Diéma : Mariage et baptême, c’est du donnant-donnant

Par Ouka BAH Diéma, 26 juil (AMAP) Dans le cercle de Diéma, la solidarité et l’entraide désintéressées du temps de nos grands-parents, où le bien matériel, tant convoité de nos jours, avait peu de place dans les relations sociales, ont vécu. Ainsi, de nombreuses femmes, des villes autant que des campagnes, apportent des soutiens (financiers comme matériels) lors des mariages et baptêmes, en espérant obtenir un remboursement de la bénéficiaire de leur appui. Comme l’illustre un proverbe bambara usité fréquemment en milieu féminin : « Gnogon badoun dé bé souya diya’’, que l’on peut traduire par : « Si tu manges ma mère, je mange la tienne. C’est ce qui nourrit la compagnie des sorciers ». Dans cette localité, dans l’Ouest du Mali, la pratique jugée non orthodoxe, est surtout entretenue par des femmes de fonctionnaires. « Si j’offre un cadeau de mariage ou de baptême à quelqu’un, je dis à ma fille de noter dans un cahier afin que je n’oublie pas», déclare Sato Sidibé. Une dame installée à même le sol,  prend part à la conversation : « Je gagne mon argent à la sueur de mon front. Celle qui m’aide lors de mes cérémonies, j’en ferai autant si elle en a. Si je ne le fais pas, je ne serais pas tranquille avec ma conscience». Bekaye Traoré, notable à Dianguirdé, témoigne : « Chez nous,  les femmes n’ont pas adopté une telle pratique. Du moins, elle est rare. Si elles contribuent aux cérémonies sociales des sœurs, amies ou voisines, c’est sans arrière-pensées. Elles n’exigent jamais rien en retour ». « Dans la plupart des cas, les contributions sont en nature (du mil, des ustensiles en plastique ou des pagnes. On donne rarement de l’argent. Une femme, qui reçoit des soutiens, n’ose jamais les mentionner dans un cahier », souligne Traoré. Dans ce milieu bambara, ce n’est pas l’argent qui compte mais plutôt  la personne humaine. C’est pourquoi, même si une femme n’a rien, cela ne l’empêche pas de se rendre à une  cérémonie. Sa présence physique suffit. Elle vaut mieux que tout l’or ou l’argent du monde. Ici, c’est la solidarité et l’entraide qui prévalent entre les femmes. Nulle ne peut s’en extraire, par crainte de déshonorer sa famille voire toute sa lignée. Jointe au téléphone, Aminata Magassa, qui dirige un centre d’alphabétisation, soutient, aussi, que cette pratique est surtout fréquente chez des femmes de fonctionnaires. « En milieu soninké, poursuit la dame, les choses ne se déroulent pas de la même manière. On n’écrit rien dans un cahier. Lors d’un mariage, les femmes, chacune selon ses possibilités, apportent quelques ‘moudes’  (mesure qui équivaut à 3 kg) de mil ou d’arachide, un peu de pagnes, de ustensiles en plastique, etc. pour aider la mère de la nouvelle mariée », explique-t-elle. Mais avant, l’argent que cette dernière reçoit de son beau-fils comme ‘’Minankolonwari’’ (argent pour le trousseau) est partagé. La femme, qui reçoit sa part de cette somme, doit obligatoirement contribuer lors du mariage. MARCHANDISATION – Conscients de l’ampleur du phénomène, Seydou Camara, secrétaire général du Conseil de cercle et Cheickné Konté, président du Conseil local de la jeunesse, voient, tous les deux, d’un mauvais œil cette pratique qui, selon eux, est une forme de tontine. Ils l’ont fait savoir lors d’une émission sur les antennes de la Radio Jamana, conduite par l’animateur, Amadou Lah. Selon les deux responsables locaux, le mariage et le baptême, c’est du donnant-donnant aujourd’hui. « Il faut rompre avec ce système mercantile qui ternit l’image de notre société, pourtant si structurée par le passé », estiment-ils en chœur. « On doit, ajoute M. Camara, montrer le bon chemin à nos enfants ». Les deux intervenants proposent la sensibilisation pour un changement radical  de comportements. Assa Diallo, femme de fonctionnaire, ne mentionne rien, elle enregistre tout dans sa mémoire. Mais la dame affirme qu’elle n’impose rien à quelqu’un. Depuis le jour où son « créancier » est venu l’humilier en présence de son mari et de ses enfants, cette femme, qui préfère l’anonymat, a juré de ne plus s’endetter pour soutenir qui que ce soit. Compte tenu de son âge, la vieille Fanta Tounkara, ne contribue plus aux cérémonies de mariage ou de baptême. Tous ses enfants ont fondé leur propre foyer. Elle a remis le flambeau à ses brus. Houley Doucouré ne se contente pas de faire des soutiens, elle participe personnellement,  quasiment, à toutes les cérémonies. L’idée de remboursement est inadmissible pour cette dame qui argue qu’ « un bienfait n’est jamais perdu… » La gargotière Mariam Traoré apprécie la pratique. Cette fille donne sans compter, chaque fois qu’elle est sollicitée. Même pour le cas des épouses de fonctionnaires, qui partent, souvent, quand leur mari est muté, Mariam ne fait pas d’objections. Chaque fois qu’on l’informe d’un mariage ou un baptême ou tout autre évènement, même si elle n’a pas d’argent, elle s’efforce de faire acte de présence. « Ce n’est pas une perte, dit-elle, Dieu saura récompenser au moment venu ». Fière, Horié Koné, l’était le jour du mariage de sa fille. Une montagne de cadeaux (tasses, pagnes, couvertures, etc.) s’élevait lors de la cérémonie. Les contributions sont venues de partout. Parents, amies, proches et connaissances ont apporté leurs présents de nature était diverse. Les griottes dans l’euphorie verbale, n’arrêtaient pas de faire les louanges de Horié, qui selon elles, n’est jamais avare de contribution. Chaque fois qu’on l’informe d’un mariage ou d’un baptême, Walé Sacko, puise dans le trousseau de mariage de sa fille qu’elle a mis des années à constituer. Bambi Coulibaly, elle, regrette la perte du papier sur lequel elle avait écrit les noms de ses contributeurs. Elle se demande comment parvenir à  identifier toutes ces femmes qui lui ont fait des donations. ANECDOTE – Ramata Kanté, membre de l’association ‘’Kotognogon Tala’’, raconte : « Dans notre association, si une femme a une cérémonie (mariage, baptême ou décès), nous cotisons, chacune, 2.500 F CFA pour l’aider. En marge de cette cotisation, chacune est libre d’offrir à l’intéressée un présent, en fonction de ses moyens ». En la matière, elle raconte une petite anecdote. Une femme a accouché. Son amie lui a donnée 10 mètres de basin riche, en guise de

Addiction aux outils technologiques : La tête dans l’écran

Par Maïmouna SOW  Bamako, 23 juil (AMAP) Les outils technologiques accaparent l’attention des utilisateurs à telle enseigne que la communication interpersonnelle est reléguée au second plan au détriment des relations sociales. Les déclarations hostiles aux réseaux sociaux se multiplient ces derniers temps. Quand ces déclarations proviennent de ceux qui les ont créés, elles prennent une autre dimension. C’est Tim Berners-Lee qui a lâché la bombe ! «Le web a desservi l’humanité au lieu de la servir et a échoué sur de nombreux points», a déclaré récemment, l’informaticien britannique, principal inventeur du World Wide Web au tournant des années 1990. Il n’est pas le seul à le penser. «La créature a échappé à son créateur et fait si peur comme dans un film d’horreur», a ajouté Tim Cook. Timothy Donald Cook, dit Tim Cook est un chef d’entreprise américain, actuel directeur général d’Apple. À la suite de la démission de Steve Jobs pour des raisons de santé, le 24 août 2011, il prend la direction du groupe qu’il avait rejoint en mars 1998. Aujourd’hui, les créateurs du web ne «like plus, ce qu’ils ont eux-mêmes créé. Ils gardent leurs enfants loin de l’utilisation des réseaux sociaux : Facebook, Twitter, WhatsApp, Tik Tok etc…» Ces messages d’alertes passent inaperçus pour bon nombre de nos compatriotes. Le web a pris une place prépondérante dans notre société et cela de manière inquiétante, sans qu’on s’en rende compte ou, pire, sans qu’on soit conscient du danger que cela représente dans le futur proche. Comme une drogue, le manque de forfaits dérange. La majeure partie des jeunes ne peut passer 30 minutes sans être en ligne. Soit pour like (aimer), commenter, télécharger, ou poster ses propres images. Ce temps, totalement consacré à l’internet, capte toute l’attention de l’utilisateur et est paradoxalement sans limite. Comme l’illustre cette scène anodine mais significative de la situation. La belle-sœur de Kamisse Diallo a accouché par césarienne à la maternité de Korofina-Nord, en Commune I à Bamako, la capitale malienne. Quand elle a appris la bonne nouvelle, elle a prévu de lui rendre visite à la descente du travail. Arrivée au portail du centre de santé, au petit soir, elle demande à un monsieur qu’elle a croisé où se trouve la maternité ? Sans lever la tête, et en manipulant son téléphone, ce dernier lui répond : devant ! Kamisse continue son chemin, croise une seconde personne occupée par son portable qui, aussi, lui dit de tourner à gauche. Au lieu indiqué, la femme, qui est censée accueillir les visiteurs, navigue à son tour sur le web. A peine, elle note la présence d’une visiteuse. Mécontente de cette indifférence, la visiteuse crie au scandale. «Mais qu’est-ce qui se passe ? Depuis le portail, on me répond sans me regarder, ici aussi ! Ayez un peu de considération pour moi, la connexion n’est pas plus importante que les humains», fulmine-t-elle ! Fait, certes banal et inquiétant, mais révélatrice de la triste réalité de notre société. Les gens sont ensemble physiqument mais, en réalité, sont loin les uns des autres dans la pensée, car ils ne vivent presque plus en société. Cela à cause de l’utilisation des différentes applications comme Facebook, Tik Tok, Twitter, Instagram et autres. Imaginons le monde dans dix ans, si les choses devaient évoluer ainsi ? Certes ces applications ont pour but de rapprocher les utilisateurs du monde entier, en temps réel, à travers des discussions instantanées, des débats, des appels vidéos etc. Paradoxalement, elles éloignent les personnes déjà proches. Même les couples ne communiquent plus comme il se doit. Après les occupations quotidiennes, les membres d’une famille restent chacun dans son coin, les yeux rivés sur leur téléphone et s’adressent à peine la parole. MANIPULER LE CERVEAU – Fatim est la seconde épouse de son mari. Pendant le temps que son mari passe chez elle, elle a du mal à lui consacrer toute l’attention qu’il mérite à cause de Tik Tok. «Je ne suis pas la seule à avoir ce problème, même mon mari a du mal à se déconnecter. Souvent, on s’oblige à mettre le téléphone à côté pendant trente minutes ou une heure de temps, pour causer un peu avant de dormir», reconnaît-elle. Internet est devenu indispensable dans nos vies. De plus en plus, les gens ont du mal à se déconnecter. La connexion nous accompagne même aux moments les plus intimes de notre vie : à table, à la cuisine, aux toilettes, au lit… Des comportements contraires à nos bonnes mœurs. Comme un mal nécessaire, le téléphone est la première chose que beaucoup touchent au réveil et la dernière chose que l’on dépose au coucher. Tim Cook, le patron d’Apple a confessé dans le journal The Guardian : «Je ne veux pas que mon neveu utilise les réseaux sociaux.» De son côté, Jaron Lanier, pionner de la réalité virtuelle, a publié les « dix arguments pour quitter les réseaux sociaux tout de suite ». «Je ne peux plus appeler ça réseaux sociaux. J’appelle ça, vampire de modification de comportements», dit-il. Il faut dire que, désormais, ces créateurs assument ouvertement avoir manipulé le cerveau. Jaron Lanier poursuit : « dans les années 50, quand on parlait au téléphone, il n’y avait pas de centaines d’ingénieurs de l’autre côté de l’écran qui savaient parfaitement comment fonctionnait notre psychologie ». Sean Parker co-fondateur de Facebook, avoue : «notre réflexion était, comment capturer le maximum de votre temps et de votre attention. Pour ça, nous devons créer et vous fournir des piques de dopamine. Par exemple, « on a créé des like sur vos posts, pour vous pousser à continuer la navigation ; aussi des applications comme « L’auto-play » les vidéos qui partent sans qu’on ait besoin de cliquer. Le but est de provoquer une addiction». Quant à Chamath Palihapitiya, ancien vice-président de Facebook, il glisse : «nous avons créé les machines qui déchirent le tissu social. En fabriquant des outils qui secrètent de la dopamine à répétition à des plaisirs immédiats, nous avons détruit le fonctionnement de la société». L’addictologue

Gao : La course au mouton de Tabaski a commencé

Abdourhamane TOURE Gao, 12 juil (AMAP) A l’approche de la fête de Tabaski, le premier souci d’un musulman, riche ou pauvre, est le mouton qu’il doit sacrifier. A Gao, il faut débourser, cette année, entre 75.000 et 150.000 Fcfa, selon le constat de la Direction régionale des productions et des industries animales. L’équipe régionale de l’AMAP de Gao (Nord) a fait le tour de différents points de vente d’animaux pour constater le prix d’achat de la bête pour constater a son tour que beaucoup de business se font autour de la vente du bétail. Moussa Diadié est un «coxeur» (intermédiaire) pour les camions transport du bétail à Gao. Depuis quatre ans, il exerce ce métier. « Avant la crise de 2012, nous négocions les camions de transport du bétail à destination de Bamako pour 650.000 à 800.000 Fcfa », a dit le «coxeur» Diadié. «Mais, aujourd’hui, ce prix a grimpé à 1.200.000 Fcfa pour la même quantité de marchandise et la même distance. Ce coût ne comporte pas les frais de poste de contrôle, du surveillant du bétail (le berger), du foin, du chargeur, de la taxe du parc de chargement, de vaccination qui sont à la charge du propriétaire du bétail. Le chargement de tous les bétails (bovins, ovins et caprins et les chevaux) se fait dans un parc, au rondpoint de Diédara, au 8ème quartier de Gao. « Et, le plus souvent, le chargement d’un seul camion gros porteur en bétail peut appartenir à trois ou quatre commerçants », nous a fait savoir le «coxeur» Diadié. Alhabas Ag Mohamed est un vendeur du bétail originaire de Ménaka (Nord-Est). Nous l’avons trouvé à Diédara, assis, tranquillement, sur une natte. En face du camion dans lequel on embarque les bêtes, en direction de Bamako, pour la fête de Tabaski. « Depuis ma petite enfance, je fais ce commerce dont j’ai hérité de mon père. Cette année, j’ai acheté des moutons à Ménaka très chers. J’ai déboursé 80.000 Fcfa pour chaque bélier. Pour ma part, sur le total de 170 bêtes, j’ai 93 têtes que je veux revendre sur le marché de Bamako. En somme, j’ai dépensé 33.000 Fcfa pour la vaccination, 25.000 Fcfa pour l’achat de la paille installée dans les camions, 75.000 Fcfa pour l’accompagnateur des moutons dans le camion. Auquel s’ajoutent 5.000 Fcfa pour le parc d’embarcation et 5.000 Fcfa pour le chargeur ». « Le transport de mes 93 béliers sur Bamako me revient à 1.200.000 Fcfa et les taxes des postes de contrôle, du départ à l’arrivée, coûteront 135.000 Fcfa. Au total, 1.335.000 Fcfa sont à la charge des propriétaires des 170 têtes qui appartiennent à trois revendeurs. Chacun de nous paiera une somme au prorata du nombre de ses bêtes », a expliqué Alhabas. « A Bamako, je compte céder mes béliers entre 95.000 et 120.000 Fcfa par tête », a dit Alhabas Ag Mohamed. Chaïbou Touré est, aussi, revendeur de bétail et a 40 béliers sur les 170 bêtes chargées dans le gros porteur, en direction de la capitale malienne. « Depuis 16 ans, j’exerce ce commerce du bétail. Cette année, il y a beaucoup de bétail mais ça coûte très cher et je ne sais pas la raison », dit-il. Selon lui, le prix d’achat de ses béliers varie entre 75.000 Fcfa et 120.000 Fcfa sur le marché de bétail de Wabaari, Commune rurale de Gounzourèye, dans le cercle de Gao (Nord). Il compte les revendre à 150 000 Fcfa sur le marché de bétails, à Bamako. L’année dernière, à la même période le prix du mouton sur le marché de Gao variait entre 50.000 Fcfa à 100.000 Fcfa. Mais cette année, ce prix a grimpé de 75.000 à 150.000 Fcfa, a fait constater Aboubacar Habba Maiga, directeur régional des productions et des industries animales de Gao. Amadou Diallo est un berger qui se prépare à accompagner le bétail sur Bamako. Selon lui, avant la crise de 2012, il convoyait 200 à 250 têtes du bétail de Gao à Konna, à pied, pendant 18 jours, à raison de 50.000 Fcfa. Mais, aujourd’hui, à cause de la crise qui prévaut au Mali, certains commerçants de bétail ne viennent plus. «Il y a trois semaines, nous avons chargé du bétail dans cinq camions, dans ce même parc, à destination de Bamako. Mais ce bétail a été déchargé par des bandits armés dans la zone de Douentza. Et leurs propriétaires sont partis en faillite et cette situation décourage certains commerçants de bétail», nous confie l’accompagnateur du bétail. Mohamed Alassane est le gérant du parc. Depuis quarante ans que le parc de Diédara existe, les vaches, les chevaux, les moutons sont chargés dans des véhicules ici, à raison de 5.000 Fcfa pour les moutons, 6.000 Fcfa pour les chevaux et 7.500 Fcfa pour les bœufs. Abdouramane Touré, est un boutiquier dans la Commune de Bamba que notre équipe a approché. A l’approche de chaque fête de Tabaski, il achète des moutons au marché de Gombo, un village de l’arrondissement de Bamba, qu’il revend à Gao, derrière la gendarmerie au centre-ville. «Généralement, mes clients sont les revendeurs de moutons de Bamako. Cette année, j’ai fait venir soixante un béliers de Bamba dont certains m’ont coûté 60.000 Fcfa par tête et d’autres 90.000 Fcfa. Les frais de transport de chaque mouton reviennent à 2.500 Fcfa », dit-il. Il a perdu onze moutons en cours de route « à cause de la chaleur et la distance ». « Le marché est lent, mais j’ai pu écouler certains à 100.000 Fcfa et d’autres à 110.000 Fcfa. Actuellement, il me reste une dizaine. Mais le business des moutons demande beaucoup de dépenses. Cette année, le marché est bien fourni en bétail. Mais à cause de l’insécurité sur l’axe Gao-Sévaré-Bamako, les clients potentiels ne viennent plus sur le marché de Gao», a expliqué ce vendeur occasionnel de béliers. Amadou Daou, agent du gouvernorat de Gao, soutient que cette année, le prix du mouton de Tabaski a grimpé. Parce que, selon lui, la qualité du mouton qu’il a l’habitude d’acheter à 75.000 Fcfa, cette année, pour la même bête, il

G5 : Sommet de la clarification

Par Issa DEMBELE Bamako, 09 juil (AMAP) Les chefs d’État de la coalition sahélienne et le président français échangent, ce vendredi, sur la nouvelle stratégie à mettre en œuvre, dans la perspective de la fin de l’opération Barkhane. Emmanuel Macron va-t-il saisir cette occasion pour apporter davantage d’éclairage sur les nouveaux contours de l’intervention française au Sahel ? Tout porte à le croire. Le futur format de l’engagement militaire de la France au Sahel focalisera les discussions qu’auront, aujourd’hui par visioconférence, les chefs d’État du G5 Sahel et leur homologue français. Il s’agira pour Emmanuel Macron d’expliciter davantage le fond de sa décision de procéder à un désengagement progressif de Barkhane, tout en réarticulant la lutte antiterroriste autour d’une “alliance internationale”. L’idée fait son chemin depuis février. Mais, la situation politique dans notre pays a offert une fenêtre de tir à Macron pour la mettre en train, avec une justification principale : l’absence de progrès sur le plan politique. La transformation de Barkhane reflète donc les demandes non satisfaites de la France pour que les États de la région assument eux-mêmes de plus grandes responsabilités en matière de sécurité et de gouvernance. Cependant, ces demandes déplacent le blâme de l’échec de l’Hexagone à aider à arrêter la propagation de l’instabilité dans le Sahel. En dépit des succès tactiques revendiqués, force est de constater que les groupes terroristes ont étendu leur emprise. Le tableau demeure très sombre au Mali, au Niger et au Burkina Faso où les terroristes ont su engrener des rouages locaux. Au Mali, les attaques asymétriques frappent d’un égal désarroi les militaires et les civils. Dans ces conditions, analyse le chef de projet Sahel à l’International Crisis Group (ICG), la conséquence du retrait de la France, c’est une «militarisation des sociétés dans l’espace sahélien» qui sera «très dure» à freiner. On pourrait donc penser que le colonel Assimi Goïta a plus de raisons que ses pairs de craindre les implications de la «transformation profonde» annoncée. Même si le contexte sécuritaire est pour le moins tendu pour l’ensemble du Sahel, le Mali, plus que tous les autres, est sur la corde raide. D’ores et déjà, des observateurs sont unanimes sur le fait que la fin de Barkhane, en tant qu’opération, extérieure aura un impact important sur toute opération ultérieure, en particulier au Mali. Barkhane sert de nœud d’opérations pour une série de partenaires dans notre pays. Il fournit d’importantes capacités de renseignement et de logistique qui sont essentielles aux opérations de la Mission intégrée multidimensionnelle des Nations unies pour la stabilisation au Mali (MINUSMA) et de la Force conjointe du G5 Sahel. Un retrait, sans aucune clarté sur la façon de combiner la sécurité avec la gouvernance et le travail de stabilisation, rendra plus difficile de maintenir une pression efficace là où c’est nécessaire, pour justement permettre à l’administration de reprendre pied et œuvrer à la fourniture des services sociaux de base. FARDEAU – La préoccupation première pour Paris est de se soulager du fardeau de la lutte antiterroriste au Sahel, en déléguant une partie de ses charges à ses alliés européens. La France voudra donc, à l’occasion de ce sommet, convaincre ses partenaires africains de la viabilité de son projet européen : La Task Force Takuba, censée combler le vide. Sauf qu’à la pratique, cette force peine à entrer véritablement en scène et bien des observateurs doutent de sa capacité à compenser la fin de Barkhane. À en croire un chercheur au Conseil européen pour les relations internationales (ECFR), «l’implication militaire de beaucoup de gouvernements européens dépasse déjà les limites de leur politique intérieure et ils vont maintenant reconsidérer leur propre présence dans la région». Alors que feront les armées nationales pour sauvegarder ce qui n’est pas encore sous la coupe des terroristes, et comment récupérer les sanctuaires sans Barkhane ? Comment va fonctionner la jonction entre la Task force Takuba et les forces des pays du Sahel ? Voilà des sujets connexes qui doivent être débattus. À l’Élysée, l’objectif affiché est de diviser par deux le nombre de soldats français au Sahel d’ici janvier 2023. Selon certaines sources, un scénario en trois étapes est envisagé. La première échéance, prévue début 2022, pourrait aboutir à la fermeture de certaines des bases françaises. Ensuite, une baisse de 30 % des effectifs est envisagée à l’été 2022. Enfin, la dernière étape, prévue début 2023, verra une réduction de moitié des effectifs de l’opération française. Pour certains observateurs, Emmanuel Macron concède intelligemment son échec. En « sahélisant » la réponse, il fait effectivement pression sur les pays du G5 Sahel pour qu’ils se prennent davantage en main. Sauf que les armées qui composent la Force conjointe du G5 Sahel ont encore des capacités opérationnelles limitées. Sans être aussi faibles que celles de leurs voisins du Sahel central (Mali, Burkina Faso et Niger), les capacités des armées mauritaniennes et tchadiennes sont loin d’être exceptionnelles. Également, le refus américain et britannique de financer la Force conjointe du G5 Sahel au travers d’un mécanisme onusien régulier et durable (chapitre 7) met la coalition sahélienne à la merci d’une insécurité budgétaire permanente. Pauvres, les pays du G5 Sahel vont pourtant devoir devenir responsables de leur propre sécurité tout en étant dépendants de financements extérieurs. Elle prendra du temps à se construire et, comme l’espère une France fatiguée et à court de solutions, à remplacer ses soldats. Mais, en réalité, l’ex-puissance coloniale restera dans les encablures des dunes de sable du Sahel. Pour sa sécurité. ID (AMAP)    

Prix de condiments : Sempiternel sujet de controverse dans les foyers

Par Baya TRAORÉ Bamako, 25 juin (AMAP) Ousmane Diarra et Assitan Kéita sont mariés depuis plus de 10 ans. Le couple a accepté de nous parler, l’un en présence de l’autre, dans une scène digne de joutes verbales, du vieux sujet de controverse du prix de condiments, Au sein des couples, ce montant fixé, conventionnellement, à charge pour le mari de remettre à son épouse, tous les matins ou tous les mois, est parfois, un thème de plaisanterie entre époux ou, souvent, carrément, de dispute entre eux. « Assitan, chaque fois que tu prépares, je te remets 2.000 Fcfa. Tu ne complètes pas le prix de condiments. Tu utilises une partie de cet argent à d’autres fins», dit le mari à son épouse. Alerte, la femme répond aussitôt à l’accusation, soutenant qu’avec 2.000 Fcfa, elle achète un demi kilogramme de viande à 1.500 Fcfa et le bois à 500 Fcfa. Ainsi, le tour du montant est fait. «Après, je complète pour acheter de la pâte d’arachide à 700 Fcfa, des légumes et autres condiments à 400 Fcfa», réplique Assitan Kéita, en enfonçant le clou. En réponse à son époux qui soutient revenir à la maison, parfois, avec des légumes ou de la viande, la dame rétorque : «Tu peux rester six mois sans apporter de condiments. Donc, acceptes que je complète ton prix de condiments ». Après, en discutant avec nous, Assitan Keita admet que tous les deux doivent faire quelques sacrifices pour contribuer cette charge récurrente de la famille qu’est le prix de condiments. « Sinon, personne ne pourra manger le plat familiale », explique-t-elle. Elle soutient que ce que les hommes donnent « est toujours insuffisant ». « Je vends de la nourriture devant chez-moi. Mes bénéfices sont engloutis dans le prix de condiments », explique-t-elle. Depuis toujours, de nombreuses femmes au foyer, soutiennent compléter le prix de condiments, en l’arrondissant, pour, disent-elles « faire plaisir aux époux et aux autres membres de la famille ». De plus en plus, il est admis que les femmes contribuent aux charges du foyer. Elles aident l’homme à assurer à la famille les trois repas quotidiens. Ainsi, contribuer à « la popote », pour les femmes, n’est pas un exercice aisé. Il s’agit, pour elles, de suivre au centime près son budget au quotidien. Le sujet suscite beaucoup de débats dans les foyers maliens. Devant la gestion du prix de condiments, l’homme et la femme sont-ils réellement à charges et responsabilités égales ? La gestion de la « popote » relève-t-elle de la responsabilité de l’homme. Mme Coulibaly Astou N’diaye, infirmière, est mariée depuis plus de six ans.. Elle habite à Kalaban Coura, dans la grande famille de son mari. Elle, aussi, nous dit qu’elle complète le prix de condiments. Elle soutient que toutes les femmes au foyer en font autant. Mme Coulibaly va plus loin en précisent que celles qui vivent dans les grandes familles sont les plus fatiguées. « Car, justifie-t-elle, dans la grande famille, il faut beaucoup plus de condiments pour que la nourriture soit acceptable ». « Mon mari me donne 1.500 Fcfa, par jour. Je complète cette somme à 2.000 Fcfa pour préparer seulement à midi. Le repas du soir ? C’est moi-même qui m’en occupe. Parfois, je peux dépenser 1.000 Fcfa ou plus», dit la dame. Quant à Mme Sissoko Oulématou Diagouraga, ménagère depuis quatre ans, elle plaint les femmes qui souffrent beaucoup en ce qui concerne la gestion du prix de condiments. Car, selon Mme Sissoko, « sur les marchés, tout est cher et, tous les jours que Dieu fait, les commerçants augmentent les prix des produits ». En plus de cela, la famille s’agrandit au fil des années, avec l’arrivée des enfants. « Depuis le début de mon mariage, mon mari a fixé le prix de condiments à 1.000 Fcfa, tous les jours. Jusqu’au moment où je vous parle, il il n’a pas augmenté d’un kopek ce montant. Alors qu’avant ce que 1000f pouvait acheter, il ne peut plus aujourd’hui. Elle explique que le prix de la viande, de l’huile, ainsi que des ingrédients de tous les plats ont connu une hausse. «Au début, je pouvais ajouter seulement 100 ou 200 Fcfa. Mais, aujourd’hui, je peux compléter jusqu’à 1.000 Fcfa ou plus. Car, il y a les enfants et la cherté de la vie » dit notre interlocutrice. Face à cette situation, elle plaide la compréhension des hommes qu’elle prie « de revoir (à la hausse) le prix de condiments afin de soulager un peu les femmes ». Compléter le prix de condiments est plus aisé pour les femmes qui vivent dans des familles nucléaires, qu’importe la somme qu’on vous remet. Penda Touré, agent comptable, en convient. « Je suis mariée depuis 11 ans. J’arrive à gérer ce que mon mari me donne comme prix de condiments, parce que je vis avec mon époux et mes enfants seulement. Donc, même si je complète, ce n’est pas avec un montant très important. Et il y a des jours ou je ne complète même pas », dit Penda. Selon elle, il y a des femmes, qui n’ont jamais complété le prix de condiments. Farima Sacko, ménagère à Lafiabougou, mariée à Ousmane Diaby, depuis plus de 20 ans, est de cette rare catégorie. Cette mère de six enfants, nous affirme qu’elle n’a jamais ajouté un franc au prix des condiments, depuis qu’elle s’est mariée. «Dès le début de mon mariage, mon mari m’a demandé de ne jamais dépenser un rond dans la préparation de sa nourriture quelque que soit sa quantité, sans son accord. Sinon, il ne me le pardonnera jamais de toute sa vie », explique Farima. « Depuis ce jour, s’il manque un condiment qui coûte, ne serait-ce que 25 Fcfa, je lui dis et il paye, sans problème. Il veut être sûr que c’est de sa poche que vient tout ce qui sera mis dans la nourriture de la famille», dit-elle. De nombreuses femmes de la capitale ne reçoivent pas de prix de condiments de leur époux. Soit parce que le mari est malade, invalide ou en chômage. C’est le cas de Oumou Bakayoko, une femme dévouée à son mari. Mariée avec

Diéma : Le matelas en mousse détrône la paillasse

Par Ouka BAH Diéma, 22 juin (AMAP) La paillasse est un matelas traditionnel, vieux de plusieurs siècles. Fabriqué à partir de sacs en jute ou de fibres extraites du baobab, on le bourre, généralement, de pailles ou de rebuts de fibres de coton, et que l’on ficelle en plusieurs endroits. Avant l’apparition du matelas en mousse au Mali, beaucoup de gens utilisaient la paillasse. Elle était présente quasiment dans toutes les maisons. De nos jours, son usage comme couchette tend à se raréfier, et est devenue presque inexistante, même dans les villages les plus reculés. La mousse de matelas est passée par là. La paillasse a ainsi perdu sa valeur d’antan, dans un monde à l’évolution vertigineuse Tout le monde préfère le confort des matelas moelleux au craquement caractéristique des brindilles et pailles assemblées. Aujourd’hui, dormir sur la paillasse est, aux yeux de certains, un signe d’extrême pauvreté. Beaucoup de femmes n’aiment pas la paillasse. Elles arguent que si l’enfant, dans son sommeil, urine dessus régulièrement, la couchette en pailles finira  par pourrir. « Or, avec le matelas, soutient la ménagère Yayaré Soucko, il suffit de le laver soigneusement et de le placer au soleil », pour plusieurs utilisations après. Banta Cissé, un long cure-dents à la bouche, en cette heure matinale, accuse certaines femmes de paresse qui ne mettent pas une toile de plastique sous les fesses de leur enfant la nuit, ou ne leur font pas porter de « couchis » (couches), pour absorber l’urine de l’enfant. Par contre, selon  quelques conservateurs, qui lui restent toujours attachés, dormir sur la paillasse, permet d’éviter la courbature. D’autres préfèrent la paillasse à cause de son prix abordable. Trois à quatre mille francs cfa, suffisent pour en acquérir de deux places, gaillardement confectionnée. L’égoutier Makan Tamboura, soutient que le matelas n’est pas un luxe, mais plutôt une nécessité. Et un autre  de s’insurger : « Le matelas est l’affaire des riches. Celui qui n’a pas assez de moyens ne peut s’en procurer. Pour un matelas à deux places, il faut débourser, au minimum, 30.000 Fcfa. Plus la qualité est meilleure, plus le prix augmente. Or, trois à quatre mille francs cfa suffissent pour avoir une paillasse». « Si on demande mon avis, déclare Madou Sow, je dirais que la paillasse a des avantages. Son utilisation permet d’éviter la courbature à cause de sa surface dure et rugueuse ». « Le seul inconvénient de la paillasse est que, si elle est sale, surtout celle qui contient de la paille, on ne peut pas la laver, au risque de l’abîmer. En plus, si l’urine de l’enfant s’infiltre dans la paillasse, au fil du temps, elle dégagera une odeur nauséabonde », consent Sow. Fousseiny Sissoko, conseiller de chef de village, ne compte pas laisser sa paillasse au profit du matelas. En tout cas « pas de sitôt », jure-t-il. Contrairement à sa co-épouse, qui se couche avec ses enfants  sur des paillasses, une nouvelle mariée a refusé la paillasse que son époux lui a achetée. Elle dit préférer un matelas. « Dans notre famille, sans me vanter, dit la dame, entre deux longs jets de salive, du plus petit au plus grand, tout le monde dort  sur un matelas». Avant d’avoir un matelas, un jeune célibataire, qui préfère garder l’anonymat, avait honte que ses visiteurs sachent qu’il passe la nuit sur une paillasse. C’est pourquoi, il fermait la porte de sa chambre, chaque fois, que quelqu’un arrivait. Dans le Cercle de Diéma, les fabricants de paillasses se comptent, aujourd’hui, sur le bout des doigts. A l’entrée de la ville, avant de franchir le pont, à l’emplacement d’une vieille station-service abandonnée, on en voit souvent quelques-unes alignées le long du mur  et proposées à la clientèle. Djiguiba Sissoko, ancien fabricant de paillasses, domicilié à Darsalam, a arrêté d’exercer son métier, car il n’en tirait plus aucun profit, à cause de la rareté des clients. A l’époque, il pouvait gagner par jour 25.000 Fcfa, voire plus avec la vente de ses paillasses. « C’est  avec l’introduction du matelas dans notre village, par l’entremise de nos ressortissants à l’étranger, que tous ont tourné le dos à la paillasse », dit l’artisan désœuvré. « C’est dommage », regrette-t-il, se pinçant la lèvre inférieure. « J’ai commencé à faire des paillasses avec des sacs de fibres de baobab, puis j’utilisais des sacs en plastique qui sont plus résistants. Mon métier ne me rapporte plus…», raconte Issa Dembélé, la soixantaine révolue. Fatamba Diarra, fontainier à Ballabougou, explique qu’il n’existe plus de fabricant de paillasses dans son village.  Le dernier a plié bagages après avoir vu ses affaires marcher à merveille, un moment, puis péricliter en raison de la mévente de ses marchandises. Les Maures, dans leur majorité, refusent la paillasse tout comme le matelas. Youba Coulibaly, notable à Missira, dans la Commune rurale de Grouméra, venus à Diéma avec des enfants pour leur enrôlement, explique que cette communauté préfère le ‘Kapta’, confectionné avec des tiges de bambou, assemblées en lit. Plusieurs personnes peuvent dormir ensemble sur le ‘Kapta’, contre une ou deux personnes seulement sur la paillasse ou le matelas. « Avec le ‘Kapta’, après la pluie, on  peut le replacer sur ses pieds et continuer à siroter du thé », ajoute son compagnon de route. « Avec l’évolution de notre monde d’aujourd’hui, on ne sait plus ce qui est bon pour nous ou ne l’est pas », dit un chef traditionnel, un brin philosophe, laissant entrevoir sa préférence. OB/MD (AMAP)  

Situation sécuritaire : L’ONU constate une baisse des attaques asymétriques

Par Issa DEMBELE Bamako, 10 juin (AMAP) Les forces nationales et internationales ont essuyé moins d’attaques asymétriques, pendant ces trois derniers mois, que durant le premier trimestre de l’année 2021, a constaté le secrétaire général de l’Onu, Antonio Guterres, dans son dernier rapport sur la situation sécuritaire au Mali. Le constat est certes encourageant, parce que sur la même période, les chiffres révèlent aussi une légère baisse des attaques contre les populations civiles qui sont, cependant, en plusieurs endroits, sous le joug des terroristes et l’insécurité déborde sur les régions de Sikasso (Sud) et de San (Centre). Le rapport de 22 pages fait ressortir une légère baisse des attaques asymétriques durant la période considérée. La Mission multidimensionnelle intégrée des Nations unies pour la stabilisation au Mali (MINUSMA) a subi 14 attaques (contre 39 durant la période précédente), qui ont fait 4 morts et 50 blessés parmi les soldats de la paix. Alors que les Forces de défense et de sécurité maliennes ont été la cible de 25 attaques, ayant occasionné la mort de 49 militaires et 2 éléments de la police et de la gendarmerie. Les blessés sont au nombre de 55. Au total, les forces nationales, internationales et les groupes armés signataires ont essuyé 44 attaques asymétriques. 23% d’entre elles ont eu lieu dans les régions du Nord. Il a été enregistré dans celles de Mopti et de Ségou, 21 attaques, dont 17 à Mopti ; soit une baisse par rapport au premier trimestre, au cours duquel 57 attaques avaient été perpétrées contre nos forces régaliennes et les groupes signataires. Les terroristes ont également fait des morts dans les rangs des milices peulh et dogon. L’essentiel de ces actes lâches ont été menées par la Jama’a Nusrat ul-Islam wa al-Muslimin (JNIM) et l’État islamique au grand Sahara qui ont multiplié également les opérations dans les régions de San (Centre) et de Sikasso (Sud). Selon le rapport, au 26 mai, 307 attaques contre des civils avaient été signalées, un chiffre légèrement inférieur à celui enregistré la période précédente, qui correspondait à la saison sèche. Lors de ces attaques, 158 civils ont été tués (3 femmes, 4 enfants), 85 blessés (5 femmes, 6 enfants) et 125 enlevés (3 femmes, 1 enfant). Cependant, dans plusieurs localités, les terroristes exigent des taxes illégales et imposent, en outre, leur propre interprétation de la Charia, en particulier dans les Régions de Douentza (Centre), de Gao et de Ménaka (Nord). Dans les deux dernières, révèle-t-on dans le document, « ils ont tué des civils qui avaient refusé de payer des taxes ou qui étaient soupçonnés d’avoir fourni des informations aux forces armées ». Les populations des régions de Tombouctou et Gao sont aussi sous la menace constante que des groupes extrémistes violents, qui tentent d’imposer leurs normes religieuses de manière de plus en plus agressive, notamment par des enlèvements, des assassinats ciblés, des actes d’intimidation et d’imposition de taxes illégales. « Dans la zone de Tombouctou, souligne le rapport, certaines collectivités territoriales locales et des dirigeants communautaires ont négocié avec les groupes terroristes, en particulier pour obtenir l’autorisation de rouvrir les écoles ». Impuissants face aux forces du mal, de nombreux civils ont migré vers des horizons plus cléments. Particulièrement, le nombre de personnes déplacées a augmenté dans le sud du Cercle d’Ansongo, principalement à Labbezanga et à Tessit. Les affrontements dans le Cercle d’Anderamboukane entre la JNIM et l’EIGS mais, également, entre des groupes extrémistes et des éléments du Mouvement pour le salut de l’Azawad des Daoussak, ont également entraîné de nombreux déplacements de personnes en direction de la ville de Ménaka. Les attaques perpétrées par les groupes extrémistes violents continuent ainsi d’être la cause de nombreuses atteintes aux droits humains, dont des meurtres, de graves dommages corporels, des déplacements forcés, de pillage et de destruction de biens. En outre, a déploré le secrétaire général, de nouvelles violations ont été commises par les forces armées, les groupes armés et milices communautaires. La MINUSMA a recensé 422 violations des droits humains (181) et atteintes à ces droits (241), soit 13 de plus que pendant la période précédente. ID/MD (AMAP)  

Antonio Guterres appelle à un gouvernement réellement inclusif au Mali

Par Dieudonné DIAMA Bamako, 10 juin (AMAP) Pour le secrétaire général des Nations unies, Antonio Guterres, seul un gouvernement réellement inclusif, dirigé par des civils et auquel les femmes participent « pleinement pourra paver », au Mali, « la voie d’élections crédibles, favoriser la cohésion sociale et restaurer la confiance de la population envers les institutions publiques ». Dans son dernier rapport sur la situation du Mali, M. Guterres, décrit les principaux faits survenus au Mali sur le plan politique ces trois derniers mois. Ce document est rendu public au moment où le Mali se prépare à entamer une nouvelle page de la Transition. Antonio Guterres a dénoncé les bouleversements politiques marqués par l’arrestation du président de la Transition, Bah N’Daw, et du Premier ministre, Moctar Ouane, ayant conduit à leur démission. Antonio Guterres a rappelé que le 14 mai, le Premier ministre a démissionné. Et immédiatement reconduit dans ses fonctions, il a engagé des négociations en vue de former un nouveau gouvernement. Mais bien avant, à l’initiative du président de la Transition, une série de réunions avaient eu lieu avec des représentants des partis politiques et de la société civile dont le M5-RFP qui a demandé la dissolution du gouvernement et la rectification du processus de transition. C’est ainsi que le 24 mai, poursuit le rapport, le président de la Transition a, par décret, annoncé la formation d’un nouveau gouvernement, dans lequel ont été remplacés les ministres de la Défense et de la Sécurité, tous deux membres de l’ex-Comité national pour le salut du peuple (CNSP) qui avait démis l’ancien président Ibrahim Boubacar Keïta de ses fonctions en août 2020. Le même jour, le président de la Transition, le Premier ministre et plusieurs représentants de l’État ont été arrêtés et conduits dans le camp militaire de Kati, où ils ont été placés en détention, rappelle le rapport. Ajoutant que le 25 mai, la délégation de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) s’est de nouveau rendue à Bamako pour demander la libération des détenus et faciliter la recherche d’une solution. Après la démission du président de la Transition et du Premier ministre le 26 mai, le 28, la Cour constitutionnelle a confirmé l’ancien vice-président colonel Assimi Goïta comme président de la Transition. Le 30 mai, les chefs d’État et de gouvernement des pays de la CEDEAO ont tenu un sommet extraordinaire à Accra où ils ont décidé de suspendre le Mali de l’organisation conformément aux textes. PROGRES – Comme faits nouveaux, M. Guterres a évoqué les progrès accomplis dans la mise en œuvre de la feuille de route de la Transition, notamment la publication du calendrier électoral et le lancement des préparatifs des prochaines élections. Antonio Guterres a rappelé également que le 31 mars dernier, le Premier ministre a pris un décret portant création du Comité d’orientation stratégique sur les réformes politiques et institutionnelles. Lequel aura un rôle consultatif en appui aux réformes politiques et institutionnelles engagées, notamment en ce qui concerne la réorganisation territoriale, la révision de la Constitution et les réformes électorales. Le secrétaire général des Nations unies a déploré la lenteur dans la mise en œuvre de l’Accord pour la paix et la réconciliation et l’assassinat, le 13 avril, du président de la Coordination des mouvements de l’Azawad (CMA). Il recommande le renouvellement du mandat de la Mission onusienne en maintenant les effectifs militaires et de police à leur niveau actuel Le secrétaire général des Nations unies est revenu sur la mission de la CEDEAO, conduite par Goodluck Jonathan, au Mali, du 9 au 12 mai. Cette mission de la CEDEAO a constaté avec « satisfaction » que des progrès ont été réalisés et a noté les préoccupations soulevées par certaines parties prenantes concernant la hiérarchisation des priorités dans les réformes, la nécessité de parvenir d’urgence à un consensus sur le choix de la structure de surveillance des prochaines élections, la réorganisation territoriale, la transparence et l’inclusivité dans le processus de transition.   DROITS HUMAINS – Sur un tout chapitre, Antonio Guterres indique que la période considérée a été marquée par une forte détérioration de la situation des droits humains qui s’explique principalement par une augmentation de la violence contre les civils, en particulier dans certaines zones du Sud du Mali. Selon lui, les attaques perpétrées par les groupes extrémistes violents continuent d’être la cause de nombreuses atteintes, dont des meurtres, de graves dommages corporels et des déplacements forcés de civils. Par ailleurs, Antonio Guterres a rappelé que le 30 mars, la Mission multidimensionnelle intégrée des Nations Unions pour la stabilisation au Mali (MINUSMA) a publié un rapport sur les résultats de l’enquête relative aux droits humains menée à la suite d’une frappe aérienne effectuée par la Force Barkhane. Compte tenu de l’environnement complexe, difficile et dangereux dans lequel la Mission opère, il propose d’adopter des stratégies novatrices, adaptées, souples et axées sur l’être humain. À cet effet, il souhaite que le mandat de la MINUSMA soit prorogé d’un an, jusqu’au 30 juin 2022, en maintenant les effectifs militaires et de police à leur niveau actuel. DD/MD (AMAP)  

Transition: le colonel Assimi Goïta investi président

Par Issa DEMBÉLÉ Bamako, 08 juin (AMAP) Au cours de la cérémonie solennelle de prestation de serment, lundi, devant la Cour suprême au Centre international de conférences de Bamako (CICB), le nouveau chef de l’État, le colonel Assimi Goïta, a promis d’imprimer une nouvelle dynamique à la conduite des affaires publiques, Apres avoir prêté serment et avoir été investi président de la Transition, chef de l’État, le nouveau locataire du Palais de Koulouba arrive en rassembleur d’un pays meurtri, écartelé entre des crises qui plombent son développement depuis bientôt une décennie. Il a appelé le Mali à “l’unité”, la communauté internationale à accompagner la nouvelle dynamique et donné le ton d’une transition qui se veut moins dépensière. Le nouveau président a annoncé à cet effet qu’il consacrera les 2/3 du fonds de souveraineté du président, soit 1,8 milliard de Fcfa annuel, à des œuvres socio-sanitaires, notamment pour faciliter l’accès à l’eau potable et aux soins de santé primaire dans les zones difficiles. L’ancien commandant du Bataillon des forces spéciales se retrouve, ainsi, en première ligne sur le front politique. L’audience solennelle consacrant son nouveau statut s’est déroulée en présence des présidents des institutions, de diplomates, d’acteurs de la classe politique, de la société civile, de représentants des groupes signataires de l’Accord pour la paix et la réconciliation… C’est une salle archicomble qui a reçu, à 10 heures 32 minutes, le colonel Assimi Goïta et son épouse, Mme Goïta Lalla Diallo. Présidée par le président de la Cour suprême, Wafi Ougadèye, l’audience solennelle a été marquée par la lecture de l’arrêt de la Cour constitutionnelle, désignant le colonel Assimi Goïta comme président de la Transition. Le procureur général, Mamoutou Timbo, prendra ensuite la parole pour ses réquisitions, dans lesquelles il a conclu à la recevabilité de la prestation de serment. Non sans faire remarquer que le serment prêté par le colonel en septembre dernier ne saurait être invoqué pour faire obstacle à la recevabilité de sa demande de prestation. Le sens et les implications du serment qu’Assimi Goïta prêtera quelques minutes plus tard, ont été élucidés par le ministère public. Mais pour Mamoutou Timbo, le problème central dans notre pays est l’impunité. « Alors, a-t-il estimé, l’élaboration d’une nouvelle stratégie pour lutter contre ce fléau doit figurer en bonne place dans l’agenda de la Transition ». Me Moustaph Cissé, bâtonnier de l’Ordre des avocats du Mali, a insisté, lui aussi, sur l’urgence de s’attaquer à ce fléau. Il a ajouté qu’il y a eu ‘’trop d’hésitation dans le traitement des maux qui assaillent notre pays, notre démocratie’’. La main droite levée, l’ancien vice-président, qui accède à la magistrature suprême à 38 ans, a fait « le serment de préserver le régime républicain, de respecter la Constitution et la Charte, de remplir ses fonctions dans l’intérêt supérieur du peuple, de garantir l’unité nationale, l’intégrité du territoire national… » La cérémonie s’est poursuivie avec la décoration du nouveau chef de l’État par le grand chancelier des Ordres nationaux, le général Amadou Sangafourou Guèye. Élevé à la dignité de Grand croix de l’Ordre national du Mali, le colonel Assimi Goïta a reçu une écharpe tricolore qui fait de lui le Grand maître des Ordres nationaux. DIALOGUE FRANC- Il y a neuf mois, le jeune officier supérieur accomplissait pratiquement le même rituel aux côtés de Bah N’Daw qu’il a poussé à la démission tout comme l’ancien président Ibrahim Boubacar Keïta. Beaucoup d’eau a coulé sous le pont, depuis. Mais les défis restent entiers. La situation sécuritaire ne s’est pas substantiellement améliorée, le tissu social est en lambeaux, la Covid-19 n’est pas vaincue, l’Accord pour la paix et la réconciliation connaît toujours une application poussive et les réformes politiques et institutionnelles sont encore de l’ordre des bonnes intentions. La période de transition, dont la conduite vient de lui être confiée, est censée relever ces défis… En moins de dix mois. Rassurants, les premiers mots du nouveau chef de l’État sont à la dimension de l’espérance collective. Il a dit avoir conscience de l’immensité des défis et qu’il entend « imprimer une nouvelle dynamique », avec l’accompagnement de toutes les filles et fils de la patrie. Ainsi, les expressions «cohésion et solidarité» ou encore «transcender les divergences» ont, entre autres, constitué le fil d’Ariane de son discours. «Chaque fois que notre pays s’est dressé comme un seul homme, il a su vaincre toutes les adversités”, a-t-il dit. “Nous sommes forts quand nous sommes unis ; mais divisés, nous devenons extrêmement vulnérables», a ajouté le colonel Goïta. À l’heure du bilan, la pertinence de la décision du colonel de s’imposer à la tête du pays s’appréciera surtout à l’aune de la crédibilité qu’il aura imprimée aux processus électoraux. Ses propos sur les futures élections, qui boucleront cette période transitoire, étaient attendus aussi bien par les acteurs nationaux que par la communauté internationale. Le chef de l’État a rassuré, en s’engageant à les tenir aux échéances prévues. Aussi, œuvrera-t-il de sorte qu’elles soient justes, crédibles et transparentes. Tout comme sur les élections, le président de la Transition a donné l’assurance de travailler à la mise en œuvre de toutes les actions prioritaires nécessaires à la réussite de la Transition. Également attendu sur le terrain sécuritaire, il a abordé le sujet en félicitant les Forces de défense et de sécurité pour leur courage et les a assurés que “l’État, dans la mesure de ses moyens, fournira les ressources nécessaires à l’accomplissement de leurs missions”. Dans cette guerre contre les forces du mal, le colonel Assimi Goïta compte sur la communauté internationale qui, depuis 2013, est fortement mobilisée au chevet de notre pays. Il a donc réaffirmé «l’attachement de notre pays à cette solidarité internationale», avant de «rassurer les organisations sous-régionales, régionales et la communauté internationale que le Mali va honorer l’ensemble de ses engagements ». Alors qu’il entame un nouveau départ, notre pays doit en finir avec un mal à l’origine de sa déliquescence: la mauvaise gouvernance. Promesse du colonel Assimi Goïta : tout sera mis en œuvre pour assurer une meilleure gouvernance

Koro (Centre) : Les acteurs économiques se réjouissent de la reprise du trafic routier

Par Moussa NIANGALY Amap-Koro Koro, 04 mai (AMAP) Le trafic routier entre le Mali et le Burkina Faso, sur la Route nationale (RN15), à partir de la frontière à Koro, a repris officiellement le 8 février 2021, à la faveur des accords locaux signés entre les communautés et l’implication des autorités administratives, politiques et coutumières des deux pays. De cette date à nos jours, le trafic se passe normalement sans incidents, au grand bonheur des populations. Presque tous les usagers de cette route, qui l’avaient abandonnée à cause de l’insécurité ou à cause du sabotage des ouvrages routiers, rendant la route impraticable, sont revenus. Le marché local est bien approvisionné en denrées de première nécessité et les producteurs locaux parviennent à écouler leurs produits vers les pays comme le Burkina Faso, le Ghana, le Togo etc. Tous les secteurs économiques de la ville ont ressenti les impacts positifs de la reprise des activités sur ce tronçon. De la vendeuse de légumes, en passant par le commerçant de céréales ou de bétail, tous reconnaissent que la reprise du transport sur cette route leur a permis de souffler, après plus d’une année d’interruption. Si certains ont eu confiance pour reprendre le trafic sur le tronçon Koro-Burkina Faso, d’autres sont encore dans le doute quant à la sécurité des voyageurs et de leurs marchandises. C’est le cas de Issiaka Ouédraogo, vendeur de cuirs et peaux à Koro. Encore sceptique, il préfère solliciter les services d’intermédiaires pour envoyer ses produits à des partenaires à Mopti, qui se chargent, à leur tour, de les exporter. Il reconnaît que ce détour est coûteux mais plus sûr. Les transports de personnes et de marchandises sont permanents sur la route, sans escorte militaire. Grâce aux accords conclus entre les communautés, il n’y a pas eu d’incidents et tous les acteurs locaux continuent de s’impliquer pour que le trafic ne soit plus interrompu sur ce tronçon. C’est pourquoi, les transporteurs, les commerçants et les transitaires du Burkina Faso et du Mali, qui opèrent sur ce tronçon, ont initié une cotisation volontaire pour réparer un pont saboté dans le village de Nommo, au Burkina Faso, au niveau duquel la déviation est impossible. Cet effort a permis d’assurer la continuité du trafic pendant l’hivernage. Selon Hassimi Dama, transitaire à Koro, l’argent cotisé a atteint plus de 3 millions de Fcfa et la réparation est en cours. Le bureau de Koro est ouvert aux opérations de douane et de transit depuis le 8 février 2021. Si les objectifs assignés au bureau des douanes sont atteints, il faut tout de même reconnaître que les opérations sont quelques peu timides au niveau des bureaux de transit. Cette situation est la conséquence de la fermeture du bureau de Thiou (Burkina Faso) par la direction générale des Douanes du Burkina Faso pour cause d’insécurité. Toute chose qui rend impossible, pour le moment, le transit international à partir de ce tronçon. Les autorités des deux pays doivent s’impliquer davantage pour l’ouverture du bureau de Thiou et la reprise du transit international sur cette route. Mariam Sawadogo, vendeuse de fruits et légumes au marché de Koro reconnaît que l’ouverture de la route a été très salutaire pour elle mais aussi pour tous les usagers de la route Koro-Burkina Faso. Elle souhaite la réparation, avant l’hivernage, du pont saboté de Bih (au Mali). Selon elle, les véhicules empruntent une déviation au niveau du pont sur une route latéritique. Avec l’hivernage, elle craint l’interruption du trafic routier si les pluies sont abondantes. Après plus de trois mois, la reprise du trafic sur le tronçon Koro-Burkina Faso a permis de donner un nouveau souffle à l’économie locale. Cependant, la réparation du pont de Bih, l’implication des autorités pour l’ouverture du bureau de Thiou (Burkina Faso) et la mise en confiance des usagers, encore réticents à emprunter ce tronçon, doivent être des priorités. MN (AMAP)