Décès du Général Moussa Traoré : Une page de l’histoire du Mali se tourne
Bamako, 15 sept (AMAP) Le Général Moussa Traoré, deuxième Président du Mali indépendant, est décédé ce mardi 15 septembre 2020, à l’âge de 84 ans, ont confirmé, en début d’après-midi, à Bamako, plusieurs sources proches de la famille de l’ancien chef d’Etat. La dernière apparition publique de l’ancien président remonte à il y a quelques semaines, quand il recevait, à son domicile, une délégation du Comité national pour le salut du people (CNSP). A cette occasion, il a declare avoir prodigué des conseils aux officiers venus lui rendre visite. Avant de lancer cette phrase, l’une des dernières qu’on retiendra de lui : « Je n’ai jamais désespéré de mon pays ». Moussa Traoré est né le 25 septembre 1936 à Sébétou, dans la Région de Kayes (Ouest). Militaire, il a été président de la République de 1968 à 1991, après un coup d’Etat contre le père de l’indépendance du Mali, le président Modibo Keita. Il a fondé en 1976 l’Union démocratique du peuple malien (UDPM), parti unique. En 1991, son pouvoir réprime, par les armes, des manifestations estudiantines et du mouvement démocratique, à Bamako et à l’intérieur du Mali, faisant de nombreux morts. Le Général Traoré sera renversé dans la foulée, le 26 mars 1991, par un coup d’État militaire mené par le lieutenant-colonel Amadou Toumani Touré. L’ancien Chef d’Etat est alors emprisonné et sera jugé deux ans plus tard. Condamné à la peine capitale pour crime de sang commis entre janvier et mars 1991 par la Cour d’assises de Bamako, il verra sa peine commuée à la prison à vie, en septembre 1999, avant être gracié, en mai 2002, par le président Alpha Oumar Konaré. Depuis sa libération, le Général Moussa Traoré vivait discrètement à son domicile, une villa au quartier Djikoroni-Para de Bamako. MT/MD (AMAP)
Sommet à Accra sur le Mali : La CEDEAO change d’approche
Envoyés spéciaux Issa DEMBELE et Oumar DIOP Accra, 15 sept (AMAP) La délégation malienne, conduite par le président du Comité national pour le salut du peuple (CNSP), le colonel Assimi, Goïta est arrivée, à Accra, au Ghana, lundi après-midi, pour participer au sommet extraordinaire des chefs d’Etat et de gouvernement de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) sur la situation au Mali qui se tient aujourd’hui, mardi, dans la capitale ghanéenne. Le colonel Assimi Goïta a été, aussitôt, reçu en audience par le président ghanéen, Nana Akufo-Addo. Le président du CNSP a fait le point de la situation à son hôte qui assure la présidence en exercice de la conférence des chefs d’Etat et de gouvernement de la CEDEAO, depuis le dernier sommet tenu, à Niamey, au Niger, le 9 septembre dernier. A la fin de l’audience, le colonel-major Ismaël Wagué, porte-parole du CNSP a confié à la presse que la délégation malienne est venue au Ghana pour expliquer « de vive voix, la volonté exprimée par le peuple malien à travers la concertation nationale ». «Nous voulons que la CEDEAO accepte les conclusions de cette concertation et nous aide à construire le Mali», a-t-il ajouté. A l’adresse des chefs d’Etat de la CEDEAO, le colonel-major Wagué a indiqué que le CNSP agit en «responsable» et qu’il a organisé des concertations inclusives dont les «conclusions doivent servir de base de travail pour l’organisation de la Transition». Pour beaucoup d’observateurs, l’enjeu principal du sommet d’Accra tourne autour des conclusions de la concertation nationale sur la Transition tenue du 10 au 12 septembre à Bamako. Les participants à la rencontre ont convenu de la mise en place de trois organes pour gérer la Transition : le président et le vice-président de la Transition, le gouvernement de la Transition, avec à sa tête un Premier ministre, et le Conseil national de transition (organe législatif). Le président et le vice-président de la Transition (civils ou militaires) seront choisis par un collège mis en place par le CNSP. Le gouvernement sera formé de 25 membres au plus. Tandis que le Conseil national de transition comprendra 121 membres issus des forces vives de la Nation. Par ailleurs, la durée de la transition a été fixée à 18 mois par les participations de la concertation nationale. Cependant, ces propositions ont été rejetées par le Mouvement du 5 Juin-Rassemblement des forces patriotiques (M5-RFP) qui était opposé au régime déchu. En outre, hier lors d’une conférence de presse, le collectif des députés de l’Assemblée nationale dissoute a fait savoir qu’il s’opposait à la mise en place du conseil de transition proposée par la concertation nationale. Ces anciens députés entendent utiliser toutes les voies de recours dans le but de continuer leur mandat d’autant plus que, argumentent-ils, « la Constitution n’a pas été suspendue après les évènements du 18 août dernier ». Le sommet d’Accra est certainement l’occasion pour la CEDEAO d’apprécier les conclusions de la concertation nationale. L’organisation sous régionale, bien impliquée dans la résolution de la crise sociopolitiqueau Mali, dès le début, avait exigé que la transition soit dirigée par un président et Premier ministre civils pour une durée de 12 mois. Selon une source proche de la commission de la CEDEAO, l’enjeu du sommet d’Accra est, pour le nouveau président en exercice, «de convaincre le CNSP de nommer un civil à la tête de la transition au Mali». En invitant le président du CNSP à prendre part à la rencontre d’aujourd’hui, le nouveau président en exercice de l’organisation ouest-africaine veut certainement lui donner l’opportunité d’échanger de vive voix avec les autres dirigeants de la sous-région et donner au Mali une chance de sortie de crise. ID/MD (AMAP)
Bandiagara : Des acteurs locaux du Pays dogon se concertent sur la paix, l’unité et la cohésion sociale
Bandiagara, 14 sept (AMAP) Les acteurs locaux des localités de Bandiagara, Bankass, Douentza et Koro, dans la Région de Mopti (Centre), se sont rencontrés, récemment, afin de trouver des voies et moyens pour une sortie de crise et de renforcer l’unité et la cohésion sociale entre les fils et filles de toutes les ethnies. A l’issue de la rencontre, il a été proposé de mettre en place un comité au nom des quatre cercles pour trouver une solution aux problèmes que vivent les communautés. Pour cela, chaque cercle se fera représenter par cinq personnes pour la mise en place de ce comité. Les recommandations formulées sont, entre autres, liées à la coordination de toutes les actions futures allant vers la stabilisation et la paix entre tous les cercles, la tenue de rencontres périodiques, l’identification des autres groupes armés opérant dans la zone afin d’engager des pourparlers, l’implication de Dan Nan Ambassagou dans toutes les actions allant dans ce sens, l’implication de l’ONG HD pour la réalisation de ces activités. Cette rencontre a été une véritable tribune d’expression pour les représentants des cercles concernés. Car, chacun, en ce qui le concerne, a fait un exposé sur la situation actuelle de sa localité et fait des propositions de solutions sanctionnées par de fortes recommandations. Pour le président du bureau de coordination de Dan Nan Ambassagou, Boureima Sagara, cette rencontre est une occasion pour les uns et les autres de se donner la main et d’aller dans la même direction. Il a aussi rappelé le rôle du mouvement Dan Nan Ambassagou dans la sécurisation et a invité ses « parents de Koro » de revoir la stratégie de médiation entamée dans leur cercle, ces derniers mois, et qu’à partir de cette date, ils entreprennent les actions futures avec les autres cercles. Cela témoignera, sans nul doute, « de la volonté manifeste des populations à aller à la recherche d’une paix durable comme un seul homme ». Boureima Sagara a rappelé la volonté manifeste du chef d’état-major général de Dan Nan Ambassagou, Youssouf Toloba, a à aller vers la paix qui est tant recherché par tous. Pour sa part, le conseiller de l’ONG HD, M. Bamadio, a remercié les initiateurs qui, pour lui, « sont de véritables acteurs pour le retour d’une paix durable ». Il a donné l’assurance de l’accompagnement de sa structure pour toute action allant vers la paix. Des autorités traditionnelles, des leaders religieux, des représentants de Dan Nan Ambassagou, des jeunes des Cercles de Bandiagara, Bankass, Douentza et Koro ont participé à cette rencontre, qui s’est tenue dans la salle de conférence de la Maison des jeunes de Bandiagara, sous la présidence du 2ème adjoint au préfet de Bandiagara, Abdoulaye Traoré. A l’ouverture des travaux, le représentant des notabilités traditionnelles, Yalema Kassogué, et le maire de la Commune urbaine de Bandiagara, Housseini Saye, ont, dans leur intervention respective, souhaité la bienvenue aux participants, tout en remerciant les initiateurs de la rencontre et leur partenaire l’ONG HD. Dans son discours d’ouverture Abdoulaye Traoré s’est dit satisfait de la tenue de cette rencontre, une initiative qui « aidera le gouvernement dans les actions de pacification du pays ». Il a aussi invité les participants à tout mettre en œuvre afin que les objectifs soient atteints et cela « pour le bonheur des populations ». OG/MD (AMAP)
Mali: Le M5-RFP dénonce la confiscation du pouvoir par le Comité national pour le salut du peuple (Déclaration)
Bamako, 13 sept (AMAP) Le Comité stratégique du Mouvement du 5 Juin-Rassemblement des forces patriotiques (M5-RFP), a dénoncé, samedi, la volonté de confiscation du pouvoir par le Comité national pour le salut du peuple (CNSP) et a rejeté les conclusions issues des trois jours de travaux de la concertation nationale. Dans une déclaration lue par le président de son Comité stratégique, Dr Choguel Kokala Maiga, tard dans la nuit, le M5-RFP, le M5-RFP, tout en condamnant les intimidations, dénonce « la volonté d’accaparement et de confiscation du pouvoir au profit du CNSP ». Il soutient que le “document final lu lors de la cérémonie de clôture n’est pas conforme aux délibérations issues des travaux des différents groupes sur plusieurs points”. Il s’agit, entre autres, de “la reconnaissance du rôle du M5-RFP et des martyrs dans la lutte du peuple malien pour le changement, le choix majoritaire d’une transition dirigée par une personnalité civile et celui d’un Premier ministre civil”. Il a, aussi, incriminé, les rajouts à la Charte “qui n’ont jamais été soumis à débats notamment sur les prérogatives du Vice-président de la transition, la composition et le mode de sélection des membres du collège de désignation du président de la transition. Mais aussi, sur l’acte fixant la clé de répartition entre les composantes du Conseil national de Transition”. AT/MD (AMAP)
Mali : Vers une Transition de 18 mois (Charte)
Bamako, 12 sept (AMAP) Les participants à la concertation nationale sur la transition au Mali dont les travaux ont pris fin, samedi après-midi, à Bamako, ont fixé la durée de la Transition à 18 mois, à compter de la date d’investiture du président de Transition, en validant la Feuille de route et la Charte de la transition par acclamation, a constaté l’AMAP. Sur la Charte de la transition, les organes suivants ont été retenus : le président de la Transition, chef de l’Etat, le vice-président, le gouvernement de Transition composé de 25 ministres au plus, le Conseil national de transition qui est l’organe législatif composé de 121 membres issus des Forces de défense et de sécurité et de l’ensemble des forces vives de la nation. En attendant, comme indiqué dans la Charte, le président et le vice-président seront désignés par un collège mis en place par le Comité national pour le salut du peuple (CNSP). Le Mouvement du 5 Juin-Rassemblement des forces patriotiques (M5-RFP), qui a mené les manifestations contre l’ancien régime, s’oppose à cette partie de la Charte, estimant que le document final présenté ne correspond pas à la réalité des débats de ces trois jours. Il a dénonce, dès lors, « une dénaturation des propositions et une tentative de confiscation de la Transition par les militaires » Dans la Feuille de route de la Transition, les participants ont retenu six axes : le rétablissement et le renforcement de la défense et de la sécurité sur l’ensemble du territoire national, la promotion de la bonne gouvernance, la refondation du système éducatif, les réformes politiques et institutionnelles, l’adoption d’un pacte de stabilité sociale et l’organisation d’élections générales. Cette concertation nationale de trois jours, qui a réuni plus de 500 participants, avait comme objectif de réunir les forces vives de la Nation pour convenir des modalités pratiques de la Transition. Spécifiquement, il s’agissait de définir les grands axes de la feuille de route et d‘élaborer la Charte de la transition, à savoir définir les organes, les attributions, le mode de désignation et la durée de la Transition. Lors de la cérémonie de clôture, le président du CNSP, le colonel Assimi Goïta, a rappelé que depuis l’avènement de la démocratie multipartite, notre pays a connu des difficultés de divers ordres entravant le fonctionnement de l’Etat. « A cet effet, a-t-il ajouté, les journées de concertations étaient l’occasion pour les forces vives de la nation de discuter des préoccupations du moment et de l’avenir ». « Ce qui nous attend à présent est tout aussi ardu, c’est-à-dire mettre en œuvre les résolutions issues de ces assises », a déclaré le président du CNSP qui a pris l’engagement que le Comité ne fera aucun pas économie de ses efforts dans la mise en œuvre de l’ensemble de ces résolutions dans l’intérêt exclusif du peuple malien. « Les résultats auxquels vous êtes parvenus m’autorisent à espérer l’avènement d’un Mali nouveau, démocratique, laïc», a conclu le colonel Goïta. DD/MS/MD (AMAP)
Mali : Le profil du futur président de la Transition fait débat
Bamako, 12 sept (AMAP) La question du futur président de la Transition au Mali, qui, dans le document présenté aux participants, devrait être choisi par le Comité national pour le salut du peuple (CNSP), a fait l’objet de discussions, au deuxième de la concertation national, a constaté l’AMAP, Cette option ne fait pas l’unanimité au sein des participants du groupe en charge de la question du choix du président de la Transition. Pour Issiaka Kobori de la Confédération syndicale des travailleurs (CNSP), le CNSP doit désigner le président en concertation avec le Mouvement du 5 juin-Rassemblement des forces patriotiques (M5-RFP). Quand certains ont proposé un civil, d’autres optent un militaire. Fousseyni Sanogo de la jeunesse M5-RFP a plaidé pour un président et un Premier ministre civils. Pour Nouhoum Togo, Conseiller et porte parole du Chef de file de l’opposition politique malienne , Soumaila Cissé il faut un civil ou un militaire à la retraite ayant la capacité de galvaniser les Forces armées maliennes (FAMa) dans la lutte contre le terrorisme et obtenir la confiance des partenaires. Tel n’est pas l’avis de Mme Bagayoko Mariam Coulibaly, présidente de la Coordination des associations et organisations féminines (CAFO) de Kati. Pour elle, seul un militaire à la tête de la Transition pourra mettre fin aux morts quotidiens chez les militaires dont un grand nombre vient de Kati. Plusieurs intervenants ont souhaité un militaire à la vice-présidence de la Transition. A propos du Conseil national de transition, organe législatif, au lieu de 51 membres prévus par le projet de Charte, les participants ont proposé 100 membres. DD/MD (AMAP)
Crise scolaire : Les cours reprennent lundi, selon une source officielle
Bamako, 11 sept (AMAP) Le Comité national pour le salut du peuple (CNSP) a signé à Kati un accord avec la Synergie des syndicats d’enseignants signataires du 15 octobre 2016 sur l’application, en novembre, de l’article 39 de la loi n°007 du 16 janvier 2018 portant Statut du personnel enseignant des enseignements secondaire, fondamental et de l’éducation préscolaire et spéciale, a appris l’AMAP de source officielle. Après plusieurs pourparlers, les deux parties se sont, enfin, entendues sur 10 mois de rappel en novembre, 6 mois de 2019 en décembre prochain et 6 mois en mars 2021, ajoute la même source Les syndicats, qui avaient proposé l’alignement au mois de septembre 2020, avaient accepté de le décaler en octobre 2020. Mais le CNSP voulait toujours que l’alignement soit effectué en novembre 2020. Selon cette source, en contrepartie, la reprise effective des cours dans les écoles de l’enseignement secondaire, fondamental et de l’éducation préscolaire et spéciale est prévue à partir du lundi 14 septembre 2020 sur toute l’étendue du territoire national. Le 2ème vice-président du CNSP, le colonel Sadio Camara, a présidé la rencontre d’aujourd’hui. Le CNSP et les syndicats de l’éducation signataires du 15 octobre 2016 s’etaient retrouvés, jeudi, pour la 4è fois consécutive, afin de trouver un accord sur l’application de l’article 39 de la loi n°007 du 16 janvier 2018 portant Statut du personnel enseignant des enseignements secondaire, fondamental et de l’éducation préscolaire et spéciale. Le colonel Sadio Camara, appuyé par les techniciens du ministère de l’Education nationale, de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique et du ministère du Dialogue social, du Travail et de la Fonction publique, a discuté pendant quatre heures avec les syndicats, en présence des conciliateurs. A l’issue de la rencontre, le porte-parole des syndicats de l’éducation, Adama Fomba, a confié à la presse que lors des précédentes rencontres avec le CNSP, la date de l’alignement constituait «le point de blocage des négociations Les syndicats de l’Education conditionnaient la reprise des cours et la tenue des examens de fin d’année « à l’application immédiate, complète et pleine de l’article 39 » OD/MD (AMAP)
Gestion de la transition : Débats houleux au second jour de la concertation nationale
Bamako, 11 sept (AMAP) Au second jour de la concertation nationale sur la transition, les débats ont été houleux dans les cinq groupes de travail mis en place pour cette occasion. La journée a été consacrée aux propositions sur la charte de la transition. Ces réflexions portent sur un document de huit pages, élaboré par les experts commis à cette tâche par le Comité national pour le salut du peuple (CNSP). De nombreuses propositions ont été faites au niveau du groupe 1 pour améliorer le document. L’ancien ministre Zahaby Ould Sidi Mohamed a proposé de citer les organes de la transition et d’uniformiser le mode de désignation pour le président et le vice-président. L’article 10 dit que le Conseil national de la transition est l’organe législatif. Et qu’il est composé de 51 membres répartis entre les représentants du Mouvement du 5 Juin-Rassemblement des forces patriotiques (M5-RFP), des forces de défense et de sécurité, des partis et regroupements politiques, des organisations de la société civile de l’intérieur et de la diaspora, des mouvements signataires de l’Accord pour la paix et la réconciliation. Alors qu’au niveau de l’article 13, il est dit que cet organe sera composé de 25 membres répartis entre les entités cités plus haut. Le président du Parti pour l’action civique et patriotique (PACP) a proposé que le président de la transition soit un civil. Pour Niankoro Yeah Samaké, il faut respecter les engagements pris par notre pays qui est membre de la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO). Selon lui, cette organisation dit que le président et le Premier ministre doivent être des civils et il faut s’y plier. Concernant la durée de la transition, il propose 12 mois. Le gouverneur de Taoudeni, Abderrhamane Ould Meydou n’est pas de cet avis. Pour lui, les Maliens ont leurs propres problèmes et ce n’est pas la CEDEAO qui viendra les gérer à leur place. Il pense qu’il faut donner le temps aux Maliens de les gérer. Il a rappelé que depuis les années 90-91, notre pays tourne en rond. Et ce sont les mêmes personnes qui dirigent ce pays. C’est pourquoi, il propose que même si c’est un sergent de l’armée qui a les capacités, il faut lui confier les destinées du pays. L’ancien Premier ministre Moussa Mara a fait plusieurs observations. La première porte sur le rapport entre la charte de la transition et la Constitution. Selon lui, le document viole la Constitution. A cet effet, il dira qu’il faut « suspendre la Constitution soit s’y conformer ». En plus, le président du parti Yèlèma pense qu’il y a trop d’institutions dont une transition n’a pas besoin. Il a proposé deux institutions: le Conseil national de la transition dirigé par un chef d’Etat civil qui n’aura pas le titre de président de la République et un gouvernement dirigé par un Premier ministre civil également. Cheick Tidiane Sangho du Conseil national de la jeunesse (CNJ) abondera dans le même sens. Il a dénoncé plusieurs parties de la charte qui violent la Constitution. Il sera interrompu dans ses propositions par les jeunes du M5-RFP. N’eut été l’intervention des militaires, la tension allait aboutir à un affrontement entre jeunes du M5-RFP et du CNJ. Dans le groupe 2, Seydou Diakité a demandé qu’il y ait une enquête sérieuse de moralité pour tous ceux qui vont gérer la transition depuis le président. Modibo Doumbia propose de ne pas limiter l’âge pour le poste de président de la République afin d’éviter des problèmes dans l’avenir. DD/OD/MD (AMAP)
Concertation nationale au Mali : Une deuxième journée calme
Bamako, 11 sept (AMAP) Pour cette deuxième journée de la concertation nationale, les travaux se déroulent dans une ambiance calme, avec un dispositif sécuritaire renforcé, a constaté l’AMAP vendredi. Les discussions de cette deuxième journée portent sur le projet de Charte de la transition. Ce document de 33 articles élaboré par le Comité d’experts propose un draft sur les organes de la transition, sa durée, mais également le profil de son président. Contrairement à la première journée émaillée de remous occasionnés par certains jeunes du Mouvement du 5 Juin-Rassemblement des forces patriotiques (M5-RFP0 qui ont forcé le dispositif de sécurité, comme depuis le début des concertations sur les Termes de référence (TDR). Aux alentours du Centre international de conférences de Bamako (CICB) le dispositif sécuritaire était bien visible. Pour éviter tout éventuel dérapage, le premier point de contrôle a été avancé à une centaine de mètres de l’entrée. Le démarrage des travaux, au deuxième jour, s’est déroulé dans le calme et la sérénité. Par ailleurs, au niveau de la circulation, la mobilité est moins perturbée que jeudi. « Avec le nouveau dispositif mis en place, il n’y a ni embouteillage ni bousculade », se réjouit Binèfou Touré. un observateur . De sources concordantes, auprès des commissions de travail, les participants restent divisés sur le choix d’un civil ou un militaire à la tête du pouvoir transitoire. Une question qui devrait être tranchée samedi au moment de la clôture, après les débats en plénière. TC/AT/MD (AMAP)
Le colonel Assimi Goita à l’ouverture des travaux de la concertation nationale : « Nous devons laisser nos différends de côté… »
Bamako, 10 sept (AMAP) Le président du Comité national pour le salut du peuple (CNSP), le colonel Assimi Goita, a appelé, jeudi, à Bamako, les forces vives à se donner la main pour la refondation de la Nation malienne, a constaté l’AMAP. « Nous devons laisser nos différends de côté face à cette opportunité pour bâtir les jalons d’un Mali refondé sur le travail, l’efficience, la justice sociale, un Mali paisible, créatif et solidaire où il fait bon vivre », a-t-il déclaré, dans son discours d’ouverture des travaux de trois jours de la phase finale de la concertation, au Centre international de conférences de Bamako (CICB). Le colonel Assimi Goita a déclaré que cette concertation est l’expression des aspirations légitimes du peuple pour la refondation de la nation et donc, « une occasion pour les forces vives de prendre en compte les préoccupations du moment et de l’avenir ». « D’une manière générale, il s’agit de diagnostiquer, sans complaisance, les maux qui minent notre système démocratique afin d’adopter les mesures urgentes et nécessaires », a-t-il dit, en appelant à « l’esprit patriotique de tout un chacun pour l’adoption des bases des réforme politique et institutionnelle nécessaires à la refondation ». Selon lui, cette opportunité est la meilleure chance pour notre pays de relever les défis. « Nous sommes condamnés à réussir pour les futures générations », a-t-il dit. Et de réaffirmer : «Je tiens à renouveler notre volonté de participer à la mise place d’une architecture de la transition et, cela, dans le strict respect de la volonté du peuple malien ». A l’entrée du CICB, plusieurs personnes ne détenant pas de documents nécessaires pour l’accès et la participation aux travaux ne cessaient de se plaindre. Des participants, se réclamant de la jeunesse du Mouvement du 5 juin-Rassemblement des forces patriotiques (M5-RFP), ont tenté de forcer les barrages de sécurité. Face à leur insistance, les forces de sécurité ont fait usage de gaz lacrymogènes. Après la fumée, la pluie qui s’est abattue sur les lieux, les choses se sont calmées. La cérémonie d’ouverture était présidée par le président du CNSP, le colonel Assimi Goïta, accompagné de plusieurs membres du Comité. L’événement a regroupé l’ensemble des forces vives de la Nation avec la présence de l’autorité morale du M5-RFP, l’imam Mahmoud Dicko. Plusieurs ambassadeurs étaient également présents, notamment ceux du Maroc, du Sénégal, de l’Algérie. Cinq groupes de travail ont été constitués pour examiner la feuille de route et la Charte de la Transition. La première étape de la concertation nationale sur la validation des Termes de référence (TDR) s’est tenue, samedi 5 septembre 2020, au CICB. À la fin des travaux, les propositions faites par les participants ont été soumises à un comité d’une vingtaine d’experts pour synthèse. Les experts ont remis, mardi, le résultat de leurs travaux au CNSP. Il s’agit de deux documents, une feuille de route et une charte, remis au conseiller juridique du CNSP, Youssouf Z. Coulibaly. OD/TC/AT/MD (AMAP)

