Diéma : Les candidats à la migration irrégulière n’attendent plus la fin des travaux agricoles

Par Ouka BA AMAP-Diéma Diéma, 31 août (AMAP) Le phénomène est nouveau à Diéma ! De jeunes candidats à la migration clandestine et irréguliere n’attendent plus la fin des récoltes. Ils déposent délibérément leurs outils agricoles, avant même de finir les différentes phases de désherbage des champs. Ils partent, en catimini, à l’insu de leurs parents. Ces départs vers l’inconnu ne font qu’accentuer l’insuffisance de bras valides dans cette bande sahélienne où l’agriculture et l’élevage demeurent les moteurs de l’économie locale. Selon des constats, le Cercle de Diéma enregistre, chaque année, un plus grand nombre de départ sur les chemins de la migration irrégulière. Près de 90%  des jeunes, âgés de 18 à 25 ans, empruntent la route de l’incertitude ou « route de la mort », pour tenter de franchir, à leurs risques et périls, la Mer Méditerranée. Un vieil homme n’en finit pas de pleurer son fils disparu en mer. « Durant le temps qu’il a passé  en Libye, explique l’homme du troisième âge, sur un ton nasillard, mon fils m’envoyait régulièrement de l’argent ». Son oncle lui avait trouvé une fille à marier. « Le jour où j’ai appris la mort de ce fils béni, je suis resté deux jours sans pouvoir avaler la moindre nourriture. La mort s’est trompée de cible. C’est moi qu’elle devait emporter à la place de mon fils », se lamente le père inconsolable. La vieille Minétou, raconte que sa dernière communication avec son fils remonte au moment où il a posé le pied sur le bateau. « Je ne suis plus parvenue à le joindre au téléphone. Dès lors, le doute a commencé à m’habiter. Quelques jours après, mon frère qui réside en France, m’a informée de son décès », dit la maman endeuillée. Dans une maison, à Nafadji, le chef de famille cache toujours la mort de son fils. « Si la nouvelle est sue, la mère et la femme du garçon seront anéanties », déclare-t-il. La traversée de la Méditerranéen ne fait plus peur à Wandé, ancien migrant, originaire de Torodo. D’ailleurs, il s’apprête à repartir en Libye. Il explique que son jeune frère a péri lorsque le bateau qui le transportait a chaviré. « De nombreux jeunes de Torodo ont succombé », déclare l’homme, venu renouveler sa carte d’identité à la préfecture de Diéma. Cette fois-ci, il compte passer par Gao, dans le Nord du Mali, pour atteindre l’Algérie, D’après lui, les migrants ont moins de problèmes, sur cette piste, à part, quelques fois, les bandits qui les rançonnent. Par contre, l’itinéraire par la Mauritanie ne prospère plus, avec les mesures imposées par ce pays. PHENOMENE CULTUREL – Dans la plupart des cas, les enfants soninkés s’en sortent. Dès leur bas âge, leurs parents leur apprennent à travailler, à adopter de « bons comportements », pour affronter les dures épreuves qui les attendent dans « les pays des Blancs ». C’est pourquoi, certains soutiennent, qu’il est difficile de voir un migrant soninké fainéant. Pour le départ, ils s’organisent en petits groupes de 3 à 5 pour effectuer le déplacement périlleux. Ils vont en Libye, pour atteindre ensuite l’Italie, la France, les Etats-Unis, etc, en passant par l’Algérie ou la Mauritanie, dans l’espoir de gagner de l’argent et  aider leurs parents. Là-bas, ils créent des chaînes de solidarité et entreprennent, souvent, des actions de développement dans leur localité, à travers, notamment la construction d’écoles, de mosquées, la réalisation de forages, l’aménagement de barrages, le paiement des impôts et taxes, etc. Malgré les efforts de sensibilisation contre la migration irrégulière par le ministère des Maliens de l’Extérieur et ses partenaires, notamment l’Union européenne (UE) et l’Agence espagnole pour la coopération internationale et le développement (AECID), le nombre de départ vers les côtes, s’accroit, chaque jour, un peu plus. Dans le Cercle de Diéma, les Communes de Diéma, Diangounté Camara, Lambidou, Fatao, Béma, Madiga Sacko et Diéoura, zones à majorité Soninkés reconnus pour leur grande mobilité, la migration est ancrée dans les habitudes et les coutumes. Elle fait partie de leur quotidien, de leur culture. Les enfants qui restent ont moins de considération dans la société. Rares sont les parents qui acceptent de leur donner leur fille. Par contre, ceux qui parviennent à rentrer en Europe, ont droit à tous les honneurs. Aussi, le rêve de chaque parent, est-il d’avoir un fils à l’extérieur du pays, afin d’acquérir des moyens matériels suffisants et construire des maisons en dur. Dans les localités à prédominance bambara, la migration s’opère de façon tempérée. Généralement, cette communauté privilégie le travail de la terre dont elle tire la majeure partie de ses revenus. A côté, elle pratique d’autres activités lucratives. DRAME HUMAIN – En 2015, le bilan d’un naufrage survenu en Mer méditerranéenne a été macabre, avec 184 victimes dans la Région de Kayes. Parmi ces naufragés, 34 provenaient du Cercle de Diéma, endeuillant plusieurs familles. Une enquête du Comité international de la Croix Rouge (CICR), en partenariat avec le Comité régional de la Croix Rouge malienne de Kayes, dans plusieurs villages de la première Région, a révélé que des dizaines de migrants sont morts en Mer méditerranéenne. Cette mission avait pour objectif de procéder au Rétablissement des liens familiaux (RLF) afin de renforcer le mécanisme de mise en relation des parents avec leurs enfants dont ils sont restés sans nouvelles. La disparition de nombreux migrants a fait, aujourd’hui de nombreuses veuves. Les croyances locales qualifient ces pauvres femmes de porte-malheur. Elles sont stigmatisées, rejetées, souvent, par leurs beaux-parents. Aucun homme ne veut d’elles. «Dans notre société, quand une jeune femme perd son mari, les hommes se méfient d’elle », laisse entendre Sédifo. « Cette femme qui porte la poisse est capable de tuer jusqu’à trois maris. C’est son quatrième époux qui la conduira dans sa tombe », poursuit l’homme, en ôtant de sa bouche, un morceau de cola. En milieu soninké, avant de partir à l’aventure, on oblige le jeune garçon à prendre femme, pour lui faire subir le poids d’une certaine responsabilité vis-à-vis de sa famille et de la société. C’est pour faire en sorte qu’il n’oublie pas son village d’origine, qu’il se souvienne toujours de ses

Telenovelas : Quand les séries télévisées nous tiennent

Par Aminata DIARRA Bamako, 01 Sept (AMAP) Nos compatriotes sont devenus accrocs aux telenovelas, feuilletons télévisés qui sont, très souvent, produits dans les pays d’Amérique du Sud ou de Turquie. Ils restent, le plus souvent, scotchés devant leur téléviseur et ne sont pas près de rater, même pour tout l’or du monde, le moindre épisode de ces séries dramatiques à fortes émotions en termes d’amour, de libertinage sexuel, de suspense, mais aussi de sentiment de révolte contre l’injustice. «El diablo», «Meryem», «La dona» et «Farmagul», autant de titres de séries télévisées qui suscitent commentaires et débats passionnants dans notre société. Certains estiment qu’elles impactent, négativement, le comportement des enfants et des jeunes qui tentent de s’inspirer de ces films. Or, ceux-ci n’ont rien à voir avec les réalités maliennes, d’où la condamnation sans équivoque des puritains et conservateurs qui n’apprécient guère ces feuilletons. Pourtant, ces mélodrames sur petit écran bénéficient d’une très grande popularité dans les pays africains, notamment le nôtre. Aux heures de diffusion, les femmes tombent dans un autre univers où plus rien ne compte. Elles perdent jusqu’à la notion du temps et en viennent même à ignorer leurs époux, le temps d’un épisode. Une certaine opinion pense même, à tort ou à raison, que nombre de déviations actuelles des mœurs dans notre pays sont liées à ces séries télévisées. Adama Samaké est conscient de la passion que suscitent les séries télévisées sud-américaines. Le jeune homme cite volontiers son exemple pour avoir failli divorcer d’avec son épouse à cause des telenovelas. «Mon retour du bureau, coïncide, très souvent, avec la diffusion d’un feuilleton que ma femme regarde. Elle a tendance, en ces moments, à ne plus s’occuper de moi. A peine si elle me salue ou me donne à manger. Elle semble absorbée par ces feuilletons au point de ne plus jouer son rôle d’épouse », souligne-t-il. Samaké a brandi la menace du divorce pour recadrer son épouse.   PASSION – Certains soutiennent que les telenovelas en Afrique ont plus d’inconvénients que d’avantages. Une ménagère à Faladiè, qui a requis l’anonymat, ne partage pas cet avis. Elle estime que les telenovelas permettent de s’épanouir même pour celles qui viennent de la zone rurale. «Quand je termine les travaux ménagers, je me distrais avec les séries télévisées», explique notre interlocutrice. Comme elle, Salimata Coulibaly, âgée de 26 ans, apprécie les feuilletons. Cette femme au foyer précise : «Grâce aux séries télévisées, je me fais une idée de la vie d’autres communautés, notamment américaines mais aussi de l’évolution du monde». Elle est toujours à l’affût de nouveaux feuilletons sur les chaînes de télévision parce que le cinéma reste son pêché mignon. Touré, fonctionnaire à la retraire, regarde avec passion ces séries télévisées au point d’oublier, parfois, qu’il est juste devant un poste téléviseur. Il se range du côté des férus des feuilletons télévisés. Mais il préfère ne pas verser son avis dans le débat sur les inconvénients. Pour nos interlocuteurs, il est clair que ces séries télévisées ont aussi un impact sur le mode de vie des jeunes, notamment des jeunes filles. Certains estiment que ces séries télévisées devraient être destinées plus aux adultes qu’aux enfants et aux jeunes. D’autres incriminent les parents qui ne respecteraient pas les messages qui, parfois, indiquent clairement, sur l’écran : «Déconseillé au moins de…..». Dans notre pays, les feuilletons ont une incidence sur l’éducation des enfants qui sont tentés d’imiter la vie des stars du cinéma. Ténin Coulibaly est ménagère. Elle est, aussi, d’avis que les séries télévisées influent négativement sur le comportement de nos enfants. «Ma fille doit faire le baccalauréat cette année. Elle ne s’en soucie point pour l’instant. Elle passe plus de temps à regarder les séries télévisées. C’est un vrai souci pour moi », se plaint-elle. Pour elle, les télénovelas posent un problème d’assimilation. Elle explique tout simplement que c’est une faiblesse de note société et s’interroge : « Pourquoi ne pas s’intéresser, plutôt, aux séries africaines qui reflètent mieux nos réalités ? » AD/MD (AMAP)    

Marché de la cola : Des soucis d’approvisionnement

Par Amadou GUÉGUÉRÉ & Babba B. COULIBALY Bamako, 01 sept (AMAP) Depuis quelques jours, le prix de la noix de cola a grimpé dans un contexte marqué par l’embargo imposé au Mali par la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO), suite à la démission de l’ancien président Ibrahim Boubacar Kéita. A ce propos, les avis et analyses des vendeurs de ce fruit aux vertus multiples, rencontrés lundi, à Bamako, divergent selon les différents espaces de vente. A «Worokourou» (marche de colas), au Grand marché, le président des vendeurs de cola estime que la pénurie, ces derniers temps, s’explique par deux raisons. «La première raison est la faible production au niveau des pays d’approvisionnement. La seconde s’explique par l’embargo. Ils ont dit que les frontières sont fermées, les fournisseurs ont eu peur d’envoyer la marchandise. Après, ils ont appris que les produits alimentaires ne font pas partie des produits soumis à la sanction», détaille Mamadou Traoré qui ajoute que cette difficulté a eu peu d’impact sur le prix de la noix cola. Les tarifs varient en fonction de la qualité et de la disponibilité. «Nous avons beaucoup de types de cola. Aujourd’hui, le prix du panier varie entre 52.500 et 55.750 Fcfa, selon la qualité. Souvent cédée à 42.500 Fcfa, la même quantité peut valoir 100.000 Fcfa», explique le patron des vendeurs de cola de «Worokuru». «Hamdallaye Worokuru», est l’un des plus grands marchés de vente de noix de cola à Bamako. Ici, les marchands de cola, comme ceux des autres marchés, s’approvisionnent à partir de la Côte d’Ivoire et de la Guinée. Président des vendeurs de cola au niveau de ce marché, Bourama Sangaré reconnaît que le marché de cola est peu attrayant depuis quelques mois, précisant que les prix n’ont pas changé. « La noix de cola est accessible s’il est abondant sur le marché, surtout en période de récolte. Passée cette période, les prix grimpent à cause de la réduction de la production », estime le vendeur. «Actuellement, l’importation de la cola se fait comme d’habitude. L’embargo n’a apporté aucun changement négatif sur le marché de cola», insiste le septuagénaire. Qui estime que nos dirigeants doivent faciliter le dédouanement. Surtout au niveau de Zégoua où les marchandises trainent, selon lui, à cause du scanning. Pour Massiri Keita, vendeur de cola au même marché, le fruit est disponible en abondance. «Nous avons accueilli deux véhicules chargés de noix de colas, il y a deux à trois jours. Quand le produit manque, les prix augmentent. Mais la différence de tarif excède rarement 2.500 Fcfa. Depuis l’arrivée des commandes, les prix sont revenus à la normale et commencent à partir de 50.000 Fcfa le panier», précise-t-il. Pénurie ou pas, la noix de cola est utilisée en bien de circonstances au Mali. Toutefois, traditionnalistes et religieux sont unanimes que son usage en ces occasions n’est pas obligatoire. «La cola a toujours existé dans tous ce que nos parents font : démarches de mariage, baptêmes et décès, etc», rappelle le vice-président du Réseau des communicateurs traditionnels du Mali (RECOTRAD). Pour Amadou Dagamaïssa, la rareté et la cherté ces dernières années de ce produit symbolique a amené les gens à utiliser les dattes et les bonbons lors des cérémonies de mariages, baptême ou de décès. «S’il y a une crise de cola, on peut utiliser les dattes. Pour la bonne compréhension, il appartient aux communicateurs traditionnels (les intermédiaires) d’expliquer que ce changement est dû à l’embargo que le pays subit ou autre», propose le griot. Qui précise que la noix de cola est symbolique, mais pas obligatoire dans la célébration de mariage ou de baptême. Selon l’imam Seydi Malick Diallo de la mosquée de Garantiguibougou 300 logements, la noix de cola fait partie de nos traditions non interdite par la religion musulmane. En cas de rupture, on peut utiliser des dattes ou des bonbons, comme cela est, d’ailleurs, de plus en plus fréquent lors de nos cérémonies de mariage et de baptême, estime le religieux. AG/BC/MD (AMAP)  

Accueil dans les établissements de soins : De ça ne va pas à ça va un peu mieux

Par Fatoumata NAPHO Bamako, 30 août (AMAP) Jusqu’à une date récente, les établissements hospitaliers cristallisaient un mécontentement général pour le manque de chaleur humaine dans l’accueil des malades et autres usagers. Or, il est admis que le bon accueil soulage, ne serait-ce que moralement et psychologiquement. Comme aimait à le répéter un ancien ministre de la Santé aimait : «Un malade bien accueilli dans un établissement hospitalier est généralement soulagé d’au moins 50% de sa maladie». Malheureusement, si l’on devait juger les Centres hospitalo-universitaires (CHU), les hôpitaux régionaux, les Centres de santé de référence (CSréf) et autres Centres de santé communautaire (CSCOM) à l’aune de la chaleur leur accueil, nombre d’entre eux auraient rendu une pâle copie. L’accueil est donc un aspect essentiel des relations humaines en milieu hospitalier. D’un point de vue psychologique, le patient qui arrive en consultation à l’hôpital a besoin d’être mis en confiance, d’avoir le plus souvent des certitudes sur la possibilité de guérir de son mal. Emmanuel Kamaté est un psychologue qui officie au CHU du Point G. Il explique sans détour que toute maladie plonge le patient dans une situation nouvelle et déclenche en lui de nombreuses modifications psychologiques parce que l’être humain est une entité globale, notamment corps, mental, émotions et énergies. Le psychologue de l’hôpital situé sur les hauteurs de la capitale pense que toutes ces dimensions interagissent les unes avec les autres, d’où l’émergence des termes somato-psychique (interaction du corps avec le mental) ou psychosomatique (interaction du mental avec le corps). Tous les spécialistes s’accordent à dire que le bon accueil est un préalable à toute thérapie efficace et soulage véritablement le patient. Autant ce constat est partagé, autant le contraire va aussi exacerber sa souffrance car la maladie est capable de provoquer chez l’individu des réactions variables, selon sa personnalité, sa représentation imaginaire et la représentation collective de la maladie. Les psychologues expliquent qu’avec les symptômes, un malade demande naturellement au médecin de le guérir de sa pathologie. Mais il veut aussi plus, notamment du soutien, de la réassurance, de la sécurité et de l’affection. « Il requiert donc de la part du soignant, une véritable relation affective et une disponibilité, compatibles avec l’exigence de neutralité du médecin », explique le spécialiste. « La relation soignant/soigné est celle où, le lieu d’échange est avant tout le corps mais où la parole et les gestes ont aussi leur place ». MISE EN CONFIANCE – « Ayé aw bissmillah, hôpital du Mali ka foli do» ou « aw chira di ? Allah aka keneya di », en traduction libre « bienvenue à l’Hôpital du Mali » ou « Comment ça va chez vous ? Que le Tout-puissant vous permette de recouvrer la santé ». Ces vœux de Seydou Moussa Traoré, chef du service social de l’Hôpital du Mali sonnent tous les matins comme un leitmotiv dans les oreilles des patients. Le responsable du service social accorde toute l’importance requise à l’humain. Pour lui, « ces simples mots suffisent à mettre le patient et sa famille en confiance ». Son équipe et lui ont aussi initié une causerie quotidienne avec les malades pour dissiper chez eux l’angoisse. A travers cette causerie, l’équipe du service social vient s’enquérir de l’état de santé des patients, les informe des activités de l’établissement hospitalier. Les malades sont aussi orientés sur comment faire pour garder l’hôpital propre. Sans déroger à ce rituel bien établi, les agents du servie social accentuent un peu la sensibilisation sur la pandémie de la Covid-19, notamment sur le respect des gestes barrières. Ils ont même l’habitude d’offrir des masques à certains malades. Pour le bon déroulement des activités et l’accompagnement des malades, le service social a créé la section accueil des malades et autres usagers et celle de suivi des malades hospitalisés. Une équipe d’hôtesses et d’agents d’accueil qui fonctionne par brigade, s’emploie à assurer, 24 /24, cette mission. Depuis l’entrée principale de l’Hôpital du Mali, des agents vous soumettent à une prise de température et la désinfection des mains avec du gel hydro alcoolique. Au niveau du bureau des entrées, une jeune dame est de service. Elle affiche un sourire radieux et oriente, dans la bonne humeur, les patients en fonction de leurs besoins et précise à certains, à leur demande, les jours de consultations de l’équipe médicale chinoise et de certains spécialistes maliens. ACCUEIL – Selon le chef de service, la personne qui acceuille les malades et autres usagers doit être courtoise, disponible mais surtout joviale. C’est elle le premier contact des malades, donc elle doit faire en sorte de les déstresser. Il confirme qu’un bon acceuil soulage bien le malade. Mme Sidibé Assa Keita, chef de l’accueil orientation et communication à l’hôpital Gabriel Touré admet cette réalité parce qu’elle pense aussi qu’un bon accueil peut soulager un patient de 25% de son mal. Elle pousse l’analyse un peu plus loin pour dire qu’un malade mal accueilli dans un établissement de soins peut en dissuader dix autres de fréquenter cette structure. Pour elle, l’accueil est un élément incitatif du patient. A travers lui, le patient choisira de revenir ou pas. Mme Sidibé ajoute la nécessité d’améliorer la touche thérapeutique qui peut, aussi, apporter au traitement. La responsable de l’accueil orientation souligne que cette thérapie a été scientifiquement démontrée comme efficace. Pour elle, il faut amener le personnel à intégrer que l’accueil en milieu hospitalier est une prestation, un acte professionnel. Il faut donc mettre les patients à l’aise avant leur consultation chez les médecins. « Les mots comptent et la manière de le faire aussi», a-t-elle dit. Il est admis que le bon accueil répond à des exigences. Il faut savoir parler aux malades et autres usagers de l’hôpital, avoir de l’empathie, mais aussi savoir se mettre dans la peau du patient ou de l’usager et s’inscrire dans la seule logique de satisfaction du malade. INFORMATIONS ET ORIENTATION – A Gabriel Touré, patients et accompagnateurs sont d’abord reçus dans un grand hall. Ils reçoivent toutes les informations utiles. Pour faciliter la prise en charge de ce flux, un système de ticket numérique, comme

Office du Niger : Évaluation de la campagne agricole

Par Mamadou SY AMAP-Ségou  Ségou, 31 août (AMAP) Les objectifs de la campagne 2020-2021, issus du contrat-plan État-Office du Niger-Exploitants agricoles, sont de 896.935 tonnes de riz paddy, 392.423 tonnes de produits maraîchers et 81.796 tonnes de produits de diversification, a appris l’AMAP, lors de la 3è session ordinaire du Comité de suivi du contrat-plan, tenue, vendredi, à Ségou (Centre) Au cours de cette session, les membres du comité de suivi du contrat-plan État-Office du Niger-Exploitants agricoles, ont examiné et adopté le procès-verbal de la 2è session, fait le point d’exécution des recommandations issues de la précédente session et les réalisations faites par les parties durant le 1er semestre 2020, à travers l’examen du rapport de suivi de l’exécution des engagements du contrat-plan 2019-2020. A l’ouverture des travaux, le président directeur général de l’Office du Niger, Abdel Karim Konaté, a rappelé que la campagne agricole 2019-2020 s’est déroulée dans des conditions satisfaisantes quant à la fourniture de l’eau aux exploitants agricoles, pendant la saison d’hivernage. « Cependant, a-t-il poursuivi, force est de noter que certaines difficultés majeures ont été rencontrées dans le déroulement normal de ladite campagne ». Abdel Karim Konaté a, entre autres, cité l’insécurité persistante dans les zones d’intervention occasionnant l’arrêt momentané des chantiers, la non mise à disposition des engrais subventionnés, le sous-équipement et l’insuffisance de la main d’œuvre engendrant un léger retard dans la mise en valeur, l’envahissement de certains réseaux par les végétaux flottants et les actes de vandalisme sur les réseaux d’irrigation par certains exploitants. « Malgré toutes ces difficultés, la production végétale de cette campagne affiche des résultats positifs », a assuré le PDG de l’Office du Niger. « En riziculture, a-t-il indiqué, sur une prévision de 873.773, 73 tonnes de riz paddy, 808.102, 49 tonnes ont été obtenues, soit une réalisation de 92, 48% des prévisions de la campagne ». En maraîchage, pour toutes spéculations confondues, 325.386 tonnes ont été produites et 72.854 tonnes en diversification de cultures, pour toutes spéculations confondues. S’exprimant sur la campagne agricole 2020-2021, M. Konaté a indiqué qu’elle a démarré dans un contexte marqué par une intensification des travaux d’entretien permettant ainsi une fourniture correcte de l’eau d’irrigation aux exploitants agricoles. Il a souligné la pertinence de la mise en œuvre de ce contrat-plan quinquennal qui va permettre de renforcer la contribution de l’Office du Niger à l’atteinte de la sécurité alimentaire et à la lutte contre la pauvreté par une croissance économique accrue. Le PDG de l’Office du Niger a, également, précisé que l’atteinte des différents objectifs assignés dans le contrat-plan 2019-2023 dépendra de l’engagement des différents parties signataires dans sa mise en œuvre, la réalisation des aménagements et les réhabilitations prévues, la facilité d’accès aux exploitants agricoles aux moyens de production. S’y ajoutent le respect du calendrier agricole et l’application des techniques améliorées de production. Pour le président du comité de suivi du contrat-plan État-Office du Niger-Exploitants agricoles, , Joël Togo, conseiller technique au ministère de l’Économie et des Finances, les sessions constituent des moments privilégiés d’échanges entre les parties pour évaluer le niveau de mise en œuvre des engagements pris en faveur du développement de la zone Office du Niger. «A la lecture du dossier soumis à notre appréciation, nous avons noté que le semestre évalué a été essentiellement marqué par les faits suivants : la mobilisation de la dotation budgétaire de l’État a été de 1, 976 milliard de Fcfa sur un montant de 4,750 milliards de Fcfa, soit un taux de 41, 60%. Au 30 juin 2020, le montant recouvré était de 6.441.597.876 de Fcfa, soit un taux de 92,19%. En prenant les paiements des sociétés sucrières, le montant global recouvré a été de 6.672.585.876 Fcfa», a détaillé M. Joël Togo. Pour ce qui est de la réhabilitation, il a indiqué que les procédures de passation du marché des travaux sont en cours, Ce qui conduira à la réhabilitation de 700 ha dans la zone de Kolongo. Le conseiller technique du ministère de l’Economie et des Finances a souligné que les travaux de cadastrage des parcelles aménagées sont en cours sur 3.900 ha de Molodo Nord. «Pour l’immatriculation des terres, le processus est en cours pour le choix d’un prestataire pour la réalisation des travaux d’immatriculation de 18.907 ha dans le système du Macina, 21.000 ha dans le système du Kareri et 6.438 ha dans le système du Kala supérieur soit un total de 46.345 ha», a annoncé le président du comité, avant d’adresser ses vifs remerciements à tous les acteurs qui œuvrent pour le développement harmonieux de la zone Office du Niger. MS/MD (AMAP)

Sommet extraordinaire de la CEDEAO sur le Mali : Les sept décisions de l’organisation sous régionale

Bamako, 28 août (AMAP) Les chefs d’Etat de la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) réunis par visioconférence, vendredi, sur la situation au Mali, ont, à l’issue de ce sommet, pris 7 décisions fortes. « Nous avons suivi avec attention le compte rendu du Dr Goodluck Jonathan, médiateur que nous avions chargé de la mission de rencontrer les responsables de la junte militaire pour leur porter le message de notre communauté en vue d’un retour dans les plus brefs délais à une situation institutionnelle normale au Mali », a indiqué le président en exercice de la CEDEAO, le chef de l’Etat nigérien, Issoufou Mahamadou, qui a enuméré les mesures prises. dans son discours de clôture des travaux. Il s’agit, premièrement de la mise en place d’une transition civile immédiate en consultation avec la cour constitutionnelle, les partis politiques, et les organisations de société civile et tous les autres acteurs engagés. Deuxièmement, les chefs d’Etat ont fortement insisté sur la nomination d’une personnalité civile à la présidence de la transition qui ne sera pas candidat à la prochaine élection présidentielle. Troisièmement, ils ont demandé la nomination d’un Premier ministre civil, Chef du gouvernement, qui ne sera pas candidat à la prochaine élection présidentielle. Quatrièmement, la Conférence a exigé la mise en place rapide d’un gouvernement pour faire face aux différents défis du Mali et en particulier, préparer les élections législatives et présidentielles dans un délai de 12 mois. Aucune structure militaire ne devrait être au-dessus du Président de la transition. Cinquièmement, le sommet a promis la levée progressive des sanctions contre le Mali, en fonction de la mise en œuvre des décisions ci-dessus. Sixièmement, les chefs d’Etat ont insisté sur la finalisation urgente d’un accord sur la transition politique entre la CEDEAO et le Mali et invitent l’Union Africaine et les Nations-Unis à endosser cet accord. Septième et dernier point, ils ont demandé la mise en place d’un comité de suivi comprenant le médiateur, le président du Conseil des ministres et le président de la Commission de la CEDEAO, et incluant les Représentants de l’Union africaine et des Nations unies à Bamako. TC/MD (AMAP)

Embargo de la CEDEAO sur le Mali : Quels impacts sur l’économie ?

Par Cheick M. TRAORE Bamako, 25 août (AMAP) La Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) a décidé, mardi 18 août, de la fermeture de toutes les frontières terrestres, aériennes et maritimes de ses pays membres avec le Mali. L’organisation sous régionale a, également, suspendu toutes les relations économiques, financières et commerciales avec le Mali. Cela, pour exiger la libération immédiate de l’ancien président Ibrahim Boubacar Keïta et de son Premier ministre et le retour à l’ordre constitutionnel. En application de cette décision, le gouvernement ivoirien a instruit la fermeture de ses frontières terrestres et aériennes avec le Mali, à compter du mardi 18 août, jusqu’à nouvel ordre. Ces décisions des autorités ivoiriennes ne sont pas sans conséquences sur notre économie et nos populations qui souffrent le martyre à cause des crises qui nous accablent. «Si l’embargo de la CEDEAO perdurait, amplifié par d’éventuelles sanctions de la communauté internationale, ce sera dramatique pour un pays enclavé comme le Mali», prévient l’économiste et spécialiste en analyse stratégique, Cheickna Bounajim Cissé. Pour cause, 90% des produits manufacturés qui sont consommés au Mali sont importés, argumente l’économiste. En la matière, le corridor ivoirien est stratégique puisque prépondérant. La Côte d’Ivoire représente près de 40% du PIB de l’UEMOA, ajoute le conseiller du directeur général de la Banque internationale pour le Mali (BIM SA).  ALLEGEMENT DES MESURES –« Les conséquences induites par la suspension des flux financiers pourraient être catastrophiques pour une économie malienne faible et extravertie », analyse l’expert. Pour lui, le système financier local risque de prendre un grand coup qui pourrait lui être «très préjudiciable». Aussi, les transferts des Maliens de l’extérieur vers leur pays pourront ralentir considérablement même si, de façon transitoire, le «marché noir» pourrait prendre le relais avec tous les risques y afférents, selon notre interlocuteur. Pour lui, la question essentielle est de savoir combien de temps notre pays pourrait tenir l’embargo. «Et même après sa levée, les plaies économiques et financières mettront du temps à cicatriser. On a vu après les événements de 2012, l’économie malienne est tombée en récession et huit ans après elle n’avait toujours pas redémarré», rappelle Cheickna Bounajim Cissé. Heureusement, le sommet des chefs d’Etat, par visioconférence, jeudi dernidr, a soustrait du champ de l’embargo les denrées de première nécessité, le carburant, l’électricité, les médicaments. Des produits dont la pénurie impacterait directement la vie des populations. En plaidant pour l’allègement des mesures de sanction pour cause «humanitaire», le président sénégalais, Macky Sall, semble avoir pris la mesure des enjeux socioéconomiques et commerciaux pour son pays et pour les autres Etats membres de la CEDEAO frontaliers du Mali. Surtout dans un contexte marqué par la crise sanitaire qui a déjà plombé nos économies.  45% DES EXPORTATIONS– Le journal sénégalais, ‘Le Soleil’, souligne en effet que le Mali est, de part sa position stratégique, incontournable «dans l’expédition des marchandises sénégalaises au sein de l’espace de l’Uemoa». Les exportations du Sénégal vers l’Union sont estimées à 38,6 milliards de Fcfa au mois de juin 2020, contre 30,9 milliards de Fcfa au mois de mai, soit une hausse de 7,7 milliards, selon la dernière note de conjoncture de la Direction sénégalaise de la prévision et des études économiques. Elles ont représenté 24,7 % de la valeur totale des exportations de marchandises du Sénégal durant le mois de juin 2020. «La part des produits acheminés vers le Mali, principale destination des exportations du Sénégal dans l’Union, est passée de 48,0% à 45,7% sur la période», soulignent nos confrères. Qui ajoutent que le ciment reste le principal produit exporté vers le Mali avec une part évaluée à 28,6% en juin 2020, contre 29,1% le mois précédent. A analyser de très près, l’impact est presque similaire sur la Côte d’Ivoire, également partenaire de premier plan du Mali en matière d’échange économique et commercial. Le port d’Abidjan tente, sans succès, de recouvrer sa place de premier associé des opérateurs économiques. Place qu’il a perdue au profit de celui de Dakar, suite à la crise ivoirienne. Donc, ces mesures gripperont toute la chaîne de fourniture, de commerce et d’industrie du corridor Abidjan-Bamako. En conséquence, le prix du kg de la viande risque de prendre l’ascenseur dans nos pays voisins. Le Mali étant leur principal fournisseur en bétail. Le Syndicat des vendeurs de bétail a demandé à ses militants de respecter scrupuleusement la décision relative à la fermeture des frontières. Les sanctions économiques annoncées par l’organisation intergouvernementale sont donc à double tranchant. Elles affecteront aussi nos voisins avec les liens commerciaux sont très étroits SONNETTE D’ALARME– D’autres analyses estiment que l’impact serait dérisoire pour le Mali. Par contre, en fermant ses frontières, la CEDEAO fait du mal à ses Etats membres qui partagent des frontières avec notre pays, précisent ces experts. Pour ceux-ci, le Mali est déjà immunisé contre les embargos. Cela, grâce de sa situation géographique stratégique et l’adaptation progressive de son économie à ces situations exceptionnelles. Ils citent en exemple le fait que toutes les marchandises qui viennent de la Chine, du Golf, passent par le Mali pour approvisionner ces pays. Les opérateurs économiques maliens ont privilégié, dans leurs relations économiques et commerciales, la Chine, les pays du Golf, l’Inde, le Pakistan, etc. Notre pays peut, à les en croire, se faire facilement ravitailler par ces pays à partir de l’Algérie, frontalière du Maroc, de la Tunisie et de la Libye… Un constat aussi évident que des villages situés le long de la frontière entre le Mali et le Niger ont déjà commencé à tirer la sonnette d’alarme. Pour cause de pénurie de denrées de premières nécessités fournies à eux par le Mali. Qu’à cela ne tiennent ! Les nouvelles autorités qui mesurent certainement la gravité de la situation, prendront sûrement les contacts utiles pour demander à l’organisation intergouvernementale de desserrer rapidement l’étau des sanctions pour le bien de toute la communauté ouest-africaine. Les dernières discussions entre le Comité national pour le salut du peuple (CNSP) et la mission de la CEDEAO vont dans le bon sens, assurent les deux parties. CMT/MD

Réconcilier les Maliens : La nouvelle mission que se donne l’imam Mahmoud Dicko

Par Issa DEMBELE Bamako, 24 août (AMAP) L’autorité morale du mouvement de contestation qui a fini par avoir raison du régime du président Ibrahim Boubacar Keïta, l’Imam Mahmoud Dicko, se donne un nouveau challenge : prêcher la réconciliation des cœurs et des esprits des Maliens. Lors du meeting du Mouvement du 05 juin-Rassemblement des forces patriotiques (M5-RFP), pour remercier le peuple et célébrer la victoire sur le régime déchu », vendredi après-midi, lors d’un meeting à Bamako, l’Imam Dicko, devant une foule immense massée à la Place de l’Indépendance et après plusieurs allocutions de responsables du M5-RFP, a annoncé qu’il « retourne dans sa mosquée », où il dirige les prières quotidiennes et d’où il pèsera de tout son poids pour réconcilier les Maliens. Pour la caution morale de l’opposition à l’ancien pouvoir, sa mission est finie. Pour cet imam, qui, bille en tête, avait attaqué le régime de l’ex président, Ibrahim Boubacar Keita, (IBK), le nouveau challenge est d’éteindre le feu qui décime les Régions de Mopti et de Ségou, dans le Centre du Mali. Une course de vitesse sur le long terme alors que la maison brûle. A propos de cette crise sécuritaire dans le Centre du Mali, il a lancé « un appel à tous les Peuhls ayant pris les armes, quelles que soient les raisons, de les déposer ». « Je demande la même chose aux Dogons, à la CMA (Ndlr, Coordination des mouvements de l’Azawad, ex rébellion touarègue), entre autres…Il faut qu’on s’entende pour l’intérêt de notre Nation. Ce pays appartient à nous tous  », a-t-il dit. Un message qu’il souhaite porter dans les jours à venir sur le terrain, en compagnie des leaders de toutes les confessions religieuses du Mali. L’imam Dicko a, aussi, révélé qu’il nourrit l’ambition de mener une médiation à l’intérieur du Mali pour que la paix revienne. « Je me propose, avec mon jeune frère Chérif Ousmane Madani, mon frère Cardinal Jean Zerbo et d’autres personnalités du Mali, sous la bénédiction du Chérif de Nioro, de faire une tournée dans le Nord et le Centre du pays et partout ailleurs au Mali pour la cause de la paix », a-t-il dit. Il a demandé au peuple malien de pardonner à l’ancien président Ibrahim Boubacar Keita (IBK). « Je voudrais vous dire de pardonner à mon grand frère », a déclaré Dicko. Selon lui, le Mali est une Nation de non-violence et pas de vengeance. « Je souhaite qu’on mette de côté le bâton de la vengeance au profit de celui de l’entraide, du travail. Nous devons nous donner la main dans notre fraternité exemplaire », a prêché l’Imam. « On est tous des Maliens. On doit se pardonner, se donner la main, chasser les démons de la division… », a-t-il plaidé, avant de dénoncer les actes de pillages de biens publics et privés lors des manifestations du 18 août dernier. Ce n’est pas la première fois que Mahmoud Dicko met un pied dans le champ politique. Celui qui apparaît désormais comme l’homme du recours face aux échecs des gouvernants, avait, il y a une dizaine d’années, fait capoter un projet de réforme du Code de la famille. En 2019, il a mis la pression sur le gouvernement, qui a abandonné son projet de manuel scolaire d’éducation sexuelle. L’imam Mahmoud Dicko a annoncé qu’il s’investira désormais sur le terrain de la réconciliation des cœurs et des esprits, avec en ligne de mire, juguler la crise sécuritaire qui menace l’existence même du Mali, depuis longtemps. ID/MD (AMAP)

Meeting du M5-RFP: Une ambiance de victoire !

Par Oumar DIAKITE Bamako, 22 août (AMAP) Le rassemblement du vendredi du M5-RFP (Mouvement du 5 juin-Rassemblement des Forces patriotiques) a été différent des précédents de par l’ambiance, l’organisation, la présence remarquée des forces de sécurité et, surtout, la grosse équipe de la protection civile déployée sur les lieux où régnait la liesse. Pour ceux qui sont venus du Quartier du Fleuve à l’intersection des anciens locaux du ministère de l’Economie et des Finances, le constat était frappant. Des éléments de maintien d’ordre régulaient la circulation à ce carrefour dès 14 heures. C’était le même dispositif sur la voie du côté Est du Monument de l’indépendance. Moins ordinaire. Du moins comparativement aux autres manifestations du M5-RFP. Sur le Boulevard de l’Indépendance, dans les deux sens, des pick-up de la gendarmerie et de la garde nationale avec des éléments qui assuraient la sécurité des manifestants. Une présence très remarquable des forces de l’ordre. Ils étaient même parmi les militants. D’autre part, le changement apporté à l’organisation a surpris plus d’un. Cette fois-ci, seuls ceux qui détenaient une carte d’invitation ont eu accès aux alentours de la loge, sous le monument. Des grilles délimitaient le passage pour l’accès à cette place. L’entrée, habituellement réservée aux journalistes et autres animateurs des réseaux sociaux, était condamnée. Les hommes de médias, nationaux et internationaux, ont été dirigés vers un autre accès, en face du podium. Des drones survolaient la foule. Le podium avait pris une autre disposition. Il a été superposé. Il y avait une loge au milieu, en hauteur, réservée aux leaders et deux autres sur les ailes, un peu en contrebas, consacrées aux personnalités du deuxième rang. Près du podium, d’autres militants assis sur des chaises regardaient l’écran géant, vers le côté sud du monument, qui diffusait l’image des intervenants. L’installation de cet écran a été aussi une innovation. Des éléments de la sécurité civile étaient présents dans cette zone. Ils portaient des gilets orange, pour certains, et des brassards, pour d’autres. Sur cette place, s’étaient regroupés des hommes enturbannés, regroupés dans la Plateforme du 10 juillet et membres de la Coordination des mouvements et associations de soutien à l’Imam Mahmoud Dicko (CMAS), venus de Tombouctou. « Nous faisons confiance au Comité national pour le salut du peuple (CNSP). Cette révolution du peuple malien est légitime et nous souhaitons qu’elle aboutisse aux aspirations », espère Chiaka Sylla. EUPHORIE – Les manifestants étaient de tous les âges. Des vuvuzelas agressaient les tympans. Le préposé à l’animation jouait la musique d’artistes révolutionnaires comme Tiken Jah Fakoly, Alpha Blondi, des rappeurs locaux. Des morceaux des artistes maliens, comme Djénéba Seck, sur la gloire du peuple et la bravoure de l’armée sont joués, rejoués. Les manifestants n’ont pas pu tenir sur place. Ils ont dansé, joué et ont fait les chœurs, les bras en l’air. Tout ce monde s’est émerveillé. « C’est une cérémonie de célébration de notre victoire, celle du peuple malien débout et digne », s’est réjoui un quinquagénaire, emporté par l’ambiance. Dans l’euphorie, nous avons rencontré Mme Kéita Astan Kéita, la dame qui a toujours apporté de la nourriture, gratuitement, aux manifestants lors des précédentes mobilisations de M5-RFP ». Vendredi, « il n’y a pas eu de distribution de riz au gras, nous a-t-elle informé. « J’ai appris que le M5-RFP va égorger 20 à 30 bœufs pour les manifestants. C’est pourquoi, je n’ai pas fait de plat aujourd’hui », s’est justifié Mme Kéita. Par ailleurs, un des vieux slogans de l’Imam Dicko défiant le désormais ex-président IBK était rejoué pour galvaniser la foule. C’était une ambiance de concert live, avec des cris de joie. Tout a été fait dans ce sens. Les manifestants répétaient, avec le maitre de cérémonie, des slogans comme :« Boua ya bla ! Aya bla ! Aya bla ! » (Le Vieux a lâché le pouvoir). A l’entame des interventions des leaders, tout le monde a chanté l’hymne national du Mali. L’arrivée de la délégation du CNSP a enthousiasmé le public davantage. Tous les regards se sont tournés vers le cortège d’une dizaine de pick-up lourdement armés de ces invités surprise. Ils ont rejoint la loge sous les vivats. Les applaudissements ont d’ailleurs résonné tout au long du meeting et, surtout, chaque fois qu’un intervenant faisait des déclarations contre le régime déchu ou la CEDEAO. Les acclamations ont été encore plus fortes lorsque l’Imam Mahmoud Dicko est arrivé au pupitre. Côté messages, les banderoles affichaient entre autres : « Vive le Mali ! Vive le CNSP », « Le peuple débout soutient le CNSP pour un Mali nouveau », « Jeunes du Mali, soutenons et faisons soutenir le CNSP », « Imam Dicko, Papa national et nouvel héro du Mali », « Libérez l’honorable Soumaila Cissé : ensemble nous pouvons ! ». Une seule petite fausse note ! Sous le podium, avant le début des discours, des jeunes très remontés lançaient des injures à l’encontre de Kaou N’Djim. Ils accusaient Kaou N’Djim d’avoir fait descendre un de leurs responsables de la loge officielle. « C’est maintenant qu’il agit de la sorte…où était-il le jour où on a tiré sur nous à l’ORTM…On se verra après le meeting », menace un jeunes très excité. En outre, tout s’est arrêté, un moment, alors que les représentants du CNSP sont sur scène, parce que le podium ne pouvait plus contenir le monde. MALAISES ET BLESSÉS – Le soleil de ce vendredi après-midi était ardent. Pourtant, des gens sont restés sur place plus de deux tours d’horloge. Cet état de fait a poussé les des manisfestatnts à demander de l’eau à boire. Plusieurs personnes ont souffert de la chaleur et, surtout, de la longue attente, debout. La direction régionale de la protection civile du District de Bamako avait déployé une équipe à la hauteur du danger. Le directeur régional, colonel Adama Diatigui Diarra, était, lui-même, sur le terrain pour aider et motiver ses éléments. Plus de dix véhicules de la protection civile, une ambulance médicalisée et un véhicule de commandement étaient mobilisés pour assurer les interventions. Selon le directeur régional, une centaine d’hommes a été déployée. Certains éléments ont opéré sous le monument, près du podium, d’autres vers le côté nord et l’ambulance médicalisée était

Coup d’Etat : Réactions contrastées de la classe politique

Par Massa SIDIBE Bamako, 21 août (AMAP) Le coup d’Etat perpétré, mardi dernier, contre l’ancien président Ibrahim Boubacar Keïta suscite la réaction de plusieurs organisations sociopolitiques du Mali. Dans un communiqué daté du 19 août, la Convergence des forces républicaines (CFR) dit avoir appris avec une grande inquiétude la volonté de « certains officiers » de l’Armée malienne de perpétrer un coup d’Etat, « en organisant une démission sous contrainte du président de la République démocratiquement élu du Mali ». La CFR a donc vigoureusement condamné ce coup d’Etat, rappelant qu’il est « contraire à la Constitution et aux valeurs qui fondent la République du Mali ». Aussi, l’organisation dénonce-t-elle « l’arrestation et la séquestration » de plusieurs personnalités dont l’ancien président de la République. « La CFR dénonce également la démission forcée du président de la République au cours de cette séquestration et évoque de plein droit sa nullité pour vice de consentement », énonce la CFR dans son communiqué, avant de réclamer la libération immédiate et sans conditions de l’ex-chef de l’Etat, ainsi que celle de tous les officiels privés de leur liberté. La Convergence demande l’implication de la communauté internationale, avec pour chef de file la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (Cedeao), pour le retour à la légalité constitutionnelle. La CFR « invite l’ensemble des forces vives de la nation à s’impliquer pour un dénouement heureux de la crise sociopolitique par le dialogue et la concertation qui font la grandeur de notre peuple ». Dans un communiqué publié le 18 août, l’Allinace pour la démocratie au Mali-Parti africain pouyr la solidarité et la justice (Adema-PASJ) a exprimé aussi sa très vive préoccupation face au nouveau tournant de la crise sociopolitique au pays marqué par un coup d’Etat militaire. L’Adema-PASJ, « respectueux de l’état de droit et de la forme républicaine de l’Etat, condamne avec fermeté cette violation flagrante de la Constitution du 25 février 1992 et les engagements communautaires du Mali ». Aussi, le parti de l’Abeille exige-t-il le rétablissement immédiat de l’ordre constitutionnel et exhorte l’institution militaire à demeurer résolument au service des autorités civiles démocratiquement élues. Pour l’Adema-PASJ, la seule voie de sortie de crise est et reste le dialogue et la concertation entre acteurs. Par ailleurs, l’Adema-PASJ « exige l’arrêt immédiat des actes de vandalisme et la libération sans délai de toutes les personnalités civiles et militaires arrêtées ». La grille de lecture sur les mêmes événements est bien différente du côté d’un acteur majeur de la crise sociopolitique, le Mouvement du 5 Juin-Rassemblement des forces patriotiques (M5-RFP). Dans une déclaration rendue publique le 19 de ce mois, le M5-RFP se félicite de la « démission de M. Ibrahim Boubacar Keïta des fonctions de président de la République », de la dissolution de l’Assemblée nationale et du gouvernement intervenues le mardi 18 août 2020. Le M5-RFP prend acte de l’engagement d’ouvrir une transition politique civile contenu dans la déclaration du Comité national pour le salut du peuple (CNSP), dont « l’intervention a parachevé la lutte du peuple malien pour obtenir la démission de M. Ibrahim Boubacar Keïta et de son régime ». « Le M5-RFP salue l’engagement héroïque du peuple du Mali de l’intérieur et de la Diaspora, de toutes les forces sociales et politiques ainsi que des femmes, des jeunes et de son autorité morale l’Imam Mahmoud Dicko », ajoute le mouvement qui exige « des poursuites judiciaires contre les auteurs, commanditaires et complices des tueries et exactions commises contre les manifestants aux mains nues à Sikasso, Kayes et Bamako ». Le M5-RFP indique qu’il œuvre à l’abandon de toutes les actions contre les responsables syndicaux de la police et des transporteurs, et réitère sa demande de libération immédiate de Soumaïla Cissé, le chef de file de l’opposition, enlevé en mars dernier alors qu’il battait campagne dans la circonscription de Niafunké (Nord) pour les élection législatives. « Le M5-RFP demeure profondément attaché à la démocratie comme mode de dévolution et d’exercice du pouvoir. Il entreprendra toutes les initiatives pour que notre pays puisse amorcer une véritable refondation de son système politique et de gouvernance, à travers « l’ouverture d’une Transition républicaine et l’élaboration d’une feuille de route dont le contenu sera convenu avec le CNSP et toutes les forces vives du pays », poursuit le mouvement. Il appelle la Cedeao, l’Union africaine et la Communauté internationale, dans son ensemble, « à mieux appréhender la situation au Mali en dehors des questions de sanctions et à soutenir le peuple malien dans sa quête de paix, de réconciliation nationale, de démocratie véritable et de mieux-vivre ». Pour rendre hommage au peuple malien pour sa lutte héroïque, le M5-RFP tient un «rassemblement patriotique» vendredi sur la Place de l’Indépendance à Bamako. MS/MD (AMAP)