Mopti : Sept personnes décédées des suites de fièvre hémorragique virale Crimée -Congo à Kera
Mopti, 5 février (AMAP) Sept personnes sur 14 cas confirmés de fièvre hémorragique virale Crimée-Congo sont décédées à Kera, localité située dans l’aire de santé de Korientzé, district sanitaire de Mopti, a appris l’AMAP ce mercredi, de source proche du Gouvernorat. L’information a été donnée par les services de santé à la faveur d’une réunion du comité régional de gestion des épidémies et catastrophes, selon la Cellule de communication du Gouvernorat de Mopti. La même source, qui déclare que toutes les dispositions sont prises par les autorités et les services sanitaires de la région pour éviter la propagation de l’épidémie, ne précise pas l’âge des victimes, leur sexe, leur statut social ou encore les circonstances dans les quelles elles ont contracté la maladie. La fièvre hémorragique de Crimée-Congo (CCHF) est une maladie zoonotique transmise par les tiques, causée par le virus CCHF et caractérisée initialement par une fièvre, des maux de tête et un malaise, suivis de symptômes gastro-intestinaux et dans les cas sévères, d’une hémorragie, un choc et une défaillance multiviscérale. La CCHF est endémique de l’Afrique, des Balkans, du Moyen-Orient et de l’Asie Occidentale. Les cas sont généralement sporadiques, bien que de courtes épidémies nosocomiales surviennent parfois lorsque les pratiques appropriées pour le contrôle de l’infection ne sont pas respectées. Environ 500 cas sont rapportés par an dans le monde malgré l’absence de surveillance systématique, selon des sources médicales. KM (AMAP)
Faits divers : Des assassins d’un adjudant-chef de police aux arrêts
Bamako, 5 février (AMAP) Deux membres d’une bande impliquée dans un braquage, dans la nuit du lundi 16 décembre 2019, dans la région de Bougouni, sur la route de Yanfolila, ayant couté la vie à l’adjudant-chef de police, Maciré Diakité, ont été mis hors d’état de nuire, a appris l’AMAP, de source policière. Le 23 janvier 2020 dernier, aux environs de 12 heures, des renseignements ont fait état d’un accident de la circulation routière, ayant entraîné l’admission aux urgences de l’hôpital Gabriel Touré d’individus activement recherchés pour avoir pris part à plusieurs braquages tant au Mali que dans certains pays voisins. Une équipe du Commissariat de police du 2earrondissement de Bamako s’est transportée sur les lieux où le nommé Amadou Bah a été arrêté et conduit au commissariat. Ce dernier était légèrement blessé et avait été libéré par le personnel médical, après les soins. Une perquisition chez lui a permis de retrouver un Pistolet mitrailleur (PM) avec un chargeur garni et trois ordinateurs portables. Amadou Bah a insinué que ces objets appartiennent aux nommés Dadi Diallo et Samba Bocoum (activement recherchés) avant d’avouer qu’il a participé à des braquages à main armée dans des pays voisins dont la Guinée, le Sénégal, la Mauritanie. Amadou Bah a dénoncé aux policiers les nommés Amadou Diallo, Amadou Barry (tous deux grièvement blessés) et Modibo Sow, comme les auteurs des braquages à Kolokani, Nara et Bougouni, où un policier avait été tué. Localisé et interpellé à Djalakorodji, par la brigade de recherche du Commissariat du 2earrondissement, Modibo Sow est passé à table. Il a divulgué le scénario du braquage qui a couté la vie au policier Diakité. « Je suis, effectivement, l’un des participants au braquage sur la route de Bougouni. Ce jour-là, j’ai été contacté par le nommé Oumar Sidibé pour aller exécuter cette opération. Nous nous sommes rendus à Bougouni, aux environs de 15 heures. Au total, nous étions au nombre de huit personnes dont cinq qui ont quitté Bamako. Aux environs de minuit, nous nous sommes servis d’un tronc d’arbre pour couper la voie. Le premier véhicule braqué était une camionnette suivie d’un bus… Il y a eu des échanges de tirs entre nous et les policiers. Notre camarade Abdoulaye Bah a été mortellement atteint tout comme un policier », a-t-il relaté. Les deux braqueurs ont été déférés devant le Procureur près du Tribunal de grande instance de la Commune IV du District de Bamako. OD/MD (AMAP)
Kidal échange sur les violences basées sur le genre
Kidal, 5 février (AMAP) Une rencontre de sensibilisation sur les violences basées sur le genre (VBG), destinée à une soixantaine de femmes, a été organisée lundi à Kidal, par le bureau de la Minusma à travers sa section des Droits de l’Homme, a appris l’AMAP de source proche de la mission onusienne. Organisée dans le cadre de 16 jours d’activisme contre les VBG, elle avait pour objectif de sensibiliser les femmes afin de prévenir et d’éliminer toutes les formes de violences basées sur le genre. Les échanges ont également porté sur les besoins des femmes notamment en matière de formation et d’accès à l’emploi, l’implication des femmes dans les sphères de décisions, un accès à la justice et la lutte contre l’impunité. « Nous sommes venus vous accompagner et vous encourager à participer à la vie publique. Il est aussi de votre droit de vous impliquer dans toutes les décisions qui vous concernent, » a déclaré Pascal Langeblé de la section des Droits de l’Homme du bureau régional de Kidal. Le point focal genre de la Force du secteur Nord, Commandante Mbaye Mouminatou a, pour sa part déclaré que « la femme joue un rôle très important pour la société et que c’est pour cette raison qu’il faut la protéger avant d’assurer les femmes du soutien de la Minusma et les inviter les femmes à scolariser leurs enfants Le porte parole des femmes, Aicha Walet Sidi Mohamed de la Direction pour la promotion de la femme et de l’enfant, a remercié la MINUSMA pour la campagne de sensibilisation avant de déclarer que les femmes de Kidal sont dans une situation précaire et que mais malgré cela, elles répondent toujours présentes quand il faut s’impliquer pour trouver la paix. En rappel, les 16 jours d’activisme se tiennent chaque année du 25 novembre au 10 décembre et pour cette année le thème était : « Tous unis à l’écoute des femmes et des filles survivantes de violences » et en raison des circonstances particulières, la région de Kidal a différé la célébration de ces journées. La rencontre a regroupé les autorités administratives et politiques, les élus, de la représentante de la Police des Nations Unies (UNPOL/MINUSMA), Capitaine Apolline Traoré et les représentants de la société civile. KM (AMAP)
Tombouctou : Les jeunes organisent une journée ville morte et un sit-in suite à l’enlèvement du véhicule du lycée et la blessure d’une fillette
Tombouctou, 5 février (AMAP) Le conseil communal des jeunes de Tombouctou a organisé une journée ville morte mardi et les jeunes du collectif « Tombouctou réclame ses droits » la veille, un sit-in devant le gouvernorat, pour protester contre l’enlèvement du véhicule Hilux du lycée Mahamane Alassane Haïdara et la blessure d’une fille par des bandits armés, a constaté l’AMAP. Le véhicule Hilux qui devrait embarquer le proviseur du lycée à son domicile au quartier Saraïkeni, lundi dans les environs de 7H45, a été suivi par des braqueurs. Descendu du véhicule, le chauffeur a fait face à des hommes armés qui lui ont intimé l’ordre de leur remettre la clé de son engin. Un des assaillants a tiré trois coups de feu en l’air pour effrayer le conducteur qui a jeté la clé et malheureusement une des balles a atteint, dans le vestibule d’une maison d’en face, une fillette qui a été évacuée à l’hôpital de Mopti en compagnie de ses parents pour des soins appropriés aux frais du Gouvernorat. Les bandits ont ainsi disparu dans la nature avec le véhicule du lycée et les manifestants ont décidé de poursuivre régulièrement leur sit-in devant le gouvernorat tant que le véhicule n’est pas retrouvé, selon des témoignages recueillis sur place. Un des manifestants qui a voulu garder l’anonymat s’est exprimé en ces termes : « que l’Etat prenne ses responsables, nous n’accepterons plus à ce que 2 ou 3 vagabonds viennent perturber ce calme qui a permis à la ville de retrouver son vivre ensemble MS/KM (AMAP)
Recrutement des enseignants volontaires : Le dépôt des dossiers de candidatures a débuté
Bamako, 5 février (AMAP) Le Collectif des sortants des Instituts de formation des maîtres (CS-IFM) dément avoir décliné l’offre du gouvernement de recruter 15.300 enseignants volontaires, selon son président, Issa Dembélé que l’AMAP a rencontré mardi. M. Dembélé a expliqué ne pas s’opposer au dépôt des dossiers de candidatures des membres de son organisation. Mais, il émet, clairement, le vœu de voir intégrer les sortants des Instituts de formation des maîtres (IFM) à la Fonction publique des collectivités. Le recrutement doit être organisé par le ministère de la Jeunesse et des Sports, en collaboration avec celui de l’Education nationale, de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique. Quant au Centre national de promotion du volontariat (CNPV), il s’occupe de la gestion et du suivi du recrutement des enseignants volontaires et les Académies d’enseignement et les Centres d’animation pédagogique (CAP) reçoivent les dossiers de candidature. Au CNPV, un agent confirme que le dépôt des dossiers de candidature des enseignants volontaires continue au niveau des Académies d’enseignement. Pour lui, même si les enseignants grévistes reviennent à de meilleurs sentiments, les volontaires seront recrutés pour combler le vide dans les zones où les écoles sont fermées et où il y a une insuffisance de pédagogues. Selon nos informations, une rencontre était prévue mardi après-midi à la Primature avec les responsables du CNPV et du CS-IFM pour discuter des clauses de la convention de partenariat portant sur l’offre de services des volontaires nationaux au ministère de l’Education nationale, de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique. A l’Académie d’enseignement Bamako-rive gauche, on pouvait constater, mardi, que le dépôt des dossiers de candidatures a bel et bien débuté. Même si ce n’était pas la grande affluence puisque seulement une dizaine de candidats étaient présents. On rappelle que, sous l’impulsion du Premier ministre, Dr Boubou Cissé, la direction générale du CNPV a annoncé, le 27 janvier dernier, l’ouverture du recrutement de 15.300 enseignants pour une durée de six mois. Les enseignants retraités au cours des deux années précédentes (2018 et 2019) et aptes à enseigner peuvent aussi faire acte de candidature. SYW/MD (AMAP)
Affaire du tweet de Tiégoum Boubèye Maïga : Verdict le 11 février prochain
Bamako, 5 février (AMAP) Le tribunal de la Commune III du district de Bamako rendra, le 11 février, sa décision dans le procès contre l’ex chef de la communication de la présidence de la République, Tiégoum Boubèye Maïga, jugé, mardi, pour « accès frauduleux dans un système informatique » et « introduction frauduleuse des données dans un système d’information ». Tout a commencé, il y a quelques semaines, lorsqu’apparaît sur le compte Twitter de la présidence de la République un message critiquant, avec véhémence, l’attitude du président américain, Donald Trump. Dans le tweet, il est, en effet, reproché au dirigeant américain « d’avoir ordonné et revendiqué publiquement l’assassinat du général iranien, Soleimani ». Ce message, qui a inondé les réseaux sociaux, a été, aussitôt supprimé. Juste après que la présidence de la République a fait savoir que son compte Twitter a été piraté et que des enquêtes sont en cours pour identifier les éventuels auteurs. Tiégoum Boubèye Maïga a affirmé, quelques instants après, sur son compte Tweeter, qu’il ne s’agit « ni de pirates, ni de hackers, (mais) d’une regrettable erreur de manipulation ». « Hier en voulant tweeter sur la crise américano-iranienne, je me suis retrouvé, par erreur, sur le compte de la présidence dont je possédais les clés. Aucune volonté de nuisance », avait-t-il indiqué. A la barre du tribunal, le prévenu a gardé la même ligne de défense, niant l’existence des infractions qui lui sont reprochées et qui sont prévues par des dispositions de la loi n°2019-056/du 05 décembre 2019 portant répression de la cybercriminalité. Selon Me Souleymane Soumountéra de la défense, aucun élément du dossier n’a permis de démontrer que Tiégoum Boubèye Maïga a fait une introduction frauduleuse dans le compte Twitter de la présidence. Selon l’avocat, la réalité est que son client a travaillé dans cette institution, à la cellule de communication. A ce titre, selon Me Soumountera, il avait accès au compte Twitter de la présidence à partir de son appareil téléphonique, en plus de son compte personnel. « Normalement, s’il est démis de ses fonctions, il doit être déconnecté pour ne plus pouvoir accéder au compte de la présidence. J’ai l’impression que c’est ce qui n’a pas été fait et qu’on a cherché à couvrir. Malheureusement, on s’y est très mal pris», a estimé la défense. Avant d’ajouter que son client a ouvert le compte Twittter de la Présidence « par inadvertance ». Pour Me Soumountéra, ce sont des choses qui sont de l’ordre de l’informatique, qu’une traçabilité doit expliquer. « Devant le tribunal, aujourd’hui, on n’a eu que des déclarations de la part de la partie qui accuse : le ministère public », a-t-il dit. Selon l’avocat, la partie civile n’a pas, non plus, apporté d’autres éléments qui emportent la conviction du tribunal ». «On est en matière pénale. Nous espérons que notre client sera libéré des charges qui sont retenues contre lui », a-t-il plaidé, réitérant sa confiance en la justice malienne. De son côté, Me Mahamane Djitteye, conseil de la partie civile, a déclaré qu’il s’agissait d’expliquer au tribunal que ce tweet n’émane pas de la Présidence, mais qu’il a été fait par malveillance par une autre personne. L’avocat a battu en brèche l’argumentation de l’erreur avancée par M. Maiga. La partie civile demande, pour le préjudice moral qu’elle a subi, que le prévenu soit condamné à payer le franc symbolique. BD/MD (AMAP)
Vente de têtes et de pieds de ruminants : Peu attrayant mais lucratif
Par Aminata Dindi SISSOKO Bamako, 5 février (AMAP) A Bamako, des hommes et des femmes de tous âges exercent le commerce de têtes et pieds de ruminants. Ces marchands sont présents, un peu partout, dans des marchés. Ce n’est pas le genre d’activité qui attire du monde. Mais les rares personnes, que les odeurs et la fumée ne rebutent pas, en tirent des gains substantiels. Pour ces personnes, il n’y a pas de sot métier. Il s’agit, pour elles, de gagner leur subsistance, à la sueur du front. Et, ils semblent très loin de l’oisiveté. Nous sommes vendredi, au quartier « Sans-fil », en Commune II de Bamako. A proximité de l’abattoir, des hommes, environ une quinzaine, sont à la tâche. Certains brûlent des têtes et pieds de montons et de chèvres. D’autres ont pour tâche exclusive d’épiler les pieds. A côté d’eux sont étalés à même le sol des tas de têtes et de pieds de moutons et de chèvre. De gros fagots brûlent et dégagent de la fumée âcre. Mamadou Coulibaly fait partie du groupe. Il transpire et de grosses goutes de sueur perlent sur son front. Le trentenaire gratte, à l’aide d’un outil tranchant, une tête de mouton. L’homme la remet aussitôt au feu. Un garçon l’assiste dans cette tâche ardue. Ce dernier s’occupe des pieds. Coulibaly exerce ce métier depuis 2000. « Nous achetons les têtes et les pieds de petits ruminants à l’abattoir avec les bouchers, Nous les revendons avec une marge de bénéfice. Pour ce faire, nous les préparons en les brûlant et en enlevant les poils, avant de les vendre sur place ou sur les différents marchés », explique-t-il. Mamadou achète la marchandise en gros. Selon lui, les prix varient. « Avant, c’était moins cher à l’abattoir. Actuellement, c’est cher parce que le nombre de demandeurs et de revendeurs augmente. On achète une tête entre 1.500, 1.750 et 2.000 Fcfa pour la revendre à entre 2.500 à 3.000 Fcfa, selon la masse. Il n’y a pas assez de bénéfice, mais c’est mieux que de voler », dit-il avec philosophie. Juste à côté de Mamadou, trois hommes sont en grande discussion au sujet des têtes et des pieds. Mohamed Sidibé est l’un des protagonistes. Le jeune homme accepte de raconter son histoire dans ce travail qui semble nourrir son homme. « Je tiens cette activité de mes parents. J’ai commencé à l’exercer, il y a environ quatre ans. Depuis que nous avons commencé, nous nous débrouillons assez bien. C’est mieux que de quémander ou de vagabonder. C’est mon gagne-pain. J’emploie des jeunes que je paie à la fin de la journée. Une seule personne ne peut pas faire tout ce travail », explique le jeune originaire du cercle de Nara, dans la Région de Koulikoro. L’homme précise qu’il fait plus de ventes les week-ends. Les femmes viennent s’approvisionner chez lui. Il livre la marchandise à des clients opérant dans différents marchés. Ce qui ne semble pas suffire, souvent, pour écouler tout son stock. Pour y arriver, M. Sidibé est obligé de se promener de marché en marché. « Si on ne le fait pas, ça peut pourrir. Nous avons l’habitude de les confier à des propriétaires de frigos pour les garder au frais, en raison de 50 Fcfa par tête. Mais en cas de coupure d’électricité, nous enregistrons des pertes. Heureusement, on est en période de fraicheur », explique-t-il, soulignant que l’affluence est timide ces derniers temps. « Tu vois, toutes ces têtes sont là depuis hier. Sur 20 têtes achetées, j’ai pu vendre seulement sept et je vais garder les 13 restant dans le frigo. S’il y a le marché, je peux vendre 40 têtes par jour », ajoute-t-il. PROBLÈME DE CONSERVATION – Tout comme lui, Cheikna Sanogo évolue dans la vente de têtes et pieds de ruminants. « Je le fais depuis 3 ans. Je suis avec quatre autres personnes. Nous travaillons du lundi au vendredi », révèle-t-il, ajoutant que ça ne se passe pas sans difficultés. Comme difficultés récurrentes, tous ces intervenants soulignent le problème de conservation surtout en période de chaleur, la cherté du charbon de bois, les effets néfastes du feu. Malgré cela, ils ne baissent pas les bras. Chaque jour, ils sont à la tâche pour servir les clients. Siriba Diané est un client. Il vient d’acheter deux têtes de mouton. « J’achètes régulièrement ces têtes de mouton pour pouvoir bien manger avec ma famille. C’est du produit frais. J’achète et Mme fait de la bonne sauce que nous savourons pendant deux jours », confie cet enseignant. Cet abonné, qui fréquente les lieux depuis sept ans, encourage les jeunes qui exercent cette activité. « Ceux qui en vivent doivent être fiers. Ces petits métiers créent de l’emploi. Vu le contexte actuel du pays, les jeunes sont livrés à eux-mêmes», di-il. Cet endroit n’est pas le seul à Bamako reconnu pour la vente de têtes de ruminants. Devant la paierie générale du Trésor, des vendeurs de têtes sont installés. Dès qu’un passant s’intéresse à eux, chacun essaie de l’attirer vers son produit. Moussa gare sa voiture. Un homme et une femme courent à sa rencontre. « Qu’est-ce que vous désirez. Tête de bœuf, pieds ? J’en ai tout frais », propose la dame, tenant deux têtes de moutons dans les mains. « C’est généralement les vendredis soirs que j’achète ces têtes et pattes pour le petit déjeuner du samedi. J’adore beaucoup la sauce de tête », dit le client, tout en souriant. Ici, la particularité est qu’ils vendent aussi des têtes et pieds de bœufs. « Nous avons des clients qui nous livrent les produits déjà prêts. Mais nous les lavons proprement pour les rendre plus attrayants », explique Tiémoko. Selon lui, le marché est intéressant surtout les vendredi et samedi. « Nous vendons les grosses têtes à 2.250 Fcfa, et entre 2.500 et 3.000 Fcfa les samedi et vendredi. Un pied de bœuf est cédé à 1.500 voire 1.750 Fcfa. Les petites pieds sont vendus à 1.250 Fcfa l’unité », informe Tiémoko. Il tient cette activité de sa maman qui, à cause du poids de l’âge,
Mines : Loulo-Gounkoto dépasse ses prévisions de 2019
Bamako, 4 février (AMAP) Le complexe Loulo-Gounkoto de la compagnie minière Barrick Gold Corporation (fusion Barrick/Randgold) a dépassé ses prévisions pour 2019 avec une production annuelle de 714.802 onces d’or, a annoncé, jeudi, son président directeur général, Mark Bristow. Lors d’une conférence de presse qui a sanctionné les travaux du Conseil d’administration, M. Bristowa indiqué qu’« avec le développement de la troisième mine souterraine du complexe qui devrait démarrer au quatrième trimestre de cette année, et un programme intensif d’exploration dans la zone de Kéniéba, Loulo-Gounkoto a un potentiel important de croissance et est bien placé pour répondre à tous les objectifs de son plan de 10 ans». En termes de contribution à l’économie, Loulo-Gounkoto a, au cours de 2019, dépensé près de 157 milliards de Fcfa au profit des entrepreneurs et des fournisseurs locaux. « Le complexe continue de développer les entreprises locales à travers la création d’un fonds de plus de 2,5 milliards de Fcfa, destiné aux projets d’incubation pour l’intégration des entrepreneurs locaux dans l’industrie minière », a indiqué Dr Bristow. Il a rappelé qu’au cours des 23 dernières années, Barrick et Randgold Resources ont contribué pour plus de 3.600 milliards de Fcfa à l’économie malienne sous forme de taxes, redevances, salaires et autres paiements aux fournisseurs locaux. « Au cours de la même période, nos mines au Mali ont payé plus de 1.350 milliards de Fcfa en dividendes, taxes et redevances à l’État », a déclaré Mark Bristow qui assure que « c’est un principe cardinal » pour Barrick que les communautés profitent de l’exploitation minière. En la matière, Loulo-Gounkoto a continué d’investir dans les programmes de santé communautaire, d’éducation et de développement économique. « L’un de ceux-ci est le complexe agricole mis en place et financé à hauteur de plus de 1,1 milliard de Fcfa », a étayé le PDG de Barrik. Ajoutant que le complexe a produit sa première promotion de 48 jeunes agriculteurs qui ont été installés sur 30 nouvelles fermes agricoles. En matière d’énergie, Loulo-Gounkoto est, conformément à la stratégie d’énergie propre de Barrick, pionnière du premier projet d’énergie solaire du groupe qui sera développé en quatre phases. La mise en service de la première phase est prévue pour la fin du premier trimestre et la dernière au cours du quatrième trimestre de cette année. «Cela ajoutera 20 MW au réseau du complexe, baissera le coût unitaire de son énergie et réduira les émissions carboniques de quelques 40.000 tonnes par an», a relevé Mark Bristow. CMT/MD (AMAP)
Koro : Le trafic routier interrompu avec le Burkina Faso
Koro, 4 février (AMAP) Le trafic routier est totalement à l’arrêt depuis plus de deux semaines entre la ville de Koro, au Mali, et Ouahigouya, au Burkina Faso, en raison des menaces de groupes « djihadistes » opposés à tout mouvement sur le tronçon, selon des sources locales Après avoir procédé au sabotage d’un pont entre le village de Bih et la frontière, les groupes « djihadistes » ont ensuite commencé à détourner les véhicules de transport de la route pour conduire tous les occupants, dans la forêt afin de faire des prêches avant de les libérer. Depuis quelques semaines, ils se sont plus radicalisés, interdisant tout trafic routier entre la ville de Koro et le Burkina Faso. Les travaux de réparation du pont saboté ont été arrêtés depuis le 19 janvier 2020, suite à l’explosion d’un Engin explosif improvisé (EEI) au moment où les travailleurs de l’entreprise chargée des travaux creusaient la fondation du pont, faisant 2 morts et 3 blessés parmi les ouvriers. Les conséquences de l’arrêt du trafic routier entre Koro et le Burkina Faso se font ressentir dans toute la Région de Mopti (Centre). La Route nationale (RN) 15, à partir de Bih, dans le cercle de Koro, est la principale voie de ravitaillement des cercles de Koro, Bankass, Bandiagara et Mopti. Les gros porteurs et les véhicules de passagers, en provenance du Burkina Faso, du Bénin, du Togo et du Ghana, sont obligés de faire un détour pour rallier la région de Mopti. Toute chose qui commence à impacter, négativement, sur le quotidien des populations et sur l’économie locale. Des groupes terroristes sont très actifs dans la forêt qui longe la bande frontalière entre le Mali et le Burkina Faso. Les attaques des villes et villages de part et d’autres de la frontière, sont fréquentes dans cette zone. Durant les deux dernières semaines, la stratégie des groupes terroristes a consisté à vider tous les villages de leurs habitants. Ils ont, successivement, attaqué les localités de Zon, Pongonon, Bonkounba, faisant 8 morts, emportant le bétail et brûlant totalement ce dernier village. La dernière attaque dans cette zone est celle de Bana Gakou, à environ 35 km de Koro, le 2 février 2020, qui a fait 4 morts. MD (AMAP)
Lutte contre le terrorisme : Mise en place de l’opération « Maliko »
Bamako, 04 février (AMAP) Une opération dénommée « Maliko », visant à rétablir l’Etat dans ses fonctions régaliennes dans certaines régions du Mali, en s’appuyant sur l’action des Forces armées et de sécurité maliennes (FAMAs), est instituée, indique un décret présidentiel, en date du 30 janvier 2020. « Cette opération est soutenue et accompagnée par une administration publique disponible et performante, afin de répondre aux aspirations légitimes du peuple malien », indique la même source. L’opération « Maliko » prend en compte la coopération transfrontalière, régionale et internationale. Le Chef d’Etat-major général des Armées en assure le commandement. Selon le décret, l’opération couvre l’intégralité des Régions de Gao, Kidal, Tombouctou, Taoudénit, Ménaka, Mopti et Ségou. Elle est partagée en deux théâtres d’opérations (théâtre Est et théâtre Centre). Le premier théâtre couvre les Régions de Gao, Ménaka et Kidal avec son poste de commandement à Gao, tandis que le théâtre Centre concerne les Régions de Ségou, Mopti, Tombouctou et Taoudénit, avec son poste de commandement à Sévaré. Les forces engagées sur les théâtres sont commandées, respectivement par des officiers généraux ou supérieurs qui prennent le titre de « Commandant du théâtre ». Ils sont nommés par décret du président de la République, sur proposition du Chef d’Etat-major général des Armées. Ils sont secondés par des officiers généraux ou supérieurs appelés « Commandant en second du théâtre» lesquels les remplacent en cas d’absence, d’empêchement ou de vacance. Cette stratégie de défense donne aux commandants de théâtre autorité sur les forces armées et de sécurité, les forces paramilitaires ainsi que les moyens militaires se trouvant dans l’aire géographique couverte par les théâtres d’opérations respectifs. Ils sont chargés de la planification et la conduite des opérations, la défense civile, la sécurité des troupes, des moyens majeurs et des installations, l’utilisation des services, des personnes et des liens nécessaires à la conduite des opérations. Selon le décret l’instituant, l’opération « Maliko » bénéficie du soutien et des concours des autres ministères et services de l’Etat, à travers une action coordonnée par le ministre chargé des Armées. OD/MD (AMAP)

