Prostitution de jeunes filles : Le cercle vicieux
Par Baya TRAORE Bamako, 15 oct (AMAP) Beaucoup de jeunes filles à Bamako cherchent à gagner leur pain dans la prostitution. Ces jeunes filles, de 14 à 25 ans, s’adonnent à cette activité sans se soucier des impacts négatifs sur leur propre personne. Elles s’y livrent aux yeux de tout le monde. On les voit aux abords des voies, sur les espaces publics et même dans les marchés. C’est le crépuscule. Derrière le terrain d’entrainement de l’équipe de football du Réal de Bamako. Plusieurs jeunes filles font le trottoir. En petites tenues très sexy mais pas chères, elles sont une vingtaine à attendre des clients. Pendant que certaines sont seules, d’autres bavardent à deux. Dans un coin, certaines laissent échapper des bouffées de fumée de cigarette. « Psitt! Psitt ! », elles sifflent pour attirer des passants. D’autres proposent à des piétons de les accompagner. «Ka nan ?» (Je vous rejoint ?), lancent-elles à l’endroit de passants. Parmi ces filles de joie, Aminata Coulibaly, une jeune mère âgée de 17 ans. Devant elle, un motocycliste s’arrête. Après un bref échange, elle disparait avec son premier client pour ne revenir que 45 minutes plus tard. Au bout d’une trentaine de minutes Aminata a un autre client, Cette fois-ci, un piéton. Elle dit ne pas faire ce « travail » par plaisir mais plutôt par nécessité de faire face à ses difficultés financières et de prendre soin de sa mère ainsi que de son fils d’un an et demi. Aminata a abandonné les études au lycée, en 10 ème année, à cause de sa grossesse. «Mon partenaire a nié en bloc la responsabilité de son acte», regrette Aminata dont la mère faisait, à l’époque, du petit commerce pour s’occuper d’elle. « Aujourd’hui, raconte-t-elle, sa maman est immobilisée après un accident ». «J’utilise l’argent que je gagne pour payer le loyer de la chambre, le prix de condiments, en plus des frais du traitement de ma mère et les besoins de mon fils », explique la jeune fille. Chaque nuit, elle peut gagner de 10 000 à 20 000 Fcfa. Malgré les risques de maladies sexuellement transmissibles (MST) et de Sida dont elle se dit consciente, il lui arrive de ne pas se protéger lors des rapports intimes. «Je n’exige pas le préservatif des personnes qui me proposent beaucoup d’argent et, aussi, des clients réguliers. Je suis au courant des maladies mais je n’ai pas envie d’y penser car j’ai besoin d’argent», se justifie-t-elle. PAR NECESSITÉ – Notre interlocutrice habite dans un quartier de la Commune IV du district de Bamako. Aux environs de 10 heures, la jeune mère était encore au lit. Après avoir pris le petit déjeuner avec sa famille, elle nous présente sa maman, une sexagénaire trapue de teint noir. « Ma fille est bénie car elle s’occupe de toutes les dépenses de la maison à savoir la location, les frais de mes traitements médicaux ainsi que la nourriture», se réjouie la dame qui ignore la source du revenu de sa fille. Aminata Coulibaly lui a fait croire qu’elle travaille dans un restaurant de la place, pendant la nuit. Elle peine à dissimuler son regret d’être prostituée. «Je souhaite avoir un travail, un jour, pour abandonner cette activité», confie-t-elle. Rokia, une travailleuse du sexe, enceinte de sept mois, opère sur le même site qu’ Aminata Coulibaly. Agée de 19 ans, elle vit en location avec son petit ami à Kalabambougou. Elle soutient faire ce travail pour subvenir à ses besoins et à ceux de son copain qui est le père de son futur enfant. Pour elle, c’est une manière d’aider cet homme sans travail fixe à prendre en charge les besoins de la famille. «Il sait que j’exerce cette occupation», dit-elle. Rokia dont les parents sont vivants, a quitté la maison familiale à Djikoroni para, il y a trois ans « J’ai quitté mes parents pour suivre mon petit ami. Avant de partir, on m’avait donné trois fois un fonds de commerce. Mais, j’ai tout investi dans mon amant, car je l’aime », dit-elle. « Et après, on me frappait tout le temps. C’est pourquoi, il m’a proposé de quitter la famille pour le suivre. Au début mes parents me cherchaient, Maintenant, ils ne le font plus », ajoute la jeune dame. ENGRENAGE – Quant à Ramata, une autre fille de joie, elle a déjà soufflé ses 23 bougies. Cette habituée est une doyenne de l’espace se trouvant derrière le terrain du Réal. Elle y a passé six ans. « Je suis la maitresse de plusieurs filles ici. Je loue une chambre à Djicoroni para avec trois autres prostituées. Mes parents habitent à Djélibougou Doumazana, en Commune I du District de Bamako», dit-elle. Ses parents sont au courant de son activité. Elle leur donne de l’argent et contribue aux dépenses familiales, en achetant du riz ou en payant les factures d’électricité. Troisième enfant d’une famille de sept rejetons, Ramata ne regrette pas ce qu’elle fait. «Je ne trouverai aucun travail en ce moment qui pourrait me faire gagner plus. Mais je ne souhaite pas rester dans ce milieu. Pour cela, j’économise de l’argent pour trouver un fonds de commerce», espère-t-elle. Contrairement à certaines de ses camarades imprudentes, Ramata ne badine pas avec l’usage du préservatif. « L’usage du préservatif par un client dépend de la fille avec laquelle il est. Car, chacun est responsable de ses actes. Moi, je l’exige parce que j’ai peur de contracter des MST. Et, aussi, j’ai vu des filles mourir ici de maladies. Une raison de plus pour moi d’exiger le préservatif », explique-t-elle. Ajoutant que dans leur secteur, une fille peut aller, au minimum, avec trois hommes par nuit. Les problèmes de «ce métier», selon Ramata, sont, entre autres, le refus de certains clients de payer après la prestation, les agressions des bandits aux heures tardives de la nuit et le racket de policiers dont le montant s’élève à 2 000 Fcfa par prostituée. La jeune fille avoue que beaucoup de ses camarades du secteur n’ont ni pièce d’identité, ni carte les autorisant à pratiquer la prostitution. « En outre, poursuit-elle, il y a des
Réintégration des migrants : La success story d’un rescapé de la Méditerranée
Par Mohamed TOURE Bamako, 15 oct (AMAP) Yeli Diallo a échappé à la noyade en mer en tentant de rallier les côtes italiennes à bord d’une embarcation. Échaudé par cette mésaventure, le jeune homme est retourné au bercail pour se lancer dans le maraîchage, une activité qui lui réussit Yeli Diallo est plus que jamais déterminé à réaliser ses nombreux projets. À 35 ans, il a le sourire pudique qui ne quitte plus ses lèvres. Mince, la barbe en bataille, l’homme confie s’être forgé une résilience face aux vicissitudes de la vie. En 2018, Yeli ne jurait que par l’Europe. Peu lui importait les risques. Marié, face aux difficultés de trouver un travail pour subvenir aux besoins de sa famille, le jeune homme s’engage alors sur le chemin de la migration clandestine. Parti pour l’Algérie par la route, le jeune homme traverse les villes de Gao et Kidal (Nord), en bravant le danger, entre les mains des passeurs et des groupes armés. La traversée du désert le conduit en Libye, via l’Algérie. Malgré ses compétences en mécanique, c’était impossible pour lui de travailler en Libye. Trop risqué à cause des hommes armés ayant la gâchette facile. «C’est difficile de travailler avec des gens armés qui sont capables de te tuer au moindre malentendu. Le rapport de collaboration est presqu’impossible», argumente-t-il. Grâce à la débrouillardise, Yeli arrive à réunir un peu d’argent pour réaliser son rêve. Mettre les pieds en Europe. Le jeune homme se lance, un vendredi, nuitamment, dans une embarcation de fortune. À bord, plus de 120 personnes déterminées à rejoindre l’Italie en traversant la Méditerranée. «Nous avons passé deux jours en mer sans retrouver notre chemin. Le deuxième jour, au soir, il y avait de la neige. La visibilité était réduite, pendant qu’un hélicoptère italien nous cherchait», se souvient Yeli. Une soixantaine de personnes, dont Yeli tombent à l’eau suite à un mouvement de panique. Selon le rescapé, 54 ne survivent pas et meurent dans les profondeurs de la Méditerranée. Ses réflexes de nageur et son instinct de survie le sauvent de la noyade. « Mais l’épisode, confie-t-il, le marque à jamais ». « Pendant ces genres de moment, les gens sont sans pitié. Par exemple, ceux qui s’évanouissaient étaient jetés à l’eau pour avoir plus d’espace sur la petite embarcation », témoigne le jeune qui a encore du mal à mettre des mots sur cette mésaventure. PRISONS À CIEL OUVERT – Le récit de Yeli donne un aperçu glaçant de la route migratoire par la mer Méditerranée. Tristement reconnue comme la plus meurtrière au monde, elle a coûté la vie, entre juin 2019 et fin 2020, à plus de 2.600 candidats à la migration, selon l’Organisation internationale pour les migrations (OIM). Les tentatives de traversée de la Méditerranée se terminent souvent par des échecs. Plus de 10.000 migrants ont été interceptés et envoyés dans des centres de détention par les autorités libyennes, rien qu’entre janvier et juin 2021, signale encore l’OIM. Pour le cas de Yeli Diallo, avec d’autres rescapés, il a été recueilli à Tripoli par la police libyenne. Le jeune vivra l’expérience des centres de détention. Dans ces prisons à ciel ouvert, il fut témoin de plusieurs actes de violation des droits de l’Homme ou de violences notamment contre des femmes. Les violences dans ces centres libyens sont régulièrement répertoriées par des organismes dont le Haut-commissariat des Nations unies pour les droits humains (HCR). Dans un rapport publié en mai 2021, l’organisme onusien dénonçait l’inaction de l’Union européenne (UE) et de la Libye face à la tragédie que vivent les migrants comme Yeli qui empruntent le chemin de la Méditerranée. En mars 2021, le Conseil de l’Europe dénonçait le «manque de volonté des États» d’établir des politiques de protection des migrants. SIGNE DU DESTIN – Après l’échec de la traversée, Yeli est pris en charge par l’OIM. Il est rapatrié à Bamako avec d’autres compatriotes. « Ils ont reçu, chacun, 55.000 Fcfa afin de retourner chez eux », explique-t-il. Le retour de Yeli à la maison était aussi difficile à cause des pesanteurs sociales. Les petits emplois qu’il multiplie sont de nouveau insuffisants pour assurer les dépenses de la famille. Reprendre la route de l’émigration lui a effleuré l’esprit. «Je voulais gagner un peu d’argent pour partir à Gao. De là, j’allais me débrouiller pour entrer en Algérie, en comptant sur un ami qui allait m’aider», détaille-t-il ainsi son nouveau plan de voyage. «Je n’avais rien à perdre et presque plus le goût à la vie. Je n’avais plus peur de mourir vu que j’avais vu des atrocités en Libye. Beaucoup de gens ont été tués devant moi», confie-t-il. Au moment où Yeli commence à désespérer, il reçoit un signe du destin. «J’ai reçu un appel des gens de l’OIM qui m’ont parlé d’un programme d’aide pour les migrants de retour», dit-il. Ce programme mis en œuvre par l’OIM, en partenariat avec l’UE, aide certains migrants de retour à travers la réintégration dans plusieurs domaines professionnels, tels que l’artisanat, la maçonnerie ou le secteur agricole. Yeli trouvera sa voie dans le maraîchage, domaine qu’il connait bien. Il avoue s’être attendu au début à une aide financière, qu’il aurait pu utiliser pour retourner en Algérie. Finalement, il accepte de suivre plusieurs formations avant de commencer ses activités. «Les formations m’ont été utiles pour changer ma vision de certaines choses. Les formateurs nous disaient que nous allions rencontrer les mêmes difficultés chez nous comme à l’étranger», explique Yeli qui reçoit du matériel pour commencer son activité de maraîchage dans son village. «Je me suis décidé à travailler pour honorer la confiance placée en moi. Six à neuf mois plus tard, j’avais déjà la clôture de mon jardin avec un grillage», raconte-t-il fièrement. RÉINTEGRATION RÉUSSIE – Yeli fait partie des quelques exemples qui prouvent que la réintégration après une expérience de migration est possible. À quelques encablures du nouveau pont de Kayes, à Danfagabougou, le jeune homme arpente chaque jour les pistes étroites, où son jardin d’un demi hectare est niché. Plusieurs
Diéma : Histoires d’enfants au destin de mendiants
Par Ouka BA Diéma, 12 oct (AMAP) A Diéma et environs, chacun a une histoire d’enfant mendiant à raconter. A longueur de journée, ces enfants, de 7 à 12 ans, au plus, déambulent dans les rues, pour satisfaire les exigences de leur maître. Recevant par-ci une poignée de céréales, par-là des pièces de monnaie ou des restes de repas. On les croise à tout bout de champ, aussi bien en ville, au quartier Razel, qu’aux confins des villages voisins. Chaque vendredi, des mendiants arrivent en nombre dans le village de Fangouné Bambara, situé à 5 km de Diéma. « Ils s’installent dans des vestibules. En période de fraîcheur, ils n’ont pas de couvertures, ils passent toutes les nuits à grelotter », raconte Dakolo Coulibaly, gérant d’une banque de céréale. Un conseiller du chef du village de Diéma, Fousseiny Sissoko, relate : « On m’a appelé pour me dire qu’un mendiant venant de Gourel, à Nioro du Sahel, a passé la nuit à la belle étoile au quartier Razel. Je suis allé le voir et j’ai donné l’information à travers les réseaux sociaux. Quand son père a appris la nouvelle, il est venu chercher son enfant ». « Un jour, quand je quittais Mountan Kagoro sur ma moto. J’ai croisé un enfant âgé d’environ huit ans, tout seul en pleine brousse. Quand je l’ai l’interrogé, il m’a dit qu’il était en compagnie de son maître. Ils partaient à Diangounté Camara, mais ce dernier s’est débarrassé de lui, prétextant un besoin de se soulager dans la broussaille », dit Fousseiny Sissoko. L’enfant épuisé par la longue marche, suait à grosses gouttes. « J’ai été obligé d’écourter mon trajet pour le conduire chez le chef de village de Diangounté Camara qui a mené des investigations pour retrouver ses parents », ajoute notre interlocuteur. Et d’ajouter que la plupart des enfants mendiants ne bénéficient pas de soins s’ils tombent malades. « L’an passé, j’ai personnellement assuré la prise en charge de près de dix enfants », affirme-t-il. La présidente de l’Association des femmes rurales, Lallia Borthole, pour sa part, nous dit que chaque jour, de nombreux mendiants viennent dans sa maison. On leur donne à manger. « Ils ne sont pas disciplinés. Ils se bagarrent souvent pour un morceau de viande », fait-elle remarquer. MALTRAITANCE – « Un jour, poursuit Mme Borthole, l’un d’eux était malade, et s’était allongé par terre. On a envoyé quelqu’un pour informer son maître. Au lieu de le conduire directement au centre de santé, le maître s’est dirigé vers la maison ». La présidente de la Coordination des associations et organisations féminines (CAFO), Mme Mariam Soucko, dit avoir été témoin, un jour, d’une scène horrible. « Un maître coranique a battu au sang son élève, parce qu’il aurait refusé d’apprendre le Coran et veut rentrer chez lui, contre la volonté de ses parents. L’enfant avait des traces de fouet, un peu partout, sur son corps. J’ai plaidé afin que le maitre laisse partir le garçon qui n’arrêtait pas de se lamenter », raconte Mme Soucko. Certains maîtres coraniques, mettent en garde leurs élèves de ne pas rentrer bredouilles, allant jusqu’à fixer un montant d’argent que chacun doit apporter, à la fin de la journée. Ces élèves coraniques, à force d’errer dans les rues, finissent par en adopter les comportements avec leur corollaire de vols, de banditisme, d’escroquerie, etc. M’Bouillé Diarra est animateur-radio. « Un jour, dit-il, on a conduit vers nous un mendiant égaré. A force de l’interroger, l’enfant a fini par dire que son maître lui demande d’apporter, chaque jour, une somme de 500 Fcfa ». Le garçon avait obtenu le montant exigé, mais un autre plus grand que lui, lui a retiré 250 Fcfa. « J’ai compléter la somme et conduit le petit chez son maître ». Salif Sangaré dit Broda, du Syndicat des transporteurs, accuse ces enfants de cheminer avec des délinquants du quartier Razel. « Pas plus tard qu’il y a cinq jours, on a pris en flagrant délit un enfant mendiant qui s’asseyait toujours près d’une station-service. Il disposait d’un trousseau de clés passe-partout avec lesquelles il faisait ses opérations. Chaque fois, le garçon profitait de l’absence du gérant pour ouvrir son coffre et soutirer de l’argent », raconte-il. Abdoulaye Touré, conseiller pédagogique, explique qu’un mendiant âgé d’environ quinze ans, était poursuivi par un homme. L’enfant avait volé un téléphone. « J’ai cherché et trouvé son maître pour lui remettre son élève afin de lui épargner la bastonnade que lui promettait la victime en colère », dit-il. La Brigade territoriale de gendarmerie mène, souvent, des opérations de recherche d’enfants sans domicile fixe. « Il s’agit, indique le commandant de brigade, Abdoulaye Dissa, de leur éviter de tomber dans la délinquance ». IRRESPONSABILITE – C’est une fuite de responsabilités non seulement de la part des maîtres coraniques, mais surtout des parents qui leur confient la garde de leur progéniture. Une fois que le père remet son enfant à un maître coranique, tout l’entretien de l’élève revient généralement au religieux qui a droit de vie et de mort sur son protégé. « On voit souvent des personnes nanties envoyer leurs enfants chez des maîtres coraniques dans le but de leur apprendre la pénitence. Lorsque j’étais petit, j’ai beaucoup souffert avec mon maître. Mes compagnons et moi mangeons, souvent, du son de mil que la femme du maître préparait pour nous », se souvient Mohamed Dicko, vendeur de pastèque. « Pour apprendre la parole de Dieu et avoir la baraka, il faut stoïquement souffrir », croit-il. Mme Aminata Cissé du Service du développement social et de l’économie solidaire raconte le cas d’un enfant malade, retrouvé couché à même le sol au quartier Razel. « Le garcon y était resté pendant deux jours sans assistance. Ses petits camarades avaient informé leur maître qui ne s’était pas présenté. On l’a conduit au centre de soins », dit Mme Cissé. Quand, enfin, son maître est venu, il ne se souvenait plus du nom de son élève. C’est un homme qui lui aurait confié le gamin originaire de Djénné. Le même maître confesse qu’il ne connait pas de nom tous ses élèves. Il dit ne pas avoir d’argent pour soigner l’enfant, mais lorsqu’on a menacé de le traduire devant la justice,
Production cotonnière : Le vieux défi de la transformation locale
Par Mohamed TOURÉ Bamako, 07 0ct (AMAP) À l’instar de la communauté internationale, le Mali célèbre aujourd’hui 7 octobre, la Journée mondiale du coton. Les attentes de nos concitoyens sont de plus en plus tournées vers une transformation locale de la production. La dynamique enclenchée quant à la promotion des tissus locaux pourrait attirer des investisseurs. Le Mali est l’un des premiers producteurs de coton en Afrique avec une production annuelle normale avoisinant les 700.000 tonnes, ces dernières années. Le coton a représenté environ 6% du Produit intérieur brut (PIB) de notre pays, en 2017, avec 189 milliards de Fcfa et 108 milliards de Fcfa en 2018, rapporte l’économiste Modibo Mao Makalou. La filière coton est une source de revenu pour 40% de la population rurale malienne soit plus de 4 millions de Maliens. « Elle est la deuxième source de recette d’exportation pour notre pays, soit 10 à 14% des recettes, après l’or avec 70% », détaille l’économiste. Le talon d’Achille de cette manne pour notre économie est la production transformée localement quasi nulle pour en tirer une valeur ajoutée. « Moins de 1% de la production nationale de coton sont transformés localement au Mali », relève M. Makalou. Le business du coton transformé localement est l’apanage de certains entrepreneurs qui se sont lancés dans le secteur. Sory Ibrahim Konandji, un technicien en technologie du textile formé au Centre de recherche et de formation pour l’industrie textile (CERFITEX), s’est lancée dans ce domaine qu’il juge porteur. En 2019, il a créé son entreprise qui emploie cinq personnes sur subvention, accordée par un projet du ministère en charge de l’Emploi. Comme lui, de nombreux entrepreneurs s’essaient dans la transformation pour la mise en valeur des produits locaux dérivés du coton. Mais, ces petites entreprises embryonnaires sont obligées de se fournir à l’extérieur avec le manque d’unité industrielle nationale dû à l’inactivité de la Compagnie malienne des textiles (COMATEX). Sory Ibrahim Konandji et ses collègues importent des fils de coton des pays voisins comme le Burkina Faso et le Sénégal qu’ils transforment à leur tour en tissu. « Avant, on se faisait ravitailler par la COMATEX, le prix du paquet de fil nous revenait deux fois moins cher que maintenant où nous l’importons de l’extérieur », explique Sory Ibrahim Konandji. POLITIQUE NATIONALE INDUSTRIELLE – La production cotonnière du Mali est supérieure à celle de certains pays où les artisans ou entrepreneurs maliens s’approvisionnent en fil. Pour pallier ce manque à gagner pour l’économie nationale, Modibo Mao Makalou, insiste sur la nécessité d’adopter une Politique nationale industrielle axée sur la transformation de nos matières premières dont le coton. « La politique industrielle est la politique en matière de compétitivité, c’est-à-dire pouvoir allier la recherche, l’innovation en matière de coton par exemple. Il faut savoir comment augmenter les rendements, faire la transformation et où vendre la production », propose le spécialiste. Pour lui, une telle dynamique est possible grâce à une synergie d’action entre l’ensemble des acteurs intervenant dans la chaîne de politiques publiques en la matière. « Cela ne dépend pas seulement du ministère de l’Industrie, ceux de l’Agriculture, du Commerce, des Finances sont aussi concernés», ajoute-t-il. Cela, afin de vaincre notre dépendance à l’exportation de coton brut et de créer de la valeur ajoutée. Le Mali exporte près de 99% de sa production de coton non transformée. Même si elles étaient transformées à hauteur de 10 à 20%, les revenus actuels issus de l’Or blanc pourraient être doublés. Ce qui aurait pu permettre d’augmenter substantiellement les emplois et les revenus de ceux qui opèrent dans la filière, analyse l’économiste. « Quand on transforme le coton, on crée de l’emploi et des revenus qu’on peut créer de la consommation dans son pays », insiste-t-il. En plus de la création d’opportunités, la transformation permettra un contrôle du surplus de production qui peut être exporté pour alimenter le marché sous régional. « Ainsi même si le prix des matières premières augmente, nous ne sommes pas aussi affectés que lorsque nous vendons sur le marché international sur lequel nous ne contrôlons rien. Quand nous exportons du brut, nous sommes à la merci des prix internationaux qui ne sont pas fixés » de commun accord ni avec nos producteurs ni avec nos gouvernants, explique Modibo Mao Makalou. À défaut de disposer d’un secteur industriel compétitif, la petite transformation artisanale peut aussi offrir des opportunités à valoriser pour ses intervenants. En la matière, Modibo Mao Makalou estime que les filières artisanales de transformation peuvent être mieux valorisées et organisées. « Mettre les tisserands et les artisans locaux en coopérative, explique-t-il, leur permettrait d’exporter leurs produits sur le marché international ». « Les tissus faits à la main coûtent plus cher que ceux confectionnés industriellement », argumente-t-il, insistant sur la nécessité de capitaliser le savoir-faire de nos artisans. « Quand nous achetons une chemise chez les artisans, la personne qui fabrique le fil gagne, celui qui fait le tissu gagne, celui qui fait la couture gagne. Si au moins un million de Maliens font de même, les revenus générés au sein de l’économie seront conséquents », soutient Modibo Mao Makalou. Il attire l’attention sur les opportunités dans ce domaine qui peuvent être rentabilisées avec des initiatives comme African Growth Opportunities Act (AGOA), une loi qui permet à 5.000 produits africains d’entrer sans droit de douane sur le marché américain. « Les produits du coton et ceux fabriqués en cuir entrent dans ce cadre », précise l’économiste. MT (AMAP)
Toguéré Coumbé : Une ville martyre aux confins du cercle de Tenenkou, dans le Centre du Mali
Tenenkou, 30 sept (AMAP) Toguéré Coumbé, commune rurale, située à 70 km au nord-est de Ténenkou (dans le Centre du Mali), est composée de 33 villages pour une population estimée à plus de 30.000 âmes. La commune qui, dans le nouveau découpage territorial, doit être érigée en cercle est l’une des plus touchées par la crise sécuritaire qui frappe le Cercle de Ténenkou depuis 2012. Dans la ville de Toguéré Coumbé, chef-lieu de la commune, vivent majoritairement deux communautés qui cohabitaient en parfaite symbiose depuis belle lurette. Il s’agit des Peulhs éleveurs et des Bozos pêcheurs. Symbole de cette intégration réussie selon un sage de cette localité, qui a préféré garder l’anonymat, « bon nombre de Bozos de Toguéré Coumbé parlent couramment la langue peule ». Mais la crise sécuritaire, à travers les amalgames et les stigmatisations, a contribué à opposer ces deux communautés. Le point culminant de cette crise à Toguéré Coumbé a été le blocus imposé à la ville par les groupes armés, après de présumées exactions contre des civils peuls dans la ville de Toguéré en 2018. La majorité des peuls, par peur de représailles, ont quitté la localité avant le blocus qui a duré plus d’une année. Le blocus a fortement affecté cette plaque tournante de l’économie locale puisque Toguéré est une zone agropastorale par excellence, très riche en poissons et en bourgou (pâturage). Les communautés, qui étaient restées dans la ville, en très grande majorité des Bozos, étaient privées de foires hebdomadaires, de champs, de pêches pendant une longue période. Cette situation a poussé de milliers d’habitants à fuir la ville à pied, surtout nuitamment, pour échapper à la vigilance des groupes armés. La ville s’était peu à peu vidée de ses habitants, devenant une ville fantôme. « Seules les personnes âgées et les femmes étaient restées », nous a confié un habitant de Toguéré Coumbé. La ville ne tenait que grâce à l’aide humanitaire de l’État qui était assurée, en son temps, par les forces spéciales et les soldats présents sur place pendant cette période. Le tout dans des conditions dantesques. Ce supplice, qui a duré plus d’une année, a connu son épilogue en août 2019, après la visite de l’ex-Premier ministre, Dr Boubou Cissé à Ténenkou. La levée du blocus, qui avait été confirmée par les forains de retour de Toguéré le 6 août 2019, avait suscité au sein des populations d’énormes espoirs. Des espoirs entretenus par le retour presque à la normale, avec la reprise des activités économiques, culturelles et sportives. Mais ce début d’embellie a vite été douché par le retrait de l’Armée malienne de ses positions à Toguéré Coumbé, le 13 février 2020, laissant sur place la population complètement désemparée. Prises de panique, bon nombre de personnes, par peur des représailles pour collaboration avec l’armée, étaient montées à bord des véhicules militaires pour se réfugier à Diondiori, localité située à 25 km de Ténenkou. D’autres, par leurs propres moyens, ont quitté la ville. Ce départ de l’armée a laissé le champ libre aux groupes armés qui sont, depuis lors, les maîtres des lieux, imposant ainsi leurs règles aux populations. À Toguéré Coumbé, de nos jours, les services sociaux de base sont absents. Le sous-préfet de la localité est basé à Ténenkou. Toutes les écoles sont fermées depuis plusieurs années. Rares sont les ONG qui osent s’aventurer dans cette zone. Les groupes armés réglementent la vie quotidienne. Les évènements sociaux tels que les mariages, les baptêmes sont strictement encadrés. Interdiction pour les femmes de sortir sans la tenue noire qu’on appelle ici Boumbassi. Cette tenue est devenue un passeport pour se rendre en ville. Toute transgression est sanctionnée par des coups de fouet. Plus de musique dans la rue pour les jeunes, ni de football. Les litiges sont tranchés par les groupes armés qui imposent leur diktat aux populations traumatisées. Symbole de la peur suscitée par les groupes armés, en 2020 lors des élections législatives du 29 mars et 19 avril, les populations ont refusé de voter par crainte de représailles des maîtres des lieux. Malgré quelques médiations entamées en mai 2020 par le comité de veille pour la paix à Ténenkou, sous l’égide du chef de village de Ténenkou et non moins chef de tous les villages du Massina, beaucoup de citoyens de Toguéré Coumbé réfugiés à Diondiori et un peu partout dans le cercle hésitent à rentrer. Aujourd’hui, la ville de Toguéré Coumbé est entièrement coupée du reste du monde puisque les installations téléphoniques ont été sabotées, les plaques solaires emportées, selon plusieurs témoignages. Le seul moyen pour communiquer avec les gens de Toguéré, c’est à l’ancienne, c’est-à-dire écrire une lettre ou envoyer un message verbal par l’intermédiaire des forains. Le coût de la vie a pris l’ascenseur dans la ville. Les populations de Toguéré Coumbé attendent impatiemment une action de l’État pour les délivrer du joug des groupes armés qui sont en train de faire précipiter la localité dans les ténèbres de l’obscurantisme. La Rédaction
Bamako : Le gaz butane se raréfie
Par Amadou GUÉGUÉRÉ Bamako, 01 sept (AMAP) Le gaz butane est devenu rare sur le marché à Bamako en raison de la suspension temporaire du trafic sur l’axe Bamako-Dakar et le non paiement de la subvention de l’État aux distributeurs. «Depuis quelques jours, je n’ai plus de gaz à revendre», confie un commerçant installé au marché «Dibidani», dans la capitale malienne. Las, il montre des bonbonnes de gaz vides entassées devant sa boutique. Selon le président des distributeurs de gaz butane, Cheick Hamalla Bocoum, la situation est due à deux facteurs : l’arrêt temporaire du trafic sur l’axe Bamako-Dakar occasionné par l’accident d’un gros camion malien à Kaolack et le non paiement de la subvention de l’État. M. Bocoum s’empresse d’ajouter que malgré la réouverture de la frontière avec le Sénégal, il n’y aura pas suffisamment de gaz sur le marché à cause des impayés. Motif ? « Les importateurs n’ont pas assez d’argent pour s’approvisionner », argumente leur président, ajoutant que c’est ce qui fait qu’on commence à sentir le manque de gaz sur le marché. «Le gouvernement n’a pas payé les subventions depuis 2020. Les arriérés de 2021 aussi n’ont pas été payés. Le cumul de la dette se chiffre à environ 8 milliards de Fcfa», explique Cheick Hamalla Bocoum. Il invite le gouvernement à prendre les dispositions nécessaires pour payer les subventions allouées au gaz. «Il (Ndrl, le gouvernement) doit mettre en place un fonds pour le gaz qui va permettre aux importateurs d’apporter suffisamment de gaz sur le marché», suggère-t-il. Le président du Groupement des professionnels de gaz domestique abonde dans le même sens. Oudiary Diawara confirme que les professionnels du secteur sont confrontés à un problème de non paiement de la contribution que l’État accorde au secteur pour amoindrir le coût pour les ménages. «Ça fait un an et demi que l’État ne nous paye pas les factures. Depuis janvier 2020 jusqu’en 2021, nos factures de subvention ne sont pas payées. Aujourd’hui, le fournisseur exige de payer en espèces sonnantes et trébuchantes. Les opérateurs sont fatigués», s’indigne Oudiary Diawara. Estimant que les 5 milliards de Fcfa de subvention que le gouvernement accorde, par an, au secteur du gaz est insuffisant, il interpelle les autorités de la Transition quant aux conséquences de cette situation sur l’environnement. En la matière, l’Agence malienne pour le développement de l’énergie domestique et l’électrification rurale (AMADER) est chargée de promouvoir l’utilisation du gaz butane auprès des consommateurs. Outre la fourniture d’électricité en milieu rural, sa mission consiste à sensibiliser les Maliens à aller vers la consommation du gaz butane. Le but étant de préserver l’environnement, en réduisant l’usage abusif du charbon de bois. Interface entre le ministère de l’Économie et des Finances et les acteurs du secteur gazier, l’AMADER est également chargée du traitement des dossiers des factures de remboursement des subventions dues aux opérateurs gaziers dans le cadre de la convention qui les lie à l’État. Joint au téléphone un responsable de l’AMADER, qui a requis l’anonymat, assure que l’État est à pied d’œuvre pour payer les factures des opérateurs de gaz. «L’État est en train de faire de son mieux. Des avancées ont été faites dans ce sens», a-t-il dit. AG/MD (AMAP)
18 août 2020-18 août 2021 : Il y a un an, démissionnait le président Ibrahim Boubacar Keïta
Par Dieudonné DIAMA Bamako, 17 août (AMAP) L’année 2020 n’aura pas été de tout repos pour l’ancien chef de l’Etat malien et son gouvernement. Pendant plusieurs mois, les écoles étaient fermées pour cause de grève des enseignants. La crise de la Covid-19 est venue s’ajouter à cette crise, conduisant les autorités à prendre certaines mesures dont le couvre-feu, contesté par une partie de nos compatriotes. Entre-temps, des voix se sont élevées pour dénoncer la mauvaise gouvernance, l’insécurité grandissante, le détournement des fonds destinés à la Loi d’orientation et de programmation militaire (LOPM), l’achat d’équipements militaires, etc. Dans ce contexte, l’ancien président du Haut conseil islamique, l’imam Mahmoud Dicko a été convoqué au Tribunal de la Commune IV de Bamako, pour «affaire le concernant». La raison, selon son porte-parole, Issa Kaou N’Djim, est que le leader religieux a, au cours d’un meeting, dénoncé « la corruption, l’affaire des avions cloués au sol, des blindés en carton, la mauvaise gouvernance…». Face à la mobilisation de ses partisans devant le tribunal, l’audition de l’imam a été reportée. La foule, en colère, s’est transportée à la mosquée où officie le leader religieux à Badalabougou. Un meeting a été organisé au Palais de la culture pour appeler à un plus grand rassemblement quelques jours plus tard. Les propos tenus par l’imam Dicko avaient, en son temps, fait réagir les présidents des institutions de la République qui, dans un communiqué, ont dénoncé la «diffusion sur les médias et les réseaux sociaux des propos insurrectionnels, subversifs et séditieux tenus par l’imam Mahmoud Dicko et la coordination se réclamant de ses idéaux contre les autorités légitimement établies par le peuple malien». Ils ont condamné ces agissements et engagé le gouvernement à « mettre fin à l’impunité par une application rigoureuse des dispositions pénales, pour la préservation de l’ordre public et de l’état de droit». Pendant ce temps, la situation se crispait davantage sur le plan politique avec la prorogation des mandats des membres du Haut conseil des collectivités, des conseillers communaux et des députés à deux reprises sur un avis favorable de la Cour constitutionnelle. Ce qui, de l’avis général, s’est fait en violation de la Constitution et des conventions internationales en matière de démocratie et de gouvernance. A cela s’est ajoutée l’insécurité grandissante avec son cortège de morts civils et militaires qui ont exacerbé le mécontentement général. La goutte d’eau qui a fait déborder le vase est la proclamation des résultats définitifs des élections législatives de mars-avril 2020 par la Cour constitutionnelle. La contestation sociale a atteint son point culminant après que la Cour a rendu son arrêt. DOS AU MUR – C’est dans ce contexte qu’à l’appel du Front pour la sauvegarde de la démocratie (FSD), d’Espoir Mali Koura (EMK) et de la Coordination des mouvements, associations et sympathisants de l’Imam Mahmoud Dicko (CMAS), des milliers de personnes se sont retrouvées le 5 juin 2020 à la Place de l’Indépendance pour un meeting. La manifestation annoncée comme pacifique s’est achevée par des affrontements entre manifestants et forces de l’ordre à Djicoroni-Para, un quartier de Bamako. Les manifestants ont « exigé » la démission du chef de l’état « le même jour avant 18 heures». A l’expiration de l’ultimatum, certains se sont dirigés vers la résidence du président Keïta à Sébénicoro pour «exiger sa démission». Les forces de l’ordre ont dû faire usage de gaz lacrymogènes pour les disperser. Après cette manifestation, les contestataires ont décidé de maintenir la pression. Suite au succès retentissant de ce rassemblement, les différentes entités politiques et de la société civile ayant pris part se sont constituées en Mouvement du 5 juin-Rassemblement des forces patriotiques (M5-RFP). La Cour constitutionnelle était dans leur viseur suite à son arrêt controversé sur les résultats définitifs des législatives. De même, ils réclamaient la démission du chef de l’Etat pour mettre en place une transition. Sous la pression, quatre membres de la Cour constitutionnelle ont rendu le tablier. Leur démission a été précédée par le décès d’un des leurs. Le 11 juin 2020, le gouvernement a démissionné et le chef de l’Etat a renouvelé sa confiance au Dr Boubou Cissé comme Premier ministre, qui a mis en place une équipe restreinte de six ministres, en attendant la suite du dialogue avec les contestataires. Quelques jours après, pour tenter de calmer la tension sociale, au cours d’une rencontre avec les forces vives de la Nation au Centre international de conférences de Bamako (CICB), le président de la République a annoncé « l’application immédiate de l’article 39 ». Une autre mesure qu’il a prise est l’abrogation du décret de nomination des membres restants de la Cour constitutionnelle et son remembrement par le décret n° 2020-0342/P-RM du 7 juillet 2020. Mais rien n’y fit. Les manifestations se sont poursuivies et les contestataires du régime ont continué à durcir le ton, ne réclamant désormais plus que la démission pure et simple du chef de l’Etat. MÉDIATION – Face à cette situation, la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) a offert sa médiation. Une première délégation ministérielle a rencontré les « protagonistes » à la mi-juin 2020 à Bamako, avant de faire des propositions parmi lesquelles, la reconstitution de la Cour constitutionnelle. Cette proposition a été réitérée par la mission conduite par l’ancien président nigérian, Goodluck Jonathan, médiateur de la CEDEAO dans la crise malienne et ensuite par cinq chefs d’Etat de l’Organisation sous régionale qui ont fait le déplacement à Bamako le 23 juillet 2020. Il s’agit de l’ancien président du Niger, Issoufou Mahamadou, d’Alassane Ouattara de la Côte-d’Ivoire, Macky Sall du Sénégal, Muhammadu Buhari du Nigeria et Nana Akufo-Addo du Ghana. Après leur visite au Mali, les présidents ouest-africains ont tenu un sommet extraordinaire, le lundi 27 juillet 2020, par visioconférence au cours de laquelle ils ont indiqué que la Cour constitutionnelle devait être recomposée rapidement, tout en proposant également la «démission immédiate» des 31 députés dont l’élection est contestée parmi lesquels, le président de l’Assemblée nationale, Moussa Timbiné. Entre-temps, le M5-RFP a proposé un mémorandum
Funérailles en milieu Sénoufo : Plutôt la joie que les pleurs
Par Mariam F. DIABATE Sikasso, 30 juil (AMAP) La population sénoufo, dans la Région de Sikasso (Sud), dans la Région de Sikasso (Sud), contrairement à de nombreuses autres communautés, privilégie la joie aux pleurs, lors des funérailles. La mort, en milieu sénoufo, est perçue comme l’évènement le plus important de la vie. Elle constitue le passage de la vie à la mort, de la mort à l’état de défunt et, enfin, dans le monde des ancêtres. « Auparavant les vieux sénoufo préparaient la mort », dit l’abbé Edouard Coulibaly, responsable du volet recherche du Centre culturel sénoufo, également sénoufo et originaire de Kadiolo (la capitale du Folona). Avant leur décès, certains anciens préparaient leur « cousaba », autrement dit un grand boubou, le pantalon et le bonnet à porter et des couvertures. Ils les confiaient au fils aîné ou à celui qui s’occupe d’eux. D’autres demandaient même à leurs enfants de creuser leur tombe. Ce, « pour ne pas fatiguer » les gens le jour-j. Dès l’annonce du décès, la fête commence. Le corps du défunt est gardé pendant deux jours. Entre temps, les joueurs de balafon se mettent à l’œuvre, le même jour. Ils jouent de la musique pour sécher les larmes. Tandis que les chanteurs louent la bravoure et rappellent les bienfaits du défunt, les enfants de ce dernier et leurs amis dansent. DECOMPTE DES COUVERTURES – Pendant ce temps, la fille aînée du défunt commence à compter les couvertures. Chaque être cher du défunt souhaite lui offrir une couverture (fils, filles, épouses, amis, connaissances etc.). Autrefois, le défunt pouvait se voir offrir près de 70 couvertures au total. Aujourd’hui, ce chiffre est réduit au minimum à 7 couvertures et au maximum à 20. Après le triage des couvertures, les fils se partagent ce qui reste. Et chaque bénéficiaire doit obligatoirement inviter ses amis lors des grandes funérailles. A en croire l’Abbé Coulibaly, ce nombre pléthorique de couvertures s’explique par une croyance des Sénoufo. Ils se disent que, dans l’Au-delà, le défunt partagera avec les autres morts. Après l’enterrement, il faut 3 à 5 mois pour tenir les grandes funérailles. Chez les Senoufo, cette décision est prise par le chef du lignage. Sans funérailles, le défunt n’accède pas au ciel, pense-t-on. C’est une fête sans aucun signe de deuil. Dans ce milieu, les funérailles constituent une fête de joie et d’espérance. C’est l’occasion de retrouvailles pour les parents, les habitants du village et les alliés. Tout ceci est accompagné par un orchestre. Selon l’Abbé Edouard, dans sa localité, les funérailles durent toute une semaine. En plus des hôtes, chaque fils et fille du défunt invite ses amis. Les festivités des premiers jours de la semaine des funérailles sont dédiées aux étrangers. Pour le reste, chaque jour est réservé aux invités d’un des fils ou filles de la famille. Au cours de la semaine, les étrangers et les habitants du village dansent au son du balafon, mangent et boivent avant de contribuer pour aider, financièrement, celui qui les a invités. Le dernier jour des funérailles, dans l’après-midi, les jeunes du village transportent une natte qui représente le défunt (ce dernier est déjà enterré). En cours de route, les gens qu’ils rencontrent mettent de l’argent sur la natte. Ainsi, ils transportent la représentation du défunt dans la case des morts, appelé « cougba », en langue sénoufo. Vers 16 heures, ils enlèvent tous les objets de la case avant de le faire écrouler. Ainsi prennent fin les funérailles. Le correspondant régional de l’AMAP à Sikasso, centre 1991-1992, Fousseyni Diabaté, qui a accompagné le gouverneur de la région, Alpha Abdoulaye Sow, aux funérailles du célèbre chanteur sénoufo, feu Lamissa Bengaly, se souvient. Ces funérailles ont été une grande fête. Il y avait du folklore sénoufo et les gens ont dansé. « Des jeunes qui transportaient le défunt faisaient des va-et-vient interminables, au pas de course, dans la foule. Quelque fois, lorsqu’ils revenaient sur leurs pas, ils déposaient le corps du défunt. Les femmes de ce dernier s’agenouillaient autour de lui et murmuraient des paroles. Après, les jeunes continuaient leurs allers-retours, jusqu’à l’heure de l’enterrement », remémore M. Diabaté. Fousséni Diamouténé, un Sénoufo ressortissant du village de N’Gorodougou (Commune de Danderesso) raconte les funérailles d’une vieille mère. « La population a passé toute une nuit à manger et à danser au son du cicaara », se rappelle le sexagénaire, ajoutant que c’est le lendemain qu’ils ont enterré la défunte. Dans d’autres contrées sénoufo de la région, comme Lofiné, Gnaradougou et Soronto, les populations ont gardé la tradition des festivités des funérailles. Certaines femmes sénoufo, en plus des chants et danses, portent des uniformes. Selon les précisions de l’ancien directeur adjoint du Musée national, Salia Mallé, dans d’autres communautés sénoufo, lors des funérailles, le « poro », (société secrète en charge de l’initiation des jeunes), assure le rituel. Les porteurs de « masques-hommes » incarnent des animaux mythiques. Ils sont encagoulés. Personne ne doit et ne peut les reconnaître. Selon un ordre rituel précis, ils apparaissent par catégorie, chacune ayant une mission particulière. Les masques se produisent dans une ambiance assez terrifiante, car ils sont chargés de chasser les mauvais génies et d’associer les ancêtres courroucés qui doivent accueillir le défunt. D’autres masques encerclent le corps en tournant autour de la dépouille. « Chez les Sénoufo, les funérailles ont pour fonction de donner au défunt le statut d’ancêtre », indique M. Mallé. Malheureusement, ces festivités ont tendance à disparaître chez certains Sénoufo sous les coups de boutoir des religions et de la « modernité ». Encadré Au cours des funérailles chez les Sénoufo, trois vieilles femmes sont désignées pour veiller sur le corps, avant l’enterrement. Ces trois vénérables mères montent la garde, 24h/24, durant 2 à 3 jours. Elles chassent les mouchent sur le corps. En récompense, ces veilleuses se nourrissent de poulet et de riz. Un poulet entier, à chaque repas ! Dans le but de les protéger des mauvaises odeurs du corps. Si le poulet n’est pas entier, les vigiles peuvent se plaindre auprès de la cuisinière. C’est le mari de cette dernière
Denrées de première nécessité : Les prix toujours hauts une semaine après la Tabaski
Par Oumar SANKARÉ Bamako, 27 juil (AMAP) Une semaine après la fête de Tabaski, les prix des denrées de première nécessité restent encore inaccessibles au Malien lambda. Des fluctuations jugées injustifiées sont constatées par endroits dans la capitale, Bamako. Nous avons fait le constat, notamment dans le Grand marché et celui du Dibidani. En ce lundi 26 juillet, il est 10h au marché Dibidani. L’endroit fourmille de monde. Vendeurs et vendeuses sont à l’affût pour accrocher les clients. Derrière cet engouement, se cache une mévente due à la cherté des prix. Cette flambée, commencée depuis des mois, a été amplifiée à la veille de la fête de l’Aid Al Adha, après une courte période de normalisation. Mah Toumagnon, la soixantaine, vend des légumes et pâtes alimentaires. Visiblement frustrée, elle ne décolère pas. «La veille de la fête, il y a eu une flambée des prix des denrées sur le marché. Par exemple, le coût d’un panier de tomates est passé de 15.000 Fcfa à 60.000 Fcfa sans la moindre explication», proteste-t-elle vigoureusement. Sa sœur Awa ajoute : « À la veille de chaque fête de ramadan et de Tabaski chez nous, les prix explosent sans aucune raison valable. Ce qui est déplorable, c’est qu’aucune autorité n’intervient pour recadrer les choses sous prétexte que le commerce est libre». Le kg d’igname, vendu d’ordinaire à 500 Fcfa, est passé à 700 Fcfa. Le sac de concombres est cédé à 10.000 Fcfa contre 5.000 Fcfa auparavant. Le revers de la médaille, selon Awa, est qu’il y a beaucoup d’invendus à cause de cette forte hausse. « Maintenant, les lieux d’approvisionnement sont inondés de produits. Faute de preneurs, ils sont en train de pourrir », témoigne la commerçante. Plus loin, sont installés des bouchers occupés à dépecer une carcasse. Saidou Kamien est membre du syndicat des bouchers de Dibidani. Le cinquantenaire constate que le prix de la viande est en train de remonter dans certains marchés compte tenu du fait, selon lui, que les engagements pris auprès les bouchers ne sont pas respectés. « Le gouvernement avait décidé d’accorder une subvention de 45.000 Fcfa par bœuf abattu par les bouchers. Depuis quelques jours, ceux qui sont chargés de collecter nos reçus ne viennent plus à l’abattoir », explique-t-il. Le prix du litre d’huile a également prix l’ascenseur en certains endroits. Pour Amadou Diarra, vendeur détaillant, « l’huile local dont le prix doit être abordable, est plus cher que l’huile importé ». Le bidon de 20 litres vendu à 20.000 Fcfa avant, est passé à 21.000 Fcfa, déplore-t-il. Tout comme au «Dibidani», les prix des denrées de première nécessité ont subi «une hausse exorbitante» au Grand marché de Bamako, se plaint Djénébou Sacko, vendeuse de légumes au Wonida. A Kati et Nossombougou, les fournisseurs et agriculteurs ont cédé le panier de tomate à 60.000 F cfa. « Un prix record », selon elle. C’est la réalité sur tout le marché aujourd’hui mais la vendeuse signale que depuis deux jours, les prix sont à la baisse. « Le prix de l’oignon suit son cours normal », selon Mohamed Traoré, étudiant en Master et vendeur d’oignon. Pour lui, l’augmentation des prix, dans certains marchés, est liée à une faible production, la disponibilité sur les lieux d’approvisionnement. « En période hivernale, explique-t-il, les productions d’oignons s’arrêtent à Diré, Niono, Baguinéda et Beleko, nos zones d’approvisionnement». De nouvelles variétés importées du Maroc et du Sénégal inondent le marché. «Le prix du sac d’oignon de 25 kg varie entre 10.000 et 11.000 F cfa. On en a pour six mois d’importation», précise Mohamed Traoré. « Les prix de l’huile, de la tomate et autres pâtes alimentaires, sont fluctuants », assure Dramane Coulibaly, vendeur d’huile, de concentré de tomates, de pâtes alimentaires, etc. « Le problème vient des grossistes. Ils retiennent les marchandises pour provoquer une pénurie afin d’augmenter les prix », explique le commerçant. « Rien que la semaine passée, j’ai commandé de l’huile. Le matin, on m’a assuré que j’aurai la marchandise. Trois heures plus tard on m’a informé qu’il n’y en avait plus. Le lendemain, on m’a rappelé pour dire que c’est disponible mais que le prix a augmenté de 1.000 Fcfa», confie-t-il, ajoutant que cette situation infernale dure depuis un certain temps. L’Etat devrait, selon plusieurs intervenants, réguler le secteur au lieu de laisser l’anarchie s’installer dans le pays. Cela est nécessaire quand on sait qu’il accorde des subventions aux grossistes pour que les denrées soient accessibles aux populations. OS/MD (AMAP)
Ville cruelle pour les bonnes à tout faire
Par Maïmouna SOW Bamako, 27 juil (AMAP) Les cheveux nattés, les yeux hagards, t-shirt noir, le pagne au-dessus des jambes, assise au milieu du lit, entre les quatre murs d’une cellule, celle que nous surnommons Awa est plongée dans un silence profond. Depuis plusieurs mois, elle attend son procès pour une raison qu’elle semble ignorer. L’adolescente, qui passe la journée avec une dizaine de femmes, semble vivre hors du temps. Ce qui l’a conduite dans ce centre de détention est le même pour les aide-ménagères. Awa travaillait comme servante dans une famille modeste de cinq personnes. Le matin, quand Madame, sa patronne, va au travail, les enfants à l’école, le père, un vieux retraité passait son temps à assouvir ses instincts sexuels sur elle. « Etait-ce réellement une relation consentie ou sous la contrainte et la menace ? Peut-on, à 15 ans, entretenir une relation intime consentie, avec un homme de l’âge de son grand père? », nous a lancé une codétenue. Awa, elle-même, desserre difficilement les dents depuis son arrestation. Selon sa codétenue, elle s’exprime mais laconiquement. « Cela serait dû au traumatisme des événements qu’elle a vécus », a estimé une dame de soixante ans qui est détenue pour des faits similaires à ceux reprochés à l’adolescente. Le vieux retraité n’était pas le seul bourreau de la fillette. Son fils aussi, un adolescent de 16 ans, était coutumier du fait. ENCEINTE – L’histoire se déroule dans la ville de Koutiala, dans le Sud du Mali. Le supplice d’Awa a duré des mois. Jusqu’à ce qu’elle tombe enceinte ! Le chef de famille a pris conscience de la gravité de son acte. Du coup, il a fait recours à une amie de longue date, une infirmière retraitée, pour le tirer d’affaires. « Il m’a dit : je couche avec la servante de ma femme. Mon fils aussi ! Un jour, en rentrant dans la chambre de la ‘’bonne’’, je les ai surpris en pleins ébats. Maintenant, elle attend un bébé. Je ne sais pas qui de nous deux est le père de l’enfant. Si les gens venaient à l’apprendre, ma famille volera en éclats ! Aide moi, je t’en supplie », a révélé la sexagénaire, rapportant sa conversation avec le père pervers. Elle précise que c’est dans cet esprit qu’elle est venue à son secours. L’infirmière avoue avoir invité la fillette chez elle. Et lui avoir donnée ce qu’il faut pour provoquer un accouchement forcé. « Je lui ai conseillée de rester chez moi jusqu’à ce que le problème soit réglé. Mais, quand les douleurs de l’enfantement ont commencé, elle a pris la fuite à mon insu. Croyant qu’elle vivait ses derniers moments », nous a dit la retraitée. Selon elle, l’adolescente n’a pas pu supporter les contractions qui devenaient de plus en plus violentes. Elle s’est dirigée vers la forêt où elle a donné naissance à un fœtus. Dans un état pitoyable, à bout de force, Awa n’a pas pu s’échapper loin de son embryon. Elle a été repérée par les passants qui ont appelle la police. Interrogée, elle a révélé le nom de sa complice « la vieille infirmière ». Cette dernière, à son tour, a lâché le vieux et son fils. L’enquête a permis d’arrêter le fils, mais pas le père. Il s’est éclipsé, dès que la nouvelle a fait le tour de la ville comme une trainée de poudre. La nouvelle a surpris plus d’un. La mère de famille, en premier, l’a appris en même temps que la rue. DES REGRETS– Le centre de détention de Koutiala, comme les autres de la région, est mixte. Hommes et femmes partagent la même enceinte. Du coté du bâtiment où sont casés les hommes, on aperçoit la silhouette de l’adolescent en question. Grand de taille, il déambule dans ce grand espace qui sert de lieu de détente. Il nous a, volontiers, donné sa version des faits. L’air gêné, il confirme les faits, tout en exprimant son regret. « Je demande la clémence de la société et de la justice. Je voudrais juste qu’on me libère pour pouvoir préparer mes examens de fin d’année pour le Diplôme d’études fondamentales (DEF) », dit le garçon Quant à Awa, elle n’a aucune idée de quand elle pourra respirer à nouveau de l’air de la liberté. Elle attend sagement au fond de sa cellule d’être fixée sur son sort. Comme, cette adolescente beaucoup d’autres sont marquées à vie par l’irresponsabilité de certains tuteurs. Ils profitent de leur position pour abuser les plus faibles qu’ils sont censés protéger. Sans jamais se poser la question ‘’ et si elle était ma fille ?’’ Dans nos sociétés, il est de coutume, qu’après la saison des pluies et pendant les vacances, les familles dans les villages libèrent leurs enfants (filles) pour venir en ville chercher leur trousseau de mariage. Sans y être préparées moralement, très jeunes, elles se lancent dans l’aventure, sans aucune idée de ce qui les attend dans les grandes villes. Beaucoup s’embourbent en ville. Quelques rares chanceuses arrivent à s’en sortir, de façon honorable. Depuis belle lurette, ces aide-ménagères présentes dans tous les foyers en ville répondent à un besoin des citadins. Elles sont celles qui se lèvent, tôt le matin, avant tout le monde, et se couchent après tout le monde. Elles savent ou apprennent à tout faire. Très souvent, elles travaillent presque sans discontinuer de jour comme de nuit pour des salaires bas. Elles sont parfois un pilier de certains foyers. Si elles s’entendent avec leur employeur, tant mieux, les servantes restent jusqu’à la fin de son séjour. Dans le cas contraire, ce qui est courant d’ailleurs, elles tentent leur chance dans plusieurs familles. Une vraie aventure de « ville cruelle » dans laquelle elles n’ont que des devoirs et voient leurs droits et dignité bafoués. La vie en ville est parfois très cruelle pour les aide-ménagères, les domestiques, les femmes de ménage, ou encore les « 52 », entre autres appellations de ces filles. Comme l’illustre cette triste scène de la mort d’une aide-ménagère. C’était le 8 décembre dernier, vers 11 heures du matin. Seba Coulibaly, 17 ans, s’est jetée de la fenêtre du

