Transport en bus universitaires : L’odyssée des étudiants

Par Jessica Khadidia DEMBÉLÉ Bamako, 31 oct (AMAP) Mardi 11 octobre, il est environ 6 heures, notre équipe de reportage en route pour la Cité universitaire sur la colline de Badalabougou, en Commune V, constate une file indienne devant la Faculté d’histoire et géographie (FHG). Certains étudiants font le choix de venir avant l’aube pour ne pas rater le premier bus programmé pour 6h30. A l’heure indiquée, ceux-ci commencent à embarquer, en montrant chacun la carte de transport au contrôleur. Les bus universitaires sont gérés par le Centre national des œuvres universitaires (CENOU). Les premiers ont été offerts en 2001 par l’ancien président, feu général Amadou Toumani Touré. Au total, 12 bus sont opérationnels à Bamako et font la navette, les jours de cours, entre la colline de Badalabougou et la Cité universitaire de Kabala. A.T, étudiant à la Faculté des lettres et sciences du langage (FLSL) de Kabala, habite à Yirimadio en Commune VI. Il s’est réveillé à 4h30 pour pouvoir embarquer dans le premier bus. Pourtant, il n’aura pas la chance de trouver l’une des 70 places assises. Le car, rempli à moins de 5 mn, se met en route pour Kabala et l’étudiant, comme bien d’autres camarades, est contraint de rester debout jusqu’à destination. Ceux qui n’ont pas pu monter attendent le départ du deuxième bus à 7h. Le trajet se fait sur fond de musique comme pour adoucir le trajet. La fatigue est perceptible sur chaque visage. « Le véhicule date de 2006 », selon un passager. Il n’offre plus les commodités. Les espaces entre les sièges sont réduits, laissant peu de places aux mouvements des jambes. Les sièges sont poussiéreux et en mauvais état. «En période de canicule, on étouffe dedans», déplore A.T. Le bus est plein à craquer, mais freine après quelques minutes à l’arrêt devant ud lycée public de Kalabancoro pour embarquer d’autres étudiants qui attendaient sur place. Les nouveaux passagers doivent jouer des coudes pour se faire une place. Certains étudiants désemparés semblent avoir perdu la notion du temps et demandent l’heure parce que les cours commencent à 8h.   ÉPUISÉS – Kabala, c’est la porte d’à côté. Mais le mauvais état de la route fait que le trajet devient un vrai parcours du combattant pour les étudiants. Ceux-ci vivent quotidiennement ce calvaire de secousses et accusent très souvent un retard sur le démarrage des cours. Aliou Bah, chirurgien-orthopédiste et traumatologue à l’hôpital Mère-enfant ou Luxembourg, explique que rouler sur une route en mauvais état peut agir sur le corps à plusieurs niveaux. «Les  secousses peuvent entrainer de microtraumatismes qui, s’ils se répètent, vont  causer un désordre au niveau du dos depuis le bas de la tête jusqu’au niveau des fesses. Cela peut aussi entrainer des problèmes de dos», explique le spécialiste. Après un arrêt du bus au Centre Nour, à Kabala, afin de déposer des passagers, A.T est heureux de pouvoir s’asseoir. «Je suis épuisé avant même que les cours ne commencent», peste le jeune homme. Le premier bus arrive à sa destination avant le démarrage des cours. Un grand soulagement pour les étudiants. «Pendant les cours, les professeurs tolèrent les retards. Ils renvoient les retardataires lorsqu’il s’agit d’examen». Après avoir débarqué les étudiants, le bus repart dans le sens inverse, sens en direction de Niamakoro, près de la Cité Unicef, où des cours sont dispensés aussi. B.D, étudiant en socio-anthropologie, est un retardataire chronique du fait que le bus qui n’arrive jamais à l’heure. Il est obligé de recourir au transport en commun lors des examens pour ne pas rater les épreuves. C’est une situation intenable pour sa petite bourse. Sur le chemin du retour, le chauffeur avait les nerfs à fleur de peau. A cause du mauvais comportement notamment des chauffeurs de transport en commun qui refusaient de lui céder le passage. Pris dans un bouchon infernal, le bus arrive avec un léger retard. Le chauffeur explique être contraint de surcharger parfois avec 130 passagers, y compris ceux qui sont débout. Dr Aliou Bah trouve cette situation « extrêmement grave ». Le médecin évoque des risques de microtraumatismes dans les secousses et de graves blessures en cas d’accident.   INSUFFISANCE – Mamadou T. Kamaté, chef du service transport au CENOU, explique que généralement les passagers restent debout dans les bus universitaires. Il reconnaît que son service n’a pas assez de véhicules. Mais pointe du doigt la  responsabilité des étudiants dans la surcharge. Quelque temps après, le même bus arrive à Badalabougou pour chercher d’autres étudiants. Un autre bus est rappelé de Sébénikoro pour convoyer aussi un groupe d’étudiants à partir de Badalabougou. Il est 9h et la première rotation est terminée. Des étudiants attendent un autre bus. Aucun hangar pour les protéger du soleil. Et c’est encore pire pendant l’hivernage. Mamadou T. Kamaté annonce qu’il y a des projets dans le pipeline de son service pour lesquels il faut se battre pour trouver les financements sur budget d’Etat. I.D, membre de l’Association des élèves et étudiants du Mali (AEEM) proteste contre le système de rotation des bus qu’il juge non efficace. Selon lui, le départ du premier bus est à 6h30, mais déjà à cette heure, il y a une longue file. Il pense que le rythme de sortie des bus doit être accentué pour éviter les désagréments et permettre aux étudiants d’arriver à temps et dans les meilleures dispositions pour les cours. Certains pensent que la carte de transport pose problème. Pourtant, il faut en disposer pour monter dans les bus. Or, les étudiants payaient le ticket à 50 Fcfa à l’aller comme au retour. « C’est à la suite de vérifications, qu’il a été demandé au CENOU de moderniser le transport », indique le chef du service transport. C’est la raison de l’instauration de la carte de transport, en prenant l’exemple sur d’autres pays de la sous-région. Il faut débourser 7.200 Fcfa  pour l’acquérir sur toute l’année. «Le prix n’a pas été fixé par le CENOU. En  concertation avec différents partenaires et l’AEEM, il a été fixé à 20 Fcfa par jour

Éliminatoires CAN U23 : Le Mali bat le Rwanda (1-0) et se qualifie pour le dernier tour

Bamako, 30 oct (AMAP) L’équipe nationale U23 s’est qualifiée, samedi, au Stade du 26 Mars de Bamako, pour le troisième et dernier tour des éliminatoires de la Coupe d’Afrique des nations des moins de 23 ans (CAN U23), en gagnant 1-0 contre le Rwanda, au compte du match retour du deuxième tour. Après le match nul 1-1 arraché, la semaine dernière au Rwanda, les Espoirs du Mali ont ainsi confirmé au match retour. Au prochain tour, le Mali sera face au Sénégal, vainqueur du Burkina Faso, 5-3 aux tirs au but, à Dakar. À l’aller, comme au retour, les deux équipes se sont neutralisées sur le score de 0-0. Le Mali a été exempté du premier tour des éliminatoires tenu du 19 au 27 septembre. Le troisième tour se jouera du 20 au 28 mars 2023. La phase finale est prévue en novembre 2023 au Maroc. Elle verra la participation de huit pays dont le pays organisateur. Les trois premiers de la compétition se qualifieront pour les Jeux olympiques, Paris 2024. MT/MD (AMAP)

Mali : Plus de 700 faux diplômes recensés au dépouillement des dossiers d’un concours du ministère de la Justice (Conseil des ministres) 

Bamako, 28 oct (AMAP) Quelque 39 faux diplômes ont été recensés lors du dépouillement des dossiers pour le concours des auditeurs de justice et 692 faux diplômes pour le concours de recrutement des fonctionnaires du cadre de la surveillance et de l’éducation surveillée, a révélé le ministre de la Justice et des droits de l’Homme, Garde des Sceaux, Mahamadou Kassogué. Dans le communiqué du Conseil des ministres du mercredi dernier, le ministre, qui a fait le point sur le processus de recrutement de 100 auditeurs de justice et de 150 fonctionnaires du cadre de la surveillance et de l’éducation surveillée, a précisé que « ces dossiers seront transmis au procureur de la République. » « La Justice est confrontée à de nombreux défis à la fois matériels, financiers et humains. Pour y faire face, la Loi d’orientation et de programmation du secteur de la justice (LOPJ) prévoit un accroissement continu des moyens matériels, financiers et humains sur la période 2020-2024 », a expliqué en Conseil des ministres, M. Kassogué. Pour la mise en œuvre de cette loi, un concours de recrutement de 100 auditeurs de justice et de 150 fonctionnaires du cadre de la surveillance et de l’éducation surveillée a été ouvert. Selon le ministre, les commissions d’enregistrement et de dépouillement mises en place à cet effet ont reçu 4 201 dossiers pour le concours des fonctionnaires du cadre de la surveillance et de l’éducation surveillée. Pour celui des auditeurs de justice, 8 074 dossiers dont 5 387 pour l’ordre judiciaire et 2 687 pour l’ordre administratif. Ainsi que pour le recrutement sur titre, 55 dossiers de docteurs en droit. Le ministre de la Justice a indiqué que les recrutements permettront de combler, en partie, le déficit de magistrats et de fonctionnaires du cadre de la surveillance et de l’éducation surveillée et d’améliorer la gouvernance au sein de la justice et l’accessibilité de la justice pour tous. SS/MD (AMAP)

Intrants agricoles et produits de première nécessité : Le gouvernement compte sur le secteur privé

Bamako, 28 oct (AMAP) Le gouvernement malien a mis en place, jeudi, un cadre de concertation de haut niveau, secteur privé-Etat afin de renforcer le rôle des opérateurs privés pour assurer un approvisionnement correct du pays en intrants agricoles et denrées de première nécessité, a appris l’AMAP. La décision a été prise lors de la première rencontre de ce cadre de concertation sur la question de l’approvisionnement correct et régulier du pays, tenue à la Primature, en présence des représentants du secteur privé et des départements ministériels concernés. Lors de cette rencontre entre le Premier ministre par intérim, le colonel Abdoulaye Maïga, et les représentants du monde des affaires au Mali, le colonel Maïga a demandé à ses interlocuteurs de lui faire parvenir par écrit, au plus tard le 1er novembre 2022, leurs attentes, suggestions et recommandations pour une meilleure collaboration entre l’Etat et les opérateurs privés. L’objectif du cadre de concertation de haut niveau est de coordonner et suivre toutes les initiatives visant à faciliter l’approvisionnement correct et régulier du Mali en intrants agricoles et produits de première nécessité. Le Premier ministre par intérim a, en cette occasion, félicité et remercié le secteur privé pour son « inestimable contribution dans la mise en œuvre de l’action gouvernementale à un moment crucial de l’histoire de notre pays ». Il a rappelé les sanctions injustement imposées au Mali par la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) et l’Union économique et monétaire ouest africaine (UEMOA) durant plusieurs mois auxquelles le secteur privé a pu faire face malgré les difficultés d’accéder aux crédits et aux débouchés extérieurs. «Les temps sont durs. L’accès aux denrées de première nécessité comme l’approvisionnement en intrants agricoles sont devenus des sujets de préoccupation majeurs des maliens», a fait constater le chef du gouvernement par intérim. Il a regretté que certains « n’hésitent pas à rendre la transition responsable de cette situation ». Le Premier ministre par intérim a assuré que face à cette situation, le gouvernement ne saurait rester sans agir. Ainsi, une commission interministérielle a été créée pour lutter contre la hausse des prix, faciliter l’approvisionnement en produits de première nécessité et assurer l’approvisionnement des intrants agricoles. Cette commission a débuté ses travaux sous la présidence du Premier ministre avec le concours des ministres chargés de l’Economie et des Finances, du Commerce et de l’Industrie, du Développement rural, de l’Elevage et de la Pêche et ainsi que le ministre Commissaire en charge de la Sécurité alimentaire. Pour plus d’efficacité, la commission a choisi d’associer les secteurs privés à ses travaux.          RELANCE – Cette rencontre a été l’occasion pour les acteurs du secteur privé d’exprimer les difficultés auxquelles ils font face. Selon, le vice-président délégué du Conseil national du patronat du Mali (CNPM), Sidi Dagnoko, il est temps de ramener l’économie au rang des priorités nationales. Dans cette perspective, M. Dangoko a souhaité la mise en place d’un comité mixe Etat-secteur privé basé sur la relance de l’économie. Et d’ajouter que le sujet est beaucoup plus global et va au-delà de la seule problématique de l’approvisionnement du Mali en intrants et denrées de première nécessité. « Notre pays a besoin d’investissements, de croissance économique, de confiance au niveau au secteur privé, de la relance de la création d’emplois pour favoriser le travail du secteur privé par rapport sa productivité. Au nom de l’interprofession bétail-viande, Mamadou Abdoulaye Diallo a évoqué le manque d’espaces pastoraux aménagés pour le bétail. Il a souhaité de ce fait, l’aménagement d’espaces pastoraux qui permettra une plus grande rentabilité du secteur de l’élevage. Concernant l’approvisionnement du pays en denrées de première nécessité, beaucoup de  difficultés ont été évoquées. Le président du groupe Grand distributeur céréalier au Mali (GDCM) a  invité les autorités à collaborer avec les commerçants pour assurer, en toute urgence, l’approvisionnement du Mali en denrées de première nécessité,  notamment le riz et le sucre, en vue d’éviter une rupture. Quant à la représentante de l’Association professionnelle des banques et établissements financiers, (APBEF), Mme Sidibé Aïssata Koné, elle a rappelé que les banques maliennes ont traversé des périodes très difficiles mais sont restées debout pour accompagner les commerçants dans l’importation des denrées de première nécessité et dans l’approvisionnement des intrants agricoles. À la fin des travaux, le Premier ministre par intérim s’est dit très heureux de recevoir les différentes contributions, réflexions et recommandations. Le colonel Abdoulaye Maïga a dit avoir pris note et réaffirmé le soutien du gouvernement à satisfaire les doléances du secteur privé dans la mesure des ressources disponibles. «Nous avons besoin de votre aide et de votre accompagnement pour trouver des réponses à certaines interrogations et pour atteindre les l’objectifs assignés par le président de la Transition», a conclu le Premier ministre par intérim. AMK/MD (AMAP)    

Le chef de l’État malien reçoit l’ancien président nigérien Mahamadou Issoufou

Bamako, 27 oct (AMAP) Le président de la Transition, le colonel Assimi Goïta, a reçu, jeudi, à Koulouba, l’ancien président du Niger, Mahamadou Issoufou, également président du Panel indépendant de haut niveau sur la sécurité et le développement au Sahel, a indiqué un communiqué de la présidence malienne. Mahamadou Issoufou, à la tête d’une forte délégation venue discuter de la sécurité et du développement dans le Sahel, a déclaré que son  entretien avec le président de la Transition a « porté essentiellement sur les défis que connait notre région, le Sahel. » « Nous avons noté ensemble que tous ces défis sont entrelacés », a expliqué à la presse l’ancien chef d’État nigérien, « Les défis sécuritaires, institutionnels, climatiques, démographiques, du développement économique et social ont été l’objet des discussions entre la délégation du Panel indépendant et le chef de l’État malien », souligne la présidence. Selon la même source, la mission d’évaluation confiée au président du Panel indépendant par le secrétaire général des Nations unies, en rapport avec l’Union africaine (UA), la Communauté économique des Etats de l ‘Afrique de l’Ouest (CEDEAO) et le G5 Sahel, a été abordée. « Une mission d’évaluation sur la sécurité et le développement au Sahel, qui concerne non seulement le Sahel géographique, mais aussi certains pays du Sahara et du Golfe de Guinée », note le communiqué. « Il s’agit de faire cette évaluation et de faire des propositions et des recommandations afin d’agréger les efforts de tous les acteurs, les États comme leurs partenaires, pour être plus efficaces en vue d’apporter des réponses plus pertinentes face aux défis que rencontre notre espace commun », a conclu celui qui a dirigé le Niger d’avril 2011 à avril 2021. MT/MD (AMAP)

Entretien routier : Les contrats des entreprises défaillantes seront résiliés

Bamako, 28 oct (AMAP) Les autorités maliennes ont décidé que les services techniques vont entreprendre la résiliation des contrats des entreprises dont les défaillances sur les chantiers d’entretien routier ont été dûment constatées, a appris l’AMAP. Le ministère des Transports et des Infrastructures a lancé, en 2022, deux programmes d’entretien routier, à savoir le Programme spécial 2021 des travaux d’entretien routier dans les Régions de Kayes (Ouest), Koulikoro (près de Bamako), Sikasso (Sud), Mopti (Centre) et le District de Bamako (la capitale) pour un montant de 15 milliards de Fcfa, et le Programme des travaux d’entretien des routes d’intérêt national dont le financement s’élève à 20 milliards de Fcfa. Ces travaux consistent à prévenir ou réduire les risques d’inondations dans ces villes et atténuer la souffrance des usagers de la route. Plusieurs mois après l’attribution des marchés et malgré la disponibilité des ressources, l’exécution des deux programmes n’est pas satisfaisante. Aujourd’hui, le constat est alarmant sur certains axes du District de Bamako, avec des routes dégradées et des voies fermées à la circulation. Les usagers subissent des restrictions de circulation parce que les travaux n’avancent plus. À ce jour, l’état d’avancement des travaux est estimé à seulement 10%, pour un délai consommé de 90% pour certaines entreprises engagées sur le Programme spécial. Pourtant, les ordres de démarrage des travaux ont été émis dès le mois de juin 2022. Quant au Programme d’entretien des routes d’intérêt national, il ressort du document d’information qu’au niveau des régions, les remises de site ont débuté fin juillet 2022. Et à la date du 30 septembre 2022, aucune mobilisation d’entreprises n’a été constatée sur le terrain alors que le délai consommé est estimé à 60%. SOUFFRANCE DES POPULATIONS – « C’est dans ce contexte que le département des Transports et des Infrastructures a fait une communication verbale sur la question en Conseil des ministres, le 12 octobre dernier », indique le directeur général des routes, Mamadou Samaké. «C’est compte tenu de l’urgence de terminer ces travaux et d’abréger la souffrance des populations que les services techniques du ministère des Transports et des Infrastructures ont été engagés à appliquer les dispositions coercitives prévues par le Code des marchés publics et des délégations de service public », a-t-il poursuivi.   « Les services techniques vont entreprendre notamment la résiliation des contrats des entreprises dont les défaillances sur les chantiers ont été dûment établies par constat d’huissier», explique M. Samaké.   Selon notre interlocuteur, les dispositions seront prises pour confier d’urgence l’exécution des travaux à d’autres entreprises qui ont montré leurs capacités, conformément aux procédures fixées par le Code des marchés publics et des délégations de service public. En réaction au tollé autour de la communication verbale du département des Infrastructures, le directeur général ajoute : «l’administration n’a fait que rappeler les dispositions coercitives prévues par le Code des marchés publics et de délégations de service public, contre tout prestataire défaillant, en vue de préserver l’intérêt public».   FIN DE LA RECRÉATION – Mamadou Samaké assure que les entreprises chargées d’exécuter les travaux ont été interpellées en réunions de chantier, en réunions techniques, par des lettres de mise en demeure, pour résorber le retard accusé au fur et à mesure que les délais s’écoulaient. Malheureusement, ces interpellations n’ont pas été suivies d’effet. «Des demandes de mise en demeure ont été adressées à certaines entreprises dont les défaillances ont été dûment établies par constat d’huissier. Les bureaux d’ingénieurs recrutés par l’AGEROUTE pour assurer le contrôle et la surveillance des travaux d’entretien routier n’ont pas comblé les attentes», précise Mamadou Samaké. Selon lui, il y a eu des manquements au niveau des bureaux de contrôle. Ces infractions sont, entre autres, le faible niveau et le manque d’expérience du personnel mobilisé sur les chantiers, le laxisme dans l’accomplissement de la mission et l’incapacité à affirmer l’autorité sur les entreprises. «Les vieilles habitudes ont la vie dure, la vraie raison du tapage des entreprises sanctionnées, c’est le fait que les autorités aient sifflé la fin de la récréation, du laisser-aller et du laxisme», martèle le directeur général des routes. Selon Mamadou Samaké, par la faute de certaines entreprises et conformément aux principes de la programmation budgétaire, des milliards mis à disposition devront être retournés au Trésor public par le ministère des Transports et des Infrastructures, alors que le besoin d’entretien routier est réel. «Les entreprises n’ont pas été à la hauteur, un point c’est tout», tranche le directeur général des routes. « Si tel est le cas et conformément aux cahiers de charge, le gouvernement pourrait poursuivre en justice les entreprises défaillantes pour réclamer des dommages et intérêts pour les préjudices subis », rappelle-t-il. BBC/MD (AMAP)

Intrants agricoles : Le ministre du Développement rural apporte des précisions sur la gestion de la subvention

Par Moriba COULIBALY Bamako, 25 oct (AMAP) Le ministre du Développement rural, Modibo Kéita, a accordé, lundi, un entretien exclusif à L’Essor dans lequel il a apporté des éclairages sur la gestion de l’approvisionnement des producteurs en fertilisants au titre de la campagne agricole en cours. « Le gouvernement a décidé lors du dernier Conseil supérieur de l’agriculture, présidé par le chef de l’État, le colonel Assimi Goïta, d’apporter une subvention de 17 milliards de Fcfa à la production agricole », a dit le ministre Modibo Kéita. « 60% de ce montant sont destinés à l’achat d’engrais organiques (soit un peu plus de 10 milliards de Fcfa) et les 40% restants aux engrais chimiques notamment le DAP, l’urée et le NPK (soit une enveloppe de plus de 6 milliards de Fcfa) », a-t-il précisé. « La subvention supporte, en réalité, les 15% des besoins d’approvisionnement en engrais et les producteurs doivent supporter les 85% restants », a fait remarquer le ministre. Depuis plus d’une dizaine d’années (plus précisément, la campagne agricole 2008-2009) le gouvernement à travers le département du Développement rural apporte une subvention financière à la production agricole en vue de booster la productivité agricole. Pour la présente campagne agricole, qui ne fait pas exception à la règle, les cultures vivrières comme le riz, le maïs, le mil, le sorgho et le blé sont concernés et le coton pour les zones cotonnières. La clé de répartition de cette subvention a été décidée en fonction de la conjoncture internationale marquée par la guerre en Ukraine. Or, il se trouve que l’Ukraine, avec la Russie, sont les plus grands pays producteurs d’engrais minéraux. La pandémie de la Covid-19 a aussi perturbé d’une part les productions et les transactions d’engrais et, d’autre part le transport maritime par lequel les pays acheteurs s’approvisionnent. Tous ces facteurs exogènes ont amené le gouvernement à privilégier la démarche qui consiste à apporter une grande part de la subvention aux engrais organiques qui sont disponibles sur place et génèrent de l’emploi local et des ressources pour les industries locales productrices. « La part de l’engrais organique dans l’amélioration de la fertilisation des sols a aussi été démontrée par les spécialistes », a assuré le ministre Keita.   PRIX REPÈRES – Si l’approvisionnement des zones cotonnières est géré par les structures habilitées à savoir la Compagnie malienne de développement des textiles (CMDT) et l’Office de la haute vallée du Niger (OHVN), celui des zones hors coton est géré et surveillé de près par la direction nationale de l’agriculture, sous la conduite du département du Développement rural. Expliquant la démarche qui a été mise en place pour assurer un approvisionnement adéquat des producteurs en engrais subventionnés pour les zones hors coton, le ministre du Développement rural, a rappelé que le gouvernement a arrêté le prix subventionné de l’engrais chimique à 12.500 Fcfa le sac de 50 kg et celui de l’engrais organique à 2500 Fcfa le sac de 50 kg. En dehors de ces prix subventionnés, le département a jugé utile de convenir avec les fournisseurs de prix repères, soit 33.750 Fcfa pour le sac de 50 kg d’urée, 42.375 Fcfa pour le sac de 50 kg de DAP, 32 500 Fcfa pour le sac de 50 kg de NPK et 5 500 Fcfa le sac de 50 kg pour les engrais organiques. Il y a une majoration de 1 000 Fcfa pour le transport des engrais aux points de distribution. Ces prix repères ont été déterminés et fixés par le ministère de l’Economie et des Finances. Les fournisseurs historiques ont proposé 55 000 Fcfa comme prix repères et ont ensuite posé des conditions qui se sont avérées difficiles à accepter par le département. Ils ont posé comme conditions le paiement intégral des arriérés que l’État leur doit, l’accompagnement de l’État pour obtenir des garanties bancaires et l’achat au comptant des engrais. Ils ont campé sur leur position en dépit de multiples rencontres avec le département. « Pour éviter le blocage, a souligné le ministre Kéita, le département a démarché d’autres partenaires qui ont accepté les prix repères arrêtés et n’ont pas posé de conditionnalités pour satisfaire les commandes ». Le ministre Modibo Kéita a rappelé, ensuite, que l’État accorde la subvention au producteur qui achète l’engrais au prix convenu et le reliquat est remboursé au fournisseur qui doit se présenter aux structures du ministère de l’Économie et des Finances avec la caution mentionnant les quantités livrées aux paysans. Le département en charge du Développement rural doit veiller à la moralité de la procédure d’acquisition des engrais subventionnés par les paysans. L’État n’est pas fournisseur d’engrais. Il veille juste à ce que la procédure mise en place au bénéfice des paysans soit respectée dans les règles de l’art. « Le département du Développement rural n’est nullement impliqué dans la gestion financière des engrais subventionnés », a précisé Modibo Kéita. Le suivi est aussi assuré, à la base, à travers une commission de réception et de distribution des engrais subventionnés qui est présidée par le représentant de la chambre d’agriculture et, avec comme membres, les présidents des interprofessions riz et maïs et l’agent d’encadrement des directions régionales et locales de l’agriculture. Selon le ministre du Développement rural, les services techniques de son département ont assuré le suivi régulier de l’approvisionnement des producteurs en engrais à travers le travail de la commission. Modibo Kéita a assuré avoir « veillé à ce que les producteurs ne soient pas grugés par les fournisseurs ». MC/MD (AMAP)

Mali : Les syndicats de la Police adhèrent au projet de militarisation

Bamako, 24 oct (AMAP) La synergie des syndicats de la Police nationale a exprimé aux autorités son « adhésion pleine et entière » au projet de loi portant militarisation », indique un communiqué des syndicats de la Police nationale, publié lundi. A quelques jours de la promulgation et la publication de la loi portant militarisation de la Police nationale, la synergie des syndicats de la Police nationale dit, dans son communiqué. « avoir pris acte de l’adoption de la loi le jeudi 20 octobre 2022 par le Conseil national de transition (CNT). » Le communiqué souligne « la loyauté des policiers respectueux des lois de la République comme le stipule leur serment en son aliéna premier ».  Selon la même source, la synergie « invite les policiers à s’engager davantage en tant que cadres de conception et de direction (commissaires), de commandement et d’encadrement (officiers), de bons exécutants et éléments d’application des directives et consignes (sous-officiers). » « Ensemble, (nous allons) écrire les nouvelles pages de l’histoire de notre corporation au sein de la grande famille des Forces armées maliennes (FAMa) », ajoute le regroupement des syndicats de police, avant d’inviter « l’ensemble des policières et policiers à s’y conformer ». Le CNT, réuni jeudi dernier, en séance plénière, a approuvé le projet de loi portant militarisation de la Police nationale et de la Protection civile à 111 voix pour, 0 contre et 0 abstention. Cela, après son adoption par le Conseil des ministres du 05 octobre 2022.   Dans un communiqué publié le 05 octobre, la synergie a réagi à l’initiative du projet de loi. Elle avait indiqué que la Police « est prête à apporter sa pierre à la refondation de l’État, si cela passe obligatoirement par sa militarisation », tout en soulignant être « dubitative sur beaucoup de zones d’ombre qui émaillent les contours liés à ce projet ». SS/MD (AMAP)

La Conférence sociale adopte 139 recommandations pour apaiser le climat social

Bamako, 24 oct (AMAP) Les participants la Conférence sociale ont adopté, samedi, 139 recommandations dont le relèvement de la valeur du point d’indice de 400 à 500 Fcfa, la révision de cette valeur tous les 5 ans et l’harmonisation, la rationalisation des primes et indemnités, a constaté l’AMAP sur place. Cette rencontre de six jours, qui visait à identifier les moyens et mécanismes permettant d’aboutir à une stabilité sociale, a également recommandé de ramener les primes et indemnités à des niveaux acceptables et soutenables par le budget d’Etat.   Les recommandations portent également sur l’organisation d’élections professionnelles de représentativité syndicale, l’accélération du processus d’adoption du Pacte de stabilité sociale, l’accélération de la création du Conseil national du dialogue social, la détermination des critères d’éligibilité des responsables syndicaux et l’élaboration d’une politique nationale de rémunération des agents de l’Etat. La conférence a proposé de ramener l’Institut national de prévoyance sociale (INPS) et la Caisse malienne de sécurité sociale (CMSS) au ministère du Travail, de la Fonction publique et du Dialogue social. Parmi les recommandations, on retient aussi la relecture du Code de travail pour clarifier la procédure de création des syndicats de base, des syndicats nationaux et des centrales syndicales, le respect de la liberté syndicale et l’intégration des questions de performance de compétitivité et de productivité dans les sujets et négociations collectives. Les participants y ont ajouté l’harmonisation de l’accompagnement du départ à la retraite du secteur public avec celui du secteur privé. Ils  ont aussi souhaité que tous les statuts autonomes non constitutionnels soient ramenés au statut général en prévoyant les statuts particuliers chaque fois que de besoin. Et aussi ramener tous les concours d’entrée à la Fonction publique au Centre national des concours de la Fonction publique y compris les concours d’entrée à l’École nationale d’administration (ENA) excepté ceux des statuts autonomes. BESOIN D’UNE TRÈVE SOCIALE – «A travers vos recommandations vous venez de donner corps à l’axe 4 du Programme d’action du gouvernement qui a pour objectif notamment d’assurer la stabilité sociale», a affirmé le Premier ministre par intérim, le colonel Abdoulaye Maïga, qui a présidé la clôture des travaux, en présence de plusieurs membres du gouvernement et d’autres personnalités. Selon le Premier ministre par intérim, « notre pays a besoin d’une trêve sociale afin de réussir le chantier ambitieux de la refondation ». Il a promis que le gouvernement jouera sa partition pour réussir les conditions favorables à la signature de cette trêve. Pour sa part, la ministre du Travail, de la Fonction publique et du Dialogue social, Mme Diawara Aoua Paul Diallo, a annoncé que les recommandations issues de ces travaux vont favoriser l’élaboration d’un Pacte de stabilité sociale par une commission tripartite constituée d’experts, du gouvernement et des partenaires sociaux qui sera mise en place sans délai. Selon Mme Diawara Aoua Paul Diallo, ces experts auront également la charge d’élaborer un plan d’actions qui permettra de garantir la mise en œuvre efficiente de ces recommandations. «Tout comme nous avons œuvré pour la tenue de cette conférence, c’est ensemble de façon tripartite que nous allons assurer le suivi de la mise en œuvre des recommandations consensuelles», a-t-elle assuré. Avant de rendre hommage au Bureau international du travail (BIT) pour avoir aidé à la réussite de cette initiative. Les représentants du Conseil national du patronat du Mali (CNPM) et des centrales syndicales se sont réjouis de la réussite de cette rencontre. Ils ont insisté sur la mise en application des recommandations. MDD/MD (AMAP)    

L’Armée malienne neutralise une trentaine de terroristes (état-major)

Bamako, 22 oct (AMAP)  Les Forces armées maliennes (FAMa) ont neutralisé une trentaine de terroristes, entre le 11 et le 21 octobre courant, dont le nommé Malick Ba alias Abou Malick, chef des opérations de la Katiba du Macina en charge des secteurs de Dioungani-peulh dans le Séno, de Dioura et Nampala (Centre), a annoncé, samedi, l’état-major général des Armées dans un communiqué. Plusieurs suspects ont été, également, interpellés et mis à la disposition de la gendarmerie, selon la même source qui ajoute que les FAMa, ont, « au cours d’une reconnaissance offensive, le 11 octobre dernier, accroché dans la zone de Wataye, à 10 km de Gomitra, un Groupe armé terroriste (GAT) auteur de multiples embuscades sur la route Kayes-Bamako. » « Le bilan, précise l’Armée, est de 05 terroristes neutralisés, 03 suspects interpellés, 02 PM et plusieurs chargeurs, 05 motos et divers matériels récupérés. Avant de déplorer 01 blessé du côté FAMa. » Le 17 octobre, indique l’Armée, les FAMa ont procédé à la destruction de 02 bases de la Katiba Macina dans les localités de Mafouné et Diarakoungo, cercle de Tominian, Région de San. Le bilan fait état de 02 présumés terroristes interpellés, 01 véhicule calciné. Ainsi que plusieurs armes de différents de calibre, des munitions, des chargeurs motos, des moyens de communications et divers matériels y compris des cartes d’identité et des cartes Nina. Selon la source militaire, le 21 octobre dernier, « les FAMa, prises à partie par des terroristes entre Mourdiah et Kwala, y ont promptement réagi avec un bilan côté ennemi de 04 terroristes neutralisés, 01 PKM, 01 PM, des munitions en vrac et une radio récupérés ». Les FAMa « ne déplorent aucune perte en vie humaine ni en matériels. »   Sur le théâtre est de l’opération Maliko, le 12 octobre, des frappes aériennes ont ciblé un regroupement terroriste dans le secteur de Haroun à 10 Km au sud de Tessit (Nord). Le bilan est « de 11 morts y compris le nommé Aly Issiaka, 03 véhicules plus 10 motos calcinés », revèle l’état-major général des Armées.   La source militaire explique aussi que le 19 octobre les FAMa ont, au cours d’une reconnaissance offensive dans la localité de Serma, située à 24km au Sud-Ouest de Boni (Centre), interpellé 20 suspects terroristes dont un guetteur et récupéré plusieurs médicaments et 05 fûts d’essences.   Le 20 octobre, la précision des renseignements a permis de localiser et neutraliser le nommé Malick Ba alias Abou Malick, chef des opérations de la Katiba du Macina en charge des secteurs de Dioungani-peulh dans le Séno, de Dioura et Nampala « avec la saisine de précieux documents y compris des identités, des plans et des refuges. »   Également, une reconnaissance offensive dans la zone de N’dila, commune de Toridagago a fait un bilan de 10 terroristes neutralisés, 08 PM, 04 PKM et divers matériels récupérés. Par la suite, les FAMa ont mené une reconnaissance offensive dans la localité de Kéréna, située à 28km à l’Est de Konna (Centre). « 01 terroriste neutralisé, 2 fusils de chasse, 01 Ak-47, 01 chargeur, 33 téléphones, 6 batteries, des composantes EEI et des objets divers récupérés », indique l’état-major général des Armées. SS/MD (AMAP)