Coronavirus : Les Maliens résidant dans la ville de Wuhan se portent bien (Gouvernement)
Bamako, 4 février (AMAP) Les 43 ressortissants maliens, tous des étudiants, se portent bien et respectent les consignes des autorités sanitaires et académiques chinoises et de l’Ambassade du Mali en République Populaire de Chine, a appris l’AMAP de source officielle sur la situation du coronavirus. Dans un communiqué rendu public lundi par le Bureau de presse et de l’Information du ministère des Affaires étrangères, le Gouvernement de la République du Mali informe l’opinion nationale que 43 ressortissants maliens, tous étudiants, sont actuellement en résidence sur plusieurs sites universitaires dans la ville de Wuhan, capitale de la province du Hubei. « Le ministère des Affaires étrangères et de la Coopération internationale et le ministère des Maliens de l’extérieur appellent toute la communauté malienne de Chine au respect strict des mesures d’hygiène édictées par les autorités médicales chinoises », souligne le communiqué. « Le ministre des Affaires étrangères et de la Coopération internationale s’est entretenu avec plusieurs compatriotes dont le Secrétaire général de l’Association des étudiants et stagiaires maliens de Wuhan (AESMAO) pour leur apporter le réconfort et la solidarité du président de la République, du Gouvernement et de la Nation tout entière », précise le communiqué. Le communiqué déclare, par ailleurs, que « le ministère des Affaires étrangères et de la Coopération internationale et le ministère des Maliens de l’Extérieur voudraient rassurer les familles et tout le peuple malien que l’Ambassadeur du Mali et toute la représentation diplomatique maintiennent un contact permanent avec nos compatriotes de Wuhan ». « Le Ministre des Affaires étrangères et de la coopération internationale se félicite de la gestion transparente de cette crise par les autorités chinoises », indique le communiqué qui précise que le Gouvernement de la République du Mali exprime tout son soutien au Gouvernement de la République populaire de Chine dans ces circonstances difficiles. KM (AMAP)
Bart Ouvry, ambassadeur de l’Union européenne au Mali : «L’intérêt de l’Europe est un Mali stable et prospère »
Propos recceuillis par Souleymane B. TOUNKARA Bamako, 04 février (AMAP) Crise sécuritaire, processus de paix, Dialogue national insuclisif, aide au développement, coopération bilatérale, influence de l’UE en Afrique, le diplomate européen a livré son analyse sur toutes ces questions dans cet entretien qu’il a bien voulu nous accorder, L’Essor : Ces dernières semaines ont été marquées par plusieurs manifestations hostiles aux forces étrangères présentes au Mali. Quels commentaires vous inspirent ces manifestations ? Bart Ouvry : Ces manifestations traduisent avant tout un désarroi de la population à l’égard d’une montée de la violence. Nous comptons trop de victimes du terrorisme, trop de personnes déplacées et des effets désastreux sur le fonctionnement des écoles, des services de santé et un développement économique ralenti. Je comprends ce désarroi et je partage ces sentiments. Cela nous amène parfois à des discours extrêmement critiques sur la présence étrangère. Je crois que ces discours nous trompent, l’ennemi des Maliens, ce sont les groupes terroristes qui veulent déstabiliser le Mali et au-delà toute la zone sahélienne. L’intérêt majeur de l’Europe est un Mali stable et prospère. L’Essor : Quelles solutions propose aujourd’hui l’UE pour résoudre définitivement la crise qui secoue le Mali depuis 2012 ? Bart Ouvry : La crise au Sahel est multidimensionnelle et je vois en ce moment trois grands chantiers, où à chaque fois, l’UE peut contribuer aux réponses. Au Nord du pays, l’Accord pour la paix et la réconciliation apporte un cadre pour des solutions politiques à des tensions qui remontent très loin dans l’histoire du pays. L’UE est un des garants de cet Accord et nous restons convaincus qu’il apporte les solutions pour un cadre sociétal apaisé. A ce titre, je me réjouis du retour des FAMa à Kidal et j’ai pu féliciter le Président de cet acquis majeur, lors de mon audience avec lui la semaine dernière. Un deuxième chantier est la crise au Centre, où les groupes terroristes augmentent leurs attaques et où on observe en même temps de la violence intra et intercommunautaire. Nous apportons notre appui à des initiatives de médiation et de réconciliation et nous le faisons particulièrement en appui aux efforts du gouvernement. Le dernier chantier est la gouvernance du pays, où le Dialogue national inclusif (DNI) est une avancée majeure. La décision du gouvernement d’organiser les législatives est un autre pas important. De manière constructive, nous avons systématiquement encouragé tous les partis politiques et la société civile à s’engager dans le DNI. L’Essor : Le retour d’une paix durable passe nécessairement par les actions de développement dans les zones en proie à l’insécurité. Quelle est la nature de l’accompagnement de l’Union européenne à ce niveau ? Bart Ouvry : Le développement ne peut se faire sans la sécurité et sans développement nous n’aurons pas la sécurité. C’est donc une tâche compliquée qui demande une approche intégrée. La condition du succès est avant tout une volonté politique claire de sortie de crise et un rétablissement du contrat social. Notre but est de fournir les compétences et les équipements nécessaires à cette tâche. Au Centre, nous avons construit à Konna un camp sécurisé qui doit contribuer à la gouvernance et au développement dans la région. Outre une infrastructure permettant aux gendarmes de résister à des attaques terroristes, nous avons aussi réhabilité le marché de bétail local et rénové le centre de santé. Nous observons que les populations s’installent autour du camp de Konna et apprécient le retour de la protection de l’Etat. Actuellement, nous construisons au Centre quatre autres de ces camps et nous voulons aller au-delà. L’Essor : Le processus de paix était dans l’impasse depuis plusieurs mois, à cause de la suspension des travaux du Comité de suivi de l’Accord (Csa). Quel peut être l’apport de l’UE pour la relance des activités de ce comité ? Bart Ouvry : Le succès du Dialogue national inclusif permet aujourd’hui la reprise des travaux et nous nous réjouissons de ce sursaut. Nous dialoguons avec toutes les parties autour de la table et les Nations unies ont déjà inscrit des individus qui se comportent de manière inacceptable autour de cette problématique et nous pouvons aller plus loin dans cette pression sur ceux qui ne prennent pas leurs responsabilités. L’UE préside le sous-comité qui se penche sur la mise en pratique du Fonds de développement durable et grâce à des taxes spécifiques le FDD contient déjà des dizaines de milliards de FCFA. Le retour de la sécurité devrait permettre la mise en œuvre d’initiatives pour offrir des emplois aux Maliens habitant dans le nord du pays. L’Essor : Les Maliennes et les Maliens, dans leur diversité, viennent de se parler, à travers le Dialogue national inclusif. Quel pourrait être l’apport de l’Union européenne dans la mise en œuvre des conclusions de ces assises? Bart Ouvry : Le véritable enjeu du dialogue était politique, rétablir un large consensus entre Maliens sur la gouvernance du pays. Un pas géant a été fait et j’ai particulièrement apprécié l’apport des femmes maliennes dans le Dialgoue. Mais le calendrier de mise en œuvre est tenu. C’est le gouvernement qui prend en main la mise en œuvre et les élections annoncées pour mars sont un enjeu capital. Je note une volonté ferme du gouvernement d’assurer sur fonds propres et dans les délais les élections. Notre apport serait avant tout de l’expertise, par exemple par la formation des acteurs de la société civile. Eux jouent un rôle crucial dans l’observation des élections et permettent l’adhésion des Maliens au processus électoral. L’Essor : Parlons de la coopération entre l’UE et le Mali. Pouvez-vous nous parler de cette coopération vieille de plusieurs décennies et qui s’est densifiée au fil des années. Quels sont les principaux axes de cette coopération ? Bart Ouvry : Effectivement, la coopération entre l’Union européenne et le Mali a plus de 60 ans. C’est donc une relation qui a un véritable passé et qui est solide. Nous nous concentrons sur les infrastructures routières -la route de Tombouctou, la route de Kidal, mais aussi de distribution d’eau à Bamako avec la station d’eau de Kabala. Autres secteurs
Mopti : La planification opérationnelle 2020 des activités dans les académies de Douentza et Mopti en débats
Mopti, 4 février (AMAP) Un atelier sur la planification opérationnelle 2020 des activités dans les académies de Douentza et Mopti, organisé par l’ONG Aide et Action dans le cadre du projet d’Accompagnement de la Jeunesse et des Collectivités dans leurs Initiatives de Formation et d’Insertion professionnelle (ACTIF/AEAI-Mali), s’est déroulé jeudi dernier dans les académies de Mopti et de Douentza, a constaté l’AMAP. Cet atelier avait pour objectif de faire le bilan des réalisations de 2019, de planifier les activités de 2020, de partager et d’analyser les difficultés opérationnelles avec l’ensemble des acteurs. Le chef d’équipe du projet, Abdoulaye Diarra a rappelé la présence de l’ONG Aide et Action Internationale au Mali depuis 2018 qui met en œuvre la composante éducation et alphabétisation du projet ACTIF financé par l’AFD pour 4 ans (2018 – 2021) avant d’insister sur l’importance de l’organisation des ateliers de planification opérationnelle des activités qui permettent une appropriation de tous les acteurs. En 2020, le projet entend mettre un accent sur la construction et l’équipement de nouveaux centres d’alphabétisation, l’identification et le recrutement des animateurs et auditeurs des centres d’alphabétisation et post alphabétisation en français et l’organisation des formations et le recyclage des animateurs des centres d’alphabétisation et post alphabétisation en langues. A la clôture des travaux, le projet ACTIF a remis aux différentes structures de sa zone d’intervention un important lot de matériels composé de bureautique (tables, chaises, matériels informatiques), des téléviseurs, de matériels didactiques et des matelas pour un coût d’environ 80 millions de nos francs. La cérémonie s’est déroulée en présence des directeurs des académies d’enseignement de Mopti et de Douentza, des directeurs des centres d’animation pédagogique, des instituts de formation des maîtres, des IPRES et des responsables des structures partenaires, Action Mopti, Alliance Franco-Malienne, Aide et Action et Humanité & Inclusion. DC/KM (AMAP)
Gestion de la crise dans les Régions de Mopti et Ségou : 12,3 milliards de fcfa pour des actions prioritaires
Bamako, 04 février (AMAP) Le gouvernement a mis 12,3 milliards de Fcfa à la disposition du Projet de reconstruction et de relance économique (PRRE) pour mettre en œuvre le plan d’actions humanitaires de relèvement et de développement dans les Régions de Mopti et Ségou, a appris l’AMAP lors d’une réunion technique au Secrétariat permanent du cadre politique de gestion de la crise. Le financement est reparti comme suit : 6,593 milliards de Fcfa pour la sécurité alimentaire, 3,117 milliards de Fcfa pour l’eau, l’hygiène et l’assainissement, 412 millions de Fcfa pour la santé et la nutrition, 265 millions de Fcfa pour les abris et les biens non alimentaires. Et aussi 1,378 milliard de Fcfa pour l’éducation, 145 millions de Fcfa pour la production et 143 millions de Fcfa pour la coordination. Ces ressources bien que disponibles en 2019 n’ont pas été utilisées. Elles ont donc été reconduites pour cette année. Le secrétaire permanent du cadre politique pour la gestion de la crise dans les Régions de Mopti et Ségou, Boubacar Gaoussou Diarra, qui a présidé la réunion a, dans son intervention, rappelé que c’est le 11 décembre 2019 que le gouvernement a prélevé sur le filet social destiné au Plan de sécurisation intégré des Régions de Mopti et Ségou, le montant de 12,3 milliards de Fcfa pour la mise en œuvre d’actions humanitaires de relèvement et de développement. Boubacar Gaoussou Diarra a expliqué, ensuite, que la rencontre avait pour objectif d’établir une liste d’activités prioritaires à transmettre à la Primature. Il a précisé que les actions qui ne seront pas prises en charge par ce financement seront intégrées dans les plans d’actions de la stratégie de stabilisation des Régions de Mopti et Ségou. QUATRE AXES STRATÉGIQUES – Le gouverneur de la Région de Mopti, le général Abdoulaye Cissé, pour sa part, a salué l’initiative de cette réunion qui est l’occasion de coordonner les priorités régionales, afin d’accélérer la stabilisation des Régions de Mopti et Ségou. Selon lui, cela passe par une réalisation rapide des actions sur les quatre axes stratégiques du Plan de sécurisation intégré des Régions de Mopti et Ségou à savoir la sécurité, la gouvernance, le développement socio-économique et la communication. Le gouverneur de la 5è région a indiqué que plus de 90% des actions planifiées pour l’année 2019 n’ont pu être réalisées par les ministères techniques concernés. C’est pourquoi, il a jugé urgent de mobiliser des ressources et de les mettre à la disposition des gouverneurs de région et des responsables des collectivités territoriales, afin d’aller de l’avant dans la stratégie globale de stabilisation des Régions de Mopti et Ségou. Le général Abdoulaye Cissé a promis de créer les conditions nécessaires à la réalisation des actions programmées en 2020 dans sa région, en étroite collaboration avec les services déconcentrés, les collectivités territoriales et les partenaires techniques et financiers. De son côté, le gouverneur de Ségou, Biramou Sissoko, a indiqué que, comme dans la Région de Mopti, la plupart des activitésprogrammées en 4è région n’ont pas connu d’exécution. Il a signalé que la difficulté est relative au fait que les services régionaux des départements ministériels ne sont pas des chefs de programmes dans l’exécution du budget programme. Le gouverneur de Ségou a tout de même cité quelques réalisations faites dans sa région, à savoir l’équipement par le ministère de l’Administration territoriale et de la Décentralisation de 22 arrondissements en véhicules, l’installation, par le ministère de l’Energie et de l’Eau, de panneaux solaires dans une vingtaine de localités, la réalisation d’infrastructures scolaires. Il a cité aussi d’autres actions réalisées par le ministère de la Solidarité et de la Lutte contre la Pauvreté dans les Cercles de Ségou, Macina et Niono. Biramou Sissoko a cité, également, des cages flottantes réalisées par le ministère de l’Elevage et de la Pêche dans les Cercles de San et Ségou. Le président du Conseil régional de Ségou, Siaka Dembélé, a dénoncé le faible résultat par rapport aux réalisations de l’année écoulée. Il a expliqué cette situation par le fait que tout se décide à Bamako. Pour obtenir des résultats probants, il a préconisé un changement de façon de gouverner, en mettant les ressources à la disposition des représentants des régions pour qu’ils travaillent au bénéfice des populations. Des conseillers du Premier ministre, les secrétaires généraux des départements ministériels membres de ce cadre politique, les directeurs des Agences de développement local des Régions de Ségou et Mopti et les présidents des conseils régionaux des deux régions ont pris part a cette réunion. DD/MD (AMAP)
Koulikoro : un incendie déclaré au campus universitaire de Katibougou
Koulikoro, 3 février (AMAP) Un incendie dont l’origine reste inconnue, pour le moment, s’est déclaré, lundi dans l’après midi, au campus universitaire de Katibougou, à Koulikoro, a appris l’AMAP de sources locales concordantes. Les mêmes sources, qui déclarent que l’incendie déclenché dans une résidence de la cité universitaire, a occasionné d’importants dégâts matériels, ne précisent pas s’il y a eu des pertes en vies humaines ou encore des blessés. Selon les mêmes sources, les services de la protection civile ont été dépêchés pour maîtriser le sinistre et précisent l’ouverture d’une enquête pour déterminer les circonstances exactes du drame. Plus de 300 étudiants vivent au campus universitaire de Katibougou, localité située à une dizaine de kilomètres de la ville de Koulikoro, à 60 km à l’est de la capitale, Bamako. KM (AMAP)
Koro : Quatre morts et plusieurs blessés dans une attaque perpétrée par des hommes armés non identifiés à Bana Gakou
Koro, 3 février (AMAP) Quatre personnes ont été tuées et plusieurs autres blessées dans une attaque perpétrée dimanche par des hommes armés non identifiés à Bana Gakou, localité située à environ 35 km de la ville de Koro, au centre du pays, a appris l’AMAP de sources locales concordantes. Les mêmes sources précisent que des hommes armés non identifiés ont attaqué nuitamment le village de Bana Gakou, faisant quatre morts, plusieurs blessés et d’importants dégâts matériels avant d’obliger les populations à s’enfuir pour se réfugier à Koro et au Burkina Faso. Selon les mêmes sources, les groupes terroristes ont interrompu le trafic routier depuis plus deux semaines sur le tronçon Koro-Ouahigouya avant de préciser que les travaux de réparation du pont saboté par ces terroristes ont été arrêtés, depuis le 19 janvier 2020, suite à l’explosion d’une mine au moment où les travailleurs de l’entreprise creusaient la fondation, faisant 2 morts et 3 blessés. On rappelle que des hommes armés non identifiés ont attaqué, il y a deux semaines, les villages de Zon, Pongonon, Bonkounba, dans le cercle de Koro (Centre), faisant 8 morts, plusieurs blessés, avant d’emporter tout le bétail. KM (AMAP)
Réseaux sociaux et adolescents : Attention ! Danger
Par Mariam A. TRAORE Ségou, 03 février (AMAP) Il est 18 heures, nous sommes à « Médine » à Ségou. Moussa et ses amis se réunissent chaque jour. Ces jeunes et adolescents se retrouvent après l’école pour discuter et prendre du thé. Cependant, le spectacle que nous offre leur regroupement est saisissant. Chacun est assis, téléphone en main, occupé à discuter avec le « monde » sur la toile. Au lieu d’échanger sur des sujets de société ou des préoccupations des uns et des autres, tout leur débat se focalise sur l’actualité de « Facebook ». Et, souvent, que des futilités, rien de bien sérieux. Hélas ! Les jeunes et adolescents maliens sont « accros » aux réseaux sociaux. Le virus n’épargne même pas nos campagnes. L’utilisation de ces moyens de communication n’a pas que des avantages, malheureusement. Ces jeunes et adolescents le savent-ils ? « Nous ne faisons rien de bien grave. On se fait de nouveaux amis, un peu partout dans le monde. On fait des découvertes passionnantes. Bref, on s’amuse », explique Moussa, dans un éclat de rire. La discussion du jour, de ce « grin », portait sur les clashs entre les jeunes rappeurs maliens. Chacun supportait son artiste, rien d’éducatif, que des vulgarités. Soudain, arriva le tonton d’un des jeunes. Il s’est arrêté pour prendre du thé. Il a réussi à attirer l’attention des jeunes sur les dangers auxquels ils s’exposent sur les réseaux sociaux. « Ce que de nombreux jeunes et adolescents ne savent pas, c’est qu’ils sont exposés à toutes sortes de dérives sur les réseaux sociaux », a-t-il lancé avant de prendre congé du groupe. L’intervention du tonton a eu le don d’alerter les uns et les autres. Ainsi, commença un débat houleux et intéressant au cours duquel chacun a exposé un exemple d’utilisation dangereuse de ces outils qui font, désormais, partie de leur quotidien. Des outils qu’ils ne sont pas près d’abandonner. Le jeune Moussa, visiblement concerné par le sujet, explique la raison, jusque-là inavouée, qui l’a poussé à changer d’école. « Vous vous souvenez que j’ai passé une année sans aller à l’école et que j’ai dû changer d’école pour pouvoir poursuivre mes études ? Et bien ! La raison était toute simple : j’ai été piégé par un groupe d’amis qui m’ont dissuadé de m’adonner à des pratiques malsaines» raconte-t-il. Le groupe se proposait de se masturber les uns et les autres. Et la scène était filmée. « C’était une compétition. On voulait juste savoir qui était le meilleur d’entre nous. Sauf qu’un beau jour, un d’entre nous, pour une histoire de fille, a décidé de balancer nos vidéos sur un groupe Whatsapp de la classe. Le lendemain, j’étais la risée de toute l’école. Tout le monde se moquait de moi. Heureusement, la direction a vite réagi, en limitant les dégâts. Toutes les images ont été supprimées », dit-il. Son inquiétude était maintenant de savoir quelle conduite tenir si ces images venaient à refaire surface ? Malheureusement pour lui, il n’a plus de prise sur les développements possibles. Il ne lui reste plus qu’à prier pour que cela ne soit le cas. La déclaration de Moussa a provoqué un silence dans le groupe. Chacun venait de réaliser les risques encourus. Un autre jeune garçon a rompu le silence. Abdoul a indiqué qu’il échange avec un ami blanc depuis deux ans. Ce dernier lui a même promis de lui faire découvrir son pays. Le hic, c’est que son ami blanc l’a aussi mis en contact avec une fille qui veut des relations intimes avec lui. Notre jeune étudiant s’est attaché à cette fille et ils échangent des photos et vidéos osées. « Ce que je ne comprends pas, c’est le fait qu’elle m’envoie, souvent, des vidéos pornographiques gay. Maintenant que l’on parle des risques, je me demande si je parle avec un homme ou une femme », s’interroge-t-il, le regard inquiet. Il n’est pas exclu qu’Abdoul parle avec un homme. En effet, les réseaux sociaux sont infestés des pédophiles, de pervers, bref de prédateurs sexuels de tout acabit. Pour la plupart de ces individus, ces espaces sont des lieux de chasse pour attirer et piéger leurs cibles. Ils ont plusieurs stratégies et se donnent, généralement, les moyens pour atteindre leur objectif. Autre cas, autre histoire. Ce n’est plus un secret que la prostitution et l’exploitation sexuelle sur internet sont répandues. La stratégie des proxénètes est de cibler leurs proies, à travers les réseaux sociaux et, surtout, de les rendre dépendants soit de l’alcool ou de la drogue pour, ensuite leur faire faire ce qu’ils veulent. Idrissa a raconté le cas d’une cousine dont la vie a, malheureusement, basculé. Très brillante à l’école, mais issue d’une famille modeste, la jeune fille a fait la connaissance, sur internet, d’un homme aisé qui voulait la prendre comme épouse. « Elle a vite changer de look. Elle avait des habits et accessoires à la mode. Jusque-là, on ne soupçonnait rien, d’autant plus qu’elle a un prétendant qui peut lui offrir ce train de vie », dit notre interlocuteur. L’alerte a été donnée le jour où elle est rentrée complètement ivre à la maison. Alors, ses parents ont décidé de prendre leurs responsabilités. Le futur époux a été appelé à concrétiser ses intentions. Grande a été la surprise de la famille ! Le prétendu gendre a laissé entendre que leur fille ne leur a pas dit toute la vérité. Il a révélé que cette dernière travaille pour lui et leur a expliqué le genre de métier qu’elle exerçait. « Les parents ont essayé d’agir mais c’était trop tard, ma cousine avait pris goût à la vie mondaine et à l’alcool. Pour mieux s’adonner à sa pratique malsaine, elle a quitté le domicile parentale et a abandonné l’école », a expliqué Idrissa. Aujourd’hui, la jeune fille est complètement versée dans l’alcool et la prostitution. « Elle est méconnaissable et est toujours en mauvaise compagnie », a indiqué Idrissa. MAT/MD (AMAP)
Yélimané : Remise d’un important lot de matériels d’assainissement à des associations féminines
Yélimané, 3 février (AMAP) L’Association Malienne de Solidarité et de Coopération Internationale pour le Développement (AMSCID) en partenariat avec la Communauté l’Agglomération de Béthune Bruyère Artois en France, a remis des kits d’assainissement à une dizaine d’associations du Cercle au cours d’une cérémonie présidée samedi à Yélimané par la maire de Diongaga, Mme Alima Diagouraga, a constaté l’AMAP. D’un coût estimé à 9 millions de francs CFA, le lot de matériels est composé de charrettes, d’ânes, de brouettes, de poubelles, de pelles avec manches, de râteaux avec manches, de balais à queue, de bottes chaussures, de gants et de protège nez. Le président de l’AMSCID, Bassirou Diarra dit Konté a soutenu que l’homme a besoin d’un environnement sain pour son épanouissement avant de préciser que les femmes sont toujours au centre de l’assainissement dans les villages et qu’avec des moyens dérisoires l’AMSCID a décidé de les accompagner avec ces kits. La gestion des déchets est un défi pour les autorités communales et cette remise permettra de lutter contre les maladies infectieuses liées à l’insalubrité dans les différentes communes du Cercle. La cérémonie s’est déroulée en présence des représentants de l’administration, des élus locaux, des représentants des organisations de la société civile et des bénéficiaires des associations féminines du Cercle de Yélimané. AS/KM (AMAP)
Polygamie: Les femmes de plus en plus réfractaires
Par Maïmouna SOW Bamako, 03 février (AMAP) Le Mali est un pays laïc, fortement dominé par la foi musulmane. L’Islam autorise les hommes à épouser plusieurs femmes. Le temps est loin où les hommes se mariaient à plusieurs femmes, pour constituer de grandes familles où il faisait bon vivre, dans l’entente. Ce climat familial serein traverse des moments difficiles et les femmes ont une peur bleue de la polygamie. Le débat sur le choix du régime matrimonial ressurgit, toutes les années depuis une décennie, à la veille du mois de Ramadan, à l’approche de la fête de Tabaski. La monogamie a-t-elle pris le dessus dans le cœur des générations de jeunes maliennes en âge de se marier ? « La polygamie c’est l’enfer ! Personne ne doit accepter de partager son homme », soutient Aminata, lors d’une discussion avec son amie Kadiatou sur la question. Cette autre épouse, qui l’écoute, écarquille les yeux. Il y a de quoi. En effet, Aminata qui pourfend la polygamie est mariée sous le régime de la polygamie. Elle attend même l’arrivée prochaine dans son foyer du premier bébé. Dans le Mali actuel, le régime de la polygamie est inacceptable pour de nombreuses jeunes filles en âge de se marier. Des citadines et des femmes rurales, dans toutes les communautés, estiment que vivre dans un foyer polygame « est une pilule amère, difficile à faire passer. » Mais. paradoxalement, elles sont nombreuses à le signer. Comme le montrent ces chiffres de la mairie de la Commune IV du District de Bamako. Ici, durant les trois dernières années, 90% des unions ont été faites sous le régime de « la discorde ». « En 2019, il y a eu 302 mariés polygames, 32 monogames ; en 2018, 363 polygames contre 33 monogames; en 2017, 349 polygames, 44 monogames », indique le chef du centre de la mairie de la commune IV du District de Bamako, Diakité Rokia Bagayoko. Devant l’officier d’état-civil, plus de la majorité des nouvelles mariées optent pour la polygamie. Malgré les statistiques qui prouvent la prééminence de la polygamie dans les familles, les épouses ont la phobie de la polygamie. Pour quelles raisons ? UN CALVAIRE – Aujourd’hui, la 2è épouse Diawara Assétou Koné est braquée contre la polygamie. Elle soutient qu’elle vit le calvaire, parce qu’elle partage son mari avec une co-épouse dans la concession familiale. Elle a perdu toutes ses illusions sur le bonheur chez son mari polygame. Et elle ne mâche pas ses mots : « Je ne le souhaiterai pas à une ennemie de vivre dans une famille polygame! Etre mariée sous ce régime est une chose, mais vivre sous le même toit avec sa co-épouse est horrible », déclare-t-elle. L’aversion de cette épouse pour la polygamie découle du fait que sa co-épouse est la cousine de son mari, qui serait la favorite. Mme Diawara Assétou Koné déplore cette mise à l’écart. Elle vide son amertume en ces termes : « Je suis traitée dans ma maison comme une réfugiée. J’ai tort d’avance en cas de conflit avec ma coépouse, Je suis exclue de toutes les consultations sur les affaires de ma belle famille ». L’hostilité à l’égard de la polygamie est largement partagée dans le rang des femmes. Mais quelques unes se résignent, arguant l’aspect social et religieux. Mme Coulibaly Fatoumata Diarra est mariée depuis 19 ans. Elle se souvient des fastes du jour de son union. Au moment de la signature du régime de polygamie, elle a fondu en larmes en la présence de six autres couples qui attendaient pour se dire « oui ». Elle a fait l’objet d’un persiflage et ses proches craignaient un renoncement de sa part. Au bout de quelque temps, ils ont réussi à la convaincre d’opter pour la polygamie. Mais au fil des années, les conditions de vie se sont améliorées dans son foyer. Mais cette aisance matérielle inquiétait fortement Mme Coulibaly Fatoumata Diarra. Au Mali, la bonne situation financière pousse beaucoup d’époux polygames à prendre une nouvelle femme. « Plus mon mari gagnait sa vie, plus je m’inquiétais. Les filles d’aujourd’hui ne laissent pas les piétons tranquilles, à plus forte raison un homme riche qui roule en 4 X 4 ». Mme Coulibaly ne sera pas épargnée. Elle sera atterrée d’apprendre, deux ans après son mariage, la nouvelle du 2e mariage de son mari. Exaspérée, elle a cherché en vain à échapper à la polygamie. « En ce temps, c’était dur pour moi d’affronter les regards des autres. J’allais partager mon homme et, peut être, que je serai délaissée au profit d’elle », a confessé Mme Coulibaly. Prise de panique, elle a vendu ses bijoux. Elle s’est endettée pour pouvoir aller en France, laissant ses 6 garçons dernière elle. Malheureusement, l’intermédiaire, qui était chargé de lui trouver un visa n’a pas pu honorer l’engagement à temps. Et il avait empoché plus de 2.700.000f Cfa. Mme Coulibaly Fatoumata Diarra était désemparée. Elle ne savait plus que faire. Elle était acculée par la meute des créanciers, et contrainte d’affronter la dure réalité du foyer polygamique. « J’ai failli faire la prison, n’eût été l’aide de ma famille paternelle qui a remboursé mes crédits. Ma grande sœur qui vit en France m’a offert une boutique de produits de beauté. Je devais rester près de mes enfants. Ce fut le pire moment de ma vie. Dieu merci. Maintenant, j’ai retrouvé la paix. La peur bleue de la polygamie qui m’habitait n’avait pas sa raison d’être. Mon époux n’a jamais cessé de me prouver son amour, en chef de famille responsable. Pour cela, je lui témoigne ma loyauté», a-t-elle souligné, le regard heureux, un grand sourire aux lèvres. « La polygamie a été inspirée par le tout puissant pour équilibrer la vie sur terre. Dans le monde les femmes sont plus nombreuses que les hommes. Le bon mari et un bon père », estime Fatima. Elle a conseillé à sa nouvelle co-épouse d’être respectueuse, de comprendre qu’elle n’est pas venue pour remplacer une épouse mais agrandir la famille. Ces deux co-épouses ne vivent pas dans le même quartier. Le fonctionnaire Moustapha Coulibaly fait montre d’une forte conviction religieuse. Il faut, selon lui, prendre plusieurs femmes
FEBAK 2020 : Le coton en vedette mais noyé par les produits courants
Par Mariam F. DIABATE Bamako, 3 février (AMAP) Il est 11 heures au Parc des expositions de Bamako, où se tient la 13ème édition de la Foire d’exposition de Bamako (FEBAK) qui a ouvert ses portes le 16 janvier et a pris fin dimanche 02 février 2020. Ici, il y a de l’ambiance ! A l’entrée déjà, de la musique et une foule nombreuse. Une longue file de visiteurs attend d’être fouillée par les vigiles avant d’entrer. A l’intérieur, de nombreux stands dont celui de Colette Traoré qui expose du bogolan. Elle participe, depuis 10 ans, à cette exposition commerciale dont le thème, cette année, est « la valorisation et la transformation coton», l’or blanc. Assise sur un fauteuil recouvert de tissu bogolan, trois tissus bogolan sur ses genoux, la transformatrice de coton affirme qu’elle fait de la coupe et couture avec les tissus bogolan. « Je file le coton. Je le tisse et je le transforme en bogolan. Je fais également de l’indigo chimique afin de changer la couleur de mes tissus blancs avant de les coudre », ajoute-t-elle, précisant qu’elle vend des chemises, des grands boubous, des écharpes, des robes, des oreillers, des chemises de tables…tous faits à base de tissu bogolan. S’exprimant sur le choix du thème, la quinquagénaire estime que cela est une très bonne initiative qui « permettra de pousser les gens à aimer les habits faits en coton. Par ailleurs, Colette Traoré invite le gouvernement à participer à la promotion de nos tissus traditionnels partout, comme c’est le cas au Burkina Faso. A cet effet, elle souligne que ces tissus doivent être utilisés pour embellir les salles d’attentes et de conférence des administrations. Egalement dans la coupe et couture, Alinos Yaméogo, du Burkina Faso, expose son savoir-faire. Dans son stand rempli de tenues pour dames, hommes et enfants, toutes faites, à base de coton, M. Yaméogo participe au FEBAK depuis très longtemps. Il soutient que le thème de la foire est la bienvenue pour les pays de la sous-région comme le Togo, la Côte d’ivoire, le Ghana mais, surtout, le Mali et le Burkina Faso. Par ailleurs, le Burkinabé regrette le non-respect du thème par les organisateurs. Vue la présence d’exposants d’ustensiles de cuisine, de chaussures et autres. Pour M. Yaméogo le thème ne trouve pas tout son sens. Il estime que ce sont le textile coton qui doit être privilégié dans l’exposition. « Compte tenu du thème, c’est une usine de transformation du coton au Mali qui devait sponsoriser cet événement », indique-t-il. Les deux exposantes Ghanéennes, Millicent Biney et Sharon se sont installées côte à côte. Elles exposent chacune, des tissus wax fait à base de coton (tenues hommes et femmes). Elles saluent le choix du thème qui les concerne toutes. Par ailleurs, Sharon se plaint de la place de son stand. « Etant donné que le thème nous concerne, nous devrions avoir les stands de devant. Personnellement, je suis trop en arrière, ce qui joue sur ma clientèle », se plaint-elle. MFD/MD (AMAP)

