Kangaba : Une forte pluie accompagnée de vents violents fait des dégâts à Tinfra

Kangaba, 05 juin (AMAP ) Une pluie diluvienne accompagnée de vents violents s’est abattue sur le village de Tinfra dans la commune rurale de Minidian le mercredi 03 juin 2026, a constaté l’AMAP. Ces violentes précipitations n’ont provoqué ni de perte en vies humaines ni de blessés. Cependant, d’énormes dégâts ont été enregistrés, notamment l’effondrement de plusieurs maisons d’habitation et l’enracinement de plusieurs arbres et la perte des bovins et de la volaille. Une mission conjointe conduite par le maire de la commune rurale de Minidian monsieur Mamby Kéïta s’est rendue sur place à une vingtaine de kilomètres de Kangaba pour constater les dégâts, évaluer les besoins des populations sinistrées et proposer des mesures appropriées. La mission, composée des représentants du service local du Développement Social et de l’Economie Solidaire, et de la Protection civile a fait  plusieurs constats à savoir 22 ménages touchés, plus de 109 personnes à charge, 34 maisons endommagées, 05 maisons totalement détruites et 09 panneaux photovoltaïques emportés. Dans l’immédiat, les populations affectées ont besoin de tôles, de vivres et de panneaux solaires. Avant de quitter, le représentant de la protection civile a prodigué des conseils aux populations sur les conduites à tenir en cas de pluies accompagnées de vents violents. SD/KM (AMAP)

Gao : le gouverneur dément les rumeurs d’insécurité et appelle au calme

Gao, 5 juin 2026 (AMAP)– Le gouverneur de la Région de Gao, le Général de division Moussa Moriba Traoré, a formellement démenti les informations circulant sur les réseaux sociaux faisant état de menaces d’insécurité imminente dans la région, a appris l’AMAP. Dans un communiqué écrit, il affirme que ces informations sont fausses et qu’elles ont provoqué chez certaines personnes la volonté de quitter la ville de Gao. L’exécutif régional soutient que ces rumeurs n’ont pour objectif que de créer la panique et l’amalgame, au détriment de la cohésion sociale et du vivre-ensemble entre les différentes communautés de la région. Selon le communiqué, les informations relayées sur la toile sont sans fondement. Le gouverneur assure par ailleurs que toutes les dispositions nécessaires sont prises pour la sécurisation des personnes et de leurs biens. Il invite l’ensemble de la population à ne pas céder à la désinformation et à l’intoxication, estimant que leur objectif est de semer la panique et la confusion au sein de la population. AT/CMT (AMAP)

Diéma : Le Préfet de cercle donne des éclaircissements sur la suspension de la circulation des motocyclettes de cylindrée de 125 cm et plus

Diéma, 5 juin (AMAP) Le préfet de cercle, Abou Diarra a rencontré ce vendredi les chefs de services techniques, les élus, les leaders religieux, les chefs traditionnels et coutumiers, la CAFO, le conseil communal de la jeunesse, et d’autres membres des organisations de la société civile, ainsi que des éléments des Forces de défense et de sécurité. Il s’agissait de les informer  et de les  sensibiliser  sur le contenu de l’arrêté interministériel numéro 2026-1312/MI-SG du 13 juin 2026, portant suspension de circulation des motocyclettes de cylindrée de 125 cm et plus, dans les grandes agglomérations. Il affirmé que ces grandes agglomérations sont  le District de Bamako, les Chef- lieux de régions,  de cercles et d’arrondissement. Il a par ailleurs précis que le chef de l’exécutif local,  le représentant de l’Etat au niveau de la Région,  peventt suspendre  la circulation des motocyclettes de cylindrée de 125 cm et plus dans un chef-lieu de cercle ou d’arrondissement. Quant à la question de savoir si les motos tricycles sont concernées par la mesure,  le Préfet Abou Diarra a  promis de s’informer pour lever l’équivoque. Il a demandé à tous le respect strict des mesures prises par les plus hautes Autorités du pays,  en vue de renforcer davantage les dispositifs de sécurité dans notre pays. Le Chef de l’exécutif local a invité  chacun en ce qui le concerne,  à jouer pleinement sa partition,  afin que l’application des mesures en vigueur soient une réussite totale dans le cercle de Diéma. Il a demandé aux différents acteurs de renforcer la sensibilisation auprès des communautés pour une adhésion plus effective à ces mesures gouvernementales qui visent surtout l’instauration d’une paix inclusive et durable dans notre pays. OB/KM (AMAP)

Résistance aux antimicrobiens : l’USTTB célèbre la première cohorte africaine du Master DELGEME Plus

Bamako, 5 juin (AMAP) Treize étudiants issus de sept pays africains ont reçu vendredi leurs diplômes de Master en résistance aux antimicrobiens. Cette formation internationale de deux ans est organisée dans le cadre du programme DELGEME Plus à l’Université des Sciences, des Techniques et des Technologies de Bamako (USTTB), a constaté l’AMAP. Cette première promotion regroupe des étudiants du Mali, du Cameroun, du Nigeria, du Kenya, de Madagascar, de la Tanzanie et du Gabon. Le programme est mis en œuvre par l’USTTB avec l’appui de la Science for Africa Foundation, le programme DELGEME Plus. Il vise à développer l’excellence en leadership scientifique et en génomique pour la lutte contre le paludisme et la résistance aux antimicrobiens en Afrique. Le coordonnateur du programme, le Pr Abdoulaye Djimdé, professeur agrégé de parasitologie-mycologie et directeur du Centre de recherche et de formation sur les parasites et les microbes (PMRTC), a souligné le caractère multidisciplinaire de la formation. Selon lui, une trentaine d’enseignants maliens et étrangers ont contribué à la formation des étudiants dans des domaines couvrant la biologie, la pharmacie, la médecine, la santé animale, l’environnement ainsi que les sciences sociales. Le responsable du programme a également relevé le défi particulier de dispenser un enseignement entièrement en anglais dans un environnement universitaire francophone afin de favoriser l’intégration académique d’étudiants venus de plusieurs pays africains. Major de la promotion, la Camerounaise Kelly Gemandze a exprimé sa fierté d’appartenir à cette première cohorte continentale, tout en réaffirmant son engagement à contribuer à la recherche de solutions contre la résistance aux antimicrobiens. Pour sa part, Samba Sacko, diplômé malien du programme, a insisté sur la nécessité d’une approche intégrée prenant en compte la santé humaine, animale et environnementale afin de lutter efficacement contre ce phénomène devenu un enjeu majeur de santé publique. Présidant la cérémonie, le ministre Bouréma Kansaye a salué l’émergence d’une nouvelle génération de spécialistes africains capables de répondre aux défis sanitaires du continent. «La résistance aux antimicrobiens constitue aujourd’hui l’une des menaces les plus préoccupantes pour la santé mondiale. Nos pays ont besoin de compétences de haut niveau capables de conduire des recherches de qualité et d’accompagner la prise de décision en matière de santé publique», a-t-il déclaré Le ministre Kansaye a invité les nouveaux diplômés à produire des résumés exécutifs de leurs travaux de recherche afin de mettre leurs résultats à la disposition des autorités pour éclairer les politiques publiques en matière de santé. Cette première cohorte marque une étape importante dans le renforcement des capacités africaines en recherche biomédicale et dans la lutte contre la résistance aux antimicrobiens, considérée par les experts comme l’une des principales menaces sanitaires du XXIe siècle. KD/CMT (AMAP)

Mali : Le Chef de l’Etat échange avec le secrétaire exécutif de l’Agence panafricaine de la Grande Muraille Verte 

BAMAKO, 5 juin 2026 (AMAP)– Le Président de la Transition, le Général d’armée Assimi Goïta s’est entretenu, ce vendredi 5 juin au Palais de Koulouba, avec le secrétaire exécutif de l’’Agence panafricaine de la Grande Muraille Verte, Almoustpha Garba. C’était en présence de la ministre de l’Environnement, de l’Assainissement et du Développement durable, Mme Doumbia Mariam Tangara, présidente en exercice du conseil des ministres de la même organisation, a appris l’AMAP. Au terme de la rencontre, le secrétaire exécutif de l’Agence panafricaine de la Grande Muraille Verte a, tout d’abord, remercié le Chef de l’Etat pour la confiance placée en lui pour accéder à ce poste. Occasion pour Almoustpha Garba de faire le point de la mise en œuvre de la feuille de route de l’organisation, incluant les préoccupations, les réalisations et les perspectives. Cela, a-t-il indiqué, en vue d’accélérer la mise en œuvre des décisions retenues par les Chefs d’Etat et de gouvernement en lien avec des objectifs de la Grande Muraille Verte. D’après lui, cette initiative est l’un des programmes structurants africains les plus importants du moment conçu par des Africains et mis en œuvre par eux. Il s’est dit très « satisfait » de la grande attention accordée par le Président Goïta sur tous les points évoqués au cours des échanges. Le secrétaire exécutif de l’Agence précisera que le Chef de l’Etat a donné des orientations «claires» pour accélérer la mise en œuvre des projets-programmes au profit des populations et dans le but d’atteindre les ambitions fixées à l’organisation à l’horizon 2030. BD/CMT (AMAP)

Forum panafricain des médias : Les professionnels plaident pour une refonte du modèle économique des médias africains

Bamako, 5 juin (AMA) Les acteurs des médias et de la publicité africains, réunis à la faveur de la 3ème journée de la 1ère édition du Forum panafricain des médias, ont appelé ce vendredi à une transformation profonde du modèle économique de la presse afin de faire face aux mutations technologiques, à la baisse des revenus publicitaires et aux difficultés structurelles du secteur. Intervenant lors d’un panel consacré à l’économie des médias, le président du Groupement professionnel des agences-conseils en communication (GPAC) du Mali, Sidi Dagnoko, a estimé que le modèle traditionnel fondé sur les ventes, les abonnements, la publicité et les soutiens publics montre désormais ses limites. Selon lui, le secteur est confronté à trois principales fragilités : technologique, institutionnelle et commerciale. «Ce modèle a montré des fragilités», a-t-il déclaré, évoquant notamment l’impact de la révolution numérique et de l’intelligence artificielle sur les modes de production et de diffusion de l’information. Le responsable a également souligné l’affaiblissement du rôle traditionnellement reconnu à la presse comme service d’intérêt public et acteur de la gouvernance démocratique. Il a estimé que cette évolution contribue à réduire le soutien institutionnel dont bénéficiait historiquement le secteur. Sur le plan commercial, Sidi Dagnoko indique qu’une part croissante des revenus publicitaires est désormais captée par les plateformes numériques mondiales, tandis que les budgets de communication se réorientent progressivement vers les actions de marketing opérationnel et les supports digitaux. Concernant le Mali, il rélève une contradiction entre la multiplication des médias et la stagnation, voire la baisse des recettes publicitaires disponibles. Selon lui, cette situation fragilise l’ensemble des acteurs du secteur dans un marché qu’il juge limité par la faible diversification de l’économie nationale. Face à ces défis, le président du GPAC recommande une évolution vers de véritables entreprises de presse structurées autour de modèles économiques viables, de plans d’affaires, d’investissements privés et d’une gestion professionnelle. Il a également plaidé pour une meilleure mutualisation des ressources, davantage de synergies entre médias, publicitaires, investisseurs et pouvoirs publics ainsi qu’une diversification des sources de revenus. «Ce n’est plus le journaliste talentueux fondateur qui fera le média de demain. C’est plutôt le modèle économique», a-t-il affirmé. Prenant la parole à la suite de cette intervention, le directeur général de la Maison de la presse du Sénégal, Sambou Biyagui, estime que les médias africains doivent réduire leur dépendance à l’aide extérieure et accélérer la diversification de leurs revenus à travers les abonnements, les événements, les contenus numériques, les podcasts et les documentaires. Il a également plaidé pour la création de fonds d’investissement dédiés aux médias africains, le développement d’aides publiques transparentes et un renforcement de la formation aux nouveaux métiers du numérique. Selon lui, «la réponse passe par la réinvention des modèles économiques et la reconnaissance du rôle stratégique des médias dans la société». Les deux intervenants ont enfin insisté sur la nécessité de valoriser les contenus locaux, de renforcer la coopération entre les acteurs du secteur et de développer des mécanismes collectifs permettant d’assurer la durabilité économique des médias africains. OS/CMT (AMAP)

Forum panafricain des Médias : Les maisons de la presse africaines appellent à renforcer la mutualisation des ressources médiatiques

Bamako, 5 juin (AMAP) Les responsables de plusieurs maisons et centres de presse africains ont plaidé pour un renforcement de la coopération, de la mutualisation des ressources et de la solidarité entre médias du continent, lors d’un panel consacré à la «Coopération médiatique : mutualisation et solidarité entre médias africains». Animée par le journaliste Martin Faye, la rencontre portait sur le sous-thème «Place et rôle des centres et maisons de presse». Les échanges ont mis en lumière les initiatives développées dans plusieurs pays africains pour soutenir les professionnels des médias et renforcer les capacités des rédactions. En ouverture, Martin Faye a souligné que les médias africains demeurent souvent isolés face aux défis de l’environnement numérique mondial. «La solidarité est notre propriété morale la mutualisation est notre bras armé technique», a-t-il déclaré, estimant que le partage des contenus, des infrastructures et des expertises est devenu indispensable. Les représentants de la Côte d’Ivoire, du Bénin, du Sénégal, du Burkina Faso, de la Guinée et du Togo ont présenté les mécanismes mis en place dans leurs structures respectives. Ces dispositifs comprennent notamment des espaces de travail partagés, des salles de formation, des services de restauration, des bibliothèques, des centres de santé et des programmes de renforcement des capacités. Les intervenants ont également insisté sur la nécessité de développer des passerelles entre rédactions africaines afin d’accroître la circulation de l’information produite sur le continent et de renforcer la résilience du secteur face aux difficultés économiques. Le panel s’est tenu dans le cadre du Forum Panafricain des médias organisé à Bamako. Il a réuni plusieurs responsables de maisons et centres de presse du continent venus partager leurs expériences en matière d’organisation, de solidarité professionnelle et de mutualisation des ressources. OS/CMT (AMAP)

Cyberespace : médias, blogueurs et magistrats appellent à renforcer l’éducation au numérique

Bamako, 4 juin 2026 (AMAP) Les participants au panel «Cyberespace et cybercriminalité : encadrement et régulation», tenu jeudi à Bamako dans le cadre du Forum Panafricain des Médias, ont plaidé pour un renforcement de l’éducation aux médias et au numérique ainsi que de la régulation afin de lutter contre la désinformation et les abus en ligne, a constaté l’AMAP. Le président de l’Association des Blogueurs du Mali (ABM), Boureyma Soulo, a qualifié le désordre informationnel de «pollution de l’écosystème médiatique et numérique» et appelé à un soutien accru aux initiatives de vérification des faits. Le procureur de la Commune IV, Idrissa Hamidou Touré, a mis en garde contre les dérives liées à «l’économie de l’attention» sur les réseaux sociaux, rappelant l’existence de plusieurs textes encadrant les usages numériques. De son côté, le président de l’APPEL-Mali (Association des professionnels de la presse en ligneetdel’électronique), Modibo Fofana, a souligné que les journalistes ne détiennent plus le monopole de l’information et que l’éducation au numérique est devenue indispensable pour prévenir les manipulations en ligne. Le représentant de l’Autorité de protection des données à caractère personnel (APDP), Dr Aly Haïdara, a rappelé l’existence d’un arsenal juridique destiné à protéger les citoyens dans l’espace numérique, insistant sur la sensibilisation et l’usage responsable des technologies. Les intervenants ont unanimement appelé à une mobilisation des pouvoirs publics, des médias et de la société civile face aux défis croissants du cyberespace. OS/CMT (AMAP)

FEMAFOOT : Anthony da Silva nommé sélectionneur des Aigles du Mali

Bamako, 4 juin (AMAP)– La Fédération malienne de Football (FEMAFOOT) a annoncé, ce jeudi, la nomination du technicien portugais Anthony Da Silva au poste de sélectionneur national des Aigles du Mali, à l’issue du processus de recrutement lancé entre le 28 avril et le 26 mai 2026, a appris l’AMAP des sources sportives. Selon la Fédération, le Comité exécutif a retenu le projet présenté par Anthony Da Silva après examen des candidatures soumises dans le cadre de l’appel à candidatures. La FEMAFOOT précise que le technicien a été choisi pour répondre à «un triple impératif : la rénovation, la performance et le travail dans la durée». Le communiqué souligne que le nouveau sélectionneur a satisfait aux principaux critères techniques définis par la commission ad hoc chargée du recrutement et présenté «un dossier particulièrement convaincant». Dans sa vision à moyen terme, Anthony Da Silva propose une stratégie articulée autour de plusieurs axes majeurs, notamment «l’atteinte de résultats de haut niveau lors des compétitions africaines et mondiales», le développement du championnat national ainsi que la promotion et l’accompagnement des talents locaux. La Fédération indique également que le nouveau sélectionneur sera assisté par un adjoint malien dont «les compétences ainsi que les performances sportives, tant sur le plan national qu’africain, sont reconnues et avérées». Le Comité exécutif affirme qu’il veillera à la mise en œuvre effective de la feuille de route du nouveau staff technique, en cohérence avec les orientations de la nouvelle mandature issue de l’Assemblée générale élective du 16 avril dernier. La FEMAFOOT assure que le nouvel encadrement technique travaillera sous le signe de «la rigueur, de la discipline et de la performance» afin de répondre aux attentes du public sportif malien. KD/CMT (AMAP)

Forum Panafricain des Médias : L’expert Martin Faye se prononce sur le Forum et d’autres sujets

Bamako, 5 juin (AMAP) Dans une interview accordée à l’Agence Nationale de Presse du Mali, le journaliste sénégalais et expert des médias, Martin Faye se prononce  sur son engagement pour le Forum et partage sa vision pour refonder le journalisme africain, a constaté l’AMAP. Agence Nationale de Presse du Mali : Qu’est-ce qui vous a motivé à quitter le Sénégal pour participer à ce forum à Bamako ? Martin Faye : J’ai quitté le Mali il y a deux ans, après avoir dirigé le projet Studio Tamani de la Fondation Hirondelle. Cette expérience a élargi mon horizon et renforcé mon compagnonnage avec les médias maliens. J’ai participé à de nombreuses activités au sein des faîtières et associations de journalistes. Lorsque l’idée du forum est née, j’ai été contacté pour intégrer le comité scientifique et, de fil en aiguille, j’ai été désigné pour présenter la conférence inaugurale. Agence Nationale de Presse du Mali : Selon vous, quels sont les principaux objectifs de ce Forum Panafricain des Médias ? Martin Faye : Les principaux objectifs sont de réfléchir à la pratique journalistique en Afrique afin de retrouver une souveraineté et un contrôle de l’information, depuis sa conception jusqu’à sa diffusion. Trop souvent, nos populations apprennent ce qui se passe chez elles à travers les médias étrangers. Il faut changer la donne : parler de l’Afrique aux Africains, dans nos langues, selon nos cultures et nos contextes. Nous connaissons mieux le terrain africain que quiconque, mais la digitalisation et les plateformes numériques échappent à notre contrôle. C’est de cela qu’il s’agit de discuter à Bamako. Agence Nationale de Presse du Mali : Quelles sont vos attentes personnelles et professionnelles de cette rencontre ? Martin Faye : Mes attentes sont celles d’une refondation du journalisme africain. Nous revivons une situation similaire aux années 1970-1980, lorsque l’UNESCO portait le débat sur un nouvel ordre mondial de l’information. Aujourd’hui encore, l’Occident monopolise la circulation de l’information, avec des risques de manipulation, de propagande et de censure. Il est temps que les médias africains deviennent les narrateurs de leur propre récit Agence Nationale de Presse du Mali :  Quels sont, selon vous, les principaux défis auxquels les médias africains font face aujourd’hui ? Martin  Faye : Le premier défi est la formation. Depuis quarante ans, je suis engagé dans ce domaine. Or, une masse critique de personnes se disent journalistes sans avoir reçu une formation initiale solide. Il faut distinguer ceux qui travaillent dans les médias de ceux qui sont réellement journalistes. Les programmes doivent être adaptés à la réalité : former des journalistes polyvalents, capables de produire du son pour la radio, de l’image pour la télévision et du contenu écrit. Agence Nationale de Presse du Mali : Comment les journalistes africains peuvent-ils mieux lutter contre la désinformation et les fake news ? Martin Faye : Nous devons unir nos forces pour mettre fin à la désinformation et aux fake news. J’ai proposé la création d’une plateforme digitale panafricaine de lutte contre la désinformation. Chaque pays pourrait y contribuer : lorsqu’une rumeur circule, il faut la vérifier rapidement et la traiter avec responsabilité. Agence Nationale de Presse du Mali : Pensez-vous que ce forum peut renforcer la coopération entre les médias africains ? Martin Faye : Ce forum n’aurait pas de raison d’être s’il ne renforçait pas la coopération. Parmi les idées concrètes, il y a la création d’une agence de presse panafricaine et d’une union des radios de proximité. Cinq pays sont déjà membres fondateurs, avec un plan d’action immédiat : lancer une campagne d’adhésion pour que toutes les radios de proximité africaines puissent travailler ensemble au service des populations. MMD/KM (AMAP)