Kayes : Grève observée par le Comité AEEM de l’Institut de formation des maîtres

Kayes, 19 novembre (AMAP)  Le comité AEEM (Association des Élèves et Étudiants du Mali) de l’Institut de Formation des Maîtres (IFM TC) de Kayes a entamé  une grève mardi pour réclamer le paiement de la bourse du mois d’octobre et leur trousseau au titre de l’année scolaire 2019-2020, a constaté l’AMAP. Les manifestants réclament également   la réhabilitation et l’équipement des  salles de classes avec des commodités (électricité, adduction d’eau), l’approvisionnement des infirmeries en médicaments et l’institution d’une permanence pendant les heures de cours. Ils réclament enfin la dotation de la salle informatique en papier, la gratuité de la photocopie et la sécurisation des personnes et de leurs biens. La coordination demande aux autorités de lui accorder 0,75% du budget alloué à l’éducation afin qu’elle puisse mener des activités dans le cadre de la vie scolaire. Elle souhaite être impliquée dans la gestion des questions scolaires. Des sources proches des organisateurs précisent que le mouvement sera poursuivi jusqu’à la satisfaction des revendications et le bureau régional de coordination de l’AEEM a indiqué qu’elle a entrepris d’autres actions pour que, selon cette structure, tous les filles et fils de la région puissent avoir une égalité de chance à l’école, indique les mêmes sources. Le Collectif des syndicats de l’IFM TC avait observé les 14 et 15 novembre 2019 une grève générale pour exiger le paiement sans délai des heures supplémentaires d’encadrement des élève-maîtres de l’année scolaire 2017-2018, tout en se disant disposé au dialogue. BMS/KM (AMAP)

Mali : 24 soldats tués dans les combats avec des djihadistes (Sources : Armée)

Bamako, 19 novembre (AMAP)24 soldats maliens ont été tués, lundi, lors de combats avec des djihadistes présumés, dans le Nord du Mali, près de la frontière avec Niger, a indiqué la Direction des relations publiques de l’Armée malienne sur son compte Twitter Au cours de cet accrochage les Forces armés maliennes (FAMa), compte, aussi 29 blessés et des dégâts matériels. Côté ennemi, l’on dénombre 17 terroristes tués, une centaine de suspects appréhendés qui sont entre les mains des Forces nigériennes à Tiloa, et 70 motos détruites. MD (AMAP)

Onze organisations de la société civile de la Région de Koulikoro financées par HIBUSCUS pour plus de 52 millions de Fcfa

Koulikoro, 19 novembre (AMAP) Onze organisations de la société civile de niveau 1 de la Région de Koulikoro ont signé, vendredi dernier, un protocole d’accord de subventions, pour un montant global de 52.998.040 Fcfa, du Programme harmonisation des initiatives aux bénéfices de la société civile d’utilité sociale (HIBISCUS) au Mali. « Cette cérémonie marque le début des phases opérationnelles d’appui aux OSC, à travers l’attribution des subventions pour des actions de formation, de renforcement des capacités et d’équipements en lien avec la décentralisation et le genre », a précisé le représentant du ministère des Affaires étrangères et de la Coopération internationale, Sory Coumaré. Selon lui, c’est au terme d’un long et rigoureux processus d’analyse de 385 demandes reçues au niveau national que le Comité national de validation et de sélection a retenu les 107 meilleures propositions pour une enveloppe de 499.000.000 frs cfa. « Aussi, a-t-il souligné, 24 ONG et faitières ont été sélectionnées pour assurer les formations et accompagnements techniques individualisés de ces OSC de base bénéficiaires ». Le chargé du programme de l’Union européenne (UE), Allaye Dicko, a félicité les  OSC bénéficiaires pour la qualité des dossiers montés. « J’espère que cette qualité va se ressentir dans la mise en œuvre des actions et qu’à l’issue de la formation, qui va suivre cette cérémonie, les bénéficiaires sortiront très outillés pour une gestion efficace des subventions », a-t-il souhaité. Au nom des bénéficiaires, la présidente de l’Assistance, développement communautaire associatif (ADCOMA), Mme Maïga Donki Diabaté,  a promis qu’ils vont s’investir pour mériter la confiance placée en eux. « Aujourd’hui, plus que jamais, le rôle des OSC est capital dans le processus de consolidation du développement, de la cohésion sociale et de la démocratie au Mali », a-t-elle déclaré. Pour jouer pleinement ce rôle tant attendu, les OSC ont besoin de renforcement de leurs capacités organisationnelles et opérationnelles. C’est dans ce sens que l’Etat malien et sa partenaire l’UE, au titre du 11è Fonds européen de développement (FED), ont initié le programme HIBISCUS pour appuyer les OSC maliennes, à tous les niveaux et dans toutes les régions. En clôturant les travaux le conseiller aux affaires administratives et juridiques du gouverneur, Sofiana Maïga, qui a présidé l’événement, après avoir « remercié l’Etat et l’UE pour cette initiative heureuse », a exhorté les OSC de la région à participer davantage aux futurs appels à projets du programme afin que la 2è région puisse bénéficier d’autres subventions. « J’exhorte, également, les OSC de base bénéficiaires de la subvention du programme HIBISCUS, au titre de l’Appel à manifestation d’intérêt (l’AMI-2) et les trois ONG et coordinations sélectionnées, pour leur formation et accompagnement, à une mise en œuvre efficace  et efficiente des actions, afin d’atteindre les résultats attendus », a-t-il dit. L’événement s’est déroulé en présence, également, ddu coordinateur et régisseur du programme HIBISCUS, Samba Tembely, du représentant du maire, des responsables de la Coordination régionale (CR) des ONG, du point focal du programme, Youssouf Fomba, et des OSC bénéficiaires. AM/MD (AMAP)

Force conjointe du G5 Sahel : 25 terroristes neutralisés au cours d’une opération d’envergure

Bamako, 18 novembre (AMAP) Les premières semaines du mois de novembre ont été marquées par une opération d’envergure menée par la Force conjointe du G5 Sahel, conjointement, avec les armées du Burkina Faso, du Mali et du Niger, dans le Gourma, qui a permis de neutraliser 25 terroristes, annonce un communiqué du G5 Sahel. L’opération, dont le but était de traquer les groupes armés terroristes et les déloger de leurs zones de refuge, de transit et de stockage, a, aussi, permis de détruire 64 motos et de récupérer 2 véhicules, « portant ainsi un grand coup à la mobilité des groupes armés terroristes ». Elle a permis également de saisir des armes, une importante quantité de munitions, une centaine de téléphones, de faire la découverte d’un dépôt de carburant et d’un atelier de fabrication d’engins explosifs improvisés qui ont été détruits Cette opération a mobilisé plus de 1.400 hommes, d’importants moyens terrestres et aériens.  Elle «  a été un franc succès » ,et « suscité l’engagement ferme et sans précédent de toutes les parties prenantes ». Selon le communiqué, cette opération arrive juste après celle effectuée dans le fuseau Est, à la frontière Nord entre le Niger et le Tchad, dans la première quinzaine du mois d’octobre, et qui a aussi capitalisé d’importants résultats. « Cela prouve l’engagement et la détermination de la Force conjointe du G5 Sahel à mener sa mission de lutte contre le terrorisme et le crime organisé qui gangrènent et endeuillent notre espace sahélien commun ». L’opération intervient, également, après une autre menée, conjointement, par les Forces armées maliennes (FAMa) et la Force Barkhane dans la même localité. Pour rappel, afin de gagner leur lutte commune contre les groupes armés terroristes, les FAMa et la Force Barkhane mènent des opérations ensemble dans le Gourma à travers un partenariat militaire opérationnel. « C’est un cadre de partage d’expériences entre les deux partenaires qui a déjà produit de bons résultats. Il a permis de désorganiser les groupes terroristes et  de les couper de leurs sources d’approvisionnement », précise l’Armée malienne dans un communiqué. « Ces opérations ont permis de perturber de manière significative, les réseaux terroristes et d’affaiblir leur potentiel offensif,  mais aussi de saisir des motos et de l’armement », ajoute la même source. L’opération menée durant les deux premières semaines de ce mois de novembre par la Force conjointe du G5 Sahel intervient, seulement, deux semaines après la visite de la ministre française des Armées, Florence Parly, dans certains pays du Sahel dont le Mali où elle avait rencontré les chefs d’Etat. Au Burkina Faso où elle a eu un entretien avec le président Roch Marc Christian Kaboré dont le pays fait aujourd’hui face aux mêmes défis sécuritaires que le Mali, elle avait lancé une opération militaire dénommée ‘’Bourgou 4’’. Il s’agit d’une opération conduite par la Force Barkhane dans les zones frontalières entre le Mali, le Burkina et le Niger avec la participation des Forces armées de ces trois pays. Après le Burkina Faso, Florence Parly s’est rendue au Mali où elle avait été reçue par le chef de l’Etat. A sa sortie d’audience, elle  a déclaré avoir fait part au président Keïta du souhait de la France de renforcer son appui au Mali. Mme Parly avait, aussi, parlé de la Force conjointe du G5 Sahel qui a repris ses opérations et qui va désormais pouvoir constituer un véritable point d’appui pour les Forces armées  maliennes. DD/MD (AMAP)

Sociétés minières : Les énergies renouvelables comme recours

Bamako, 18 novembre (AMAP) Des experts, à la 8èédition des Journées minières et pétrolières du Mali, ont animé, samedi, le panel : « développement des mixtes énergies au Mali », et débattu du pourquoi du raccordement des sociétés minières au réseau électrique du Mali et de comment réduire les coûts énergétiques des industries minières par l’intégration de l’énergie solaire. Le Commissaire chargé de l’Energie et des Mines de la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO), Sediko Douka, le directeur général de l’Autorité pour la recherche pétrolière du Mali (AUREP-Mali), Ahmed Ag Mohame, et Liam Gerding de l’Agence de coopération internationale allemande pour le développement (GIZ), ont analysé les enjeux liés à l’utilisation par les sociétés minières des énergies propres, durables et moins chères. Rappelons qu’aucune des treize sociétés minières opérant au Mali n’est raccordée au réseau électrique d’Energie du Mali (EDM), \la société nationale d’électricité. Elles produisent, elles-même,s plus cher l’énergie thermique ou hydraulique pour faire fonctionner leurs usines et autres installations nécessaires à l’exploitation du métal jaune. Des charges jugées exorbitantes que les sociétés semblent obligées de supporter. Le coût élevé de l’électricité et la faible capacité électrique du Mali, sont entre autres motifs, qui les poussent à ne pas faire confiance aux services de EDM ont affirmé des intervenants. Le commissaire chargé de l’Energie et des Mines de la CEDEAO a rappelé que le tarif moyen de l’électricité au Mali est de 97 Fcfa le kilowatt heure. La puissance totale de EDM est estimée à 700 MW pour une production énergétique de 2.000 GW/h. Rappelant que les moyens de production électrique du Mali sont les lignes d’interconnexion Manantali-Kayes-Bamako et Côte d’Ivoire-Sikasso-Bamako-Ségou, le géologue a ajouté que des centrales électriques isolées sont installées un peu partout dans le pays. « Eu égard à ces statistiques, les entreprises minières gagneraient plus à se raccorder au réseau électrique du Mali, vue les montants énormes qu’elles déboursent, par an, pour l’alimentation de leurs installations, en utilisant l’électricité thermique », a estimé Sediko Douka. Toutefois, les sociétés minières ont peut-être peur que EDM, avec ses 700 MW, ne soit pas à mesure de répondre à leur demande réelle en électricité. En outre, la réduction des charges électriques est nécessaire pour les sociétés minières. Pour ce faire, Liam Gerding de la Coopération internationale allemande au développement (GIZ) propose l’énergie solaire comme alternative, en raison de l’ensoleillement du Mali. Le consultant pense que l’énergie produite à partir du soleil est un choix favorable aux activités minières qui consomment beaucoup d’énergie pour le fonctionnement normal des affaires. Un autre avantage du solaire, a insisté l’expert, est que son coût est moins élevé par rapport aux autres sources d’énergie. « Il émet, aussi, moins de CO2 », a soutenu le spécialiste.   Au Mali, des compagnies minières comme Barrick investissent dans la production d’énergie solaire. Cette industrie minière développe un champ solaire d’une capacité installée estimée à 20 MW. Sa réalisation permettra au géant minier coté à la Bourse de Londres d’économiser 10 millions de litres de carburant par an, selon la compagnie.   Le directeur général de l’AUREP-Mali a mis en évidence la valorisation du gaz naturel liquéfié (GNL). « Le Mali peut produire du GNL transportable par camion », a ajouté Ahmed Ag Mohamed. L’avantage est que le gaz naturel liquéfié produit moins de gaz à effet de serre, en plus de son coût moins élevé. ABM/M (AMAP)       

Inclusion financière : L’UEMOA mise sur la digitalisation

Bamako, 18 novembre (AMAP) La 2èédition de la Semaine de l’inclusion financière (SIF) s’est ouverte, lundi, à Dakar, siège de la Banque centrale des Etats de l’Afrique de l’Ouest (BCEAO) sur le thème central de cette année : « La digitalisation au service de l’inclusion financière : enjeux pour le secteur financier et les Etats membres de l’UEMOA », a appris l’AMAP. Une note de présentation parvenue à l’AMAP annonce que la direction nationale de la BCEAO pour le Mali organise, mercredi 20 novembre, deux sessions sur « la digitalisation des paiements des Etats » et « des chaines de valeurs agricole », dans le cadre des activités de la SIF qui se tiendront, conjointement dans les huit Etats membres de l’UEMOA, durant les six jours de travaux que durera cette Semaine (du 18 au 23). Cet atelier réunira les représentants du Comité national de suivi de la mise en œuvre de la stratégie régionale d’inclusion financière (CNSMO), de plusieurs ministères et autres services concernés par ces thématiques. Les discussions permettront de mettre en relief la problématique de la digitalisation de l’ensemble des secteurs de la vie socio-économique, notamment des paiements des Etats. Elles mettront aussi l’accent sur l’apport de la digitalisation dans les différents processus des chaînes de valeur agricoles, précise une note de présentation déposée à L’Essor. La note de présentation ajoute que la journée du jeudi 21 sera consacrée aux sessions nationales de sensibilisation sur « l’éducation financière » et sur « la protection des consommateurs ». Ces séances, qui se tiendront à l’Université de Kabala, visent à sensibiliser les populations sur les actions d’éducation financière et de protection des consommateurs menées, dans chaque Etat, ainsi que les perspectives. Les participants se familiariseront, également, avec les risques liés à l’utilisation des technologies financières et les défis majeurs concernant la protection des clients, « au regard du développement des nouvelles technologies ». Le lendemain, vendredi 23, se tiendra l’atelier de formation sur « les innovations en matière de services financiers », à l’Auditorium de l’Agence principale de la BCEAO à Bamako. Les échanges sur ce thème permettront aux parties prenantes de partager leurs expériences par rapport aux évolutions qu’induisent les nouvelles technologies dans l’offre de services financiers. « Il sera mis à profit pour organiser une conférence de presse sur les principales conclusions de la deuxième réunion du Comité régional de pilotage de la stratégie », annonce la note. La 2è édition de la Semaine de l’inclusion financière prendra fin samedi 23 avec l’organisation d’activités récréatives et de promotion des institutions financières. Comme la « Foire de l’inclusion financière » et autres animations socioculturelles. Cette édition sera des échanges entre les parties prenantes sur les enjeux de la digitalisation des paiements pour le secteur financier et les Etats membres de l’Union monétaire ouest-africaine (UEMOA}, les risques liés à l’utilisation desnouvelles technologies financières ainsi que les mesures à mettre en œuvre pour protéger les consommateurs des services financiers. Un benchmark (technique marketing ou de gestion de la qualité) qui consiste à étudier et analyser les techniques de gestion, les modes d’organisation des autres entreprises afin de s’en inspirer et d’en tirer le meilleur) est, également, prévu sur la question, en vue de partager les meilleures pratiques en la matière. Le choix du thème ne semble pas anodin. « Car, le développement remarquable de l’inclusion financier, au cours de la dernière décennie, ne peut être dissocié de l’expansion des innovations technologiques dans le monde », avait noté le gouverneur de la BCEAO, Tiémoko Meyliet Koné, dans son allocution d’ouverture du Forum de haut niveau tenu, en 2018, sur « innovations technologiques au service de l’inclusion financière ». Ajoutant que par essence, les innovations technologiques induisent des changements et révolutionnent toutes les approches et modèles d’affaires en vigueur, M. Koné avait alors défini l’inclusion financière comme « l’ensemble des réformes conduites, aux plans réglementaires, stratégiques, des infrastructures et du marché, pour tirer davantage profit des innovations, en vue de promouvoir l’accès des populations aux services financiers dans des conditions qui garantissent un bénéfice certain pour toutes les parties prenantes, principalement pour les populations vulnérables ». La proportion de détenteurs d’un compte qui ont envoyé ou reçu des paiements par voie électronique est passée de 67% en 2014 à 76% en 2017 dans le monde et de 57% à 70% dans les pays en développement, selon le rapport triennal Global Findex de 2017. L’Association mondiale des opérateurs de téléphonie mobile (GSMA) estime, également, à un milliard de dollars des Etats-Unis (plus de 590 milliards de Fcfa), la valeur moyenne quotidienne des transactions via la téléphonie mobile. La cérémonie inaugurale de la 2èédition de la SIF, qui sera suivie par visioconférence depuis le siège, marque son lancement officiel dans les huit pays membres de l’UEMOA. L’ouverture des travaux, placée sous le haut patronage du ministre béninois de l’Economie et des Finances, Romuald Wadagni, président du Conseil des ministres de l’UEMOA, sera présidée par le Gouverneur de la BCEAO, Tiémoko Meyliet Koné. CMT/MD (AMAP)    

Familles déplacées à Bamako : De quoi demain sera fait ?

Reportage de Maïmouna SOW Bamako, 18 novembre (AMAP) Un formidable élan de solidarité s’était manifesté en faveur de ces personnes démunies. Mais il n’a pas tenu la distance et la précarité est de retour dans les sites d’accueil. « Non, pas par-là», « Par ici, votre moto peut passer, mais continuez à rouler en première », « Faites plutôt le grand détour, cela vaut mieux ». Conseils, instructions, mises en garde contradictoires fusent de toutes parts alors que nous tentons, désespérément, de trouver un chemin praticable pour accéder au camp de déplacés, situé derrière le marché des moutons (Garbal) de Faladié. L’exercice consiste à affronter un environnement qui vous incite à rebrousser chemin. Il faut éviter les flaques d’eau saumâtre, longer les ornières remplies d’une boue gluante, ignorer la puanteur qui imprègne les lieux et se protéger des myriades de mouches. Au bout d’un moment, nous nous résignons à l’inévitable. Qu’importe les précautions que nous prenons, nous mettons le pied là où il ne faut pas. Comment des êtres humains peuvent-ils s’accommoder d’un cadre de vie si incommode ? Lorsque nous posons la question à Sata Djibo, une dame qui a fui Koro avec toute sa famille, notre interlocutrice soupire longuement. Chaque jour, elle et les siens affrontent la faim, la soif, le manque d’espace pour dormir. « Aujourd’hui, indique-t-elle, je n’ai rien mis sur le feu. Par chance, une dame est venue nous apporter à manger. Sinon il y a des jours où nous devons nous contenter d’un seul repas. Et quel repas ! Cette situation est surtout pénible pour les enfants ». Comme pour confirmer ses dires, le bébé que Sata allaite se met à pleurer. De toute évidence, le peu qu’il a pu tirer du sein de sa mère ne lui a pas suffi. En outre, il tremble de froid dans le vieux t-shirt qui l’enveloppe. Assise à côté de lui, sa petite sœur, de quatre ans environs, essaie de le calmer, en lui caressant la tête et en lui murmurant des mots de consolation. Elle aussi, tout comme le bébé et la mère, est pauvrement habillée et doit être transpercée par le vent frais qui balaie la zone, en ce début du mois de septembre. L’orage avorté a laissé derrière lui une température exceptionnellement basse. EAUX STAGNANTES – Sata nous indique qu’ils sont huit à partager la modeste hutte devant laquelle elle est assise : son mari, leurs quatre jeunes enfants, leur fils aîné, l’épouse de ce dernier et elle-même. Une voisine, accompagnée de sa belle-fille, visiblement, enceinte, se joint à notre conversation pour raconter ses malheurs et, aussi, pour profiter de la chaleur que dégage un fourneau à moitié rempli de braises. La nouvelle venue nous indique du doigt son abris, non loin de là. Elle explique que la porte de sa « chambre » fait face à un enclos de vaches. Outre les nuisances causées par la proximité du troupeau, elle, son époux et leurs cinq enfants endurent les mêmes désagréments que la famille de Sata. C’est-à-dire les moustiques, les eaux stagnantes et les odeurs pestilentielles. « Lorsqu’il pleut, ajoute la dame, notre situation empire. Notre toit est percé et pour éviter de nous retrouver entièrement mouillés, nous passons la nuit debout », témoigne-t-elle. Pourtant, ces déplacés ne se satisfont guère de cette situation qui les oblige à dépendre de la solidarité. « Le plus dur pour moi, nous confie Sata, c’est de rester là à ne rien faire alors que j’ai des enfants à charge. Pourtant je suis valide et je suis habituée à travailler. Si je pouvais avoir un crédit de 2000 Fcfa, je pourrais me lancer dans une activité. Mais où trouver cet argent ? » Le même refus de renoncer, nous le percevons chez Awa et Djénéba, deux jeunes filles qui, dans leurs t-shirts, frissonnent sous la morsure du vent frais. Elles entretiennent, laborieusement, un feu avec les débris de branches ramassés çà et là. Sur le foyer improvisé est posée une vieille boîte de lait en poudre, grand modèle, qui sert de marmite. Le tandem, qui nous accueille cordialement, préfère éviter tout commentaire sur la situation du camp et nous renvoie à l’imam Ali Guindo que les filles désignent comme leur « représentant ». Il est vrai que ce dernier a toute légitimité pour remplir cette fonction. Installé à Faladié, depuis de nombreuses années, il essaie, tant bien que mal, d’organiser l’accueil des déplacés, depuis le début de la crise dans la Région de Mopti. Handicapé par le poids de l’âge, il a délégué à Amidou Djibo le soin de gérer la plupart des problèmes quotidiens. Lorsqu’on interroge ce dernier sur ses principales préoccupations, sa réponse est lapidaire : le camp manque de tout. Pas d’eau, pas d’électricité, pas de latrines, pas d’écoles. Mais pour Djibo, la priorité ce sont les problèmes d’eau et de nourriture. « Nos réserves en céréales sont épuisées et un bidon d’eau coûte 100 Fcfa. Il est, donc, hors de portée pour qui doit se contenter d’un repas par jour. Les vendeurs nous disent que l’accès est difficile et il faut bien qu’ils aient une compensation pour leurs efforts », détaille-t-il. FLUX ININTERROMPU– Djibo nous apprend que la situation des déplacés est moins pénible dans d’autres camps comme à Yirimadio, Sabalibougou, Ouelessébougou ou Sénou, par exemple. C’est pourquoi on y dirige les nouveaux arrivants. « Mais, souligne-t-il, la situation va évoluer dans le mauvais sens. Car chaque mardi, c’est un flot de nouveaux déplacés qui arrive en provenance, généralement, de Bankass, Koro, Bandiagara et Douentza ». Le vieux Ali Guindo s’inquiète de ce flux ininterrompu, car celui-ci est le baromètre d’une situation sécuritaire qui ne s’améliore pas. « Je préfère, toutefois, que les gens quittent les lieux en attendant que les choses se stabilisent », admet-il. Cette année, j’étais à La Mecque et le jour d’Arafat, on m’a annoncé la mort de mon fils par balle. Alors que ce jeune homme se préparait à se marier ». Quid de la solidarité dont bénéficiaient les déplacés, il y a quelques mois ? Elle ne s’est pas estompée, mais l’élan initial a perdu de son ampleur. Fort heureusement, il reste toujours des

Abdoulaye Maïga jugé non coupable d’appartenance à un groupe de combat en relation avec une entreprise terroriste

Bamako, 18 novembre (AMAP) Faute de preuve de sa culpabilité pour appartenance « à un groupe de combat, en relation avec une entreprise terroriste », les jurés de la Cour d’assises de Bamako ont déclaré, lundi, Abdoulaye Maïga non coupable, a appris l’AMAP. Cependant, il a été condamné à deux ans d’emprisonnement et au paiement de 2 millions de francs CFA d’amendes, pour tentative de destruction d’un ouvrage d’utilité publique. La Cour lui a accordé les circonstances atténuantes par la même occasion. Cette affaire jugée devant la 2ème chambre des Assises de Bamako, remonte à janvier 2018 quand les gendarmes, en opération dans la zone de Kourma (région de Ségou), ont appréhendé Abdoulaye Maïga, près de l’antenne téléphonique de la localité. Il a été pris en possession de numéros de téléphone sur des bouts de papiers. M. Maïga n’avait sur lui aucune pièce d’identité, au moment de son arrestation. Il a été accusé, non seulement, d’appartenir à un groupe de combat en relation avec une entreprise terroriste, mais aussi, de tentative de destruction d’un ouvrage d’utilité publique. Selon le dossier d’accusation, les personnes citées pour être son tuteur dans le village ont nié toute relation avec Abdoulaye Maïga, avant de reconnaitre qu’il était seulement fréquent dans la mosquée, pendant les heures de prières. Maïga explique qu’il était parti prendre sa batterie à la charge au niveau  de l’antenne téléphonique. Son avocat a soutenu cette thèse, en soulignant que presque tous les habitants de la localité chargent leur batterie là. Il a, aussi, relevé qu’on ne doit pas condamner quelqu’un parce qu’il a été pris avec des numéros de téléphone sur des  bouts  de papiers. La défense a plaidé que « la famille de M. Maïga, marié et père de cinq enfants, a besoin de lui ». OD/MD (AMAP)

Le Président sénégalais invite Moscou et Pékin pour un « mandat robuste’’ de l’ONU au Mali et au Sahel

Avec l’Agence de presse sénégalaise (APS) Bamako, 18 novembre (AMAP) Le Président sénégalais, Macky Sall, a invité, lundi, à Diamniadio, près de Dakar, la Russie et la Chine à accepter, comme les autres membres du Conseil de sécurité, un ‘’ mandat robuste’’ de l’Organisation des Nations unies (ONU) au Mali et au Sahel, confrontés à la menace terroriste. Cité par l’Agence de presse sénégalaise (APS), le chef de Etat sénégalais, a déclaré : « Il faut un mandat robuste de l’ONU au Mali. Il faut que la France soit d’accord, il parait qu’au niveau des Etats-Unis les choses ont bien évolué ; le Royaume Unie est d’accord. Il faut que la Russie et la Chine acceptent sur le Sahel de donner un mandat robuste ou un mandat unique sur tout ce qui se passe dans le Sahel ». Le Chef de l’Etat s’exprimait à l’ouverture de la 6e édition du Forum international de Dakar sur la paix et la sécurité en Afrique, au Centre de conférence international Abdou Diouf de Diamniadio (CICAD), en présence de son homologue mauritanien, Mouhamed Ould Cheikh El Ghazouani, et du Premier ministre français, Edouard Philippe. M. Sall a plaidé pour ‘’des équipements et des engagements en faveur du Mali et du Sahel et la réforme du système de maintien de la paix dans les zones confrontées au terrorisme. ‘’Autrement, c’est une mission à payer des indemnités. C’est bien, c’est réconfortant, mais, on perd de l’argent et la situation s’aggrave sur le terrain. Il faut une réforme du système de maintien de la paix dans les zones où le terrorisme sévit’’, a-t-il plaidé. Macky Sall a déploré le fait que malgré la présence de plus de 14.000 soldats étrangers au Mali, l’agression terroriste continue de s’intensifier. ‘’Pire, le terrorisme étend son spectre ravageur à d’autres pays, charriant au quotidien des morts, des blessés, des réfugiés et personnes déplacées. Les attaques sont devenues plus fréquentes, plus meurtrières et plus audacieuses, puisque les terroristes s’en prennent de plus en plus aux forces de défense et de sécurité, jusque dans les casernes’’, s’est-il alarmé. Il a réitéré son ‘’ferme attachement à l’unité et à l’intégrité nationale du Mali’’, ajoutant que pour ‘’le Sénégal, le Mali est un et indivisible’’. ‘’Il faut que l’autorité de l’Etat soit restaurée dans l’ensemble du territoire’’, a lancé le président Sall qui estime que ‘’ combattre ensemble le terrorisme au Sahel est un impératif de sécurité collective’’. Le Mali est confronté depuis 2012 à la présence sur sa partie nord de groupes djihadistes. Malgré l’intervention de la Mission multidimensionnelle des Nations Unies au Mali (MINUSMA) et des troupes françaises, la menace s’est étendue au Burkina et dans une moindre mesure au Niger. Les armées de ces différents pays subissent souvent les attaques de ces groupes armés qui cherchent à gagner du terrain. MD (AMAP)

Economie : 5ème revue annuelle des reformes, politiques, projets et programmes de l’UEMOA

Bamako, 18 novembre (AMAP) La cérémonie d’ouverture des travaux de  la 5ème revue annuelle des reformes, politiques, projets et programmes de l’Union économique et monétaire de l’Afrique de l’Ouest (UEMOA) sera présidée mardi à Bamako, par le Premier Ministre, Dr Boubou Cissé, a appris l’AMAP de source proche de l’institution. Les experts de l’institution vont échanger sur les reformes, les politiques, les projets et les programmes de l’Union dans un contexte de mondialisation avant de définir des approches et des stratégies permettant de les consolider. KM (AMAP)