Le Niger signe avec le Mali à Niamey des contrats d’approvisionnement en hydrocarbures
Bamako, 24 mai (AMAP) Le ministre malien de l’Industrie et du Commerce, Moussa Alassane Diallo, a conduit une mission stratégique à Niamey, du 14 au 17 mai 2025, pour signer des contrats d’approvisionnement en hydrocarbures et sécuriser la livraison de carburants au Mali, particulièrement dans ses régions septentrionales confrontées à des défis logistiques et sécuritaires, a annoncé vendredi une source officielle à Bamako. « Nous sommes ici pour établir des contrats d’approvisionnement réguliers avec la Société nigérienne du pétrole, (anciennement Société nigérienne des produits pétroliers (SONIDEP) et poser les bases d’une coopération durable dans le secteur énergétique », a déclaré M. Diallo, cité par un communiqué de son département Lors d’une séance de travail avec son homologue nigérien, Dr. Sahabi Oumarou, le ministre malien a affirmé : « Le Niger est pleinement engagé à accompagner les opérateurs maliens pour un approvisionnement sécurisé et de qualité. » Des discussions avec le ministère nigérien des Transports ont permis de coordonner les flux logistiques pour faciliter le transit du carburant vers le Nord du Mali. « Nous nous engageons à simplifier les opérations de transport routier dans le cadre de ce partenariat », a assuré le ministre nigérien des Transports. Les montants et quantités des livraisons n’ont pas été précisés. Le point culminant de la mission a été la signature de plusieurs contrats commerciaux, le 16 mai, entre la SONIDEP et des entreprises maliennes qui sont destinés à garantir un approvisionnement régulier et sécurisé du Nord malien en hydrocarbures. Cette visite s’inscrit dans la dynamique de la Confédération des États du Sahel (AES) et des orientations du Président de la Transition, le général d’Armée Assimi Goïta, pour garantir l’autonomie énergétique du Mali. ENGAGEMENTS LOGISTIQUES ET DIPLOMATIQUES – Le 14 mai, des discussions avec le ministère nigérien des Transports ont permis de coordonner les flux logistiques pour faciliter le transit des carburants vers le Nord du Mali. Le 16 mai, une audience avec le Premier ministre nigérien, Ali Mahaman Lamine Zeine, a renforcé la convergence de vues entre les deux pays. « Le Niger soutient pleinement cette démarche d’intégration économique et énergétique au sein de l’AES », a souligné le chef du gouvernement nigérien. La visite à l’ambassade du Mali à Niamey, où la délégation a été accueillie par l’ambassadeur, le colonel-major Younoussa Barazi Maïga, a mis en lumière le rôle clé de la diplomatie malienne. « Une diplomatie économique proactive est essentielle pour consolider nos acquis bilatéraux », a insisté le ministre Diallo. Le point culminant de la mission a été la signature, le 16 mai, de plusieurs contrats commerciaux entre la Société nigérienne du pétrole (SONIDEP), (anciennement Société nigérienne des produits pétroliers (SONIDEP) et des entreprises maliennes. « Ces accords garantissent un approvisionnement régulier et sécurisé en hydrocarbures, marquant une étape décisive pour l’autonomie énergétique du Mali ». Selon, le communiqué, la visite de la délégation multisectorielle malienne visait à consolider la coopération énergétique entre le Mali et le Niger. Elle comprenait des représentants de la Chambre de commerce et d’industrie du Mali (CCIM), du Conseil national du patronat du Mali (CNPM), du Conseil malien des transporteurs routiers (CMTR), de la Fédération malienne des Transitaires (FETRAM) et d’une dizaine de sociétés maliennes du secteur des hydrocarbures. La cérémonie, en présence des Ministres nigériens du Pétrole et du Commerce, a scellé ce partenariat stratégique. OS/MD (AMAP)
Devant le CNT, le Premier ministre présente un ambitieux Plan gouvernemental d’actions 2025-2026
Bamako, 19 mai (AMAP) Le Premier ministre, le général de Division Abdoulaye Maïga, a dévoilé, devant le Conseil national de Transition (CNT) à Bamako, le Plan d’action du gouvernement (PAG) 2025-2026, présenté vendredi puis soumis lundi à débat, jusque tard dans la nuit. « Chaque acte que nous posons sera marqué du sens des priorités et de la pleine conscience de l’urgence », a déclaré le Premier ministre, rendant hommage à la résilience du peuple malien et à l’héroïsme des Forces armées et de sécurité (FAMa). Il a réitéré sa gratitude au président Goïta pour la confiance accordée depuis sa nomination le 21 novembre 2024. Structuré autour de huit axes prioritaires définis par le président de la Transition, le général d’Armée Assimi Goïta, ce programme vise à consolider la refondation du Mali face à une crise multidimensionnelle. La présentation, qui a duré trente minutes, a été suivie d’une suspension de séance par le président du CNT, le général de Corps d’Armée Malick Diaw. Le PAG, inspiré des Assises nationales de la Refondation, du Dialogue inter-Maliens et de la vision « Mali Kura » pour 2063, s’articule autour de la sécurité, des réformes institutionnelles, des besoins fondamentaux, de la santé, de l’éducation, de la cohésion sociale, de la diplomatie et des élections transparentes. RESILIENCE ET LA SOUVERAINETE – Face aux menaces terroristes, le gouvernement prévoit de renforcer les FAMa avec de nouveaux équipements, la construction de camps militaires à Bougouni, Koutiala, San, Kita, Diéma et Nioro du Sahel, et le recrutement de 15 000 soldats. Un hôpital militaire à Banakoroni et un mémorial pour les héros tombés sont également programmés. « La liberté et l’indépendance ont un prix, et nous en payons un lourd tribut », a souligné M. Maïga, observant une minute de silence pour les victimes. Pour assurer la souveraineté alimentaire, le PAG ambitionne une production céréalière de 11 millions de tonnes, la distribution gratuite de 17 666 tonnes de céréales à 1,115 million de personnes vulnérables, et l’équipement de 380 exploitants agricoles. « Nous importerons 300 000 tonnes de riz et 200 000 tonnes de sucre, tout en contrôlant les prix pour juguler la cherté de la vie », a précisé le Premier ministre. Le secteur sanitaire bénéficiera de sept cliniques modulaires et d’équipements pour les centres de santé, tandis que 85 écoles et 11 lycées, dont deux d’excellence, renforceront l’éducation. Pour apaiser le climat social, le gouvernement opérationnalisera le Conseil national du dialogue social, intégrera 34 000 ex-combattants et organisera des dialogues intercommunautaires et religieux. « Ensemble, nous ferons le Malikura », a lancé M. Maïga, citant le Président Goïta. Sur le plan diplomatique, le Mali s’appuiera sur la Confédération des États du Sahel (AES) pour défendre ses intérêts, tout en valorisant les 700 milliards de Fcfa de contributions de la diaspora en 2023. Des élections transparentes seront préparées avec l’Autorité indépendante de gestion des élections (AIGE). Les réformes institutionnelles incluent le Système intégré de gestion des ressources humaines (SIGRH) et une lutte accrue contre la corruption. En conclusion, le Premier ministre a insisté sur les principes de responsabilité, de redevabilité et d’exemplarité. « Ce plan pose les bases d’un Mali souverain et uni, malgré les défis financiers et sécuritaires », a-t-il affirmé, sollicitant l’approbation du CNT. OS/MD (AMAP)
Le Programme d’Action du Gouvernement 2025-2026 adopté à l’unanimité par le CNT
Bamako, 19 mai (AMAP) Le Conseil national de Transition (CNT) a approuvé, à l’unanimité, ce lundi 19 mai 2025, le Programme d’action du gouvernement (PAG) 2025-2026, avec 128 voix pour, 0 contre et 0 abstention, lors d’une session marathon de plus de huit heures au Centre international de conférences de Bamako (CICB). « Ce PAG est la preuve d’une démocratie vivante, un socle commun, un pacte républicain qui nous engage tous », a déclaré le général Maïga en conclusion de son intervention, soulignant l’importance de l’unité nationale pour relever les défis actuels. Le Premier ministre, le général de Division Abdoulaye Maïga, a répondu à plus de 300 questions des membres du CNT, couvrant les huit axes de la lettre de cadrage présentée le 16 mai dernier. Les discussions ont porté sur des enjeux cruciaux pour le Mali, notamment la lutte contre les inondations, l’emploi des jeunes, la sécurisation des personnes et des biens, ainsi que le financement du PAG. Le président du CNT, Malick Diaw, a félicité le Premier ministre pour la clarté et la pertinence de ses réponses. « Les éclaircissements apportés par le chef du gouvernement ont répondu de manière satisfaisante aux préoccupations des membres », a-t-il affirmé. Les débats, selon lui, ont reflété l’engagement du CNT à répondre aux besoins des populations dans un contexte où le Mali joue un rôle de plus en plus affirmé sur les scènes régionale et internationale. Le Premier ministre a rendu « un vibrant hommage » aux membres du CNT pour leur sens du devoir, qu’il a qualifié de « reflet de la vitalité du processus de transition ». Il a également salué « le courage et la résilience du peuple malien » et appelé à « une union sacrée autour de nos forces de défense et de sécurité » pour consolider les acquis de la Transition. Avec cette adoption unanime, le gouvernement dispose désormais d’un cadre clair pour la mise en œuvre du PAG 2025-2026, qui vise à répondre aux aspirations des Maliens tout en consolidant la position du pays sur l’échiquier régional et international. Le général Maïga a réaffirmé son engagement « à traduire ce programme en actions concrètes pour le bénéfice de tous. » OS/MD (AMAP)
Le Premier ministre Abdoulaye Maïga detaille le Programme d’action du gouvernement
Bamako, 19 mai (AMAP) Le Premier ministre malien, Abdoulaye Maïga, a présenté, devant le Conseil national de Transition (CNT) les grandes lignes du Programme d’action du gouvernement (PAG), lundi, mettant en avant des mesures concrètes pour la gestion de la dette, la relance économique, l’assainissement, la sécurité et le développement durable. Le chef du gouvernement, qui intervenant lors des débats, après la présentation du PAG vendredi, au Centre international de conférences de Bamako (CICB), a annoncé le déblocage de 2,253 milliards de Fcfa pour apurer les dettes des fournisseurs de l’État, avec un effort supplémentaire de 1,103 milliard de Fcfa en 2024. Par ailleurs, 963 milliards de Fcfa ont été mobilisés pour les dépenses du personnel de l’État, des collectivités et des établissements publics, tandis que 194 milliards de Fcfa et 114 milliards de Fcfa ont été alloués, respectivement, aux dettes extérieure et intérieure. Un programme spécial, lancé en octobre 2024, en partenariat avec les sociétés minières, a permis d’injecter 402 milliards de Fcfa dans l’économie nationale, à travers le paiement de mandats aux fournisseurs. Ces mesures s’inscrivent dans une stratégie de mobilisation accrue des ressources intérieures et de réduction du déficit budgétaire, malgré les sanctions économiques de 2022 et le resserrement monétaire de la Banque centrale des Etats de l’Afrique de l’Ouest (BCEAO) depuis 2023. Le Premier ministre a confirmé la mise en place de l’Agence du bassin du fleuve Niger, créée par l’ordonnance n°02-049 du 29 mars 2022, pour assurer le draguage ciblé du fleuve et lutter contre la pollution. Concernant la restitution des espaces verts, un cadre juridique rigoureux, appuyé par la loi n°10-028 du 12 juillet 2010 et la loi n°2021-032 du 24 mai 2021, encadre leur protection et leur classification. Des actions d’identification et d’immatriculation des espaces verts sont en cours pour garantir leur restitution aux citoyens. À l’approche de la fête de Tabaski, prévue le 7 juin 2025, le gouvernement, via les ministères chargés du Développement rural et de la Pêche, organisera des ventes promotionnelles de béliers dans plusieurs régions et à Bamako. Avec un objectif de 34 150 béliers contre 31 000 en 2024, cette opération vise à réguler les prix, lutter contre la spéculation et garantir des revenus aux éleveurs. Sur le plan sécuritaire, le Premier ministre a évoqué des initiatives comme le Comité consultatif de sécurité et la police de proximité renforcent le lien entre les populations et les forces de défense. En matière de dialogue social, le gouvernement a honoré ses engagements avec les syndicats, notamment en payant 5,821 milliards de FCFA de droits de travail pour certaines entreprises d’État et en négociant le règlement de 18,395 milliards de Fcfa pour d’autres sociétés. Le gouvernement prévoit le démarrage des travaux du pont métallique provisoire de -Woyowayanko le 5 juin 2025, avec une ouverture au trafic fin août 2025. Concernant le transport fluvial, des projets comme le bateau-bus et la relance du transport Bamako-Koulikoro sont en cours. Pour la mobilité urbaine à Bamako, des études sont lancées pour l’acquisition d’un tramway et de bus modernes. Pour 2026, la relance économique repose sur le soutien aux entreprises, la création d’emplois via le Fonds de garantie du secteur privé et la mise en œuvre de la vision « État-stratège ». En matière d’assainissement, des campagnes de sensibilisation, le curage des caniveaux et l’augmentation des effectifs de la voirie (400 manœuvres et 250 agents) sont prévus à Bamako. Une usine de transformation des déchets, capable de traiter 1 400 tonnes par jour et de produire 40 MW d’énergie, est également à l’étude. Le gouvernement a mis en place un dispositif d’assistance pour le rapatriement des Maliens en détresse, en partenariat avec l’Organisation internationale des migrations (OIM). Des campagnes de sensibilisation contre la migration irrégulière et la création de la Maison du Malien de l’extérieur en 2018 renforcent ces efforts. Par ailleurs, 45 personnes en situation de handicap ont été recrutées lors des deux derniers concours de la fonction publique, avec des quotas prévus pour les futurs recrutements. La réhabilitation du chemin de fer Bamako-Diboli se fera en écartement standard, en coordination avec le Sénégal. La compagnie aérienne Mali Airlines avance avec la nomination d’un coordonnateur, l’ouverture d’un compte bancaire et des missions pour trouver des partenaires stratégiques. Le Premier ministre a conclu en réaffirmant l’engagement du gouvernement à répondre aux défis économiques, sociaux et sécuritaires, tout en consolidant les acquis pour un Mali résilient et prospère. OS/MD (AMAP)
Mali : Le gouvernement poursuit Barrick Mining pour la mise sous administration provisoire de la mine de Loulo-Gounkoto
Bamako, 16 mai (AMAP) Le gouvernement malien a engagé une action en justice contre la compagnie minière canadienne Barrick Mining devant le Tribunal de commerce de Bamako, réclamant la mise sous administration provisoire du complexe minier d’or de Loulo-Gounkoto. Lors d’une audience privée tenue jeudi, les autorités maliennes ont demandé la nomination d’un administrateur provisoire pour reprendre les activités de la mine, suspendues depuis janvier 2025. Ce litige, marqué par des tensions croissantes, fait suite à l’adoption d’un nouveau code minier en 2023 et à un audit réclamant 315 milliards de Fcfa d’impayés à Barrick. Les exportations d’or de la compagnie canadienne ont été interrompues en novembre 2024 après la confiscation de 3 tonnes d’or sur le site. Une décision favorable à Bamako pourrait ouvrir la voie à une nationalisation du complexe, selon des analystes. L’issue de cette audience cruciale déterminera la réouverture de la mine. OS/MD (AMAP)
Mali : La fourniture d’électricité passera de 6 à 19 heures par jour (Premier ministre)
Bamako, 16 mai (AMAP) Le Premier ministre, le général de division Abdoulaye Maïga, a annoncé ce vendredi une augmentation de la fourniture d’électricité qui passera de 6 à 19 heures par jour, a appris l’AMAP. « Le nombre d’heures de fourniture d’électricité passera de 6 à 19 heures par jour », a dit le Premier ministre qui présentait le Plan d’actions du gouvernement (PAG) 2025-2026 au Conseil national de Transition (CNT) dans le domaine d’électricité. Il a indiqué que « les efforts entrepris dans le secteur énergétique, qui ont permis d’enregistrer une nette amélioration de la fourniture d’électricité, vont se poursuivre par l’accroissement des capacités de production et de distribution en énergie et en eau potable. » Il a poursuivi que dans ce cadre, il est prévu la construction de quatre centrales solaires photovoltaïques et hydroélectriques sur le réseau interconnecté, la réalisation de 2 588 km de ligne de transport et 1 378 km de ligne de distribution d’électricité. Le général Maiga a indiqué, également, que des travaux de raccordement des forages et la construction de deux stations de traitement d’eau avec chacune la capacité de 76 000 mètres cubes, par jour, seront effectifs. SS/MD (AMAP)
Serge Ekué, président de la BOAD, en visite au Mali pour renforcer la coopération bilatérale
Bamako, 9 mai (AMAP) Le Président de la Banque ouest africaine de développement (BOAD), Serge Ekué, a été reçu ce vendredi, à Bamako, par le Premier ministre malien, le général de Division Abdoulaye Maïga pour une rencontre .introduite par le ministre malien de l’Économie et des Finances, Alousséni Sanou, et a permis de faire le point de la coopération entre Bamako et la BOAD, avec un accent sur les priorités du développement socio-économique du Mali. Les deux parties ont évoquées la vision « Mali kura ɲɛtaasira ka bɛn san 2063 » et la Stratégie nationale pour l’émergence et le développement durable (SNEDD) 2024-2033. « Le Mali est à la fois client et propriétaire de la BOAD. Ce qui touche le Mali nous touche aussi. C’est de notre union que nous tirons notre force. Nous sommes une maison de solutions », a déclaré Serge Ekué, soulignant l’engagement de la Banque à accompagner les ambitions maliennes. Les échanges ont porté sur des secteurs stratégiques tels que l’autosuffisance alimentaire, la santé, l’éducation et l’énergie, avec une volonté d’accélérer les efforts pour renforcer la résilience du pays. L’intégration du génie militaire dans la réalisation d’infrastructures a également été abordée. Le Premier ministre Maiga a insisté sur la situation particulière du Mali, confronté à des défis nécessitant un traitement préférentiel. « Nous apprécions le soutien de la BOAD et saluons la nomination d’un Malien, Abdoulaye Daffé, au poste de vice-président », a-t-il affirmé. Serge Ekué a qualifié la coopération avec le Mali de « fructueuse », avec un portefeuille actif de 22 projets pour un montant total de 377,147 milliards de Fcfa. Ces projets se concentrent sur les infrastructures routières (6 projets, 109,647 milliards de FCFA), l’énergie et l’eau (7 projets, 124,500 milliards de FCFA), l’agriculture (8 projets, 118 milliards de Fcfa) et les logements sociaux (1 projet, 25 milliards de Fcfa). Cette rencontre a réaffirmé l’engagement commun de l’institution sous-régionale de financement du développement et le Mali pour l’intégration régionale et le développement durable, avec une attention particulière sur les priorités définies par les autorités maliennes. OS/MD (AMAP)
Tourela : Vies précaires et dangereuses de chercheurs d’or
Bamako, 8 mai (AMAP) À la mine artisanale de Tourela, un village de la Commune de Sanankoroba, à une cinquantaine de km de Bamako, sur la route vers Bougouni (Sud), des hommes et des femmes traquent sans répit le filon d’or. Ils grattent la roche dans l’espoir de trouver ce métal jaune qui mérite à leurs yeux des conditions impossibles. Au prix de dur labeur, les plus chanceux parviennent à extraire quelques grammes de poussière d’or. Mais la réalité, c’est un quotidien précaire et dangereux. Des tentes de fortune servent d’abris. Et à quelques mètres de ces « maisons », des trous abandonnés après exploitation sont visibles, et certains sont encore occupés par des assoiffés d’or qui suffoquent dans l’obscurité de tunnels pouvant atteindre 50 mètres de profondeur. « J’ai passé deux jours dans ce trou. Tant qu’il y a de la nourriture et de l’air, je suis prêt à y rester pour obtenir ce que je veux», affirme un homme tirant une corde pour faire remonter à la surface un seau rempli de terre. Plus loin, le spectacle est saisissant. Femmes, jeunes et enfants exécutent de lourds travaux sous le soleil ardent. Tandis que certains creusent, d’autres transportent, à l’aide de tricycles appelés « Katakatani », le minerai extrait du placer jusqu’au fleuve pour le lavage. «La remontée du minerai consiste à le tirer vers la surface à l’aide d’une poulie munie d’un sac ou d’un seau. Ceux qui effectuent cette tâche sont payés en fonction du nombre de sacs remontés. Le lavage est une tâche principalement féminine», explique Madou Cissé, assis sous l’ombre, en sueur. L’or, une fois récupéré au bout d’un processus complexe, est vendu à des acheteurs qui viennent de la capitale. Pour s’établir à Tourela et avoir un accès continu à la mine, il faut payer 15 000 Fcfa à des responsables appelés «Tomboloma». Ici, on rencontre aussi bien des Maliens que des étrangers. Des paysans qui ont abandonné leurs champs aux élèves qui ont arrêté leurs études, en passant par des jeunes filles qui ont décidé de ne plus aller travailler à Bamako comme servantes, tous espèrent trouver le filon qui mettra fin à leur misère. «1g d’or fait 40 000 Fcfa, ce qui représente plusieurs mois de salaire pour une servante à Bamako. C’est pourquoi, malgré les difficultés et les préjugés, je reste ici. L’étiquette de prostituée est un préjugé qu’on colle à toutes les filles qui viennent chercher l’argent sur les sites d’orpaillage», confie Batoma Cissé. Et Boubacar Diallo, qui a abandonné l’école, affirme, le sourire aux lèves : « C’est quand on est riche qu’on étudie. Moi, grâce à ce que je gagne, j’aide mon père. Récemment, j’ai eu des millions. Donc, ça vaut le coup». L’extraction de l’or dans les placers nécessite une grande quantité d’eau. Sur le site de Tourela, qui se trouve à 3 km du fleuve Niger (et dont les rares rivières sont temporaires), l’eau devient une ressource précieuse obtenue par des forages profonds, alimentés par des motopompes. Chaque individu se débrouille seul. Sur ce site, il existe deux méthodes de lavage du minerai, à savoir le lavage à la calebasse et celui avec la rampe. Le lavage se fait soit près des rivières, soit dans un bassin alimenté par de l’eau achetée à des livreurs. «La récupération de l’or se fait après le lavage du minerai. Les métaux lourds restent au fond de la calebasse et sont récupérés par les mineurs pour l’amalgamation. Ce procédé consiste à mélanger le minerai avec du mercure pour former une boule d’or concentrée. Le produit amalgamé est ensuite chauffé dans une sorte de poêle à ciel ouvert. Sous l’effet de la chaleur, le mercure s’évapore, laissant la boule d’or. «Le mercure est fourni par des Bamakois, et son prix varie entre 10 000 et 40 000 Fcfa le litre», explique un autre orpailleur, préférant rester anonyme. IMPACTS NEGATIFS – Les dégâts causés par cette activité sont nombreux. «L’agriculture ne se pratique que pendant lasaison des pluies», souligne Moussa Diarra, étudiant. L’élevage est désormais impossible en raison de la destruction de l’environnement. « Nos animaux ingèrent du cyanure ou du mercure. On ne peut pas non plus les garder, car ils tombent dans les trous des orpailleurs», dit-il. Aussi, les orpailleurs laissent derrière eux des milliers de trous et de galeries non rebouchés, ce qui expose le sol à l’érosion. L’utilisation du mercure, dont les effets sont documentés par l’Organisation mondiale de la Santé, représente une menace pour la biodiversité. En effet, lorsqu’il est libéré dans l’environnement, il se transforme en méthylmercure, qui peut affecter la faune aquatique et perturber toute la chaîne alimentaire. Le mercure utilisé pour le traitement de l’or est potentiellement polluant pour l’air, les eaux de surface et les nappes phréatiques. «Nous réalisons l’impact de ces produits qui polluent l’air, mais c’est le prix à payer pour sortir de notre misère», avoue Seydou Cissé. Ces impacts négatifs sur l’environnement ont des répercussions directes sur la population. De plus en plus, il est difficile de se procurer du bois de chauffe pour les besoins domestiques. « Même pour construire des maisons et des hangars, il nous faut du bois. Or, aujourd’hui, il n’y en a plus. Nous sommes obligés de nous approvisionner dans d’autres villages», affirme un revendeur d’or. En dépit de la présence d’autres, l’orpaillage reste l’activité principale de ce village, malgré les menaces qui y sont associées, notamment les effondrements. « Nous avons assisté à des effondrements. J’en ai assisté à deux et il y a eu des pertes en vies humaines. Mais c’est le prix à payer», se dit philosophiquement Madou Touré. La vie sur le site d’orpaillage de Tourela est loin d’être attrayante. En plus des difficultés d’accès aux soins sanitaires et de l’impraticabilité des routes, les populations vivent dans une pauvreté extrême. AD/MD (AMAP) Par Aminata DJIBO
Régulation du secteur de l’énergie : Les acteurs de l’AES pour une vision commune
Bamako, 06 mai (AMAP) Les régulateurs du secteur de l’énergie de la Confédération des États du Sahel (AES) tiennent, à Bamako, leur première rencontre, du 06 au 07, sur le thème : « Soutenir le développement du service public de l’électricité et de l’eau », avec pour objectif de concevoir et de définir une vision commune et partagée de la régulation du secteur de l’énergie dans l’espace confédéral. Il s’agit, de façon spécifique, de mettre en place un dispositif de régulation harmonisé du secteur de l’énergie, élaborer une feuille de route pour la mise en place d’un dispositif commun de régulation du secteur de l’énergie, entre autres. Selon le Chef du gouvernement malien, le général de Division Abdoulaye Maiga, qui a présidé l’ouverture de la rencontre, depuis la création de la Confédération des États du Sahel, le Burkina Faso, le Mali et le Niger « mobilisent toutes les ressources nécessaires et consacrent leur temps à la concrétisation de nos objectifs de développement socioéconomiques. » « C’est dans ce cadre, qu’il est prévu de mettre en place un cadre de régulation harmonisé du secteur de l’énergie au sein des pays membres de la Confédération AES », a-t-il dit. Et le Premier ministre Maiga d’expliquer que « nous avons pour mission, au regard des objectifs assignés par notre Confédération, grâce à la vision de nos Chefs d’État, de faire de l’espace confédéral un espace de paix, de solidarité, de dignité, de prospérité et de souveraineté retrouvée ». « A travers le leadership de nos chefs d’États : le capitaine Ibrahim Traore, du Faso, le général d’Armée Abdourahmane Tiani, du Niger et le général d’Armée Assimi Goita, du Mali, président en exercice de la Confédération AES, nous luttons pour le développement de notre espace AES », a indiqué Abdoulaye Maiga. Pour lui, cette rencontre de haut niveau entre régulateurs de l’énergie témoigne de l’unité de des trois pays, reflétant une position commune sur les grandes questions régionales. « A l’issue de vos rencontres et échanges, sortira une vision commune et partagée de la régulation dans l’espace confédéral à travers un mécanisme de mise en place d’un cadre de régulation harmonisé du secteur de l’énergie », a dit le chef du gouvernement malien. L’avantage d’un tel mécanisme sera « la réduction des coûts, l’efficacité du marché et la transition énergétique en facilitant l’intégration des énergies renouvelables », a fait savoir le général de Division Abdoulaye Maiga. Le président de l’Autorité de régulation du secteur de l’énergie du Mali, Mouroukoro Sangaré, a rappelé l’organisation de cet atelier des régulateurs de l’AES au Mali est une initiative de des Autorités de régulation du Burkina Faso et du Niger, prise au cours d’une rencontre, du 1er au 07 septembre 2024 à Niamey. Le choix de Bamako pour la tenue de cet atelier n’est pas fortuit, selon lui. Le Mali assure en effet la présidence de l’AES à travers le général d’Armée Assimi Goita, président de la Transition du Mali, signalé M. Sangaré. Les présidents de l’Autorité de régulation du secteur de l’énergie du Burkina Faso et du Niger, respectivement, Jean Baptiste Ky et Nomad Ibrahim participent à la rencontre. ST/MD (AMAP)
Centre de formation et champ solaire : La reconversion des femmes et des jeunes de Kéniéba en ligne de mire
Envoyé spécial Bandé Moussa SISSOKO AMAP-Kayes Kéniéba, 27 avr (AMAP) Le gouverneur de la région de Kayes, le général de brigade Moussa Soumaré, a consacré une bonne partie de sa tournée dans le Cercle de Kéniéba à des visites de terrain pour s’imprégner des réalités locales. Ainsi, il s’est rendu au Centre d’auto-promotion et auto-formation des femmes et au « Tambaoura Bouloula Bara Digui Bounwo ». Ces deux structures contribuent à la lutte contre l’orpaillage clandestin à travers la formation et l’insertion socio professionnelle des jeunes et des femmes. Situé dans le quartier de Ballabougou, le Centre d’auto-promotion et auto-formation des femmes a été créé, il y a plus de 10 ans. Cette structure est animée par la Coopérative des femmes du quartier de Ballabougou, depuis 3 ans. On y retrouve une salle de classe pouvant accueillir 29 à 60 apprenantes. Ici, les femmes apprennent à fabriquer du savon, du beurre et du miel sur la base de nos produits locaux (moringa, baobab, charbon…) Dans cette structure, les pensionnaires sont confrontés à des problèmes d’équipements et de toilettes. « Les femmes appuient les chefs de famille, en travaillant dans des conditions extrêmement dures. Dans les mines, certaines perdent leurs vies, comme ce fut le cas dans la Commune rurale de Dabia. Les dispositions prises par le président de la Transition, le général d’armée Assimi Goïta, après cette tragédie permettront aux femmes de mener des activités génératrices de revenus. « Je suis venu voir comment on peut vous aider. Mettez l’accent sur la qualité de vos productions pour attirer les clients et les investisseurs », a déclaré le général de brigade Moussa Soumaré. Il a demandé aux femmes de ne pas mener des activités de teinture dans les familles et dans certains endroits à cause de leur impact négatif sur la santé et l’environnement. Le chef de l’exécutif régional a pu admirer quelques produits locaux de la coopérative Siguidia de Kéniéba que dirige Mme Fofana Djénéba Koné. On lisait la satisfaction sur le visage de ces braves femmes qui, par la voix de Mme Traoré Djénéba Kamiss oko, l’ont exprimé à leur hôte. Selon elles ont annoncé que seule la fermeture des mines peut les réorienter vers d’autres activités génératrices de revenus, comme la transformation des produits locaux. « Tambaoura Bouloula Bara Digui Bounwo » est le fruit du partenariat entre le Conseil régional de Kayes et la compagnie minière canadienne B2Gold. Ce centre, qui sera bientôt opérationnel, est doté de 5 ateliers, (électricité, mécanique auto, transformation, tamisage, restauration) pour la formation-adéquation-emploi. D’après son directeur, Moustapha Niasse, letablissement dispose de 6 hectares (ha) pour son extension. Ce centre de formation, comme l’atteste son nom malinké, est à l’actif de l’ex-Conseil de Cercle et du Conseil régional. Le président du Conseil régional Bandiougou Diawara faisait partie de la délégation du gouverneur. Le général de brigade Moussa Soumaré a achevé sa tournée par la visite du site du champ solaire à Yeremoundé, un hameau de culture du village de Sansanto, situé à 7km de la ville de Kéniéba. Couvrant une superficie de 2km2 soit 200 ha, des panneaux solaires y seront installés pour produire de l’électricité au profit des populations de Kéniéba et d’autres localités. Grâce à ce champ solaire, le problème d’électricité sera résolu dans ce cercle de la Région de Kayes. Ces centres de formation, tout comme le champ solaire, sont les bienvenus dans un cercle où l’exploitation des mines artisanales par les Chinois, bien que diversement appréciée par les populations, suscitent des inquiétudes liées aux conflits d’intérêts et du comportement de certaines personnes qui servent d’intermédiaires entre les villages et les Chinois. Des intermédiaires qui s’enrichiraient sur le dos des braves populations. D’après certains habitants, tout le monde (autorités et populations) trouve son compte dans l’exploitation de ces mines. Au terme de sa visite, le gouverneur a accordé une interview à la presse pour exprimer sa satisfaction et a invité les populations à respecter les nouveaux textes. BMS/MD (AMAP)

