Opération spéciale d’immatriculation : 2.941 permis de conduire et 874 cartes grises délivrés
Par Amadou GUÉGUÉRÉ Bamako, 14 mar (AMAP) Le premier bilan de l’opération spéciale d’immatriculation des engins à deux roues et de délivrance de permis de conduire donne 2.941 permis de conduire et 874 cartes grises délivrés à des propriétaires de tricycles, motos taxis, vélomoteurs, du 15 novembre 2021 au 03 mars 2022. Lors d’une rencontre d’information sur l’opération, le directeur national des transports terrestres, maritimes et fluviaux, Mamadou Sow, jeudi dernier, au ministère des Transports et des Infrastructures, s’est dit satisfait des résultats atteints par l’opération de délivrance des permis de conduire. Cependant, celle « de délivrance de carte grise fait face à des problèmes liés à la mise à disposition du Certificat de mise à la consommation (CMC), un document douanier », a relevé M. Sow. Cette rencontre, présidée par le représentant du chef du département de tutelle, Dr Moussa Telly, a regroupé les principaux acteurs de l’opération depuis son lancement au mois de novembre dernier, avait pour objectif de faire le bilan des services fournis, de constater les insuffisances et de dégager des perspectives. Selon Mamadou Sow, certains propriétaires ont les vignettes et les factures d’achat de leurs engins, mais ils ne disposent que de certificats de dédouanement global. «Ces documents nous parviennent en photocopie. Après vérification, la majorité de ces documents ne sont pas bons parce que quand les motos sont importées au Mali, elles viennent en pièces détachées dans des cartons. Donc, la douane fait un dédouanement en vrac», a précisé le directeur national des transports terrestres, maritimes et fluviaux. « Pour surmonter cet obstacle, a-t-il dit, il a été convenu avec le ministère de l’Économie et des Finances de voir la possibilité d’offrir à chaque moto des conditions favorables de dédouanement ». «Les motos taxi, les vélomoteurs et les tricycles seront désormais dédouanés à une somme au rabais, se chiffrant à 5.000 Fcfa par Certificat de mise à la consommation. Nous attendons seulement la décision administrative de la douane pour informer nos partenaires afin que les étudiants, les fonctionnaires, les commerçants viennent immatriculer leur moto au niveau de la direction régionale des transports», a-t-il souligné. En perspective, il est prévu d’installer des équipes à la Maison de la presse, au Centre national des œuvres universitaire (CENOU), à la gendarmerie et la police nationale pour permettre aux usagers de passer les examens pour l’obtention du permis de conduire. « C’est une façon, a jouté M. Sow, de rapprocher l’administration des administrés. Et d’assurer que tout engin non dédouané ne peut ni avoir une carte grise, ni une plaque d’immatriculation ». «Dès lors que le dédouanement est acté, vous vous présentez à la direction régionale des transports pour payer 7.500 Fcfa pour avoir la carte grise et les plaques et 5.000 Fcfa pour obtenir le permis. Les opérations se poursuivront jusqu’au 15 août 2022», a précisé Mamadou Sow. « Passé ce délai, a-t-il prévenu, il y aura un contrôle sur toute l’étendue du territoire ». Le syndicat des motos taxis et celui des conducteurs de tricycle du Mali, présents à cette rencontre, ont apprécié les efforts consentis par les autorités. Ils ont demandé de diligenter le processus d’acquisition du CMC et ont invité leurs membres à accomplir leur devoir citoyen. AG/MD (AMAP)
Présence des juifs dans le septentrion du Mali : La communauté des Ida Houssak, la treizième tribu d’Israël ?
Par Dr Ibrahim MAÏGA ibrahimmaiga@yahoo.fr Bamako, 11 mar (AMAP) La structuration de la population, la composition de la nation malienne sont connues. Elles sont même la force de cette vieille nation dont la culture de la tolérance est portée par une intense production scientifique, artistique et littéraire. Dans cette série, nous traitons de la présence des « Ida Houssak », la composante juive au sein de la grande Confédération des Oulliminden. Les « Ida Houssak » seraient une descendance du Prophète Issac, donc d’origine israélite. Certains ont même conclu qu’ils seraient la treizième tribu d’Israël ! De l’Orient via l’Ethiopie ou l’Egypte, d’Espagne ou du Portugal, du Sahara, et plus récemment encore à travers le commerce syro-libanais et la colonisation française, d’importants matériaux sont à la disposition des chercheurs. Pour ce qui est précisément de l’arc de cercle qui va de Kidal à Ansongo et Ménaka, nous mettons la lumière sur la communauté des « Ida Houssak », peuple vivant au sein de la grande confédération des touaregs Oulliminden sans en faire partie véritablement. La présence des « Ida Houssak » au sein des touaregs a été documentée initialement à travers les écrits de certains officiers français qui ont « pacifié » le cercle de Ménaka après les tragiques évènements de 1916 à Anderamboukane, la mare fatidique. Le capitaine Bretaudeau, un officier des affaires musulmanes de l’armée française, dont le souvenir reste toujours vivace dans la région, a évoqué les « Ida Houssak » en tant que communauté distincte disposant de sa propre langue. Mais très prudent, le capitaine Bretaudeau a émis une hypothèse de travail. Sans se lancer dans de grands développements, il pensait qu’il était fort probable que cette communauté soit issue d’un courant migratoire en plusieurs étapes à partir du Sahara. Cette prudence est justifiée comme on le verra dans les publications suivantes. Edmond Bernus, dans son phénoménal travail sur les touaregs, a pu collecter des versions orales qui feraient des forgerons touaregs des éléments venus d’Israël, à partir du Maroc. (Bernus E. Touaregs, chronique de l’Azawak, Ed. Plume, 1991, p. 11). Les forgerons dont il parle ont la particularité d’être orfèvres. Le Père de la Foucauld et Henry Lhote ont fait le même constat que Bernus. Ils ajoutent que les « Dawsak » sont réputés pour leur grande maîtrise de l’élevage. André Chaventré a aussi travaillé sur les « Ida Houssak ». Il a publié les résultats de ses recherches dans « évolution anthropo-biologique d’une population touareg ; les kel Kummer et leurs apparentés ». (Institut national d’études démographiques, Travaux et Documents, Cahier n°103, Presses Universitaires de France, 1983). Chaventré commence par reconnaître l’originalité de cette communauté chez les touaregs de l’Azawakh. Il parle d’un « isolat » et en distingue deux fractions principales : les Anakaten et les Ibaghaniaten. Les Anakaten se retrouvent à Talataye, (Ansongo) et les Ibaghaniaten dans la sous-préfecture de Tchintabaraden au Niger. Sur leurs origines, Chevantré reprend les versions orales les plus confirmées. Certains pensent que les « Ida Houssak » seraient « les descendants de juifs maghrébins et sahariens chassés vers le sud par l’invasion hilalienne, d’où leur nom de Dawsahak qui serait la déformation de Ida ou Isaac ». D’autres pensent que les « Ida Houssak » « auraient pour ancêtre Hayta, un des fils du prophète qui serait venu du Tafilalet ». A ces deux versions, s’ajoute une troisième selon laquelle « Ida Houssak » « aurait une origine commune avec les Djerma, leur ancêtre Bramait étant le frère du père de ces derniers ». A l’appui de cette version, le fait que le vocabulaire des « Ida Houssak » est principalement emprunté au Songhoy et le fait aussi que les « Ida Houssak » et les Songhoy ont toujours été en bonne entente. Cette version a été soutenue par l’historien nigérien Boubou Hamma. Chaventré continue : « Les Dawsak sont blancs, beaucoup plus clairs en général que tous les autres habitants de la zone sahélienne Imajeghan et Imghad compris. Il n’est pas rare de trouver chez eux des sujets blonds ou roux avec des yeux verts ou bleus…Les Dawsak, si l’on se réfère à d’autres critères, sont tout aussi dissemblables des autres « Touareg » avec lesquels on les a confondus et on les confond encore ». L’auteur peut alors s’appuyer sur une analyse génétique pour soutenir la particularité des « Ida Houssak », à travers les résultats d’une analyse de sang. « En 1977, nous avons pour la première fois étendu aux Dawsak et aux Iklan, les études hématologiques pratiquées jusqu’ici chez les Imajhgen. Nous avons constaté en étudiant deux marqueurs bien définis : l’hémoglobine et la G6PD, que les Dawsak se différenciaient très nettement des autres groupes avec lesquels ils vivent en complète symbiose », fait-il observer. Chaventré s’est, aussi, intéressé à la richesse de cette communauté : « Sur le plan économique, les Dawsak sont les éléments les plus intéressants de la Confédération. Remarquables bergers, ne ménageant jamais leur peine quand il s’agit de bétail, ils ont pu passer la période de la sècheresse qui vient de s’achever avec des pertes relativement moins importantes que les autres catégories sociales. Depuis, et c’est logique, leur cheptel augmente proportionnellement beaucoup plus que celui des autres groupes, ce qui fait actuellement des Dawsak les hommes les plus riches de tout l’Azawakh avec tout ce que cela implique : considération accrue des autorités administratives, poids beaucoup plus important dans les coopératives, assemblées régionales, instances politiques locales… ». Aujourd’hui encore, les « Dawsak » constituent une communauté à part quand bien même ils sont sous la coupe de l’Amenokal des Oulliminden. Les Français ont rapidement fait ce constat avant de finir avec l’implantation de l’administration. Elle a ainsi ouvert, pour le profit des enfants « Dawsak » et les enfants des autres communautés, l’une des premières écoles nomades à Talatay, dans le cercle d’Ansongo dans les années 1950. Pour conclure, un retour à Edmond Bernus est nécessaire. Dans son ouvrage déjà évoqué, il a insisté sur la qualité et
Diéma : Une encombrante « pierre précieuse »
Diéma, 11 mar (AMAP) Un ressortissant de Diéma (Ouest), d’une soixantaine d’années, cultivateur de son état, père d’une nombreuse famille, est en possession, depuis environ trois ans, d’une « pierre précieuse », dont personne dans le milieu ne connaît la nature. La pierre a la forme ronde, d’un poids estimé à 500 grammes, de couleur noir d’ébène et est parsemée de petites points jaune or que Gabougou Magassa dit avoir ramassée quand il se promenait au bord d’un bras de rivière non loin des habitations. La pièce est magnifique. Elle s’allume sous l’action de la lumière ou des rayons solaires et devient bleuâtre à l’intérieur et éblouissante. Toutes les personnes contactées ont avoué ne pas connaître la nature de cette pierre que son détenteur a pris soin de conserver dans une pochette en tissu, qu’il porte, en permanence sur lui, « pour échapper, disait-il, aux arnaqueurs ». A l’époque de la trouvaille, Magassa s’est rendu à Bamako pour présenter la pierre précieuse à une société aurifère italienne qui n’a pas intéressée, après analyse. Gabougou Magassa est aujourd’hui dans l’embarras : il ne peut pas jeter sa « pierre précieuse », par crainte de perdre une possible chance de s’enrichir. Il ne peut pas, non plus, continuer à la garder éternellement, sinon il n’aura jamais l’esprit tranquille. Il avait pris la décision d’aller voir le Premier ministre, pour lui présenter sa découverte, mais, après, il a changé d’avis. A qui s’adresser, finalement, pour valoriser sa « pierre précieuse », afin qu’elle lui rapporte « beaucoup d’argent » ? Faut-il aller voir le Ministre des Mines avec la pierre p ? Voilà des questions qui taraudent l’esprit de notre bonhomme, ces derniers temps. En attendant de vendre sa « pierre précieuse » qu’il considère comme du vrai diamant, Gabougou Magassa, ne sait plus à quel Saint se vouer. OB/MD (AMAP)
La gomme arabique : Un créneau porteur
Par Cheik Amadou DIA Bamako, 19 mar (AMAP) Dans le vaste entrepôt situé en Zone industrielle de Bamako, l’usine de bois de la Société de gestion forestière Abdoulaye Halidou Cissé (SGF-AHC) était autrefois animée par le bruit assourdissant des scies électriques utilisées pour la transformation du bois d’œuvre destiné à l’exportation. Aujourd’hui, dans la cour de cette gigantesque infrastructure, on n’entend plus que le bourdonnement harmonieux de l’activité de tri et de conditionnement de la gomme arabique. De petites mains ingénieuses de femmes et de jeunes filles, une soixantaine à notre passage, assisses sous des hangars, nettoient, trient et tamisent des tas de gomme arabique entassés devant elles. Dans une ambiance de fourmilière. Chaque jour, depuis plus d’un an, ces dames du quartier abritant le site et ses environs, viennent y travailler pour gagner leur pain quotidien. Toutes des ménagères ou mères célibataires démunies. Aminata Traoré est l’une de ces journalières travaillant à l’usine. Elle nous approche avec un grand sourire sur les lèvres. «Quand je commençais le travail ici, je n’arrivais même pas à m’acheter un bonbon», confie-t-elle. Grâce à cette activité, Aminata gagne 2.000 Fcfa par jour, soit un salaire mensuel d’environ 60.000 Fcfa. Mariée, la mère de trois enfants arrive ainsi à aider son conjoint (travailleur journalier) dans l’entretien de sa famille. Coiffé d’une casquette de couleur blanche, un tablier imprimé de l’arbre d’acacia en survêtement, Bakary Sidibé est le chef du volet gomme arabique de la SGF-AHC. Au milieu de ses poulains, ce détenteur d’un Master en agro-économie est enthousiaste quand il nous explique l’organisation du travail au sein de son entreprise. DE TOUT SEXE ET DE TOUT AGE – Si les dernières activités avant le conditionnement du produit se font sur place à l’usine, la chaîne commence à des centaines de kilomètres de Bamako, sur les terres arides de la première Région, Kayes. Nous nous sommes transportés sur les milliers d’hectares qu’exploite la SGF-AHC dans les Communes rurales de Toukoto, Sourasan, Oualéa, Sefeto Ouest (Cercle de Kita). Dans les champs d’acacias (arbre qui produit la gomme arabique) étendus à perte de vue, l’on aperçoit hommes et femmes de tout âge. Ils collectent le précieux produit. «Nous sommes une entreprise à la fois commerciale et solidaire», déclare le coordinateur général de la SGF-AHC. Selon Adama Coulibaly, sa société est résolument engagée dans la lutte contre la pauvreté tout en œuvrant pour la protection de l’environnement. C’est pourquoi, elle privilégie l’emploi local. Tous ceux qui travaillent ici sont de la localité », indique-t-il. « Auparavant, avec l’exploitation du bois d’œuvre, on employait peu de main d’œuvre locale, car ce secteur nécessite une main-d’œuvre qualifiée », souligne le manager. En décidant de sortir du «tout bois», la société constate qu’elle peut utiliser de la main-d’œuvre locale et peu qualifiée. Ainsi, elle forme ses employés aux techniques simples de collecte de la gomme arabique sans grande difficulté. « Cela permet de créer de «l’emploi vert» au niveau local, tout en détournant les populations rurales de la coupe du bois et de la production du charbon de bois qui étaient leurs principales activités de subsistance, estime Adama Coulibaly. Avec la promotion de la filière des produits non ligneux dans ses activités d’exploitation des ressources forestières, la SGF-AHC entend mettre en œuvre une vraie approche de développement préservant durablement nos forêts. Dans cette dynamique, elle travaille avec les coopératives villageoises, les autorités communales des zones d’intervention, les coopératives des exploitants forestiers et les services techniques de l’État, à travers la direction nationale des eaux et forêts. REVENUS – La société a, à ce propos, créé des jardins botaniques de proximité dans les communes concernées par son domaine d’exploitation. Le but étant d’initier les coopératives villageoises à la production de plants en pépinière. Elle a réalisé des parcelles de reboisement et emploie des ressources humaines qualifiées avec le recrutement d’agents de suivi de plan d’aménagement et de gestion. Toute chose qui permettra une meilleure application des technologies de défense et de restauration du périmètre d’exploitation. Tout ceci combiné avec un développement socio-économique au profit des populations riveraines. Ainsi, la société appuie dans ses zones d’intervention, les activités génératrices de revenus (AGR) telles que le maraîchage. Elle participe également à la réalisation des infrastructures de base (centres de santé, écoles, etc.) et leur équipement. De l’usine de bois du Mali, créée en 1968 sous le régime du président Modibo Keïta et, inaugurée en 1969 par le président Moussa Traoré, la SGF-AHC est issue d’un processus de privatisation enclenché en 1990 sous le nom : Entreprise «Faguibine». C’est en 2006 qu’elle prendra le nom de Général industrie de bois (GIB) avant de devenir la SGF en 2014. Leader de la gestion forestière au Mali, elle s’est fixée comme objectifs, la gestion durable des ressources forestières, l’organisation et la planification des travaux de valorisation des ressources forestières dans notre pays. Conformément à la loi n°10-028 du 12 juillet 2010, portant règlementation de l’exploitation des produits dans le domaine forestier national, la société élabore des plans d’aménagements, réalise des travaux de restauration, soutient les services techniques de l’État et anime des campagnes d’informations et de sensibilisation des populations rurales sur les bonnes pratiques de gestion. Un bel exemple qui mérite d’être répliqué par ses pairs, dans un contexte de lutte contre la déforestation. CAD (AMAP)
Impacts du changement climatique : l’Afrique très exposée, selon le Groupe d’experts intergouvernemental
Par Cheick Amadou DIA Bamako, 09 mar (AMAP) À la veille du sommet sur le climat organisé par les Nations unies, les 1er et 2 mars 2022 à Nairobi (Kenya), le Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC) a publié un rapport de 400 pages sur le changement climatique en lançant un appel sans précédent sur l’évolution climatique. Le Groupe invite, de manière urgente, à limiter le réchauffement climatique à 1,5 degré. Son rapport attire l’attention sur les conséquences dramatiques du réchauffement climatique en Afrique. D’après l’indice de vulnérabilité au changement climatique de 2015, sept des dix pays les plus menacés par le changement climatique se trouvent en Afrique. Le continent est désormais mis sur la «liste rouge». Les conséquences du réchauffement climatique en Afrique se répercutent sur la santé, les moyens de subsistance, la production alimentaire, la disponibilité et l’approvisionnement en eau, la sécurité globale, l’agriculture et l’alimentation et enfin sur les écosystèmes. Il ne fait pas de doute que le réchauffement climatique entraîne des changements météorologiques. Des vagues de chaleur encore plus fortes sont à craindre, avec des sécheresses intenses. L’Afrique connaissant déjà le taux de mortalité dû aux sécheresses le plus élevé du monde, et des inondations qui sont fréquentes. Les inondations et les sécheresses ont été multipliées par deux au cours des 25 dernières années. Ce sont des milliers de personnes qui sont touchées lorsque le niveau de l’eau diminue. Au Mali, ces effets seront ressentis sur l’agriculture avec une baisse drastique du niveau des cours d’eau. Des vagues de chaleurs précédant une perturbation pluviométrique sont à craindre, selon les prévisions des spécialistes. L’économie du Mali repose essentiellement sur l’exploitation des ressources naturelles. La croissance démographique (3,6 %/an) et les contraintes climatiques entrainent une surexploitation et une dégradation de ces ressources. Les 2/3 du pays sont arides et semi-arides, dominés par des problèmes de désertification. Les risques naturels s’accroissent avec l’intensification des changements climatiques (sècheresses à répétition, inondations, vents forts, feux de brousse, déstabilisation du régime des pluies). L’agriculture qui est la plus touchée représente 45% du Produit national brut (PNB) et occupe environ 80% de la population active. Cette situation est d’autant plus grave que les scénarios climatiques à l’horizon 2100 prévoient, en moyenne, une augmentation des températures de 3°C et une diminution des pluies de 22% sur l’ensemble du pays. Sur le continent, les glaciers du Kilimandjaro sont également touchés et diminuent fortement d’année en année. L’on estime que 82% de la glace qui se trouvait sur la montagne en 1912 ont dorénavant disparu. Le changement climatique provoque de véritables pathologies. Par exemple, la réduction de la qualité de l’air due aux vagues de chaleur et qui peut engendrer des problèmes respiratoires et aggraver les maladies respiratoires, mais amène aussi la malnutrition, un stress thermique et la propagation du paludisme dans les zones où l’on prévoit un accroissement des précipitations et des inondations. Le changement climatique a aussi des répercussions sur le logement. En effet, de nombreux logements ont déjà été détruits à cause des graves inondations et sécheresses. « Des milliers de personnes sont obligées de se déplacer dans d’autres villes et deviennent donc des réfugiés climatiques, sur le continent africain », révèle le GIEC. Les enfants, les femmes et les personnes âgées sont les personnes les plus vulnérables face à ces changements, confrontées à de véritables dangers physiques. Le réchauffement climatique impacte sévèrement les écosystèmes. En effet, les écosystèmes marins et d’eau douce en Afrique de l’Est et australe ont déjà été touchés. Les impacts du réchauffement climatique peuvent aggraver les problèmes de sécurité nationale et accroître le nombre de conflits internationaux comme pour les accès limités aux sources d’eau. VOLONTÉ POLITIQUE – Pour conclure, le continent africain est bien celui qui souffre déjà le plus du réchauffement climatique même s’il est, sûrement le moins responsable de ce changement. Ces effets sont irrémédiables, même dans l’hypothèse d’une limitation de la hausse des températures à 1,5°C, comme fixé dans l’Accord de Paris de 2015. Ils sont, par ailleurs, aggravés par la pauvreté ou l’accès limité à des services. D’ores et déjà, entre 3,3 et 3,6 milliards d’habitants vivent dans des situations très vulnérables au changement climatique. Les experts évoquent les incidences à venir pour les populations avec, en particulier, 1 milliard d’habitants des régions côtières menacés en 2050. Parmi les effets en cascade liés aux catastrophes naturelles de plus en plus rapprochées, le GIEC évoque aussi les conséquences sur la production alimentaire, la hausse du prix des aliments ou encore la malnutrition. Si des efforts ont été réalisés pour réduire les émissions de CO2, les auteurs du rapport dénoncent une inadéquation des moyens mis en œuvre face à la rapidité des changements, signe d’un «manque de volonté politique» avec, pour exemple, le non-respect des engagements de Glasgow 2021 pris lors de la Cop 26 en matière de doublement des budgets pour lutter contre le réchauffement. Un développement résilient au changement climatique est cependant encore possible en consacrant des efforts financiers plus importants dans certains secteurs clés comme la transition énergétique pour réduire les émissions de CO2, une meilleure gestion de l’eau et de l’irrigation mais aussi une meilleure adaptation des cultures aux conditions climatiques via l’agro-écologie et la préservation du milieu naturel (restauration des forêts et des écosystèmes naturels, arrêt de l’urbanisation dans les zones côtières, végétalisation des villes, etc.). Tandis que certaines zones du monde sont déjà dans des situations critiques. Le GIEC met en garde contre des solutions de court terme inadaptées telles que la mise en place de digues sur le littoral, entre autres. « Au rythme de développement actuel, le réchauffement climatique pourrait atteindre 2,7°C à la fin du siècle », alerte le groupe d’experts. Le Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat a été créé en 1988 en vue de fournir des évaluations détaillées de l’état des connaissances scientifiques, techniques et socio-économiques sur les changements climatiques, leurs causes, leurs répercussions potentielles et les stratégies de parade. Le GIEC ne produit donc pas de nouvelles recherches. Il fait le point sur l’état des connaissances, à partir de l’évaluation critique des éléments
Hamdallaye ACI 2000 : L’envers du décor dans le quartier des affaires de Bamako
Par Fadi CISSE Bamako, 09 mar (AMAP) L’Agence de cession immobilière (ACI) a changé fondamentalement le visage de l’ancienne zone aéroportuaire. Principal centre d’affaires de la capitale abritant les sièges de plusieurs grandes entreprises, des restaurants et des commerces, il traîne des problèmes d’assainissement et de viabilisation qui ne sont pas dignes du standing qu’il veut se donner. Les anciens occupants que nous avons interrogés, se disent impressionnés par la mutation de l’ancienne zone aéroportuaire. C’est le cas d’Oumou Traoré, médecin généraliste rencontrée devant sa maison, non loin de la Place «CAN». Elle y habite depuis 20 ans. Notre interlocutrice trouve que l’ACI 2000 est devenu, au fil des ans, un endroit huppé avec des immeubles et autres œuvres architecturales abritant des grandes entreprises, des supermarchés, des restaurants et pâtisseries et disposant de plusieurs espaces de loisir. Un boom architectural qui cache mal certaines tares constatées dans l’évolution de ce quartier. La quinquagénaire déplore, par exemple, l’absence de marché dans le quartier. «Il nous faut marcher à pied, chaque matin, sur la route de Djicoroni-Para pour trouver un marché et faire nos courses pour la cuisine. Raison pour laquelle, souvent, j’achète beaucoup d’articles pour les mettre au frigo», confie-t-elle. « En revanche, se réjouit-elle, il y a beaucoup de supermarchés à l’ACI 2000, dont la plus imposante est Les «Mille et Une merveilles». Hassan Keita tient sa boutique depuis 2007 à l’ACI 2000, du côté du cimetière de Lafiabougou. «Quand je suis venu m’installer, il y avait juste quelques belles maisons en dur à côté des constructions en banco. Maintenant, avec ces grands immeubles, on se croirait en Europe», s’exclame-t-il. Cependant, le boutiquier déplore de sérieuses lacunes de voirie, notamment d’assainissement, car en saison des pluies, plusieurs routes dans ce quartier chic deviennent impraticables pour les usagers. «Faute de collecteurs, pendant la période de pluies, ma clientèle diminue car il faut franchir les eaux usées pour accéder à ma boutique. À cause de cette situation, certains de mes clients préfèrent aller ailleurs», explique-t-il. Le sujet de l’assainissement et des nuisances revient souvent dans les commentaires lorsqu’on parcourt la documentation sur l’ACI. Le 15 avril 2009, le journal satirique ‘Le Scorpion’ titrait : « Hamdallaye ACI 2000, une belle cité insalubre ». Le journal dénonçait les pratiques illégales nuisibles à l’environnement : feux d’ordures la nuit qui polluent l’air, déversement de tas de sable ou débris de matériaux dans les caniveaux, en particulier au niveau des immeubles en chantier. L’article de presse déplorait l’odeur nauséabonde provenant des eaux stagnantes, la prolifération de mouches, moustiques, cafards, crapauds. « Un véritable taudis », selon nos confrères, où se côtoient rongeurs nuisibles et immondices ! Ces nuisances n’empêchent pas le quartier d’être très attractif. Lorsque l’on consulte le site Bamako Immobilier, des terrains sont mis en vente partout, notamment à côté d’emplacements stratégiques: Orca, Avenue du Mali, Radisson ACI, ambassade des États-Unis, Bougie Ba, Fondation Blondin Bèye, Espace Bouna, etc. Les prix s’envolent : 300 m2 cédés à 70, voire 80 millions de Fcfa, 450 m2 à 150 millions de Fcfa, 500 m2 entre 100 et 200 millions de Fcfa, 700 m2 à 300 millions de Fcfa, etc. REGULER LE DÉVELOPPEMENT – L’aménagement du quartier de l’ACI 2000 s’inscrit dans une politique d’urbanisation au long terme. Rencontré dans sa famille, Imrane Abdoulaye Touré, a été directeur national de l’urbanisme et secrétaire général du ministère de l’Urbanisme, de l’Habitat, des Domaines, de l’Aménagement du territoire et de la Population jusqu’en octobre 2021. L’homme est la mémoire vivante de l’urbanisation de Bamako depuis les années 1990. Selon lui, au Mali, la mise en place a été tardive. C’est en 1979-81 qu’est élaboré et adopté le premier Schéma directeur d’aménagement et d’urbanisme de Bamako, révisé ensuite en 1990 et en 1995. Cette dernière révision a fait de l’ancien aérodrome de Bamako une zone de développement, dont la mise en œuvre a été confiée à l’Agence de cessions immobilières (ACI), chargée de la viabilisation et de la vente initiale aux enchères des terrains. « En 1995-96, un plan d’urbanisation sectorielle est défini », précise Imrane Abdoulaye Touré. Pour l’expert, ces dispositions ont constitué un progrès, car à l’époque Bamako comportait beaucoup de quartiers spontanés, nés de l’attribution de parcelles par les chefs coutumiers. «La vente aux enchères instaurait aussi une certaine transparence. Par la suite, la spéculation a décuplé le prix des terrains. Si à l’origine, ceux-ci ont pu être vendus autour de 35.000 Fcfa/m2 (70.000 au maximum), ils peuvent atteindre aujourd’hui 300.000 à 400.000 Fcfa/m2», détaille notre interlocuteur. P récisant que la viabilisation de la zone a été correcte, Imrane Abdoulaye Touré ajoute que les carences constatées ultérieurement dans la gestion de l’assainissement sont dues à un chevauchement de responsabilités entre l’ACI et les collectivités. « Par exemple, le dépôt des ordures était prévu pour chaque lotissement, mais les collectivités n’ont pas toujours respecté ces dispositions », dit-il avant de souligner que « dans ce cas la décentralisation a accentué la dilution des responsabilités et le désordre ». METTRE À JOUR ET APPLIQUER LES TEXTES – « D’une façon générale, relève Imrane Abdoulaye Touré, le cadre règlementaire est suffisant ». Par ailleurs, il estime que la stratégie d’urbanisation a besoin de Schémas régulièrement mis à jour (en principe tous les 5 ans). Or, il a fallu attendre 2005 pour voir une proposition de nouveau schéma directeur, et celle-ci n’a pas été suivie d’effet. «Même dans le cas actuel, on peut considérer que les textes existent, mais qu’il y a un problème d’application, dans une situation où beaucoup d’intérêts sont en jeu. Bref, il faut vraiment qu’on ait un document de planification adapté au contexte actuel», propose-t-il. Selon l’actuel directeur national de l’urbanisme et de l’habitat, « le bilan du plan d’urbanisme de l’ACI 2000 peut être considéré comme positif, malgré quelques points d’ombre ». Amadou Doumbia note que « l’ACI a permis une modernisation et une verticalisation des constructions en vue de la densification urbaine ». Ce qui peut être considéré comme une rupture par rapport aux pratiques de la IIè République : lotissements non viabilisés, constructions en banco, prolifération des quartiers spontanés. Pour le directeur de l’urbanisme
Exactions sur les civils : Une vieille ficelle contre l’Armée malienne
Bamako, 07 mar (AMAP) Encore et toujours la même vieille ficelle. Dès que l’Armée malienne monte en puissance pour traquer les ennemis de la République, des officines tapies dans l’ombre montent de toutes pièces des allégations mensongères qu’elles collent aux godasses de nos soldats. Et des organisations prétendument dédiées aux droits de l’Homme reprennent complaisamment ces allégations, sans aucune précaution de vérification. Ces officines restent muettes comme des carpes quant aux exactions sanglantes perpétrées par les forces du mal contre les paisibles populations civiles maliennes. Leur objectif n’est guère de protéger les populations. Il s’agit plutôt d’instrumentaliser les droits de l’Homme à des fins inavouées. L’état-major général, dans un communiqué rendu public, samedi, n’a pas manqué d’opposer un démenti formel aux récentes allégations de nature à jeter le discrédit sur les forces de défense et de sécurité du Mali. Dans son communiqué l’Armée explique que, depuis jeudi dernier, “une vidéo et une audio montées de toutes pièces”, circule sur les réseaux sociaux, faisant état d’une exécution sommaire collective sur des populations civiles dans le secteur de Diabaly, dans la nuit du 1er au 02 mars 2022. Les auteurs du montage imputent la responsabilité de ces actes odieux aux Forces armées maliennes (FAMa). L’état-major général des Armées rappelle que les FAMa sont respectueuses des droits de l’Homme et du droit international humanitaire. ”Les Forces armées maliennes ne sauraient être responsables d’une telle abjection et ces informations constituent de la désinformation”, dénonce l’Armée qui rappelle que l’une des missions premières des FAMa demeure la protection des personnes et des biens et que cet acte ne constitue, en aucune manière, le mode opératoire de nos forces. En dépit de l’absurdité de ces accusations portées contre les militaires maliens, une enquête est déjà ouverte pour situer les responsabilités et identifier le lieu du crime. Par ailleurs, relève le communiqué, les FAMa ne se laisseront pas distraire par ces allégations tendancieuses et mèneront à bout la dynamique offensive enclenchée depuis le mois de décembre dernier. La mécanique visant à jeter du discrédit sur l’Armée malienne est bien huilée. Mais elle n’arrêtera pas le Mali dans sa lutte contre les velléités séparatistes et les ambitions de dominations obscurantistes. La Rédaction
Mondoro : Riposte de l’Armée malienne
Par Issa DEMBELE Bamako, 07 mar (AMAP) Suite à l’attaque abjecte contre le poste militaire de Mondoro, localité située dans la Région de Douentza, au Centre du Mali, la réaction des Forces armées maliennes (FAMa) a permis de limiter les dégâts et de causer des pertes importantes dans les rangs de l’ennemi. La preuve qu’aucune force du mal ne peut stopper les FAMa dans la reconquête de l’ensemble du territoire national, Les FAMa ont (encore) saigné, vendredi, à Mondoro, et selon un modus operandi bien connu. Comme en septembre 2019, une horde de terroristes a déboulé, au petit matin, sur le poste militaire de ce village (Région de Douentza) dont les défenses n’ont pu résister aux détonations de véhicules piégés. Le bilan officiel fait état de 27 morts parmi nos soldats, 33 blessés, 7 portés disparus et des dégâts matériels. Côté ennemi, les pertes sont plus importantes : 47 assaillants « neutralisés » dans la matinée et 23 autres en début d’après-midi, à la suite des opérations de ratissage. Les chiffres sont malheureusement bien supérieurs à ceux de l’attaque de 2019, mais une constance demeure : malgré leur supériorité numérique, les terroristes n’ont pas réussi à prendre le contrôle de ce poste stratégique. Preuve de la détermination de nos soldats. Leur bravoure est louée par nos compatriotes. Sur les réseaux sociaux, l’on s’était longtemps habitué aux revendications triomphales des assaillants à l’issue des combats, aux images de soldats tués ou d’équipements calcinés. Sur ce coup, les Maliens ont été fiers d’afficher le bilan flatteur affiché par l’Armée grâce à sa riposte. Les terroristes ayant participé à l’équipée contre le poste militaire de Mondoro n’iront pas la raconter. Tous ou presque ayant été neutralisés par la contre-offensive de nos soldats. La tendance est à l’optimisme dans l’opinion grâce aux récents résultants probants de l’Armée. Depuis des mois, les FAMa multiplient les exploits sur le terrain. Résultats de l’acquisition d’importants équipements, de la réorganisation du dispositif et de l’option résolue pour l’offensive. L’état-major général des armées souligne régulièrement, dans ses communiqués, les nombreux acquis opérationnels, face à « des terroristes de plus en plus fébriles, en débandade (…) avec des capacités de nuisance reposant désormais sur la pose des engins explosifs improvisés (EEI) ». Conséquence de ce retournement de situation : la « peur a changé de camp» et «l’ennemi est en fuite vers les frontières ou en dissimulation dans la population». BEAUCOUP DE RÉACTIONS – N’ayant plus cette capacité de contrôler un territoire à eux, les groupes terroristes procèdent, désormais, par des coups sporadiques. Espérant ainsi lézarder le consensus autour de la montée en puissance de nos Forces de défense et de sécurité. Heureusement, les épreuves continuent de renforcer les convictions. Dès l’annonce du bilan de l’attaque contre le poste de Mondoro, plusieurs regroupements (politiques et apolitiques) ont réagi avec émotion. Le Cadre d’échange des partis et regroupements politiques pour une transition réussie a salué « la riposte salvatrice et énergique » des FAMa. Le Cadre écrit que ce drame survient « à un moment où les FAMa commencent à rassurer par de nombreux succès pour la sécurisation des personnes et de leurs biens ». Sur sa page Twitter, le président d’honneur de l’ADP-Maliba, Aliou Boubacar Diallo, a condamné cette attaque perpétrée « au moment où le peuple malien était fier de la montée en puissance de notre vaillante armée ». «Le spectacle affligeant des ravages de la mort et des attaques terroristes, de même que la perte de nos valeureux soldats tombant par milliers sur les champs d’honneur victimes d’une guerre asymétrique ne peuvent nous inspirer que consternation et componction», a déploré Cheick Boucadry Traoré, président de la Convention africaine pour le renouveau (CARE), dans une déclaration publiée samedi. L’ancien Premier ministre, Moussa Mara, a déclaré avoir appris avec « une forte émotion l’attaque terroriste lâche et barbare » contre les FAMa. De son côté, le chef de la Mission multidimensionnelle intégrée des Nations unies pour la stabilisation du Mali (MINUSMA) a « fermement condamné » cette attaque et réitéré »l’engagement indéfectible de la Mission aux côtés des Maliens dans leur quête légitime de paix et de stabilité ». Après avoir précisé le bilan dans un communiqué, le gouvernement a rassuré «l’ensemble des populations que le sacrifice ultime consenti par ces dignes fils de la nation ne restera pas vain et que toutes les mesures seront prises pour arrêter et traduire devant la justice les auteurs de cet acte ignoble et tragique». Aussi, l’Exécutif a ajouté que les forces armées maliennes «resteront fidèles à leurs engagements de restauration de la paix et de la quiétude sur l’ensemble du territoire national. La dynamique offensive de recherche et de destruction des sanctuaires terroristes se poursuivra sans relâche». ID/MD (MAP)
Partage de l’héritage : Le calvaire de certaines veuves
Par Baya TRAORE Bamako, 03 mar (AMAP) Il est 17h 45 minutes au quartier Attbougou 1008 Logements. La veuve de 30 ans, Kadia Fomba, est assise sur un seau devant sa concession. Ses effets personnels sont entassés à ses pieds. Elle pleure à chaudes larmes. Elle et ses enfants viennent d’être mis à la porte par sa co-épouse, quelques jours après la fin de sa viduité. Elle a vécu pendant 10 ans avec son défunt mari. Mais elle n’a eu aucun enfant avec lui. Selon ses dires, son malheur vient du fait qu’elle occupait la maison construite par leur époux. La première femme vivait en location avec ses enfants. Ces derniers prétextent que Kadia ne mérite pas de vivre dans la maison du mari alors que sa co-épouse est en location. Nous avons assisté par hasard à la dispute entre les protagonistes. Ce jour-là, Hadia Fomba portait un hidjab rouge et blanc. Elle se lamente : « Perdre son mari est la pire chose qui puisse arriver à une femme. Ne pas avoir d’enfant est la volonté de Dieu. Me mettre à la porte aujourd’hui est injuste parce que c’est la maison de mon mari et on a vécu plus de dix ans ensemble ». Immédiatement sa co-épouse réplique : « Tu as été avertie depuis que nous observions la période de viduité, mais tu as joué à la têtue. Tu récoltes ce que tu mérites ». « Moi qui lui ai donné des enfants, je ne peux pas rester dehors à peiner pour payer le loyer et te laisser dans le confort, alors que tu n’as pas d’enfant. Je suis sa première épouse. J’ai des enfants alors la maison me revient de droit », lance la co-épouse. Kadia n’ayant pas d’autre choix a pris ses effets pour aller habiter chez son grand frère. Elle a préféré, pour l’instant, ne pas réclamer sa part d’héritage dans les biens de son défunt mari. Elle se propose d’ester plus tard en justice. DESHERITEES – Le partage de l’héritage fait couler beaucoup de larmes dans notre société. La plupart des veuves sont déshéritées au profit des parents du mari ou des enfants de la co-épouse. Assitan Abdoulaye n’a pas encore dit adieu à sa tenue bleu de veuvage. Dans sa chambre, la jeune dame de 33 ans est assise, entourée de ses trois enfants respectivement de 12, 9 et 5 ans. La tête baissée, le visage triste, la voix tremblante, elle explique son calvaire. «J’étais la 3ème épouse. Dès le lendemain du décès de mon mari, ses parents sont entrés dans ma chambre. Ils ont emporté tous ses objets de valeur et de l’argent», se rappelle Assitan Abdoulaye. Après le sacrifice du 7ème jour, les enfants de son époux l’ont obligée à rendre les clés de la voiture que son époux lui avait achetée. Son appartement a été cédé au fils aîné de la famille. L’obligeant à déménager dans une chambre unique avec ses trois enfants. Même après avoir su qu’elle pouvait réclamer son héritage et celui de ses enfants, la jeune dame a préféré éviter un bras de fer avec sa belle-famille. Elle a eu peur qu’on lui rende la vie plus difficile. Oumou Diallo est une veuve âgée de 24 ans qui a récemment perdu son conjoint militaire . Avec ce dernier, elle a eu deux enfants. « Après le decès de mon mari, ses parents avaient promis que son jeune frère allait m’épouser. Donc, ils m’ont demandé de ne pas retourner chez mes parents. Mais au fil du temps, j’ai compris que c’était un piège pour me priver des droits qui me revenaient dans les biens de mon mari décédé », explique-t-elle. Sa souffrance a commencé, un an après la disparition de son mari. Sa belle-famille s’est partagée les droits qu’on lui avait versés sous prétexte que cet argent était trop pour elle. Le jeune frère a vendu les biens du défunt, notamment, sa Sotrama et sa moto. Oumou Diallo n’a perçu aucun sou de la vente de ce véhicule de transport en commun. Alors qu’elle ne s’y attendait pas, un beau jour « on m’a demandé de rentrer chez mes parents, parce que j’étais jeune et que je pourrais trouver un autre mari ». « Ils m’ont dit de prendre mes enfants avec moi, en promettant qu’ils allaient assurer leurs dépenses mensuelles. Je voulais partir avec le matelas et la télévision mais ma belle-mère a refusé. Elle a dit que ces objets n’étaient pas dans mon trousseau de mariage quand je suis arrivée», se souvient notre interlocutrice. Depuis qu’elle a quitté sa belle-famille, il y a neuf mois, aucun membre de cette belle-famille n’a rendu visite aux enfants. Personne ne leur a envoyé de l’argent. La veuve Oumou Diallo croit fortement en Dieu. Elle est convaincue que chacun suit son destin. Elle fait ce qu’elle peut pour subvenir aux besoins des enfants grâce à la pension de son époux. Le marché de Ouolofobougou grouille de monde. C’est en ce lieu que Bintou Tounkara, une veuve, gagne son pain et arrive à subvenir aux besoins de ses enfants et petits enfants. Son commerce exige des déplacements. La malchance l’a frappé, un jour. Il y a 7 ans, à la suite d’un accident de la circulation, ses deux cuisses ont été fracturées. La sexagénaire à la taille imposante a de la peine à se débarrasser des tourments de sa vie. Elle explique qu’elle vivait avec son mari dans un pays de l’Afrique centrale avec leurs quatre filles. Après le décès du mari, Bintou Tounkara et ses enfants sont rentrés au Mali avec la dépouille. « Après mon veuvage, quand j’ai refusé d’épouser le jeune frère de mon époux, la belle-famille m’a interdit de retourner à l’extérieur du Mali avec mes enfants. Je suis donc restée pour assurer l’éducation de mes filles », relate Bintou. Son mari avait trois maisons dont deux en location. La troisième leur servait d’habitation pendant leurs séjours au Mali. « Quant j’ai voulu déménager dans la maison qui nous servait de logement pendant nos séjours, les parents m’ont fait savoir qu’il l’ont
Pour vos besoins juridiques : Allo «Hakew Kunafoni» au 80 00 22 46 !
Bamako, 03 mar (AMAP) Le département en charge de la Justice offre désormais la possibilité aux citoyens maliens d’accéder aux informations juridiques et administratives dont ils ont besoin pour faire valoir leurs droits, à travers le Centre d’appels juridique «Hakew Kunafoni». «Ce dispositif contribuera à résoudre certains des problèmes récurrents auxquels sont confrontés les justiciables maliens parmi lesquels je citerai l’éloignement géographique, le coût d’accès à la justice et la langue dans laquelle la justice est rendue», a déclaré le ministre de la Justice et des Droits de l’Homme, Garde des Sceaux, Mahamadou Kassogué. M. Kassogué qui a présidé, jeudi, s’est réjoui de l’ouverture de ce centre « à un moment où les autorités de la Transition sont engagées dans un vaste mouvement de refondation qui doit se traduire par un changement qualitatif dans tous les secteurs de la vie sociopolitique et économique de notre pays ». Selon lui, la justice n’est pas en reste dans cette dynamique, car son département a placé au cœur de ses priorités les actions visant à soulager les souffrances de nos concitoyens par la simplification des procédures, la diligence dans le traitement des dossiers et le renforcement du contrôle interne. L’atteinte de ces objectifs passe également par un changement qualitatif de comportement des acteurs judiciaires, notamment ceux chargés de la distribution de la justice. «Sur ce chapitre, d’importantes initiatives sont en cours afin de relever le défi de la modernisation de la justice pour la rendre plus performante et efficace», a annoncé le Garde des Sceaux. Il s’agit notamment de l’informatisation et de l’interconnexion des services judiciaires qui permettront de renforcer, substantiellement, l’accès à la justice, la production de statistiques fiables pour une meilleure planification, et l’amélioration de la qualité du service de la justice par un contrôle en temps réel. Pour la gérante d’Hera conseils, Me Tall Nadia Biouélé, ce projet « comblera, sans aucun doute, le besoin de diffusion du droit et d’accès à l’information juridique, judiciaire et administrative ». Surtout, « dans un contexte social où le taux de scolarisation et d’alphabétisation des populations, certes croissant, ne favorise pas la mise en œuvre efficiente du principe général de droit selon lequel ‘Nul n’est censé ignorer la loi’». «Grace à l’appui de l’USAID et du ministère de la Justice, le MJP a consacré beaucoup d’efforts pour rendre la justice plus accessible et crédible», a rappelé, pour sa part, Jean Lavoie, le directeur de l’USAID-Mali Justice Project (MJP), principal financier. Les parajuristes sont, en effet, déployés dans plusieurs régions du pays pour veiller aux besoins des populations en matière de justice et de médiation. Ils fournissent avec l’aide de leurs partenaires locaux un appui holistique remarquable aux femmes victimes de violences, entre autres, au sein des Maisons de la femme, ainsi qu’aux victimes de traite des personnes. Selon le directeur de l’Usaid/MJP, ils ont fait appel aux réseaux sociaux, médias nationaux et communautaires écrits et électroniques afin de sensibiliser les citoyens à leurs droits ainsi qu’aux moyens disponibles. Ce centre d’appels juridique, dédié à l’accès à la justice et au droit, vient compléter les efforts de l’État, non seulement, dans le sens d’une bonne distribution de la justice à travers l’assistance juridique et judiciaire. Mais aussi, dans la consolidation de l’État de droit et de la démocratie. À travers les conseils et l’orientation des usagers, le centre «Hakew Kunafoni» offrira désormais aux populations les informations juridiques et administratives dont elles ont besoin pour valoir leurs droits. Les infrastructures inaugurées sont le fruit d’une collaboration innovante entre le ministère de la Justice et son partenaire l’USAID/MJP. Le chef du département en charge de la Justice avait à côtés sa collègue déléguée auprès du Premier ministre, chargée des Réformes politiques et institutionnelles, Mme Fatoumata Sékou Dicko. JKD/MD (AMAP)

