Visite officielle du Président de la Transition en Russie : «verrouiller» la coopération économique maliano-russe
Envoyés spéciaux Alassane SOULEYMANE et Oumar DIOP Moscou, 22 juin (AMAP) La visite du président de la Transition, le général d’Armée Assimi Goita en Russie, du 21 au 26 juin, aura un fort accent économique. Lors de la première rencontre entre nos deux chefs d’Etat, à la faveur du sommet Russie-Afrique tenu en juillet 2023 à Saint-Pétersbourg, les deux pays ont signé un Mémorandum d’Entente relatif à la création d’un mécanisme de consultation sur la coopération économique, commerciale et d’investissements. Pour savoir le niveau de réchauffement de la coopération maliano-russe, l’on peut regarder à une échelle de base, du côté de la société civile et des chercheurs du Mali, à travers la tenue simultanée, en mars dernier, de la première édition du Forum économique international Mali-Russie au Centre international de Conférences de Bamako (CICB) et au Centre de commerce international de Moscou, à l’initiative de l’Association malienne perspective sahélienne, en collaboration avec l’Agence de presse African Initiative et la Chambre de commerce et d’industrie du Mali (CCIM). Les participants ont discuté, à ces assises, des interactions présentes et futures entre les entrepreneurs maliens et russes dans des secteurs prioritaires comme l’alimentation, l’énergie, la sécurité, la médecine et de la formation des ressources humaines. Les représentants de la Chambre de Commerce et d’Industrie de Russie et du Centre russe d’exportation y ont parlé de l’aide apportée aux exportateurs nationaux pour aborder les marchés africains. Les discussions de ce forum Mali-Russie ont été également alimentées de part et d’autre par les enseignements des multiples rencontres, visites et discussions entre Maliens et Russes au haut niveau depuis 2022, avec les premières missions ministérielles maliennes en Russie. Ce sont plusieurs délégations multisectorielles pour la plupart conduites par le ministre de l’Économie et des Finances, Alousseini Sanou, qui ont permis de conclure plusieurs mémorandums d’Entente et des Protocoles d’Accords dans divers domaines stratégiques pour le Mali. En novembre 2023, le ministre Sanou et plusieurs de ses collègues du Gouvernement ont pu trouver des points d’accords dans les domaines de la production d’énergie, mettant l’accent sur les sources d’énergies renouvelables comme les champs solaires, les centrales éoliennes. Auparavant, lors de la Semaine russe de l’énergie, tenue du 11 au 13 octobre 2023, la ministre de l’Energie et de l’Eau avait annoncé que le Mali et la Russie ont paraphé un accord historique dans le domaine du nucléaire civil, à travers un mémorandum entre Rosatom (la société publique russe de l’énergie atomique) et le Mali, relatif à l’utilisation de l’énergie nucléaire à des fins pacifiques. Le mémorandum russo-malien met l’accent sur l’enjeu stratégique du développement de l’infrastructure nucléaire pour le Mali. Des discussions poussées sur le plan des hydrocarbures, des céréales et des intrants agricoles ont vu la Russie se hisser à des niveaux de fourniture élevés : 60 000 tonnes d’hydrocarbures et 25 000 tonnes de blé, 35 000 tonnes d’engrais d’une valeur de 100 millions de dollars (environ 60 milliards de Fcfa), selon le ministère de l’Economie et des Finances du Mali. PROJETS MINIERS CONJOINTS – Lors d’une mission gouvernementale malienne, en mai 2023, les deux parties ont convenu, en ce qui concerne le transport ferroviaire, la fourniture de 03 locomotives neuves et la réparation de 02 autres à travers la fourniture de pièces de rechange. C’était par accord conclu avec la société russe Trading House STM qui appartient à Sinatra Transport Machine. Dans l’autre sens, Bamako a également connu un ballet de diplomates de haut niveau et d’entrepreneurs russes. Comme souligné plus haut, à la faveur des échanges entre les deux chefs d’Etat à Saint-Pétersbourg, sur proposition de la Russie, il a été décidé la mise en place de la Commission inter-gouvernementale sur la coopération commerciale, économique, scientifique et technique entre le Mali et la Russie. Elle devrait permettre de consolider le cadre de coopération économique et commerciale et favoriser les liens entre les entreprises maliennes et russes. La première session du Groupe de travail sur la coopération économique, commerciale, et d’investissement entre la République du Mali et la Fédération de Russie, tenue les 16 et 17 avril 2025 à Bamako, a permis de s’accorder davantage sur les projets structurants, notamment l’accord sur l’énergie nucléaire à des fins pacifiques, des partenariats industriels (KAMAZ, UAZ), des projets miniers conjoints, et un appui à la numérisation de l’administration malienne. La visite du vice-Premier ministre de la Russie, Alexandre Novak, en novembre 2024 à Bamako, s’est soldée par d’importants engagements et une volonté commune d’accélérer la mise en œuvre des projets structurants. Un mois auparavant, le président de la Transition avait reçu une délégation russe dans la capitale malienne. Les sujets discutés ont porté, entre autres, sur la construction d’une raffinerie d’or, l’approvisionnement en produits pétroliers et la création d’une usine de transformation du coton. A l’issue de l’audience, Irek Salikhov, président du Conseil d’administration du groupe pétrolier russe Yadran Oil, a indiqué que des accords ont déjà été passés sur les grandes lignes de la coopération bilatérale, que la rencontre avait permis d’aborder les aspects techniques en vue de finaliser les accords. Et que sa délégation repartait « très satisfaite » de cette audience avec le président de la Transition. Sur la suite donnée aux discussions lors de cette audience, il faut noter que la promesse de la raffinerie a été tenue, avec la pose de la première pierre par le Chef de l’Etat, le 16 juin dernier à Sénou, en partenariat avec la Société Yadran. Comme l’a affirmé le président Goïta, le Mali et la Russie ont « verrouillé» leur partenariat sur le plan de la Défense et de la Sécurité, reste à passer à la vitesse Grand V dans le domaine économique. La rencontre entre les deux Chefs d’Etat, ce lundi, au Kremlin devrait, si ce n’est de verrouiller, permettre de « bétonner » la coopération économique déjà stratégique entre deux Etats engagés à construire ensemble un monde multipolaire de paix et de développement solidaire. AS/MD (AMAP)
Le général d’Armée Assimi Goïta est arrivé à 10h30 locales à l’aéroport international de Moscou
Envoyés spéciaux Alassane SOULEYMANE et Oumar DIOP Moscou, 22 juin (AMAP) L’avion du président de la Transition, le général d’Armée Assimi Goïta, a atterri à 10h30 locales à l’aéroport international de Moscou, en Fédération de Russie, où le chef de l’Etat malien entame, ce dimanche 22 juin 2025, une visite officielle de cinq jours, a constaté l’AMAP sur place. Lundi 23 juin 2025, il aura un tête-à-tête avec son homologue russe, Vladimir Poutine. Une rencontre élargie aux deux délégations est prévue à la suite, de même que la signature de plusieurs accords de coopération. Cette visite s’inscrit dans le cadre du renforcement des relations bilatérales stratégiques entre le Mali et la Russie ainsi que la diversification des partenariats. Elle fait suite à une invitation du président Vladmir Poutine, dans le cadre du renforcement des relations bilatérales stratégiques entre le Mali et la Russie, ainsi que de la diversification des partenariats. La visite est présentée comme une confirmation de l’excellente santé des relations entre nos deux pays. « Premier déplacement du Chef de l’État dans le cadre des relations bilatérales avec la Russie, depuis sa prise de fonction en mai 2021, cette visite officielle est une étape importante dans le renforcement des relations entre le Mali et la Russie. AS/MD (AMAP)
Kéniéba : Les orpailleurs créent une Société coopérative simplifiée pour moderniser le secteur
Kéniéba, 21 juin 2025 (AMAP) Les orpailleurs du Cercle de Kéniéba (Ouest) ont créé, jeudi, une Société coopérative simplifiée des orpailleurs du Mali Nieta, dans le cadre de la modernisation de leur secteur, a constaté l’AMAP sur place. La rencontre de mise en place de la coopérative, qui s’est tenue au Carrefour des jeunes de Kéniéba, sous la présidence de Assaleh Ag Rhissa représentant du préfet, rentre dans le cadre de l’information et de la sensibilisation des orpailleurs membres de la Société coopérative simplifiée des orpailleurs du Mali Nieta. Cela « à travers la prise de décisions courageuses et novatrices pour la préservation de notre environnement et l’exploitation aurifère » qui a connu des accidents ayant défrayé la chronique. La Société coopérative simplifiée des orpailleurs du Mali Nieta, à sa tête, Aliou Dembelé, et une forte équipe, vise à aider ses membres à accéder aux sites d’orpaillage ; approvisionner les membres en équipement d’orpaillage; les aider à améliorer les conditions de production, de transformation et d’écoulement de leurs produits; améliorer la situation socio-économique des membres; promouvoir l’esprit coopératif; défendre les intérêts des membres et lutter contre la pauvreté par l’entre-aide, entre autres. Pour l’occasion, le chef service du Développement social et de l’économie solidaire, Benjamin Coulibaly, a, dans intervention, donné une définition claire d’une Société coopérative, en mettant en exergue son importance, ses différents types et leurs procédures de mise en place. Les participants ont débattu du thème de « L’importance des Coopératives dans l’organisation des orpailleurs et le développement des orpaillages » Prenant successivement la parole, le président du Conseil local de la Société civile de Kéniéba, Mamadou N’fa Kouyaté, et le représentant du préfet, Assaleh Ag Rhissa, après avoir fait observer une minute de silence en la mémoire des braves soldats maliens tombés sur le champ d’honneur, ont remercié les initiateurs de cette Société coopérative simplifiée qui « vient à point nommé, à un moment où les hautes autorités, à leur tête le général d’armée Assimi Goïta, ont pris les taureaux par les cornes » Des questions-réponses enrichissantes ont mis fin à cette journée. MFS/MD (AMAP)
Barrage hydroélectrique de Sélingué : Le ministre Diané inspecte les travaux de réhabilitation
Bamako, 21 juin (AMAP) Le ministre de l’Énergie et de l’Eau, Boubacar Diané, s’est rendu, jeudi, au Barrage hydroélectrique de Sélingué pour s’enquérir de l’état d’avancement des travaux de réhabilitation de cet ouvrage mis en service dans les années 1980. « Une seule turbine est actuellement en maintenance décennale. Les autres fonctionnent, mais pas toujours à la performance souhaitée, en raison de nombreux paramètres », a déclaré M.Diané. À l’issue de la visite, le ministre de l’Energie et de l’Eau a indiqué qu’un entretien décennal des turbines est nécessaire pour assurer la longévité de l’infrastructure. Il a souligné le rôle crucial de ce barrage dans le plan énergétique national. Selon lui, la réhabilitation complète des turbines et des infrastructures de génie civil permettrait d’améliorer considérablement la fourniture d’électricité dans le pays. Sur le site, deux grands chantiers sont actuellement en cours : la réhabilitation des groupes électrogènes et du contrôle-commande de la centrale, ainsi que les travaux de réhabilitation du génie civil. Accompagné de plusieurs personnalités, dont le Directeur général d’Énergie du Mali (EDM), Abdoulaye Djibril Diallo, le ministre a échangé avec les techniciens sur place et réaffirmé l’importance de cette infrastructure dans l’approvisionnement en énergie du Mali. Le ministre Diané a, également, salué le dévouement du personnel. « Nous sommes très heureux de voir que les travailleurs sont bien motivés. Avec les moyens du bord, ils s’attellent vraiment à la tâche de maintenir ce barrage en vie. Il faut dire qu’il date de longtemps. Mais grâce au dévouement, au courage et à la ténacité des travailleurs, nous parvenons à le maintenir dans un état acceptable», a-t-il déclaré, avant d’ajouter que des efforts seront faits pour moderniser la centrale et augmenter sa capacité afin de mieux répondre aux besoins en énergie. Selon lui, dans sa vision qui consiste à améliorer l’existant, la réhabilitation de l’ensemble des centrales pourrait contribuer à réduire le délestage. « Ce n’est pas seulement une question de production, il y a, aussi, le problème du réseau à résoudre. Même si nous avons de l’électricité aujourd’hui, si nous ne pouvons pas l’évacuer, cela ne sert à rien », a affirmé le ministre en charge de l’Energie. Un point soulevé par le ministre concerne l’utilisation du pont du barrage par de gros camions. « Ce passage n’est pas adapté à un trafic aussi lourd. J’ai été interpellé à ce sujet. J’en discuterai avec le maire et ma collègue des Transports afin de réduire la fréquence de passage et préserver l’infrastructure », a-t-il confié. Pour mémoire, la construction du barrage de Sélingué a débuté en 1976 pour s’achever en 1981. Il dispose d’une capacité de production de 46 mégawatts répartie sur quatre turbines de 11,5 MW chacune. Le barrage alimente en électricité non seulement la capitale Bamako, mais, également, les villes de Ségou (Centre), Sikasso (Sud) et Fana, près de Bamako. Avec un débit de 2,2 milliards de m³, Sélingué assure environ 10 % de la production énergétique nationale. AG/MD (AMAP)
PMU-Mali offre une centaine de lampadaires solaires à l’Université de Ségou pour 15 millions de Fcfa
Ségou, 19 juin (AMAP) La société du Pari mutuel urbain du Mali (PMU-Mali) a offert, lors d’une cérémonie, jeudi, une centaine de lampadaires solaires à l’Université de Ségou, d’un coût de 15 millions de Fcfa, ces lampadaires solaires destinés à offrir un meilleur cadre d’apprentissage aux étudiants, a constaté l’AMAP. Prenant la parole, le représentant du maire de la Commune rurale de Sébougou, Sékou Coulibaly a salué ce geste symbolique du PMU-Mali envers l’Université de Ségou. M. Coulibaly a exhorté la communauté universitaire à faire un bon usage des équipements reçus. De son côté, le recteur par intérim de l’Université de Ségou, Dr Mory Sidibé, a déclaré que « ces lampadaires solaires permettront, sans nul doute, de lutter contre l’insécurité à travers l’éclairage de la cour et des voies d’accès de l’Université de Ségou malgré les coupures d’électricité. » « Au-delà de l’aspect sécuritaire, les calendriers académiques pourraient se dérouler normalement, car on pourrait envisager les doubles et triples vacations et cela permettra de réduire les baux. L’Université de Ségou vous dit merci pour ce geste inoubliable », a indiqué Dr Sidibé. Il a souligné que l’enseignement supérieur est un espace de lutte contre l’obscurité sous toutes ses formes. « PMU-Mali dans ses actions sociales, vient encore de prioriser l’éducation et la recherche qui sont incontournables pour le développement de toute nation », a dit le recteur par intérim de l’Université de Ségou, avant d’ajouter que ce geste permettra aux 17 000 étudiants de l’Université et au personnel enseignant de poursuivre leurs activités en toute tranquillité. D’après le directeur général du PMU-Mali, Fassery Doumbia, l’entreprise, à travers cette donation, entend améliorer les conditions de travail et renforcer la quiétude au sein de l’Université de Ségou. « Ensemble sur tous les fronts, nous devons conjuguer nos efforts pour bâtir notre pays et atteindre la souveraineté », a-t-il affirmé Fassery. Pour sa part, le conseiller aux Affaires économiques et financières du gouverneur de la Région de Ségou, Yamadou Keïta, qui a présidé la cérémonie de réception, a adressé ses remerciements à l’entreprise PMU-Mali pour son rôle déterminant dans l’amélioration des conditions d’études à l’Université de Ségou. « Désormais, la cour et les alentours de l’établissement seront illuminés », s’est-il réjoui. La cérémonie a été marquée par le lancement de l’installation des lampadaires solaires. MS/MD (AMAP)
Le président de la Transition malienne attendu en visite officielle à Moscou ce samedi
Envoyés spéciaux Alassane SOULEYMANE et Oumar DIOP (photos) Moscou, 20 juin (AMAP) Le président de la Transition, le général d’Armée Assimi Goïta effectuera, du 21 au 26 juin 2025, une visite officielle en Fédération de Russie, sur invitation de son homologue russe, le président Vladmir Poutine, dans le cadre du renforcement des relations bilatérales stratégiques entre le Mali et la Russie, ainsi que de la diversification des partenariats. Cette visite est présentée comme une confirmation de l’excellente santé des relations entre nos deux pays. « Premier déplacement du chef de l’État dans le cadre des relations bilatérales avec la Russie, depuis sa prise de fonction en mai 2021, cette visite officielle est une étape importante dans le renforcement des relations entre le Mali et la Russie. Le Président de la Transition avait également réservé à la Fédération de Russie son premier déplacement hors des frontières nationales, à l’occasion de sa participation au 2e Sommet Russie-Afrique, tenu à Saint-Pétersbourg du 27 au 30 juillet 2023 », précise une note d’information des services de la Présidence malienne. La note relève le lien important de cette visite avec la présidence de la Confédération AES assurée par le Mali. C’est surtout une occasion de haute portée diplomatique. C’est la première fois que le président Goïta sera face à son homologue russe dans un cadre purement bilatéral. Il y a deux ans, les deux dirigeants se sont remncontrés, pour la première fois, dans un cadre multilatéral, à l’occasion du sommet Russie-Afrique les 27 et 28 juillet 2023, à Saint-Pétersbourg. En marge, les deux parties ont signé un « Mémorandum d’Entente relatif à la création d’un mécanisme de consultation sur la coopération économique, commerciale et d’investissements ». Les deux chefs d’État ont pu jauger le niveau d’estime réciproque et passé en revue l’état des relations bilatérales, à un moment où le Mali connaissait une agression accrue des groupes armés terroristes et la mise en œuvre complexe du défunt Accord pour la paix et la réconciliation, issu du processus d’Alger. Deux ans après Saint Pétersbourg, les présidents Goïta et Poutine auront l’occasion, dès ce samedi, de faire un large tour d’horizon de tous les secteurs de coopération entre nos deux pays, notamment la défense, la sécurité, l’économie, l’éducation, les technologies. En vue d’affermir les liens politiques, diplomatiques, économiques, il est attendu la signature de plusieurs accords dans les domaines prioritaires : énergie, économie, défense, enseignement supérieur, culture, agriculture ou encore des nouvelles technologies de la communication. Sur le plan multilatéral, les relations entre la Fédération de Russie et la Confédération des États du Sahel (AES) sera également au menu. On se rappelle, à l’invitation du gouvernement de la Fédération de Russie, la première session des consultations des ministres des Affaires étrangères de la Confédération des États du Sahel (AES) et de la Fédération de Russie s’est tenue à Moscou le 3 avril 2025. Dans le domaine de la sécurité et de la défense, les Parties russe et confédérale ont convenu d’établir un partenariat stratégique pragmatique et solidaire. Elles ont, également, exprimé leur engagement pour intensifier la lutte contre le terrorisme et l’insécurité sous toutes ses formes dans l’espace AES. De part et d’autre, les visites de travail au niveau technique, stratégique et diplomatique se sont multipliées. Le vice-Premier ministre russe, Alexandre Novak, a séjourné à Bamako, le 28 novembre 2024 et les 3 et 4 avril 2025, le ministre des Affaires étrangères et de la Coopération internationale, Abdoulaye Diop, s’est rendu à Moscou, avec ses deux homologues de la Confédération AES pour discuter avec le Chef de la diplomatie russe, Serguei Lavrov. ENJEUX ET ATTENTES – Le lundi 16 juin dernier, s’adressant à la presse à l’issue de la pose de la première pierre de la raffinerie d’or à Sénou, le président Goïta a rappelé l’esprit qui anime son homologue russe et lui-même, sur le rythme à imprimer à la coopération entre les deux pays. Du point de vue des deux dirigeants, le partenariat sur le plan sécuritaire étant déjà en place, il faut, désormais, mettre l’accent sur la coopération économique. La présence du groupe russe Yadran comme partenaire stratégique et investisseur sur le projet de raffinerie atteste de cette trajectoire, à la veille de cette visite d’État du président malien en terre russe. Dans le domaine économique et commercial, des actions significatives ont déjà été posées et qui fondent l’espoir en un avenir prometteur. Livraisons de blé, d’engrais, d’hydrocarbures et d’huile de tournesol ont ouvert la voie d’une coopération économique mutuellement avantageuse. Dans le sillage de cette visite présidentielle, la coopération dans des secteurs stratégiques tels que l’énergie, les transports, l’agriculture, les infrastructures et l’exploitation minière sera davantage explorée, comme une suite de la visite du vice-Premier ministre russe en novembre dernier. Les deux gouvernements mettront à profit cette nouvelle opportunité diplomatique pour réfléchir à la mise en place d’un mécanisme de paiement direct entre les institutions bancaires maliennes et la Banque centrale de Russie, pour promouvoir le développement des investissements russes au Mali, le transfert de technologies pour la digitalisation de l’administration fiscale et pour poursuivre le renforcement de la coopération militaire, notamment par l’examen de solutions alternatives pour les paiements des équipements. Autant de leviers qui encourageront Maliens et Russes à rendre effective l’opérationnalisation de la Commission intergouvernementale sur la coopération commerciale, économique, scientifique et technique. Au plan de la coopération sécuritaire et militaire, l’ambassadeur du Mali à Moscou, Seydou Kamissoko, a participé, jeudi, à la sortie de promotion de militaires maliens en formation en Russie. À Bamako, la prise de fonction de l’Attaché de Défense à l’ambassade de Russie et l’entrée en vigueur de l’Accord de coopération militaire en janvier 2025 sont des preuves du dynamisme de cette coopération exemplaire et enviée sous d’autres cieux. Le Mali et la Fédération de Russie sont engagés, dans un partenariat, à la construction d’un monde plus juste, multipolaire et orienté vers le respect des souverainetés des Etats, dans tous les domaines, dans une conjoncture géostratégique de sanctions et ou d’hostilités AS/MD (AMAP
Effondrement dans une mine chinoise à Bétéya (Kayes) : Plusieurs morts présumés (Source locale)
Kayes, 17 juin (AMAP) Un puits d’or situé dans une mine exploitée par une compagnie chinoise s’est effondré le 16 juin 2025, vers 21 heures dans le village de Bétéya, à environ 10 km de Sitakily, chef-lieu de la Commune, a appris l’AMAP de source locale. « Les recherches et les actions de sauvetage sont en cours, mais nous ne pouvons pas encore confirmer le nombre exact de victimes », a déclaré cette source. Selon les premières estimations, l’incident a causé la mort d’environ quatre personnes, bien que ce bilan reste à confirmer. Les opérations de sauvetage sont compliquées par la présence d’une importante quantité d’eau dans la mine, rendant l’accès difficile. Les effondrements sont fréquents dans les zones minières du Cercle de Kéniéba, dans l’Ouest du Mali où les conditions de travail sont souvent précaires. La nouvelle de ce drame s’est propagée dans l’après-midi du 17 juin, vers 16 heures. De nombreux orpailleurs travaillent la nuit sur ces sites, généralement fermés pendant une bonne partie de la saison des pluies. Les autorités locales et les équipes de secours poursuivent leurs efforts pour évaluer l’ampleur de la catastrophe et porter assistance aux éventuelles victimes. OS/MD (AMAP)
Construction d’une nouvelle raffinerie d’or au Mali : L’État détiendra 62 % du capital social
Bamako, 16 juin (AMAP) Le projet de raffinerie d’or, en partenariat entre le Mali et la société russe Yadran qui s’est associé avec Swiss Investment Company, prévoit une participation de 62 % pour l’État malien dans le capital social, a annoncé, lundi à Bamako, le président de la société russe, Irek Salikhov Dans une intervention, lors de la pose de la première pierre de l’infrastructure, Irek Salikhov a précisé que « l’objectif est de maintenir une plus grande partie des bénéfices dans le pays, afin de renforcer la résilience économique du Mali. » La nouvelle usine de raffinerie d’or du Mali sera construite sur une superficie de 5 hectares à Sénou, en en périphérie de la capitale Bamako. Le lancement officiel des travaux de construction a eu lieu ce lundi, sous la présidence du général d’Armée Assimi Goïta, président de la Transition, en présence de Partenaires techniques et des membres du gouvernement, a constaté l’AMAP. « Tout d’abord, la pose de la première pierre de l’usine de raffinage d’or du Mali d’une capacité de 200 tonnes est la suite logique des recommandations des Assises nationales de la refondation (ANR) au cours desquelles le peuple malien a demandé à ce que l’or du Mali brille pour les Maliens », a rappelé le général d’Armée Assimi Goïta/ Il a aussitôt ajouté que : le plus important est que la nouvelle usine d’affinage d’or sera la seule entité à affiner l’or de toutes les sociétés minières installées au Mali. » En cette occasion, le ministre des Mines, le Pr Amadou Keïta, a déclaré que « cette pose de la première pierre marque un moment important dans la concrétisation des aspirations légitimes du peuple malien pour une industrie minière au service du développement national. » Selon lui, cette initiative répond également « à la volonté de souveraineté retrouvée, car avec cette raffinerie, le Mali pourra, enfin, contrôler toute sa production aurifère. » Le ministre Keïta a précisé que « cette raffinerie a été pensée dès le départ pour répondre aux standards des grandes installations internationales. » « Grâce au partenariat avec Yadran et Swiss Investment Company, le Mali sera doté d’une usine moderne, fonctionnelle et équipée des technologies de pointe les plus récentes », s’est-il félicité. Amadou Keita a, également, souligné que « ce partenariat ne se limite pas à la construction. » « Il inclut la maintenance des équipements, le renforcement des capacités des cadres, et un accompagnement pour les certifications futures », a-t-il révelé. Pour sa part, la secrétaire générale de la mairie de la Commune VI, Mme Coulibaly Salimata Traoré, a indiqué que ce projet aura un impact positif, à la fois au niveau national et local. Elle a, notamment, évoqué « la création d’emplois directs et indirects, la réduction du chômage des jeunes, ainsi qu’un dynamisme accru pour le commerce et les services. » « Cette initiative, selon Mme Coulibaly Salimata Traoré, représente aussi une opportunité de formation pour la jeunesse et une occasion, pour l’administration locale, de maximiser les retombées économiques, financières et sociales. » La cérémonie s’est déroulée en présence de plusieurs ambassadeurs accrédités au Mali, des légitimités traditionnelles et des responsables de secteur minier. MMD/MD (AMAP)
Zone Uemoa : Comment financer le développement autrement ?
Envoyé spécial Cheick Moctar TRAORE Lomé, 12 juin (AMAP) La 1ère édition des BOAD development days, qui se tient du 12 au 13 juin, démarré, jeudi, à Lomé sous le thème : «Le financement de la transition énergétique et de l’agriculture durable : défis, opportunité et solutions». Dans la capitale togolaise, professionnels, leaders et experts dans les domaines de l’agriculture et de l’énergie discutent des défis, opportunités et solutions pour l’accès universel à l’électricité face aux exigences de la transition énergétique. Ils se penchent aussi sur le rôle de l’agro-industrie comme levier de souveraineté alimentaire dans l’Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA). « Parmi les défis auxquels nos pays sont confrontés, figurent les chocs externes, les défis climatiques, la crise sécuritaire, la sécurité alimentaire, l’accès à l’énergie, l’industrialisation et la création d’emplois décents pour une jeunesse de plus en plus nombreuse », a fait noter le ministre togolais de l’Economie et des Finances, Essowè Georges Barcola. Après avoir souhaité la bienvenue aux 200 délégués des huit pays de notre zone à cet rencontre inédite, M. Barcola a, pour espérer relever ces défis, attiré l’attention sur l’urgence « d ’innover, de collaborer et de mutualiser nos efforts. » « Cela, a-t-il insisté, conformément à l’objectif de ces journées : créer un espace de dialogue constructif entre les gouvernements, le secteur privé, la société civile et les partenaires au développement. » Véritablement il s’agit de repenser les modèles de financement du développement, d’identifier des solutions innovantes et d’opportunités de financement dédiées à la sécurité alimentaire et à la transition énergétique. En la matière, le président de la BOAD a préconisé d’impliquer davantage le secteur privé dans l’offre de produits alimentaires et d’énergie. Cela compte tenu, selon lui, des besoins importants d’investissement de nos Plans nationaux de développement. Concernant les Institutions financières de développement (IFD) et les Banques multilatérales de développement (BMD), Serge Ekué a suggéré de leur permettre de jouer pleinement leur rôle contra-cyclique et catalytique, etc. Il a préconisé de promouvoir de nouvelles approches de financement, ainsi que les partenariats et les bonnes pratiques. Pour les États membres, il a demandé de poursuivre l’assainissement du cadre macroéconomique à travers notamment la mise en oeuvre de mesures et réformes incitatives visant une plus grande attraction de l’investissement privé dans l’agriculture et l’offre d’énergie. L’ancien Premier béninois, Lionel Zinzou, a, lui, expliqué comment « financer le développement autrement ». Selon lui, l’Afrique subsaharienne doit profiter de ses performances économiques qui sont parmi les meilleures au monde. Il s’agit, notamment, du taux de croissance, de la faible inflation, de la valorisation croissante de son foncier, de la jeunesse de sa population… « En effet, a-t-il argumenté, le mode d’octroie de crédit en vigueur dans nos pays exclut le secteur privé dont le niveau de financement tourne autour de 11% du Produit intérieur brut (PIB), contre plus de 100% en Chine et 60% en Europe. » Il a insisté sur le financement des logements des ménages. L’ancien Chef du gouvernement du Bénin a demandé de financer la production de l’énergie fossile au regard du fait que la contribution du continent à la pollution mondiale est marginale. Pour lui, le secteur bancaire mérite d’être soutenu avec des financements locaux surtout avec « le départ de certains partenaires qui ne veulent plus rester ». « Avoir des institutions financières qui prennent leurs décisions à Bamako, Lomé, à Cotonou est extrêmement important », a insisté Lionel Zinzou. Avant de demander de mettre à profit la digitalisation du cadastre, des factures… pour imposer le secteur informel qui représente près de 50% de notre Pib. Les ministres maliens chargés de l’Energie, Boubacar Diané et de l’Agriculture, Daniel Siméon Kelema, prennent part aux travaux. Ce dernier interviendra demain en qualité d’expert. CMT/MD (AMAP)
Transformation économique de nos Etats : La BOAD prône de faire de l’énergie le secteur moteur
Envoyé spécial Cheick Moctar TRAORE Lomé, 12 juin (AMAP) La Banque ouest-africaine de développement (BOAD) promet de faire de l’accès des populations à l’énergie durable et moins chère (toutes sources confondues) le moteur de la transformation économique de notre sous-région, a annoncé, mercredi, à Lomé, Serge Ekué, le président de l’institution de financement du développement dans l’espace de l’Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA). M. Ekué intervenait, au siège de la Banque, lors d’une conférence de presse avec les journalistes du Club de la presse de laBOAD et des confrères togolais, en prélude de l’ouverture de la 1ère édition de « BOAD Development Days», qui se tient dans la capitale togolais, du jeudi 12 au vendredi 13 juin 2025. Selon lui, « l’objectif est de faciliter et accélérer la transformation des produits agricoles et les matières premières de la sous-région, afin d’assurer l’autosuffisance alimentaire, d’ajouter de la valeur, de créer des millions d’emplois pour les jeunes et des recettes pour les Etats, à travers taxes et impôts générés. » Le portefeuille qui était alloué à l’énergie devrait alors croître considérablement de 25 à 50%. Ce changement de cap, selon Serge Ekué, très volontaire, fait suite à une prise de conscience. « Un mauvais diagnostique avait, a-t-il déploré, amené la sous-région a considéré l’énergie comme un secteur parmi tant d’autres. » « Quelle erreur ! L’énergie n’est pas un secteur. On ne peut pas mettre l’énergie au même niveau que les autres secteurs », a insisté le président de la BOAD qui a motivé ce choix : « L’énergie, c’est la mère de toutes les batailles. « Il ne peut y avoir d’agriculture sans énergie. Il ne peut y avoir d’immobilier ou d’infrastructures de mobilité sans énergie. Il ne peut y avoir de santé ni d’éducation sans énergie. Donc, l’énergie, c’est l’Alpha et l’Oméga de tout », a-t-il soutenu. D’où la volonté de la Banque de développement sous régionale, selon lui, de faire de la question énergétique « le cœur de (son) action ». Toute chose qui justifie le choix du thème de cette rencontre de deux jours : « le financement de la transition énergétique et de l’agriculture durable : défis, opportunités et solutions ». « Pour y arriver, a déclaré M. Ekué, il s’avère important de dépasser le débat relatif aux sources d’énergie afin de recentrer la réflexion et les financements sur les mécanismes à explorer pour améliorer l’accès des populations à l’énergie et à l’électricité. » « Une fois de plus, quand on sait que la moitié de nos concitoyens n’ont pas accès à la moindre source d’énergie, vous comprendrez que la priorité n’est pas la source d’énergie. La priorité, c’est l’accès à l’énergie », a-t-il argumenté. Une fois ce préalable réussi, la question de la transition, celle de la croissance durable, de l’énergie renouvelable suivront, a expliqué le patron de la BOAD, précisant que tout sera mis en œuvre pour trouver le juste équilibre entre « le brune et le vert » en vue de l’atteinte du mixte énergétique. L’énergie brune ou « brown power » est un terme inventé pour décrire l’énergie produite à partir de sources polluantes, par opposition à l’énergie verte issue de sources renouvelables et non polluantes. DEFIS ENERGETIQUES – La BOAD prévoit, pour ce faire, une enveloppe conséquente dont le montant est en cours de validation, selon ses experts. Son président promet, également, de mobiliser tous les partenaires et financements verts disponibles pour soutenir nos Etats et le secteur privé dans le cadre du partenariat public-privé. Cette réorientation de la politique de développement intervient dans un contexte de découverte ou de mise en service d’abondantes sources énergiques dans la sous-région, notamment du pétrole et du gaz au Sénégal, en Côte d’Ivoire, au Niger… « Au même moment nos pays sont confrontés à des défis énergétiques et alimentaires sans précédent. » Aussi les tarifs pratiqués dans la sous-région sont parmi les plus élevés en Afrique et au monde. Ce changement de cap peut alors être un tremplin pour le Mali pour résoudre durablement la question énergique qui est en train de plomber tous les efforts et acquis en matière de développement. Ces questions ont été récemment abordées entre le Premier ministre du Mali et le président de la BOAD, lors d’une visite à Bamako le 9 mai dernier. Les échanges avec le général de division Abdoulaye Maïga ont porté sur la vision « Mali kura 2063 » ainsi que la Stratégie nationale pour l’émergence et le développement durable (SNEDD) 2024-2033, qui s’inscrivent dans les objectifs de la Banque. Il s’agit, notamment, de l’Autosuffisance alimentaire, de la Santé, de l’Education, et surtout de l’Energie, avec une volonté d’accélérer les efforts dans ce secteur stratégique. Quant à l’Agriculture qui occupe plus de 60% de la population active, les interventions ont porté sur sa professionnalisation qui, selon les experts, est nécessaire pour réussir une transformation durable afin d’assurer l’autosuffisance alimentaire. En la matière, la gestion et la maitrise de l’eau sont essentielles. Toute chose qui permettra de mettre en valeur les millions de terres arables dont regorgent le continent et la sous-région. La sensibilisation et la formation des paysans et des entrepreneurs agricoles sont indispensables. À ce jour, le portefeuille actif de la BOAD au Mali comprend 22 projets pour un montant total, en termes d’accords signés, de 377,147 milliards de Fcfa. Ces projets concernent, principalement, le secteur des Infrastructures routières avec six projets pour un montant engagé de 109,647 milliards de F Cfa, celui de l’Energie et de l’Eau avec sept projets pour un montant engagé de 124,500 milliards de Fcfa, le secteur de l’Agriculture avec huit projets pour un montant engagé de 118 milliards de Fcfa, et le secteur des Logements sociaux avec un projet pour un montant engagé de 25 milliards de Fcfa. CMT/MD (AMAP)

