Mali : Trois militaires tués dans une embuscade à Boulkessy, dans le Centre (Officiel)

Bamako, 24 sept (AMAP) Une embuscade a fait, selon un bilan provisoire, trois morts et quatre blessés chez les Forces armées maliennes (FAMa), mercredi, aux environs de 12h 45mn, au sud de Boulkessy, dans le Centre du Mali, a annoncé le ministère de la Défense et des anciens Combattants dans un communiqué publié le même jour. Cette attaque contre une mission de patrouille des FAMa du poste du G5 Sahel a fait une quinzaine de blessés chez les ennemis, selon le communiqué. « Les blessés FAMa ont été évacués sur Sévaré  (Centre) avec le soutien de la MINUSMA », précise le communiqué, ajoutant que « le ministère de la Défense et des anciens Combattants condamne avec fermeté cette attaque lâche des terroristes, salue la bravoure et la détermination de nos vaillants soldats qui se sont battus pour repousser l’ennemi et maintenir leur position». En outre, le département en charge de la Défense présente ses « condoléances émues aux familles des martyrs et souhaite prompt rétablissement aux blessés ». Il encourage, également, les FAMa à persévérer dans leur mission de défense et de sécurisation des populations et de leurs biens. MT/MD (AMAP)

Mali : Le médiateur de la CEDEAO annoncé à l’investiture du président de la Transition, vendredi

Bamako, 23 sept (AMAP) Une mission de la médiation de la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO), conduite par le Nigérian Goodluck Jonathan est arrivée, mercredi, à Bamako, où il prendra part à la cérémonie d’investiture du Président de la transition, vendredi, au Centre international de conférence de Bamako (CICB) M. Jonathan, qui séjournera au Mali jusqu’au vendredi 25 septembre 2020, doit faire le suivi des décisions du mini sommet de la CEDEAO d’Accra du 15 septembre dernier. Mercredi après-midi, la délégation du médiateur a participé à une réunion du comité de suivi avec le président du Conseil des ministres de la CEDEAO, le président de la Commission, les représentants de la Mission intégrée multidimensionnelle des Nations unies pour la stabilisation au Mali (MINUSMA) et de l’Union africaine (UA). Plus tard, en fin de journée, une rencontre est prévue avec les ambassadeurs des États permanents du Conseil de sécurité et de l’Union européenne (UE). La mission aura également, dans la soirée, des échanges avec les Ambassadeurs des États membres de la CEDEAO au Mali. Au programme du jeudi 24 septembre 2020, une rencontre avec le Comité national pour le salut du peuple (CNSP) est prévue suivie d’une visite de courtoisie au Président de la Transition. La fin de la mission, vendredi, sera sanctionnée par un point de presse. TC/MD (AMAP)  

Mali : Le colonel-major à la retraite Bah N’Daw nommé président de la Transition

Bamako, 21 sept (AMAP) Le colonel-major à la retraite, Bah N’Daw, désigné président de la Transition au Mali, n’était pas très bien connu du grand public, jusqu’en mai 2014, avant d’être nommé Ministre de la Défense et des Anciens combattants. Ses compagnons d’armes, eux, savent qu’il est un homme de principe, un militaire engagé au sens très élevé de la loyauté. Né le 23 août 1950 à San, dans la Région de Ségou, au Centre du Mali, le tout nouveau président a fait une brillante carrière au sein de l’Armée de l’air, avant de faire valoir ses droits à la retraite. Après son baccalauréat, il est incorporé comme engagé volontaire dans l’Armée, le 1er juin 1973. L’année suivante, il est désigné pour suivre un stage de pilote d’hélicoptère en ex-Union des Républiques socialistes soviétiques (URSS). En mars 1976, le jeune militaire qui se laisse affectueusement appelé « Le Grand », intègre la toute nouvelle l’Armée de l’Air. Avec son brevet d’étude militaire supérieur obtenu en France, il alla se former davantage à l’Ecole de guerre (CID) en 1994. Le nouveau président de la Transition est de la 7è promotion (1973) de l’École militaire interarmes (EMIA) de Koulikoro. Comme de nombreux cadres de son corps, il est passé par l’ancienne URSS où il a suivi plusieurs stages. Sa riche carrière lui fit occuper des postes stratégiques : aide de camp du président Moussa Traoré, chef d’état major de l’Armée de l’Air, chef d’état major adjoint de la Garde nationale, directeur du Génie militaire, chef de cabinet de défense à la Primature, directeur général de l’Equipement des armées, chargé de mission au Ministère de la Dèfense et des anciens Combattants (MDAC), directeur de l’Office national des anciens combattants militaires retraités et victimes de guerre (ONAC). L’Officier de l’Ordre national qui parle plusieurs langues dont le Russe est appelé encore une fois à servir le Mali. Pendant une transition de 18 mois, il doit faire appel à tout son savoir-faire militaire et son capital-expérience pour réussir à remettre le train Mali sur les rails. Dans cette tâche, il est secondé par le colonel Assimi Goita, président du Comité pour le Salut du Peuple (CNSP) en qualité de vice-président. AC/MD (AMAP)

Mali : Le chef de la diplomatie algérienne s’entretient à Bamako avec le CNSP et des acteurs politiques

Bamako, 20 sept (AMAP) Le ministre algérien des Affaires étrangères, Sabri Boukadoum, a eu, dimanche, à Bamako, des entretiens avec une délégation du Comité National pour le Salut du Peuple (CNSP), sur la situation au Mali, indique un communiqué du ministère algérien des Affaires étrangères cité par Algérie presse service (APS) « Ces entretiens ont été l’occasion d’aborder la situation au Mali à la lumière des dernières consultations tenues dans la capitale malienne et des décisions du dernier sommet de la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (Cédéao) », selon la même source. Selon le communiqué, M. Boukadoum, dépêché par le président algérien, Abdelmadjid Tebboune, et arrivé en mi-journée, dans la capitale malienne, s’est entretenu, notamment, avec le président du CNSP, le colonel Assimi Goïta, le vice-président, le colonel Malick Diaw et le porte-parole, le colonel-major Ismaël Wagué. M. Boukadoum a mis en exergue « l’intérêt particulier, maintes fois exprimé par le président de la République algérienne, que porte l’Algérie à la stabilité et à la sécurité du Mali et sa solidarité sans faille avec le peuple malien frère », souligne le communiqué. Le ministre Boukadoum, a, dans ce cadre, réitéré « la disponibilité de l’Algérie à poursuivre son accompagnement aux frères maliens, comme elle l’a fait par le passé, dans leurs efforts à conduire une transition calme et apaisée qui soit à la hauteur des attentes du peuple malien et qui permettrait le retour à l’ordre constitutionnel », poursuit la même source. Le chef de la diplomatie algérienne a, également, eu des entretiens avec le chef de la Mission multidimensionnelle intégrée des Nations Unies pour la stabilisation au Mali (MUNISMA), Mahamet Saleh Ennadif et le chef de la Mission de l’Union africaine (UA) pour le Mali et le Sahel, Pierre Buyoya. Ces deux entretiens « ont porté essentiellement sur l’évolution de la situation au Mali ainsi que sur la coordination des efforts en matière de stabilisation de la Région », ajoute  le communiqué. Sabri Boukadoum a, aussi, eu une série d’entretiens, toujours, sur la situation au Mali, avec de nombreux acteurs maliens de premier plan, indique le ministère algérien des Affaires étrangères cité par APS. Il s’agit, en particulier, de l’ancien Premier ministre malien, Soumeylou Boubèye Maiga, de Zahabi Ould Sidi Mohamed, ancien ministre et président de la Commission Désarmement, Démobilisation et Réintégration (DDR) de l’Accord pour la paix et la réconciliation au Mali issu du processus d’Alger et Sidi Brahim Ould Sidati, chef de la délégation de la Coordination des mouvements de l’Azawad au Comité de suivi de l’Accord d’Alger (CSA). L’Algérie est fortement impliquée dans la mise en oeuvre de l’Accord pour paix et la réconciliation au Mali. Elle assure la présidence du CSA, à travers son ambassadeur au Mali, Boualem Chebihi. M. Boukadoum, « s’est également entretenu avec d’autres acteurs politiques maliens dont notamment l’Imam Mahmoud Dicko, leader du Mouvement M5 et le président de la Convergence pour le développement du Mali (CODEM), Housseini Amion Guindo », ajoute la même source. « Les interlocuteurs maliens ont largement salué le rôle de l’Algérie dans la Région et son engagement indéfectible en direction du Mali et du peuple malien, en exprimant leur appréciation pour la solidarité agissante que l’Algérie a toujours témoignée à ce pays frère et voisin », a conclu le ministère algérien des Affaires étrangères. Le ministre algérien des Affaires étrangères, à la tête d’une forte délégation, était déjà présent, le 28 août dernier, dans la capitale malienne, pour des échanges avec les responsables du CNSP. MD (AMAP)    

Les Forces armées maliennes ont neutralisé des terroristes et saisi du matériel à Nampala, dans le Centre (Officiel)

Bamako, 19 septembre (AMAP) Les Forces armées maliennes (FAMa) ont neutralisé cinq terroristes, mercredi, à Tolodjé, dans la localité de Nampala, dans le Centre du Mali, a annoncé, samedi, le site officiel de l’Armée. Suite à cet accrochage, les FAMa ont, aussi, saisi du matériel sur les Groupes armés terroristes (GAT), indique la même source. Ces matériels comprennent 04 Pistolets mitrailleurs (PM), 06 fusils de chasse, des munitions en vrac, 09 motos et un important lot de médicaments. Les Forces armées maliennes ne déplorent aucune perte dansa cette opération. MD (AMAP)

Mali : Discussions entre le CNSP et le M5-RFP pour la mise en place de la transition

Bamako, 19 sept (AMAP) Les discussions entre le Comité national pour le salut du peuple (CNSP) et le Mouvement du 5Juin-Rassemblement des forces patriotiques (M5-RFP), mouvement à l’origine de la contestation contre l’ex président Ibrahim Boubacar Keïta, se poursuivent, aujourd’hui samedi, à Bamako, dans le cadre de la mise en place d’un collège pour désigner les dirigeants et les organes de Transition, a appris l’AMAP de source proche des pourparlers. Les deux parties, qui ont engagé ces discussions, vendredi, divergent sur les résultats de la concertation nationale tenue la semaine dernière. Le (M5-RFP) a dénoncé les pratiques qui ont conduit à l’adoption des textes de la Transition avant de déclarer qu’il « n’entendait ni rompre ni entrer en conflit avec le CNSP ». Il soutient que l’option majoritaire à la concertation nationale est celle d’une transition dirigée par des civils. Pour sa part, le CNSP , qui aparis le pouvoir le 18 aout dernier défend le chois d’un militaire a la tête de la presidence de la Transition. Le porte-parole du Conseil national pour le salut du peuple (CNSP), le colonel-major Ismaël Wagué, a annoncé, mercredi, à Bamako, que le CNSP a engagé le processus de constitution du Collège qui doit désigner le président et le Premier ministre de la Transition au Mali. Dans une conférence de presse, à Kati, pour restituer les conclusions du mini-sommet de la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) à Accra, au Ghana, auquel le président du CNSP a pris part, mardi, le colonel-major Wagué a déclaré que le CNSP s’engage à respecter toute décision du Collège, en passe d’être constitué pour désigner les responsables du pouvoir intérimaire. Sans donner beaucoup de détails sur les critères de désignation de ses membres, le porte-parole du CNSP a indiqué que ce collège sera composé de militaires, de représentants de la société civile et d’autres sensibilités de la Nation. Les dirigeants ouest-africains, fermes sur la solution d’un président et un Premier ministre de transition civils, avaient donné une semaine à cet effet, à compter du 15 septembre. Dans ses échanges avec la presse, le porte-parole du CNSP n’écarte pas l’hypothèse de la désignation d’un militaire par le Collège pour diriger la Transition. Il a rappelé que cela est, d’ailleurs, le souhait exprimé, lors de la concertation nationale, par la grande majorité des Maliens. Cependant, il n’exclut pas l’idée d’une concession du CNSP si le choix d’un militaire devait compliquer davantage la situation du Mali. Dans tous les cas, le CNSP s’engage à respecter ce qu’aura décidé le Collège qui, selon Ismaël Wagué, « intégrera dans ses analyses, aussi bien les conclusions de la concertation nationale que la position de la communauté internationale ». Par contre, les fonctions de vice-président et de président du Conseil national de la transition, qui est considéré comme l’organe législatif, seront assumées par des militaires. MD (AMAP)  

Obsèques nationales de feu Moussa Traoré : Avec les honneurs

Bamako, 18 sept (AMAP) Décédé le mardi dernier à 83 ans, l’ancien président Moussa Traoré, qui a dirigé le Mali pendant 23 ans, a bénéficié de tous les honneurs dus à son rang, avant d’être conduit à sa dernière demeure, le vendredi 18 septembre 2020. La République a mis en branle toutes ses fastes pour celui qui a présidé aux destinées du pays pendant le règne le plus long du Mali indépendant. La cérémonie, sur la Place d’armes du Génie militaire, était présidée par le colonel Assimi Goïta, président du Comité national pour le salut du peuple (CNSP). Dès son arrivée, le colonel Assimi Goïta a signé le livre de condoléances, s’est recueilli sur la dépouille mortelle. avant de s’installer à la tribune officielle. Place à la marche funèbre avec le corps sur un chariot recouvert du drapeau national sous les sons de la fanfare. Ensuite, ce fut les témoignages de la famille et des compagnons du défunt. Doua Abraham Sissoko, beau-frère du disparu, témoignant au nom de la famille, a indiqué que Moussa Traoré avait plusieurs familles au Mali. Mais pour lui, sa première famille était l’Armée. D’après lui, c’était un musulman pieux, un homme simple qui faisait tout dans la plus grande simplicité et avec un sens du devoir. « Moussa Traoré aimait la vérité et avait horreur du mensonge », a dit le frère de son épouse qui a déclaré que le défunt avait le souci du Mali. « C’est pourquoi, il tombait malade chaque fois qu’un évènement malheureux frappait notre pays. Et sa prière était de ne pas mourir laissant le Mali dans la situation difficile qu’il traverse », a dit Doua Abraham Sissoko. UNE VIE UTILE – Au nom de ses compagnons, L’ancien secrétaire politique de l’Union démocratique du peuple malien (UDPM, ex-parti unique), Djibril Diallo, a salué «la mémoire d’un homme d’exception, un homme d’Etat, l’un des enfants les plus illustres du Mali contemporain». Le secrétaire politique du parti unique, à l’époque, a retracé quelques faits saillants dont il a été témoin en tant que ministre d’Etat et secrétaire politique du Bureau exécutif central (BEC) de l’UDPM. Selon M. Diallo, le président Moussa Traoré accordait sa confiance aux cadres maliens jusqu’à preuve du contraire et avait foi à leur génie créateur et à l’esprit d’initiative. «Il me disait toujours ceci : Monsieur le secrétaire politique, chaque fois que Dieu fait, si vous le pouvez, donnez-moi le nom d’un cadre compétent, même s’il ne m’aime pas, s’il aime le Mali, je suis prêt à travailler avec lui», a témoigné Djibril Diallo qui a noté, en particulier, la création du Service national des jeunes qui permettait, non seulement, de choisir les meilleurs cadres mais, également, de fortifier le sentiment patriotique et la conscience civique de ceux qui devraient administrer plus tard. Djibril Diallo a, ensuite, rappelé que sous le magistère de Moussa Traoré, de nombreuses réalisations ont vu le jour dans le domaine de la maîtrise de l’eau, de la modernisation de l’agriculture, de l’organisation et de la mobilisation du monde rural, de la décentralisation, du désenclavement, de l’alphabétisation. De même que dans le domaine économique où les plus grands investissements hydro-agricoles, industriels, énergétiques, routiers du Mali indépendant ont été réalisés à cette époque. BRILLANT PARCOURS – Concernant la politique extérieure, Djibril Diallo dira que Moussa Traoré a été au cœur des débats essentiels sur les regroupements sous-régionaux ayant sanctionné la naissance d’importantes organisations de coopération comme la Communauté économique de l ;Afrique de l’Ouest (CEAO), ancêtre de l’Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMAO), l’Organisation de la mise en valeur du fleuve Sénégal (OMVS), le Comité inter-Etats de lutte contre la sécheresse au sahel (CILSS), la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO). « Le président Moussa Traoré, a ajouté Djibril Diallo, a consolidé les liens avec les peuples d’Afrique australe du fait que certains leaders des mouvements de libération qu’il a formés sont devenus les hauts responsables de leurs Etats devenus indépendants ». Egalement, le défunt président a tissé d’excellentes relations avec tous les pays épris de paix et de justice sur la base du respect mutuel et de l’intérêt réciproque, «dans le respect des engagements souscrits». Djibril Diallo a dit, en outre, qu’il a rendu le pays, en quittant le pouvoir, avec ses frontières intactes sinon élargies. Le général Amadou Sagafourou Guèye, grand Chancelier des ordres nationaux, avant de présenter ses condoléances, au nom du président du CNSP a, dans l’oraison funèbre, rappelé le brillant parcours du défunt. Né le vendredi 25 septembre 1936 à Sébétou, le jeune Moussa Traoré fit, très tôt, preuve d’une intelligence et d’une maturité au-dessus de la moyenne. « De 1944 à 1950, a-t-il rappelé, Moussa Traoré a fréquenté l’école régionale de Kayes avant de réussir, comme major de la promotion, le concours d’entrée à l’Ecole des enfants de troupes de Kati. Il en sortira, en 1955, également, major de la promotion ». Pour lui, «ce militaire dans l’âme, pour qui la discipline, la dignité, le respect de la parole donnée étaient un véritable sacerdoce a consacré sa vie entière à sa terre natale, œuvrant inlassablement pour son rayonnement au-delà de l’Afrique, ouvrant le Mali au monde». La sonnerie aux morts et un défilé militaire en l’honneur du défunt ont mis fin à cette cérémonie officielle. Le corps a, ensuite, été remis à la famille pour la cérémonie religieuse et son enterrement. Moussa Traoré repose désormais au cimetière de Hamdallaye. A la fin de la cérémonie, l’ancien président Amadou Toumani Touré (ATT), qui l’a renversé en 1991, a déclaré aux journalistes qu’il fut un collaborateur du général Moussa Traoré pour avoir commandé la Garde présidentielle, pendant un temps, et les unités parachutistes dont il lui avait confié le commandement. Pour Amadou Toumani Touré, c’était une marque de confiance. «Je ne pouvais pas ne pas venir», a déclaré l’ancien président qui s’est dit heureux que « le Mali ait organisé une cérémonie aussi grandiose et belle pour un homme qui, à un moment, a incarné notre pays. » Le président de la Transition, entre 2012 et 2013, le Pr Dioncounda Traoré, et plusieurs anciens

Mali: Les obsèques de l’ancien président Moussa Traoré prévues ce vendredi (officiel)

Bamako, 17 sept (AMAP) Les obsèques de l’ancien président malien, le général d’Armée Moussa Traoré, décédé le mardi 15 septembre dernier, à Bamako, auront lieu, vendredi, à 10h, sur la Place d’armes du Génie militaire, à l’ancienne base aérienne, dans la capitale malienne. La cérémonie funéraire est placée sous la haute présidence du président du Comité national pour le salut du peuple (CNSP), le colonel Assimi Goïta. L’événement devrait enregistrer la présence des notabilités de Bamako, les représentants de plusieurs chancelleries accréditées au Mali, ainsi que les proches, amis et anciens collaborateurs du défunt président de la IIème République du Mali. Un deuil national de trois jours, à compter de jeudi 17 septembre, a été décrété par kes autorités maliennes. AT/MD (AMAP)

Mali: La désignation des dirigeants de la Transition est en cours (CNSP)

Bamako, 17 sept (AMAP) Le porte-parole du Conseil national pour le salut du peuple (CNSP), le colonel-major Ismaël Wagué, a annoncé, mercredi matin, à Bamako, que le CNSP) a engagé le processus de constitution du Collège qui doit désigner le président et le Premier ministre de la Transition au Mali.  Dans une conférence de presse, à Kati, pour restituer les conclusions du mini-sommet de la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) à Accra, au Ghana, auquel le président du CNSP a pris part, mardi, le colonel-major Wagué a déclaré que le CNSP s’engage à respecter toute décision du Collège, en passe d’être constitué pour désigner les responsables du pouvoir intérimaire. Sans donner beaucoup de détails sur les critères de désignation de ses membres, le porte-parole du CNSP a indiqué que ce collège sera composé de militaires, de représentants de la société civile et d’autres sensibilités de la Nation. En engageant le processus de mise en place du Collège pour désigner les dirigeants de la transition, quelques heures seulement après la rencontre de la capitale ghanéenne, le CNSP veut, conformément au souhait des chefs d’État de la sous région, mettre rapidement en place un président et un Premier ministre pour diriger la transition. Les dirigeants ouest-africains avaient donné une semaine à cet effet, à compter du 15 septembre. Ils avaient, aussi, exigé que le président et le Premier ministre soient des civils. Dans ses échanges avec la presse, le porte-parole du CNSP n’écarte pas l’hypothèse de la désignation d’un militaire par le Collège pour diriger la Transition. Il a rappelé que cela est, d’ailleurs, le souhait exprimé, lors de la concertation nationale, par la grande majorité des Maliens. Cependant, il n’exclut pas non plus l’idée d’une concession du CNSP si le choix d’un militaire devait compliquer davantage la situation du Mali. Dans tous les cas, le CNSP s’engage à respecter ce qu’aura décidé le Collège qui, selon Ismaël Wagué, « intégrera dans ses analyses, aussi bien les conclusions de la concertation nationale que la position de la communauté internationale ». Par contre, les fonctions de vice-président et de président du Conseil national de la transition, qui est considéré comme l’organe législatif, seront assumées par des militaires. Lors de cette rencontre avec la presse, le porte-parole du CNSP a fait un compte rendu des échanges que le colonel Assimi Goïta a eus avec les chefs d’État de la CEDEAO. Le chef du CNSP a fait le voyage de la capitale ghanéenne pour présenter les conclusions de la concertation nationale et plaider pour la levée ou l’assouplissement des sanctions prises par l’organisation communautaire contre le Mali. A l’issue des échanges, le CNSP n’a pas eu de suite favorable. Les dirigeants ouest-africains ont, en effet, conditionné la levée des sanctions à la mise en place d’une transition civile. «Ils voulaient que nous donnions un avis favorable à cette requête, dès aujourd’hui, pour qu’on puisse se quitter sur un accord avec un communiqué à la fin », a relaté l’officier supérieur. « Mais, nous leur avons dit que nous n’avions pas ce mandat». Malgré l’intransigeance des chefs d’État, le colonel-major a estimé que ce déplacement à Accra n’a pas été un échec. En effet, selon lui, l’invitation du président du CNSP à ce mini-sommet est une forme de reconnaissance de son statut de chef d’État. Aussi, ce déplacement leur a permis d’expliquer, de vive voix, la situation réelle au Mali et de partager la Feuille de route et la Charte issues de la concertation nationale. Mieux, le CNSP a réussi à convaincre ses interlocuteurs d’étendre la période de transition à 18 mois, au lieu des 12, initialement indiqués par l’institution sous-régionale. ID/MD (AMAP)    

Portrait : Moussa Traoré, « Balla » s’en est allé

Bamako, 15 sept (AMAP) Né le 25 septembre 1936, Moussa Traoré aura connu cinq vies. La première est celle d’un jeune officier que rien ne distinguait, particulièrement, et qui fait ses études à l’Ecole des enfants de troupe de Kati avant de les poursuivre à l’Ecole préparatoire des officiers d’outre-mer. Il est aspirant lorsqu’il regagne le Mali nouvellement indépendant. Nommé sous-lieutenant en 1961, il passe lieutenant en 1963. Le Mali socialiste d’alors est engagé aux côtés des forces qui se battent pour l’émancipation totale du continent et le jeune officier est envoyé au Tanganyka (partie intégrante de l’actuelle Tanzanie) en qualité d’instructeur auprès des combattants des mouvements de libération. Rentré au Mali, Moussa Traoré est affecté, toujours comme instructeur, à l’Ecole militaire inter-armes de Kati. La seconde vie de Moussa Traoré commence en 1968. Avec un groupe de jeunes officiers inquiets de la dévalorisation croissante de l’Armée et de la montée de la milice populaire devenue une institution para-militaire toute-puissante, il organise le coup d’Etat du 19 novembre 1968 qui aboutit au renversement du président Modibo Kéita. Le jeune officier est porté à la tête du Comité militaire de libération nationale (CMLN), nouvel organe dirigeant du pays et il cumule assez vite ces fonctions avec celles de chef de l’Etat. Mais malgré ces responsabilités en apparence prestigieuses, Moussa Traoré n’est en fait que le premier parmi les égaux, le fonctionnement collégial du CMLN restreignant sa marge de prise de décision. Si bien qu’il apparaît non pas comme l’homme fort du pays, mais plutôt comme le pondérateur des luttes d’influence qui font rage à l’intérieur du Comité. Sa troisième vie date du 28 février 1978. Ce jour-là, il fit arrêter quatre de ses compagnons parmi lesquels deux (Tiécoro Bagayoko et Kissima Doukara) traînent une réputation désastreuse au sein de l’opinion publique nationale et sont considérés comme les faucons du CMLN. La quatrième vie de Moussa Traoré débute lorsque prend fin l’état de grâce qui a suivi les événements de février 1978. L’agitation estudiantine de 1980 s’achève sur la mort du leader du mouvement Abdoul Karim Camara dit « Cabral ». Le président Traoré dans cette crise a dû se sentir bien démuni puisque le parti unique et constitutionnel qu’il a créé – l’Union démocratique du peuple malien (UDPM) – n’a pas su se poser ni en intercesseur auprès du monde scolaire, ni en mobilisateur de l’opinion publique. L’ancien pensionnaire de l’Ecole des enfants de troupe de Kati, qui était devenu général de brigade en octobre 1978 (il sera promu général d’armée en mars 1982), commence alors son apprentissage de la solitude du pouvoir. Celle-ci allait lui faire abandonner progressivement ses réelles aspirations d’ouverture de 1978 pour se laisser enfermer dans une logique de cénacle. Au début des années 90, cette évolution atteint sa forme la plus aboutie. Au-delà du parti et au-dessus du gouvernement, c’est un cercle restreint de proches et d’intimes qui exerce la réalité du pouvoir et conseille le président sur la conduite des affaires du pays. Moussa Traoré s’est, de plus en plus coupé, des réalités du pays dont il ne percevait pas les profondes modifications. Le destin lui réserva tout de même un ultime chant du cygne en 1988, année où il assume la présidence de l’Organisation de l’unité africaine (OUA), aujourd’hui Union africaine (UA) en même temps que se fêtait le 20è anniversaire de sa prise de pouvoir. Deux ans plus tard, survenait le temps des épreuves. Les associations politiques lançaient les premières revendications pour l’ouverture démocratique. Imperméable à l’air du temps, insensible aux avis favorables au multipartisme qui surgissaient au sein de son propre camp, Moussa Traoré laisse passer deux occasions historiques d’accepter l’ouverture et, sans doute, de la contrôler. Voulant à tout prix rester maître du calendrier et reporter une prise de décision au congrès de l’UDPM de mars 1991, il se fait déborder par la montée des impatiences populaires. La répression sanglante de la marche estudiantine du 22 mars 1991 sonne le glas de son régime. Renversé par le coup d’État du 26 mars, Moussa Traoré est condamné à mort lors du procès « Crimes de sang », puis du procès « Crimes économiques »(les peines seront ensuite commuées en détention à perpétuité). En ces deux occasions, il s’employa à justifier et à valoriser sa gestion des affaires maliennes pendant 23 ans, mettant sa chute au compte d’un complot ourdi de l’extérieur. Gracié en mai 2002 par le président Konaré, l’ancien chef de l’État fait alors le choix de se mettre en retrait de la vie publique. Féru de lecture des Saintes écritures, il a certainement puisé dans celles-ci la sérénité de comportement et l’égalité d’humeur que tous lui reconnaissent aujourd’hui. S’il prodigue encore de discrets conseils et recommandations aux forces politiques qui lui demeurent fidèles, il s’abstient résolument de tout ce qui pourrait apparaitre comme une immixtion directe. Ce qui ne l’empêchera pas cependant le 04 septembre 2013, de rehausser l’éclat de la cérémonie de prestation de serment au CICB du président de la République alors fraichement élu, Ibrahim Boubacar Keïta. Seul ancien chef d’Etat présent, Moussa Traoré a été alors porté au pinacle par celui qui venait de prendre les rênes du pays qui le qualifia de « Grand républicain ». Ayant franchi l’âge de la sagesse, celui que ses compatriotes appelaient « Tarata Balla » qui signifie « Balla du Mardi » (Ndlr, les événements importants de sa vie sont intervenus un mardi), aura compris que c’est désormais le costume de conciliateur et de rassembleur qui lui sied. Au lendemain du coup d’Etat qui a renversé le président Amadou Toumani Touré en 2012, les responsables de la junte l’ont rencontré quelques fois. Plus récemment, les membres du Comité national pour le salut du peuple (CNSP), avec le colonel Assimi Goïta en tête, sont aussi allés à « l’écoute de l’ancien président ». Puisant dans son riche fond politico-militaire, Moussa Traoré a dû prodiguer d’utiles conseils aux jeunes officiers de 2012, tout comme à ceux de 2020 dont le destin a ressemblé au sien quelques décennies plutôt. Il aura aussi contribué à chercher une issue