Sikasso : Démantèlement de plusieurs dragues à Misseni sur le fleuve Bagoé

Par Mariam F. DIABATE Sikasso, 07 juin (AMAP) Une mission des directions régionales de l’Assainissement, de la Géologie et des Mines, de l’Environnement, des Eaux et Forêts et de l’Hydraulique s’est rendue, le 28 mai dernier,  à Misséni, dans la Commune rurale de Fourou, dans le Sud du Mali pour une identification des dragues à Kadiolo, avant de procéder à leur démantèlement. Ces interventions en application des dispositions de la loi 2023-040 du 29 août 2023 portant Code minier, vise à contrecarrer la destruction des cours d’eaux et de l’écosystème (flore et faune) dans les zones minières. Toute chose qui contribuera au bien-être de la population, à la protection de l’environnement et de l’écosystème. Au passage de la délégation régionale dans la Commune rurale de Fourou, le chef de village de Alhamdoulilaye, Hamidou Coulibaly, a affirmé que le phénomène les a causés énormément d’ennuis. Dans cette zone aurifère où le dragage est pratiqué, il a confié que leurs animaux sont confrontés à un problème d’abreuvement et de nourriture. L’eau du cours d’eau est devenue impropre à la consommation pour les êtres humains. « Aujourd’hui, nous craignons de consommer l’eau de nos puits car ceux-ci peuvent être contaminés par l’eau souillée de ce cours d’eau », a-t-il indiqué avant d’ajouter qu’ils ont, une fois, brulé trois dragues… Pour sa part, le directeur régional de l’Assainissement, du contrôle des pollutions et des nuisances (DRACPN) de Sikasso, Moussa Ballo, a mis un accent particulier « sur l’impact du dragage sur le fleuve et sur la qualité de l’eau. » « La pratique impacte négativement les berges du fleuve, la consommation de l’eau, le mouvement des pirogues et la vie des animaux aquatiques », a-t-il expliqué, soulignant l’importance de préserver le cours d’eau. Moussa Ballo a dit que les services techniques ont besoin d’équipements adaptés pour la réussite de cette activité. Il a surtout insisté sur la sensibilisation des communautés. De son point de vue, « il faut donner le pouvoir aux autorités locales pour qu’elles puissent saisir toutes les dragues. » « Nous sommes sérieusement engagés à combattre le dragage », a-t-il affirmé avant d’appeler toutes les régions, où les cours d’eaux sont utilisés pour la recherche de l’or, à imiter l’initiative des autorités régionales de Sikasso. « S’il y’a une synergie d’action entre les régions, on pourra belle et bien circonscrire ce fléau », a-t-il indiqué. Le code minier, selon lui, condamne formellement la pratique. Selon le conseiller à la sécurité et à la protection civile de la gouverneure, le contrôleur général-major de police Tiantio Diarra, la pollution et la dégradation de la nature au Mali « sont devenues des dangers pour la vie de la population et celle des animaux aquatiques. » C’est la raison pour laquelle. la mission a été initiée par la gouverneure de la région. Selon lui, une première mission a été effectuée en février passé pour identifier les points qui ont le maximum de dragues. C’est à la suite de cela que le site de Kadiolo a été détecté. « Cette opération doit être dissuasive pour tous ceux qui ont des dragues. Ils doivent comprendre que l’activité est illicite et qu’il faut l’abandonner… », a indiqué le contrôleur général-major de police. Il a souligné que l’opération se poursuivra « car le fleuve Bagoé constitue une ressource naturelle appartenant à nos ancêtres et il doit être préservé. » En outre, Tiantio Diarra a dit que cette initiative est l’illustration de la détermination des autorités du Mali « pour le bien-être de la population. » Ainsi, les dragues extraites du fleuve Bagoé dans la localité de Misseni seront amenées au gouvernorat de Sikasso. « L’équipe de démantèlement a pu saisir 16 dragues. Il y reste une centaine », a affirmé la gouverneure de la Région, Mme Kanté Marie Claire Dembélé. Elle a révélé que la mission n’avait pas de moyen adéquat, sinon les machines « costaud » pour extraire le reste des dragues. A cet effet, la cheffe de l’exécutif régional a saisi l’opportunité pour saluer la CMDT et les autres partenaires qui ont facilité la réalisation de l’opération de démantèlement. Pour l’heure, les 16 dragues sont gardées au gouvernorat de la 3ème région. Par ailleurs, elle a sollicité le soutien de tous car seules, les autorités régionales ne peuvent pas mener cette lutte. « Il faut une conjugaison des efforts de différents départements ministériels, dont ceux chargés de l’Environnement et de la s\Sécurité », a-t-elle insisté. Et de préciser que ceci appuiera l’équipe régionale quant à l’extraction et la sécurisation des dragues. « Nous allons poursuivre l’opération dans d’autres localités et instruire à tous les préfets de prendre des dispositions pour éviter la réinstallation des dragues extraites », a-t-elle promis. Elle a assuré que des mesures seront prises contre ceux qui s’adonnent à la pratique. Elle a remercié le Premier ministre, ministre de l’Administration territoriale et le ministre de l’Economie et des Finances qui n’ont pas ménagé leurs efforts pour soutenir la mission de démantèlement. Le dragage consiste à extraire des matériaux qui se trouvent en profondeur de l’eau. Le cas du fleuve Bagoé consiste à extraire de l’or dans les fin fonds du fleuve. MFD/MD (AMAP)

Mali : L’orpaillage suspendu du 15 juin au 30 septembre 2025 (Ministre des Mines)

Bamako, 2 juin (AMAP) Le ministre des Mines, Amadou Keïta, a annoncé, jeudi 29 mai 2025, la suspension des activités d’orpaillage sur l’ensemble du territoire malien, du 15 juin au 30 septembre 2025, conformément à l’Arrêté interministériel du 1er juillet 2015. Dans un communiqué officiel, rendu public le 3 juin 2025 sur la page Facebook du ministère, M. Keita a appelé les autorités administratives des districts miniers, les chefferies coutumières, les organisations de presse et les exploitants des localités concernées « à collaborer pour assurer le respect strict de cette disposition pendant la période indiquée. » OS/MD (AMAP)

Cercle de Kangaba : Mission de l’ANPE pour la mise en œuvre de l’intermédiation et de promotion de l’auto emploi 

Kangaba, 02 juin (AMAP) Une mission de la Direction régionale de l’Agence nationale pour la promotion de l’emploi (ANPE) de Koulikoro, conduite par son Directeur, Ibrahima Garango, a effectué une visite de terrain et de prospection dans la Commune rurale de Nouga, dans le Cercle de Kangaba (Ouest), dans le cadre de la mise en œuvre des activités de l’intermédiation et de promotion de l’auto emploi du Plan de travail annuel 2025 de la Direction régionale de l’ANPE. Accompagné par ses chefs de service de l’intermédiation et de la promotion de l’emploi, le Directeur régional s’est rendu, précisément à Samaya et Niaouléni, sur la rive droite du fleuve Niger et à Banankoro sur le site minier de la société minière de Bagama Mining. situé sur la rive droite. A Samaya et à Niaouléni, deux localités d’orpaillage par excellence, les visiteurs ont échangé avec les autorités locales et les orpailleurs sur leurs outils de travail, les offres de services, le mécanisme de financement des projets, les revenus et les difficultés. A Banankoro, sur le site minier de Bagama Mining, le Directeur régional et sa suite ont été reçus par le chef des Ressources humaines de l’entreprise. Les échanges ont porté sur l’immatriculation des employés de la mine, le partage d’informations relatives au recrutement et les propositions sur un éventuel accompagnement dans la réalisation d’Activités génératrice de revenus (AGR) au profit des femmes et des jeunes. En organisant cette visite de prospection dans le Cercle de Kangaba, la Direction régionale de l’ANPE de Koulikoro souhaite reprendre la main dans le dispositif de l’intermédiation dans la Région. Il s’est agi de faire connaître d’avantage l’ANPE et ses missions, d’identifier et recenser les besoins des entreprises en vue de leur satisfaction, d’acquérir des offres d’emploi au profit des demandeurs d’emploi, de convaincre les entreprises sur les assises juridiques et administratives de l’intermédiation des travailleurs de l’ANPE, de communiquer sur les offres de services de l’ANPE et d’expliquer l’importance des statistiques sur l’aide à la prise de décision par les autorités compétentes. A l’issue de la visite de prospection le chef de mission et sa suite se sont dit pleinement satisfait. Selon M. Garango, cette mission a permis aux structures visitées de mieux comprendre la nouvelle vision de la Direction régionale de l’ANPE, de créer un nouveau partenariat entre l’ANPE et les entreprises nouvellement créées. Elle a permis, aussi, de pérenniser les liens de bonne collaboration avec les entreprises déjà existantes, d’identifier les différentes entreprises de la localité, d’échanger avec différents promoteurs sur leurs besoins en formation, en main d’œuvre et éventuellement en stagiaires. SD/MD (AMAP)

Kangaba : Consultation publique autour du projet minier de Jin Yuan SARL à Diourka-nord

Kangaba, 30 mai (AMAP) Une consultation publique sur l’Étude d’I]impacts environnemental et social (EIES) du projet d’exploitation de la petite mine d’or de la société Jin Yuan SARL s’est tenue, jeudi 29 mai 2025, dans la salle de délibération de la mairie de Banankoro, chef-lieu de la Commune rurale de Nouga, cercle de Kangaba. Présidée par le 2e adjoint au préfet, Drissa Konaré, la rencontre a réuni des représentants des villages de Danga et Tombola, ainsi que des autorités traditionnelles et des forces vives. « Cette consultation vise à garantir que le projet respecte les normes environnementales et sociales, tout en impliquant les communautés locales », a déclaré M. Drissa Konaré, soulignant l’importance de la transparence dans ce processus. Pour se conformer à la réglementation, Jin Yuan SARL a mandaté un consultant indépendant, Tiémoko Coulibaly, spécialiste en évaluation environnementale. « Notre objectif est d’identifier et d’évaluer les impacts positifs et négatifs du projet sur l’environnement et les populations », a expliqué M. Coulibaly. Il a détaillé les ambitions de la société, qui incluent la recherche et l’exploitation minière, le commerce général, l’import-export et le BTP. L’EIES vise à prévenir la dégradation de l’environnement, à intégrer les enjeux climatiques et à réduire les impacts négatifs des activités minières. « Nous voulons optimiser l’équilibre entre développement économique, social, culturel et environnemental, tout en associant les populations à chaque étape du projet », a ajouté le consultant. Un programme de suivi et de gestion environnementale et sociale sera également élaboré pour accompagner l’exploitation de la mine, qui couvre une superficie de 25 km² à Diourka-nord. En clôture, le 2ème adjoint au préfet a exhorté les communautés à cultiver l’entente et la solidarité pour maximiser les bénéfices du projet. « Cette mine peut être une opportunité pour le développement local si nous travaillons ensemble », a-t-il conclu. SD/OS/MD (AMAP)

Secteur minier : L’ITIE face aux réformes du secteur minier

Bamako, 29 mai (AMAP) L’Initiative pour la transparence dans les industries extractives (ITIE)a  tenu son 8ème comité de supervision sous la présidence du Premier ministre, ministre de l’Administration territoriale et de la Décentralisation, le général de division Abdoulaye Maiga qui préside ce comité. Cette session avait pour objectif de passer en revue l’effectivité de la mise en œuvre des recommandations de 2024 et d’analyser, en vue d’orientations fortes, les perspectives qui s’offrent au Secrétariat permanent et au ministère des Mines, en 2025. Le président du comité, le chef du gouvernement, Abdoulaye Maïga, a déclaré que cette session du Comité de supervision, instance suprême de mise en œuvre du processus ITIE au Mali, se tient dans un contexte particulier. En effet, elle « intervient à un moment où plusieurs dynamiques majeures structurent le secteur extractif malien. » Il a d’abord souligné « la volonté du gouvernement d’assainir le secteur minier en luttant contre la corruption, notamment à travers la mise en place d’un cadastre minier performant et moderne. » Ensuite, Abdoulaye Maiga a évoqué les réformes institutionnelles en cours, qui visent à assurer une application adéquate du Code minier de 2023 ainsi que de la loi relative au Contenu local. Par ailleurs, il a rappelé que le Conseil d’administration de l’ITIE internationale a récemment confirmé la conformité du Mali à la norme ITIE, en lui attribuant un score de 67 points, à la suite d’une évaluation ciblée. C’est dans cette dynamique que le Conseil d’administration de l’ITIE a formulé des mesures correctives, dont la mise en œuvre permettra d’améliorer significativement ce score. Ces mesures portent, entre autres, sur l’amélioration de la divulgation des licences et contrats miniers, une gestion plus rigoureuse du cadastre minier l’intégration des données du secteur artisanal dans le périmètre ITIE. Mais également sur le renouvellement et l’inclusivité du collège de la société civile ainsi que l’élaboration d’un plan de travail pluriannuel fondé sur des priorités stratégiques. Toujours selon le Premier ministre, « c’est pour répondre à ces exigences que le gouvernement du Mali a déjà entrepris plusieurs actions concrètes. » Il s’agit, notamment, de la relecture des textes de création des organes de mise en œuvre de l’ITIE, de réformes structurelles du cadastre minier pour une gouvernance plus efficace et de l’engagement de la Société civile dans un processus de renouvellement de son collège au sein du Comité de pilotage. En plus, a dit le chef du gouvernement malien, « ces efforts se traduisent par des avancées notables, telles que la levée partielle de la suspension de la délivrance des titres miniers, l’élaboration et l’adoption d’un plan d’action triennal du Comité de pilotage, ainsi que la production en cours du rapport ITIE 2024, incluant les données du secteur minier artisanal ». Ainsi, ces actions traduisent une forte volonté politique de répondre de manière concrète aux mesures correctives issues de la dernière validation. Enfin, pour Abdoulaye Maiga, au terme d’une année 2024 particulièrement dynamique, cette session du Comité de supervision constitue une occasion stratégique. Elle permettra, d’une part, de faire le point sur l’état d’exécution des recommandations issues de la septième session et, d’autre part, d’informer les membres des innovations proposées dans le cadre de la relecture des textes. Il sera également question de présenter les grandes lignes des rapports ITIE 2022-2023. « Cette session élève le débat à un niveau stratégique, en renforçant l’ancrage des principes de transparence et de bonne gouvernance dans les industries extractives du Mali » a-t-il conclu. AC/MD (AMAP)

Le Niger signe avec le Mali à Niamey des contrats d’approvisionnement en hydrocarbures

Bamako, 24 mai (AMAP) Le ministre malien de l’Industrie et du Commerce, Moussa Alassane Diallo, a conduit une mission stratégique à Niamey, du 14 au 17 mai 2025, pour signer des contrats d’approvisionnement en hydrocarbures et sécuriser la livraison de carburants au Mali, particulièrement dans ses régions septentrionales confrontées à des défis logistiques et sécuritaires, a annoncé vendredi une source officielle à Bamako. « Nous sommes ici pour établir des contrats d’approvisionnement réguliers avec la Société nigérienne du pétrole, (anciennement Société nigérienne des produits pétroliers (SONIDEP) et poser les bases d’une coopération durable dans le secteur énergétique », a déclaré M. Diallo, cité par un communiqué de son département Lors d’une séance de travail avec son homologue nigérien, Dr. Sahabi Oumarou, le ministre malien a affirmé : « Le Niger est pleinement engagé à accompagner les opérateurs maliens pour un approvisionnement sécurisé et de qualité. » Des discussions avec le ministère nigérien des Transports ont permis de coordonner les flux logistiques pour faciliter le transit du carburant vers le Nord du Mali. « Nous nous engageons à simplifier les opérations de transport routier dans le cadre de ce partenariat », a assuré le ministre nigérien des Transports. Les montants et quantités des livraisons n’ont pas été précisés. Le point culminant de la mission a été la signature de plusieurs contrats commerciaux, le 16 mai, entre la SONIDEP et des entreprises maliennes qui sont destinés à garantir un approvisionnement régulier et sécurisé du Nord malien en hydrocarbures. Cette visite s’inscrit dans la dynamique de la Confédération des États du Sahel (AES) et des orientations du Président de la Transition, le général d’Armée Assimi Goïta, pour garantir l’autonomie énergétique du Mali. ENGAGEMENTS LOGISTIQUES ET DIPLOMATIQUES – Le 14 mai, des discussions avec le ministère nigérien des Transports ont permis de coordonner les flux logistiques pour faciliter le transit des carburants vers le Nord du Mali. Le 16 mai, une audience avec le Premier ministre nigérien, Ali Mahaman Lamine Zeine, a renforcé la convergence de vues entre les deux pays. « Le Niger soutient pleinement cette démarche d’intégration économique et énergétique au sein de l’AES », a souligné le chef du gouvernement nigérien. La visite à l’ambassade du Mali à Niamey, où la délégation a été accueillie par l’ambassadeur, le colonel-major Younoussa Barazi Maïga, a mis en lumière le rôle clé de la diplomatie malienne. « Une diplomatie économique proactive est essentielle pour consolider nos acquis bilatéraux », a insisté le ministre Diallo. Le point culminant de la mission a été la signature, le 16 mai, de plusieurs contrats commerciaux entre la Société nigérienne du pétrole (SONIDEP), (anciennement Société nigérienne des produits pétroliers (SONIDEP) et des entreprises maliennes. « Ces accords garantissent un approvisionnement régulier et sécurisé en hydrocarbures, marquant une étape décisive pour l’autonomie énergétique du Mali ». Selon, le communiqué, la visite de la délégation multisectorielle malienne visait à consolider la coopération énergétique entre le Mali et le Niger. Elle comprenait des représentants de la Chambre de commerce et d’industrie du Mali (CCIM), du Conseil national du patronat du Mali (CNPM), du Conseil malien des transporteurs routiers (CMTR), de la Fédération malienne des Transitaires (FETRAM) et d’une dizaine de sociétés maliennes du secteur des hydrocarbures. La cérémonie, en présence des Ministres nigériens du Pétrole et du Commerce, a scellé ce partenariat stratégique. OS/MD (AMAP)

Devant le CNT, le Premier ministre présente un ambitieux Plan gouvernemental d’actions 2025-2026

Bamako, 19 mai (AMAP) Le Premier ministre, le général de Division Abdoulaye Maïga, a dévoilé, devant le Conseil national de Transition (CNT) à Bamako, le Plan d’action du gouvernement (PAG) 2025-2026, présenté vendredi puis soumis lundi à débat, jusque tard dans la nuit. « Chaque acte que nous posons sera marqué du sens des priorités et de la pleine conscience de l’urgence », a déclaré le Premier ministre, rendant hommage à la résilience du peuple malien et à l’héroïsme des Forces armées et de sécurité (FAMa). Il a réitéré sa gratitude au président Goïta pour la confiance accordée depuis sa nomination le 21 novembre 2024. Structuré autour de huit axes prioritaires définis par le président de la Transition, le général d’Armée Assimi Goïta, ce programme vise à consolider la refondation du Mali face à une crise multidimensionnelle. La présentation, qui a duré trente minutes, a été suivie d’une suspension de séance par le président du CNT, le général de Corps d’Armée Malick Diaw. Le PAG, inspiré des Assises nationales de la Refondation, du Dialogue inter-Maliens et de la vision « Mali Kura » pour 2063, s’articule autour de la sécurité, des réformes institutionnelles, des besoins fondamentaux, de la santé, de l’éducation, de la cohésion sociale, de la diplomatie et des élections transparentes. RESILIENCE ET LA SOUVERAINETE – Face aux menaces terroristes, le gouvernement prévoit de renforcer les FAMa avec de nouveaux équipements, la construction de camps militaires à Bougouni, Koutiala, San, Kita, Diéma et Nioro du Sahel, et le recrutement de 15 000 soldats. Un hôpital militaire à Banakoroni et un mémorial pour les héros tombés sont également programmés. « La liberté et l’indépendance ont un prix, et nous en payons un lourd tribut », a souligné M. Maïga, observant une minute de silence pour les victimes. Pour assurer la souveraineté alimentaire, le PAG ambitionne une production céréalière de 11 millions de tonnes, la distribution gratuite de 17 666 tonnes de céréales à 1,115 million de personnes vulnérables, et l’équipement de 380 exploitants agricoles. « Nous importerons 300 000 tonnes de riz et 200 000 tonnes de sucre, tout en contrôlant les prix pour juguler la cherté de la vie », a précisé le Premier ministre. Le secteur sanitaire bénéficiera de sept cliniques modulaires et d’équipements pour les centres de santé, tandis que 85 écoles et 11 lycées, dont deux d’excellence, renforceront l’éducation. Pour apaiser le climat social, le gouvernement opérationnalisera le Conseil national du dialogue social, intégrera 34 000 ex-combattants et organisera des dialogues intercommunautaires et religieux. « Ensemble, nous ferons le Malikura », a lancé M. Maïga, citant le Président Goïta. Sur le plan diplomatique, le Mali s’appuiera sur la Confédération des États du Sahel (AES) pour défendre ses intérêts, tout en valorisant les 700 milliards de Fcfa de contributions de la diaspora en 2023. Des élections transparentes seront préparées avec l’Autorité indépendante de gestion des élections (AIGE). Les réformes institutionnelles incluent le Système intégré de gestion des ressources humaines (SIGRH) et une lutte accrue contre la corruption. En conclusion, le Premier ministre a insisté sur les principes de responsabilité, de redevabilité et d’exemplarité. « Ce plan pose les bases d’un Mali souverain et uni, malgré les défis financiers et sécuritaires », a-t-il affirmé, sollicitant l’approbation du CNT. OS/MD (AMAP)

Le Programme d’Action du Gouvernement 2025-2026 adopté à l’unanimité par le CNT

Bamako, 19 mai (AMAP) Le Conseil national de Transition (CNT) a approuvé, à l’unanimité, ce lundi 19 mai 2025, le Programme d’action du gouvernement (PAG) 2025-2026, avec 128 voix pour, 0 contre et 0 abstention, lors d’une session marathon de plus de huit heures au Centre international de conférences de Bamako (CICB). « Ce PAG est la preuve d’une démocratie vivante, un socle commun, un pacte républicain qui nous engage tous », a déclaré le général Maïga en conclusion de son intervention, soulignant l’importance de l’unité nationale pour relever les défis actuels. Le Premier ministre, le général de Division Abdoulaye Maïga, a répondu à plus de 300 questions des membres du CNT, couvrant les huit axes de la lettre de cadrage présentée le 16 mai dernier. Les discussions ont porté sur des enjeux cruciaux pour le Mali, notamment la lutte contre les inondations, l’emploi des jeunes, la sécurisation des personnes et des biens, ainsi que le financement du PAG. Le président du CNT, Malick Diaw, a félicité le Premier ministre pour la clarté et la pertinence de ses réponses. « Les éclaircissements apportés par le chef du gouvernement ont répondu de manière satisfaisante aux préoccupations des membres », a-t-il affirmé. Les débats, selon lui, ont reflété l’engagement du CNT à répondre aux besoins des populations dans un contexte où le Mali joue un rôle de plus en plus affirmé sur les scènes régionale et internationale. Le Premier ministre a rendu « un vibrant hommage » aux membres du CNT pour leur sens du devoir, qu’il a qualifié de « reflet de la vitalité du processus de transition ». Il a également salué « le courage et la résilience du peuple malien » et appelé à « une union sacrée autour de nos forces de défense et de sécurité » pour consolider les acquis de la Transition. Avec cette adoption unanime, le gouvernement dispose désormais d’un cadre clair pour la mise en œuvre du PAG 2025-2026, qui vise à répondre aux aspirations des Maliens tout en consolidant la position du pays sur l’échiquier régional et international. Le général Maïga a réaffirmé son engagement « à traduire ce programme en actions concrètes pour le bénéfice de tous. » OS/MD (AMAP)

Le Premier ministre Abdoulaye Maïga detaille le Programme d’action du gouvernement

Bamako, 19 mai (AMAP) Le Premier ministre malien, Abdoulaye Maïga, a présenté, devant le Conseil national de Transition (CNT) les grandes lignes du Programme d’action du gouvernement (PAG), lundi, mettant en avant des mesures concrètes pour la gestion de la dette, la relance économique, l’assainissement, la sécurité et le développement durable. Le chef du gouvernement, qui intervenant lors des débats, après la présentation du PAG vendredi, au Centre international de conférences de Bamako (CICB), a annoncé le déblocage de 2,253 milliards de Fcfa pour apurer les dettes des fournisseurs de l’État, avec un effort supplémentaire de 1,103 milliard de Fcfa en 2024. Par ailleurs, 963 milliards de Fcfa ont été mobilisés pour les dépenses du personnel de l’État, des collectivités et des établissements publics, tandis que 194 milliards de Fcfa et 114 milliards de Fcfa ont été alloués, respectivement, aux dettes extérieure et intérieure. Un programme spécial, lancé en octobre 2024, en partenariat avec les sociétés minières, a permis d’injecter 402 milliards de Fcfa dans l’économie nationale, à travers le paiement de mandats aux fournisseurs. Ces mesures s’inscrivent dans une stratégie de mobilisation accrue des ressources intérieures et de réduction du déficit budgétaire, malgré les sanctions économiques de 2022 et le resserrement monétaire de la Banque centrale des Etats de l’Afrique de l’Ouest (BCEAO) depuis 2023. Le Premier ministre a confirmé la mise en place de l’Agence du bassin du fleuve Niger, créée par l’ordonnance n°02-049 du 29 mars 2022, pour assurer le draguage ciblé du fleuve et lutter contre la pollution. Concernant la restitution des espaces verts, un cadre juridique rigoureux, appuyé par la loi n°10-028 du 12 juillet 2010 et la loi n°2021-032 du 24 mai 2021, encadre leur protection et leur classification. Des actions d’identification et d’immatriculation des espaces verts sont en cours pour garantir leur restitution aux citoyens. À l’approche de la fête de Tabaski, prévue le 7 juin 2025, le gouvernement, via les ministères chargés du Développement rural et de la Pêche, organisera des ventes promotionnelles de béliers dans plusieurs régions et à Bamako. Avec un objectif de 34 150 béliers contre 31 000 en 2024, cette opération vise à réguler les prix, lutter contre la spéculation et garantir des revenus aux éleveurs. Sur le plan sécuritaire, le Premier ministre a évoqué des initiatives comme le Comité consultatif de sécurité et la police de proximité renforcent le lien entre les populations et les forces de défense. En matière de dialogue social, le gouvernement a honoré ses engagements avec les syndicats, notamment en payant 5,821 milliards de FCFA de droits de travail pour certaines entreprises d’État et en négociant le règlement de 18,395 milliards de Fcfa pour d’autres sociétés. Le gouvernement prévoit le démarrage des travaux du pont métallique provisoire de -Woyowayanko le 5 juin 2025, avec une ouverture au trafic fin août 2025. Concernant le transport fluvial, des projets comme le bateau-bus et la relance du transport Bamako-Koulikoro sont en cours. Pour la mobilité urbaine à Bamako, des études sont lancées pour l’acquisition d’un tramway et de bus modernes. Pour 2026, la relance économique repose sur le soutien aux entreprises, la création d’emplois via le Fonds de garantie du secteur privé et la mise en œuvre de la vision « État-stratège ». En matière d’assainissement, des campagnes de sensibilisation, le curage des caniveaux et l’augmentation des effectifs de la voirie (400 manœuvres et 250 agents) sont prévus à Bamako. Une usine de transformation des déchets, capable de traiter 1 400 tonnes par jour et de produire 40 MW d’énergie, est également à l’étude. Le gouvernement a mis en place un dispositif d’assistance pour le rapatriement des Maliens en détresse, en partenariat avec l’Organisation internationale des migrations (OIM). Des campagnes de sensibilisation contre la migration irrégulière et la création de la Maison du Malien de l’extérieur en 2018 renforcent ces efforts. Par ailleurs, 45 personnes en situation de handicap ont été recrutées lors des deux derniers concours de la fonction publique, avec des quotas prévus pour les futurs recrutements. La réhabilitation du chemin de fer Bamako-Diboli se fera en écartement standard, en coordination avec le Sénégal. La compagnie aérienne Mali Airlines avance avec la nomination d’un coordonnateur, l’ouverture d’un compte bancaire et des missions pour trouver des partenaires stratégiques. Le Premier ministre a conclu en réaffirmant l’engagement du gouvernement à répondre aux défis économiques, sociaux et sécuritaires, tout en consolidant les acquis pour un Mali résilient et prospère. OS/MD (AMAP)

Mali : Le gouvernement poursuit Barrick Mining pour la mise sous administration provisoire de la mine de Loulo-Gounkoto

Bamako, 16 mai (AMAP) Le gouvernement malien a engagé une action en justice contre la compagnie minière canadienne Barrick Mining devant le Tribunal de commerce de Bamako, réclamant la mise sous administration provisoire du complexe minier d’or de Loulo-Gounkoto. Lors d’une audience privée tenue jeudi, les autorités maliennes ont demandé la nomination d’un administrateur provisoire pour reprendre les activités de la mine, suspendues depuis janvier 2025. Ce litige, marqué par des tensions croissantes, fait suite à l’adoption d’un nouveau code minier en 2023 et à un audit réclamant 315 milliards de Fcfa d’impayés à Barrick. Les exportations d’or de la compagnie canadienne ont été interrompues en novembre 2024 après la confiscation de 3 tonnes d’or sur le site. Une décision favorable à Bamako pourrait ouvrir la voie à une nationalisation du complexe, selon des analystes. L’issue de cette audience cruciale déterminera la réouverture de la mine. OS/MD (AMAP)