Un tailleur prend 20 ans de prison pour viol sur mineure

Bamako, 03 décembre (AMAP) Agé d’environ trente ans, Ousmane Djénépo, tailleur de son état, inculpé pour viol sur une mineur F.K, a été condamné par la dernière session de la Cour d’Assises de Bamako, à 20 ans de réclusion, a appris l’AMAP.  Le tailleur a invité la jeune fille à venir récupérer ses habits à son atelier. C’était uniquement dans le but inavoué d’abuser d’elle, puis de la rouer de coups et de l’insulter. Cette histoire de viol s’est passée, en juin 2018, dans un quartier de la Commune V du district de Bamako. F.K. (âgée au moment des faits de 15 ans). Nous sommes dans la nuit du 18 au 19 juin 2018, Ousmane Djénépo, appela la demoiselle FK pour lui dire de passer chercher ses habits à l’atelier. Celle-ci lui a fait comprendre qu’elle ne pouvait sortir la nuit, mais que, le lendemain, elle passerait. Comme promis, dans la matinée du 19 juin 2018, elle s’est rendue à l’atelier, mais constata que ses habits n’étaient pas cousus. Mécontente, elle décida de les reprendre quand Ousmane lui administra une gifle, suivie de coups de poing à divers endroits. La demoiselle a pleuré et dit qu’elle allait dénoncer le tailleur à ses parents. Comme si les coups n’avaient pas suffi, Ousmane l’a poussée sur la couchette, déshabillée et entretenu des rapports intimes avec elle. sans son consentement. Il l’a bâillonnée pour l’empêcher de crier avant d’abuser d’elle. Après les faits, la demoiselle projetant toujours d’informer ses parents, Ousmane l’a insultée, grossièrement, de mère et lui dit d’aller se plaindre où elle voulait. La victime a informé ses parents, puis une plainte a été déposée contre Ousmane. Un certificat médical, établi par une clinique, le même jour, a conclu à « une défloration hyménale partielle récente, à des rougeurs et des microlésions (microfissures) au niveau vulvo-vaginal ». Interpellé et interrogé, le mis en cause a reconnu, sans ambages, les faits qui lui sont reprochés à l’enquête préliminaire comme devant le juge d’instruction. Mais, en revanche, il a tenté de justifier les faits de viol par le fait que la fille allait le dénoncer ! A l’audience, l’inculpé vêtu d’un boubou bleu n’a pas nié les faits tels qu’ils se sont passés. Il est resté dans la même logique de ses déclarations tant à l’enquête préliminaire qu’à l’instruction. Le parquet, ayant reconnu que la victime était mineure au moment des faits, a requis de retenir l’accusé dans les liens de l’accusation et de le condamner. Pour sa part, la défense a plaidé coupable en demandant la clémence de la Cour et de solliciter de larges circonstances atténuantes. La Cour a reconnu la culpabilité de l’accusé en lui refusant les circonstances atténuantes. En cela, elle a suivi le parquet, en condamnant Ousmane à 20 ans de réclusion criminelle et au paiement d’une amende de 300 000 Fcfa. TC/OD/MD (AMAP)

Deux ans de réclusion pour avoir brulé les parties intimes de sa nièce

Bamako, 03 décembre (AMAP) Les jurés de la dernière session d’Assises de Bamako ont infligé deux ans de prison à Mme Haye Fofana pour avoir posé une louche rougie par le feu sur les parties intimes de sa nièce, a appris l’AMAP. Une correction corporelle a mal fini entre la dame Haye Fofana et sa nièce Fatoumata Keïta. Les faits remontent à 2018 alors que la victime vivait sous le toit de sa tante, au quartier Badialan 2, en Commune III du District de Bamako. A cette époque, Haye Fofana a constaté que la demoiselle s’amusait avec ses petites camarades, avec attouchements et se masturbait, par moments. Cependant, la tutrice a entrepris tout pour l’en dissuader, en l’admonestant et la conseillant. En vain. Comme si cela ne suffisait pas, un jour, la petite a introduit son doigt dans le sexe d’une de ses camarades de jeu. Pour la corriger, la tante, furieuse l’a appelée, l’a déshabillée et posé la manche de la louche en aluminium chauffé à blanc sur ses parties intimes. Un certificat médical établi au Centre de santé de référence (CSRéf) de la Commune V du District de Bamako par un spécialiste, a conclu à « une brûlure du 2e degré étendue à tout le pubis et aux grandes lèvres, une brûlure du 1er degré de 13 cm sur chaque fesse, une perte purulente provenant du vagin ». Interrogée, aussi bien à l’enquête préliminaire que devant le magistrat instructeur, l’inculpée a reconnu les faits en les mettant sur le compte de la colère. L’accusée elle-même a avoué, plus tard, qu’elle était dans un état de fureur au moment précis où elle a commis son acte. Face aux jurés, la tante a manifesté un profond regret pour avoir brutalisé sa nièce, en guise de correction. Le parquet a requis de la maintenir dans les liens de l’accusation et d’entrer en voie de condamnation contre elle avec 5 ans de prison ferme. La défense n’était pas de cet avis. L’avocat de la dame Haye a plaidé pour un sursis de la peine, au motif que sa cliente « est une délinquante primaire » qui, de surcroit, accouché d’un enfant en prison. Après délibération, la Cour, a accordé des circonstances atténuantes à l’accusée et l’a condamné à 2 ans de prison  ferme. TC/OD/MD (AMAP)

Faits divers : Des terroristes à la barre des assises

Bamako, 03 décembre (AMAP) Les jurés de la dernière session de la Cour d’assises de Bamako avaient affaire à des dossiers de terrorisme dont le premier accusé est ressorti libre tandis que le second a écopé de 5 ans de réclusion criminelle assortie de 2 millions de Fcfa d’amende.  Les infractions d’association de malfaiteurs, détention illégale d’armes de guerre et de munitions, intentionnellement, en lien avec une entreprise terroriste, appartenance à un groupe de combat, intentionnellement, en relation avec une entreprise individuelle ou collective ayant pour but de troubler gravement l’ordre public par l’intimidation ou par la terreur et prise d’otage », reprochées à Abderhamane Ould Hmayma, ont été examinées par les juges de la Cour d’assises de Bamako, lors de sa récente session. L’accusé était suspecté d’actes terroristes alors qu’il se trouvait en possession d’armes de guerre. Cette histoire s’est passée dans la partie septentrionale du Mali, il y a quelques années. Selon les informations qui ressortent des enquêtes en  2016, plus précisément le 22 mars, aux environs de 3 h du matin, une opération de la force Barkane, dans le secteur de Tabankort, Cercle de Bourem, Région de Gao, a permis d’arrêter des membres de Groupes armés terroristes (GAT). Au cours de cette opération, Abderhamane Ould Hmayma, a été pris près d’une base du groupe armée terroriste, Al Mourabitoune ,auquel il appartenait, en possession d’une Kalachnikov, quatre chargeurs garnis et deux grenades. Interpellé, sans ambages, il a reconnu les faits qui lui ont été reprochés, déclarant avoir été recruté comme mécanicien au sein d’Al Mourabitoune. Il a ajouté avoir participé au ravitaillement en nourritures, carburants, participé avec d’autres terroristes à l’enlèvement d’un couple blanc au Burkina Faso. À la barre, l’inculpé a reconnu avoir été interpellé en possession d’armes de guerre. Mais il a nié l’infraction de terrorisme. Il a expliqué qu’à l’enquête préliminaire, il était assisté d’un interprète qui a mal interprété ses propos et qu’il a été, de surcroît, forcé de reconnaître certaines choses qu’il n’avait pas faites. A l’entendre, il n’a commis que la seule infraction de possession d’armes de guerre. Il s’est justifié qu’il était un combattant d’une »plateforme progouvernementale »et que l’arme appartenait à cette plateforme. L’inculpé a fait croire aux juges qu’il n’a jamais combattu l’Armée française encore moins l’Armée malienne. Au contraire, il aurait combattu aux côtés de ces forces le Mouvement national pour la libération de l’Azawad (MNLA). Selon lui, c’est pour sauver sa peau contre ce mouvement qu’il est allé se réfugier dans une base du groupe Al Mourabitoune. Il a, également, nié avoir participé aux enlèvements. « Je suis victime aujourd’hui du fait que j’ai combattu le MNLA. Je suis humilié de comparaitre devant les juges pour avoir combattu pour le Mali », a-t-il ajouté. Le ministère public, après avoir expliqué clairement les faits tels qu’ils ressortent de l’acte de renvoi, a indiqué à la Cour que l’accusé Abderhamane Ould Hmayma est un terroriste. Il a demandé aux jurés de le maintenir dans les liens de l’accusation. Pour sa part, le conseil de l’accusé a estimé que le Mali se trompe d’ennemis. « Les défenseurs du Mali sont qualifiés d’ennemis », a-t-il déploré. L’avocat a soutenu que son client a été interpellé parce qu’il dérangeait le MNLA. « Tous ceux, qui luttaient contre le Mouvement national de libération de l’Azawad, ont été mis en cause pour acte terroriste. Il faut que l’autorité malienne comprenne cela », a déclaré le conseil de l’inculpé. Il a plaidé l’acquittement de son client. Après délibérations, l’accusé a été reconnu non coupable des faits. Et la Cour a finalement suivi la requête de la défense. Abderhamane Ould Hmayma est ressorti libre de la salle, à la satisfaction de son avocat et de sa famille. CONTUMACE ET PEINES FERMES – C’était au tour de Moussa Ag Ibrahim et Alhassane Ag Rachid de passer à la barre. Les deux avaient à leur charge tout un chapelet d’infractions se rapportant au terrorisme. D’appartenance à un groupe de combat en lien avec une entreprise terroriste, détention d’armes de guerre et de munitions et appartenance à un groupe de combat, intentionnellement, en relation avec une entreprise individuelle et collective et par la terreur, en passant par la livraison, pose, explosion ou détonation d’engin explosif ou tout autre fait meurtrier contre un bien public ou une infrastructure, aux faits de complicité d’actes terroristes, faux et usage de faux. Faits prévus et punis par le Code pénal. Les 6 et 7 novembre 2016, à la suite de patrouilles de la force Barkhane contre des groupes armés terroristes à Kidal et à Talhanda, Moussa Ag Ibrahim et Alhassane Ag Rachid ont été interpellés. Interrogés tant devant les enquêteurs que devant les magistrats instructeurs, les mis en cause ont rejeté, vivement, les accusations portées contre eux et se sont défendus, énergiquement, protestant de leur innocence. Le premier, Moussa Ag Ibrahim, a, certes, reconnu être un membre du groupe Haut conseil de l’unité de l’Azawad (HCUA), mais soutenu que ce groupe n’a aucun lien avec un groupe terroriste ou de malfaiteurs. Quant au second, Alhassane Ag Rachid, il a déclaré ne pas être terroriste et n’est d’ailleurs membre d’aucun groupe armé. Qu’il a été pris sur une dune à la recherche de « réseau téléphonique ». Cependant, il ressort de l’information des preuves attestant qu’ils étaient en entente avec des terroristes, notamment l’arsenal de guerre et une fausse carte d’identité algérienne retrouvée sur Moussa Ag Ibrahim et les vidéos de propagande de Daech appelant au Jihad, enregistrées dans le téléphone d’Alhassane Ag Rachid. D’où leur renvoi devant les jurés de la Cour d’assises pour y être jugés conformément à la loi. A l’audience, même si ce sont les deux individus qui ont été interpellés comme cela ressort de l’arrêt de renvoi et d’accusation, c’est le nommé Moussa Ag Ibrahim, la quarantaine et manœuvre de son état, qui a été le seul à comparaitre devant les jurés. Quant à son coaccusé, Alhassane Ag Rachid, il aurait été libéré pour des raisons qui ne figurent pas dans l’arrêt d’accusation. A la barre, l’accusé n’a pas reconnu les faits

Kangaba : Le nouveau guide de transposition des directives et de notification des actes de l’UEMOA en discussions

Kangaba, 3 décembre (AMAP) La formation des membres du comité technique de suivi des reformes communautaires et des points focaux des départements ministériels, sur le nouveau guide de transposition des directives et de notification des actes de l’Union Monétaire Ouest Africaine (UEMOA), a pris fin vendredi à Kangaba, a constaté l’AMAP. Présidés par le coordinateur de la Cellule de Suivi des Reformes Administratives, Financières et monétaires en Afrique de l’Ouest, Bakari Coulibaly, les travaux ont regroupé une cinquantaine de cadres venus des directions nationales, des cellules nationales, des agences nationales, des offices, ordres et laboratoires nationaux du Mali. Les points focaux de l’Assemblée nationale, du Haut Conseil des Collectivités, du secrétariat général du Gouvernement, des départements ministériels ayant en charge la mise en œuvre des textes, programme et projets communautaires, du Comité National de Politique Economique (CNPE), de la Cellule de Gestion du Programme Economique Régional et de la Cellule d’Appui à la Reforme des Finances Publiques (CARFIB) étaient également présents aux travaux. Bakari Coulibaly a précisé que la commission de l’UEMOA a adopté la décision N°05/2019/COM/UEMOA du 06 août 2019 portant adoption du guide relatif aux méthodes et techniques de transposition des directives de l’UEMOA et au modèle d’acte de notification. « Ce guide a pour objet de présenter l’ensemble des principes, règles, méthodes et procédures qui devraient être observés par les autorités compétentes des Etats membres, lors de la transposition des directives adoptées par les instances de l’UEMOA » a –t-il conclu. L’objectif de la cellule de Suivi des Reformes Economiques et Financières en Afrique de l’Ouest est de réduire les difficultés en matière de transposition et d’harmoniser les méthodes et pratiques de transposition avec les autres états de l’union. SD/KM (AMAP)

Concours de la Fonction publique: Les épreuves se dérouleront jusqu’au 21 décembre

Bamako, 03 décembre (AMAP) Les épreuves des concours directs de recrutement dans la Fonction publique de l’Etat ont démarré, samedi dernier, sur l’ensemble du territoire national et prendront fin le 21 décembre prochain, a annoncé le ministère du Dialogue social, du Travail et de la Fonction publique. Le ministre du Dialogue social, du Travail et de la Fonction publique, Oumar Hamadoun Dicko a procédé, solennellement, au lancement officiel de ces concours au Centre du lycée « Ba Aminata Diallo » (LBAD). Il était accompagné, notamment, du directeur du Centre national des concours de la Fonction publique, Dr Ousmane Magassy. C’est à 8 heures que le ministre Dicko a donné le coup d’envoi des épreuves dans la salle N°1, en ouvrant la première enveloppe contenant des sujets d’examens. Le secrétariat était la spécialité du premier sujet de l’épreuve technique. « Expliquez les différences entre un rapport, un procès-verbal (PV) et un compte rendu. Définissez et expliquez les principes des ordres principaux et des dérivés de classement. Donner un exemple d’utilisation de chaque ordre. Définissez l’accusé de réception, la lettre de rappel, le bordereau d’envoi et le soit transmis. Composez-les. Donnez les caractéristiques du style administratif. Expliquez le principe de la neutralité administrative », est l’intitulé du premier sujet. Le deuxième sujet avait comme spécialité le secrétaire de direction. Il était libellé ainsi: « Que savez-vous des différentes parties d’une lettre à forme administrative ? Décrivez les différents types de l’enregistrement du courrier au départ et à l’arrivée. Caractérisez le style administratif. A l’aide d’exemples concrets, comparer l’accusé de réception et la lettre de rappel ? Citez et caractériser les différents documents administratifs que vous connaissez ». Après le coup d’envoi des épreuves, le ministre s’est rendu dans quelques salles d’examens pour encourager et donner des conseils aux candidats, en majorité féminine avec des enfants. Oumar Hamadoun Dicko a, aussi, précisé que les concours de la Fonction publique consistent à sélectionner les meilleurs cadres afin de les verser dans l’Administration publique. Il faut noter que l’accès à la salle d’examens était subordonné à la présentation d’une pièce d’identité nationale en cours de validité (carte NINA, passeport et permis de conduire). Comme d’habitude, plusieurs candidats cherchaient encore leur nom sur la liste et leur salle d’examens, pendant que les autres avaient déjà commencé à traiter les épreuves du jour. Si certains candidats ont été exclus, faute de pièce d’identité, les retardataires eux n’ont pas été écoutés. Outre le District de Bamako, les épreuves ont, également, lieu dans les centres régionaux de concours de Kayes (195 candidats), Sikasso (724 candidats), Ségou (612 candidats), Mopti (341 candidats) et Gao (102 candidats). SYW/MD (AMAP)

Éditorial: Reconnaissance (De Bréhima Touré)

De Bréhima Touré mardi 3 décembre 2019 Ce genre d’hommage donne un sens profond à l’engagement patriotique, au sacrifice pour sa patrie. La France a montré qu’elle était reconnaissante envers ceux qui s’engagent pour elle et qui sont prêts à aller jusqu’au sacrifice ultime. Le ban et l’arrière-ban de la République française était debout dans le recueillement autour des cercueils des soldats tombés au cours d’une opération anti-terroriste sur notre sol. L’atmosphère dans la cour des Invalides était empreinte de solennité, d’émotion, de recueillement et de gravité. Et le président français a eu les mots justes pour imprimer un sens hautement patriotique à la mort de ces soldats. «La liberté a souvent hélas le goût du sang versé», s’est exclamé Emmanuel Marcon dès l’entame de son intervention. Dans la bouche du chef suprême des armées, l’éloge funèbre avait une toute autre dimension surtout lorsqu’elle a pris l’allure d’une galerie de portraits, s’attardant sur le parcours de chacun des soldats. La marque d’attention était manifeste. De quoi mettre du baume au cœur des familles, invitées d’honneur, et les conforter dans l’idée que le sacrifice de leurs proches n’est pas vain. De quoi consolider l’esprit du sacrifice chez tous les militaires et rappeler la noblesse du métier des armes. La défense se construit par l’exaltation de la culture du sacrifice, de l’abnégation, du don de soi, de l’amour de la patrie. L’exemple doit nous inspirer et nous inciter à montrer davantage à nos soldats que leur engagement a un sens, celui de la défense de la patrie, de la dignité et de la forme laïque de l’État qui accorde à chacun de nous un espace de liberté. Une nation sans défense est une proie facile pour toutes les ambitions hégémoniques. Dans notre cas, l’obscurantisme menace de nous envahir et notre patriotisme prend une fausse route. B. TOURÉ

Interconnexion électrique Guinée-Mali : Un coup d’accélérateur au projet

Bamako, 03 décembre (AMAP) Le Comité de pilotage du Projet d’interconnexion électrique en 225 KV Guinée-Mali a tenu, vendredi et samedi derniers, sa 2e session au cour de laquelle les administrateurs maliens et guinéens ont passé au peigne fin l’état de mise en œuvre du Projet et de mobilisation des ressources nécessaires à cet effet. Durant deux jours, sous la présidence de la directrice nationale de l’Energie au Mali, Mme Théra Aminata Fofana, en présence de la représentante de la BOAD, Mme Lo Fatoumata Diop, les participants ont examiné et validé les programmes de travail et de budget annuels (PTBA) 2020 des Unités de gestion du projet. « L’objectif était de faire le point sur l’état d’avancement du Projet et d’approuver les Plans de travail et du budget annuel 2020 des Unités de gestion du projet (UGP) pour un suivi correct de son exécution », a souligné la directrice nationale de l’énergie, dans son allocution d’ouverture. Cela est d’autant nécessaire si l’on sait que le Mali est confronté à de nombreux défis en matière de développement. En effet, « outre le développement du secteur électrique, nos Etats doivent relever les défis liés à l’accès aux services sociaux de base tels la santé, l’éducation, l’approvisionnement en eau potable, l’autosuffisance alimentaire et le désenclavement », a rappelé Mme Théra. Et d’ajouter : «La modicité des moyens dont nous disposons nous commande à mettre en commun nos efforts en vue de leur optimisation pour créer les conditions favorisant notre développement», comme pour dire que le soutien des partenaires techniques et financiers est nécessaire pour y arriver. Son homologue guinéen, Dr. Cheick N’fall Sissoko, a assuré que tous les financements ont été ratifiés du côté de la Guinée, excepté celui de la Banque européenne des investissements (BEI). Le Projet d’interconnexion électrique en 225 kV Guinée-Mali consiste en la construction d’une ligne électrique de structure à double terne 225 kV en courant alternatif. D’une longueur d’environ 714 km, il est situé entre la ville de Sanankoroba, au Mali, et celle de Nzérékoré en Guinée (en passant par Fomi, en Guinée). Il verra l’implantation des postes de transformation associés dans les localités de Siguiri, Fomi, Kankan, Kérouane, Beyla et N’Zérékoré (en Guinée) puis Sanankoroba (au Mali). Le projet vise à faciliter la gestion d’énergie entre la Guinée et le Mali. La finalité est l’amélioration de la consommation des populations en énergie abordable. Cela, en augmentant la disponibilité de l’énergie électrique aux deux pays et en renforçant l’établissement du marché régional de l’énergie électrique en Afrique de l’Ouest, conformément au Plan directeur adopté, en 2012, par les chefs d’Etat de la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO). Ainsi, le projet d’interconnexion électrique Guinée-Mali contribuera au développement socio-économique du Mali et de la Guinée, à travers un accès plus accru des populations à l’électricité de qualité et à moindre coût. Le coût global est estimé à 299,63 millions Unité de compte (UC) soit environ 239,633 milliards de Fcfa HT/HD, dont 52,853 milliards de Fcfa pour le Mali. Il est cofinancé par la Banque africaine de développement (BAD) à travers le Fonds africain de développement (FAD), la Banque ouest africaine de développement (BOAD), la Banque mondiale (BM) et l’Union européenne (UE). Tous les accords de financement ont été signés. Sa durée d’exécution, prévue initialement pour quatre ans (2018-2021), à été prorogée à six ans (2018-2023), suite au retard accusé dans le processus de recrutement de l’ingénieur conseil, en charge de la supervision et du contrôle des travaux de la ligne 225 kV. D’où l’urgence de donner un coup d’accélérateur au projet. AG/MD (AMAP)

Koro : Deux soldats maliens tués et sept blessés dans une attaque à Diougani

Koro, 3 décembre (AMAP) Deux  des  six soldats maliens blessés dans une attaque perpétrée lundi par des hommes armés non identifiés à Diougani, dans le Cercle de Koro, ont succombé, a appris l’AMAP de sources locales concordantes. Les mêmes sources précisent que d’importants dégâts matériels ont été occasionnés par l’attaque avant de préciser que les corps et les blessés ont été acheminés à Sévaré. Les terroristes ont par ailleurs, sauté un pont dimanche, entre les villages de Parou et Songobia, sur la route du poisson, entravant la circulation sur l’axe Koro – Bandiagara, selon les mêmes sources. Les mêmes sources indiquent qu’un renfort des Forces Armées Maliennes (Fama)  a été dépêché sur les lieux afin de retrouver d’éventuels assaillants, les traquer et assurer la protection des personnes et de leurs biens. KM (AMAP)

Suspension de l’AMO par les pharmacies : Dure épreuve pour les pharmaciens et les assurés

Par Fatoumata NAPHO Bamako, 03 décembre (AMAP) Le ministère de la Santé et des Affaires sociale s’est engagé à résoudre rapidement le problème. En attendant, c’est le calvaire pour des patients et leurs familles qui souffrent, depuis vendredi, de la suspension du service de l’Assurance maladie obligatoire (AMO). Les assurés cotisent chaque mois pour bénéficier de ce service mais ils en sont privés à cause des arriérés de paiement qu’exigent les pharmacies signataires de conventions avec la Caisse nationale d’assurance maladie du Mali (CANAM). Au Mali, le taux d’utilisation des services de santé est insuffisant à cause de la pauvreté. Afin de faciliter l’accès aux soins pour le plus grand nombre, l’AMO a été adoptée en 2009. L’objectif est d’améliorer les indicateurs de santé et étendre la couverture des soins de santé. L’AMO est, en effet, fondée sur les principes de solidarité, de contribution, de mutualisation des risques et du tiers payant. L’assuré cotise six mois avant d’accéder à la prestation et tous les mois les prélèvements sont effectués sur son salaire. La décision des pharmaciens de suspendre la fourniture des médicaments aux assurés porte un coup dur à cette politique sociale qui a fait beaucoup de biens aux couches défavorisées. Notre équipe de reportage a fait un tour dans certaines officines pour prendre la température sur le terrain. Il est 15 heures, nous sommes en Commune I, plus précisément à Sotuba. Non loin d’une pharmacie nous avons rencontré un vieil homme parlant seul. Fourbu avec un visage désespéré, Oumar Soumaré, commerçant a appris la nouvelle de l’arrêt des prestations de l’AMO lors d’un achat à la pharmacie. Ne sachant plus comment faire, il nous a confié ses sentiments de frustration et déploré cette mesure. Il rappelle que, chaque mois, on lui prélève de l’argent. « Si j’étais gravement malade et que je n’avais pas d’argent pour me soigner qu’est-ce qui allait m’arriver ?», s’est-il interrogé. Il a déploré le fait qu’il n’a pas été mis au courant de la situation, sinon, il n’allait pas se présenter à la pharmacie. Pour notre interlocuteur, de telles choses ne doivent pas arriver sans que les autorités n’avisent les bénéficiaires qui, malgré les contraintes que cela impose, auraient pu prendre le soin de se préparer en conséquence. Il a lancé un appel aux responsables à mettre fin, immédiatement, à cette situation pour que les patients puissent se soigner convenablement. Toujours en Commune I, Boubacar Koreissi est le gérant d’une pharmacie à Banconi. Ce dernier a expliqué que depuis plusieurs années, il se plaignait de ce problème. Il a même confessé qu’il refusait de rendre ce service, car, il sentait sa perte. A Mopti, où il gère une autre pharmacie, il a révélé que depuis le 18 février dernier, aucune de ces factures n’a été soldée. Le problème pénalise son entreprise, car, il n’arrive pas à fournir les autres clients qui veulent payer en espèces. Pire, il n’arrive plus à payer les fournisseurs de médicaments. Il ne fonde pas trop d’espoir sur la résolution du problème. Pour lui, c’est un service qui a été mal ficelé depuis le début. Dramane Coulibaly vient d’être papa. Mais ce statut de papa lui a coûté une fortune à cause de la suspension du service AMO. Sa femme ayant accouché dans une clinique, le nouveau père a dû payer rubis sur ongle. En plus des 75.000 Fcfa pour la chambre, Dramane Coulibaly a aussi beaucoup dépensé pour les ordonnances et autres. Selon les vendeurs de la pharmacie Hatime de Banankoro, ce sont les factures impayées de la Caisse malienne de la solidarité sociale (CMSS) et de l’Institut national de prévoyance sociale (INPS) qui sont à la base de cette suspension. « Certaines de nos factures de 300.000 et 500.000 Fcfa peuvent traîner 5 à 6 mois sans être payées », ont-ils dénoncé, ajoutant que leur chef leur a quand même ordonné de vendre les médicaments sur AMO. « Nous n’avons pas eu d’ordonnances AMO, sinon on allait les accepter », car les syndicats ne nous ont pas donné de mot d’ordre dans ce sens. Le client Samba Diallo, qui n’était pas au courant de la situation, était très surpris. Lui qui n’a pas encore adhéré au service AMO, souhaite la reprise des prestations. « L’AMO aide énormément les chefs de famille », reconnaît-il. Selon Mahamadou Traoré, superviseur d’une pharmacie à Niamakoro, son officine a sur les bras 20 millions de Fcfa d’impayés. Ses fournisseurs de médicaments refusent de lui livrer des médicaments. « Nous sommes tous concernés par cette situation. Nous faisons cette grève pour le bien être de la population. Nous sommes dans un pays pauvre, donc s’il faut que la population paye la totalité des ordonnances, ça sera un problème. Alors, j’invite les autorités à redoubler d’efforts, de faire le minimum pour que ce problème ne se répète plus », a indiqué M. Traoré. Dr Diarra Mariam Daou, promotrice de pharmacie au Marché de Daoudabougou, dira qu’elle approuve, carrément, l’arrêt du partenariat avec l’AMO. Elle a souligné que les pharmacies ont signé une convention de partenariat qui stipule que les paiements doivent se faire dans un bref délai de 15 jours. Les pharmaciens ont envoyé leurs syndicalistes qui ont eu des entretiens avec la direction de l’AMO et le ministère en charge de la Santé. Ces échanges n’ont donné aucun résultat. Or, les pharmaciens doivent payer les grossistes qui les ravitaillent en médicaments. Les paiements avec ces partenaires sont effectués par semaine et quinzaine, selon les cas. La situation est telle que les pharmacies n’arrivent plus à honorer leurs engagements vis-à-vis des grossistes, d’où le refus de servir les ordonnances de l’AMO. « Aujourd’hui, nous avons plusieurs mois d’impayés sans compter la perte de clients (fournisseurs essentiellement). Depuis jeudi dernier, le ministère de la Santé et des Affaires sociales a publié un communiqué dans lequel il indique qu’il «reste résolument engagé à poursuivre les efforts en cours pour trouver, dans les meilleurs délais, une issue favorable à cette situation». MD (AMAP)

Thierno Hady Thiam : « La croyance islamique ne repose pas sur une langue »

Propos recueillis par Massa SIDIBE                                        Dans cette interview, le 2è vice-président du Haut conseil islamique du Mali (HCI) rappelle ce que disent les textes coraniques sur l’enseignement. Il partage également ses réflexions pour juguler le phénomène du terrorisme et l’intégration des arabisants dans la conduite du pays   L’Essor : Les terroristes prétendent qu’ils agissent au nom de l’islam et s’en prennent aux écoles en disant qu’ils combattent l’enseignement en français. Que disent les textes coraniques en matière d’enseignement ?   Thierno Hady Thiam :Vous savez, la religion musulmane est basée sur la connaissance, l’apprentissage, le savoir lire et écrire. La première des choses que le bon Dieu a demandée à son prophète Mohamed (PSL) de nous communiquer, c’est de savoir lire. Le prophète lui-même dit que la recherche de la connaissance est une obligation pour tous les musulmans et toutes les musulmanes. L’islam est une religion qui est universelle, n’appartenant pas à une ethnie, à une nation. Donc, la langue arabe n’est qu’un moyen de communication et de compréhension, ce n’est pas un but. De ce fait, on ne doit pas fermer les écoles, parce que l’enseignement est en français. Le président Modibo Kéïta en 1963, avec son ministre de l’Education Abdoulaye Singaré, a voulu nationaliser les écoles médersas en introduisant la langue française comme deuxième langue et la langue arabe comme première langue. Mais il a échoué, car n’ayant pas été suivi par les promoteurs des écoles médersas en ce temps. Donc, dire qu’on va arabiser les musulmans du monde, c’est une colonisation, chacun est fier de sa langue. La croyance ne connaît pas la langue, la croyance c’est une question de foi. L’islam s’adapte à tous les milieux et à tous les temps. Mais ceux qui sont en train de semer la zizanie maintenant ou poser des faux problèmes, comme si tous les musulmans doivent parler arabe, posent un problème de nos jours. Certains pays comme l’Indonésie, la Malaisie, l’Iran et la Turquie ne sont pas des Etats arabes, ils parlent leurs langues et pourtant ce sont les plus grands pays islamiques aujourd’hui. Rien que l’Indonésie seulement fait plus de 350 millions d’habitants musulmans.   L’Essor : Les arabisants se sentent marginalisés dans la gestion des affaires publiques. Quelle solution faut-il pour les intégrer dans la conduite du pays ?   Thierno Hady Thiam: La marginalisation des écoles médersas et des arabophones a commencé depuis longtemps, avec de nombreuses conséquences aujourd’hui. D’abord, les arabisants ne se sentaient plus Maliens, parce qu’il n’y a pas d’égalité entre un élève qui va à l’école publique et l’autre en médersa. De même, il ressort des études que j’ai faites que tous les enfants qui sont dans les écoles médersas viennent des milieux défavorisés et pauvres. Une autre conséquence de cette marginalisation que nous sommes en train de vivre présentement est la radicalisation elle-même entretenue par la pauvreté et l’abandon. Si l’homme malien qui a des droits ne trouve pas des oreilles attentives à ses revendications, il y a des risques pour qu’il se laisse entrainer par les terroristes qui ne sont que des brigands. Quelles sont les propositions concrètes qu’on peut faire pour sortir de cette situation ?  Il s’agit dans un premier temps de revaloriser toutes les médersas et les écoles coraniques, car la langue arabe c’est comme la langue française on ne doit pas marginaliser les élèves à cause de la langue ou à cause de leur religion. Il faudra aussi faire des passerelles entre les écoles coraniques, les médersas et l’école publique. Aussi, il est temps de créer des écoles normales pour former les enseignants des établissements franco-arabes parce qu’il faut la formation des formateurs pour que le niveau soit rehaussé. Il y a tellement d’élèves dans les écoles medersas, qu’on ne peut pas laisser tout le monde aller vers les universités. Donc dans ce cas, on va ouvrir une école normale pour la formation des formateurs, un institut pour la formation des prêcheurs et des imams. Et ceux-ci vont s’occuper de la religion, mais étant bien formés. On va ouvrir des écoles d’apprentissage des métiers (mécanique, électricité etc) mais seulement au niveau DEF. On peut aussi créer des écoles de traduction et d’interprétariat, français et arabe. Et les sortants de ces écoles pourront travailler dans l’administration surtout aux ministères des Affaires étrangères, des Affaires religieuses et autres ainsi que dans les ambassades comme des interprètes ou des traducteurs.   L’Essor : Quel commentaire faites-vous de l’idée de vouloir islamiser une terre où l’islam est pratiqué depuis des siècles ?   Thierno Hady Thiam: Quand il y a eu l’attaque à Tombouctou en 2013 avec la destruction des mausolées, les envahisseurs ont voulu appliquer la charia dans un État laïc, les ulémas sont sortis avec des recommandations pour dire qu’il n’y a pas de jihad contre les musulmans. Le jihad qui veut dire fournir des efforts permet aux musulmans de se défendre contre les ennemis et mécréants qui voudraient les attaquer. Donc, on ne peut pas appliquer la charia islamique dans un État laïc, même si la grande majorité de la population est musulmane.  Qui plus est, nous vivons dans un pays démocratique, républicain, laïc. C’est à la population de décider si on veut que l’arabe soit la langue officielle au Mali ou le français. Un groupe ne peut pas s’organiser, venir tuer les gens, piller les biens, fermer les écoles, couper les mains au nom de la charia ou de l’islam alors que personne ne leur a donné cette autorisation au Mali ici et ni ailleurs. L’islam est organisé, c’est une religion divine ; il n’est pas la fabrication des gens. Ce n’est pas à un groupe de prendre la décision, de venir appliquer la charia. En conclusion, le monde entier vit aujourd’hui un bouleversement planétaire. Le nouveau système mondial que certains veulent instaurer crée beaucoup de problèmes dans nos pays pauvres. Pour atteindre leur objectif, ils utilisent beaucoup de gens qui sont souvent innocents. Curieusement c’est dans les 56 États islamiques qui font 1 milliard cinq cent millions de musulmans