Transition au Mali : La phase finale de la concertation nationale débute ce jeudi

Bamako, 9 septembre (AMAP) La concertation nationale débute, jeudi, et s’étendra jusqu’au 12 septembre au Centre international de conférences de Bamako (CICB) avec la participation des délégués nationaux et ceux de la diaspora, qui plancheront sur l’architecture de la Transition, ses missions ainsi que sa durée. La liste des participants à cette concertation, déjà large, inclura les partis politiques, la presse, les syndicats, les organisations de la société civile, les mouvements signataires de l’accord pour la paix et la réconciliation nationale issu du processus d’Alger. L’événement est placé sous la présidence du président du CNSP, Colonel Assimi Goïta. La première étape de la concertation nationale sur la validation des Termes de référence (TDR) s’est tenue, samedi 5 septembre 2020, au CICB. À la fin des travaux, les propositions faites par les participants ont été soumises à un comité d’une vingtaine d’experts pour synthèse. Les experts ont remis, mardi, le résultat de leurs travaux au CNSP. Il s’agit de deux documents, une feuille de route et une charte, remis au conseiller juridique du CNSP, Youssouf Z. Coulibaly. TC/MD (AMAP)

Ultimatum de la CEDEAO : Sourde oreille et indifférence des Maliens

Bamako, 9 sept (AMAP) On a l’impression que le Mali se préoccupe moins de l’ultimatum de la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) sommant le Comité national pour le salut du peuple (CNSP) de désigner un président et un Premier ministre civils, d’ici le 15 septembre 2020, pour conduire la transition. La réaction du CNSP tarde à venir. Les journaux parlent peu du sujet. Le Mouvement du 5 Juin-Rassemblement des forces démocratiques (M5-RFP) estime que ce n’est pas une course de vitesse, tandis que certains citoyens pensent que c’est une occasion pour le Mali de prendre son destin en main. Au moment où le CNSP a ouvert « des concertations nationales sur la gestion de la transition au Mali, les chefs d’Etat de la CEDEAO ont exigé, lundi, que les autorités militaires désignent des personnalités civiles comme président et Premier ministre de la transition, dans un délai d’une semaine. C’était la teneur du communiqué final des travaux de la 57ème session de leur conférence. « La conférence demande que le président et le Premier ministre de la transition, tous deux civils, soient désignés au plus tard le 15 septembre 2020 ». La CEDEAO a réaffirmé « sa détermination à assurer un retour rapide à l’ordre constitutionnel dans ce pays, avec une transition politique dirigée par un président et un Premier ministre civils pour une période de 12 mois ». Malgré tout, c’est la sourde oreille. Les militaires du CNSP n’ont pas réagi à cette injonction de l’organisation sous régionale. Aucun communiqué officiel. D’ailleurs le CNSP continue ses consultations. Pour appuyer les nouveaux hommes forts de Kati, une organisation de la société civile, Mouvement populaire du 4 septembre (MP4) a vu le jour pour soutenir la gestion de la transition par le CNSP. Ce mouvement a tenu un meeting populaire de soutien aux Forces armées maliennes, mardi, à la Place de l’Indépendance pour fustiger la CEDEAO et « sommer » les hommes politiques de laisser le CNSP diriger le pays. SOUTIEN AU CNSP – La transition en vue ne réussira qu’avec un militaire à sa tête. C’est la conviction du MP4 qui l’a clamé au meeting à la Place de l’indépendance. Cette manifestation, première activité d’envergure de ce mouvement porté sur les fonts baptismaux il y a seulement quelques jours, intervient au lendemain du sommet des chefs d’Etat de la CEDEAO. Les manifestants, à travers des slogans hostiles à l’organisation sous régionale ont vitupéré contre l’ultimatum des dirigeants ouest africains exigeant un président et unPremier ministre de la transition civils, dans une semaine. Pour les manifestants, cette exigence doit se conformer à la volonté du peuple malien. « Et cette volonté, selon Baba Sanogo, un manifestant, c’est de confier la gestion de la transition aux militaires qui ont renversé le régime de l’ancien président de la République ». Les chefs d’Etat prouveront ainsi que la « Cedeao n’est pas un syndicat de présidents de la République ». Notre interlocuteur va plus loin, en prédisant l’issue de la concertation nationale qui démarre le jeudi prochain : « Les Maliens confirmeront qu’ils sont favorables à ce que la transition soit dirigée par le Comité national pour le salut du peuple ». Mais au sein du MP4, certains militants sont conscients que nombre de nos compatriotes ne partagent pas leur avis sur la question. Néanmoins, ils sont bien déterminés à se faire entendre pour que le CNSP garde la main. Partageant ce souhait, Hamidou Guindo met, cependant, un bémol en soutenant que « les militaires corrompus doivent être écartés » et rappelle les événements de 2012, dont l’issue prouve à suffisance qu’il ne « sert pas à grand-chose d’imposer des civils à la tête d’une transition ». SENTIMENT NATIONAL – Cet engagement du MP4 à soutenir l’Armée, est motivé, selon les initiateurs, par le seul souci de préserver la mère Patrie qui est confrontée, depuis une dizaine d’années, à de dures épreuves. « La descente aux enfers a été stoppée par le CNSP », selon Seydou Oumar Traoré, président de la plateforme « Les Patriotes ». Par conséquent, il estime que tous les patriotes doivent se mobiliser pour soutenir les militaires dans « toute conduite qu’ils auront décidé de tenir ». D’ores et déjà, lui-même a plaidé pour une transition de trois ans et que, pendant ce temps, les « politiques qui veulent gérer le pays se préparent pour l’élection de 2023 ». Seydou Oumar Traoré a, dans la foulée, tancé la vieille garde politique. Les autres intervenants lui emboîteront le pas, fustigeant la gestion des acteurs politiques. « Les civils ne peuvent pas gérer la transition », a tranché Alassane Tangara, président de la plateforme « Mali pour nous Tous ». Et de mettre en garde ceux qui tenteront de se mettre au travers du chemin de l’Armée. Abdoulaye Keïta, président de Wati Sera (L’heure a sonné), s’est appesanti sur les sanctions prises par la CEDEAO, qui ne font que fragiliser davantage la situation du Mali. « L’embargo est, pour nous, des souffrances de trop », a-t-il déclaré, avant d’appeler les dirigeants ouest africains à reconsidérer leur position. Comparativement aux dernières manifestations qu’a connues la Place de l’indépendance, celle-ci a peu mobilisé. Visiblement déçue, Aissata Traoré s’en prend à nos compatriotes qui auraient « certainement effectué le déplacement par milliers s’il s’agissait de défendre des intérêts personnels ». Pour sa camarade, Mariam, la majorité des Maliens ne sont « patriotes que du bout des lèvres». REACTIONS VIRTUELLES – Sur les réseaux sociaux, les avis diffèrent sur le sujet. Mais, les antis décisions de la CEDEAO sont nombreux. Les internautes entretiennent la flamme nationaliste. Bréhima Mamadou Koné propose même des conditions pour un retrait du Mali de la CEDEAO et de l’Union économique et monétaire ouest africaine (UEMOA). « On peut quitter la CEDEAO, mais les préalables sont, entre autres, la création de notre propre monnaie, la construction d’une économie intravertie basée sur l’augmentation de la production, la productivité et la compétitivité, la transformation structurelle de l’agriculture, de l’énergie, la rationalisation des ressources publiques , une meilleure maitrise de la croissance démographique, une meilleure gestion de la comptabilité, la reconstruction de l’appareil de défense et sécurité », développe-t-il dans un mémorandum intitulé « les conditions pour se

Mali: Ultimatum de la CEDEAO au CNSP pour désigner un président et un Premier ministre de transition civils, avant le 15 septembre

Bamako, 7 sept (AMAP) Les Chefs d’État et de Gouvernement des États membres de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) ont exigé, lundi à Niamey, au Niger, que le Comité national pour le salut du peuple (CNSP) désigne, au plus tard, le 15 septembre 2020, un président et Premier ministre civils pour conduire la Transition au Mali. Les dirigeants des pays membres de l’organisation sous régionale, réunis dans la capitale nigérienne, pour les travaux de leur 57è sommet ordinaire sur l’évolution de la situation malienne, «prennent acte» des consultations inter-maliennes, lancées, samedi, mais décident de maintenir les sanctions prises antérieurement contre le pays. Le président du Niger, Issoufou Mahamadou, président en exercice sortant de la CEDEAO, s’exprimant devant le sommet à Niamey, a déclaré : « Le Mali a plus que jamais besoin de stabilité pour que les aspirations fortes du peuple Malien pour la sécurité et le développement soient pleinement satisfaites. Il est du devoir de notre communauté d’assister les Maliens en vue d’un rétablissement rapide de toutes les institutions démocratiques ». MD (AMAP)

57è sommet de la CEDEAO à Niamey : Le président nigérien demande au CNSP d’« aider à aider le Mali »

Bamako 7 sept (AMAP) « La junte militaire doit nous appuyer à aider le Mali. Nous fondons l’espoir qu’elle répondra favorablement aux mesures prises par notre communauté. D’autres partenaires stratégiques du peuple malien fondent le même espoir. Ne les décevons pas. », a déclaré, lundi, à Niamey, le président en exercice la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO), le président nigérien Issoufou Mahamadou S’exprimant devant les Chefs d’État et de Gouvernement des 15 États membres de la CEDEAO réunis\ dans la capitale du Niger pour les travaux de leur 57è sommet ordinaire, avec comme point d’orgue de leur agenda la situation politique, sécuritaire et économique de la sous-région et l’évolution de la situation au Mali, Issoufou Mahamadou a rappelé les décisions prises par la CEDEAO lors des trois sommets virtuels sur ce pays. Le président du Niger, a ajouté : « Le Mali a plus que jamais besoin de stabilité pour que les aspirations fortes du peuple Malien pour la sécurité et le développement soient pleinement satisfaites. Il est du devoir de notre communauté d’assister les Maliens en vue d’un rétablissement rapide de toutes les institutions démocratiques ». À la situation malienne, s’ajoute l’examen des rapports sur l’état de la Communauté, le plan d’action pour la sécurité régionale, le programme de coopération monétaire de la CEDEAO et la situation de la Covid-19. Ce Sommet sera, également, l’occasion d’élire le nouveau Président de la Conférence des Chefs d’État et de Gouvernement de la communauté régionale. À l’ouverture des travaux, dans la matinée, le président en exercice, Issoufou Mahamadou, a rappelé les domaines sur lesquels il a mis l’accent durant son mandat. Notamment la sécurité régionale, la consolidation des institutions démocratiques et l’intégration économique. Sur la question de la monnaie unique, Issoufou Mahamadou a souligné la modification de l’agenda, précisant que le présent sommet doit prendre en considération cette situation et élaborer une nouvelle feuille de route. « L’occasion sera mise à profit pour clarifier la controverse née de l’annonce du lancement de l’Eco, la nouvelle monnaie, par les pays membres de l’UEMOA », a-t-il ajouté. Par ailleurs, Selon le président nigérien, de manière plus générale, le sommet doit définir les orientations nécessaires pour l’élaboration d’un plan régional de relance économique post COVID-19 car, a-t-il dit, tous les programmes ont été frappés négativement par la COVID-19. Cette 57è sommet a vu la désignation du président ghanéen Nana Akufo-Addo, comme nouveau Président en exercice de la Conférence des Chefs d’Etat et de gouvernement de la CEDEAO, en remplacement du Président Mahamadou Issoufou. TC/MD (AMAP)    

Mali : Levée du couvre-feu

Bamako, 6 sept (AMAP) Le Comité national pour le salut du peuple (CNSP) a annoncé, dimanche, la levée du couvre-feu sur tout le territoire national. Dans un communiqué diffusé dans l’après-midi, le CNSP assure que tous les dispositifs sécuritaires habituels seront renforcés sur l’ensemble du territoire national. Le couvre-feu, entre 01h 30mn et 05h du matin, avait été instauré le mercredi 19 août, au lendemain du renversement du régime d’Ibrahim Boubacar Keïta. Cette restriction des libertés avait été avait été aménagée à deux reprises pour coller aux réalités sociétales du pays. La décision de sa levée intervient alors que la première phase des concertations nationales sur la gestion de la transition est en cours. TC/MD (AMAP)

Concertation nationale sur la transition au Mali : Des incompréhensions au tout début des travaux

Bamako, 5 sept (AMAP) Les travaux sur la validation des Termes de référence (TDR) des futures assises nationales sur la transition ont débuté, samedi, sur fond d’incompréhensions, samedi, au Centre international de conférences de Bamako (CICB). Après la cérémonie d’ouverture présidée par le 1er vice-président du Comité national pour le salut du peuple (CNSP), le colonel Malick Diaw, plusieurs incompréhensions ont émaillé le démarrage de la rencontre. Ces incompréhensions sont parties sur quelques plaintes de jeunes du Mouvement du 5 juin-Rassemblement des forces patriotiques (M5-RFP) qui exigeaient d’être inscrits au niveau des 05 groupes de travaux. Sitôt les travaux débutés, après la présentation de la répartition des groupes de travail, ces jeunes du M5-RFP ont élevé des protestations. Ils se plaignaient du fait que le M5-RFP n’avait pas été cité parmi les groupements représentés dans tous les cinq groupes de travail. Pour eux, ce n’était pas normal que le CNSP et la Coordination des mouvements signataires de l’Accord pour la paix et la réconciliation (CMA) soient les seuls représentés dans tous les groupes. « C’est du mépris. Le CNSP a parachevé une œuvre. C’est une tentative de confiscation de la victoire du peuple. Comment comprendre que le CNSP et la CMA soient dans tous les groupes et pas le M5-RFP », a dénoncé l’imam Oumarou Diarra. Devant le tollé, les organisateurs ont dû expliquer que les participants pouvaient s’inscrire dans les groupes de leur choix. Il y a, notamment, des difficultés sur le choix du présidium dans les différents groupes de travail, le choix des présidents et des rapporteurs dans certaines salles. Au nombre des soucis observés ce matin, on peut noter la confusion sur l’ordre du jour chez certains participants. Des participants ont déjà commencé à faire des propositions sur la durée de la transition. D’autres se sont prononcés sur l’architecture du pouvoir transitoire. Ces débats de fond devraient attendre les assises prévues les 10, 11 et 12 septembre prochains. Après un moment de remue-ménage, le calme est revenu et les travaux ont repris leur cours normal. Le dialogue et la raison ont prévalu sur ces moments « d’impulsion » et de « coup de sang », laissant place à des concessions et la compréhension. Ainsi à l’heure de la pause café (13 heures locales), le calme a repris possession des lieux au Centre international de conférences de Bamako qui accueille cet événement national. L’atelier de validation des TDR de la concertation nationale, qui a débuté à Bamako et dans les capitales régionales, porte sur des échanges pour peaufiner le projet de TDR de la concertation nationale dont les travaux se tiendront les 10, 11 et 12 septembre prochains. A cette rencontre inaugurale, les partis politiques, syndicats, société civile, groupes armés signataires de l’accord pour paix et la réconciliation de 2015, sont conviés à se mettre d’accord sur les objectifs des consultations nationales. Dans les différentes régions, les échanges seront dirigés par les gouverneurs. Ces rencontres ont pour objectif d’obtenir un consensus sur la feuille de route, l’architecture, les organes et la charte de la transition. En procédant à l’ouverture des travaux, le colonel Malick Diaw, a indiqué que l’agenda du CNSP est clair et précis. Il s’agit de contribuer à la reconstruction du Mali. «Le temps presse, il faut aller vite mais sûrement, c’est dans cette démarche que le CNSP a pris l’initiative d’organiser cet atelier de validation des Termes de références», a ajouté le vice-président du CNSP. AT/TC/MD (AMAP)    

Concertations nationales sur la Transition : Les termes de référence validés samedi (Porte parole du CNSP)

Bamako, 4 sept (AMAP) Les concertations nationales sur la Transition auront lieu du 10 au 12 septembre au Centre international de conférences de Bamako (CICB), a annoncé, jeudi, dans la soirée, le porte-parole du Conseil national pour le salut du peuple (CNSP), le colonel-major Ismaël Wagué. Au cours d’un point de presse, le porte-parole du CNSP, a indiqué qu’en prélude à ces assises, les ateliers de validation des Termes de référence (TDR) des concertations nationales sur la feuille de route, l’architecture, les organes et la charte de la Transition se tiendront samedi 5 septembre. à Bamako et dans les régions. Les concertations proprement dites réuniront au CICB les délégués régionaux, nationaux et ceux de la Diaspora. Les travaux sont placés sous l’égide du colonel Assimi Goïta, président du CNSP. La décision de faire valider les TDR, au cours d’une rencontre préliminaire, traduit la volonté des nouvelles autorités à mieux préparer les concertations nationales en élaborant un document de travail bien ficelé. On rappelle qu’en début de semaine, au cours des rencontres en prélude aux concertations nationales, le CNSP avait promis de mettre les TDR à la disposition des forces vives invitées. Ces TDR sont indispensables pour réussir des échanges ordonnés et pouvant déboucher sur des conclusions consensuelles. C’est à la lumière de ce document de travail que les participants peuvent se préparer, en amont, afin de formuler des recommandations pertinentes. Les concertations autour du format de la transition, initialement, prévues, samedi dernier, avaient été reportées, le même jour, “pour des raisons d’ordre organisationnel”. Le CNSP avait invité les différents segments de la société malienne pour échanger sur l’organisation d’une transition apaisée qui prendrait en compte toutes les aspirations du peuple malien. Mais le Mouvement du 5 Juin-Rassemblement des forces patriotiques (M5-RFP) avait décliné l’invitation, regrettant « n’avoir pas été invité à ladite rencontre ». Une rencontre était prévue, jeudi, dans la soirée entre le CNSP et le M5-RFP à Kati. Les leaders du M5-RFP ne cessent de réclamer un rôle de premier plan aux côtés du CNSP dans le cadre de la conduite de la Transition. Pour les dirigeants du mouvement de contestation contre l’ancien président Ibrahim Boubacar Keita, une place prépondérante leur revient en raison de leur lutte pour le changement de régime. ID/MD (AMAP)

Le ministre mauritanien des Affaires étrangères en visite à Bamako

Bamako, 3 sept (AMAP) Le ministre mauritanien des Affaires étrangères, de la Coopération et des Mauritaniens de l’Étranger, Ismail Ould Cheikh Ahmed, en visite à Bamako, jeudi, accompagné d’une forte délégation, a déclaré être venu au Mali, sur instruction du président de la Mauritanie, Mohamed Ould Ghazouani, rendre d’abord une visite de solidarité au peuple malien et s’enquérir de la situation sur place. À la sortie d’une audience avec le président du Comité national pour le salut du peuple (CNSP), le colonel Assimi Goita, au ministère de la Défense et des Anciens Combattants, le chef de la diplomatie mauritanienne, a confié à la presse que « tout ce qui touche le Mali, touche la Mauritanie ». « Non seulement nous sommes des voisins, mais nous sommes liés les uns aux autres », a-t-il déclaré. La rencontre élargie à plusieurs membres du CNSP dont son porte-parole, colonel-major Ismaël Wagué, le 2è vice-président colonel Sadio Camara et le secrétaire général du ministère des Affaires étrangères et de Coopération internationale, Boubacar Gouro Diall, a permis de noter que « l’évolution récente de la situation sociopolitique au Mali ne laisse pas indifférent la Mauritanie, pays voisin et frère ». AT/MD (AMAP)

Gao : Les fruits et légumes frais sont rares et chers suite à l’embargo de la CEDEAO

Abdourhamane TOURE AMAP-Gao Gao, 3 sept (AMAP) La fermeture de la frontière entre le Mali-Niger, suite à l’embargo de la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) sur notre pays, après le coup d’Etat du 18 août 2020, a affecté la ville de Gao dans son approvisionnement en fruits et légumes frais. Ces produits sont devenus rares ou coûtent très chers dans la Cité des Askia. Mme Traoré Ami est vendeuse des fruit et légumes frais au marché Damien Boiteux de Gao. Selon elle, l’embargo porte préjudice aux vendeuses de condiments. « Avec la fermeture de la frontière du Niger, nous manquons de produits. C’est à partir du Niger que nous (vendeuses de condiments) ravitaillons la ville de Gao en fruits et en légumes (oranges, banane, pomme de terre, igname et oignons) et même les œufs », dit Mme Traoré. « L’acheminement des marchandises du Niger vers Gao prend une journée. Tandis que les marchandises qui viennent de Sikasso (dans le Sud du Mali) et de Bamako, la capitale, peuvent faire une semaine voire deux, à cause de l’état de la route. Même si nos bénéfices sur les produits du Niger sont peu, nous les préférons à ceux de chez nous parce que leur acheminement est rapide », analyse Ami. Mme Traoré Bintou Maiga est, aussi, vendeuse de fruits et légumes que nous avons retrouvée devant son étal sans produits. Elle précise que depuis l’annonce de l’embargo, les marchandises en provenance du Niger n’arrivent plus, ajoutant qu’elle est restée sans activité, au point d’entamer ses économies. La présidente de l’Association des femmes vendeuses de fruits et légumes au marché Damien Boiteux de Gao, Mme Maiga Aminatou Samba, témoigne : « le premier jour de l’embargo a coïncidé avec l’embarquement de nos marchandises composées de fruits et de légumes, au Niger, en direction de Gao. Les marchandises sont restées longtemps à la frontière nigérienne dans les camions avant d’être transférées par pinasses à la frontière malienne ». Tous les produits ont pourri à cause du temps d’attente des camions à la frontière du Niger. Résultats ? Les clients ne trouvent plus de fruits ou de légumes frais de leur choix. Selon notre interlocutrice, un premier embargo handicapait déjà Gao : l’état désastreux des routes de ravitaillement par la Région de Sikasso auquel vient s’ajouter l’embargo de la CEDEAO. « Ce deuxième embargo imposé au Mali ne fragilise pas que notre pays. Il touche aussi les autres pays de la sous région et même l’Occident, parce que des commerçants maliens font la navette entre notre pays et les autres continents », dit Mme Maiga. Le technicien en industrie et mines à la retraite, Mahamane Maiga, pense, pour sa part, que l’embargo de l’organisation sous régionale a enfoncé notre pays sur tous les plans, en particulier sur celui du développement. Issoufa Maiga est chef de la voirie à la municipalité de Gao. Il soutient que la Région de Gao sent l’embargo parce que, selon lui, le prix du carburant a connu une augmentation, en même que le prix des denrées alimentaires et, aussi, à travers la réduction de la circulation des personnes vers le Niger. Le chauffeur Alassane Touré estime que la CEDEAO veut punir la population malienne et non les meneurs du coup d’Etat. Mme Touré Alfadilatou Maiga, agent du gouvernorat de Gao, précise que la ville de Gao ne consomme que des produits en provenance du Niger. Il s’agit de la volaille, de la patate douce, des légumes et des fruits. « Hier, je suis partie au marché à la recherche de poulets de chair. A ma grande surprise, aucun produit en provenance du Niger ne se trouve sur le marché de Gao. Et même si on en trouve, c’est cher. Par exemple, la pomme de terre de Niamey que j’ai l’habitude d’acheter à 500 Fcfa le kilogramme, coûte 1.250 Fcfa et le kilogramme d’oignons, qui se vendait à 200 Fcfa, est cédé à 900 Fcfa pour la même quantité », se plaint Mme Touré. Pour l’agent d’assurance, Harouna, tous les problèmes de la ville de Gao ont pour cause la fermeture de la frontière du Mali avec l’Algérie et le manque de routes avec le Sud du pays. « Sinon, on s’en moque de l’embargo de la CEDEAO ! » lance-t-il, par dépit. Selon lui, la Région de Sikasso peut ravitailler Gao en céréales, fruits, légumes, en grande quantité. L’Algérie peut en faire autant. « Si l’Etat malien règle le problème de la fermeture de la frontière algérienne, les populations de Gao et du Mali auront tous les produits moins chers », pense notre interlocuteur. Le 2ème adjoint au maire de la Commune urbaine de Gao pense que « l’embargo va faire très mal à la population de Gao parce que la ville ne vit que des produits qui viennent de l’extérieur et du Sud de notre pays » « Il n’y a pas de routes qui relient la Région de Gao au Sud. Donc, nos seuls points de ravitaillement en produits de première nécessité restent le Niger et l’Algérie », soutient-il. Pour lui, le Mali ne peut pas échapper aux sanctions de la CEDEAO parce que le Mali fait partie de cette organisation sous régionale, tout comme il est membre de l’Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA) ou encore de l’Union africaine (UA) dont il a signé les Chartes qui condamnent les coups d’Etat. « Pour soulager les souffrances de nos populations, il faut écourter la transition’, tranche-t-il. AT/MD (AMAP)

Transition au Mali : Les concertations nationales prévues les 5 et 6 septembre

Bamako, 01 sept (AMAP) Le Comité national pour le salut du peuple (CNSP) convie les différentes forces vives de la nation aux concertations nationales sur la gestion de la transition au Centre international de conférence de Bamako (CICB) les 5 et 6 septembre prochain, a appris l’AMAP de source officielle. Dans un communiqué, le CNSP indique que « ces rencontres ont pour objet de convenir de la feuille de route de la transition, de définir l’architecture et les organes de la transition, enfin de contribuer à l’élaboration de la Charte de la transition ». Les concertations autour du format de la transition, initialement, prévues, samedi, avaient été reportées, le même jour, “pour des raisons d’ordre organisationnel”. Le CNSP avait invité les différents segments de la société malienne pour échanger sur l’organisation d’une transition apaisée qui prendrait en compte toutes les aspirations du peuple malien. Mais le Mouvement du 5 Juin-Rassemblement des forces patriotiques (M5-RFP) avait décliné l’invitation, regrettant « n’avoir pas été invité à ladite rencontre » OD/MD (AMAP)