Affaire Rokia Traoré : Le collectif « liberté pour une mère » se mobilise pour la libération de l’artiste

De Youssouf Dombia Bamako, 16 mars (AMAP) Le Collectif de soutient à Rokia Traoré ou « Free Rokia » se réserve le droit d’organiser des sit-in et des marches sur les ambassades de la France et de la Belgique si elle n’est pas libérée le mercredi prochain, a appris l’AMAP de source proche des membres du collectif. L’information a été donnée samedi à la Maison de la presse au cours d’une conférence de presse organisée par les membres de l’association en présence de plusieurs journalistes, des artistes et des parents proche de la musicienne. En effet, c’est le mercredi 18 mars 2020 que la célèbre artiste Rokia Traoré, arrêtée à sa descente d’avion la semaine dernière à l’aéroport de Paris en vertu d’un mandat d’arrêt international, doit comparaitre devant un juge français pour une éventuelle extradition en Belgique. Car un juge de ce pays a émit ce mandat international pour « enlèvement séquestration et prise d’otage » contre l’artiste. Un tribunal de première instance de Bruxelles en Belgique a donné la garde exclusive de leur fille de 4 ans à son père Jans Goosens, ex-compagnon de Rokia Traoré. Ce jugement ordonne également à Rokia Traoré de prendre en charge les frais d’entretien de la fille. Selon l’avocat de Rokia Traoré Me Yéhia Touré, principal conférencier, sa cliente a fait appel de cette décision et porté plainte au pénal contre Jans Goosens. Le juge a ordonné l’exécution de sa décision nonobstant cet appel, qui en principe, a un effet suspensif. De son côté, Rokia Traoré a aussi demandé au tribunal de grande instance de la Commune VI de Bamako de lui confier la garde de sa fille. Ce qui a été fait à l’issue d’une audience publique. Ainsi, « on se retrouve devant deux décisions de justice de deux pays différents » explique l’avocat. Rokia Traoré avait déjà été arrêtée à deux reprises dont la première à Dakar (Sénégal) et la seconde à Paris (France) pour le même mandat. A chaque fois les juges ont accepté les arguments de droit exposé par ses avocats et ont libéré cette mère de famille. Malgré son passeport diplomatique, le procureur parisien a décidé d’envoyer l’artiste en prison le mardi dernier. Selon Me Touré, ce qui constitue une violation de la Convention de Genève sur les traités internationaux fondamentaux dans le domaine du droit international humanitaire. Me Touré s’est dit « ébranlé par cette manière de rendre la justice dans un pays comme la Belgique ». Un pays qui est supposé être un Etat de droit. C’est devant ce que Rokia Traoré qualifie d’injustice qu’elle a aussitôt commencé une grève de la faim. Ainsi depuis le mardi dernier, l’artiste refuse de s’alimenter. « Elle se dite prête à mourir pour son enfant » a déclarer l’avocat. L’artiste faisait seulement escale à Paris, car elle partait pour son audience à Bruxelles. Cette arrestation l’empêche de comparaître librement à cette audience de la justice Belge. Ce qui constitue une aberration de la justice. Pourtant tout le combat de Rokia est de préserver l’intimité de sa fille. C’est pourquoi, elle a payé plusieurs fois le billet d’avion de son ex-compagnon pour qu’il vienne voir sa fille à Bamako. Goosens est connu de tous ceux qui fréquentent le domicile de Rokia, explique Boubacar Bocoum, le directeur de la Fondation Passerelle. Une Fondation créée par l’artiste pour soutenir les jeunes. Pour lui, c’est donc très surprenant que ce monsieur aille devant la justice pour demander la garde de cet enfant qu’il voyait régulièrement. Les artistes du Mali, d’Afrique et du monde entier sont entrain d’envoyer leur témoignage et soutien à Rokia. Tout comme les autorités maliennes qui ont toujours œuvré aux cotés des avocats et de la famille dans cette affaire poursuit le directeur de Passerelle. Le Dr Hamadoun Touré, ancien directeur de l’OIT et de Smart Africa et ancien candidat à l’élection présidentielle de 2018, fait parti des initiateurs du Collectif « FreeRokiaTraoré », s’est dit indigné par cette arrestation. De nombreux artistes, la cinéaste Soussaba Cissé, la cantatrice Nènè Sourakassi, et la styliste Aminata Konaté dite Mimi, se sont relayées au micro pour apporter leur soutien respectif au Collectif. Quant à Souleymane Kouma, membre de l’Association Art et culture, il promet des actions, dans les règles de droit, dans chacun des 12 pays africains membres de cette association. Mohamed Haïdara, représentant du Conseil des Maliens de l’extérieur, il estime que Rokia Traoré constitue « un symbole du patrimoine culturel du Mali ». Partout en Europe, les Maliens organiseront des actions en faveur de l’artiste. YD (AMAP)

Echanges fructueux entre Boubacar Alpha Ba et les cadres de Kayes sur législatives du 29 mars 2020

Kayes, 16 mars (AMAP) Le ministre de l’Administration territoriale et de la Décentralisation, Boubacar Alpha Ba, arrivé, vendredi à Kayes (Ouest),a animé, samedi,une conférence de cadres pour faire le point sur les préparatifs et les enjeux des législatives du 29 mars 2020. La conférence des cadres a été l’occasion pour M. Ba d’édifier davantage les forces vives de la Région de Kayes sur le processus électoral dans le but de tenir les élections dans un climat apaisé. Le gouverneur de la Région de Kayes, Mahamadou Zoumana Sidibé, en présence des préfets des cercles, des élus locaux, des chefs de services régionaux (civils et militaires) et de la société civile, a dressé l’état des lieux des préparatifs des élections. Il a indiqué que la Région de Kayes compte 97.219 électeurs repartis entre 2.942 Bureaux de vote. Au total, 56 listes, soit 166 candidats dont 47 femmes et 119 hommes, pour 21 sièges. S’agissant du taux de retrait des cartes d’électeurs, le gouverneur a souligné que la région était à 33%, jeudi 12 mars. Sur le plan sécuritaire, il a déclaré que toutes les dispositions sont prises pour assurer la sécurité des populations, comme l’atteste la tenue des « patrouilles mixtes ». Quant au ministre Boubacar Alpha Bah, il a rappelé que l’organisation de ces élections est une recommandation du Dialogue national inclusif. Après « cet appel pressant du peuple à aller aux élections », le gouvernement s’est aussitôt mis à la tâche pour l’application des résolutions de ce Dialogue, d’où les scrutins du 29 mars. Selon le ministre de l’Administration Territoriale et de la Décentralisation, pour la bonne marche de ces élections, trois préoccupations majeures s’étaient posées : la crédibilité du fichier électoral, le problème de procuration et celui des assesseurs. « Toutes ces préoccupations ont déjà été prises en charge », a assuré ministre. « Le fichier électoral a été audité par la Commission électorale nationale indépendante (CENI) et les experts internationaux, l’octroi de la procuration a été autorisée, conformément à la loi. Il y aura, également, deux assesseurs des partis politiques dans les bureaux de vote : 1 de la majorité et 1 de l’opposition. Les deux autres seront choisis par l’Etat. « Et pour la procuration, les préfets sont appelés à les livrer conformément à la loi », a expliqué le ministre Boubacar Alpha Ba. Le ministre de l’Administration Territoriale et de la Décentralisation a annoncé une grande « Action citoyenne » pour la participation massive des citoyens aux élections. Cette action consiste à recruter des volontaires qui feront du porte-à-porte pour apporter les cartes d’électeurs aux populations, tout en leur indiquant, également, leurs différents bureaux de vote. Le ministre Ba a, aussi, invité les partis politiques à mobiliser leurs militants pour le retrait des cartes d’électeurs, lesquelles constituent leurs armes. Il a rappelé que  2020 est une année électorale, car après ces législatives, le renouvellement des Conseils de cercle et des Conseils régionaux est en vue. Ces conseils, faute d’élections ont fait 10 ans sans être renouvelés. Il a indiqué que pour diminuer les dépenses électorales, la Délégation générales aux élections (DGE) et la CENI seront fusionnées en un seul organe chargé de la gestion des élections. Après son intervention, plusieurs intervenants ont souligné leurs préoccupations auxquelles le ministre a donné des assurances. Dans un entretien avec l’AMAP, avant la visite du ministre de l’Administration territoriale et de la décentralisation, le préfet du cercle de Kayes, Bernard Coulibaly, avait édifié sur les préparatifs pour la bonne organisation des scrutins législatifs. « Nous avons mis en place un cadre de concertation (administration, partis politiques) pour maintenir les contacts et dissiper beaucoup d’inquiétudes, notamment par rapport au choix des accesseurs dans les circonscriptions électorales où la majorité et l’opposition se retrouvent sur la même liste de candidature. Ce choix est difficile. A part ces observations, il n’y a pas d’autres problèmes majeurs. Les rapports entre les partis sont bons », a souligné le préfet. Dans la région, certains sont surpris de voir sur les mêmes listes dans certaines circonscriptions électorales, les noms du candidat ou des candidats du parti majoritaire (RPM) et de l’opposition (URD). Dans la ville de Kayes, on note la candidature d’un chef de parti, en l’occurrence Aliou Badara Diallo, président d’honneur de l’ADP-Maliba, tête de liste de l’alliance « Benso » qui regroupe les partis (ADP-Maliba, ADEMA et URD). Certains activistes ne souhaitent pas la réélection de certains candidats sortants qu’ils accusent d’« immobilisme » durant leur mandat. Ils attribuent les problèmes de développement de Kayes à certains de ses députés qui se soucient peu des préoccupations de la base. BMS/OB/MD (AMAP)  

Le PM dans des structures sanitaires pour constater l’efficacité du dispositif de prévention du coronavirus

Bamako, 16 mars (AMAP) Le Premier Ministre,  Dr Boubou Cissé s’est rendu samedi à l’Institut Charles Mérieux, à l’hôpital du Point G et à l’hôpital du Mali pour constater l’efficacité de prévention du dispositif mis en place par le gouvernement pour prévenir le coronavirus, a constaté l’AMAP . Ces dispositifs de prévention comprenent des lits, des salles d’isolement et des laboratoires mobiles, capables d’être acheminés partout sur le territoire national afin de pouvoir analyser des échantillons d’éventuels sujets porteurs du Covid 19. La mise en place de ce dispositif renforcé est une volonté du Gouvernement  pour faire face au coronavirus. Le Chef du Gouvernement était accompagné du ministre de la Santé et des Affaires sociales,  Michel Sidibé et de plusieurs responsables de structures sanitaires. KM (AMAP)

Sikasso : Les préparatifs des élections législatives se poursuivent activement

Sikasso, 15 mars (AMAP) La campagne électorale pour les législatives du 29 mars a démarré, depuis la semaine dernière, dans la Région de Sikasso où 238 candidats dont 72 femmes et 166 hommes sont en lice pour 25 sièges de député. Les candidats animent des meetings dans les villages et les chefs-lieux de commune, tel que nous avons pu le constater à Kaboïla, dans le Cercle de Sikasso, et à Sélingué, dans la circonscription de Yanfolila où plusieurs personnalités ont assisté au lancement de la campagne. Dans cette localité le ministre en charge de la communication, Yaya Sangaré, et le président du Haut conseil des collectivités territoriales (HCCR), Mamadou Satigui Diakité, ont invité les populations au retrait massif des cartes d’électeurs en vue  d’une participation à hauteur de souhait à ce scrutin. La première semaine du retrait des cartes d’électeurs a enregistré de faibles taux dans plusieurs localités. L’ensemble de la région est à 30% environs de taux de retrait. La Commune urbaine de Sikasso est à 13,01% et environs 102 000 cartes ont été retirées dans le Cercle de Sikasso. Selon le président de la commission de distribution des cartes de la commune, Benjamin Théra, l’affluence sur les sites de distribution est faible depuis le démarrage des opérations le 7 mars dernier. Cependant, il demeure optimiste car la sensibilisation se poursuit sur les lieux de culte et à travers deschefs traditionnels. FD/MD (AMAP)

Communiqué du Gouvernement de la République du Mali sur l’Arrestation et l’incarcération de Madame Rokiatou Traoré, artiste, musicienne, auteur-compositeur et interprète

Le Gouvernement de la République du Mali suit avec attention la situation judiciaire de Mme Rokiatou Traoré détenue à la prison française de Fleury-Mérogis. Artiste de renommée internationale, détentrice d’un passeport diplomatique malien, Mme Rokiatou Traoré bénéficie de l’assistance des autorités maliennes depuis plusieurs mois. Le Gouvernement de la République du Mali exprime sa solidarité à notre compatriote. Il rassure l’opinion nationale que les services consulaires et diplomatiques sont mobilisés pour un heureux dénouement de la question. Le Gouvernement de la République du Mali remercie toutes les bonnes volontés qui ont témoigné à l’artiste, leur sympathie suite à cet incident malheureux. Bamako, le 14 mars 2020   Le Ministre de la communication, Chargé des Relations avec les institutions, Porte-parole du gouvernement   Yaya SANGARE

Kidal : Le bataillon des FAMa reconstituées reçoit l’appui de la MINUSMA et la force Barkhane

Bamako, 13 mars (AMAP) Des patrouilles conjointes Forces armées maliennes (FAMa) et Mission intégrée multidimensionnelle des Nations unies pour la stabilisation au Mali (MINUSMA) seront, bientôt, lancées à Kidal, a annoncé le chef d’état-major de la MINUSMA, le général Louis-Marie Gougeon. L’officier français, en visite à Kidal, jeudi 12 mars 2020, pour apporter le « soutien total » de la mission onusienne au bataillon des FAMa reconstituées dans sa mission de sécurisation des populations de Kidal et de leurs biens, a exprimé la disponibilité de la MINUSMA à aider les FAMa à mener des missions opérationnelles. « Notre souci est de les aider à forger la cohésion nécessaire de leurs unités », a-t-il dit. En retour le chef du bataillon des FAMa reconstituées, le commandant Mamadou Kéita s’est réjoui de cette visite du chef d’état-major de la MINUSMA, tout en se montrant disponible « à mener dans un futur très proche des patrouilles conjointes avec la MINUSMA, à travers la ville de Kidal et ses environs ». Au même moment,l’état-major du bataillon des FAMa, en partenariat avec la force Barkhane, a lancé, jeudi 12 mars 2020, au camp général Abdoulaye Soumaré de Kidal, une série de formations à l’intention des éléments du bataillon FAMa déployé à Kidal. Durant plusieurs semaines, les éléments se familiariseront avec des nouvelles techniques de combat dans des domaines de la transmission, le secourisme opérationnel, la tactique, le Guidage aérien tactique avancé (GATA), l’Instruction sur le tir au combat (ISTC), le Génie. Aux dires des initiateurs de cette session de formation, l’objectif est de renforcer l’efficacité opérationnelle des FAMa. OD/MD (AMAP)

Niono: Le nouveau PDG de l’Office du Niger échange avec l’encadrement, les syndicats et les producteurs

Niono, 13 mars (AMAP) Le nouveau président directeur général (PDG) de l’Office du Niger, Abdoul Karim Konaté a effectué mercredi sa première visite de terrain dans la zone de production de Niono, a constaté l’AMAP. Il s’agissait pour le premier responsable de l’Office d’échanger avec l’encadrement technique, les syndicats d’exploitants agricoles et les producteurs sur entre autres, les questions liées à la production dans cette zone ainsi que les difficultés dans les zones de production de Niono, N’débougou, Molodo et Kouroumari. Les échanges ont porté sur l’insécurité, la crise d’eau, le manque de matériels agricoles, la dégradation des réseaux d’irrigation, l’insuffisance des terres aménagées ou réaménagées et la faiblesse du taux de recouvrement de la redevance eau (moins de 40%) à vingt jours du délai de paiement) et les perspectives de l’Office. Le nouveau PDG de l’Office du Niger a saisi l’occasion pour remercier le président de la République, le premier ministre et le gouvernement pour la confiance placée en lui avant d’inviter les exploitants agricoles à l’accompagner dans cette noble mission pour l’atteinte des objectifs notamment la sécurité alimentaire. « Le président de la République n’a pas lésiné sur les moyens en octroyant 15% du budget National à l’agriculture, la subvention des intrants et du matériel agricole » a déclaré le PDG qui s’est dit prêt à relever le défi en se mettant au travail avec crédos la transparence, la collaboration, l’écoute et l’acquittement de la redevance eau avant le 31 mars. Abdoul Karim Konaté était accompagné d’une forte délégation comprenant entre autres, ses plus proches collaborateurs, le délégué général des exploitants agricoles, le représentant régional de la chambre d’agriculture. MS /KM (AMAP)

Le nouveau PDG de l’Office du Niger en visite à Niono

Niono, 13 mars (AMAP) Le nouveau PDG de l’Office du Niger, Abdoul Karim Konaté a effectué, mercredi, une visite à Niono pour rencontrer les producteurs, l’encadrement technique, les syndicats d’exploitants agricoles et s’enquérir des difficultés dans les 04 zones de production (Niono, N’débougou, Molodo, Kouroumari). Pour cette première sortie du nouveau PDG à Niono, depuis sa prise de service, M. Konaté était accompagné d’une forte délégation comprenant ses plus proches collaborateurs, le délégué général des exploitants agricoles, le représentant régional de la Chambre d’agriculture, entre autres. La rencontre, qui s’est déroulée dans la salle de conférence de la zone de Niono, a permis aux directeurs de zone de présenter leur secteur avec les difficultés et les perspectives. Ces difficultés se résument à l’insécurité, la crise d’eau, le manque de matériel agricole, la dégradation des réseaux d’irrigation l’insuffisance des terres aménagées ou réaménagées et la faiblesse du taux de recouvrement de la redevance eau (moins de 40%) à vingt jours du délai de paiement. Intervenant à son tour, Abdoul Karim Konaté a demandé aux exploitants agricoles de l’Office du Niger de l’accompagner dans cette noble mission pour l’atteinte des objectifs, notamment la sécurité alimentaire. il a, aussi, dit que le Président de la République n’a pas lésiné sur les moyens en octroyant 15% du budget national à l’agriculture, la subvention des intrants et du matériel agricole. Le PDG se dit prêt à relever le défi, en se mettant au travail avec comme crédos « la transparence, la collaboration, l’écoute et l’acquittement de la redevance eau avant le 31 mars ». MS/MD (AMAP)

Trafic de stupéfiants dans le Nord du Mali: L’ONU épingle des groupes armés

Bamako, 12 mars (AMAP) Des groupes armés affiliés à la Plateforme sont autant impliqués que la Coordination des mouvements de l’Azawad (CMA) dans le trafic de drogues et collaborent, désormais, pour faire circuler des cargaisons de stupéfiants à travers le désert malien, révèle le Groupe d’experts des Nations unies sur le Mali. Dans leur rapport à mi-parcours, transmis le 28 février dernier au Conseil de sécurité, les experts onusiens mettent en exergue un rapprochement entre la CMA, le MAA-Plateforme et le GATIA-CMA qui aurait servi à la coordination un trafic de stupéfiants entre les Régions de Gao et de Kidal. Pour en savoir plus sur les individus qui contrôlent le commerce et les convois associés, les experts approfondiront les enquêtes à partir des récentes saisies de résine de cannabis en Mauritanie et au Sahara occidental, en provenance du Maroc et en route vers le Mali. Des indices laissent croire à l’implication de certaines personnalités bien connues des registres de l’ONU. Il s’agit, notamment, de Ahmoudou Ag Asriw, qui fait l’objet de sanctions et dont le nom est cité dans un précédent rapport des experts comme un des auteurs des violentes escarmouches et détournements de résine de cannabis (haschich) de Gao vers la région de Kidal. Depuis le 19 avril 2019, les experts affirment n’avoir pas reçu d’informations analogues concernant une quelconque rivalité sur cet axe. Ag Asriw a été nommé chef d’état-major dans la nouvelle section du GATIA qui a cherché à se rapprocher de la CMA en septembre 2019, de même que du MAA-Plateforme. Les experts onusiens font le lien : « Il semble qu’en raison de cette évolution, Ag Asriw ait été suffisamment accommodé dans des opérations de trafic qui nécessitent une coordination entre les réseaux criminels associés au MAA-Plateforme et à la CMA, à Gao et à Kidal, respectivement, à mesure que la drogue circule dans leurs zones de contrôle respectives. » Dans les réseaux criminels associés à la CMA et impliqués dans les convois de drogue, le rapport cite, également, Mohamed Ag Akly, commandant régional du MNLA et Mahamadou Ag Attayoub qui agit au nom de Khalid Ag Mohamed, fils de Mohamed Ag Intallah. Le rapport fait remarquer que, contrairement, à ce qui s’est passé dans les Régions de Gao et de Kidal, des convois de stupéfiants ont été attaqués dans la région de Tombouctou. Pour le contrôle de cette zone, plusieurs réseaux se livrent bataille. Certaines attaques ont été diligentées par Hussein Ould Ghaname, alias Guigoz, de la fraction Oulad Ghanam. Des attaques contre les convois de Guigoz en 2018 ont été attribuées à des hommes agissant pour le compte de Settar Ould Ahmed Hairi, homme d’affaires et membre de l’autorité intérimaire de Taoudenni. Ce dernier a été assassiné le 8 juillet 2018, en même temps que le commandant du MAA-Plateforme du Mécanisme opérationnel de coordination à Gao, Mohammed Ould Hinnou. Il ressort également rapport que Settar a entretenu des relations d’affaires avec le chef du MAA-Plateforme, Hanoune OuldAli. « Guigoz compte aussi sur le soutien militaire du MAA-CMA à Ber, notamment du colonel Goulam », ajoutent les experts. Et de préciser que les réseaux criminels convoyant la drogue et soutenus par le MAA-Plateforme et la CMA dans la région de Tombouctou ne sont pas interdépendants, comme dans les régions de Gao et de Kidal. Mais, tous ces réseaux se serviraient de société écrans, installées notamment au Niger et au Mali, pour blanchir de l’argent et financer des opérations. ID/MD (AMAP)

Coronavirus : Le gouvernement malien suspend tout grand rassemblement jusqu’à nouvel ordre

Bamako, 12 mars (AMAP) Le gouvernement du Mali, pour faire face à la pandémie du coronavirus (COVID-19), a pris plusieurs mesures parmi lesquelles la prise de température systématique de tous les voyageurs aux entrées aériennes et terrestres du pays Devant la propagation rapide du coronavirus que l’Organisation mondiale de la santé (OMS) a qualifié, mercredi, de « pandémie mondiale », le gouvernement a recommandé, aussi, des mesures d’auto-isolement, d’hygiène individuelle et collective et a mis en place un numéro vert (36 0 61) à toutes fins utiles. Les voyageurs avec des symptômes mineurs, qui arrivent avec de la fièvre (température supérieure à 37,5 degrés C) en provenance de pays fortement touchés par le COVID-19, seront soumis à un auto-isolement pendant 14 jours et feront l’objet d’un suivi journalier par une équipe médicale. En outre, les voyageurs avec symptômes majeurs, qui arrivent avec de la fièvre (température supérieure à 37,5 degrés C) et d’autres signes et symptômes respiratoires, en provenance de pays fortement touchés par le COVID-19, seront conduits sur un site d’isolement pour être testés. Concernant les mesures individuelles et collectives, le gouvernement a décidé de réduire, au maximum, les grands rassemblements non nécessaires, de suspendre la participation des cadres maliens aux grandes réunions ou fora dans les pays fortement touchés, de suspendre les regroupements importants au Mali (conférences, colloques, symposiums, festivals, etc.) jusqu’à nouvel ordre. Il a été, aussi, décidé de renforcer les mesures d’hygiène individuelle et collective(lavage des mains au savon, utilisation du gel hydro alcoolique devant tous les services publics et les lieux de cultes), d’éviter de se serrer les mains et de faire des accolades en tous lieux et en toutes circonstances. Le gouvernement ne préconise pas la fermeture des frontières avec les pays touchés par le COVID- 19. Au contraire, il n’y a aucune restriction sur les vols aériens et le Mali « manifeste sa solidarité avec tous les pays touchés ». YD/MD (AMAP)