Lutte contre le braconnage : Des «Rangers» bientôt déployés dans la boucle du Baoulé

Par Cheick Amadou DIA Bamako, 17 mar (AMAP) Des jeunes des villages riverains de la réserve de faune, le Parc national de la boucle du Baoulé, sont formés par la direction nationale des eaux et forêts aux techniques de surveillance et de traque des chasseurs illégaux dans les aires protégées. Ce Parc national de la boucle du Baoulé est une vaste zone protégée de près de 100 000 hectares. Elle s’étend de Siby à Kita, dans les Régions de Kayes et Koulikoro, dans le Sud-Ouest du Mali, jusqu’aux abords de la frontière mauritanienne. À cet endroit, le Baoulé, affluent du Bakoye, forme une boucle. Il comprend plusieurs écosystèmes comme les forêts galeries, les palmeraies, les forêts de bambous et des lacs. Les plus belles espèces d’antilopes africaines sont présentes dans la zone. Des girafes y ont été réintroduites. Les singes ainsi que les phacochères y abondent.  Le parc comporte quatre réserves naturelles que sont le Parc national de la Boucle du Baoulé, les réserves de la Fina, du Kongossambougou et du Badinko. Entre elles s’étendent des corridors non classés, correspondant essentiellement à des terroirs villageois.  En plus d’une flore et d’une faune variées, la boucle du Baoulé possède un important patrimoine archéologique avec, à ce jour, plus de 300 sites archéologiques identifiés. Ce qui lui a valu d’être classé en réserve de biosphère par l’Organisation des Nations unies pour l’éducation, la science et la culture (UNESCO) en 1982. Aujourd’hui, malgré les efforts de préservation de l’État, ce patrimoine se dégrade gravement. Cela est dû, en particulier, à des facteurs humains comme l’exploitation illicite des ressources et la chasse illégale.  À cause de sa grande richesse faunique, la zone est l’objet de braconnage depuis des lustres. Les riverains rappellent que des amateurs de chasse de l’élite malienne de l’époque du régime militaire, entre 1968 et 1990, en avaient fait leur terrain de jeu. À cela, s’ajoutent des ressortissants d’un pays voisin qui en ont fait une activité lucrative. Ils venaient abattre d’énormes quantités de gibiers (des tonnes) qu’ils ramenaient dans leur pays, en toute impunité. Une anecdote raconte que des accrochages entre les agents forestiers appuyés par des éléments de l’armée, sur instruction des autorités militaires de l’époque, et des braconniers de ce pays ont tourné à l’incident diplomatique. Depuis lors, la surveillance de nos agents forestiers s’est accrue sur la réserve. Mais, leur effectif limité, ne joue pas en leur faveur, face à l’immensité de la réserve. Pour inverser la courbe, l’ONG «Biodur Sahel», à travers son Projet d’aménagement du bloc du Fina, dans la réserve de la biosphère de la boucle du Baoulé, en collaboration avec la direction nationale des eaux et forêts (DNEF), a lancé la formation de 21 jeunes «éco gardes», le 1er mars 2022. Au centre de formation des eaux et forêts de Tabacoro, à Bamako, nous avons rencontré le sous-lieutenant des eaux et forêts, Bisulbaba T. O. Kagnassi, chef du département lutte anti-braconnage du projet «BIOS» et chef secteur du Baoulé à l’Opération aménagement du parc national de la boucle du Baoulé (OPNBB). Accompagné de ses collaborateurs de l’armée, détachés pour la circonstance, il supervise les exercices. « La formation prévue sur un mois, avant le déploiement des hommes sur le terrain, porte sur l’aguerrissement moral et physique, l’aptitude militaire, la connaissance du GPS et les différentes missions anti-braconnage », a-t-il expliqué. Ces éco-gardes une fois formés, seront chargés de relayer les agents de l’État dans la mise en œuvre des politiques environnementales sur le terrain. Ils travaillent avec l’ensemble des acteurs (autorités politiques, agents de l’État et communautés locales). Les «Rangers» exercent un rôle de surveillance, de prévention, voire d’alerte en observant les milieux. À ce titre, ils sont appelés à faire un travail d’éducateur et se montrer en exemple pour les populations avec lesquelles ils sont en contact.  Dans leurs tâches quotidiennes, ils diagnostiquent l’état des milieux, identifient les dysfonctionnements et les nuisances (déséquilibre des écosystèmes, dégradation du paysage et des aménagements, les pollutions, etc.).  À la DNEF, on se réjouit de cette initiative qui, selon l’agent Kagnassi, sera d’un grand apport dans la lutte anti-braconnage dans son secteur. « Ces ‘supplétifs’ viennent combler un grand déficit d’effectifs dont souffre le service des eaux et forêts », rappelle-t-il. Aujourd’hui, le personnel du service se chiffre à moins de 1.000 agents. D’où l’interpellation des pouvoirs publics pour un recrutement massif dans le corps des Eaux et Forêts, pour la sauvegarde des millions d’hectares de couvert végétal au Mali ou de ce qui en reste, avec la coupe abusive du bois. CAD (AMAP)

Produits pétroliers : Les cours mondiaux tirent les prix vers le haut

Bamako, 17 mar (AMAP) À compter d’aujourd’hui, jeudi 17 mars 2022, le litre du super carburant (essence) sera vendu, au Mali,  à 762 Fcfa et le gasoil à 760 Fcfa, a décidé la Commission de suivi du mécanisme de taxation des produits pétroliers qui s’est réunie, mercredi, à l’Office national des produits pétroliers (ONAP). Cette mesure, consécutive à la flambée du prix du baril liée, à son tour, à la crise en Ukraine, est applicable à compter de mercredi 16 mars 2022 à minuit.  À sa sortie de réunion, le directeur général de l’ONAP, Modibo Gouro Diall, a expliqué que le contexte actuel est caractérisé par la flambée des cours mondiaux du pétrole. « Ces fortes augmentations selon lui, sont liées à la crise ukrainienne qui, de façon mondiale, a eu des répercussions sur les prix des produits pétroliers ».  Selon Modibo Gouro Diall, au mali,  depuis près de 16 mois, les consommateurs ont acheté le carburant au même prix qui est de 663 Fcfa pour le super carburant et 593 Fcfa pour le gasoil. « Cette reconduction, a-t-il ajouté, depuis novembre 2020, s’explique par le souci des autorités de la Transition d’œuvrer à préserver le pouvoir d’achat du consommateur. «L’État dans le souci de soutenir les consommateurs a sollicité les opérateurs pour que chaque partenaire puisse faire des sacrifices en vue d’avoir des prix soutenables. C’est ainsi qu’on a procédé à un certain nombre de réduction des charges. Nous avons eu à réduire le transport, la redevance d’usage routier et la marge des opérateurs qui a été diminuée principalement de 20 Fcfa par litre», a souligné M. Diall qui a, par ailleurs, annoncé que l’État a renoncé à une bonne partie des droits et taxes.  « Quant aux opérateurs, a-t-il poursuivi, ils ont aussi accepté de renoncer à une partie de leurs marges, en guise d’accompagnement des autorités ». Modibo Gouro Diall a salué le patriotisme et le dynamisme des opérateurs pour ce sacrifice. Et d’assurer que le souci des autorités est de faire en sorte que les prix à la pompe soient compatibles avec le pouvoir d’achat du consommateur. Pour sa part, le secrétaire permanent du Groupement des maliens professionnels du pétrole (GMPP), Ibrahim Touré, il  a indiqué que l’augmentation qui est intervenue, n’a rien à voir avec l’embargo de la CEDEAO, parce depuis cette sanction, le Mali pouvait s’approvisionner partout en produits pétroliers.  Ibrahim Touré a remercié le dynamisme des opérateurs pétroliers qui sont prêts, selon lui, à assurer la sécurité énergétique du pays. «Nous avons consenti à des réductions sur nos coûts d’approche pour que la population ne souffre pas gravement de l’augmentation. Nous avons revu nos marges et nos frais de transport à la baisse», a Ajouté M. Touré. Selon lui, l’État et les opérateurs économiques ont fait ce qu’il faut.  Le secrétaire permanent du GMPP a invité les consommateurs à accepter les efforts consentis par les deux parties. Avant d’ajouter que cette hausse a été imposée par la guerre en Ukraine qui a impacté le marché international.  Le 1er vice-président de l’Association des consommateurs du Mali (ASCOMA), Abdoul Wahab Diakité, a indiqué que par nature, les associations de consommateurs sont contre toute forme d’augmentation.  « Cependant, le contexte actuel nous oblige à accepter la situation »,  a dit M. Diakité. « S’il n’y avait pas eu cette augmentation, il y aurait, certainement, une pénurie sur le marché. Finalement, ce sont les spéculateurs qui allaient prendre le train », a-t-il soutenu.  «Ce que je déplore, c’est que le gouvernement malien communique très peu. Parce que depuis plus d’un an, le gouvernement est en train de faire des efforts, les opérateurs économiques en font autant. Malheureusement, ces actions ne sont pas connues par le grand public», a souligné Abdoul Wahab Diakité. AG/MD (AMAP)

Alousséni Sanou : «Le gouvernement a renoncé à 115 milliards de Fcfa de droits de douanes et de redevances autoroutières pour maintenir les produits pétroliers accessibles »

Par Cheick Moctar TRAORE Bamako, 17 mar (AMAP) De novembre à la date d’hier, mercredi 16 mars 2022, le gouvernement a renoncé aux droits de douanes et de redevances autoroutières dont le cumul atteint 115 milliards de Fcfa, pour permettre aux Maliens, notamment, les couches défavorisées d’avoir, jusqu’ici, accès au carburant à un prix raisonnable. Dans un entretien accordé, mercredi, à l’AMAP, le ministre de l’Économie et des Finances a expliqué les raisons de la hausse des prix du carburant,  rappelant, ensuite, ces efforts financiers consentis par le gouvernement pour maintenir les prix des produits de grande consommation à des niveaux abordables. Ce qui avait permis de maintenir le prix à la pompe du super carburant (essence) à 663 Fcfa et le gasoil à 593 Fcfa. Mais, le super, qui était de 663 Fcfa, passe désormais à 762 Fcfa soit une augmentation de 14%. De 593 Fcfa, le litre de gasoil coûte désormais 760 Fcfa, soit une hausse de 28%. En effet, rappelle le ministre en charge des Finances, le super rendu Dakar coûtait 278 Fcfa, contre de 282 pour le gasoil au mois de novembre. «Aujourd’hui, nous sommes à 585,96 Fcfa pour le super soit une hausse de 115% par rapport à novembre. Le gasoil est aujourd’hui cédé 637,20 Fcfa soit une augmentation de 126%. Ces augmentations n’ont pas impacté le prix à la pompe. D’où le manque à gagner total de 115 milliards de Fcfa», a expliqué Alousséni Sanou. Cette hausse progressive du prix du baril à l’international combinée à la crise opposant la Russie à l’Ukraine a fini par avoir raison de ce « volontarisme humaniste et patriotique du gouvernement ». L’Exécutif à qui, souligne le ministre Alousséni Sanou, le président de la Transition a toujours instruit de faire «tout ce qui est possible pour soulager nos concitoyens». À titre d’exemple, le super rendu Dakar coûtait 409 Fcfa au moins de février. Il est passé aujourd’hui à 585,96 Fcfa. Le gasoil qui y valait 400,76 Fcfa y est aujourd’hui cédé 637,20 Fcfa. Ce qui correspond à une augmentation respective de 43% pour le super et 59% pour le gasoil, analyse le patron de l’hôtel des Finances. Dans ces conditions, tous les intervenants dans la chaine de fixation des prix des hydrocarbures, unanimes sur le caractère inévitable de cette hausse, ont dû encore faire des efforts énormes. Afin, selon le ministre, « de minimiser le niveau de la hausse pour le consommateur ». « En la matière, précise M. Sanou, les frais de douanes ont été majorés de 27%. Les frais d’approche qui couvrent les frais des opérateurs, ont été réduits de 27% et les redevances autoroutières ont été réduites de 60 à 75%. «Il faut, ici saluer les opérateurs maliens qui ont accepté que leur marge soit réduite de 33% sur le super et de 50% sur le gasoil», a précisé le ministre Alousséni Sanou. À l’arrivée, le manque à gagner est énorme pour les douanes. Rien qu’au mois de mars, les efforts du gouvernement, en termes de réduction des droits de douanes et de redevances autoroutières, s’élèvent à 2,9 milliards de Fcfa sur les droits de douanes et 2,2 milliards de Fcfa sur les redevances autoroutières. « Ce qui fait un total de 5,1 milliards de Fcfa sur un mois », a évalué le ministre Sanou, ajoutant qu’aucun sacrifice ne sera de trop pour soulager les Maliens. Toutefois, comme pour compenser cette situation qui «pourrait être temporaire», le gouvernement est à pied d’œuvre pour réduire davantage les prix des denrées de première nécessité, notamment le riz, l’huile pour permettre aux consommateurs de passer le mois de Ramadan en toute quiétude, a annoncé le locataire de l’hôtel des finances. Il a rappelé, ensuite. que des dispositions sont prises à cet effet pour un approvisionnement correct du pays. Pour ce faire, a-t-il ajouté, des échanges sont en cours avec les opérateurs de gaz pour assurer un approvisionnement correct du pays en gaz et à un prix raisonnable. CMT/MD (AMAP)

La quantité de riz vendue sur les marchés ruraux dans la zone Office du Niger a baissé, selon l’Observatoire du marché agricole

Bamako, 16 mar (AMAP) Les prix des céréales enregistrés, sur les marchés ruraux,  la semaine dernière, sont stables pour 72%, en hausse pour 25% et en baisse pour seulement 3%, selon les résultats de l’enquête hebdomadaire de l’Observatoire du marché agricole (OMA-APCAM), sur la période du 3 au 9 mars dernier. Dans un communiqué, l’observatoire indique avoir fait le « même constat sur les marchés de consommation, où la tendance de 90% des prix collectés est la stabilité, contre 8% à la hausse ». Seulement 3% des prix enregistrés sont en baisse.  « Cette tendance progressive à la stabilité est consécutive à l’amélioration de la situation sécuritaire en certains endroits du pays et la poursuite de l’assistance alimentaire aux populations vulnérables à travers le pays », indique le communiqué de l’OMA-APCAM. En revanche, les quantités de riz vendues sur les marchés ruraux dans la zone Office du Niger ont baissé. Celles expédiées de cette zone vers d’autres localités du Mali ont légèrement augmenté de l’ordre de plus 6%. Dans le District de Bamako, la capitale, par rapport à la semaine précédente, les prix à la consommation sont restés globalement stables. Ainsi, les prix au détail couramment pratiqués ont été de 250 Fcfa le kg pour le maïs, 300 Fcfa pour le mil, le sorgho et le maïs pilé, 350 Fcfa pour le mil/sorgho pilés, 375 Fcfa pour les riz importés RM40 thailandais et vietnamien et pour le riz brisé importé. Le kg du riz local Gambiaka a gagné 425 Fcfa, contre 600 Fcfa pour le fonio et 650 Fcfa pour le Niébé.  Selon la même source, le sac de 100 kg a coûté 23.000 Fcfa pour le maïs, 27.000 Fcfa pour le sorgho, 28.500 Fcfa pour le mil, 34.000 Fcfa pour le riz brisé importé thailandais et pour le riz RM40 importé, et 37.000 Fcfa pour le riz local Gambiaka.  Les prix aux consommateurs des riz importés brisés et RM40 sont supérieurs non seulement par rapport à la même semaine de l’année dernière mais, aussi, par rapport à la moyenne des prix des cinq dernières années. Par rapport aux pays de la sous-région dont les prix sont disponibles, notre pays occupe la première place pour le mil/sorgho. Il vient en deuxième position pour le maïs et le riz de grande consommation après le Burkina. Les prix de l’aliment bétail à base de graine de coton sont restés relativement stables par rapport à la semaine écoulée. Ces prix ont varié entre 5.000 et 12.000 Fcfa pour les sacs de 40 et 50 kg. Dans les capitales régionales, les prix du sac de 50 kg de l’aliment bétail à base de graines de coton ont été de 9.000 Fcfa à Bamako, 9.500 Fcfa à Mopti, 11.000 Fcfa à Sikasso, 11.500 Fcfa à Ségou et 12.000 Fcfa à Koulikoro. Le sac de 40 kg a été vendu à 8.000 Fcfa à Gao et 9.500 Fcfa à Tombouctou. Pour améliorer la disponibilité céréalière au Mali, le gouvernement a adopté une série de mesures comme la suspension, depuis le 6 décembre 2021, des exportations de mil, sorgho, maïs et riz local et l’autorisation des importations commerciales de riz à taxes réduites de moitié jusqu’à hauteur de 300.000 tonnes. De plus, l’État envisage d’importer 180.000 tonnes de riz et acheter 20.000 tonnes de riz locaux, révèle le communiqué. AMK/MD (AMAP)

Farine de blé et ciment : Les recettes du gouvernement contre la hausse des prix

Par Cheick Moctar TRAORE Bamako, 16 mar (AMAP) Les autorités maliennes, en concertation avec les acteurs des filières farine de blé et ciment, sont à pied d’œuvre pour prévenir tout risque de pénurie susceptible de déclencher une tendance haussière. Le gouvernement semble avoir une conscience claire des enjeux liés à une hausse des prix de la farine du blé et du ciment. C’est ainsi qu’il multiplie les démarches inclusives visant à explorer toutes les pistes de solutions possibles pour les maintenir à la portée du Malien lambda.  Visiblement alerte, le ministre de l’Industrie et du Commerce, Mahmoud Ould Mohamed, a initié des rencontres visant à «anticiper» une hausse éventuelle des prix des denrées de consommation.  Mahmoud Ould Mohamed a, en fin de semaine dernière, consulté les acteurs de la filière blé-farine-pain. Objectifs : «sécuriser les stocks et éviter toutes formes de rétention ou de pénurie».  Les prix de la farine boulangère et du pain restent plafonnés respectivement à 22.000 Fcfa le sac de 50 kg et 250 Fcfa la baguette de 250 g. Cela grâce à la signature d’un protocole d’accord entre le gouvernement et les acteurs de la filière. La farine de blé a été, la semaine dernière, cédée au détail entre 400 et 500 Fcfa le kg. Ce qui correspond à un prix moyen estimé à 439 Fcfa, contre 386 Fcfa le kg, l’année dernière à la même période, selon des notes du département en charge du Commerce.   Cette hausse survient dans un contexte de conflit entre la Russie et l’Ukraine. Les deux pays européens sont respectivement 2è et 4è producteurs de blé soit 29% de la production mondiale et 40% du commerce mondial de blé. Une guerre entre Russes et Ukrainiens suffit pour faire bondir les prix.  Ainsi, le cours du blé a gagné du terrain sur les places boursières passant de 269,25 euros (environ 172.413 Fcfa) la tonne au cours du mois de février dernier, à 316 euros la tonne à la date du 24 février (début de la guerre), avant de redescendre à 290 euros la tonne. Le cours devrait encore grimper pour atteindre plus de 400 euros la tonne (environ 260.000 Fcfa), selon certaines prédictions. 60.000 TONNES – Cette situation risque d’impacter les prix sur le marché national au regard de l’importance de la farine dans la consommation quotidienne du Malien. En la matière, le besoin annuel de consommation nationale en farine boulangère produite à partir du blé tendre importé est estimé à environ 60.000 tonnes. La France est considérée comme le premier fournisseur du Mali en blé, suivie de la Russie, de l’Argentine et de l’Ukraine. Les stocks de farine boulangère sur le territoire national s’élèvent à 19.764 tonnes. 7.798 tonnes sont disponibles au niveau des unités industrielles. Les 12.000 restants sont dans le circuit de distribution auprès des commerçants grossistes et demi-grossistes. Disponibles au niveau des pays de transit, 8.023 tonnes de blé attendent d’être évacuées. Au regard des stocks disponibles (environ 4 mois de consommation), la crise en Ukraine n’aura probablement pas un impact immédiat sur l’approvisionnement de notre pays, rassure la direction générale du commerce, de la consommation et de la concurrence. Toutefois, pour prévenir tout risque de pénurie susceptible d’entraîner une hausse des prix, il urge de diversifier les sources d’approvisionnement du pays. Cela en accompagnant «nos industriels et minoteries à souscrire rapidement des contrats d’achat avec les négociants afin d’anticiper sur une probable augmentation des cours en prélude à la prochaine campagne de commercialisation du blé à partir du 2è semestre 2022». D’où la rencontre précitée ayant réuni les acteurs de la filière autour du ministre en charge du Commerce.  Consultation à la fin de laquelle il a été décidé, à court terme, de procéder à l’évaluation rapide des stocks au niveau des ports de transit et solliciter l’accompagnement des opérateurs économiques afin «d’éviter le dérapage des prix et la rupture des stocks». À moyen terme, il apparaît nécessaire de diversifier nos sources d’approvisionnement et accompagner nos unités industrielles dans la recherche de nouveaux partenaires commerciaux et des facilités de financement, ont prôné les participants. La solution la plus durable retenue étant de promouvoir la culture du blé au niveau national et la fabrication du pain à partir d’autres céréales. 50 CAMIONS DE KLINKER – Ce remède ultime devrait être injecté dans le secteur du ciment dont les prix grimpent face au moindre choc. En effet, la tonne de ciment est passée de 95.000 Fcfa à 120.000 Fcfa le lendemain de l’imposition, le 9 janvier dernier, de sanctions «illégales, injustes et illégitimes» au peuple malien par les chefs d’État de la Communauté économique de Etats de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) et de l’Union économique et monétaire oust-africaine (UEMOA).  Cette hausse serait consécutive, à croire les quincaillers, à la rupture de stocks, à l’augmentation des frais de manutention consécutive à l’embargo économique de ces institutions sous régionales, à l’incidence de la hausse du prix des papiers d’emballage et de certaines matières premières intervenant dans la production de ciment.  Concernant la rupture de matières premières entrant dans la fabrication du ciment, la douane malienne a récemment réceptionné plus de 50 camions de Klinker en provenance du Port de Conakry pour la production du ciment au Mali. Contactée, une source à la direction générale des douanes confirme l’information, rappelant qu’il y a «quelques jours des convois totalisant près de 300 camions ont emprunté le corridor Conakry-Bamako sans difficulté majeure». Les deux douanes ont créé les conditions nécessaires à cet effet, précise-t-elle. La disponibilité du Klinker, «constituant du ciment obtenu par calcination d’un mélange d’acide silicique d’alumine, d’oxyde de fer et de chaux», pourrait être considérée comme un début de réponse aux préoccupations des producteurs nationaux de ciment. Présentes à une rencontre entre le patron du Commerce et de l’Industrie et les acteurs du BTP, les trois usines de production de ciment opérationnelles sur le territoire national avaient sollicité l’accompagnement et le soutien du gouvernement pour les aider à faire baisser le prix.  Les consommateurs espèrent sur le respect strict

Fana : Psychose sur la ville, après des crimes rituels en série

Par Bembablin DOUMBIA Envoyé spécial Fana, 16 mar (AMAP) Fana, dans la Région de Dioïla, à une centaine de kilomètres de Bamako, la capitale malienne, sur la route de Ségou (Centre), est tristement célèbre à cause de nombreux crimes odieux que la ville a connus ces dernières années. Les habitants, les autorités municipales et la justice sont mobilisés pour mettre fin à ce phénomène qui émeut tout le pays. Il est 7h14, le soleil se lève sur la ville. En cette matinée d’un lundi du mois de janvier, les élèves prennent le chemin de l’école. Le braiment des ânes mêlé au bêlement des chèvres retentit un peu partout dans le Guégnéka.  Les minibus de transport «Massani» se positionnent le long de la Route nationale 6 (RN6) et celle menant à Dioïla attendant d’éventuels passagers. Plusieurs boutiques sont déjà ouvertes. Au rond-point, des propriétaires de pousse-pousse attendent, impatiemment, leurs premiers clients.  Cependant, derrière cette ambiance, la population de la ville de Fana vit la peur au ventre du fait de crimes crapuleux qui marquent les esprits. De 2017 à 2021, dix cas ont été recensés parmi lesquels celui de la fillette albinos Ramata Diarra, en 2018, qui a fait couler beaucoup d’encre et de salive. «À cette époque, on pensait que c’était une question d’albinos. Mais après, on a vu que les assassins n’épargnent personne», fait remarquer Djakaridia Doumbia, un habitant de la ville.  Selon notre interlocuteur, les crimes odieux ou rituels sont légion à Fana, depuis belle lurette. «Je suis né ici et j’ai trouvé que le phénomène existe», révèle le jeune homme d’une trentaine d’années. À l’en croire, les auteurs de ces actes abjects sont tous originaires de la ville et connaissent leurs victimes.  «Très souvent, les criminels viennent la nuit bavarder avec leurs victimes. Ils en profitent pour leur donner des substances afin de les endormir. Après, ils passent à l’acte», croit savoir Djakaridia Doumbia, précisant que de nombreuses victimes sont des gardiens qui habitent un peu a l’écart de la ville.  Djakaridia pense que les malfaiteurs se servent du sang de leurs victimes pour des sacrifices et des sciences occultes. «Aujourd’hui, nous avons peur d’envoyer nos enfants même à la boutique par crainte qu’ils ne soient enlevés », dit-il. Avant de demander aux autorités de tout faire pour mettre la main sur ces criminels. Djakaridia Doumbia déplore, par ailleurs, le fait que les forces de sécurité ne font pas les patrouilles la nuit dans les endroits moins éclairés de la ville où la plupart de ces crimes ont été commis. PEUR AU VENTRE – À cause de cette psychose, les habitants de Fana sont devenus  méfiants les uns envers les autres. «Chacun pense que c’est l’autre qui est derrière ces crimes», note une dame qui a requis l’anonymat par peur d’être la cible des malfrats. « Au début, ce sont les femmes qu’on décapitait, mais après, la situation s’est retournée contre les hommes », fait-elle remarquer.  Notre interlocutrice explique que les gens ont peur de dormir dehors pendant la période de forte chaleur. «Les auteurs de ces crimes sont parmi nous», dit-elle.  La vieille dame se rappelle qu’une femme, après avoir participé à une prêche de Maouloud lors de laquelle, les fidèles maudissaient les criminels, est revenu trouver son mari décapité par des inconnus. «Nous avons vraiment peur de ces bourreaux. Quand la nuit tombe, on ne sait pas si on va se réveiller vivant le lendemain», fait savoir notre interlocutrice. Avant de demander l’implication des autorités de la Transition pour venir à bout de ce fléau.  «Ce sont les pauvres gens qu’on tue. Il faut que les autorités trouvent un solution», dit-elle.  Les jeunes de Fana sont vent debout contre ces crimes crapuleux. «On a eu à rencontrer les autorités, à sensibiliser la jeunesse en l’invitant à faire confiance à la police et à la gendarmerie, en leur donnant des informations», révèle le secrétaire général du Conseil national de la jeunesse de Guégnéka,  Amadou Timété. Selon lui, cette situation ne peut pas être gérée sans la collaboration de la population. «À ce propos, nous avons des jeunes qui travaillent dans l’ombre avec les forces de sécurité, car l’ennemi est invisible et peut être n’importe qui», confie-t-il.  Notre interlocuteur sollicite l’extension du réseau électrique dans la ville parce que, selon lui, les zones ciblées par les malfaiteurs sont celles où il y a l’obscurité. Il demande également de renforcer le poste de sécurité de la ville, en y instituant des patrouilles de contrôle d’identité de 18 heures à 6 heures du matin. «Cela permettra de dissuader les assassins», estime-t-il. «Nous, la jeunesse de Fana, nous n’allons pas baisser les bras tant que ces criminels ne seront pas arrêtés», assure le responsable du Conseil national de la jeunesse, notant que beaucoup de personnes se méfient de la ville de Fana, aujourd’hui, à cause de cette situation. COMPLICITÉS – La municipalité de la ville semble à bout de souffle. «Nous avons renforcé la sécurité en installant un commissariat, mais avec tout cela, les crimes continuent», regrette un responsable de la mairie de Fana. Lui, aussi, demande aux autorités d’étendre le réseau électrique dans la ville pour éclairer un maximum de quartiers. «À part le cas de la femme malade mentale et son enfant, les autres décapitations ont eu lieu dans des endroits isolés et obscurs», explique notre interlocuteur.  Par contre, il pense que les auteurs de ces crimes ne sont pas des autochtones de Fana, mais auraient des complices dans la ville.  Lors de son investiture, en janvier dernier, le tout nouveau gouverneur de la Région de Dioïla a affiché sa volonté de remédier à l’insécurité résiduelle dans sa circonscription, souvent due à des activités rituelles à Fana.  D’après Abdallah Faskoye, les services de sécurité travaillent avec la justice afin que cette insécurité soit éradiquée dans la région.  Sur la question, le procureur de la République près le Tribunal d’instance de Fana, Boubacar Moussa Diarra, nous a confié que, de 2017 à 2021, il y a eu huit dossiers d’assassinats avec décapitation dont deux

Métaux et plastiques : Le filon du recyclage

Par Fatoumata M. SIDIBÉ Bamako, 15 mar (AMAP) Badalabougou, sur la rive droite du fleuve Djoliba, à Bamako, la capitale malienne, à proximité de la pâtisserie Amandine. Installées à l’ombre d’un arbre, des figurines : cheval, coq, éléphant faites de fer de récupération et autres représentations de petites bêtes, comme le crapaud, séduisent passants et visiteurs. Au milieu de ces petits objets inanimés, Abdoulaye Lampa est assis sur une chaise en forme de guitare faite à partir d’amortisseurs et de chaines usagés de motos. Le quadragénaire est l’artisan de ces «sculptures» métalliques.  Artiste/créateur, ses œuvres séduisent le public depuis 2009. Emerveillés, les passants les contemplent avant de s’avancer pour les toucher. « C’est ainsi tous les jours », lâche, sourire en coin, celui qui dit s’être amouraché de cet art depuis sa tendre enfance. «Je fabriquais des chaises. L’idée de recycler ces déchets métalliques pour en faire des objets d’art m’est venue à la suite d’une épreuve de la vie», se souvient-il. L’artiste en devenir avait acheté des pièces détachées (trois) pour la réparation de sa moto, en panne depuis quelques temps. Le jour où il devait l’amener à l’atelier du mécanicien, l’engin à deux roues a été volé.  Dépité, Abdoulaye Yampa décide d’utiliser ces pièces neuves pour faire des statues en métal. «Auparavant, je fabriquais les petits objets avec les métaux», relate notre homme aux dreadlocks. Cette expérience aidant, l’artisan fabriquera un éléphant à partir des pièces qu’il a achetées pour réparer son engin. Le coup d’essai fut un coup de maître. Le chef-œuvre sera acheté par un hôtel de la place à 350.000 Fcfa (l’équivalent du prix d’une Djakarta neuve à l’époque). Trois autres commandes suivront. À l’autre bout de Bamako, à Yirimadio, en Commune VI, Adama Bamba et Ousmane Koné mettent en commun leur intelligence pour fabriquer paniers, bassines… en plastique. Cette union débouche sur la création de «Kouraya Company», une entreprise spécialisée dans le recyclage de déchets plastiques. «Kouraya», un mot bambara, qui signifie renouvellement ou recyclage. Rencontrés lundi, peu après la prière de 14 heures, ils portent des bavettes sur le nez pour «éviter d’inhaler» les débris de plastiques que dégagent les machines. À HAUTE TEMPERATURE – Des machines dédiées au recyclage de déchets plastiques grondent à l’intérieur de l’atelier laissant échapper une légère fumée. Ces plastiques, Adama Bamba les achètent auprès de personnes qui récupèrent les anciens bidons en caoutchouc, les bouteilles de boisson, d’huile alimentaire, de sachets plastiques. Ils sont réutilisés pour fabriquer des paniers, des chaises et autres objets de décorations.  « Chaque type de plastique ou de caoutchouc est utilisé en tenant compte des produits à fabriquer », explique Modibo Sidibé, un des cofondateurs. «Nous les découpons et les mettons dans les broyeuses pour obtenir des paillettes de plastiques. Compressées et chauffées, les paillettes sont fondues à 140°C dans une extrudeuse qui confère aux plastiques la forme désirée», précise notre interlocuteur. Il ajoute que le filament, ainsi obtenu, est moulé afin de créer de multiples objets.  Selon lui, l’aventure a commencé il y a trois ans. «Nous avons fait des tests sur les plastiques parce que nous avons constaté qu’il y a beaucoup de pollution à Bamako», rappelle-t-il. La raison d’être de leur entreprise est de faire face à cette situation en récupérant les déchets plastiques. Pour y arriver, ils ont mené des recherches sur Google, YouTube, etc. sur les techniques de fabrication de ces différents objets.  «C’était devenu une urgence pour nous à cause de la pollution de l’air et du sol à Bamako», révèle Modibo Sidibé. Ainsi, à défaut de pouvoir importer une broyeuse à cause des restrictions de voyage liées à la Covid-19, les jeunes entrepreneurs décident de fabriquer sur place, avec l’appui technique d’un soudeur, leur première broyeuse.  Cet investissement a coûté plus d’un million de Fcfa. «Maintenant, nous fabriquons des machines de recyclage, des extrudeuses, des paniers, des chaises, des tables, des luminaires, des pavés écologiques, des portes stylo, des saladiers et des tabourets. Nous avons des machines pour la fabrication de tous ces objets», explique notre interlocuteur avant de préciser qu’un kilo de plastiques coûte 200 Fcfa. MÉVENTE – . La même quantité de fer usagé vaut 200 à 250 Fcfa. «Avant, les personnes de bonne volonté me ravitaillaient gratuitement. Depuis plus de deux ans, ce n’est plus gratuit. Je les achète, notamment chez les mécaniciens et auprès des mendiants», révèle-t-il.  À la différence des «recycleurs» qui sélectionnent les types de plastiques à transformer, Abdoulaye Yampa utilise toutes sortes de métaux, même usagés, pour fabriquer ses œuvres. Il dessine d’abord ses représentations sur une feuille pour se faire une idée des types de fer à utiliser et voir comment les agencer. «Je découpe les fers avec la scie ou autres matériels pour leur donner la forme que je désire», précise-t-il. Ses œuvres peinent, de plus en plus, à trouver des preneurs depuis quelques années, déplore Abdoulaye Yampa. La faute, selon lui, à la rareté des foires expositions et à l’accès au financement. Ses clients sont essentiellement des expatriés, notamment occidentaux. « Il y a aussi les personnes qui s’intéressent à l’environnement et aux problèmes de pollution, les restaurateurs et les hôteliers qui s’intéressent à nos produits », ajoute-t-il. Autant de difficultés qui font que les apprentis sont moins attirés par le travail d’Abdoulaye Yampa. «J’avais un apprenti qui a abandonné. Ce métier est un peu difficile. Il demande beaucoup de courage et de passion», fait-il savoir.  Malgré ces difficultés, les activités de «Kouraya» Company semblent attirer les jeunes. Demba Traoré, étudiant à la Faculté des sciences et techniques (FST), y est stagiaire depuis avril dernier. Il dit faire ce travail par passion. Pendant les vacances, confie Adama Bamba, sa compagnie forme également des jeunes étudiants sur les techniques de recyclage des plastiques. « Des vendeurs de plastiques aux recycleurs, estime Adama Bamba, toute la chaine de production et d’approvisionnement se frotte les mains ». «Les gens s’y intéressent parce que nous arrivons à écouler ce que nous produisons. C’est rentable», note-t-il. Les produits finis sont vendus entre 1.000 et 7.500 Fcfa, selon les

Quelque 75 concurrents en compétition à la Semaine des marques au Mali  

Fatoumata M. SIDIBÉ  Bamako, 15 mar (AMAP) Soixante-quinze  marques sont en compétition pour divers prix, lors de la première édition de la Semaine des marques qui se tient, au Centre international de conférences de Bamako (CICB), depuis lundi jusqu’au samedi 19 mars 2022.  «Nous avons commencé par la sélection des candidats par catégorie de marque préférée du public. Cette sélection, qui a été présentée au public depuis le 8 mars dernier, continuera jusqu’au 18 du même mois», a annoncé le président du jury, Arouna Kanté. Les marques ont été répertoriées sur la base des fiches de représentation électronique mises à disposition par le Centre malien de promotion de la propriété industrielle (CEMAPI), a révélé M. Kanté. La Semaine des marques vise à valoriser et à donner une meilleure visibilité aux marques nationales, prévenir contre les risques et dangers de la contrefaçon. Ainsi, pour inciter les entreprises à protéger leurs marques au CEMAPI, les organisateurs ont mis en compétition les marques nationales protégées, établies, exploitées et celles exerçant une activité économique ou sociale régulière.  Les prix en compétition sont, entre autres, le Prix de la marque préférée du public, de la meilleure marque de produit, le Prix de la meilleure marque de service, le Prix de la meilleure marque à l’international, le Prix de la meilleure marque féminine et le Prix de la meilleure marque du plus jeune entrepreneur.  Le president du jury a expliqué que le choix revient aux consommateurs qui peuvent voter, par SMS ou en appelant les numéros : 71 52 30 30/61 52 30 30 et 52 52 31 31 pour leurs marques préférées.  Ces marques nominées ont été présentées au public. Il s’agit, pour la catégorie «Meilleure marque du produit», de Fofy, Sapec, Diago. La catégorie «Meilleure marque de service» met en compétition Sama Money, Ispric, Imafer. Quant à la catégorie «Meilleure marque à l’international», elle concerne la société Bara Musso, Thé Achoura, l’hôtel Azalai.  Faso Kaba, I ka look sont nominées pour la catégorie «Meilleure marque féminine» et Waati, Diakité robotique pour «la  marque du jeune entrepreneur».  «Ces activités initiées par les organisateurs de la Semaine permettront « de faire la promotion de nos produits », a commenté la responsable marketing et communication de Sapec. « Remporter par exemple ce prix donnera une grande visibilité à notre marque qui existe depuis 2003 », a ajouté Ramatoulaye Berthé. «Notre objectif est d’avoir le trophée de la meilleure marque de produit», a-t-elle dit.  Ewaati est une startup spécialisée dans le domaine de l’intelligence artificielle et de la  robotique. Pour ses responsables, c’est pour promouvoir leurs produits et services qu’ils ont participé à cette Semaine des marques. «Nous avons des produits et services comme e-school, e-security e-marketing, e-care, e-face», ont-ils expliqué. Responsable marketing de Sahel infusion qui existe depuis 2013, Aissata Cissé se dit heureuse de compter parmi les nominées et espère que son entreprise sera retenue pour cette première édition.  Quant à la chargée de communication de la société Bara Musso, elle souhaite que cette activité soit encouragée et soutenue. «La Semaine des marques nous a montré qu’on est parmi les grandes entreprises et qu’on est considéré», se réjouit Fatou Sidibé, rappelant que Bara Musso existe depuis 2008. FMS/MD (AMAP)

Gestion des déchets à Bamako : la capitale va recruter un nouvel opérateur

Bamako, 15 mar (AMAP) Le ministre de l’Environnement, de l’Assainissement et du Développement durable, Modibo Koné, a annoncé, lundi, le recrutement prochain d’un nouvel opérateur pour la gestion des déchets à Bamako. « Des dispositions vont être prises très rapidement pour lancer un appel d’offres pour le recrutement d’un nouvel opérateur en collaboration avec les entreprises maliennes pour faire ce travail à la fin du contrat de Ozone », a dit M. Koné, au terme d’un conseil des ministres restreint d’environ deux heures, à la Primature. «Nous allons faire en sorte que ces dispositions soient pertinentes afin que ce que nous avons constaté dans le déroulement du contrat de Ozone ne soit plus fait au Mali », a-t-il poursuivi.  Selon lui, il faut aussi « réfléchir sur les moyens efficaces de mettre en place le modèle financier idoine afin que le financement du traitement des déchets puisse être re-financé par les populations, elles-mêmes, depuis les poubelles jusqu’à la décharge finale ». «La ville de Bamako est actuellement sale. Nous devrons y trouver une solution idoine dans les meilleurs délais. C’est ainsi que nous avons revisité le contrat de Ozone qui est chargée de rendre Bamako propre », a déclaré le ministre en charge de l’Assainissement. M. Koné a annoncé que les dispositions doivent, également, être prises pour les dépôts de transit, qui constituent un goulot d’étranglement dans le District de Bamako et ses environs. « Nous devons faire en sorte que dès que les ordures arrivent au niveau des dépôts de transit, ils soient évacués dans les 48 heures qui suivent. Nous devons prendre les dispositions pour que la décharge finale de Noumoubougou soit finalisée par les moyens de l’État », a précisé le ministre Parlant de l’exécution du contrat de Ozone, le ministre Koné a fait savoir que « globalement, cette société n’a pas respecté ses engagements, notamment en termes de réalisation des caniveaux, de balayage des rues et de transport des déchets ».  Par rapport à l’appel d’offres pour assainir la ville de Bamako, le ministre a précisé que la priorité sera donnée aux entreprises nationales qui ont les moyens de le faire. Il a expliqué que ce conseil de cabinet, en vue de faire des propositions concrètes pour rendre la ville de Bamako propre, s’est tenue à la demande du président de la Transition, le colonel Assimi Goïta et du Premier ministre Choguel Kokalla Maïga, en vue de faire des propositions concrètes pour que la ville de Bamako soit bien propre. La réunion a été présidée par le Premier ministre, en présence de plusieurs autres membres du gouvernement. BD/MD (AMAP)

Écoles privées de santé : Une plus-value ?

Par Sidy Yaya WAGUE Bamako, 14 mar (AMAP) Les établissements privés de santé ne bénéficient d’aucune subvention de l’État. Cependant, elles s’inscrivent dans la complémentarité des efforts de formation de l’État. Ces écoles versent, chaque année, sur le marché de l’emploi, des ressources humaines. L’école des infirmiers du 1er cycle, première école de santé au Mali avait été créée en 1952. On y accédait avec le Certificat d’études primaires (CEP). Pour améliorer la qualité de la prise en charge des soins infirmiers, le ministère de la Santé d’alors a augmenté la capacité d’accueil de cette école et relevé son niveau de formation, en créant l’Ecole secondaire de la santé (ESS) en 1962. Il fallait donc décrocher le Diplôme d’études fondamentales (DEF) pour s’y inscrire.  A cette époque, la formation était exclusivement du ressort de l’Etat. Confronté au faible taux de scolarisation dans les années 1990, l’état a donc décidé d’ouvrir l’éducation au secteur privé. Cette volonté s’est traduite par la promulgation de la loi N°94-032 du 25 juillet 1994 portant Statut de l’enseignement privé en République du Mali. Ainsi, la première école privée de santé a été créée en 1995.  Chaque structure sanitaire essaie de s’adapter au programme de formation des techniciens de santé (TS). Au Mali, les TS jouent un rôle très important dans l’offre de services aux populations. Selon l’annuaire statistique 2019 des ressources humaines des secteurs de la santé, du développement social et de la promotion de la femme, ils représentent 16% des ressources humaines du département en charge de la Santé et du secteur privé. Ils étaient au nombre de 3.804 pour un effectif total de 23.432 agents, la même année.  Le Centre technique de formation «école santé plus», créé en octobre 2006, enseigne les matières, conformément au programme de l’Organisation ouest-africaine de la santé (OOAS). Il dispose d’un 1er cycle (DEF+3) et d’un second cycle (bac+3). Santé maternelle et infantile, santé publique, techniciens de laboratoire/pharmacie sont les filières de formation du 1er cycle.  Quant au second niveau de formation, il porte sur des filières comme sage-femme, infirmier d’Etat et biologie médicale. Les études sont sanctionnées par la licence. Le promoteur, directeur général de l’établissement et également secrétaire aux relations extérieures et aux activités scientifiques de l’Association des écoles de santé du privé, Dr Sériba Bengaly, explique que les formations sont théoriques et pratiques. Et d’ajouter que le taux de réussite de son établissement, au titre de l’année scolaire 2020-2021, est de 78% pour les deux niveaux de formation.  Il soutient, aussi, que 80% des ressources humaines du secteur de la santé sont du privé. Il invite les pouvoirs publics à être plus regardants dans l’organisation des examens nationaux. Il estime qu’un agent de santé mal formé représente un risque, voire un danger pour le pays. «Dans la mesure où l’Etat organise les évaluations de fin de cycle, s’il y a des défaillances, il en est le seul responsable», a-t-il dit.  L’Ecole de santé de Bamako (ESB), a été créée en 2002 avec pour mission la formation professionnelle des techniciens supérieurs de santé. Elle verse sur le marché de l’emploi des ressources humaines pour combler, en partie, l’insuffisance criarde d’agents dans les structures de soins publiques et privées. Elle dispose de deux niveaux de formation.  Le 1er cycle accueille les titulaires du DEF tandis que le second niveau encadre les nouveaux bacheliers qui s’y inscrivent. Les sages-femmes, les infirmiers d’Etat, les techniciens supérieurs de laboratoire, de pharmacie et d’assainissement sont les filières de formation de l’ESB. Le taux de réussite au 1er cycle est de 60,55% au titre de l’année scolaire 2020-2021 tandis qu’il est de 89,89% au cycle supérieur, selon les promoteurs de l’établissement.  La directrice des études de l’ESB, Mme Yaro Fatoumata Traoré, a précisé qu’une convention signée entre les encadreurs des structures sanitaires fixe les frais de stage à 10.000 Fcfa par étudiant et par an pour les stages urbains dans les hôpitaux. Elle fixe un quota de 8.000 Fcfa par étudiant et par an au niveau des Centres de santé de référence (CSRéf). « Dans les Centres de santé communautaire (CSCOM), les écoles privées de santé paient 5.000 Fcfa par étudiant et par an », a déploré la directrice des études.  Et de décrier, aussi, la non prise en charge entière des examens des écoles de santé du privé, le non respect du cahier de charges à chaque remaniement ministériel, l’organisation des stages urbains, la rotation des stagiaires et la prolifération des écoles de santé.  L’Ecole privée paramédicale des «4 0» (EP 4 0) qui a vu le jour en 2007 forme les détenteurs du DEF et du bac dans 4 filières : ophtalmologie, optique-optométrie, orthoptie d’où le nom «4 0». Elle encadre aussi des infirmiers et des sages-femmes d’Etat auxquels elle délivre la licence qui donne droit à deux avantages : la mobilité des étudiants et l’exercice de leur profession dans l’espace OOAS et dans la sous-région. Son programme scolaire est conforme à celui de l’Institut national de formation en sciences de la santé (INFSS) qui date de 1998. Le président de l’Association des écoles de santé du privé, Dr Sidi Yaya Ba, rappelle que les écoles privées de santé exercent à la suite des arrêtés de création et d’ouverture des ministères de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique et de l’Education nationale. Il a déploré le fait que ces écoles ne bénéficient d’aucune subvention de l’État.  Au contraire, les écoles privées de santé paient leurs frais de participation aux examens nationaux. Le pédagogue a reconnu que l’Etat met à leur disposition les surveillants et les établissements privés bénéficient aussi de l’accompagnement des Académies dans l’organisation des examens.  Notons que les écoles privées de santé ont basculé dans le giron du ministère de l’Education nationale depuis la rentrée solennelle des universités, des grandes écoles et Instituts de recherche et de formation 2015-2016. SYW (AMAP)