Commémoration : Le chef de l’État salue la mémoire du président Modibo Keïta
Bamako, 17 mai (AMAP) Le président de la Transition, le colonel Assimi Goïta, a déposé, lundi, une gerbe de fleurs sur la tombe de l’ancien président Modibo Keïta qui repose au cimetière d’Hamdallaye, à Bamako. Après avoir loué les qualités exceptionnelles de son illustre devancier, le colonel Assimi Goïta a remercié le peuple malien pour son soutien et son accompagnement constants aux autorités de la Transition Il y a 45 ans disparaissait le père de l’indépendance, malienne, Modibo Keïta, qui a dirigé le Mali du 23 septembre 1960 au 19 novembre 1968. A l’occasion de la commémoration de sa disparition, la nation malienne a rendu hommage au défunt leader politique. A son arrivée sur place, le chef de l’État a été accueilli par les autorités administratives et coutumières de la Commune III et du District de Bamako, en présence du président du Conseil national de Transition (CNT), le colonel Malick Diaw et de plusieurs membres du gouvernement. étaient également présents des membres de la famille biologique de l’illustre disparu et de nombreux responsables de sa famille politique, le Rassemblement démocratique africain (RDA Mali). Après l’exécution de l’hymne national et la sonnerie aux morts, le colonel \Goïta a procédé au dépôt de la gerbe de fleurs sur la tombe avant de saluer « la mémoire d’un leader politique charismatique qui s’est battu avec ses compagnons de lutte pour donner au Mali sa souveraineté et sa dignité ». Selon le colonel Assimi Goïta, feu Modibo Keïta, au-delà d’avoir été le premier président du Mali, fut également un homme d’exception qui a su imposer le respect du Mali dans le concert des nations. Pour le président de la Transition, Modibo Keïta était, aussi, un grand panafricaniste qui considérait l’unité africaine comme une nécessité pour coordonner l’ensemble des actions des pays indépendants sur le continent. “Ce jour d’anniversaire doit être pour tous les Maliens un jour de mémoire sans distinction d’ethnie ou d’appartenance”, a dit le président Goïta. Le chef de l’Etat a, ensuite, assuré que les autorités de la Transition mettront « tout en oeuvre pour la sauvegarde, la défense de la souveraineté, la dignité et l’honneur de la patrie dans le strict respect des intérêts du peuple malien ». Né le 4 juin 1915 à Bamako, Modibo Keïta est décédé le 16 mai 1977, en détention au Camp des commandos parachutistes de Djikoroni Para, à l’âge de 62 ans. AT/MD (AMAP)
Abdoulaye Diop, ministre des Affaires étrangères et de la Coopération internationale : « Le Mali n’a eu d’autres choix que celui du retrait de tous les organes et instances du G5 Sahel »
Bamako, 17 mai (AMAP) Le Mali n’a pas eu d’autre choix que de se retirer de tous les organes et instances du G5 Sahel y compris sa Force conjointe, a déclaré, lundi, le ministre des Affaires étrangères et de la Coopération internationale, Abdoulaye Diop. Dans un entretien accordé à la presse, le chef de la diplomatie malienne explique les faits qui ont conduit Bamako à du retirer de tous les organes et instances du G5 Sahel y compris sa Force conjointe, comme annoncé dans un communiqué en date du 15 mai 2022. Il a rappelé qu’en février 2021 s’est tenue à N’Djamena, au Tchad, la conférence des chefs d’État du G5 Sahel à l’issue de laquelle, il a été décidé d’organiser le prochain sommet (février 2022) à Bamako pour que le Mali assume la présidence conformément à la pratique de l’organisation basée sur une présidence tournante. «Nous savions déjà, bien avant le mois de février 2022, qu’il y avait des manœuvres et des tentatives de certains pays pour empêcher le Mali à assumer la présidence. Nous sommes restés sereins jusqu’au mois de février et le Mali n’a pas eu d’indication par rapport à sa présidence », explique le ministre Diop. Face à cette situation, le président de la Transition a écrit une première correspondance à son homologue tchadien pour lui rappeler cette décision et lui exprimer la volonté et la disponibilité du Mali à assumer sa présidence et à accueillir le sommet. D’après Abdoulaye Diop, le chef de l’Etat a écrit une deuxième lettre car les réponses données n’étaient pas satisfaisantes. Dans une troisième lettre, le président Goïta a indiqué qu’il était important et impérieux que la décision soit prise pour que le Mali assume la présidence, conformément aux textes du G5 Sahel. « Mieux, il a précisé dans cette lettre que s’il n’y avait pas d’évolution substantielle pour que le Mali assume cette présidence, notre pays n’aura d’autre choix que de suspendre sa participation de tous les organes et instances de l’organisation », a dit Abdoulaye Diop. Selon lui, les autorités maliennes avaient donné la date du 15 mai pour prendre cette décision. Ce délai ayant expiré, le Mali qui n’a pas eu de réponse ne pouvait que s’assumer. Le ministre a précisé que le G5 est une organisation basée sur des textes. Toutefois, il déplore que les textes et les décisions prises ne soient pas observés. « Le pire, a poursuivi le chef de la diplomatie malienne, est que la base sur laquelle, le Mali est empêché d’assumer la présidence ne tient pas, car certains mettent en avant sa situation politique interne avec la Transition en place ». Et Abdoulaye Diop de souligner qu’aucun texte du G5 Sahel ne se fonde sur des considérations politiques ou lié à des évolutions politiques à l’intérieur d’un pays. TIRER LES FICELLES – Mieux, il a dit que le Tchad, qui assume la présidence, est conduit par une Transition comme au Mali. Egalement, M. Diop a tenu à préciser qu’aucun texte de l’organisation ne vise cela et ne prévoit qu’elle puisse endosser ou entériner des décisions car certains ont demandé que le G5 Sahel applique les décisions adoptées par la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) et l’Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA). Pour le chef de la diplomatie malienne, le pire, c’est un Etat non membre du G5 Sahel et extra-régional qui tire les ficelles et qui a mis un veto pour que le Mali ne puisse pas assumer la présidence du G5 Sahel. « Nous trouvons que c’est une instrumentalisation et une ingérence inacceptables. Le Mali doit en tirer toutes les conséquences parce qu’il est un Etat membre et paye près de 400 millions de Fcfa de contribution annuelle », a souligné le ministre Diop. À la question de savoir si ce n’est pas un risque pour le Mali de quitter cette organisation dans ce contexte de lutte contre le terrorisme, Abdoulaye Diop répond que « notre pays est en mesure de continuer à assurer sa sécurité ». Pour lui, le G5 Sahel avait un rôle qu’il n’a pas pu jouer entièrement. « Le Mali est parti parce que nous pensons que les principes cardinaux ne sont pas respectés », fait savoir Abdoulaye Diop. Il ajoute que le Mali quitte le G5 Sahel car « ce cadre régional ne nous permet plus de travailler mais il maintient ses relations amicales, de fraternité et de coopération avec la Mauritanie, le Niger, le Burkina Faso et le Tchad ». Mieux, il œuvrera avec chacun de ces pays dans le cadre bilatéral ou dans d’autres cadres appropriés pour travailler sur les questions de développement, de coopération, d’intégration comme sur des questions de sécurité. Le ministre Diop rassure les Maliens qu’il n’y a pas de vide particulier que le G5 Sahel laisse sur le terrain. Selon lui, le travail qui doit être fait est en train de l’être par les Forces de défense et de sécurité du Mali. Il assure aussi que « nos Forces de défense et de sécurité ont, aujourd’hui, des moyens pour pouvoir sécuriser notre territoire national et prendre en charge les différents mécanismes de protection des populations ». DD/MD (AMAP)
Transports et Infrastructures au Mali : Des résultats malgré le contexte difficile
Par Babba COULIBALY Bamako, 16 mai (AMAP) Le gouvernement compte redémarrer le trafic ferroviaire et continue de faire des efforts pour achever des travaux routiers à travers le pays, a déclaré Mme Dembélé Madina Sissoko, la ministre des Infrastructures et des Transports. La ministre des Infrastructures et des Transports, dans l’émission «Mali kura taasira» de la Télévision nationale, a promis de relancer le transport ferroviaire national, en arrêt total depuis 2018 et cela, dès fin décembre 2022. Elle a assuré qu’à ce jour, les 19 gares, de Bamako à Kayes, ont été entièrement réhabilitées. Les travaux d’entretien de la voie ferrée (curage des fossés, décapage, désherbage et débroussaillement) ont été exécutés de Bamako à Diboli, les ateliers centraux de Korofina et de Kayes ont été réhabilités et les rails défectueux entre Bamako et Kayes, remplacés. Parlant du réseau routier, Mme Dembélé Madina Sissoko s’est réjouie de la réalisation de plusieurs projets. Il s’agit, entre autres, de l’aménagement en 2×2 voies de la traversée de Sikasso et les voies connexes, des travaux d’aménagement en 2×2 voies de la voie reliant le 3è pont de Bamako à la RN6 (3,26 km), y compris la construction d’un échangeur au croisement. Les travaux de réhabilitation de la section Tour de l’Afrique-Yirimadio de la RN6 (6,5 km) ont été réceptionnés le 24 février dernier, l’aménagement de la voie de Kouloubléni, longue de 5 km environ, dans la Commune rurale de Kalabancoro, Cercle de Kati, est terminé et a été réceptionnée le 11 avril. Quant aux travaux de construction et de bitumage de la bretelle-Katélè-Kadiolo-Zégoua et l’aménagement de 4 km de voiries urbaines dans la ville de Kadiolo (Sud), la réception ne devrait plus tarder. S’agissant des travaux d’entretien routiers et des travaux d’urgence, Mme Dembélé a fait savoir que, contrairement aux autres années, ces travaux sont en cours depuis janvier 2022. Ce programme d’entretien des routes nationales, d’un montant de plus de 18 milliards de Fcfa, porte sur un linéaire total de 9.226 km, dont 5.449 km (59,06 %) de routes revêtues et 3.777 km, soit 40,94% de routes en terre et pistes. Concernant les routes interurbaines, les travaux sont déjà terminés. « Quant aux travaux d’entretien des routes régionales, locales et communales, d’un montant de près de 4 milliards de Fcfa, ils ont porté sur un linéaire total de 4.416 km, dont 351 km, soit 7,95 % de routes revêtues et 4.065 km, soit 92,05% de routes en terre et pistes rurales », a précisé la ministre. Au titre des travaux d’urgence d’entretien de certains axes routiers du District de Bamako, elle a rappelé que dans le cadre de son programme d’urgence sociale, le président de la Transition, le colonel Assimi Goïta, a accordé un montant de 5 milliards de Fcfa pour les actions de sauvegarde du patrimoine routier prioritaire du District de Bamako, afin d’améliorer le niveau de service des routes. Le programme porte essentiellement sur les travaux de réparation des dégâts d’hivernage, le redimensionnement de certains ouvrages, ainsi que l’entretien et la réhabilitation de certains tronçons. Il s’étend sur 16 axes routiers, à travers le District de Bamako, dont 9 sur la Rive droite et 7 sur la Rive gauche. Selon Mme Dembélé Madina Sissoko, les perspectives de l’année 2022 porteront essentiellement sur l’achèvement des travaux routiers en cours, le démarrage de certains travaux routiers et de certaines études routières. Il s’agit du programme spécial des travaux d’entretien routier dans les Régions de Kayes, Koulikoro, Sikasso, Mopti et du District de Bamako. Ce programme, d’un montant de 15 milliards de Fcfa, porte sur un linéaire de 216 km de routes bitumées et 14 km de routes en terre. Dans ce programme de constructions routières, on retient l’achèvement de la tranche ferme des travaux de construction et de bitumage de la route Banconi-Dialakorodji-Safo-Dabani-Nossombougou (56 km); les travaux de construction d’un d’échangeur et l’aménagement de 10 km de voiries à Sikasso; les travaux de construction et de bitumage de la route Goma Coura-Tombouctou. BBC/MD (AMAP)
Communication, Économie numérique et Modernisation de l’Administration : Les grands chantiers
Bamako, 16 mai (AMAP) Le ministre de la Communication, des l’Économie numérique et de la Modernisation de l’Administration, Harouna Mamadou Toureh, a évoqué plusieurs sujets, samedi, dans l’émission «Mali kura taasira» de la Télévision nationale. On peut citer, entre autres, le rôle des médias en cette période cruciale pour le Mali, la modernisation de l’administration, la refondation de l’Etat, l’aide à la presse Dans le cadre de l’émission «Mali Kura taasira», initiée à l’occasion de la campagne de communication gouvernementale pour célébrer l’an I de la rectification de la Transition, Me Harouna Mamadou Toureh, était dimanche face à la presse. La rencontre a été l’occasion pour le premier responsable du Département de tutelle d’aborder plusieurs sujets et de parler des grands chantiers de la Transition dans le domaine de la communication, de l’économie numérique et de la modernisation de l’administration. Le ministre Toureh a d’abord présenté les secteurs du département de tutelle qui sont la communication, les médias, l’économie numérique, les technologies de l’information et de la communication, les télécommunications, les services postaux et la modernisation de l’administration, avant de mettre l’accent sur l’importance de la communication en cette période cruciale pour notre pays. «L’information est une arme redoutable pour celui qui la maîtrise, elle peut faire gagner un conflit, qu’il soit militaire ou économique avant ou pendant les hostilités, parfois sans tirer un coup de feu», a ainsi dit le ministre Toureh, ajoutant que les médias sont les canaux de distribution, à grande échelle, de l’information. Ainsi, l’utilisation abusive des médias n’est jamais sans conséquence pour l’opinion. Selon le ministre en charge de la Communication, « certains, à dessein, ont compris qu’ils peuvent modifier les opinions, créer les révolutions et les soulèvements des peuples à travers les médias ». Ils se permettent de déstabiliser les institutions et tentent de susciter des conflits intercommunautaires »,a-t-il poursuivi. Le ministre Toureh a martelé que ces agissements «ne peuvent être tolérés par notre pays» et c’est face à cette réalité que le gouvernement de la Transition a ordonné, le 17 mars 2022, la coupure des signaux de Radio France internationale (RFI) en ondes courtes et FM et la chaîne de télévision France24 sur les bouquets des rediffuseurs nationaux d’images. Dans cette foulée, le ministère de tutelle a instruit les opérateurs des télécommunications et les fournisseurs d’Internet la suspension des deux médias sur Internet. Et le 27 avril 2022, ce fut au tour de la Haute autorité de la communication (HAC) d’entériner le retrait définitif des fréquences de RFI et de France24. «C’est un acte de souveraineté», a expliqué le ministre en charge de la Communication qui a démenti l’allégation de refus des autorités de la Transition à accorder des accréditations aux médias étrangers. «Cette allégation n’est pas fondée», a- t-il précisé. Parlant de la situation de la presse, Me Harouna Mamadou Toureh a rappelé que le gouvernement de Transition a l’obligation de faire respecter la loi en la matière, tout en assurant que la presse ne sera jamais muselée. 600 MILLIONS DE FCFA – Dans le domaine de la refondation de l’Etat, le ministre Toureh a indiqué que les textes proposés par la Maison de la presse pour une relecture de la loi régissant la profession, sont actuellement à l’étude. «Nous sommes là-dessus», a-t-il ajouté, en rendant hommage au comité de pilotage de la Maison de la presse et à son président Bandiougou Danté. C’est sous la houlette du ministre Harouna Mamadou Toureh que le cadre de concertation entre le département de tutelle et la Maison de la presse et le Groupement professionnel des agences de communication (GPAC) a été mis en place. L’invité du jour a, ainsi, souligné les efforts consentis par l’État en faveur des médias publics et privés. Selon lui, l’aide publique à la presse s’élève, au titre de l’exercice 2018 à 2021, à plus de 600 millions de Fcfa. S’ajoutent à cette aide, la rénovation de la Maison de la presse (170 millions de Fcfa), la construction d’infrastructures destinées à l’ORTM, à l’Agence malienne de presse et de publicité (AMAP) et la Société malienne de transmission et de diffusion (SMTD) pour 12 milliards de Fifa et la subvention accordée aux trois structures par l’État qui s’élève à plus de 7 milliards de Fcfa. Concernant l’Economie numérique, le département de tutelle compte opérationnaliser deux pôles : le pôle numérique agricole et le pôle numérique alphabétisation. Le premier sera installé à Koulikoro avec la présence de l’Institut polytechnique rural (IPR) pour permettre de développer et de diversifier l’agriculture, alors que le deuxième sera basé à Sikasso pour permettre aux utilisateurs des langues en lien avec le numérique de développer leur économie. Pour la modernisation de l’Administration, le ministère s’appuie, entre autres, sur le e-commerce, la déclaration et le paiement des impôts en ligne, la visioconférence et la vidéosurveillance. NK/MD (AMAP)
Hommage des Maliens à Mamadou Konaté, 66 ans après son décès
Par Bembablin DOUMBIA Bamako, 16 mai (AMAP) Des dispositions seront envisagées pour que le jour anniversaire du décès de Mamadou Konaté soit solennellement commémoré par les autorités afin d’éveiller les consciences, a annoncé, samedi, le Premier ministre, Choguel Kokalla Maiga. Le Premier ministre malien s’exprimait lors du 66è anniversaire de la disparition de l’homme politique (11 mai 1956-11 mai 2022). Cela fait 66 ans que Mamadou Konaté a disparu. A l’occasion de l’anniversaire de sa mort, la nation malienne a rendu, samedi, un grand hommage à l’illustre défunt, à travers une conférence débat sous le thème: «Mamadou Konaté et la jeunesse». L’ouverture de cette rencontre, au Centre international de conférences de Bamako (CICB), a été présidée par le Premier ministre Choguel Kokalla Maïga, en présence des membres du gouvernement, du président de l’Association Mamadou Konaté (AMK), Moussa Konaté, un des fils du défunt. L’on notait également la présence des membres de la famille politique et biologique de Mamadou Konaté. Instituteur de profession, syndicaliste et panafricaniste «convaincu», Mamadou Konaté fut le père fondateur de l’Union soudanaise-Rassemblement démocratique africain (US-RDA), qui a conduit le Mali à l’indépendance. Durant sa vie, celui qui fut vice-président de l’Assemblée nationale française, a cultivé l’humilité, la générosité, la simplicité, la franchise et l’empathie. Des qualités qui ont fait de lui un grand rassembleur. Comme l’a attesté l’ancien président ivoirien, Félix Houphouët Boigny, un des «grands» amis Mamadou Konaté, lors de ses obsèques. « Il était le meilleur d’entre nous par sa courtoisie, son intelligence perspicace, son humanisme et cette simplicité souriante qui lui attirait toutes les sympathies.. », a dit Félix Houphouët Boigny. « Dans les moments difficiles que nous avons vécus ensemble, sa sérénité et sa foi nous ont toujours permis de trouver les solutions les meilleures», avait ajouté l’ancien président de la Côte d’Ivoire. Pour sa part, l’ancien président du Parti progressiste soudanaise (PSP), Fily Dabo Sissoko, qui fut son «adversaire politique», témoigna: « Mamadou Konaté était mon ami… Mamadou savait se départir de son unique manteau pour les autres… Cet homme faisait honneur à l’homme. Son amitié faisait honneur à l’amitié ». Aussi, Mamadou Konaté avait toutes les qualités de l’homme d’État. Comme l’a témoigné son cadet, le président Modibo Keïta: « Nous l’appelions «Saint Père» alors que certaines personnalités administratives l’avaient baptisé «le Sage de l’Assemblée territoriale» et que d’autres reconnaissaient en lui «l’élément modérateur» de l’Union soudanaise… C’est pourquoi pour nous… Konaté n’est pas mort car les idées et les principes qu’il symbolise sont immortels». Dans son intervention, le Premier ministre malien a indiqué qu’en ces temps présents où l’homme politique est décrédibilisé, l’action politique assimilée dans l’opinion à la fourberie, au mensonge, à la corruption, Mamadou Konaté fait figure d’exception. Choguel Kokalla Maïga a ajouté que l’illustre disparu doit servir d’exemple à la jeune génération. Pour lui, dans le contexte de crise que nous vivons, ces valeurs que le président Mamadou Konaté incarnait sont toujours d’actualité. « Elles nous incitent au sursaut salvateur pour surmonter nos rancœurs et nous retrouver sur l’essentiel : bâtir le Mali que nous voulons pour nous et pour les générations futures, un pays où il fait bon vivre», a dit le chef du gouvernement. Pour lui, « au-delà du sursaut citoyen, il faut un sursaut national, une union sacrée autour de notre patrimoine commun: le Mali ». D’après Choguel Kokalla Maïga, la refondation engagée par la Transition vise la transformation radicale du Malien et du Mali. Pour ce faire, par-delà les clivages politique, culturel et identitaire, «il nous faut agir ensemble dans la même direction afin de renforcer la cohésion de notre nation», a déclaré le Premier ministre. De son côté, le président de l’AMK a dit que Mamadou Konaté était « l’illustration indiscutable de la simplicité, de l’humilité et, par dessus tout, adepte d’une éthique sans faille aussi bien en politique que dans sa conduite de tous les instants en société ». Selon Moussa Konaté, « il appartient aux jeunes générations de savoir tirer les leçons les plus appropriées pour l’avènement d’une société plus juste et des conditions de vie meilleures pour nos populations ». La cérémonie s’est achevée par la visite, par le Premier ministre, de l’exposition retraçant la vie de Mamadou Konaté. BD (AMAP)
Art : Noumouké Camara fait dans l’abstraction et le graphisme
Par Youssouf DOUMBIA Bamako, 13 mai (AMAP) La galerie Manège de l’Institut français de Dakar (Sénégal) a abrité une importante exposition d’art visuel intitulé : «Picasso Remix», en prélude de la 19è édition du Dak’arts, une biennale qui a se tient, depuis mercredi dernier, dans la capitale sénégalaise pour prendre fin le 19 mai prochain. Un concours a permis de sélectionner 15 artistes africains dont les œuvres sont en lien avec celles du célèbre peintre espagnol, Pablo Picasso. Les commissaires de cette exposition ont choisi des créations hors du commun pour cette exposition qui restera toute la durée de la biennale. «L’art nègre ? Connais pas !». Une phrase culte de Pablo Picasso dont l’association du travail au continent africain est notoire. Cette affirmation qui a suscité tant de polémique, impose certaines interrogations légitimes. Dans le cadre du cinquantenaire de l’exposition Picasso au Musée dynamique de Dakar, la galerie, le Manège de l’Institut Français du Sénégal à Dakar a été invitée à proposer une exposition d’art contemporain. La direction artistique est assurée par la directrice de la galerie, Olivia Marsaud, et le commissaire indépendant, Mohamed A Cissé. Cette production dont le titre est un hommage à la mythique exposition itinérante «Africa Remix» de Simon Njami, souhaitait mettre fin à la réductrice perception qui était faite de l’Afrique. Elle se propose de donner la «parole» à des artistes contemporains d’Afrique et supports d’expression différents, afin de répondre au maître du cubisme. Une réponse, selon le rapport qu’ils entretiennent avec Picasso et autour des quatre grandes périodes qui caractérisent son œuvre, que la quinzaine d’artistes femmes et hommes, confirmés ou émergents, proposeront de manière libre. Il ne s’agira donc pas exclusivement de chercher les liens entre Pablo Picasso et la création contemporaine du continent, mais de les trouver. Car comme il le disait lui-même : «chercher ne signifie rien en peinture. Ce qui compte, c’est trouver». Le Malien Noumouké Camara y participe. Il n’est pas à son coup d’essai. Ce peintre né à Bamako Coura, (un quartier de la capitale malienne), il y a 46 ans, a déjà remporté de nombreux prix et récompenses à travers l’Afrique. C’était le cas à «TotalArt» un concours intitulé : «Regard des artistes sur les stations service de Total» en 2019. Noumouké Camara avait remporté le premier prix d’une valeur de 500.000 Fcfa. Très tôt il eu, comme référence graphique, les posters affiches de cinéma qui décoraient les rues et les murs de nombreuses maisons de la capitale. Mais, c’est par la voie de la peinture sous verre qu’il entre en 1990 dans le monde des arts plastiques, encadré par Joël Mounkoro, un peintre malien aujourd’hui décédé. Entre 1994 et 2003, Noumouké participe à de nombreux ateliers et rencontres en Afrique et en France, et y trouve l’opportunité de travailler avec de grands artistes comme Alfousseyny Kelly, David Coulibaly, Lassana Kanté, Ismaël Diabaté, Jean-Claude Duaguet ou encore Michel Granger. Alors qu’il était encore étudiant à l’Institut national des arts (INA) de Bamako, il travaillera au Centre culturel français en tant que communicateur visuel et continuera après l’obtention de son diplôme en 2000. Depuis, ce jeune créateur expose dans de nombreux lieux de référence de la ville. Ses toiles parcours également d’autres pays comme en 1995 au CCF Henri Matisse de Bobo Dioulasso, au Burkina Faso, et en 2002 au Forum culturel de Blanc-Mesnil, en France. Plusieurs fois primé lors de biennales et expositions, Noumouké Camara évolue dans l’art, animé d’une volonté de créer et de transgression. Tabous, ambiguïté, maladresse, dits et non-dits et instants de séduction représentent son inspiration. Ses œuvres emportent de la vie abstractions et figurations teintées d’un style graphique qu’il nomme «Néo-graphisme». YD/MD (AMAP)
Familles recomposées: La « cohabi-tension »
Par Rokiatou TRAORE Bamako, 13 mai (AMAP) Un quartier périphérique de Bankoni. Une famille recomposée : le couple a vécu une ou plusieurs expériences antérieures de mariages . La famille n’est pas très aisée. Ses membres habitent, quand même, dans leur propre maison. Des orphelins de mère, depuis leur prime enfance, vivant avec leur père seul. Après le remariage de leur père, ils partagent aujourd’hui leur quotidien avec une nouvelle maitresse de maison que le père a épousée pour combler le vide laissé par la défunte première femme. La nouvelle, à son arrivée, a installé une toute autre ambiance dans la famille. Les petits orphelins, dans une atmosphère de terreur, vivent un calvaire depuis que cette belle-mère a mis pied dans la maison. Et, les choses vont de mal en pis, depuis que l’ainé de la famille s’est marié. La femme de ce dernier, supposée être une belle-fille, est devenue une rivale, une co-épouse pour madame. Elle voit en elle la défunte épouse de son mari. Et bonjour les querelles, tout le temps, et pour tout. Elle n’hésite pas à se saisir de son souffre-douleur jusque derrière son mari, dans leur lit conjugal, pour la frapper. Il y a de cela quelques mois, l’ainé de la famille, qu’on surnomme Damba, est rentré du marché pour se reposer, après une journée très chargée et harassante. Avec sa jeune femme, dans l’intimité de leur chambre. C’est là que la belle-mère fait irruption. Elle se met à battre la jeune femme avec un gros bâton. Sans raison apparente. Surpris, Damba est resté sans réaction comme figé par le geste. Il ne put s’interposer. Il sortit de sa chambre, laissant sa femme subir le courroux de la marâtre. Celle-là, une fois qu’elle a fini de battre sa belle-fille, ressortit de la chambre, des insultes grossières à la bouche. Le garçon rentra se recoucher, l’appétit coupé et demanda à sa femme d’en faire autant, sans lui poser de questions sur ce qui venait de se passer. Toute la scène s’est déroulée, en présence du chef de famille, le père de Damba et l’époux de la marâtre dont nous tairons le nom. Il n’a pipé mot, ne serait-ce que pour prouver qu’il n’est pas sous l’emprise de sa femme. A la mort du chef de famille, il y a quelque temps, Damba est devenu chef de famille. Les choses pourront changer. Cette famille est loin de faire exception. La cohabitation, dans les familles recomposées, notamment maliennes, est plus proche de la « cohabi-tension » alimentée par l’attitude de certaines belles-mères qui veulent s’imposer au couple. Rendant ainsi, la vie de foyer très compliquée surtout dans ces familles recomposées. Certaines belles-filles vivent le calvaire, victimes d’agression par leur belle-mère ou belles-sœurs. Ces dernières ont tendance à vouloir tout contrôler, tout gérer en «vraie maitresse des lieux». À Quinzambougou, la belle-mère de Kadi ressemble à ces vieilles dames qui ont un droit de regard sur tout ce qui se passe dans la famille. Jeune dame, Kadi vit avec son mari dans la famille maternelle de ce dernier. Alassane, son époux, enfant unique, a perdu sa maman depuis sa tendre enfance. Son père, sans moyens financiers, décide le confier à grand-mère maternelle pour pouvoir s’occuper de lui-même. Quelque temps après, le père d’Alassane rencontre une veuve qu’il épouse. Devenu réparateur, le fils, lui, épouse Kadi, des années plus tard. Alassane décide que son épouse se rende, tous les jours, au Bankoni pour faire la cuisine pour son père et sa belle-mère qui n’ont pas eu d’enfants. En épouse dévouée, Kadi quitte Quinzambougou, tous les matins, pour se rendre à pieds au Bankoni. Faute de ressources. Là-bas, la belle-mère l’accueille avec insultes et reproches. Aussitôt arrivée, elle doit se rendre au marché. Pour une famille de six membres, « la popote » varie entre 500 et 750 Fcfa pour acheter du riz, du charbon de bois et autres condiments. Le chef de famille ne travaille plus en raison de son âge avancé. Sa femme, elle, vend du savon au marché. Il arrive, souvent, que Kadi arrive en retard. Gare à elle si le repas n’est pas prêt à midi. La belle-mère qui revient du marché à cette heure-là, ne se privera pas de la sermonner. Elle l’insulte de père et de mère. La jeune épouse se souvient : «Un jour, ma belle-mère est revenu du marché avec son amie. Le repas n’était pas encore prêt. Elle m’a insulté de mère. Ce jour-là, je lui demandé de ne plus jamais insulter mes parents. Elle est venue se planter devant moi et l’a refait. Je n’ai rien dis. Elle et son amie ont passé toute cette journée à me bouder.» Kadi a enduré cette situation durant deux ans. Sa délivrance n’est arrivée qu’après la mort de sa belle-mère, il y a près d’un an. Depuis, elle prépare de chez elle et apporte à manger à son beau-père « qui me comprend », témoigne-t-elle. Contrairement à Kadi, Aïcha vit dans sa belle famille mais craint de se faire répudier à cause de l’autre épouse de son beau père. Cette dernière est déjà arrivée à mettre dehors sa co-épouse (la mère de l’époux d’Aïcha). Elle tente d’obtenir de son mari l’expulsion du jeune couple du domicile. Convaincue que son beau père ne pourra résister à la pression de sa femme, Aïcha craint de se retrouver dehors avec son mari qui «n’a pas de travail fixe pour le moment ». « On ne pourra pas tenir, c‘est sûr», pense-t-elle. Le sociologue Dr Brema Ely Dicko explique qu’une famille recomposée comprend un couple d’adultes, mariés ou non et, au moins, un enfant né d’une union précédente de l’un des conjoints. Consécutives à des décès, ces unions passaient par le remariage d’un veuf ou d’une veuve. « Jusqu’à la seconde guerre mondiale, elles étaient rompues par la mort d’un des deux conjoints alors qu’aujourd’hui la cause principale des ruptures est le divorce (ou la séparation dans les couples non mariés)», poursuit le sociologue. Les recompositions familiales concernaient, autrefois, des orphelins, qui trouvaient
Le ministre de la Défense et des Anciens combattants, le colonel Sadio Camara : «La montée en puissance des FAMa est une réalité ».
Bamako, 11 mai (AMAP) Le ministre de la Défense et des Anciens combattants, le colonel Sadio Camara, invité de l’émission «Mali Kura tassira» de la Télévision nationale a évoqué, mardi, les efforts engagés par le Mali dans la lutte contre le terrorisme, la présence des instructeurs russes aux côtés de l’Armée et la dénonciation par le gouvernement des accords de défense avec la France. « Déterminées qu’elles sont, les Forces armées maliennes (FAMa) viendront un jour à bout du terrorisme », a estimé le colonel Camara. Selon lui, « l’espoir collectif est dopé par les succès opérationnels obtenus grâce à un engagement politique qui a permis d’équiper notre Armée en moyens adéquats ». Aujourd’hui, les soldats peuvent, pour emprunter un langage militaire, «dégager et bomber le torse». Le ministre de la Défense et des Anciens combattants ne peut que s’en enorgueillir. Invité de l’émission «Mali Kura tassira», le colonel Sadio Camara a, trente minutes durant, évoqué la situation sur le terrain, les efforts déployés pour réqualifier notre outil de défense, les relations avec nos partenaires, les allégations de bavures et les perspectives. Cette émission verra passer chaque membre du gouvernement devant la presse pour exposer son action. Sans doute, le ministre de la Défense et des Anciens combattants était l’un des plus attendus, car sa charge constitue l’une des priorités de l’action gouvernementale. Le phénomène terroriste a en effet ébranlé le pays, corseté son développement et mis en lambeau le tissu social. Cela, pendant des années et malgré la présence des troupes françaises. Aujourd’hui, a rassuré l’invité du jour, la situation est «sous contrôle». Le colonel Camara est revenu sur les progrès grâce à la dynamique offensive enclenchée par les FAMa. On y retiendra la déstructuration de la chaîne logistique de l’ennemi et la destruction de « plusieurs de ses bases». Des faits attestent cette évolution positive, comme le retour massif de «déplacés et de réfugiés dans leurs localités». Ainsi, les FAMa, «mieux équipées grâce à la vision du président de la Transition », répondent aux aspirations des populations. Au sujet des efforts consentis, le ministre Camara a souligné et apprécié le sacrifice du peuple malien qui a «accepté que d’autres priorités soient abandonnées pour équiper nos forces». Cette attention collective à l’endroit des FAMa fait qu’elles sont désormais plus autonomes. Il y a quelques mois, elles dépendaient de certains partenaires en termes d’appui feu et pour l’évacuation des blessés. Actuellement, ces manœuvres sont convenablement accomplies par nos « propres aéronefs», a dit le ministre avec fierté. Et d’ajouter que nos forces « détiennent désormais l’initiative sur le terrain. Elles traquent l’ennemi jusque dans son dernier retranchement ». PARTENARIAT FÉCOND – Mais combien de francs Cfa ont coûté ces équipements au contribuable malien ? La question se pose au sein de l’opinion nationale. S’il n’a pas donné de chiffres, le ministre Camara a indiqué que le « prix du matériel que nous achetons est connu». Mieux, dès la fin de cette première opération d’acquisition, les montants mobilisés seront dévoilés. En attendant, il est connu que ces moyens sont acquis dans le cadre d’un partenariat fécond avec la Russie. Avec Moscou, Bamako entretient une relation diplomatique « franche », basée sur le respect mutuel. Et cela ne date pas d’hier. A juste titre, le colonel Sadio Camara a rappelé que dès 1960, la Russie avait envoyé des centaines d’instructeurs et de conseillers pour aider le Mali à organiser son administration, son armée. C’est ce partenariat que les nouvelles autorités ont rédynamisé et, « aujourd’hui, en plus des précieuses compétences acquises par nos pilotes, l’expertise des Russes a permis de remettre en état d’usage certains matériels (blindés) que l’on croyait irrécupérables ». Aussi, le ministre Camara a précisé que les «instructeurs russes ne participent pas au combat aux côtés des FAMa». Démentant ainsi une allégation distillée par la France qui ne se prive pas non plus de charger nos forces, régulièrement accusées de commettre des exactions sur les civils. Comme à Gossi, où un charnier a été découvert après, justement, le départ de Barkhane. Le ministre Camara s’en remet à la justice, mais il a fait remarquer que «l’état de putréfaction avancée des corps exclut toute implication des FAMa». Le Mali a dénoncé les accords de défense avec la France. Certains, estimant que l’ancienne puissance n’obéira pas aux injonctions de Bamako, évoquent de possibles affrontements entre les FAMa et les forces françaises sur le terrain. Le colonel Sadio Camara a rassuré : «Nous ne sommes pas dans cette logique. Nous avons sensibilisé pour éviter, dans la mesure du possible, tout incident ». Les Maliens caressent encore de vastes espérances. Raison pour laquelle cette dynamique positive sera maintenue et par conséquent, a annoncé Sadio Camara, « les autorités continueront à équiper, former et améliorer les conditions de vie des soldats ». Il revient aux populations de continuer à les soutenir et éviter des actions tendant à saper le moral de la troupe, très déterminant pour l’opérationnalité des unités. ID/MD (AMAP)
Gao : Succès du tissu artisanal « Dali Fini »
Par Abdourhamane TOURE Gao, 11 mai (AMAP) A Gao, la Cité des Askia, dans le Nord du Mali, les commerçants n’arrivent plus à satisfaire la forte demande du pagne «Dali fini». Le pagne «Dali fini» en langue nationale Bamanan est un tissu artisanal en coton tissé par nos artisans. Ce tissu est originaire de la Région de Ségou. Si dans notre pays on l’appelle «Dali fini», au Burkina, c’est le «Faso fani». Actuellement, il est très prisé sur le marché de Gao. Ce regain d’intérêt pour le made in Mali peut être attribué au Premier ministre Choguel Kokalla Maïga qui porte constamment ce tissu. À Gao, s’en vêtir est devenu un phénomène de mode. «Je vendais avant ce tissu «Faso fani» et pouvais passer des mois sans en écouler le moindre mètre. Mais depuis que le Premier ministre le porte, les clients se sont ruées là-dessus. Malheureusement, il y a une rupture», explique la commerçante Hawa Traoré, originaire du Burkina Faso. Elle dit avoir beaucoup de commandes non encore satisfaites. «J’achète mes tissus au Burkina Faso à trois endroits différents, notamment chez les revendeurs, les tisserands et au niveau des associations féminines burkinabè. Souvent, j’achète 2 pagnes à 6.000 Fcfa et les revends à 15.000 Fcfa. Il y a aussi un autre motif dont les 2 pagnes coûtent 18.000 Fcfa. On revend ce modèle à 25.000 Fcfa», explique la commerçante. La clientèle de Hawa Traoré est majoritairement constituée de femmes qui en achètent pour leurs époux, en guise de présents. Ce tissu a une valeur culturelle ancestrale parce quon le retrouve dans le trousseau de mariage. Mais, la différence réside dans le motif choisi en fonction des ethnies. Au Mali, le «Dali fini» est produit dans les Régions de Koutiala, Ségou, Sikasso et Bamako. «Même avec toutes ces productions, on n’arrive pas à satisfaire les commandes, autrement dit à approvisionner le marché suffisamment», confie un responsable du Centre de développement artisanal des textiles. Selon lui, ce tissu coûte 4.000 Fcfa l’unité à Bamako, la capitale, alors qu’à Gao, les trois pagnes sont cédés à 25.000 Fcfa. Dans la boutique de la société Adama Maïga et Frères, on trouve des pagnes de toutes les qualités (wax, bogolan) à l’exception du «Dali fini» ou «Faso fani». Le gérant de la société, Modibo Kane Maïga, oriente les clients qui cherchent le «Dali fini» vers la commerçante Hawa Traoré. Mme Sidibé Kadia Maïga, fraichement mariée, confie être venue chez «Maïga et Frères» pour acheter du bogolan parce qu’elle a déjà dans son trousseau de mariage trois pagnes de «Dali fini». L’opérateur économique Albouhari Alhousseini déclare que s’habiller avec du «Dali fini» est une reconnaissance des efforts de nos cultivateurs, mais aussi un acte de panafricanisme et d’affirmation de l’indépendance du Mali. Quant à l’enseignant à la retraite, Youssouf Maïga, il estime que le Premier ministre, Choguel Kokalla Maïga, assure bien la promotion du Made in Mali, avant d’ajouter : «Si nous voulons notre souveraineté, nous devons consommer ce que nous produisons». Le directeur régional de l’artisanat de Gao, Sékou Diakité, relève qu’hier le «Dali fini» n’était pas à la portée de tout le monde parce que, selon lui, c’était le mode vestimentaire des plus nantis. Aujourd’hui, il est accessible à tous. Il recommande aux autorités de développer des industries textiles pour davantage vulgariser ce tissu. AT/MD (AMAP)
Aigles du Mali : Eric Sékou Chelle promet « de l’intensité sur le terrain »
Bamako, 09 mai (AMAP) L’ancien international, Eric Sékou Chelle, a été nommé nouveau sélectionneur national, samedi par la Fédération malienne de football (FEMAFOOT), en remplacement de Mohamed Magassouba. Premier test pour le franco-malien, le 4 juin au stade du 26 Mars contre les Diables du Congo, au compte des éliminatoires de la Couoe d’Afrique des nations (CAN) 2023. Décidément, Éric Sékou Chelle, 44 ans, aime le Congo. Le 16 novembre 2006, il a disputé son dernier match avec le Mali contre le Congo (1-0 en match amical en France). Ce jour-là, Éric Sékou Chelle était titulaire dans l’axe de la défense et Koly Kanté avait inscrit l’unique but de la partie dans le temps additionnel (90è min +1). Ironie du sort, seize ans après, l’ancien international va jouer contre le même Congo (le 4 juin, éliminatoires de la CAN, Côte d’Ivoire 2023), mais cette fois, Eric Sékou Chelle ne sera pas sur la pelouse, mais plutôt sur le banc pour diriger la sélection nationale. Titulaire d’un brevet d’entraîneur professionnel de football (BEPF), le plus haut diplôme d’entraîneur français et équivalent de la licence UEFA Pro, le natif d’Abidjan (il est né le 11 novembre 1977) a été désigné nouveau sélectionneur des Aigles, samedi par la FEMAFOOT et succédera à Mohamed Magassouba. En fait, la nomination de l’ancien international a été actée vendredi, dans l’après-midi, lors de la réunion extraordinaire du comité exécutif de la FEMAFOOT, mais c’est seulement samedi qu’elle a été officialisée par l’instance dirigeante du football national. «A l’unanimité, les membres du comité exécutif (de la FEMAFOOT, ndlr) ont validé le choix d’Éric Sékou Chelle», a révélé un membre de la FEMAFOOT, ajoutant que le technicien a été informé 24h plus tard, c’est-à-dire samedi. L’ancien international a été choisi au terme d’un processus enclenché le 11 avril dernier. Au total, 57 dossiers de candidature ont été déposés à la FEMAFOOT qui a ensuite élaboré une short-liste de trois techniciens : Éric Sékou Chelle, l’Allemand Winfried Schäfer et le Portugais Ricardo Formosinho. L’entretien avec les trois candidats s’est déroulé par visioconférence le 4 mai dernier. Dans un premier temps, c’est le nom du technicien allemand de 72 ans, Winfried Schäfer qui a circulé sur les réseaux sociaux comme successeur de Mohamed Magassouba. Dans la foulée, on a également donné le nom d’Eric Sékou Chelle comme sélectionneur national adjoint. Une autre source proche du dossier affirmait que les négociations avec Winfried Schäfer avaient échoué à cause des prétentions salariales du technicien allemand. Vrai ou faux? En tout cas, c’est Eric Sékou Chelle qui a été nommé, samedi nouveau sélectionneur des Aigles «Hier soir (vendredi, ndlr), j’ai vu sur les réseaux sociaux que je suis le nouveau sélectionneur des Aigles. J’étais un petit peu surpris, j’ai ressenti beaucoup de fierté et un grand honneur. C’est beaucoup de responsabilités, c’est un poste important. J’ai l’envie de vite commencer le travail pour préparer les premiers matches de qualification qui arrivent très vite. C’est très difficile de décrire ce que je ressens, c’est beaucoup d’excitation», a déclaré Eric Sékou Chelle, dans une interview accordée à nos confrères de l’ORTM. «Les grands chantiers ? C’est d’abord bien préparer le match du 4 juin contre le Congo. Dès dimanche (hier, ndlr), je vais commencer à appeler les joueurs, à commencer par le capitaine (Hamari Traoré, ndlr) pour échanger avec eux et les motiver pour ce premier match. Ensuite, le travail va être basé sur la continuité des bonnes choses qui ont été faites avant moi et y ajouter ma vision du football. Sur un plan purement technique, c’est d’abord l’animation offensive », a indiqué le nouveau sélectionneur malien. « On va s’atteler à améliorer ce compartiment de jeu. J’arrive avec un projet sportif qui se décline dans un projet de jeu et qui est basé sur l’attaque, l’intensité. Il est également basé sur des valeurs auxquelles j’adhère et qui m’ont construit, des valeurs maliennes, tels que le travail, la rigueur, le sacrifice. Ce projet de jeu basé sur un football offensif a pour but de fidéliser un public, un peuple, une nation pour obtenir de résultats. J’ai beaucoup de certitudes, je suis très en phase avec ce que je veux faire et ce que je vois pour cette équipe», a dit l’ancien défenseur des Aigles. «Je suis Malien, j’ai joué en équipe nationale. Ma mère est Malienne, mon grand-père vient du village de Dioro. J’ai toujours porté le Mali dans mon cœur, a poursuivi Eric Sékou Chelle. « J’ai arrêté ma carrière de footballeur en 2014, mais c’est en 2012 que j’ai commencé à entraîner. J’arrive avec beaucoup d’ambitions, d’énergie et de motivations. Je peux promettre qu’il va y avoir de l’intensité sur le terrain», a-t-il ajouté. Quid des objectifs du nouveau sélectionneur des Aigles ? «Les objectifs sont simples. Déjà, c’est de se qualifier pour la CAN 2023, ensuite être dans le dernier carré du tournoi, en Côte d’Ivoire », martèle Eric Sékou Chelle. « L’idéal, ce serait au moins la demi-finale en 2023 et le sacre en 2025, mais si on peut gagner dès 2023, on ne va pas s’en priver. Le deuxième objectif, c’est la qualification à la Coupe du monde 2026. Ce sont des objectifs ambitieux, clairs et précis », a-t-il ajouté. « Je remercie le public malien pour son soutien, pour la confiance placée en moi. Je voudrais, aussi, remercier les autorités du pays et la fédération pour cette marque de confiance. Je reviens en équipe nationale avec mon sang malien et mon envie malienne. J’ai beaucoup de certitudes et j’ai hâte de commencer», a encore dit Eric Sékou Chelle. Le nouveau sélectionneur des Aigles a été formé à l’AC Arles (1995-1998, France), où il a fait ses débuts, avant de rejoindre le FC Martigues (1998-2003). Après Martigues, il évoluera successivement avec Valenciennes (2003-2008) et au Racing club de Lens (2008-2011) où il a porté le brassard de capitaine, à Istres (2011-2013) et à Niort (2013-2014). Avec les Aigles, il a totalisé six sélections entre 2003 et 2006. Après avoir raccroché les crampons, éric Sékou
