Thierno Hady Thiam : « La croyance islamique ne repose pas sur une langue »
Propos recueillis par Massa SIDIBE Dans cette interview, le 2è vice-président du Haut conseil islamique du Mali (HCI) rappelle ce que disent les textes coraniques sur l’enseignement. Il partage également ses réflexions pour juguler le phénomène du terrorisme et l’intégration des arabisants dans la conduite du pays L’Essor : Les terroristes prétendent qu’ils agissent au nom de l’islam et s’en prennent aux écoles en disant qu’ils combattent l’enseignement en français. Que disent les textes coraniques en matière d’enseignement ? Thierno Hady Thiam :Vous savez, la religion musulmane est basée sur la connaissance, l’apprentissage, le savoir lire et écrire. La première des choses que le bon Dieu a demandée à son prophète Mohamed (PSL) de nous communiquer, c’est de savoir lire. Le prophète lui-même dit que la recherche de la connaissance est une obligation pour tous les musulmans et toutes les musulmanes. L’islam est une religion qui est universelle, n’appartenant pas à une ethnie, à une nation. Donc, la langue arabe n’est qu’un moyen de communication et de compréhension, ce n’est pas un but. De ce fait, on ne doit pas fermer les écoles, parce que l’enseignement est en français. Le président Modibo Kéïta en 1963, avec son ministre de l’Education Abdoulaye Singaré, a voulu nationaliser les écoles médersas en introduisant la langue française comme deuxième langue et la langue arabe comme première langue. Mais il a échoué, car n’ayant pas été suivi par les promoteurs des écoles médersas en ce temps. Donc, dire qu’on va arabiser les musulmans du monde, c’est une colonisation, chacun est fier de sa langue. La croyance ne connaît pas la langue, la croyance c’est une question de foi. L’islam s’adapte à tous les milieux et à tous les temps. Mais ceux qui sont en train de semer la zizanie maintenant ou poser des faux problèmes, comme si tous les musulmans doivent parler arabe, posent un problème de nos jours. Certains pays comme l’Indonésie, la Malaisie, l’Iran et la Turquie ne sont pas des Etats arabes, ils parlent leurs langues et pourtant ce sont les plus grands pays islamiques aujourd’hui. Rien que l’Indonésie seulement fait plus de 350 millions d’habitants musulmans. L’Essor : Les arabisants se sentent marginalisés dans la gestion des affaires publiques. Quelle solution faut-il pour les intégrer dans la conduite du pays ? Thierno Hady Thiam: La marginalisation des écoles médersas et des arabophones a commencé depuis longtemps, avec de nombreuses conséquences aujourd’hui. D’abord, les arabisants ne se sentaient plus Maliens, parce qu’il n’y a pas d’égalité entre un élève qui va à l’école publique et l’autre en médersa. De même, il ressort des études que j’ai faites que tous les enfants qui sont dans les écoles médersas viennent des milieux défavorisés et pauvres. Une autre conséquence de cette marginalisation que nous sommes en train de vivre présentement est la radicalisation elle-même entretenue par la pauvreté et l’abandon. Si l’homme malien qui a des droits ne trouve pas des oreilles attentives à ses revendications, il y a des risques pour qu’il se laisse entrainer par les terroristes qui ne sont que des brigands. Quelles sont les propositions concrètes qu’on peut faire pour sortir de cette situation ? Il s’agit dans un premier temps de revaloriser toutes les médersas et les écoles coraniques, car la langue arabe c’est comme la langue française on ne doit pas marginaliser les élèves à cause de la langue ou à cause de leur religion. Il faudra aussi faire des passerelles entre les écoles coraniques, les médersas et l’école publique. Aussi, il est temps de créer des écoles normales pour former les enseignants des établissements franco-arabes parce qu’il faut la formation des formateurs pour que le niveau soit rehaussé. Il y a tellement d’élèves dans les écoles medersas, qu’on ne peut pas laisser tout le monde aller vers les universités. Donc dans ce cas, on va ouvrir une école normale pour la formation des formateurs, un institut pour la formation des prêcheurs et des imams. Et ceux-ci vont s’occuper de la religion, mais étant bien formés. On va ouvrir des écoles d’apprentissage des métiers (mécanique, électricité etc) mais seulement au niveau DEF. On peut aussi créer des écoles de traduction et d’interprétariat, français et arabe. Et les sortants de ces écoles pourront travailler dans l’administration surtout aux ministères des Affaires étrangères, des Affaires religieuses et autres ainsi que dans les ambassades comme des interprètes ou des traducteurs. L’Essor : Quel commentaire faites-vous de l’idée de vouloir islamiser une terre où l’islam est pratiqué depuis des siècles ? Thierno Hady Thiam: Quand il y a eu l’attaque à Tombouctou en 2013 avec la destruction des mausolées, les envahisseurs ont voulu appliquer la charia dans un État laïc, les ulémas sont sortis avec des recommandations pour dire qu’il n’y a pas de jihad contre les musulmans. Le jihad qui veut dire fournir des efforts permet aux musulmans de se défendre contre les ennemis et mécréants qui voudraient les attaquer. Donc, on ne peut pas appliquer la charia islamique dans un État laïc, même si la grande majorité de la population est musulmane. Qui plus est, nous vivons dans un pays démocratique, républicain, laïc. C’est à la population de décider si on veut que l’arabe soit la langue officielle au Mali ou le français. Un groupe ne peut pas s’organiser, venir tuer les gens, piller les biens, fermer les écoles, couper les mains au nom de la charia ou de l’islam alors que personne ne leur a donné cette autorisation au Mali ici et ni ailleurs. L’islam est organisé, c’est une religion divine ; il n’est pas la fabrication des gens. Ce n’est pas à un groupe de prendre la décision, de venir appliquer la charia. En conclusion, le monde entier vit aujourd’hui un bouleversement planétaire. Le nouveau système mondial que certains veulent instaurer crée beaucoup de problèmes dans nos pays pauvres. Pour atteindre leur objectif, ils utilisent beaucoup de gens qui sont souvent innocents. Curieusement c’est dans les 56 États islamiques qui font 1 milliard cinq cent millions de musulmans
Circulation routière : «Le pont des martyrs ne représente aucun danger pour les usagers», selon le ministère des Infrastructures et de l’Equipement
Bamako, 03 décembre (AMAP) Le ministère des Infrastructures et de l’Equipement a indiqué, lundi, que le post sur les réseaux sociaux insinuant que le pont des Martyrs, sur le fleuve Djoliba à Bamako, ne tient plus est un «fakenews». Dans un communiqué, le ministère précise que «le pont des Martyrs est âgé, maisil n’y a aucun risque de son utilisation tant que la mesure conservatoire prise, à savoir l’interdiction des gros porteurs, est appliquée». La direction nationale des routes rassure donc la population que le pont des Martyrs ne représente aucun danger pour les usagers. Depuis plusieurs jours, la rumeur circulait que ce pont, inauguré en 1957, tremblait sur ses fondations, créant un début d’inquiétude chez les habitants de la capitale. MD (AMAP)
Développement et dette soutenable en Afrique : Les dirigeants de l’UEMOA à la recherche du juste équilibre
Envoyé Spécial Cheick M. TRAORE Dakar, 02 décembre (AMAP) La réunion de haut niveau sur la dette et le développements’est tenue, lundi, à Dakar, en présence de plusieurs chefs d’Etat et de gouvernement de l’Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA) dont le Premier ministre Dr Boubou Cissé. La rencontre avait pour objectif à faire comprendre aux partenaires les difficultés financières auxquelles nos pays sont confrontés face au défi sécuritaire, à la dette, à la lutte contre le terrorisme. Les chefs d’Etat et de gouvernement de l’Union ont, à cet effet, invité à un changement de stratégie de la part des partenaires techniques et financiers, toute chose qui est nécessaire pour un développement harmonieux de nos pays. Le Premier ministre, ministre de l’Économie et des Finances, Dr Boubou Cissé, intervenant lors de la session inaugurale de la Conférence internationale sur le thème : «Développement et dette soutenable : trouver le juste milieu», a réitéré auprès des partenaires techniques et financiers sa demande visant à extraire les dépenses sécuritaires et militaires du calcul du déficit budgétaire, fixé à 3% du Produit intérieur brut (PIB). Dr Boubou Cissé, qui représentait le président Ibrahim Boubacar Keïta à cette réunion de haut niveau, a plaidé pour la possibilité de garantir, par exemple, la dette contractée sur le marché financier régional, afin de ramener le taux d’intérêt estimé à 7 ou 8% à 6% voire 3%. L’objectif est de permettre aux pays du Sahel, notamment le Mali, de dégager des marges nécessaires aux investissements dans les infrastructures et autres secteurs sociaux porteurs de croissance et de développement. « Ce plaidoyer est, a soutenu le chef du gouvernement, légitime et justifié ». « Un pays, comme le Mali, consacre aujourd’hui 4% de sa richesse nationale, soit 24% du budget national, aux dépenses de sécurité et de défense », a rappelé Dr Boubou Cissé, ajoutant que ces dépenses ont augmenté de 20% les quatre dernières années. « Nous sommes dans une situation où, à cause du respect des critères de convergence et des critères que nous avons acceptés de signer avec des PTF, nous finançons ces dépenses-là au détriment des investissements sociaux : santé, éducation», a-t-il argumenté. DIFFICULTÉS DE REMBOURSEMENT – « Pour éviter le scénario catastrophe et trouver le juste milieu entre développement et dette soutenable, il urge d’extraire les dépenses sécuritaires et militaires du calcul du déficit budgétaire », a proposé le Premier ministre, interviewé à la fin de cette session inaugurale. « Si nous y arrivons, cela dégagera une marge de manœuvre que nous pourrons consacrer à l’investissement public, à la formation du capital humain, des questions d’éducation et de santé. Des facteurs contributifs à la croissance », a dit Dr Boubou Cissé. Une autre solution, selon lui, est l’endettement. En la matière, la dette du Mali est estimée à 35% du PIB, loin des pays à risque. La dette intérieure (l’émission de bon du trésor) représente 47% de cette dette. Or, leur maturité est très courte (trois à cinq ans), contre des taux d’intérêt élevés estimés à 7 ou 8%. A ce rythme, nos pays seront confrontés à des difficultés de remboursement de cette dette, dans les années à venir. « Nos partenaires techniques et financiers doivent accepter d’utiliser des instruments dont ils disposent, permettant de garantir les prêts contractés sur le marché régional à travers la dette intérieure. Cela permettra d’avoir accès à des dettes à durée un peu longue (plus de dix ans) et à faible taux d’intérêt (3 à 4%) », a plaidé le ministre de l’Économie et des Finances. Introduisant les débats, le président sénégalais a rappelé : « il n’y a ni État, ni démocratie, ni liberté… sans sécurité». « Au regard de la situation au Sahel, le réflexe de tout pays est de se défendre. C’est pourquoi, l’investissement dans les forces de défense devient un impératif de survie », a déclaré Macky Sall. Pour lui, il convient alors de trouver les mécanismes pour prendre en compte la situation exceptionnelle de certains pays dont les fonds devant être alloués au développement sont injectés dans « l’effort de guerre ». Aussi, conviendrait-il de déconstruire les clichés de pays à risque que certains s’évertuent à coller aux pays africains, surtout au sud du Sahara, a plaidé le chef de l’Etat sénégalais, défendant la cause du Sahel, notamment du Mali. Macky Sall a invité, aussi, à « défaire les chaines qui nous empêchent de décoller économiquement ». Présents à cette rencontre, les présidents du Bénin, du Burkina Faso, de la Côte d’Ivoire, du Niger et du Togo ont tous reconnu la nécessité de repenser le mécanisme de la dette et des critères de convergence qui ne semblent pas adapter aux réalités et aux ambitions de nos pays. Ils ont, également, invité les PTF à éviter de commettre l’erreur d’administrer les mêmes remèdes pour tous les problèmes. GESTION TRANSPARENTE– Intervenant à ce propos, la directrice générale du Fonds monétaire international (FMI) a, tout en reconnaissant que l’endettement est nécessaire pour espérer atteindre les Objectifs de développement durable, souligné que les pays ne peuvent pas agir selon leur bon vouloir. Kristalina Georgieva a, par ailleurs, rassuré : «Notre institution sera à vos côtés, à condition que la gestion de la dette soit transparence et efficiente». Cette rencontre-débat s’est tenue à l’initiative du président Macky Sall. Il a été soutenu par le FMI, l’Organisation des Nations unies (ONU) et le Cercle des économistes, une association visant à nourrir le débat économique créée en 1992. Construite autour de six tables rondes thématiques, le Forum entend couvrir un large spectre de réflexion et d’actions collectives à envisager visant à répondre aux problématiques de soutenabilité de la dette africaine vis-à-vis du développement du continent. Pour ce faire, le Cercle des économistes a identifié six secteurs vitaux : l’eau, l’énergie, l’agriculture, la formation, le numérique et la mobilité, sur lesquels doivent reposer le développement à long terme de l’Afrique. Domaines prioritaires prometteurs et porteurs de croissance qui, selon ces experts, peinent à obtenir les fonds nécessaires à cet effet. Seulement plus de 50 milliards de dollars (environ 27.500 milliards de Fcfa) sont accordés à ces secteurs pour toute l’Afrique subsaharienne. CMT/Md (AMAP)
Hommage aux militaires français morts au Mali : Solennité, émotion et recueillement
Envoyé spécial Brehima DOUMBIA Paris, 02 décembre (AMAP) La France a rendu, lundi, un hommage national à treize de ses militaires morts au combat au Mali, le 25 novembre dernier lors d’une cérémonie à l’hôtel des Invalides, à Paris, en présence du président Ibrahim Boubacar Keïta qui manifeste, ainsi, la compassion et la solidarité du peuple malien au peuple français. Les corps des valeureux soldats qui ont péri au champ d’honneur pour l’idéal de paix et de liberté ont été rapatriés et exposés dans la cour de l’Hôtel national des Invalides pour un dernier hommage de la nation. Le président français, Emanuel Macron, a présidé la cérémonie d’hommage en présence de ses prédécesseurs Nicolas Sarkozy et François Hollande, des compagnons d’armes et des parents des défunts célébrés par la France pour être morts en mission. Le président Keïta était accompagné du ministre des Affaires étrangères et de la Coopération internationale, Tiébilé Dramé, du ministre de la Défense et des Anciens combattants, le général de division, Ibrahima Dahirou Dembélé. La délégation présidentielle comprenait, aussi, plusieurs leaders religieux : le cardinal Jean Zerbo, l’imam de la grande mosquée de Bamako, Mamadou Koké Kallé, le pasteur Nouh Ag Infa Yattara de l’église protestante, Thierno Hady Thiam du Haut conseil islamique du Mali (HCIM) et l’imam Aboubacar Doucouré, de la Plateforme des jeunes musulmans et patriotes du Mali. VALEURS D’HUMANISME– Le président malien s’est fait accompagner par ces hommes de foi pour apporter la compassion du Mali au peuple français en ces circonstances douloureuses et montrer que notre pays garde toujours ses valeurs d’humanisme. Pour la cérémonie, le président Macron a été accueilli à son arrivée par le président Ibrahim Boubacar Keïta, le Premier français Edouard Philippe et des membres du gouvernement français. Il a ensuite passé en revue des troupes du régiment de chasseurs, des régiments d’hélicoptères de combat et de transmission, entre autres. Le chef de l’Etat français a expliqué les circonstances du drame avant de louer les qualités individuelles des militaires morts pour la France en opération extérieure. Il a apporté aussi une réponse claire quant à la détermination de son pays à poursuivre la lutte contre les terroristes. A ce propos, il a salué l’engagement des militaires français pour une idée de la France qui vaut d’être servie. Pour lui, la France a perdu treize de ses plus valeureux soldats, treize de ses enfants. Ils sont morts pour la France, pour la protection des peuples du Sahel et pour la liberté du monde. « Au nom de la République, je m’incline devant les familles, les parents qui pleurent un fils, les épouses et compagnes qui perdent un être aimé, les enfants que ce drame a rendu orphelins et devant les enfants à naître que cette guerre aura volé les pères », a dit Emmanuel Macron. « La nation s’unit dans la diversité des opinions et des croyances, des horizons et des différences autour de l’armée », avant de souligner : « nous ferons bloc pour cette vie de peuple libre conquise grâce à l’armée ». Le chef de l’Etat français a promu les soldats défunts au grade supérieur avant de les décorer de la médaille de chevalier de la Légion d’honneur. Après une sonnerie aux morts, Emmanuel Macron s’est recueilli un instant sur les cercueils qui ont été ensuite rendus á leurs familles et compagnons d’armes pour le recueillement en toute intimité. La mort de ces 13 soldats représente la plus grande perte de l’armée française sur les théâtres d’opération depuis l’attentat meurtrier de 1983 contre son QG à Drakkar, à Beyrouth, au Liban, qui avait fait 58 victimes. Cette récente perte de militaires français a été lourdement ressentie par l’opinion publique française, remettant sur le tapis des questionnements légitimes sur le maintien de la Force Barkhane. L’opération militaire au Sahel coûterait plus de 700 millions d’euros (plus de 458 milliards de Fcfa) par an à la France. BD/MD (AMAP)
Bourem : Une mine explose, sans perte en vie humaine ni de dégâts matériels
Bourem, 02 décembre (AMAP) Une mine a sauté, lundi aux environs de 8 heures du matin, au poste des Forces armées maliennes (FAMa) de la 7èmeRégion militaire à Bourem mais n’a fait ni perte en vie humaine, ni de dégâts matériels.. Selon des sources sécuritaires, la mine, posée par un individu non identifié, s’est déclenchée sur la route reliant la ville de Bourem à Moudek. La détonation, qui a fait un grand bruit, a causé la psychose au sein de la population de la ville. AT/MD (AMAP)
Lutte contre le terrorisme : Le président Keïta à Paris pour rendre hommage aux militaires français morts dans le Liptako Gourma
Envoyé spécial Bréhima DOUMBIA Paris, 02 décembre (AMAP) Le président Ibrahim Boubacar Keïta est arrivé à Paris où il a pris part, lundi, à l’hommage national de la France aux treize militaires de la Force Barkhane qui ont perdu la vie dans un crash d’hélicoptères au Mali. Les victimes sont six officiers (les capitaines Romain Chomel De Jarnieu, Bejamin Gireu, Nicolas Mégard, Clément Frisonroche et les lieutenants Alex Morisse et Pierre Bockel), autant de sous-officiers (les maréchaux des logis-chefs, Jeremy Leusie, et Alexandre Protin, les maréchaux des logis, Valentin Dival, et Antoine Serre, le sergent-chef, Andreï Jouk, et l’adjudant-chef, Julien Carette) et un brigadier-chef, Romain Salles de Saint Paul. Selon l’état-major français des armées, les deux appareils de combat, un Tigre et un Cougar, sont entrés en collision, lundi dernier, au cours d’une opération contre des groupes djihadistes dans le Liptako Gourma. Aux héros morts dans cet accident, la France a rendu, lundi, un ultime hommage aux Invalides, en présence du président Emmanuel Macron et de son homologue malien, Ibrahim Boubacar Keïta, pour qui «ces militaires sont morts pour la France, pour le Mali, pour le Sahel, pour la Liberté… ». BD/MD (AMAP)
Suspension de l’Assurance maladie obligatoire : Les pharmaciens exigent le paiement de 6 milliards de Fcfa de prestations
Bamako, 02 décembre (AMAP) Le Syndicat national des pharmaciens du Mali (SYNAPHARM) et le Syndicat autonome des pharmaciens d’officine privée (SYNAPPO) réclament du gouvernement le paiement de 6 milliards de Fcfa, avant de lever la suspension du service d’Assurance maladie obligatoire (AMO), a-t-on appris de sources officielles. Les deux syndicats ont annoncé, au cours d’une conférence de presse samedi, qu’ils rendront le service disponible lorsque le ministre de la Santé et des Affaires sociales tiendra, au plus tard, mardi 3 décembre, l’engagement à payer les arriérés dus. Cette suspension a été décrétée, depuis vendredi dernier, après l’assemblée générale extraordinaire des pharmaciens qui s’est tenue la vielle, jeudi 28 novembre. Il faut préciser que le problème est parti de la Région de Mopti qui, depuis plus de 13 jours, a arrêté le service AMO. La suspension de ce service, dont le but est de soulager les patients, a été causée par plusieurs difficultés dont le retard récurrent dans le paiement, la prescription de médicaments non conventionnés, l’insuffisance de feuilles de soin, le rejet et l’ajustement non justifié et le contrôle imposé pour la validité des feuilles de soin. Les deux syndicats demandent le règlement, sans délai, de toutes les factures échues, le respect strict de l’article 40 de la convention sectorielle entre la Caisse nationale d’assurance maladie du Mali (CANAM) et les Officines de pharmacies, l’instauration d’une pénalité en cas de retard de paiement, le traitement correct des feuilles de soin, le paiement d’un forfait pour le traitement des feuilles de soin, l’arrêt du préfinancement de l’AMO par les pharmaciens et la dématérialisation des feuilles de soin. Le président du SYNAPHARM, Dr Cheick Oumar Dia a déclaré que les retards de paiement ont créé des tensions de trésorerie qui fragilisent leurs entreprises et entrainent, pour certaines, une faillite programmée. Il a indiqué que la majorité des pharmacies sont conventionnées et, depuis 9 ans, elles préfinancent ce service. « Normalement, explique-t-il, ces pharmacies doivent être remboursées au plus tard 15 jours après le dépôt des factures, selon l’article 40 de la convention sectorielle entre la CANAM et les Officines de pharmacies ». Sur ce point Dr Dia a révélé que ce paiement peut connaître un retard de 2 à 3 mois, voire 4 mois. Il a chiffré les arriérés à 1,5 milliard de Fcfa pour l’INPS et 2 milliards pour la CMSS. Pour qu’il n’y ait pas de suspension et couvrir le besoin jusqu’en décembre, le syndicaliste réclame au total 6 milliards de Fcfa. « Notre lutte va dans le sens d’un système plus pérenne », s’est-il défendu avant d’ajouter que l’AMO est un produit précieux. Son collègue du SYNAPPO a, aussi, déploré le même problème. Mais il a tenu à préciser que ce n’est pas une grève, mais une suspension. Pour lui, il le faut, car la survie de leurs entreprises est en jeu. « Nous voulons bien aider la population, mais, nous sommes confrontés au non paiement de nos factures », a-t-il affirmé. FN/MD (AMAP)
Bandiagara : La RN15 (route du poisson) coupée à la circulation
Bandiagara, 02 décembre (AMAP) Des hommes armés non identifiés ont endommagé, dans la nuit du vendredi, une partie du pont sur la Route nationale (RN150, appelée Route du poisson reliant Bandiagara a Koro (Centre). Lundi des hommes armés non identifiés sont revenus pour achever le travail de sabotage des premiers, endommageant ce qui reste de l’infrastructure. Avec pour conséquence, l’arrêt de la circulation sur cette voie. Des dizaines de cars et de gros porteurs, en partance pour Koro, Bankass, sont stationnés dans la ville de Bandiagara. Face à la situation, les agents de la direction régionale des routes, accompagnés des forces de sécurité, se sont rendus sur les lieux pour constater les dégâts. OG/MD (AMAP)
Le chef de l’Etat a reçu Hamed Diane Semega, une délégation de l’Union africaine et Laurent Wauquiez
Bamako, 02 décembre (AMAP) Le président de la République, Ibrahim Boubacar Keïta, a accordé, vendredi dernier, à la Villa des hôtes, une série d’audiences à plusieurs personnalités. Le Haut commissaire de l’Organisation pour la mise en valeur du fleuve Sénégal (OMVS), Hamed Diane Semega, était venu briefer le président Keïta sur la 18èConférence des chefs d’Etat et de gouvernement de l’Organisation, prévue le 7 décembre à Bamako. Il a, aussi, informé le chef de l’Etat sur la vie de l’OMVS qui a plusieurs projets dans son cartable. L’un des plus importants pour le Mali est celui relatif à la navigabilité sur le fleuve Sénégal. Sa réalisation tient à cœur au président Keïta, qui n’a «jamais cessé de nous dire de tout mettre en œuvre pour qu’il se réalise dans les meilleurs délais», a confié le Haut commissaire. Et de juger l’avancement du projet «satisfaisant, au regard des difficultés que soulève une initiative de cette envergure». Le chef de l’Etat a, également, reçu la déclaration issue de la conférence ministérielle organisée par l’Union africaine (UA) à Bamako sur l’accès aux ressources naturelles et sur les conflits communautaires. Elle lui a été remise par une forte délégation comprenant le ministre des Affaires étrangères de la Somalie, Abdulkadir Ahmed Kyer Abdi, le chef de la Mission de l’Union africaine pour le Mali et le Sahel (Misahel), Pierre Buyoya, et le commissaire à la paix et à la sécurité de l’UA, Smaïl Chergui. Ce dernier, pour service rendu au Mali et au continent, a été élevé à la dignité de Commandeur de l’ordre national du Mali à titre étranger par le président de la République. Smaïl Chergui s’est dit honoré par cette décoration qui « constitue surtout une plus grande responsabilisation». Il s’estime désormais, plus que jamais, appelé à faire mieux pour relever les défis de l’heure, qui ne concernent pas seulement le Sahel. C’est le président de la Région Auvergne-Rhône-Alpes, Laurent Wauquiez, qui a bouclé la série d’audiences. Le président Keïta n’a pas manqué de lui adresser ses condoléances pour les 13 soldats français tombés, la semaine dernière, au Mali. Evoquant les raisons de sa présence au Mali, M. Wauquiez a rappelé que sa Région, Auvergne-Rhône-Alpes, accompagne celle de Tombouctou, depuis 1983. Une coopération qui a su se maintenir, malgré les difficultés. ID/MD (AMAP)
Vaccination du cheptel : La campagne touchera plus de 59 millions d’animaux
Bamako, 02 décembre (AMAP) Le président de la République, Ibrahim Boubacar Keïta, a inoculé, dimanche, la première dose de vaccin à un bovin, donnant le coup d’envoi de la campagne nationale de vaccination du cheptel qui touchera, cette année, plus de 59 millions de têtes d’animaux et de volaille. Les maladies animales concernées sont la péripneumonie contagieuse bovine, la fièvre aphteuse, la peste des petits ruminants, la pasteurellose bovine, le charbon symptomatique, le charbon bactéridien et la maladie de la volaille de Newcastle. La cérémonie de cette année a eu lieu à Kati Dral (commune de Kambila) qui accueilli plusieurs membres du gouvernement dont le ministre de l’Elevage et de la Pêche, des chefs d’institutions de la République et des diplomates. Les populations de la commune et les éleveurs sont, également sortis, massivement. En matière d’élevage, le Mali doit, en partie, sa renommée à cette initiative qui renforce, année après année, la protection sanitaire de son cheptel. Aujourd’hui, le Mali occupe la troisième place sur le continent. Le secteur contribue au Produit intérieur brut (PIB) à hauteur de 10%. Au nom des éleveurs, Elhadj Bolly a témoigné de l’efficience des actions entreprises par les autorités, ces dernières années, avant d’appeler ses « frères » à s’approprier cette campagne de vaccination. «Faites vacciner vos bétails ! L’épanouissement de notre activité en dépend», a-t-il plaidé. Le président de l’Assemblée permanente des chambres d’agriculture du Mali (APCAM), Mohamed Ag Mohamed El Moctar, a renchéri : «Vacciner les animaux, c’est contribuer à l’atteinte de la sécurité alimentaire, c’est protéger les populations et c’est un devoir citoyen». Il a, aussi, exprimé la reconnaissance de l’APCAM au chef de l’Etat pour lA mise à disposition de milliers de doses de semence bovine, la création d’un centre d’insémination artificielle ou encore le développement de la culture fourragère dans la zone Office du Niger. Autant d’actes qui ont, considérablement boosté les productions animales. Mohamed Ag Mohamed El Moctar a, cependant, attiré l’attention du chef de l’Etat sur la persistance de la fièvre aphteuse dans certaines localités du Mali. UNE PROUESSE – La ministre de l’Elevage et de la Pêche, Dr Kané Rokia Maguiraga, a précisé que l’objectif de cette campagne est de vacciner 59.600.800 têtes d’animaux et de volailles contre 56.680.830 têtes l’année dernière. Cette campagne sera, aussi, marquée par le démarrage du Programme national de lutte contre la rage 2019-2023. «L’atteinte de cet objectif dépend, en grande partie, de la mobilisation des éleveurs», selon la ministre qui a, alors, exhorté les éleveurs à faire vacciner massivement les animaux. D’après la ministre, les activités de vaccination seront menées, en plus des agents du secteur public, par 163 vétérinaires privés. Par ailleurs, Dr Kané Rokia Maguiraga a mis l’accent sur les résultats de la campagne écoulée. Selon elle, grâce aux vaccinations et à la surveillance épidémiologique permanente, une progression sensible du taux de couverture vaccinale a été enregistrée. «Pour ce qui concerne la péripneumonie contagieuse bovine, le taux de couverture vaccinale a progressé de 69,40% à 80,72% au cours de la campagne dernière», a-t-elle précisé. « Chacun a entendu les chiffres et le dernier classement africain qui nous hisse à la troisième place continentale. Dans le contexte qui est celui du Mali, une telle prouesse se respecte», s’est félicité Ibrahim Boubacar Keïta, pour qui le Mali doit cet exploit aux éleveurs, pêcheurs et agriculteurs. « Si nous sommes considérés, aujourd’hui, sur le plan africain en matière de développement rural, c’est à leur labeur, à leur engagement, à leur détermination jamais prise à défaut», a-t-il dit. Et de reconnaitre la pertinence de l’effort du gouvernement pour rehausser la part dévolue à ce secteur à 15%. Un effort, certes, louable mais qui n’aurait pas produit l’effet escompté si les hommes et les femmes du secteur rural n’avaient pas été au rendez-vous. En effet, selon le chef de l’Etat, «on aurait pu injecter 30%, si l’homme n’avait pas été au rendez-vous, rien n’aurait été fait». Ibrahim Boubacar Keïta a indique que participer, chaque année, à ce lancement de campagne de vaccination est un devoir pour lui, « parce que la santé animale est à la base de tout le reste, elle conditionne la santé humaine». Il a souhaité que le cheptel malien, un socle sur lequel repose le décollage économique du pays, aille encore grandissant. Avant d’administrer la première dose de vaccin, le président de la République avait remis au ministre en charge de l’Elevage 23 motos et des glacières contenant 332.000 doses de vaccins, des seringues et des gangs. Ces vaccins de très bonne qualité ont été, tous, produits par le Laboratoire central vétérinaire (LCV), une structure de renommée internationale qui assure la santé animale au Mali et même au-delà des frontières du pays. ID/MD (AMAP)

