Protection de la biodiversité : Déclin du nombre d’éléphants au Mali
Par Anne-Marie KEITA Bamako, 16 juin (AMAP) Le Mali, qui comptait 600 pachydermes, il y a quelques années, se retrouve aujourd’hui avec seulement 246 têtes. Les efforts en cours permettront d’inverser la tendance, conformément aux recommandations de la Convention sur la diversité biologique La désertification, les feux de brousse, le surpâturage et le braconnage menacent la biodiversité, ensemble des êtres vivants ainsi que les écosystèmes dans lesquels ils vivent. Fléaux face auxquels il urge d’agir. Dans cette optique et dans le but de minimiser les effets néfastes de ces pratiques sur l’homme et son environnement, la Direction nationale des eaux et forêts (DNEF ) profite des activités en cours de la 23è édition de la Quinzaine de l’environnement pour sensibiliser la population. Elle a organisé, mardi, dans ses locaux une conférence sur la biodiversité, une thématique développée par le point focal national biodiversité à la DNEF, le capitaine Ali Poudiougou, Le capitaine Poudiougou a rappelé les pressions exercées sur la variété des formes de vie, notamment par les actions de l’homme. Le braconnage, une de ces actions nocives contre la biodiversité, cible principalement les éléphants. Ces mammifères géants chassés pour leur ivoire, qui se vendent à prix d’or sur le marché noir, vivent, selon les explications du conférencier, dans une zone transfrontalière située entre le Burkina Faso et le Mali. Cette zone est, aujourd’hui, confrontée à un problème sécuritaire récurrent. «De 2017 à nos jours, nous avons constaté une perte énorme de nos éléphants qui se trouvent être les derniers spécimens de la zone sahélienne en voie de disparition», a déploré le conférencier. Le capitaine Ali Poudiougou a dit qu’il est urgent d’inverser la tendance à la dégradation de la biodiversité, dont la diminution des spécimens d’éléphants est un exemple, par l’engagement de la population à abandonner les actes qui vont à l’encontre de cette biodiversité tels que le braconnage, les feux de brousse et l’orpaillage. « Afin, a-t-il insisté, que cette biodiversité puisse être restaurée et préservée pour les générations futures ». Quant aux efforts en la matière, le capitaine Poudiougou a évoqué le Cadre mondial post 2020 en cours de finalisation. C’est un document stratégique qui fixe des objectifs et cibles à atteindre d’ici 2030. «Il est demandé à chaque pays d’atteindre, au moins 30%, de ses territoires en aire protégée. Nous sommes dans cette mouvance pour sensibiliser la population, les collectivités territoriales pour que chacun à son niveau puisse faire en sorte que nos ressources forestières et fauniques, halieutiques et autres puissent être préservées», a-t-il expliqué. Pour le conférencier, le Mali contribue à l’atteinte des objectifs en matière de protection de l’environnement. Toute chose qui aidera à inverser la tendance à la perte de notre biodiversité, comme recommandé par la Convention sur la diversité biologique (CDB), l’une des trois grandes conventions de la Conférence des Nations unies sur l’environnement et le développement, tenue en juin1992 à Rio de Janeiro, au Brésil. La DNEF, à travers le ministère de l’Environnement, de l’Assainissement et du Développement durable, a également mis en œuvre plus de quatre projets. Ceux-ci ont permis l’élaboration de 39 plans d’aménagements et la restauration des forêts au niveau des collectivités. À ces projets, s’ajoute la mise en œuvre, en 2017, de la Brigade anti-braconnage qui a contribué à la protection des éléphants. AMK/MD (AMAP)
Recensement général de la population : Combien sont les Maliens ?
Par Oumar SANKARE Bamako, 16 juin (AMAP) Combien de Maliens sommes-nous au total, en réalité : 19, 20, 21 ou 22 millions ? Ces chiffres distillés ça et là sont des estimations qui varient selon les sources ou les méthodes de calculs utilisés. Le Recensement général de la population et de l’habitat (RGPH) est la seule opération de collecte qui fournit des informations exhaustives et fiables sur l’état et la dynamique de la population aux niveaux de l’ensemble du pays, des régions, des cercles, des communes et des villages/fractions/quartiers au Mali. Le dernier, qui remonte à 2009, estimait la population malienne à 14,5 millions d’habitants dont 50,4% de femmes et plus de 70% vivant en milieu rural, selon l’Institut national de la statistique (INSAT). Les travaux de terrain du cinquième Recensement général qui ont été lancés dans cette optique, depuis plusieurs mois, à travers le ministère de l’Économie et des Finances, ont officiellement démarré mercredi 15 juin 2022, à travers tout le Mali, «préalablement découpé en zones de dénombrements». L’opinion nationale et internationale en a été informée la veille (mardi) par un message du Ministre de l’Economie et des Finances, Alousséni Sanou. « Durant les trois prochaines semaines, les agents recenseurs et les chefs d’équipes, qui sont chargés de collecter des informations sur les caractéristiques socioéconomiques, démographiques et culturelles de la population, passeront, à cet effet, dans nos familles respectives », annoncé le ministre en charge des opérations. Selon lui, au total 26.327 agents recenseurs, 4.504 chefs d’équipes et 866 contrôleurs TIC seront engagés sur le terrain auprès des ménages. «Ces équipes seront encadrées par les cadres et responsables de l’Institut national de la statistique, des autres structures du Système statistique national, des directions régionales et des services locaux de la planification, de la statistique et de l’informatique, de l’aménagement du territoire et de la population», explique-t-il. Aux populations (Maliens et ressortissants d’autres pays vivant sur le territoire national), ils demanderont des informations relatives à plusieurs aspects de la vie notamment l’état civil, l’éducation, la santé, l’emploi, la mobilité et les caractéristiques de l’habitat. « À l’effet de compter le nombre d’habitants, de mesurer la fertilité, la mortalité et les déplacements, de dégager des tendances démographiques et même de contribuer à détecter des inégalités en matière d’emploi, d’éducation et de richesse », comme l’explique le Fonds des Nations unies pour la population (UNFPA) sur son site Internet, à propos du recensement. AVENIR – L’agence directrice des Nations unies en charge des questions de santé sexuelle et reproductive rappelle que ces informations générées par les recensements de la population et de l’habitat (nombre d’habitants, répartition, conditions de vie et autres données clés) sont essentielles pour l’élaboration des politiques de développement. « Car, alerte-t-elle, en l’absence de données précises, les responsables politiques ne sont pas en mesure de déterminer les infrastructures nécessitant des investissements (écoles, hôpitaux, routes) et les populations les plus démunies ne sont pas répertoriées ». Donc de la réussite de cette opération, dépend le devenir du Mali et l’avenir de ses enfants. Le ministre en charge de l’Économie a, à cet égard, sollicité «l’engagement des chefs de quartier dans nos villes et les chefs de village et de fraction, en vue d’une meilleure orientation des agents recenseurs déployés dans leurs localités ; le dévouement des autorités administratives et municipales (gouverneurs, préfets, sous-préfet, maires), pour la coordination des opérations dans leurs circonscriptions ; l’accompagnement habituel des Forces de défense et de sécurité en vue de la protection et de la sécurisation de cette opération». En réponse à cette sollicitation, le gouverneur du District de Bamako, la capitale malienne, Abdoulaye Coulibaly a procédé au lancement du cinquième Recensement général de la population et de l’habitat pour le District. C’était mercredi chez le chef de quartier de Ouolofobougou, Bourama Ciré Fadiga, en présence du directeur national adjoint de l’INSAT, Dr Issa Bouaré. Il a été organisé par l’INSAT en collaboration avec la direction régionale de la planification, de la statistique, de l’informatique, de l’aménagement du territoire et de la population du District de Bamako. Prenant la parole, le gouverneur du District de Bamako a levé toute équivoque. «Ce recensement a un but purement statistique et vise à contribuer à l’amélioration de la connaissance de la situation démographique, sociale et économique du pays et de sa dynamique en vue d’une meilleure prise en compte des variables démographiques dans les programmes et stratégies de développement pour la fourniture des données socio-démographiques pertinentes, fiables et à jour», a précisé Abdoulaye Coulibaly. La maire de la Commune III a exprimé sa satisfaction d’avoir participé à cette activité combien importante pour le Mali. «La population est galopante. Les quartiers s’agrandissent de jour en jour, avec toujours de nouveaux venus en ville. Nous avons donc, régulièrement, besoin d’éléments statistiques pour savoir où aller et prévoir le développement de la Commune et la construction du pays», a souligné Mme Djiré Mariame Diallo. Tous les intervenants ont invité les populations à coopérer avec les agents de recensement. Ils ont exhorté les responsables administratifs, élus locaux, acteurs de la société civile, femmes, hommes et jeunes à contribuer à la réussite de cette opération dont les résultats «nous serviront ainsi que les générations futures». OS/MD (AMAP)
Le Code Craft, un rempart contre le Travail des enfants dans l’orpaillage
Par Makan SISSOKO Bamako, 15 juin (AMAP) – Solidaridad west africa (SWA), une organisation internationale de la société civile, a organisé, lundi dernier, à Bamako, un atelier sur le thème : «Engagement des parties prenantes sur le Code pour l’atténuation des risques dans l’activité minière artisanale et à petite échelle, s’engageant dans un commerce formel et transparent (Code Craft)». Cette organisation promeut la production durable, la sécurité alimentaire et les modèles de services robustes des Petites et moyennes entreprises (PME) rurales dans les chaines d’approvisionnement du cacao, du palmier à huile, du coton, de l’aquaculture et de l’or en Afrique de l’Ouest. Son bureau régional pour l’Afrique de l’Ouest est basé au Ghana, avec des programmes opérationnels au Nigéria, en Côte d’Ivoire, au Cameroun et au Liberia. Organisée en collaboration avec l’Organisation internationale du travail (OIT), cet atelier s’inscrivait dans le cadre du projet régional : Accélérer l’action pour l’élimination du travail des enfants dans les chaines d’approvisionnement en Afrique (Accel Africa), mis en œuvre par l’OIT grâce à un financement du ministère néerlandais des Affaires étrangères. La rencontre d’un jour a regroupé les acteurs du secteur minier sur l’engagement du secteur privé. Le but était de former les acteurs nationaux sur la chaine d’approvisionnement de l’orpaillage sur le Code Craft. Cela en mettant l’accent sur les risques liés au travail des enfants avec en perspective l’émergence des partenariats public-privé. La finalité étant de soutenir l’élimination du travail des enfants dans le secteur de l’Exploitation minière artisanale à petite échelle (EMAPE) au Mali. Pour y arriver le projet entend s’attaquer aux causes profondes de ce fléau en accélérant son élimination en Afrique. Des actions ciblées seront mises en œuvre dans les chaines d’approvisionnement sélectionnées en Côte d’Ivoire (cacao, extraction d’or), en Égypte (coton), au Malawi (café et thé), au Mali (extraction d’or et coton), au Nigeria (cacao, extraction d’or) et en Ouganda (café et thé). C’est dans cette optique que SWA Côte d’Ivoire a été engagée par l’OIT pour la mise en œuvre du Code Craft et des processus de diligence raisonnable dans le secteur de l’exploitation minière artisanale à petite échelle de l’or (EMAPE) au Nigéria, au Mali et en Côte d’Ivoire. «Dans le cadre de ce projet, nous avons signé un accord d’exécution avec l’OIT pour pouvoir travailler sur un projet qui vise à implémenter le Code Craft dans l’exploitation arsenal de l’or au Mali», a expliqué son représentant pays en Côte d’Ivoire, Amadou Cissé. « Pour ce faire, l’organisation va former les acteurs nationaux dans la chaine d’approvisionnement de l’orpaillage sur le Code Craft », a précisé M. Cissé. « Ce qui leur permettra, selon lui, de pouvoir répondre à un certain nombre d’exigences sur le marché international de l’or, notamment celui de l’Union européenne (UE) qui a mis en place un certain nombre de règlementations appelées ‘Les devoirs de diligences’. Il s’agit, notamment, des exigences sociale, environnementale et économique pour pouvoir faire du business avec l’UE. «À travers l’implémentation de ce Code Craft, on arrive à répondre à ces besoins de diligences au niveau de l’UE et de l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) », a expliqué Amadou Cissé. Cette phase de transfert de connaissances aux acteurs locaux, qui dure six mois, vise à les outiller afin de former, à leur tour, tous les artisans miniers. «Nous allons former une institution qui formera les acteurs pour que ce Code Craft puisse être disséminé dans l’ensemble des chaînes de valeur pour qu’on aille vers la formalisation des Petites entreprises minières au Mali», a-t-il indiqué. Le conseiller technique au ministère malien des Mines, de l’Énergie et de l’Eau, chargé des questions minières, Lassana Guindo, a expliqué que le travail des enfants est un gros défi qui figure dans les priorités de son département. « Il y a deux ans, lors de l’élaboration du nouveau Code minier, nous avons fait une mention spéciale pour l’interdiction du travail des enfants dans les sites d’orpaillages», a rappelé M. Guindo. Il a ajouté que cet atelier permettra la mise en place d’une stratégie rigoureuse de lutte contre le travail des enfants. MS/MD (AMAP)
Alimentation : « Allabadja « , plat des grands jours dans le Nord du Mali
Par Mohamed GAKOU Gourma Rharous, 15 juin (AMAP) « Alllabadja » est une spécialité culinaire que partagent toutes les communautés, dans le Nord du Mali, nomades comme sédentaires. La confection de ce plat repose sur un rituel. Il est fait à base de riz du cru, de préférence, de viande de mouton ou de boeuf, rayée de strates de graisse et agrémentée de beurre de vache conditionné dans les règles de l’art. Le riz est cuit dans l’eau, avec juste un soupçon de sel et la viande, en bouillon, tout aussi modérément salé. C’ est la première phase de préparation du plat. Cette tâche est généralement dévolue aux femmes. Quand la viande est cuite à point, on en prélève quelques filets gras destinés à être pilés dans un mortier jusqu’à les transformer en fines nervures de chair. Cette opération revient, aussi, aux femmes. La dernière phase de préparation requiert de la force et de l’endurance. C’est à cette étape que les hommes entrent en jeu. Ce sont généralement des forgerons ou autres hommes de caste. Le riz cuit à point, est mis dans un grand bol en bois. Un homme robuste commence à le malaxer, à la force des muscles des deux bras, dans un mouvement giratoire, à l’aide d’une grosse louche en bois ou un petit pilon Le plat est tenu sur les deux bords par un autre homme qui, de façon intermittente, arrose la mixture de riz, avec de grosses louches de bouillon fait des filets prélevés, pilés et retournés dans une quantité raisonnable de jus de cuisson. Au fur et à mesure que l’opération se poursuit, le riz prend un aspect pâteux et moelleux, incrusté de fils de chair très fins. Le plat est prêt. Miam miam !!! Il est servi dans des plats moyens en bois taillés dans des essences particulières qui donnent au contenu un parfum capiteux et gourmand. La pâte est tassée dans les plats avec un trou aménagé au milieu, qui servira à contenir le beurre de vache, « la cerise sur le gâteau » ! Tout autour de l’excavation, de gros morceaux de viande dégoulinant de graisse sont disposés. « Allabadja » se déguste avec des petites cuillères en bois finement ouvragés. Ce plat est accompagné par un thé nature légèrement corsé et de lait caillé ou frais coupé d’eau, selon les milieux. En dehors du plaisir que cette spécialité gastronomique procure aux papilles gustatives, elle symbolise, aussi, l’art de l’hospitalité chez toutes les communautés dans le Nord du Mali. On le prépare, à l’occasion des fêtes religieuses, des réjouissances sociales ou pour accueillir et régaler un hôte de marque. Ce plat, qui tient la première place dans la culture gastronomique des communautés dans le Nord de notre pays, est pourtant peu valorisé, lors des rencontres dédiées aux arts culinaires. MG/MD (AMAP)
Examens scolaires de fin d’année 2021-2022 : Les programmes exécutés de façon satisfaisante
Bamako, 14 juin (AMAP) Les examens scolaires de fin d’année 2021-2022 débuteront le lundi 20 juin 2022 par l’examen du Certificat d’aptitude professionnelle (CAP) pour lequel, cette année, 23 434 candidats sont inscrits et repartis entre 76 centres et 925 salles au niveau national. Quelque 1 949 surveillants sont mobilisés auprès des candidats. Notre équipe de reportage a sillonné trois écoles privée et publique pour jauger l’exécution des programmes scolaires en cette fin d’année scolaire. L’école internationale fondamentale « Kalanso 2», a rappelé sa directrice générale, Mme Nadine Sanoh, a démarré sa rentrée scolaire le 1er novembre 2022 avec de brefs congés entre décembre et mars 2022. La directrice de Kalanso 2 assure que les programmes scolaires ont été exécutés à 100%. L’établissement scolaire privé qui compte trois classes de 9è année doit présenter 87 candidats inscrits au Diplôme d’études fondamentales (DEF 2022). Mme Sanoh précise que les révisions se poursuivent pour bien préparer et mieux renforcer les capacités des élèves au DEF. Elle assure que les candidats de « Kalanso 2 » sont prêts pour l’examen du DEF. Et Mme Nadine Sanoh d’ajouter que la limitation des programmes extra-scolaires et autres ont permis à son école de bien avancer dans l’exécution des programmes. Le directeur-coordinateur du Groupe scolaire de la « République » Moussa Boré précise, pour sa part, que son école compte deux classes de 9è année. Il se dit satisfait de l’exécution des programmes scolaires à 98% comparés à l’année scolaire 2020-2021 qui était à 80%. « Les 129 candidats inscrits du Groupe scolaire de la « République » sont aptes à affronter le DEF », dit le directeur-coordinateur. Si le 3è trimestre a pris fin, le reste des 2% des programmes scolaires de l’établissement scolaire est en cours d’exécution à deux semaines du DEF. Quant aux révisions pour les candidats au DEF, « elles démarreront la semaine prochaine », annonce Moussa Boré. Avec ses 30 classes de Brevet de technicien (BT1 et 2), le Centre de l’Ecole centrale pour l’industrie, le commerce et l’administration (ECICA) présente, cette année, 995 candidats au BT1 et 410 au BT2. « Les programmes scolaires ont été exécutés à peu près à 95% au BT1 et 100% au BT2 », soutient le directeur des études de l’ECICA, Nouhoum Dembélé. Les candidats composeront dans quatorze spécialités : èlectronique, électro-mécanique, maintenance industrielle, construction métallique, bâtiment ou maçonnerie, froid et climatisation, travaux publics (TP), hydraulique, dessin-bâtiment, géométrie ou topographie, chimie industrielle, géologie, comptabilité et secrétariat de direction. L’adjoint du directeur national du Centre national des examens et concours de l’éducation (CNECE), Oumar Cissé, nous a précisé que le téléphone est interdit dans les centres et salles d’examens « Dès lors qu’on surprend un candidat avec un téléphone en salle, il est en situation de fraude », a averti M. Cissé. Il ajoute que tous les candidats ayant des copies identiques sont d’office disqualifiés de l’examen en question. Les surveillants complices sont suspendus et poursuivis. Les sanctions en la matière s’imposent. Le directeur adjoint du CNECE assure que tous les moyens possibles seront déployés pour circonscrire les fuites de sujets cette année. Il invite les présidents de centres et leurs surveillants à empêcher les fraudes dans les centres et salles d’examens. Et Oumar Cissé d’exhorter ces acteurs des examens à faire un rapport circonstancié dès lors qu’ils constatent des actes contraires au règlement intérieur des examens. Rappelons que tous les responsables scolaires rencontrés ont reconnu que les programmes scolaires ont été exécutés à hauteur de souhait cette année , à cause de l’absence de grèves intempestives. SYW/MD (AMAP)
Diamant : Le Mali bientôt producteur ?
Par Oumar SANKARE Bamako, 14 juin (AMAP) La diversification de la production minière nationale, longtemps voulue par nos autorités maliennes pour attirer des investissements massifs dans le secteur, est-elle en train de se matérialiser ? La confirmation, la semaine dernière, du potentiel diamantifère malien par une délégation technique du secteur des mines confirme cette tendance. Cette découverte historique de diamant intervient quelques jours après le lancement des travaux de construction de la mine de lithium par Leo Lithium, co-entreprise formée par l’australien Firefinch et le chinois Ganfeng Lithium. C’est la Société minière Samadou Mining, détentrice d’un permis d’exploration de diamant, qui a fait la découverte, la semaine dernière, dans le village de Kénébélé, Commune de Kologo, dans la Région de Bougouni (Sud). Cela, au terme de trois mois de travaux d’exploration. «Il s’agit de trois morceaux de diamants de bonne qualité à vu d’œil», confirme le directeur du Bureau d’expertise, d’évaluation et de certification des diamants bruts (BEEC). Rencontré jeudi à son bureau, Dr Birama Sory Sidibé précise qu’une analyse plus approfondie est demandée pour donner leur coût exact une fois les 4 C (poids, coupe, couleur et pureté) déterminés. Selon lui, un morceau de diamant peut être vendu entre 20 millions et plus de 100 millions de Fcfa en fonction des 4C. L’État prélève 2% de la valeur de chaque morceau comme taxe. Des études faites en 2006 par des services spécialisés américains distinguent le diamant gemme : pierre pure ou très pure, destinée à la bijouterie-joaillerie du diamant industriel : diamant très impur, en général opaque, destiné à la fabrication d’outils industriels de forage (ex. forage pétrolier, sondage minier) ou de découpage (ex. perçage de bétons armés, sciage de pierres dures, polissage de divers matériaux). Aucune analyse déterminant à laquelle des deux familles nos diamants appartiennent et le potentiel réel du périmètre concerné n’est encore disponible. Toutefois, ce qui pourrait être considéré comme la première mine d’exploitation de diamant au Mali s’étend sur 12 km2. Autre évidence : c’est un gisement de type alluvionnaire (qui découle des ruissellements) où des morceaux de diamants sont sortis de trois trous. «Ce qui prouve à suffisance qu’il y a du potentiel», analyse Dr Birama Sory Sidibé. Précisons ici que l’extraction du diamant se fait principalement dans les gisements primaires (pipes kimberlitiques) à ciel ouvert (carrière) ou en souterrain. Les dépôts secondaires (placers) peuvent se trouver dans les lits des rivières ou sur les côtes marines (offshore). 20 À 30 MILLIONS DE FCFA– L’exploitation du potentiel découvert dans la région de Bougouni exige des préalables. L’autorisation d’exploration de trois mois dont dispose Samadou Mining a expiré, rappelle l’expert. À ce stade, suggère le spécialiste, il leur faut un permis de recherche d’une durée de trois ans renouvelable. «Mais nous pensons qu’ils peuvent passer à la phase d’exploitation», ajoute Dr Birama Sory Sidibé. Et d’assurer : «Avec un investissement de 20 à 30 millions de Fcfa nécessaires pour l’installation d’une laverie moderne (7 millions de Fcfa) et une pelleteuse, ils peuvent commencer l’exploitation». L’expert précise, ensuite, qu’il s’agit là d’une exploitation artisanale mécanisée. « Car, selon lui, la production du diamant ne requiert aucun produit chimique ». La directrice nationale adjointe de la géologie et des mines assure de son soutien à cet effet. «Le département fera tout pour accompagner Samadou Mining, afin de quitter le stade artisanal pour une exploitation de meilleur standard», promet Mme Karambé Awa Goundian. Dr Birama Sory Sidibé invite les autorités à investir davantage dans la recherche pour une diversification de l’exploitation minière. «Ceci permettra de prouver l’existence du potentiel minier et de mieux négocier lors des conventions internationales et les contrats miniers», argumente le technicien. Il a été établi que le Mali dispose d’un potentiel appréciable en diamant dans les zones de Kéniéba, Kangaba et Yanfolila. Les estimations tablent sur 583.598 carats dans les gisements primaires et 1.775.733 carats dans les gisements alluvionnaires. 1 carat équivalant à 0,20g. On se souvient que l’ancien ministre en charge des Mines et du Pétrole avait confirmé, en 2018, que le Mali possède du diamant. « Les districts miniers de Kénièba, Kangaba et Yanfolila regorgent de milliers de carats de diamant tandis que dans certaines localités de Sikasso et de Taoudéni des recherches supplémentaires étaient en vue pour confirmer l’existence du métal précieux », avait précisé Pr Tièmoko Sangaré. Rappelons que le Mali a été admis en 2013 au Schéma de certification du processus de Kimberly, un régime international de certification de diamants bruts réunissant gouvernements, industriels et société civile. Le processus de Kimberly (PK) vise à éviter que les recettes émanant du commerce des diamants ne soient utilisées pour financer les activités militaires de groupes rebelles ou terroristes. Les pays qui ont d’importantes productions alluviales, artisanales ou mécanisées, sont surtout en Afrique : Angola, République démocratique du Congo (RDC), Namibie, Sierra Leone, République centrafricaine (RCA), Guinée, République du Congo, Tanzanie, etc. Selon l’Institut d’études géologiques des Etats-Unis, ils représentent quelque 25 à 30% de la production mondiale qui a atteint près de 180 millions de carats en 2004. OS/MD (AMAP)
5ème audience publique de la Commission vérité, justice et réconciliation : Témoignages poignants de victimes sur leur traumatisme
Bamako, 13 juin (AMAP) Douze victimes (dix femmes et deux enfants) ont témoigné publiquement lors de l’audience publique de la Commission vérité, justice et réconciliation (CVJR), samedi dernier. La rencontre s’est déroulée au Centre international de conférences de Bamako (CICB). L’ouverture des travaux a été présidée par le Premier ministre Choguel Kokalla Maïga, en présence des membres du gouvernement et du président de la CVJR, Ousmane Oumarou Sidibé. Le thème de la rencontre portait sur : «Femmes victimes de violences sexuelles et enfants victimes de conflits». Juste après la cérémonie d’ouverture des travaux, les victimes sont, successivement, passées pour raconter les «atrocités» qu’elles ont subies du fait des conflits. Ainsi, la première victime que nous présentons sous les initiales F. T. a été «violée» par sept hommes lors des événements de 2012 à Gao (Nord). «Ce jour-là, ils sont venus chez nous et ont ligoté tous les hommes avant d’abuser de moi devant un de mes enfants dans le salon», a-t-elle relaté, les larmes aux yeux. Le mari de notre «héroïne» a disparu du fait de cette situation. Et son enfant, qui a été «témoin» de cet événement horrible, s’est séparé d’elle, car ne supportant plus de la regarder dans les yeux. «Aujourd’hui, je vis seule en location avec les autres enfants et je n’arrive plus à faire face à leurs besoins», a témoigné F. T. Avant de demander l’assistance des autorités. Quant à la deuxième victime que nous renommons B. K., elle a été «enlevée» et «violée» par un terroriste. Les faits se sont déroulés, en 2012, également à Gao. D’après elle, ce jour-là, son bourreau est venu à la maison demander sa main. «Mais, ma mère a refusé en répliquant que j’étais déjà mariée. Ce que le terroriste n’a pas digéré. Il a envoyé, après, sept personnes pour m’emmener de force chez lui, avant de passer à l’acte», a déclaré celle qui a 40 ans aujourd’hui. B. K. avait un enfant à l’époque et elle allaitait. «Lorsque mon mari est revenu dans la ville, il a récupéré notre enfant. Et depuis, je suis restée avec ce terroriste jusqu’à la libération de Konna par les Forces armées maliennes et françaises en janvier 2013», a-t-elle témoigné. FILS DU TERRORISTE – Entre-temps, B. K., qui était tombée «enceinte», accouchera plus tard. À cause de cette situation, sa famille l’a «bannie». Et l’enfant qu’elle a eu de cette union forcée est pointé du doigt dans le quartier comme le «fils du terroriste». La quadragénaire a demandé aux autorités, lors de l’audience, de lui trouver un autre lieu de résidence afin de se mettre à l’abri de la «stigmatisation». Quant aux deux enfants victimes de conflits, l’un a été enrôlé de force par un groupe terroriste et l’autre amputé du pied droit. L’histoire du premier s’est déroulée, en 2012, à Tombouctou. Au moment des faits, il n’avait que 11 ans. «Un jour, les terroristes sont venus chez nous pour nous dire qu’ils veulent enrôler des combattants. C’est ainsi qu’ils m’ont emmené dans un centre où on a fait trois mois de formation militaire. Après, ils nous ont déployés aux postes de contrôle routier», a déclaré celui qui a 23 ans aujourd’hui. «Et lorsque ma mère a appris cela en Mauritanie, elle est revenue pour faire la médiation afin que je puisse être libéré. C’est ainsi qu’on m’a libéré», a-t-il ajouté. Du fait de cette situation, notre victime a pris d’énormes retards dans ses études. «Cette année, je passe le Diplôme d’études fondamentales (DEF) alors que je devais être en terminale», a regretté le jeune homme. Avant de demander l’accompagnement des autorités pour ses études. S’agissant du second enfant victime, les faits le concernant se sont déroulés, en 2013, à Gao. Un jour, en promenade avec ses amis dans la rue, le garçon a eu une balle perdue dans le pied droit. Son évacuation vers un centre de santé prit du retard. «Quand on est arrivé à l’hôpital, on nous a informé que le pied s’est infecté et qu’il faut l’amputer», a expliqué le jeune homme qui s’exprimait dans une projection diffusée lors de la rencontre. À cause de cette situation, il n’a pu poursuivre ses études et ses ambitions de devenir footballeur ont ainsi été brisées. RENDRE AUX VICTIMES LEUR DIGNITÉ – Avant ces témoignages poignants le président de la CVJR, Ousmane Oumarou Sidibé, avait relevé que depuis son indépendance, le Mali a connu des rebellions armées et des crises politiques qui ont occasionné des violations graves de droits de l’Homme. Il a mis l’accent sur les violences perpétrées spécifiquement sur des femmes et des enfants, M. Sidibé, a expliqué que la Commission a été mise en place, dans ce contexte, avec le mandat «de contribuer à l’instauration d’une paix durable à travers la recherche de la vérité, la réconciliation et la consolidation de l’unité nationale et des valeurs démocratiques». Il a, par la suite, précisé que les audiences publiques ne sont pas judiciaires. «À la différence des tribunaux qui cherchent à établir la culpabilité ou l’innocence des auteurs présumés, ici seules les victimes seront entendues», a-t-il clarifié. Selon Ousmane Oumarou Sidibé, l’audience publique permet de rendre aux victimes leur dignité, d’intégrer leurs récits à la mémoire nationale et de faciliter un début de guérison. Il s’agit donc, a indiqué le président de la CVJR, d’une contribution concrète à la promotion du dialogue, du pardon, de la réconciliation nationale et de la paix. Toutes choses qui sont «au cœur des missions assignées à la Transition». « Reconstruire la paix à travers la cohabitation communautaire et la réconciliation nationale est une priorité vitale pour la survie de notre nation à laquelle l’ensemble des forces vives doivent s’engager résolument, aujourd’hui plus qu’hier », a declaré le Premier ministre. Pour Dr Choguel Kokalla Maïga, le gouvernement ne ménagera pas ses efforts pour accompagner les communautés et les individus à aller vers le pardon et la réconciliation. D’où l’adoption récente par le Conseil des ministres de la Politique de réparation des victimes des crises maliennes de 1960 à
Jeux de hasard : Les jeunes, fous de paris foot !
Par Boubacar KANTE Bamako, 12 juin (AMAP) C’est devenu la mode. Des salles de jeu pour paris sportifs ne désemplissent pas. Des jeunes parieurs, encore et toujours plus nombreux !!!! Une jeunesse, désœuvrée ou non qui passent le plus clair de son temps, les yeux rivés sur le smartphone, à pronostiquer sur des rencontres sportives dans différents pays et paris sportifs sur des plateformes en ligne comme Premierbet, 223bet ou 1Xb. Les paris sportifs figurent, aujourd’hui, parmi les jeux de hasard les plus populaires au Mali. Surtout pour la couche juvénile de la population. « Mon ami gendarme, en service dans une ville dans le Nord du Mali, un turfiste dans le sang, m’a transmis le virus des paris sportifs en ligne. Chaque fois qu’il gagnait, il me transférait de l’argent. Il m’a convaincu de la facilité des gains dans ce jeu de hasard. C’est ainsi que je m’y suis mis depuis plusieurs mois et j’en profite pas mal », témoigne Oumar Diallo, un jeune stagiaire dans un établissement public à caractère administratif (EPA) à Bamako. Cupidité et gain rapide accrochent plus d’un parieur de ces jeux de hasard, un phénomène qui prend de plus en plus d’ampleur. « Pas uniquement de la cupidité ou le gain facile », assure-t-on. Les paris sportifs en ligne sont, aussi, une question de passion. Les jeunes passionnés du ballon rond les trouvent à leur goût, comme un prolongement de leur passion pour le football, tout en se faisant, parfois, de l’argent. « Tout d’abord, le football est une passion pour moi. Et ça me fait plaisir de parier sur les matchs car mes pronostics sont bons. C’est un jeu de hasard. Je gagne souvent, comme je perds aussi Mais, j’ai gagné plusieurs fois, c’est pourquoi je joue toujours », soutient A.D, 24 ans, journaliste sportif stagiaire dans un organe de la presse écrite à Bamako. Et de conseiller : « je pense que les jeunes doivent jouer avec conscience ». A cet effet, notre interlocuteur conteste toute idée tendant à faire croire que « c’est de l’argent facile qu’on y gagne ». A.D fait allusion à sa propre stratégie. « Certains disent que c’est de l’argent facile. Ce n’est pas mon cas. Avant de jouer, j’étudie d’abord les statistiques des équipes qui me permettent de connaitre leurs forces et faiblesses. Ces détails m’aident énormément dans mon pari », révèle-t-il, ajoutant que ce secret est la source de ses gains. En réalité, pour A.D, les paris sportifs en ligne sont une aubaine. « En tant que jeune et à demi-chômeur, ce pari m’aide beaucoup à résoudre certains de mes problèmes pécuniaires», se réjouie-t-il. Hamidou Traoré, agent de sécurité dans un hôtel de la place, est dans la même logique. Selon lui, il faut être un fan du sport pour gagner dans ce jeu. «C’est plus facile de miser et espérer des gains quand on regarde les grands championnats du monde. Ce qui n’est pas mon cas et mes semblables », raconte notre vigile d’une trentaine d’années. Il précise que beaucoup, comme lui, jouent espérant le gain facile. L’engouement de la dernière journée de la Première League (championnat anglais) est à son paroxysme, ce dimanche, vers 15h. Des parieurs dans un espace de paris sportifs. La salle refuse du monde. Pour cause ! Plusieurs matchs sont au programme et chacun tient à tenter sa chance. Suspense ! Le titre se joue à distance entre Manchester City et Liverpool. La course à la qualification pour les compétitions européennes met en rivalité Tottenham et Arsenal. Déjà les mises sont faites. Rien ne va plus !!! Plusieurs turfistes se tiennent devant le petit écran. Le stress se lit sur les visages. Juste près de nous, un jeune homme, répondant au nom de Salif Diakité, porte son attention sur les sept matchs du jour. Car, le jeune Diakité mise 3 500 Fcfa et n’espère que son gain de 369 000 Fcfa, si ses pronostics se vérifient. Plus ou moins serein et confiant, notre ami parie que les deux équipes en opposition marqueront dans chacun des sept matchs à l’affiche. Dans la salle, plus les minutes passent, certains parieurs se terrent dans un silence pesant. À chaque minute, les uns et les autres se penchent sur leur téléphone, histoire de consulter les résultats des autres matchs non retransmis en direct. L’atmosphère était à couper au couteau. Des fois, on lisait un semblant de joie sur certains visages. Déjà, leurs paris perdus, certains quittent les locaux, à la mi-temps. Par contre, Salif Diakité garde encore espoir parce que certaines équipes en confrontation marquaient des deux côtés. Le suspense reste entier et il tient à empocher les 369 000 Fcfa. Malheureusement, il ne gagne pas son pari, car sur les 7 matches, un but seulement d’une équipe lui à fait perdre son ticket. «C’est le jeu. Parfois on gagne, parfois on perd », se console Salif Diakité. Et d’ajouter, philosophe : « j’ai gagné, il y a de cela deux semaines, avec la même mise et par le même gain ». C’est ainsi que, aussitôt après ces matchs, il place encore d’autres mises pour d’autres paris. Car, les paris sportifs concernent les championnats de tous les pays. Disette d’espaces ou salles de jeu – Selon les explications d’Aristide Doumbia, 34 ans, gérant d’un espace de jeux, BET223 est au Mali depuis juin 2020. C’est une société malienne, dirigée par des Maliens dans le secteur des jeux et loisirs en partenariat avec le Pari mutuel urbain (PMU) Mali. BET223 fait partie du groupe BET2AFRICA. Pour M. Doumbia, les raisons qui suscitent l’engouement pour le pari sportif sont nombreuses. « Tout d’abord, nous avons une facilité d’inscription sur le site, ensuite une facilité de navigation sur le site grâce à un menu détaillé et des couleurs attractifs (Bleu-Rose) », dit-il. « Nous avons, aussi, de très bonnes côtes en paris sportifs, en jeux virtuels, casinos et une grande diversité des championnats et des jeux. Nous avons une multitude d’offres promotionnelles et le Service Clients est disponible, du lundi au vendredi, avec une permanence le samedi et le dimanche », commente Aristide Doumbia. Pour Moussa
Diéma : « Laga » !!! C’est quoi ça ?
Par Ouka BA Diéma, 07 mai (AMAP) Il en est des habitudes alimentaires et culinaires comme des individus, leur culture et leurs milieux. Les recettes sont aussi variées que diverses mais, surtout, sont sujettes à des influences, Ainsi, l’art culinaire se modernise de plus en plus, car soumis, en grande partie, aux divers courants et influences venus de partout. Demandez aux enfants d’aujourd’hui s’ils connaissent l’existence de certains mets traditionnels maliens ! S’ils les connaissent, ils s’en détournent. C’est le sort qui est réservé au « laga », dans la zone de Diéma, dans l’Ouest du Mali. Par contre, beaucoup de nos enfants raffolent des aliments modernes appelés « toubabou doumouni » (nourriture de Blancs), sous forme de frites, de petits pois ramolli, de salade avec concombres, de pâtes alimentaires (macaroni), de brochettes de viande, de sandwichs, chawarma, tacos, hamburgers, omelettes. Bref, tous ces mets supposés bons avec de délicieux ingrédients. Certains lient la bonne santé de nos grands-parents aux aliments qu’ils consommaient et faisaient d’eux des modèles de conservation physique et de résistance. Les tenants de cette thèse citent le « gnégnékini » un plat de brisure de mil et le « tô », (de pâte de mil), simplement sans sauce tomate, ainsi que le couscous préparé avec peu de condiments. A ceux-ci, il faut ajouter le « laga », une sorte de bouillie fait généralement à base de farine de mil. Après cuisson, on met le « tô » dans une tasse pour le refroidir. A l’aide d’une louche, on fait un trou au milieu du « tô » pour y verser du lait caillé sucré. Ainsi, l’aliment est prêt à être consommé. Seyba Traoré, boulanger de son état, nous dit que dans sa famille, s’il veut manger du « laga », il demande à sa femme de le préparer à part. « En dehors du repas commun, car tous mes enfants détestent ce met sauf l’aîné qui mange tout ce qu’on lui donne », dit-il. « Je l’ai entendu, un jour, dire à ses frères qu’ils ne resteront pas éternellement à côté des parents. Et qu’ils ont donc intérêt à s’adapter à certaines conditions de vie », se souvient Traoré. « Le jour où vous irez ailleurs, vous risquez de mourir de faim à cause de vos choix compliqués en alimentation », a assené le grand frère à ses cadets. Selon Gaoussou Coulibaly, vendeur de chaussures de seconde main, le « laga » vous évite la constipation. « J’en mange régulièrement, car j’ai peur de la constipation. C’est cette sale maladie qui a tué mon père, victime d’occlusion intestinale ». Et d’expliquer doctement que le « laga » « est fait de céréales et de lait, deux éléments nutritifs qui facilitent la digestion. » « J’adore le « laga », mais je n’apprécie pas la façon dont on le mange. Tout le monde plonge sa main dans le même plat. Surtout, si on partage le plat avec des enfants, c’est de la saleté qu’on avale. C’est pourquoi, je préfère manger souvent seul ce genre d’aliment », renchérit Elimane Dicko, ancien migrant résidant à Garamboubou. « C’est à cause de la rareté du lait, cette année que je ne mange pas régulièrement le « laga ». Les vaches ne produisent plus assez de lait à cause de la sècheresse qui prévaut cette année », déclare cet éleveur croisé en chemin. Bakary Doumbia, tâcheron soutient : « Le prix du sucre a atteint des sommets. Or pour la préparation du « laga », il faut suffisamment de sucre. Quand on veut préparer le « laga » dans notre famille, il faut au moins deux kilos de sucre, sans compter la quantité de lait à y associer », dit-il. Ses enfants « mangent le ‘laga’ avec gourmandise.» Quant à Ousmane Sow, il préfère le « laga » préparé avec du lait cru de vache. « C’est un met consistant. Il donne la force. Quand on s’en gave le matin, on passe toute la journée à boire de l’eau » dit-il. Sékou Dibassy, gérant de station-services, soutient qu’aujourd’hui, le « laga » n’existe que de nom. « Cet aliment est préparé rarement dans les familles. Quand on était encore enfant, si mes frères et moi avions envie de ‘laga’, on se rendait chez notre grand-mère. « Le ‘laga’ est un bon laxatif. Il nettoie le ventre », dit l’homme, sûr de ses dires. Selon Mamadou Morifing Kéita, que nous avons trouvé dans son bureau, certains aliments traditionnels, bien que rejetés par de nombreux enfants, aujourd’hui, jouent un rôle important dans l’amélioration de la santé humaine. « Il faut que les enfants sachent que ces aliments qu’ils repoussent ne sont pas faits uniquement pour une catégorie de personnes, ils conviennent à tous, mais tout est une question de goût », professe-t-il. Selon lui, il est temps que les parents sensibilisent davantage leur progéniture afin que les enfants acceptent certains de nos aliments. « On doit préparer des aliments traditionnels dans les familles, même si ce n’est pas de façon régulière, afin que les enfants, dans leur majorité, y prennent goût », estime M. Kéita. Il propose d’améliorer nos plats traditionnels afin de les adapter aux réalités de notre époque. OB/MD (AMAP)
Eliminatoires CAN 2023 : Les Aigles proprement face au Congo
Par Ladji M. DIABY Bamako, 06 juin (AMAP) Samedi pour sa première sortie, la sélection nationale malienne de football, a déroulé face au Congo, balayé 4-0 au stade du 26 Mars, au terme d’une prestation XXL. Mohamed Camara (1ère minute), El Bilal Touré (11è et 40è minutes) et Kalifa Coulibaly (44è minute) sont passés par là Gagner avec la manière, c’était le pari du nouveau sélectionneur des Aigles, Éric Sékou Chelle, pour son premier match à la tête de l’équipe nationale. On peut dire que l’ancien défenseur international et 29è sélectionneur du Mali (14è local), a réussi son baptême du feu. Samedi dans un stade du 26 Mars plein comme un oeuf et chaud bouillant, les Aigles footballeurs n’ont pas fait dans la dentelle face aux Diables Rouges du Congo, balayés 4-0, au compte de la première journée des éliminatoires de la CAN 2023. Mohamed Camara a tracé la voie du succès de la sélection nationale, en ouvrant le score dès la première minute, avant de passer le relais à El Bilal Touré, auteur d’un doublé aux 11è et 40è minutes. Dans la foulée, le nouvel entrant Kalifa Coulibaly portera le score à 4-0 (44è min) face à une sélection congolaise totalement dépassée par la vivacité et l’efficacité offensive des Aigles. Pour sa grande première à la tête des Aigles, Éric Sékou Chelle a opté pour un 4-4-2, intronisant Ibrahima Koné et El Bilal Touré à la pointe de l’attaque, devant les deux milieux offensifs, Yves Bissouma et Aliou Dieng. À la récupération, il y avait Diadié Samassékou et Mohamed Camara. Derrière, on notait un seul changement, la titularisation de l’arrière gauche Amadou Danté à la place de Massadio Haïdara blessé. Danté, comme l’appellent familièrement les supporters, avait à ses côtés Boubacar Kiki Kouyaté et Mamadou Fofana dans l’axe, tandis que le capitaine Hamari Traoré occupait le couloir droit. DÉPART CANON – D’entrée de jeu, les Aigles font parler leur réalisme. Lancé par Aliou Dieng, le capitaine Hamari Traoré centre dans la surface de réparation du gardien Christoffer Henri Mafoumbi. Mal renvoyé par la défense congolaise, le ballon revient dans les pieds de Mohamed Camara qui ne se pose pas de question. D’une frappe instantanée des 25 mètres, le milieu de terrain envoie le cuir au fond des filets (1-0, 1è min). Le champion d’Afrique U17 (2017) et U20 (2019), marquait ainsi son tout premier but en sélection nationale en 14 sélections. Dominateurs dans tous les compartiments, le capitaine Hamari Traoré et ses coéquipiers alternent passes courtes et longues et gardent le pied sur le ballon. À la 11è minute, nouvelle démonstration des poulains du sélectionneur Éric Sékou Chelle. Yves Bissouma s’amuse dans la défense congolaise et adresse un amour de passe à El Bilal Touré qui n’aura qu’à pousser le ballon dans les buts vides (2-0, 11è min). Le stade du 26 Mars explose, les Aigles continuent à dérouler, sous la houlette d’un Cissouma intenable. Peu avant la demi-heure, Ibrahima Koné est à deux doigts de porter le score à 3-0, mais son tir est dégagé sur la ligne par le défenseur Varel Joviale Rozan, alors que le gardien Christoffer Henri Mafoumbi était battu (32è min). Ce ne sera que partie remise pour le Mali puisqu’à la 40è minute, El Bilal Touré profite d’un nouveau mauvais renvoi de l’arrière-garde des Diables Rouges pour expédier un missile sous la barre (40è min, 3-0). Blessé, Ibrahima Koné cède sa place à Kalifa Coulibaly (35è min). Neuf minutes après son apparition sur la pelouse, le nouvel entrant corse l’addition pour les Aigles. À la réception d’un centre de Bissouma qu’il a décalé sur le côté droit, Kalifa Coulibaly place une tête imparable et porte le score à 4-0 (44è min). En deuxième période, les Congolais se réveillent et tentent de réagir, à l’image du milieu de terrain Jordan Hilvy Massengo qui place une tête au-dessus de la transversale (56è min). Le sélectionneur national, Éric Sékou Chelle injecte du sang neuf dans son l’effectif, en intégrant Moussa Djénépo et Nènè Dorgelès qui remplacent, respectivement Mohamed Camara et Aliou Dieng (55è min). Les Aigles jouent désormais avec des ailiers de métier alors qu’Yves Bissouma redescend d’un cran. Suite à un corner de Nènè Dorgelès, El Bilal Touré fait couler des sueurs froides dans le dos des supporters congolais (59è min). Dans le dernier quart d’heure, Kalifa Coulibaly anticipe la sortie du gardien Christoffer Henri Mafoumbi mais son lob passe à côté (76è min). On en restera là jusqu’au coup de sifflet final de l’arbitre mauritanien, Abdelaziz Bouh. À la fin de la rencontre, le public du stade du 26 Mars a réservé une longue standing ovation aux joueurs du technicien Éric Sékou Chelle qui ont maîtrisé leurs adversaires, de bout en bout et gratifié les spectateurs d’un festival offensif dont ils se souviendront longtemps. Jugez-en plutôt à travers les statistiques de la rencontre : 57% de possession de balle, 15 tirs dont 7 cadrés, 409 passes, 86% de précisions des passes, 4 corners pour les Aigles contre 43% de possession, 4 tirs (zéro cadré), 310 passes (77% de précision), 2 corners pour les Diables Rouges du Congo. Dans l’autre match de la poule délocalisé au Sénégal, la Gambie a dominé le Soudan du Sud par la plus petite des marges (1-0). Le capitaine Hamari Traoré et ses coéquipiers effectueront leur prochaine sortie contre le Soudan du Sud (9 juin à Kampala en Ouganda), alors que les Scorpions de la Gambie rendront visite aux Diables Rouges du Congo (8 juin au Stade Massemba-Débat de Brazzaville). Samedi 4 juin au stade du 26 Mars Mali-Congo : 4-0 Buts : Mohamed Camara (1re min), El Bilal Touré (11è min, 40è min), Kalifa Coulibaly (44è min). Arbitrage du Mauritanien Abdelaziz Bouh, assisté de ses compatriotes Kalidou Ba et Brahim Salem H’Made. Commissaire : Luis Manuel Carvalho Semedo (Cap-Vert). Mali : Ismaël Diarra Diawara, Jamari Traoré (cap), Boubacar Kouyaté, Mamadou Fofana, Amadou Danté, Diadié Samassékou, Mohamed Camara (Moussa Djénépo, 55è min), Aliou Dieng (Nènè Dorgelès, 55è min), Yves

