, président d’honneur de l’ADP-Maliba, tête de liste de l’alliance « Benso » qui regroupe les partis (ADP-Maliba, ADEMA et URD). Certains activistes ne souhaitent pas la réélection de certains candidats sortants qu’ils accusent d’« immobilisme » durant leur mandat. Ils attribuent les problèmes de développement de Kayes à certains de ses députés qui se soucient peu des préoccupations de la base. BMS/OB/MD (AMAP)

