Esclavage par ascendance à Kayes (Ouest) : Un rapport alarmant de la Commission malienne des droits de l’Homme 

Bamako, 26 mai (AMAP) La Commission nationale des droits de l’Homme (CNDH) a indiqué que dans la Région de Kayes, dans l’Ouest du Mali, « des personnes sont considérées comme nées esclaves parce que leurs ancêtres ont été capturés et réduits en esclavage ». Dans une étude sur les besoins et attentes des victimes de l’Esclavage par ascendance (EPA), publiée récemment,  la CNDSH ajoute que de fait, les familles des victimes « appartiennent aux familles propriétaires d’esclaves depuis des générations ». « Et les personnes considérées comme des esclaves travaillent sans rémunération, peuvent être héritées et sont privées des droits humains fondamentaux», déplore la CNDH.  L’organisation souligne que les personnes considérées comme esclaves, et traitées comme telles, ne sont pas des captifs de guerre. «Il s’agit de personnes parties à la recherche de meilleures conditions de vie par le canal de l’exode rural qui se sont installées dans plusieurs localités de la zone», explique le rapport.  «Selon les enquêtes, l’hospitalité offerte en milieu Soninké peut conduire à l’esclavage lorsque la personne bénéficiaire se marie avec une femme esclave», regrette la CNDH. Ajoutant que les personnes, qui naissent en situation d’esclavage font l’objet de nombreuses violations de droits humains.  « Selon les personnes enquêtées, indique le document, les violences subies sont principalement physiques et morales ». «L’une des mesures importantes ayant conduit à l’exclusion des victimes d’EPA est l’interdiction d’accès à la terre cultivable», déplore l’organisation.  En outre, les initiateurs et les partisans de la lutte contre la pratique ont été exclus de l’accès aux différents services sociaux de base. La pratique a, également, provoqué de nombreux déplacements dans la région.  La CNDH explique qu’aujourd’hui, les victimes réclament que des actions  judiciaires soient prises.  Le rapport signale qu’entre 2017 et 2020, 102 plaintes ont été déposées au Tribunal de grande instance de Kayes (Ouest). Quelque 70% des victimes enquêtées s’estiment « non satisfaites » du traitement de leur cas. « Ce pourcentage significatif implique la nécessité d’agir, de façon optimale, dans la prise en charge des victimes de pratique d’esclavage par ascendance », plaide l’organisation.  Selon elle, certaines victimes veulent la reconnaissance et la criminalisation de la pratique tandis que d’autres réclament la réparation du préjudice causé par la pratique ainsi que la restitution de leurs terres. Le rapport indique que les Organisations de la société civile (OSC) estiment, aujourd’hui, que « les réponses apportées par l’Etat restent insuffisantes, laissant les victimes dans une situation de vulnérabilité exacerbée ». Alors que l’article 2 de la Constitution du 25 février 1992 dispose que «tous les Maliens naissent et demeurent libres et égaux en droits et en devoirs.  Toute discrimination fondée sur l’origine sociale, la couleur, la langue, la race, le sexe, la religion et l’opinion politique est prohibée». La Convention relative à l’esclavage du 25 septembre 1926, le définit comme étant « l’état ou la condition d’un individu sur lequel s’exercent les attributs du droit de propriété ou certains d’entre eux ».  BD/MD (AMAP)

Près de 200 unions célébrées lors de la 13ème édition du mariage collectif à Banamba (Ouest)

Banamba, 22 mai (AMAP) La marie de la Commune rurale de Banamba, dans l’Ouest du Mali, a enregistré près de 200 mariages, entre 09 et 13 heures, le jeudi 19 mai dernier, dans sa grande salle de célébration et dans les centres d’état civil secondaire, a constaté l’AMAP. La 13ème édition du mariage collectif de Banamba, qui a regroupé toutes les sensibilités locales, les partenaires et sponsors, les invités de marque, les forces de l’ordre, les médias, les visiteurs, avait pour objectif de partager cet évènement socio culturel avec les uns et les autres. A titre de rappel, l’événement a lieu, chaque année, suivant le croissant lunaire sur décision des sages de la ville qui coïncide avec ce mois-ci, le 19 mai 2022. Le principal et les centre secondaires d’état civil de Banamba a scellé, cette année, près de 200 mariages en majorité des jeunes couples. Cet évènement a été soutenu, en partie par les partenaires sponsors, notamment la  parfumerie Gandour et une marque de produit de beauté. Cette journée singulièrement agitée s’est bien déroulée sans difficulté spécifique majeure. La parfumerie partenaire, « dans sa politique sociale, accompagne la mairie de la Commune rurale de Banamba pour le succès de ce grand évènement socioculturel,  depuis 13 ans » , a confié M. Julien, son agent commercial. Elle a coiffé les nouvelles mariées, offert aux couples des gammes de produits et a permis aux jeunes couples de s’équiper, à travers un  tirage au sort pour gagner des meubles et des équipements électro-ménagers. Ces cadeaux mis en jeu par le partenaire et sponsor étaient au nombre de 50 au total.  Les lauréats des gros lots de ce grand tirage au sort sont respectivement le couple Abdoulaye Bambera et Assan Kanté qui a reçu un salon complet remis par la 1ère adjointe au préfet, Diallo Fatoumata Simpara, suivi du couple Karim Diarra et Hawa Sidibé avec une armoire remise par le président du Conseil de Cercle, Birama Sissoko et, enfin, un lit et coiffeuse remis au couple Issa et Hawa Gadiaga par le maire de la Commune rurale de Banamba, Ousmane Baye Simpara. Auparavant, le représentant de la chefferie, Mambé Simpara, avait eu les mots de bienvenue, suivi de l’intervention du maire Ousmane Baye Simpara et des partenaires sponsors. Quant à la 1ère adjointe au préfet, Diallo Fatoumata Simpa , elle a invité les acteurs impliqués à promouvoir et à pérenniser cet évènement socioculturel « tout en encourageant les couples à faire établir l’acte de mariage, essentiel pour l’équilibre du foyer conjugal ». L’entreprise sponsor est spécialisée dans la fabrication et la commercialisation des produits cosmétiques et parfums. Elle est certifiée ISO 9001 depuis 2006. Depuis plus de 55 ans, ce label qui a réussi à s’imposer comme la marque de beauté auprès des consommateurs. Elle est présente au Sénégal, Maroc, Cameroun et Cote d’Ivoire. AT/KM/MD (AMAP)

Coopération : L’Axe bamako-Moscou prend du volume

B. TOURE Envoyé spécial Moscou, 23 mai (AMAP) «Merci d’avoir consacré du temps à nous écouter», lance Abdoulaye Diop, le ministre malien des Affaires étrangères et de la Coopération, alors que le déjeuner de travail offert par son homologue russe des Affaires étrangères, Sergueï Lavrov, tire vers sa fin. «Nous ne comptons pas notre temps lorsqu’il s’agit d’échanger avec vous», répond M. Lavrov.  Cet échange aux accents diplomatiques en dit long sur la volonté des Maliens et des Russes de donner une dimension plus importante à leurs relations bilatérales. L’hôte russe n’a, en effet, pas ménagé les prévenances pour afficher son intérêt pour la visite de la délégation malienne qu’il a reçue, vendredi dernier, à Moscou. Pendant presqu’une demie journée, Sergueï Lavrov et Abdoulaye Diop ont eu des échanges, d’abord en tête-à-tête, ensuite au cours d’une séance de travail élargie aux collaborateurs du chef de la diplomatie russe et aux autres ministres maliens présents à Moscou pour la circonstance. Un point de presse et un déjeuner ont clôturé les échangesd’amabilités, les marques de solidarité et les expressions de positions partagées sur bien des dossiers de la scène internationale. Le ministre Diop a, d’entrée, fait comprendre que sa visite à Moscou était motivée par la recherche de solutions à des défis très pressants dans l’approvisionnement correct et durable du Mali en biens de consommation comme les hydrocarbures, le blé, le ciment, les engrais. Le Mali a, également, besoin de l’expertise et la technologie russes dans la perspective de la relance des activités de la Régie des chemins de fer. «Notre délégation a eu des rencontres avec des structures publiques et des compagnies privées russes concernées. Mais nous avons besoin de l’appui de l’Etat russe pour faire accélérer les accords en vue», a expliqué le chef de la diplomatie malienne, ajoutant que le souhait du Mali est d’élargir la coopération au commerce des biens de consommation.  En réponse à la préoccupation malienne, Sergueï Lavrov a assuré que la Russie est prête à continuer à apporter son appui au Mali dans le domaine militaire et aussi pour le développement des échanges commerciaux. «Les dossiers seront examinés avec diligence et nous ferons connaître notre réponse favorable», a promis le chef de la diplomatie russe. Sergueï Lavrov a ajouté que la Russie est satisfaite des résultats obtenus sur le terrain par l’armée malienne grâce au matériel et à l’expertise militaire russes. «Nos échanges commerciaux ont connu une croissance de 20% mais le montant reste modeste. Il faudra l’améliorer. Nous encourageons les contacts en cours avec les entités russes», a souligné le ministre Lavrov. SOUTIEN MUTUEL – Sergueï Lavrov a exprimé la haute appréciation de son pays quant à la solidarité affichée par le Mali en faveur de la Russie dans le dossier de la crise ukrainienne. «Nous n’avons eu d’autre choix que d’intervenir pour assurer la sécurité des populations russophones et empêcher que l’Ukraine n’accueille des bases militaires aux portes de la Russie», a expliqué M. Lavrov, ajoutant que son pays a besoin du soutien de ses amis pour faire face à l’hostilité des Occidentaux. De son côté, Abdoulaye Diop a rappelé que le Mali apprécie hautement le soutien diplomatique de la Russie pour contrecarrer les actions visant à l’isoler sur la scène internationale. Aussi bien dans le cadre des divergences avec la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) que sur le dossier de la brouille diplomatique avec la France, le Mali bénéficie du soutien indéfectible de la Russie. Les deux chefs de la diplomatie sont d’avis que les sanctions ne permettent pas de trouver des solutions idoines aux crises. «Nous assistons à une maladie des sanctions à la grande déception de la Russie», a lancé le ministre russe. En écho son homologue malien a répondu que son pays compte davantage sur les vertus du dialogue pour régler les différends. «Les sanctions contre le Mali avaient manifestement pour objectif de provoquer des soulèvements. Tel n’est pas le cas», a-t-il fait remarquer, soulignant que les sanctions n’ont pas permis d’obtenir des avancées sur le dossier de la crise malienne. Aux Nations unies, l’appui de la Russie a permis au Mali d’échapper aux actions hostiles de la France, s’est également réjoui Abdoulaye Diop qui a salué la décision de Sergueï Lavrov de soutenir le Mali de la manière la plus ferme, au Conseil de sécurité, contre les actions hostiles de l’ancienne puissance coloniale. L’entente cordiale entre Maliens et Russes est la manifestation d’un changement d’alliance et de stratégie dans la lutte contre le terrorisme au Sahel. La mésentente entre le Bamako et Paris, principal partenaire en matière de sécurité, depuis près d’une décennie, ouvre de bonnes perspectives pour les Russes de prendre pied au cœur du Sahel et de perturber la domination française. Visiblement du côté de Moscou, on entend bien profiter de cette opportunité en surfant sur la réputation d’efficacité de la Russie en matière de stabilisation des pays en crise.  Cette nouvelle donne se manifeste par la montée du rejet de la présence militaire française dans les pays du Sahel et l’affaiblissement des structures organisationnelles à travers lesquelles la France exerce son influence. Le retrait du Mali du G5 Sahel est un coup dur à cet effet car l’ancienne puissance coloniale était le parrain de cette organisation sahélienne qui peine, d’ailleurs, à faire la preuve de son efficacité. Ce nouveau développement, qui éloigne davantage le Mali de son ancien partenaire stratégique, n’est que la suite logique du départ de la force française Barkhane et de la force européenne Takuba du Mali et, même, de la fin de la Mission militaire européenne de formation (EUTM). Dans ce contexte, quid du mandat de la Mission multidimensionnelle intégrée des Nations unies pour la stabilisation du Mali (MINUSMA) ? Il sera, sans doute, renouvelé en juin prochain. Même si la mission onusienne est loin de satisfaire, aujourd’hui, le Mali , Le Mali joue donc à fond la carte de la coopération avec la Russie aussi bien dans le domaine militaire que dans le cadre du

Festival Bélénitugu: Un levier de développement

Par Amadou SOW Bamako, 20 mai (AMAP) Véritable fête populaire à Somasso, une Commune rurale, à 35 Km de Bla avec une superficie de 2.185 Km et 17.000 habitants, le Festival Bélénitugu s’impose, désormais, dans l’agenda culturel de la localité.  La 7è édition de ce rendez-vous culturel s’est déroulée du 14 au 18 mai derniers sous le thème : «Cohésion sociale, gage d’un Mali résiliant». Au-delà de son aspect festif, le Festival Bélénitugu prend de plus en plus une dimension importante et ses initiateurs veulent en faire un socle de consolidation des rapports humains donc de vivre ensemble. Des centaines de personnes ont ainsi convergé vers la localité en dépit du contexte de sanctions de la Communauté économique des Etats d’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) et de l’Union économique et monétaire ouest-africaine  (UEMOA), imposées au Mali. A l’entrée du village, la population en nombre a accueilli les délégations venues de Bamako et de l’intérieur pour participer à ce festival qui restitue un pan important de la culture du terroir. La présence massive des festivaliers et la qualité des invités attestent  de tout l’intérêt que revêt cette rencontre dont la dimension ne cesse de croître, d’année en année. En tout cas, ceux qui ont la chance de participer à la première édition en 2015 peuvent mieux apprécier toute la dimension prise par ce Festival. Dans une ambiance festive, de vivre ensemble et de partage, le Festival Bélénitugu a tenu toutes ses promesses. Organisé à l’initiative de l’Association pour le développement de Somasso (ADS), en collaboration avec les autorités coutumières et politiques de Bla, l’évènement était présidé par le  ministre de l’Environnement, de l’Assainissement et du Développement durable, Modibo Koné. Le ministre Koné a plaidé pour la paix, la cohésion sociale et l’accompagnement des initiatives de refondation. Il a exprimé sa satisfaction de soutenir les actions de développement de la Commune de Somasso à travers l’aménagement de la forêt de Somasso qui demeure une préoccupation du village. «Nous allons prendre des dispositions pour aménager les six hectares de cette forêt», a annoncé le chef du département en charge de l’Environnement. Au nom des plus hautes autorités, il a salué l‘initiative et demandé à la population de soutenir les actions de la Transition, notamment la refondation d’un Mali nouveau dans la paix et le vivre ensemble. Il a offert une enveloppe d’un million de Fcfa aux «so denw» (ses sœurs de Somasso qui sont aujourd’hui mariées dans d’autres localités) venues participer au Festival.  Quant au président de l’Association pour le développement de Somasso (ADS), Markatié Daou, il a exprimésa reconnaissance à l’endroit des partenaires et des personnes qui se sont investies pour la réussite de l’événement. Il a lancé un appel au ministère de l’Artisanat, de la Culture, de l’Industrie hôtelière et du Tourisme pour soutenir le Belenitugu qui existe depuis plusieurs siècles dans le Miangala (Somasso). Il a expliqué que le Beleni est un géni protecteur qui est célébré, chaque année, avant l’hivernage pour protéger le village contre le mal. C’est ainsi que « l’ADS a décidé de célébrer, chaque année, le Beleni à travers le Festival », a-t-il ajouté.  La grande innovation de cette édition est la renaissance d’une société sécrète (Koté) dont la dernière génération remonte à un peu plus de 45 ans, après leur initiation. Elle est représentée sous une forme de danse traditionnelle.  Selon les initiateurs, le Kotè ou Kori en Minianka, est une société sécrète qui prépare les hommes à garder le secret et être endurants. C’est un élément culturel de la communauté minianka qui régit la société et incite les hommes à affronter l’ennemi en cas de conflit. Il ressort des explications fournies que les femmes ne sont pas initiées à ce rite. Les jeunes d’alors étaient initiés après leur circoncision, entre 15 et 18 ans. C’est aussi une stratégie de guerre qui est enseignée aux jeunes pour défendre l’intérêt de la contrée.   Auparavant les autorités coutumières et politiques avaient souhaité la bienvenue aux différentes délégations. Cette rencontre est un espace de promotion des jeunes artistes locaux. Les temps forts du Festival ont été la prestation des troupes traditionnelles (Niogo, Koté), celle des enfants à travers un ballet, la projection du portrait de la marraine, la présentation des «so denw», la remise des moustiquaires imprégnées d’insecticide par une compagnie de téléphonie et des médicaments contre le paludisme offerts par Madou Daou, un fils du terroir. Tout comme la production et la présentation d’émissions de divertissement, de débat et ‘Bon appétit’ sur Renouveau télé. Pendant 5 jours, le village de Somasso a été occupé par les festivaliers venus de différentes localités.  La programmation artistique était aussi riche avec Mamadou Dembélé dit Dabara et Seydou Daou dit Zamprin, Bonafas et sa troupe folklorique et d’autres artistes de la localité. C’était en présence du chef d’état major de la Garde nationale, le général de brigade Elizé Jean Daou, de membres du Conseil national de Transition (CNT), du directeur général de l’Agence de promotion touristique du Mali (APTM), Sidy Keïta, de membre de l’ADS, la marraine de l’événement, Mme Daou Kadidia Coulibaly, native de Somasso, et le représentant de la compagnie de téléphonie mobile (partenaire officiel du Festival).  AS/MD (AMAP)

Musique : Retour au bercail de l’artiste compositeur, Sory Bamba

Par Dramane COULIBALY Mopti, 19 mai (AMAP) Berceau de grandes civilisations de l’Afrique de l’Ouest, le Mali regorge d’immenses richesses culturelles dont les artistes musiciens, comme Sory Bamba, Salif Keïta, Toumani Diabaté et beaucoup d’autres, depuis 1960, année d’indépendance, sont des ambassadeurs de part le monde. Après plusieurs décennies au service de l’art et de la musique du Mali ainsi que de promotion des riches et variées facettes de la culture malienne, Sory Bamba, appelé « le Maître » par les jeunes musiciens, est de retour au pays depuis 2019 et s’est, définitivement, installé dans sa ville natale, Mopti, dans le Centre du Mali. Une des figures emblématiques de la musique malienne, Sory Bamba, est née en 1938 à Mopti, aux confluents des fleuves Niger et Bani, dans le Delta intérieur. A son jeune âge, après être confronté à l’interdiction des parents qui ne voulaient pas le voir faire de la musique, considérée comme réservée aux griots, Sory commença son destin de musicien en jouant de la flûte traditionnelle. Il devient, au fil du temps, multi-instrumentiste, chanteur, auteur compositeur, arrangeur.  Interrogé par l’AMAP, sur son parcours de musicien, le doyen dit avoir commencé par créer, avec un groupe d’amis, une fanfare avec la flûte et des instruments à percussion. En 1957, il forma un « groupe de Goumbé » un style de folklore de la Côte d’Ivoire et devient le leader de l’Orchestre régional de Mopti, fondé en 1966. A la faveur de la nomination de Diby Silas Diarra, comme gouverneur de la Région de Mopti, l’orchestre bénéficia d’instruments, Sory Bamba et ses amis comme Sory Traoré dit Sitek, Kissima Traoré, Loré Dédéou et d’autres, sont plus tard rejoint par la formation locale, le « Bani Jazz ». De 1966 à 1974, la formation régionale, sous la direction de Sory Bamba, chef d’orchestre, s’est focalisé sur l’exploitation des rythmes et mélodies du terroir et des styles traditionnels du pays, avec un accent particulier sur la musique Dogon, toute chose qui lui a valu le grand succès enregistré de partout dans le monde. A la fin de l’année 1974, Sory Bamba s’envola pour la Côte d’ivoire où il a rencontré des artistes comme Manfila Kanté, Mory Kanté avec qui il produit, entre autres, ‘Kèlèmagni’, ‘Sérré’, ‘Kéléya’, ‘Soufiana’ et ‘Makoura’. « Mon départ pour la Côte d’Ivoire se justifiait par le désir de saisir des opportunités que ce pays offrait aux artistes pour leur promotion et celle de sa culture avec des studios d’enregistrement, des maisons de disque, des producteurs et des arrangeurs », a expliqué le doyen Sory Bamba. Selon lui, son séjour en terre ivoirienne a, aussi, été l’occasion de découvrir beaucoup d’autres talents africains et internationaux comme Manfila Kanté, qui l’a accompagné jusqu’à Mopti, sa ville natale. « De retour au pays, la moisson d’expériences de ce voyage m’a ouvert les jeux et oriente vers la recherche d’autres talents et artistes musiciens, comme Koko Dembélé et autres, pour renforcer l’existant. A la suite d’un travail de recherche approfondie, l’Orchestre régional a réussi un chef-d’œuvre, un hommage aux masques Dogon intitulé « Kanagayé » (le Kanaga), le plus prestigieux de la contrée », se souvient Sory Bamba. A partir du succès de cet opus, l’Orchestre régional de Mopti fut alors rebaptisé, en 1976, Orchestre Kanaga de Mopti. Sous l’impulsion du vertueux chef d’orchestre, Sory Bamba et le Kanaga de Mopti enregistrent, successivement, avec  au bout un grand succès, ‘Kaméléba’ (Le faux galan), ‘Kulukutu’, ‘Yayoroba’, un hymne aux femmes rondes et d’autres titres, non des moindres, comme : ‘Mayel’ (Sory Bamba du Mali) réalisé en 1979 sur une sonorité qui s’apparente au Jazz, influencée par la musique Dogon. Pendant ce temps le mythique  Kanaga se hisse au rang d’Orchestre national, après avoir remporté le Premier prix de la Biennale artistique du Mali trois fois consécutives : 1978, 1980 et 1982, un an après le départ de Sory. En 1981, Sory Bamba fasciné par la culture, se lance dans une nouvelle aventure, celle de faire la promotion de la culture Dogon qui le conduit en Côte d’Ivoire, puis en France où il s’installe.  Considéré comme le plus grand promoteur du patrimoine culturel Dogon, il organise des tournées en Europe, avec des groupes de danseurs et musiciens venant du plateau Dogon et enseigne des cours de percussion et de danse au Café de la Gare à Paris.  Pendant son séjour en France, parallèlement à l’enseignement, il enregistre trois albums : ‘Sigui’ en 1989 dédié à Djéli Baba Sissoko, ‘Mali-ballon’ (en l’honneur de l’équipe nationale de football, Les Aigles) en 2001 et ‘Dogon Blue’ en 2010. Ces consécrations lui ouvrent la voie d’une vaste tournée au Japon, Espagne, France et Allemagne. Ce monument de la musique malienne a signé son retour définitif au bercail en 2019 et vit ses 84 hivernages, en bonne santé,  chez lui, au quartier populaire de Gangal, à Mopti. « J’ai fait ce que j’ai pu. Derrière cela, je regrette ne pas avoir atteint un idéal : celui de créer une musique propre uniquement au Mali, comme le Sénégal l’a fait avec le Mbalax. Je demande aux jeunes générations de travailler à cela’, dit le doyen Bamba. Ses collaborateurs, les administrateurs de la culture et ses admirateurs sont fiers de l’homme et apprécient sa contribution au rayonnement du riche patrimoine culturel malien. Mamadou Kébé, compagnon de tous les temps qui fut le responsable en charge du matériel de Sory, depuis la fanfare jusqu’à l’Orchestre Kanaga, dit de lui que c’est « un homme téméraire, humble, modeste et gros travailleur ». « Il a créé le Kanaga et grâce à son courage l’a conduit à son apogée et à la consécration qui lui ont permis de sillonner le pays et au-delà, dans des pays voisins et d’Europe’, poursuit Kébé. Selon lui, Sory Bamba « reste, pour nous une fierté régionale et nationale, dans le cadre du développement et de la promotion de la culture ». Pour le directeur régional de la Culture de Mopti, Adama Traoré, Sory Bamba « est incontestablement une icône de la musique malienne qui a su sceller un mariage fécond entre le traditionnel et le moderne, en imposant, d’une manière adaptée,

Dr Aly Tounkara : «Le G5 Sahel n’a pas pu combler les attentes des Sahéliens »

Par Dieudonné DIAMA Bamako, 19 mai (AMAP) « Lorsqu’on fait le bilan du G5 Sahel, huit ans après sa création, cette organisation n’a pas pu combler les attentes des Sahéliens en termes de sécurité et de développement », a déclaré le directeur du Centre des études sécuritaires et stratégiques au Sahel (CE3S), Dr Aly Tounkara. Toutefois, Dr Aly Tounkara estime que le Mali a procuré certains avantages de cette organisation, notamment les différentes formations assurées par le Collège sahélien de sécurité du G5 Sahel  et par le Collège de défense à l’endroit des forces de défense et de sécurité et même de l’administration. Dr Tounkara, dans un entretien avec l’AMAP, sur la décision des autorités maliennes de la Transition de retirer le pays de tous les organes et instances du G5 Sahel, estime qu’avec la nature de la menace terroriste (ses aspects transversalité et universalité), il est extrêmement difficile voire impossible pour un pays, à lui seul, de faire face à cette nébuleuse, ans bénéficier du soutien de ses partenaires ou de ses voisins. «Quand on parle du soutien, il n’y a pas que le soutien en termes de patrouilles conjointes. Imaginons que demain, du moment que le Mali se retire du G5 Sahel, des terroristes soient boutés hors du territoire malien et qu’ils prennent le Burkina Faso comme sanctuaire. Difficilement, les autorités burkinabè vont communiquer avec celles du Mali en termes de partage d’informations», analyse Dr Tounkara, ajoutant que c’est la même chose pour le Niger et la Mauritanie. « Ce dernier pays est même soupçonné depuis un certain temps d’être une sorte de sanctuaire pour les groupes radicaux violents », dit-il. « Avec ce retrait, pense-t-il, les autorités maliennes ont rendu le combat contre les groupes radicaux violents davantage complexe ».  Même si le Dr Tounkara reconnait que les raisons d’un tel retrait sont tout à fait réalistes du point de vue de la conformité des textes régissant le G5 Sahel, il estime que sur le plan pragmatique, un tel retrait a des conséquences militaires, même s’il y a une suspension de la coopération conjointe avec le Niger depuis un certain temps pour des raisons liées à la crise diplomatique entre les deux pays. D’après le spécialiste de la sécurité, un tel retrait va forcément mettre le Mali dans une position d’acteur unique dans le cadre de la lutte contre les groupes radicaux violents. «Les textes ont beau être violés par le G5 Sahel, au regard du contexte d’insécurité et des fronts qui sont ouverts par le Mali (CEDEAO, Union africaine (UA), Union européenne (UE) et Nations unies à certains égards), il ne fallait pas ouvrir un autre, même si les raisons restent, certes, très valables», pense l’analyste. Pour lui, cela pourrait, dans un avenir très proche, amener une difficile collaboration du Mali avec les Etats voisins, notamment le Burkina Faso, le Niger et même la Mauritanie. REDÉFINITION DES RAPPORTS – Rappelant qu’il y a des accords bilatéraux entre le Mali et ces Etats pris isolément, Dr Tounkara soutient que ces accords bilatéraux ont été, en grande partie, gommés par la naissance du G5 Sahel. Avec cette suspension, il estime que le Mali va assister à une redéfinition de ses rapports avec ses voisins. Laquelle redéfinition pourrait s’inscrire dans le long temps. Mais dans le même temps, il souligne que la France reste une interface entre le Mali et ses voisins. Dans ce cas, les différentes victoires militaires que le Mali est en train d’engranger dans la lutte contre le terrorisme auront du mal à s’inscrire dans la durée. «Aucune nation n’a le nombre suffisant de militaires pour couvrir l’ensemble du territoire de façon effective et pérenne. Même les armées les plus puissantes comme celles des Etats-Unis, de la France, ne peuvent aucunement assurer une telle fonction en termes de protection et de défense du territoire», explique le directeur du CE3S.  Pour Dr Tounkara, les victoires que l’Armée malienne revendique, aujourd’hui, sont à saluer. « Toutefois, selon lui,  c’est un succès qui ne peut pas se pérenniser car l’Armée ne peut pas être présente sur toute l’étendue du territoire, en tout lieu et à tout moment ». C’est pourquoi, il soutient qu’avec le retrait du Mali du G5 Sahel, il faut s’attendre à un Liptako-Gourma peu contrôlé, à une possible incursion de groupes radicaux dans les localités censés être contrôlés par les trois pays, à savoir le Mali, le Burkina Faso et le Niger.  D’après le directeur du CE3S, « même si le G5 Sahel n’est pas efficace comme réponse militaire, il permet, quand même, à certains égards, de rendre fluides les renseignements et informations entre les États membres ». Dr Tounkara soutient qu’on ne peut pas nier la légitimité et la légalité de la décision de suspension du Mali. Mais pour lui, « sa pertinence pose un problème ».  DD/MD (AMAP)  

Pénurie de gazole à Bamako : Les déboires de Chaka, le taximan 

Par Amadou CISSE Bamako, 18 mai (AMAP) Trois grosses gouttes de sueur dégoulinent le long de ses mâchoires alors que Chaka, chauffeur de taxi de son état, ne voit pas le bout du tunnel. « Depuis 5 heures du matin, je cherche du carburant. Jusqu’à présent rien », confie l’automobiliste, au fond de son taxi.  Il est bientôt midi. Les stations-service ne sont que peu fréquentées. Les véhicules qui carburent à l’essence n’ont aucun problème d’approvisionnement. Pour le moment. Les voitures à gazole, elles, rencontrent des difficultés qui commencent à paralyser les transports, le commerce et même le service public.  A l’entame de la montée de Samé, en Commune III de Bamako, la capitale malienne, un chapelet de stations de carburant s’aligne. Position très stratégique du fait du passage à flux tendu des camions qui partent et reviennent du port de Dakar. Mêmes les géants (Total, Shell et Oryx) s’y sont installés. PAS D’EMBARGO – Malgré le nombre de stations-service, Chaka n’a pas de gazole. Le tableau de bord de sa vieille allemande affiche le rouge : le réservoir est à sec. « Tu vois non ? L’aiguille est au rouge. Depuis le matin, de bonne heure, je suis planqué là, dans l’espoir d’avoir un peu de carburant pour la journée. Vraiment, si c’est comme ça la Transition, nous les pauvres, on a rien compris », balbutie le désespéré.  En vérité, la pénurie de carburant n’est pas imputable aux sanctions de la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) contre le Mali. Mais, plutôt à la guerre menée sur le sol ukrainien par la Russie. Chaka « s’en fout » de cette conjoncture internationale. Il veut juste un peu de gazole pour travailler et assurer le minimum vital à sa famille nombreuse.  La quarantaine bien sonnée, Chaka a deux épouses. Chacune d’entre elles a plusieurs « bouts de bois de Dieu ». Pour lui, fataliste jusqu’au bout, Dieu donne toujours à l’homme les moyens de nourrir sa progéniture. « Pour ce faire, il faut tout de même arriver à travailler », poursuit le chauffeur. LA force de galérer, il est devenu philosophe.  Stationné à l’angle nord-est de la station Yara Service, il attend encore la livraison annoncée de gazole. « C’est vrai que nous attendons une citerne qui prend du retard. Sinon ,nous sommes l’une des rares stations à servir du gazole », se tape la poitrine le pompiste. En attendant, Chaka prend son mal en patience. Une heure plus tard, le réservoir du tacot est toujours vide, selon le chauffeur.  Un peu plus loin, dans le vieux quartier de Badialan, la station Total est fermée. Quelques policiers assurent la sécurité. Le personnel est en grève pour protester contre le niveau bas de leur salaire. Même atmosphère chez Shell, au quartier du fleuve et Oryx sur la route de Sébéninkoro.  CRISE MONDIALE – Il y a quelques semaines, la structure des prix fixée par l’Office nationale des produits pétroliers (ONAP) annonce une augmentation du coût des hydrocarbures à la pompe. « Le problème n’est pas le prix. La difficulté réside au niveau de l’approvisionnement », se plaint un automobiliste qui craint le pire dans les jours à venir. Lui, comme beaucoup de nos compatriotes, préfèrent les véhicules diesel à l’essence, à cause de la consommation.  La guerre entre la Russie et l’Ukraine est surtout une guerre pour un nouvel ordre mondial avec le pétrole au cœur des rapports de force. Le Mali, n’étant pas encore producteur de pétrole est obligé de jouer sur différents tableaux pour s’approvisionner. En recevant une cinquantaine de citernes de gazole la semaine dernière, les responsables des Douanes, de l’ONAP et de la Chambre de commerce et d’industrie du Mali (CCIM) ont promis de tout faire pour éviter le chaos.  Avec une consommation journalière de plus d’un million de litres, le Mali aura du mal à joindre les deux bouts. « La crise est mondiale. Avec ou sans l’embargo, la guerre et les sanctions internationales contre la Russie conduisent forcément à une crise mondiale du pétrole », commente un responsable du Ministère de l’Economie et des Finances. AC (AMAP) 

Sécurité et Protection civile : Les grandes réalisations et les chantiers 

Par Dieudonné DIAMA Bamako, 18 mai (AMAP) Le ministre de la Sécurité et de la Protection civile, le général Daoud Aly Mohammedine était, mardi, l’invité de l’émission «Mali kura taasira» de la Télévision nationale.  Occasion pour lui d’expliquer les grandes actions réalisées ou en cours pour assurer la sécurité des populations et de leurs biens sur l’ensemble du territoire dans un contexte de montée en puissance des Forces armées et de sécurité. Le ministre Daoud Aly Mohammedine a d’abord fait savoir que la mission de son département est d’assurer la sécurité des populations et de leurs biens sur l’ensemble du territoire. « Dans cette mission, a-t-il dit, le département travaille en collaboration avec celui de la Défense et des Anciens combattants ». Selon lui, le gouvernement actuel a hérité d’une situation sécuritaire difficile. Et, c’est d’ailleurs, la raison pour laquelle dans le Plan d’action gouvernemental (PAG), le premier axe a été consacré au renforcement de la sécurité sur l’ensemble du territoire. Parlant des actions réalisées par les autorités de la Transition, le ministre Daoud Aly Mohammedine a cité, entre autres, la création de 13 commissariats de police, de 5 groupements mobiles de sécurité. Il a, aussi, dit qu’un Groupement mobile de sécurité (GMS) et une Compagnie de la circulation routière (CCR) de la police ont été créés sur les deux rives du fleuve Djoliba, à Bamako. D’autres actions majeures que le ministre a citées sont la création de trois centres de secours de la protection civile qui a reçu 68 véhicules dont des ambulances et des véhicules de secours.  Le général Daoud Aly Mohammedine a également touché du doigt la lutte contre les stupéfiants et les psychotropes. Les actions menées ont permis d’engranger des résultats notamment la saisie de 8 tonnes de cannabis, de 38 kilos de cocaïne et d’une grande quantité de psychotropes par l’Office central des stupéfiants. S’agissant de la prolifération des armes légères, il a fait savoir que 267 armes légères et des fusils de guerre ont été saisies dans le cadre d’une collaboration entre les forces de sécurité et la douane. La création de trois Pôles sécurisés de développement et de gouvernement (PSDG) dans trois villages pour permettre aux populations de reprendre leurs activités figure également parmi les actions réalisées par le département de tutelle. Comme action future, le général Daoud Aly Mohammedine assure que les Maliens seront bientôt dotés de carte biométrique. D’autres questions ont porté sur le scandale né du dernier recrutement à la police. Le ministre a dit avoir demandé l’ouverture d’une enquête pour faire la lumière sur cette affaire et situer les responsabilités. Pour le ministre, la première difficulté est la dimension du territoire qui est très vaste. Il reconnait que les moyens humains ne permettent pas aux forces de sécurité d’être présentes dans toutes les parties du territoire. C’est pourquoi, il a demandé aux populations d’accompagner les Forces de défense et de sécurité, en termes de renseignements. Même s’il soutient que les forces de défense et de sécurité ont les renseignements d’ordre technique, il dira que le renseignement humain est très important.  Le général Daoud Aly Mohammedine a indiqué que la montée en puissance des Forces de défense et de sécurité est une réalité. Pour continuer d’assurer la sécurité des populations et de leurs biens, le ministre a souligné les recrutements en cours. à titre d’exemple, il a annoncé 4 250 recrues en formation dont 3 250 de la Police nationale et 1 000 de la Protection civile. Il a rappelé que 2 960 éléments de la police sont sortis, il y a quelques jours, et vont être déployés dans les différentes unités. Le ministre a assuré que le moral des effectifs est bon car ils ont les moyens de leur travail. Pour lui, la Loi de programmation pour le secteur de la sécurité (2017-2021) a fait effet puisqu’elle a permis d’équiper les forces de sécurité. Selon le général Daoud Aly Mohammedine, la première phase (2017-2021) est bouclée et les autorités sont en train de travailler sur la deuxième phase. Comme autres réalisations, le ministre a cité la création de la police scientifique, la réorganisation de la Forsat en Force anti-terroriste (FAT) avec trois groupements. Selon lui, il s’agit d’une réorganisation avec plus d’effectifs dans le cadre de la lutte contre le terrorisme. DD/MD (AMAP)

Administration territoriale et Décentralisation : Les axes prioritaires, selon le ministre 

Par Namory KOUYATE Bamako, 17 mai (AMAP) Le ministre de l’Administration territoriale et de la Décentralisation, porte-parole du gouvernement, le colonel Abdoulaye Maïga a eu les mots justes, lundi, pour répondre aux nombreuses questions de nos deux confrères, Ibrahim Traoré de l’ORTM et Ousmane Mohamed Touré du journal Le Poing. Invité de l’émission «Mali kura taasira» de la Télévision nationale, le colonel Maiga, dans un entretien qui a duré plus d’une demi-heure (37 minutes pour être précis),  a abordé plusieurs sujets dont le retour de l’Administration sur toute l’étendue du territoire, le processus de réorganisation territoriale, la question de l’état civil, la décentralisation.   Selon le ministre en charge de l’Administration du territoire, « le département travaille dans la sérénité et le moral est au beau fixe pour satisfaire les usagers de l’administration avec abnégation et acharnement ». « Le département, a-t-il assuré, se porte très bien, en termes de réalisations et de projets d’envergure ». Evoquant le retour de l’administration, le ministre porte-parole du gouvernement a expliqué deux éléments clés de ce secteur. Le premier, c’est le traumatisme collectif vécu par le Mali, à savoir le contrôle de 70% du territoire national par des groupes terroristes appuyés par des groupes séparatistes en 2012. « Cela a engendré un véritable choc et un ébranlement des piliers de l’Etat. Le second élément, c’est la désaffection d’une partie de la population pour l’Etat », a dit le colonel Abdoulaye Maïga. Selon lui, cet état de fait a facilité le départ de l’administration. Conformément à la vision du chef de l’Etat, le premier responsable du département en charge de l’Administration territoriale affirme que la satisfaction des préoccupations des Maliens doit être au cœur de l’action gouvernementale. Ainsi, des mesures ont été prises comme la  reconquête «des cœurs et des  esprits des Maliens»,  le redéploiement  des membres du corps préfectoral civil dans les zones relativement plus sécurisées, la réhabilitation des infrastructures détruites, notamment les bureaux. Concernant les endroits censés être des milieux d’insécurité, le ministre a indiqué que le personnel militaire, avec le feu vert du ministère de la Défense et des Anciens combattants, remplace les administrateurs civils pour assurer la présence de l’Etat. « Mais, avant, tout déploiement, les militaires commis d’office pour ces postes suivront un programme de formation accélérée pour maîtriser le travail des préfets et sous-préfets », a précisé le colonel Maiga.  Aujourd’hui, le ministre  se réjouit que tous les postes de gouverneurs soient pourvus et seul un poste de préfet est vacant (soit 99% d’occupation). Toutefois, il révèle que 66 postes de sous-préfets, sur un total de 330 demeurent vacants (soit 80% d’occupation).  Dans le cadre de ce retour, le ministre en charge de l’Administration territoriale et de la Décentralisation a dit que les autorités de la Transition accordent une grande importance à l’amélioration des conditions de travail et de vie des représentants de l’Etat. A cet effet, une loi de programmation sera bientôt adoptée. Il est prévu, grâce à l’Agence de gestion du fonds d’accès universel (AGEFAU), de moderniser le réseau de communication de la représentation de l’Etat en y déployant un système de communication sécurisé, permettant la connexion Internet et la géolocalisation. DE LA CARTE BIOMETRIQUE A LA CARTE D’ELECTEUR – S’agissant du processus de la réorganisation territoriale, le colonel Abdoulaye Maïga a rappelé qu’avec l’adoption de la loi n°2012-017 du 2 mai 2012, portant création de circonscriptions administratives en République du Mali, les régions sont passées de 8 à 19. Le processus de réorganisation administrative continue avec les avants projets concernant les collectivités territoriales. Ainsi, plusieurs textes ont été relus dont le Code des collectivités territoriales, la loi déterminant les conditions de la libre administration des collectivités territoriales, la loi portant statut particulier du District de Bamako et les textes relatifs aux conditions de nomination des représentants de l’Etat dans le District de Bamako. Les questions de délivrance de l’état civil, notamment le Numéro d’identification nationale (Nina), ont été également au cœur des échanges. Abdoulaye Maïga a indiqué que la carte Nina a été suspendue au profit de la carte d’identité biométrique qui servira de carte d’électeurs. Il a précisé, aussi, que la fiche descriptive est suffisante pour effectuer les formalités administratives. Parmi les grandes réalisations de la Transition, le ministre Maïga a cité, entre autres, les 223 infrastructures de santé qui ont coûté plus de 3 milliards de Fcfa, les 856 infrastructures scolaires pour un montant de plus de 10 milliards de Fcfa, les 277 projets dans le secteur de l’eau pour un budget de plus de 3 milliards de Fcfa. NK/MD (AMAP)

Transition : Le levier de la diplomatie de crise 

Par Oumar DIAKITE  Bamako, 17 mai (AMAP)  Le Mali s’est engagé à partager sa position et sa vision holistique de la situation qu’il traverse actuellement, afin de faire face aux incompréhensions constatées et à la mauvaise foi de certains partenaires. Le ministre des Affaires étrangères et de la Coopération internationale, Abdoulaye Diop, est revenu, dimanche dernier, dans l’émission «Mali kura taasira», sur la stratégie diplomatique adoptée par notre pays pour se faire entendre. Le Mali traverse aujourd’hui une crise diplomatique. Les autorités de la Transition en sont conscientes et s’emploient, depuis de longs mois, à déconstruire la mauvaise lecture de la situation du pays par la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO). Une mauvaise lecture qui est, d’ailleurs, à la base de « sanctions illégales, injustes et inhumaines » imposées à notre pays par l’organisation sous régionale et l’Union économique et monétaire ouest africaine (UEMOA). « La posture de ces partenaires nécessite la promotion d’une diplomatie de crise pour expliquer la réalité des faits et éviter que notre histoire ne soit racontée par les autres », a dit Abdoulaye Diop . « Et, surtout défendre la dignité et la souveraineté du peuple malien ». Selon lui, il a fallu exposer au monde la relation fonctionnelle entre la sécurité et le développement. Le Mali a surtout procédé à une prise de contact avec des pays amis comme le Maroc, la République démocratique du Congo, l’Union africaine (UA), l’Union européenne (UE), les Emirats arabes unis (UAE). « Une visite a été également effectuée dans certains pays voisins, comme l’Algérie, la Mauritanie, le Niger, la Côte d’Ivoire, le Burkina Faso, le Sénégal et la Guinée », a poursuivi M. Diop. Notre diplomatie a affirmé, clarifié et défendu les positions maliennes devant les Nations unies. Ce fut lors de discours sur des thèmes majeurs de la situation politique du pays, cette année, aux sessions du Conseil de sécurité des Nations unies par le chef du département des Affaires étrangères ou par notre ambassadeur auprès des Nations unies. L’occasion a été mise à profit pour réaffirmer notre demande d’un mandat robuste pour la Mission multidimensionnelle intégrée des Nations unies pour la stabilisation au Mali (MINUSMA)  et répondre, de façon vigoureuse, à des accusations non fondées sur les Forces armées maliennes (FAMa) suite aux évènements de Moura.  NOUVELLE IMPULSION – S’agissant de la levée des sanctions contre notre pays, le ministre Diop a expliqué que le président de la République du Togo, Faure Gnassingbé, a été sollicité afin d’apporter une nouvelle impulsion aux pourparlers avec la CEDEAO. «Aujourd’hui, nous sommes plus proche d’une solution que nous ne l’avons jamais été», a dit Abdoulaye Diop. Et d’ajouter qu’ »une solution est toujours possible mais pas à n’importe quel prix ». « Désormais, rien ne se fera sur le dos de notre pays », a-t-il martelé.  Les choses vont bien,  c’est juste la question de la durée de la Transition qui demeure. La CEDEAO planche sur 16 à 18 mois, alors que la partie malienne tient à 24 mois, a dit le ministre Diop. L’effort diplomatique a permis d’engranger des résultats significatifs avec une meilleure compréhension de la situation et des positions du Mali par la majorité des partenaires.  Le chef de la diplomatie malienne rappelle le soutien favorable de plusieurs pays africains à la levée des sanctions illégales et illégitimes des organisations sous régionales. Et, surtout, le soutien et la mobilisation de certains pays frontaliers (Guinée, Mauritanie et Algérie) qui ont également refusé d’appliquer ces sanctions, en maintenant leurs frontières ouvertes avec le Mali. Ce, en vue de permettre l’approvisionnement régulier et permanent du pays.  Grâce à sa diplomatie éclairée, notre pays a pu obtenir le soutien de pays amis (Chine et Russie à l’ONU, l’Algérie, l’Ethiopie, le Rwanda à l’Union africaine). Ces soutiens historiques ont abouti à faire échec aux différentes actions d’isolements politiques et économiques du Mali au niveau international. Par ailleurs, le ministre des Affaires étrangères note la diversification et le renforcement du partenariat stratégique, particulièrement dans les domaines de la sécurité et de la défense (Russie, Chine, Turquie). Les actions diplomatiques ont également contribué à la mise en place de groupes de travail de haut niveau technique et politique et de rapprocher les positions entre notre pays et la CEDEAO.  Abdoulaye Diop annonce que la dynamique amorcée, à travers la diversification des partenariats pour trouver une solution durable à la crise multidimensionnelle, va se poursuivre. Sur la base des priorités du pays, « à savoir la sécurité, les réformes politiques et institutionnelles et les élections ».   OD/MD (AMAP)